00:00J'aimerais parler de ce manque d'empathie.
00:01Pour moi, le manque d'empathie, c'est le premier pas vers la barbarie.
00:04Quand a commencé ce manque d'empathie en France ?
00:07Enfin, j'ai tellement de questions, mais le temps passe trop vite.
00:10Bon, Yona, vous êtes membre du collectif Nemesis,
00:12et vous, vous voulez parler des menaces que vous subissez, vous, personnellement,
00:18dans le cadre du collectif Nemesis ? Dites-nous tout.
00:20C'est même pire que personnellement, c'est-à-dire que c'est mon papa
00:23qui s'est fait appeler la semaine dernière,
00:24donc moins d'une semaine après le décès de Quentin.
00:26On rappelle donc un militant qui a été assassiné pour ses idées.
00:30Quelqu'un a la bonne idée d'appeler mon papa pour lui dire bonjour.
00:33Enfin, je ne sais pas s'il lui a dit bonjour, mais en tout cas,
00:35il lui a dit que vous habitez bien à telle adresse,
00:37en sortant mon adresse exacte, avec certaines précisions d'ailleurs
00:40qui font que c'est vraiment terrifiant,
00:42et en lui disant, vous avez bien une fille qui s'appelle Yona,
00:45donc en parlant de moi, pour justifier que la menace,
00:47c'est vraiment par rapport à mon engagement militant,
00:50c'est vraiment personnel, et il lui dit qu'il viendra nous rendre visite.
00:55Donc évidemment, je suis allée déposer plainte pour menace de mort,
00:58parce que venir me rendre visite à mon domicile,
01:01et en sortant mon adresse de nulle part,
01:03ça reste une menace assez grave.
01:05Et il faut savoir que cette personne a eu la bonne idée,
01:08je ne sais pas, mais de rappeler pendant que j'étais au commissariat,
01:11à rappeler mon père, ce qui a fait que la plainte...
01:14Vous étiez avec votre père au commissariat ?
01:15Non, j'étais toute seule à ce moment-là,
01:16mon père va lui aussi aller porter plainte de son côté,
01:18mais comme la menace m'est adressée indirectement,
01:20c'est moi qui allais porter plainte.
01:22Et comme il m'a rappelé, enfin il a rappelé mon papa du coup,
01:24pendant que moi j'étais avec le policier,
01:25la plainte a été mise en flagrant délit directement,
01:28parce qu'il a récidivé en fait,
01:29et c'était en flagrant délit.
01:31Ce qui arrange un peu la police,
01:32j'espère que cette personne va être retrouvée,
01:34si ce n'est pas déjà le cas.
01:36Pour l'instant, je n'ai pas de nouvelles,
01:37et moi je trouve ça particulièrement grave,
01:40vraiment que je le redis,
01:41une semaine après l'assassinat d'un militant pour ses idées,
01:43parce qu'il est venu nous défendre,
01:45justement nous militants du collectif Némésis,
01:47suite à une action qu'on a réalisée,
01:49venir me menacer,
01:50alors que déjà le contexte actuel,
01:52on reçoit énormément de menaces et très grave.
01:54Yuna du collectif Némésis,
01:56en direct du studio d'Europe,
01:57menacée de mort.
02:00En revanche,
02:01j'en ai parlé dans le journal du dimanche hier,
02:05je crois que vous avez été au mois de janvier,
02:09placée en garde à vue,
02:10et votre téléphone mis sous scellé pendant trois jours,
02:14dites-moi si je me trompe ou pas,
02:16puisque vous aviez posé une question sur X.
02:20En fait, j'avais fait un micro-trottoir à Lons-le-Saunier,
02:23une petite ville,
02:23pour demander aux gens ce qu'ils pensaient du port du voile,
02:27de la burqa.
02:28On était quelques filles en burqa,
02:29on leur a demandé ce que vous en pensez,
02:31est-ce que vous pensez que ça pourrait être la France dans 50 ans,
02:33est-ce que ça vous fait peur de voir les femmes déguisées de cette manière,
02:36entre guillemets,
02:37et je posais juste simplement des questions aux gens dans la rue sur ça.
