00:00Europe 1, Europe 1, 11h30, 13h, Christine Kelly et vous.
00:06Oui, nous sommes en train de parler avec Gilbert Collard de cette information à propos de Naël qui est très
00:13surprenante,
00:15qui est le fait qu'il ne sera pas jugé pour meurtre, mais pour un acte ayant entraîné la mort.
00:24Et ça change beaucoup, il était en train de nous expliquer Gilbert Collard, et la question que je voulais vous
00:30poser,
00:31parce que j'ai vu votre tweet Gilbert Collard, c'est à la fois en revenant sur qu'est-ce
00:35que ça change,
00:36et deuxièmement, est-ce que ça peut avoir un impact dans les banlieues, la façon dont ça a été perçu,
00:40parce qu'on a vu à quel point la France a été, voilà, beaucoup surréagi avec une vidéo, en interprétant
00:48des images, etc.,
00:49sans avoir les informations du départ, Gilbert Collard.
00:5511h30, 13h, Christine Kelly sur Europe 1.
01:02Gilbert Collard, dites-nous tout.
01:04Oui, la décision des magistrats de la Chambre de l'instruction est un camouflet juridique pour les juges d'instruction
01:13et pour le parquet.
01:14Rendez-vous compte qu'il y avait une coalition entre le parquet et les juges d'instruction pour dire qu
01:21'il y avait homicide volontaire,
01:23c'est-à-dire qu'il y avait une intention de tuer.
01:25Or, les magistrats de la Chambre de l'instruction décident que cette intention n'existe pas.
01:31C'est-à-dire, il sera jugé pour violence et non pour meurtre.
01:34Voilà, mais je veux dire que c'est effrayant parce que comment les juges d'instruction ont-ils pu, malgré
01:42l'évidence,
01:43et comment le parquet a-t-il pu, malgré l'évidence, continuer à persister, si ce n'est par idéologie,
01:50dans l'idée qu'il y avait intention de tuer.
01:52Alors que, enfin, je veux dire que tout démontre que l'intention homicide n'existe pas.
01:56Il n'y a pas d'animus n'étendit, comme on le dit chez nous, dans le droit.
02:01Alors, maintenant, les banlieues, elles réagiront comme elles réagiront.
02:05Ce n'est quand même pas les banlieues qui vont devenir des cours d'assises.
02:09Là, il appartient à l'État de faire respecter...
02:12Ils ont été, parce qu'on a vu comment le policier Florian, il a été tout de suite mis en
02:18détention provisoire.
02:19C'est incroyable, vous vous rendez compte que depuis des mois et des mois et des mois et des mois,
02:24on le présente comme un meurtrier, un tueur volontaire.
02:29Alors qu'il devrait y avoir quand même, là, une révision de tout ce qui a été dit,
02:35de tout ce qui a été écrit, voire même de tout ce qui a été vendu par le média.
02:39On se rappelle du profil du policier, justement, qui n'avait rien d'un policier,
02:43c'était quelqu'un qui avait la tête sur les épaules, selon son parcours.
02:48Oui, enfin, il s'est levé un matin en se disant, je vais tuer quelqu'un dans la rue.
02:55Le premier venu, qui est en voiture et qui ne me plaît pas, je vais lui tirer une balle dans
02:59la tête.
02:59Enfin, quand même, il faut rester raisonnable.
03:02Mais ce qui est effrayant, et j'insiste là-dessus,
03:05c'est que des juges d'instruction et des procureurs
03:08aient pu considérer qu'il y avait une volonté homicide.
03:11Alors, il aura fallu le détachement juridique.
03:16Enfin, on retrouve enfin un peu de bon sens juridique.
03:20Des magistrats de la cour d'appel, on est en cour d'appel, là.
03:24Oui, oui, un peu de bon sens juridique.
03:25Des magistrats d'un degré supérieur, on est bien d'accord.
03:28Voilà, près de trois ans.
03:30Pour qu'on revienne à une analyse qui n'est pas idéologique, qui est juridique.
03:34Voilà, la différence, elle est là, quoi.
03:37Alors, Pascal dit, c'est étrange justice qu'une rivière borne.
03:41Oui, on pourrait dire étrange justice qu'une cour d'appel borne.
03:46Merci beaucoup, Gilbert Coulard, d'avoir réagi en direct sur Europe 1 à cette information.
03:52Gabriel Cusel, votre regard, près de trois ans après la mort de Naël,
03:56lorsqu'on voit qu'effectivement, le policier, c'est pas qu'il est disculpé.
03:59Il est quand même poursuivi pour meurtre, mais il est poursuivi pour violence.
04:04C'est pas pour la volonté d'avoir l'intention de donner la mort,
04:08et ce qui change tout dans ce procès, près de trois ans après.
04:11Moi, ce qui me choque dans cette affaire depuis le départ,
04:14c'est qu'en réalité, le policier Florian, il a été jugé coupable,
04:18dès le début, par le président de la République, souvenez-vous,
04:21par Emmanuel Macron, qui a dit...
04:22C'est inexcusable et...
04:25Inacceptable et inexcusable.
04:26Moi, je sais pas, on nous parle souvent,
04:29on nous bassine, presque, je dirais, avec l'indépendance,
04:34sacrée entre les pouvoirs judiciaires, exécutifs, législatifs.
04:39On voit bien que, quand ça devient idéologique, tout est bafoué.
04:44Donc, moi, je trouve que c'est le péché originel dans cette affaire.
04:47Ce qui s'est passé ce matin, ça nous rassure d'une certaine façon,
04:50parce qu'on se dit, il y a quand même une chambre d'instruction
04:54qui, la tête froide, regarde les faits, est capable de dire
04:58non, là, il faut tout arrêter, c'est pas ce qu'il faut faire.
