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  • il y a 5 minutes
Christine Kelly revient, de 11h30 à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00J'aimerais parler de ce manque d'empathie.
00:01Pour moi, le manque d'empathie, c'est le premier pas vers la barbarie.
00:04Quand a commencé ce manque d'empathie en France ?
00:07Enfin, j'ai tellement de questions, mais le temps passe trop vite.
00:10Bon, Yona, vous êtes membre du collectif Nemesis,
00:12et vous, vous voulez parler des menaces que vous subissez, vous, personnellement,
00:18dans le cadre du collectif Nemesis ? Dites-nous tout.
00:20C'est même pire que personnellement, c'est-à-dire que c'est mon papa
00:23qui s'est fait appeler la semaine dernière,
00:24donc moins d'une semaine après le décès de Quentin.
00:26On rappelle donc un militant qui a été assassiné pour ses idées.
00:30Quelqu'un a la bonne idée d'appeler mon papa pour lui dire bonjour.
00:33Enfin, je ne sais pas s'il lui a dit bonjour, mais en tout cas,
00:35il lui a dit que vous habitez bien à telle adresse,
00:37en sortant mon adresse exacte, avec certaines précisions d'ailleurs
00:40qui font que c'est vraiment terrifiant,
00:42et en lui disant, vous avez bien une fille qui s'appelle Yona,
00:45donc en parlant de moi, pour justifier que la menace,
00:47c'est vraiment par rapport à mon engagement militant,
00:50c'est vraiment personnel, et il lui dit qu'il viendra nous rendre visite.
00:55Donc évidemment, je suis allée déposer plainte pour menace de mort,
00:58parce que venir me rendre visite à mon domicile,
01:01et en sortant mon adresse de nulle part,
01:03ça reste une menace assez grave.
01:05Et il faut savoir que cette personne a eu la bonne idée,
01:08je ne sais pas, mais de rappeler pendant que j'étais au commissariat,
01:11à rappeler mon père, ce qui a fait que la plainte...
01:14Vous étiez avec votre père au commissariat ?
01:15Non, j'étais toute seule à ce moment-là,
01:16mon père va lui aussi aller porter plainte de son côté,
01:18mais comme la menace m'est adressée indirectement,
01:20c'est moi qui allais porter plainte.
01:22Et comme il m'a rappelé, enfin il a rappelé mon papa du coup,
01:24pendant que moi j'étais avec le policier,
01:25la plainte a été mise en flagrant délit directement,
01:28parce qu'il a récidivé en fait,
01:29et c'était en flagrant délit.
01:31Ce qui arrange un peu la police,
01:32j'espère que cette personne va être retrouvée,
01:34si ce n'est pas déjà le cas.
01:36Pour l'instant, je n'ai pas de nouvelles,
01:37et moi je trouve ça particulièrement grave,
01:40vraiment que je le redis,
01:41une semaine après l'assassinat d'un militant pour ses idées,
01:43parce qu'il est venu nous défendre,
01:45justement nous militants du collectif Némésis,
01:47suite à une action qu'on a réalisée,
01:49venir me menacer,
01:50alors que déjà le contexte actuel,
01:52on reçoit énormément de menaces et très grave.
01:54Yuna du collectif Némésis,
01:56en direct du studio d'Europe,
01:57menacée de mort.
02:00En revanche,
02:01j'en ai parlé dans le journal du dimanche hier,
02:05je crois que vous avez été au mois de janvier,
02:09placée en garde à vue,
02:10et votre téléphone mis sous scellé pendant trois jours,
02:14dites-moi si je me trompe ou pas,
02:16puisque vous aviez posé une question sur X.
02:20En fait, j'avais fait un micro-trottoir à Lons-le-Saunier,
02:23une petite ville,
02:23pour demander aux gens ce qu'ils pensaient du port du voile,
02:27de la burqa.
02:28On était quelques filles en burqa,
02:29on leur a demandé ce que vous en pensez,
02:31est-ce que vous pensez que ça pourrait être la France dans 50 ans,
02:33est-ce que ça vous fait peur de voir les femmes déguisées de cette manière,
02:36entre guillemets,
02:37et je posais juste simplement des questions aux gens dans la rue sur ça.