02:39Et vous avez été placée en garde à vue pour ça ?
02:40J'étais placée en garde à vue pour ça.
02:41Par contre, pour les menaces de mort,
02:42pas encore de réponse ?
02:43Non, pour l'instant, pas de réponse.
02:44Après, ça a quand même été pris assez au sérieux.
02:46Il faut savoir que j'ai demandé une protection policière,
02:48pour l'instant, je n'ai pas de réponse.
02:50Comment justifier ces menaces de mort envers vous, Yuna ?
02:53Justifier, je ne sais pas,
02:54mais en fait, on vient sur cette chose de diabolisation,
02:57en fait, de notre combat.
02:58Il faut savoir, comme vous connaissez,
03:00j'imagine le collectif Némésis,
03:02on dénonce toutes les violences faites aux femmes,
03:04on ose dénoncer le fait qu'il y a un problème avec l'immigration,
03:07et que ça impacte, en effet, la sécurité des femmes,
03:09et à partir du moment où on prononce les termes immigration,
03:11on est immédiatement rangé dans la catégorie fasciste, raciste,
03:15et c'est comme ça que c'est justifié.
03:16Yuna, du collectif Némésis, en direct sur Europe,
03:19a-t-on le droit d'avoir des opinions en France ?
03:22Oui, on a le droit,
03:23et ça fait partie de la liberté d'expression.
03:26On vous retrouvera dans un instant avec Alice Cordier,
03:29qui viendra dans un instant nous faire des révélations,
03:33en direct sur Europe 1,
03:35dans un instant, Alice Cordier,
03:36directrice du collectif Némésis.
03:37Merci pour ces révélations aussi,
03:39Yuna, sur ces menaces de mort,
03:41en ce qui vous concerne.
03:42Gabrielle Cluzel, et ensuite notre invitée.
03:44Non, moi je voudrais souligner l'immense courage de Némésis.
03:47Honnêtement, hein.
03:48Je veux dire, dans un monde où on parle des féministes,
03:52voilà, ils en ont plein,
03:54toujours dans leur déclaration du féminisme,
03:56mais ces jeunes filles-là, extrêmement courageuses,
03:59on les voit jamais,
03:59j'ai vu le témoignage des jeunes filles floutées,
04:01pour dire la peur qui règne dans ce pays,
04:03qui avaient été à l'origine
04:06de ce qui s'est passé à Sciences Po, là,
04:08et simplement, elles avaient sorti une pancarte, c'est tout,
04:11et elle disait,
04:12ça m'a touchée, vous ne pouvez pas savoir,
04:14elle disait,
04:15je me sens coupable,
04:16je me sens coupable parce qu'on a organisé ça,
04:18je me dis, mais pétard, il n'y a personne à gauche qui se sent coupable.
04:22Personne, personne.
04:23Il n'y en a pas un qui a dit,
04:24vraiment, vraiment on se sent coupable, personne.
04:26En revanche, elles, les pauvres qui n'y sont pour rien,
04:28elles se sentent coupables,
04:29et j'ai envie de leur dire,
04:30mais c'est merveilleux ce que vous faites,
04:32bravo, vous êtes courageuses.
04:34Merci beaucoup, Gabrielle Cluzel,
04:36en direct sur Europe 1.
04:38Nous accueillons dans le studio,
04:40on reviendra dans un instant avec Alice Cordier,
04:42puisque le sujet est vraiment grave aujourd'hui,
04:45de tout ce qui se passe autour de la mort de Quentin,
04:46mais je voulais absolument qu'on puisse ouvrir une parenthèse
04:50sur un sujet dont personne ne parle,
04:51puisqu'il n'est pas question d'éluder le reste de l'actualité.
04:55Fédéric Buscagnana,
04:57vous êtes analyste stratégique et entrepreneur,
05:00vous êtes dans le studio d'Europe 1,
05:02sur un sujet,
05:04va-t-on vers la guerre ?
