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  • il y a 11 heures
Alors que la guerre en Iran se poursuit, le chef de l'Etat dans son allocution de mardi soir a annoncé notamment le déploiement en mer Méditerranée du porte-avions Charles de Gaulle ainsi que de la frégate Languedoc à Chypre, quels sont leurs missions ? De combien d'hommes est-il question ? La France, pourra-t-elle soutenir et nos alliés du Moyen-Orient et l'Ukraine ? Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants est l'invitée de RTL Matin.

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Transcription
00:00RTL Matin.
00:01Et à 7h43, c'est donc la ministre des Armées, Catherine Vautrin, qui est l'invité d'RTL Matin.
00:04Bonjour et bienvenue sur RTL, Catherine Vautrin.
00:05Bonjour Thomas Soto.
00:06Il y a eu un nouveau conseil de défense hier soir à l'Elysée, autour du chef de l'État.
00:09On a le sentiment que la France fait un pas de plus vers la guerre chaque jour.
00:13Madame la ministre, êtes-vous en train de préparer nos armées à faire concrètement la guerre ?
00:17Vous le savez, le président de la République l'a dit dans son adresse aux Français mardi soir.
00:21La France est mobilisée sur la protection de nos ressortissants,
00:25sur la protection de nos emprises et sur l'accompagnement que nous apportons
00:29aux pays avec lesquels nous avons des accords de défense.
00:32Ce qui veut dire que la position de la France est une position strictement défensive.
00:35Défensive pour l'instant, mais est-ce qu'on n'est pas en train d'être inspiré par la guerre
00:38comme le titre de l'opinion ce matin ? C'est pas ça la réalité ?
00:40Non, la réalité c'est que la France est dans une position strictement défensive.
00:43Nous avons, si je prends l'exemple du Moyen-Orient,
00:45nous avons 400 000 personnes qui vivent dans le golfe Persique par exemple.
00:49Donc évidemment, nous sommes très concernés par la situation de nos ressortissants et par nos emprises.
00:54Est-ce qu'ils sont en sécurité ces ressortissants ou est-ce que c'est précaire pour eux ?
00:57Ces ressortissants sont, pour beaucoup d'entre eux, pour les touristes dans des hôtels,
01:02pour ceux qui vivent évidemment là où ils sont, ils sont mis à l'abri.
01:07Il y a des alertes régulières.
01:08C'est une situation très tendue bien évidemment,
01:11mais c'est la raison pour laquelle nos postes sont en lien avec eux,
01:15avec notamment des consignes de prudence, des liens avec le fil d'Ariane pour les touristes,
01:19pour organiser les évacuations.
01:21Il y a de nouvelles évacuations prévues aujourd'hui ?
01:22Il y a des évacuations.
01:23Combien on le sait ?
01:24Alors je ne sais pas vous donner le nom, mais oui, il y a des évacuations.
01:27Il y a des avions qui partiront aujourd'hui, notamment des Émirats arabes unis.
01:32Donc il y en a eu également hier.
01:34Est-ce que vous allez mobiliser des moyens militaires pour les rapatrier ?
01:37Nous n'en sommes pas aujourd'hui à mobiliser des moyens militaires,
01:42puisqu'il y a des créneaux avec des avions civils,
01:46notamment les compagnies émiriennes.
01:48Vous savez, après ce que je dis ce matin, je le dis au vu de la situation d'aujourd'hui.
01:53Oui, mais la volonté...
01:54Tout peut évoluer à tout moment.
01:55Tout évolue, mais la volonté, c'est très clairement que nous puissions,
01:58avec les autorités locales, avoir des créneaux pour que des avions puissent décoller
02:02et accompagner nos ressortissants vers la France.
02:05On sait combien de temps il faudra pour ramener tous ceux qui veulent...
02:08Ils ne veulent pas rentrer les 400 000, mais tous ceux qui veulent rentrer...
02:10Alors vous savez, c'est ça qui est compliqué, parce que vous avez des gens qui ont pris contact pour
02:14être rassurés,
02:14vous en avez d'autres qui, effectivement, souhaitent être ramenés.