02:39Et vous avez été placée en garde à vue pour ça ?
02:40J'étais placée en garde à vue pour ça.
02:41Par contre, pour les menaces de mort,
02:42pas encore de réponse ?
02:43Non, pour l'instant, pas de réponse.
02:44Après, ça a quand même été pris assez au sérieux.
02:46Il faut savoir que j'ai demandé une protection policière,
02:48pour l'instant, je n'ai pas de réponse.
02:50Comment justifier ces menaces de mort envers vous, Yuna ?
02:53Justifier, je ne sais pas,
02:54mais en fait, on vient sur cette chose de diabolisation,
02:57en fait, de notre combat.
02:58Il faut savoir, comme vous connaissez,
03:00j'imagine le collectif Némésis,
03:02on dénonce toutes les violences faites aux femmes,
03:04on ose dénoncer le fait qu'il y a un problème avec l'immigration,
03:07et que ça impacte, en effet, la sécurité des femmes,
03:09et à partir du moment où on prononce les termes immigration,
03:11on est immédiatement rangé dans la catégorie fasciste, raciste,
03:15et c'est comme ça que c'est justifié.
03:16Yuna, du collectif Némésis, en direct sur Europe,
03:19a-t-on le droit d'avoir des opinions en France ?
03:22Oui, on a le droit,
03:23et ça fait partie de la liberté d'expression.
03:26On vous retrouvera dans un instant avec Alice Cordier,
03:29qui viendra dans un instant nous faire des révélations,
03:33en direct sur Europe 1,
03:35dans un instant, Alice Cordier,
03:36directrice du collectif Némésis.
03:37Merci pour ces révélations aussi,
03:39Yuna, sur ces menaces de mort,
03:41en ce qui vous concerne.
03:42Gabrielle Cluzel, et ensuite notre invitée.
03:44Non, moi je voudrais souligner l'immense courage de Némésis.
03:47Honnêtement, hein.
03:48Je veux dire, dans un monde où on parle des féministes,
03:52voilà, ils en ont plein,
03:54toujours dans leur déclaration du féminisme,
03:56mais ces jeunes filles-là, extrêmement courageuses,
03:59on les voit jamais,
03:59j'ai vu le témoignage des jeunes filles floutées,
04:01pour dire la peur qui règne dans ce pays,
04:03qui avaient été à l'origine
04:06de ce qui s'est passé à Sciences Po, là,
04:08et simplement, elles avaient sorti une pancarte, c'est tout,
04:11et elle disait,
04:12ça m'a touchée, vous ne pouvez pas savoir,
04:14elle disait,
04:15je me sens coupable,
04:16je me sens coupable parce qu'on a organisé ça,
04:18je me dis, mais pétard, il n'y a personne à gauche qui se sent coupable.
04:22Personne, personne.
04:23Il n'y en a pas un qui a dit,
04:24vraiment, vraiment on se sent coupable, personne.
04:26En revanche, elles, les pauvres qui n'y sont pour rien,
04:28elles se sentent coupables,
04:29et j'ai envie de leur dire,
04:30mais c'est merveilleux ce que vous faites,
04:32bravo, vous êtes courageuses.
04:34Merci beaucoup, Gabrielle Cluzel,
04:36en direct sur Europe 1.
04:38Nous accueillons dans le studio,
04:40on reviendra dans un instant avec Alice Cordier,
04:42puisque le sujet est vraiment grave aujourd'hui,
04:45de tout ce qui se passe autour de la mort de Quentin,
04:46mais je voulais absolument qu'on puisse ouvrir une parenthèse
04:50sur un sujet dont personne ne parle,
04:51puisqu'il n'est pas question d'éluder le reste de l'actualité.
04:55Fédéric Buscagnana,
04:57vous êtes analyste stratégique et entrepreneur,
05:00vous êtes dans le studio d'Europe 1,
05:02sur un sujet,
05:04va-t-on vers la guerre ?