05:06Est-ce que l'Union Européenne est amenée,
05:09petit à petit, vers la guerre,
05:11et en quoi peut-on le dire ?
05:13Et c'est important, dans les jours qui viennent,
05:15dans les mois qui viennent,
05:17en route vers la présidentielle,
05:18c'est important d'avoir cette analyse.
05:20Dites-nous pourquoi.
05:21Alors d'abord, merci de me recevoir,
05:23j'ai tenu à m'exprimer sur ce sujet-là,
05:26parce que dans mon métier,
05:26on fait beaucoup de conduite du changement,
05:28et on s'intéresse aux techniques,
05:30notamment issues de la cybernétique.
05:32Vous savez, la cybernétique,
05:34c'est la science
05:37qui actionne donc tous les leviers
05:40du contrôle,
05:41et notamment de la communication,
05:44et notamment en hybridant
05:46le travail de l'homme,
05:48le travail de la machine.
05:49Alors pourquoi je vous parle de ça ?
05:49Ce n'est pas du tout pour sortir les grands mots,
05:51mais parce que nous avons affaire
05:53à des ingénieurs sociaux
05:54qui sont des cybernéticiens
05:56au sommet de l'Europe.
05:57Alors pour comprendre ce que c'est la cybernétique,
05:59et vous poser en termes simples
06:01que tout le monde va comprendre ce que c'est,
06:03vous l'expérimentez le matin dans la douche,
06:06quand vous mettez l'eau un peu trop chaude,
06:08vous brûlez,
06:09et puis vous faites un réglage,
06:11vous revenez en arrière,
06:11et vous mettez froid,
06:13et puis petit à petit,
06:14à force de tester l'un et l'autre,
06:16vous arrivez à trouver un équilibre.
06:18Et bien figurez-vous que la cybernétique
06:20et le travail des ingénieurs sociaux,
06:22c'est un petit peu ce thermostat
06:23qu'on met,
06:24j'ai un thermostat géant
06:25qu'on met sur le peuple,
06:28et de temps en temps,
06:29on annonce,
06:30on va dans le chaud,
06:30de temps en temps,
06:31on va dans le froid,
06:31puis petit à petit,
06:32on équilibre.
06:33Et là,
06:34vous avez très précisément
06:35cette expérimentation
06:37qui est en train d'être faite
06:39au travers des effets d'annonce,
06:40donc des dispositifs de communication,
06:43et notamment
06:45Ursula von der Leyen,
06:46qui nous dit,
06:48il faut maintenant rentrer
06:50dans la logique accélérationniste,
06:52il faut que bientôt,
06:53nous nous préparions
06:55à faire entrer l'Ukraine dans l'Europe,
06:56et elle nous dit,
06:57nous avons jusqu'à 2027.
06:59Alors déjà,
07:00on peut s'interroger sur cette date.
07:03Frédéric Buscain,
07:03il y en a un analyste stratégique
07:05en direction européenne,
07:06pourquoi s'interroger sur cette date ?
07:07Alors justement,
07:08parce que d'abord,
07:11il y a quelque chose qui cloche,
07:12on n'est pas dans les dispositifs
07:13tels qu'ils ont été élaborés
07:15par Copenhague,
07:16etc.,
07:17pour faire entrer
07:17un nouveau pays dans l'Europe,
07:19là on est dans une logique
07:20qui consiste à faire,
07:21voilà,
07:22un embarquement low cost
07:23de l'Ukraine,
07:25avec une procédure accélérée,
07:27et d'ailleurs,
07:28ils ont,
07:28pour cette raison-là,
07:29complètement changé
07:30les techniques d'admission
07:31d'un nouveau pays dans l'Europe.
07:32Et donc ça,
07:33ça crée une sorte
07:34de premier effet cliqué
07:35qui sature en quelque sorte
07:36l'espace médiatique
07:38et notre capacité psychique
07:39à absorber ces informations,
07:41parce que,
07:41pour une raison simple,
07:42les politiques n'ont pas le temps
07:44d'organiser une riposte
07:45à ce type d'annonce.