02:17Donc ça, c'est tenu au jour le jour par nos équipes et par nos postes.
02:21Je voudrais souligner la mobilisation aussi bien localement qu'au Quai d'Orsay,
02:24puisque vous avez aussi des familles, vous avez des gens qui appellent directement Paris,
02:28et l'objectif, c'est de faire au plus vite.
02:30Maintenant, on sait tous que dans un contexte comme celui-là, il y a une organisation à mettre en place.
02:34Il y a un ordre de priorité.
02:36Très concrètement, nous commençons par les gens les plus...
02:38Les personnes fragiles, les personnes âgées, les enfants...
02:40Les mineurs d'en accompagnés, enfin, tous ces sujets.
02:42Emmanuel Macron a dit que deux de nos bases avaient été visées en début de semaine par des tirs iraniens.
02:45Est-ce que vous avez depuis déjoué d'autres attaques qui ont visé nos intérêts ?
02:48Alors, pour nos intérêts, il n'y a, au moment où je vous parle, que ces deux bases.
02:52Pour être clair, nous n'avons pas de certitude que c'était des bases françaises...
02:56Est-ce qualité de bases françaises qui étaient visées ?
02:59Pour une raison très simple, c'est que ces bases qui sont donc aux Émirats arabes
03:02sont dans des emprises qui sont des emprises émiriennes.
03:05Très vastes, très grandes.
03:06Est-ce que c'était réellement la France qui était visée ?
03:09Ça n'est pas aujourd'hui écrit.
03:11En tout cas, ce qui est important à retenir, aucun blessé.
03:14Et les bases sont parfaitement en état d'activité.
03:16Et on doit faire face à une guerre un peu nouvelle,
03:19même si on a connu ça et on connaît ça en Ukraine et en Russie.
03:21C'est la guerre des drones.
03:22Est-ce qu'on est équipé pour faire face à cette pluie de drones ?
03:25Est-ce qu'on sait faire ?
03:26Ou est-ce que ça vous inquiète ?
03:27Il faut aller beaucoup plus loin.
03:29Pourquoi ? Parce qu'on le voit bien,
03:31les drones, ce sont des masses de drones qui arrivent.
03:34Et donc la lutte anti-drone aujourd'hui nécessite qu'on a...
03:36On ne peut pas mettre un missile par drone.
03:38D'où la nécessité d'aller plus loin sur la lutte anti-drone.
03:41Et il faut augmenter nos productions.
03:42On a évidemment...
03:44On avait déjà commencé, parce que l'exemple ukrainien
03:46était déjà un exemple, 79% des destructions en Ukraine
03:49sont faites avec des drones.
03:50Donc on voit bien que dans ces conflits,
03:52on tire aussi des leçons en termes d'armement
03:55et qu'aller plus loin sur les drones,
03:57c'est une des grandes priorités de la France actuellement.
03:59On a des entreprises très engagées.
04:01Vous avez entendu parler d'Armatan, d'Al-Taray,
04:03je ne vais pas vous faire la liste,
04:04mais qui sont des gens dont on a besoin du savoir-faire.
04:06Catherine Vautrin, on apprend à l'instant
04:07que votre collègue des Affaires étrangères,
04:09Jean-Noël Barraud, s'est entretenu avec son homologue iranien.
04:11Vous savez ce qu'ils se sont dit ou pas du tout ?
04:12Pas du tout.
04:13Parce que je ne savais pas...
04:14Ça veut dire qu'on se parle entre français et iraniens.
04:15Mais vous savez, on ne parle pas qu'avec ses amis.
04:19C'est toujours important de pouvoir garder des contacts.
04:22Ce sont nos ennemis, les Iraniens, aujourd'hui ?
04:24En tout cas, quand des gens font la guerre,
04:25en général, c'est plutôt des adversaires.
04:27Ceci étant, la France n'est pas en guerre aujourd'hui.
04:30La France est dans une position défensive.
04:32Maintenant, ce qui est très...