05:06Est-ce que l'Union Européenne est amenée,
05:09petit à petit, vers la guerre,
05:11et en quoi peut-on le dire ?
05:13Et c'est important, dans les jours qui viennent,
05:15dans les mois qui viennent,
05:17en route vers la présidentielle,
05:18c'est important d'avoir cette analyse.
05:20Dites-nous pourquoi.
05:21Alors d'abord, merci de me recevoir,
05:23j'ai tenu à m'exprimer sur ce sujet-là,
05:26parce que dans mon métier,
05:26on fait beaucoup de conduite du changement,
05:28et on s'intéresse aux techniques,
05:30notamment issues de la cybernétique.
05:32Vous savez, la cybernétique,
05:34c'est la science
05:37qui actionne donc tous les leviers
05:40du contrôle,
05:41et notamment de la communication,
05:44et notamment en hybridant
05:46le travail de l'homme,
05:48le travail de la machine.
05:49Alors pourquoi je vous parle de ça ?
05:49Ce n'est pas du tout pour sortir les grands mots,
05:51mais parce que nous avons affaire
05:53à des ingénieurs sociaux
05:54qui sont des cybernéticiens
05:56au sommet de l'Europe.
05:57Alors pour comprendre ce que c'est la cybernétique,
05:59et vous poser en termes simples
06:01que tout le monde va comprendre ce que c'est,
06:03vous l'expérimentez le matin dans la douche,
06:06quand vous mettez l'eau un peu trop chaude,
06:08vous brûlez,
06:09et puis vous faites un réglage,
06:11vous revenez en arrière,
06:11et vous mettez froid,
06:13et puis petit à petit,
06:14à force de tester l'un et l'autre,
06:16vous arrivez à trouver un équilibre.
06:18Et bien figurez-vous que la cybernétique
06:20et le travail des ingénieurs sociaux,
06:22c'est un petit peu ce thermostat
06:23qu'on met,
06:24j'ai un thermostat géant
06:25qu'on met sur le peuple,
06:28et de temps en temps,
06:29on annonce,
06:30on va dans le chaud,
06:30de temps en temps,
06:31on va dans le froid,
06:31puis petit à petit,
06:32on équilibre.
06:33Et là,
06:34vous avez très précisément
06:35cette expérimentation
06:37qui est en train d'être faite
06:39au travers des effets d'annonce,
06:40donc des dispositifs de communication,
06:43et notamment
06:45Ursula von der Leyen,
06:46qui nous dit,
06:48il faut maintenant rentrer
06:50dans la logique accélérationniste,
06:52il faut que bientôt,
06:53nous nous préparions
06:55à faire entrer l'Ukraine dans l'Europe,
06:56et elle nous dit,
06:57nous avons jusqu'à 2027.
06:59Alors déjà,
07:00on peut s'interroger sur cette date.
07:03Frédéric Buscain,
07:03il y en a un analyste stratégique
07:05en direction européenne,
07:06pourquoi s'interroger sur cette date ?
07:07Alors justement,
07:08parce que d'abord,
07:11il y a quelque chose qui cloche,
07:12on n'est pas dans les dispositifs
07:13tels qu'ils ont été élaborés
07:15par Copenhague,
07:16etc.,
07:17pour faire entrer
07:17un nouveau pays dans l'Europe,
07:19là on est dans une logique
07:20qui consiste à faire,
07:21voilà,
07:22un embarquement low cost
07:23de l'Ukraine,
07:25avec une procédure accélérée,
07:27et d'ailleurs,
07:28ils ont,
07:28pour cette raison-là,
07:29complètement changé
07:30les techniques d'admission
07:31d'un nouveau pays dans l'Europe.
07:32Et donc ça,
07:33ça crée une sorte
07:34de premier effet cliqué
07:35qui sature en quelque sorte
07:36l'espace médiatique
07:38et notre capacité psychique
07:39à absorber ces informations,
07:41parce que,
07:41pour une raison simple,
07:42les politiques n'ont pas le temps
07:44d'organiser une riposte
07:45à ce type d'annonce.