07:46C'est très dur de se structurer,
07:47nous sommes pris,
07:48là on le voit bien,
07:49c'est tout à fait,
07:49la mise en abyme est parfaite
07:50dans le cadre de cette émission,
07:51on est pris sur les fronts intérieurs,
07:53d'accord ?
07:54Pendant ce temps-là,
07:54à l'extérieur,
07:55justement,
07:56il se trame cette évolution.
07:57C'est pour ça que je voulais
07:57que vous en parliez aujourd'hui,
07:58parce qu'on est pris,
07:59comme vous le dites,
07:59pour reprendre vos mots
08:00sur les fronts intérieurs,
08:02mais gardons bien à l'esprit
08:03ce qui se passe aussi
08:04autour de nous.
08:06Exactement,
08:06et on est précisément
08:08en train d'importer,
08:09justement,
08:10un front intérieur
08:12qui est justement
08:13celui de l'Ukraine.
08:14Alors,
08:14il y a un deuxième effet cliqué,
08:16c'est le moment...
08:17Je dis ça d'autant plus
08:18qu'on est à deux jours
08:20du quatrième anniversaire
08:22de la guerre en Ukraine.
08:23Exactement.
08:24Donc là,
08:24on est sur un autre effet cliqué
08:25qui s'enchaîne
08:26dans cette technique
08:28de communication
08:28et de préparation des esprits,
08:30qui est que
08:31les gens vont commencer
08:32à entendre parler
08:33du fameux article 42
08:34alinéa 7
08:35de la Constitution européenne
08:37qui est la clause
08:38de défense mutuelle.
08:39Donc les gens vont commencer
08:40à se dire
08:40mais attendez,
08:40si l'Ukraine rentre dans l'Europe,
08:42on va devoir être
08:43co-belligérant, etc.
08:45Et je passe directement
08:46au troisième cliqué,
08:47puisque là,
08:47on est face à quelque chose
08:48d'une énormité scandaleuse
08:50à la limite de la forfaiture.
08:51Enfin, moi,
08:51j'ai même tendance à dire
08:52« c'est un viol démocratique
08:53par excellence ».
08:54C'est-à-dire ?
08:55C'est le moment
08:56où Van der Leyen nous dit
08:57« mais vous savez,
08:58nous n'avons pas besoin
08:58de modifier les traités pour ça ».
09:00C'est ça.
09:00Et il faut que les gens
09:01mesurent l'énormité
09:02de cette phrase.
09:03C'est-à-dire qu'on est...
09:04modifient les traités pour ça ?
09:05C'est-à-dire pour l'entrée
09:06de l'Ukraine
09:07et notamment...
09:08Pour l'entrée de l'Ukraine
09:09dans l'Union Européenne.
09:10Exactement.
09:11Et pour notre futur statut
09:12de co-belligérant.
09:14Donc là, vraiment,
09:14on est sur quelque chose
09:15de vertigineux.
09:17De vertigineux
09:18quand on mesure vraiment
09:19le viol démocratique
09:20dont il s'agit.
09:20Pourquoi ?
09:21Parce que, normalement,
09:24l'entrée d'un pays
09:26comme l'Ukraine,
09:27comme n'importe quel autre pays,
09:28impliquerait donc
09:29la majorité absolue.
09:31D'accord ?
09:31Dernier.
09:32Donc, l'unanimité.
09:32Voilà.
09:33Et maintenant,
09:33on va pouvoir se concentrer
09:35sur ce qu'ils appellent
09:36les clauses passerelles
09:37et qui permettent donc
09:38d'accélérer l'entrée
09:39de l'Ukraine dans l'Europe.
09:41Frédéric Buscagnana,
09:42merci beaucoup.
09:43Analyste stratégique
09:44pour ce point fort
09:46sur cette analyse
09:48au niveau de l'Europe
09:49qui fait des pas
09:51vers la guerre
09:51avec un viol démocratique
09:53dont vous avez parlé.
09:55On marque une pause,
09:56on revient.
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