05:02Donc, pour le commun des Français que nous sommes,
05:04les Français ordinaires que nous sommes, c'est quand même rassurant.
05:07C'est rassurant.
05:08Jonathan, vous nous appelez Duvar, vous dites que vous ne comprenez pas,
05:11ou bien vous dites que vous êtes rassuré par rapport à ce qu'on a appris
05:15sur le policier Florian.
05:17Dites-nous tout, mon cher Jonathan.
05:19Bonjour.
05:19Bonjour.
05:22Non, en fait, ce que je disais à votre collègue,
05:24c'est que je ne comprends même pas qu'il y a un procès, moi.
05:26Parce que qui est à l'initiative de la situation, c'est Naël.
05:29Et je trouve qu'on a une justice, aujourd'hui, en France,
05:31où d'un, on se pose jamais la question de savoir
05:34qui est à l'initiative d'une situation.
05:36Très intéressant.
05:36Donc, personne n'assume rien.
05:37C'est une justice pour les responsables.
05:41Parce que moi, quelqu'un qui fait un trip GTA,
05:44à grande nature, en ville,
05:45ben oui, on doit l'arrêter.
05:46Et si, pour ça, il faut le tirer dessus,
05:48ben c'est lui qui a créé la situation.
05:51Je ne comprends même pas qu'il y ait un procès, moi.
05:53Normalement, on devrait s'arrêter là.
05:54Après, c'est comme il y a la mort, quand même, de quelqu'un.
05:56C'est vrai qu'il y a un procès qui a...
05:58Mais je comprends qu'on puisse se poser la question.
06:00Mais c'est vrai qu'il y a des interrogations.
06:01Mais on peut se dire que ça a été très, très vite,
06:04uniquement dans un sens.
06:05Certains disent même sur les réseaux sociaux,
06:07mon cher Jonathan,
06:08qu'on a, par exemple, publié les photos de Naël
06:11lorsqu'il avait 12 ans et pas lorsqu'il avait 17 ans.
06:14Comme disait Gabriel Cluzel,
06:15on a un peu voulu rendre Naël
06:18un peu une sorte de héros, de petit ange,
06:20alors qu'il ne l'était pas en réalité.
06:23Et tout ça a contribué, effectivement,
06:24à une de fausses informations
06:26et, effectivement, à des interrogations
06:28comme celles que vous posez à l'instant.
06:29Pourquoi est-ce qu'il y a eu un procès ?
06:31Mais on comprend qu'il y a quand même eu quelqu'un
06:33qui est mort à la fin.
06:34Oui, d'accord, mais la justice, regardez,
06:36le procureur, il avait pris comme argumentaire
06:40que le policier, pour arrêter le véhicule,
06:41il aurait pu soit tirer dans les pneus,
06:43soit tirer dans le moteur.
06:44Or, n'importe qui qui a fait un petit peu de balistique
06:46et qui connaît ce qu'utilise comme munition
06:48les forces de l'ordre,
06:49savent que c'est des munitions
06:50qui ont tendance à se déformer
06:52pour éviter de traverser un corps
06:54et d'aller faire des dommages collatéraux.
06:56Ça ne peut pas crever un pneu.
06:58Les chances de crever un pneu,
06:59ce n'est pas possible.
06:59Donc, on a quelqu'un qui représente l'État,
07:02la justice et la France,
07:03et qui va baser son argumentaire
07:05sur quelque chose qui est physiquement impossible.
07:07Donc, soit il est médiocre,
07:09soit on est juste sur l'idéologie.
07:10On ne peut pas accuser quelqu'un
07:11de ne pas avoir fait quelque chose
07:12qui était impossible à faire.
07:14Oui, ça pose beaucoup de questions, tout ça.
07:16Moi, je vois aussi un parallèle un peu particulier.
07:21On en avait parlé d'ailleurs dans Face à l'info,
07:22le parallèle avec Quentin.
07:25Et c'est fou, cette histoire de...
07:27Voilà, il y a toujours cette victime
07:29qu'on veut rendre comme coupable.
07:31On le voit, par exemple, dans l'histoire de Quentin
07:33et puis dans l'histoire de Naël,
07:37celui qui avait 17 ans,
07:38qui a conduit alors qu'il n'avait pas de permis de conduire,
07:41qui avait déjà fait des refus d'obtempérer,
07:44on l'a transformé en ange.
07:47Donc, c'est vrai que tout ça,
07:49tout est parti un peu de façon surprenante dans ce dossier.
07:52En tout cas, merci beaucoup Jonathan
07:53pour votre regard sur cette information
07:56à propos du policier
07:58qui ne sera pas auteur des tiens,
08:01qui sera jugé pour violence,
08:04ayant entraîné la mort et non pour meurtre.
08:07Merci beaucoup Jonathan.
08:09Merci aussi Gilbert Collard pour cette information.
08:12Peut-être un dernier mot ?
08:13Non, mais moi je pense aux jeunes qui aujourd'hui veulent être policiers
08:16et qui regardent ce qui se passe.
08:19Et qui entendent la police tue.
08:20Oui, qui entendent la police tue
08:22et puis qui ont suivi peut-être l'affaire Adama Traoré,
08:26qui aujourd'hui regardent ce qui se passe pour Florian,
08:28mais ils se disent, mais finalement,
08:29si ce policier Florian avait détourné le regard,
08:32ne s'était pas occupé de ce refus d'obtempérer,
08:35eh bien aujourd'hui, il coulerait une vie tranquille.
08:39C'est à la fois un remède, je trouve, à la vocation policière
08:43et puis c'est une envie de finalement regarder ailleurs
08:46quand il se passe quelque chose.
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