04:33On a quand même l'impression qu'on fait la guerre sans le dire,
04:36comme M. Jourdain, c'est de la prose sans le savoir.
04:37En fait, on ne sait pas trop où tout ça va nous mener.
04:39Non, je pense que c'est très important.
04:41Nous, nous sommes dans une position de protection.
04:45Nous n'attaquons pas.
04:46C'est ça la différence.
04:47Quand vous faites la guerre, vous êtes offensif, vous attaquez.
04:49Nous, nous sommes aujourd'hui dans une position défensive.
04:52Mais on sait que le Charles de Gaulle va aller dans la zone.
04:53Pardon, je vous interromps.
04:54Si les Iraniens décidaient d'attaquer le Charles de Gaulle,
04:57j'imagine qu'on va se défendre.
04:58Pour l'instant, vous avez entendu, mardi, le Président de la République sur deux points.
05:02Le premier, c'est, je souhaite que les négociations diplomatiques continuent.
05:07Acte 1.
05:08Acte 2, le Charles de Gaulle, il fait route vers la Méditerranée.
05:11Il arrivera quand ?
05:12Il arrivera fin de semaine.
05:14Fin de cette semaine ?
05:15Oui, fin de cette semaine, début de semaine prochaine.
05:18Il va stationner où ?
05:19Ce n'est pas encore déterminé.
05:20Par définition, un bateau, c'est mouvant.
05:23Donc, sa destination, au moment où je vous parle, c'est la Méditerranée.
05:26Et il va protéger le détroit d'Ormous ?
05:27C'est quoi sa mise ?
05:29Pardonnez-moi, mais le détroit d'Ormous, ce n'est pas la Méditerranée.
05:32Et donc, il est aujourd'hui...
05:34Par ailleurs.
05:35Par ailleurs.
05:35Par ailleurs, il va être en Méditerranée.
05:39Et il va faire quoi ? Quelle est sa mission ?
05:40Le Charles de Gaulle, c'est un navire de combat qui est escorté de frégates.
05:45Il va donc sécuriser la zone, la Méditerranée, qui peut être aussi bien la Méditerranée orientale, par exemple.
05:53Bon.
05:54Combien de rafales sont déjà sur place ?
05:55Il paraît que nos avions sont déjà là-bas.
05:57On en a combien qui sont opérationnels en ce moment ?
05:58Alors, nous avions des rafales qui étaient déjà aux Émirats.
06:03Et dans le cadre de notre accord, six rafales sont parties en supplément vers les Émirats.
06:08Et ils sont arrivés.
06:08Bon.
06:09En tant que chef des armées, sous la responsabilité du chef de l'État...
06:12C'est le président de la République.
06:13Je sais, je sais.
06:13On nous surpera ailleurs ce matin.
06:15Vous êtes quand même ministre des armées, ce qui n'est pas rien.
06:17C'est un grand honneur et une grande responsabilité.
06:18Quand vous voyez la violence des bombardements, quand vous voyez que les Américains vont taper un bateau de guerre iranien
06:24à 3000 kilomètres du front, si on peut dire,
06:28est-ce que vous vous dites que ça a un sens ?
06:30Mais, vous savez, le sujet, c'est vraiment la négociation, l'arrêt des combats.
06:37Un ministre de la Défense, il est là pour protéger la souveraineté de son pays.
06:41La responsabilité, sous la conduite du président de la République, c'est que le président de la République ait l
06:48'ensemble des équipements dont il a besoin pour protéger la paix.
06:50Parce que la paix, ça se protège.
06:51Et donc, le sens de la mission, pour répondre à votre question...
06:56Honnêtement, on peut très concrètement se poser effectivement la question de ce navire qui ne combattait pas, puisque ce navire
07:04rentrait d'un entraînement.
07:06Et on voit qu'aujourd'hui, la stratégie qui est suivie par d'autres, sans aucun préavis, je le rappelle,
07:13sans aucun respect des traités internationaux, ne peut qu'interroger.
07:16Bon, on va parler un petit peu du Liban.