07:46C'est très dur de se structurer,
07:47nous sommes pris,
07:48là on le voit bien,
07:49c'est tout à fait,
07:49la mise en abyme est parfaite
07:50dans le cadre de cette émission,
07:51on est pris sur les fronts intérieurs,
07:53d'accord ?
07:54Pendant ce temps-là,
07:54à l'extérieur,
07:55justement,
07:56il se trame cette évolution.
07:57C'est pour ça que je voulais
07:57que vous en parliez aujourd'hui,
07:58parce qu'on est pris,
07:59comme vous le dites,
07:59pour reprendre vos mots
08:00sur les fronts intérieurs,
08:02mais gardons bien à l'esprit
08:03ce qui se passe aussi
08:04autour de nous.
08:06Exactement,
08:06et on est précisément
08:08en train d'importer,
08:09justement,
08:10un front intérieur
08:12qui est justement
08:13celui de l'Ukraine.
08:14Alors,
08:14il y a un deuxième effet cliqué,
08:16c'est le moment...
08:17Je dis ça d'autant plus
08:18qu'on est à deux jours
08:20du quatrième anniversaire
08:22de la guerre en Ukraine.
08:23Exactement.
08:24Donc là,
08:24on est sur un autre effet cliqué
08:25qui s'enchaîne
08:26dans cette technique
08:28de communication
08:28et de préparation des esprits,
08:30qui est que
08:31les gens vont commencer
08:32à entendre parler
08:33du fameux article 42
08:34alinéa 7
08:35de la Constitution européenne
08:37qui est la clause
08:38de défense mutuelle.
08:39Donc les gens vont commencer
08:40à se dire
08:40mais attendez,
08:40si l'Ukraine rentre dans l'Europe,
08:42on va devoir être
08:43co-belligérant, etc.
08:45Et je passe directement
08:46au troisième cliqué,
08:47puisque là,
08:47on est face à quelque chose
08:48d'une énormité scandaleuse
08:50à la limite de la forfaiture.
08:51Enfin, moi,
08:51j'ai même tendance à dire
08:52« c'est un viol démocratique
08:53par excellence ».
08:54C'est-à-dire ?
08:55C'est le moment
08:56où Van der Leyen nous dit
08:57« mais vous savez,
08:58nous n'avons pas besoin
08:58de modifier les traités pour ça ».
09:00C'est ça.
09:00Et il faut que les gens
09:01mesurent l'énormité
09:02de cette phrase.
09:03C'est-à-dire qu'on est...
09:04modifient les traités pour ça ?
09:05C'est-à-dire pour l'entrée
09:06de l'Ukraine
09:07et notamment...
09:08Pour l'entrée de l'Ukraine
09:09dans l'Union Européenne.
09:10Exactement.
09:11Et pour notre futur statut
09:12de co-belligérant.
09:14Donc là, vraiment,
09:14on est sur quelque chose
09:15de vertigineux.
09:17De vertigineux
09:18quand on mesure vraiment
09:19le viol démocratique
09:20dont il s'agit.
09:20Pourquoi ?
09:21Parce que, normalement,
09:24l'entrée d'un pays
09:26comme l'Ukraine,
09:27comme n'importe quel autre pays,
09:28impliquerait donc
09:29la majorité absolue.
09:31D'accord ?
09:31Dernier.
09:32Donc, l'unanimité.
09:32Voilà.
09:33Et maintenant,
09:33on va pouvoir se concentrer
09:35sur ce qu'ils appellent
09:36les clauses passerelles
09:37et qui permettent donc
09:38d'accélérer l'entrée
09:39de l'Ukraine dans l'Europe.
09:41Frédéric Buscagnana,
09:42merci beaucoup.
09:43Analyste stratégique
09:44pour ce point fort
09:46sur cette analyse
09:48au niveau de l'Europe
09:49qui fait des pas
09:51vers la guerre
09:51avec un viol démocratique
09:53dont vous avez parlé.
09:55On marque une pause,
09:56on revient.
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