07:18On a 700 hommes qui sont au sein de la finule.
07:20Au titre de la finule.
07:21La force intérimaire de l'ONU au Liban.
07:22Est-ce qu'ils vont y rester, compte tenu du fait que les troupes israéennes sont déjà au Liban ?
07:25Alors, bien sûr, ce que l'on peut dire, il y a des troupes qui sont aujourd'hui au Liban,
07:30des troupes israéliennes qui sont au Liban, c'est ce que nous avons entendu.
07:33Ce qu'il faut rappeler, c'est que l'erreur majeure, c'est celle du Hezbollah qui est allé tirer
07:39sur Israël.
07:39Le président de la République, vous le disiez...
07:41Oui, mais la conséquence est d'un embrasement.
07:42Attendez, mais le sujet, c'est surtout d'arrêter ces combats.
07:47Donc, c'est que le Hezbollah arrête de tirer sur Israël et qu'Israël arrête de taper sur le Liban.
07:52C'est ça.
07:52La priorité aujourd'hui...
07:54Et les soldats de la finule sont sur place ?
07:55Les soldats de la finule sont sur place et ils restent aujourd'hui, bien sûr.
07:57Et l'envoi de troupes françaises sur place, que ce soit en Israël ou en Iran, ça ne sera jamais
08:00d'actualité ?
08:02Très concrètement, je vous l'ai dit, nous ne sommes pas dans cette guerre en matière offensive.
08:07Nous sommes dans du défensif et nous ne parlons pas d'envoi de troupes.
08:10Ce conflit nous inquiète aussi quant à ses répercussions sur notre territoire en France.
08:14Emmanuel Macron a demandé un renforcement de l'opération Sentinelle.
08:16Sentinelle, ce sont les militaires qui assurent notre sécurité dans les rues face à la menace terroriste.
08:20Comment il va se traduire, ce renforcement ?
08:22Les Français voient régulièrement les militaires qui sont dans ces opérations, qui assurent la protection.
08:27Ils sont combien aujourd'hui ?
08:28C'est un chiffre qu'on ne nous donne absolument jamais.
08:30Mais que font-ils ?
08:31On les voit très régulièrement dans les gares, les aéroports.
08:34Et là, que vont-ils faire de plus ?
08:35Ils vont aller sécuriser des lieux qui peuvent être considérés comme des lieux dangereux.
08:40Je vais prendre un exemple, synagogue par exemple.
08:43Il y aura plus de militaires dans l'opération Sentinelle ?
08:45Il y a autant que les préfets nous le demandent.
08:49Ce sont des opérations qui sont menées avec les préfets,
08:51qui remontent au ministère de l'Intérieur les besoins qui sont les leurs,
08:55territoire par territoire,
08:56et les armées répondent à ces besoins.
08:58On parlait du Charles de Gaulle, ce sera ma dernière question.
09:00Qui quitte les mers du Nord ?
09:01C'est Poutine qui doit être content, il est peinard pour continuer sa guerre, non ?
09:04Vous savez, vous l'avez remarqué, l'Ukraine continue et nous sommes toujours aux côtés d'Ukraine.
09:08Toujours aussi impliqués ?
09:09Comme nous le sommes depuis 2022.
09:11Il n'y aura pas une baisse de moyens vers l'Ukraine ?
09:13On arrive à faire les deux à la fois ?
09:14Il n'y a aucune baisse de moyens parce que l'organisation de notre pays,
09:18les budgets sont faits pour que nous ayons cette capacité.
09:21La France est un pays fiable.
09:23Quand elle donne son accord, elle le tient.
09:26Et je crois que c'est très important pour les Ukrainiens comme les pays.
09:29Donc on ne lâchera pas les Ukrainiens ?
09:30Pas du tout, pas plus que nos partenariats dans le Golfe.
09:33Merci Catherine Vautrin d'être venue sur RTL ce matin.
09:35Restez avec nous dans un instant, c'est Philippe Cavrivière qui nous rejoint.
09:37A tout de suite.
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