- il y a 13 heures
Le 4 mars, la commission des affaires étrangères du Sénat auditionnait Pierre Razoux, directeur académique de la Fondation méditerranéenne d'études stratégiques. Le chercheur a analysé pendant près d'une heure trente les enjeux des récentes attaques américaine set israéliennes sur l'Iran, puis la riposte de ce dernier sur les pays du Golfe.
Il a dessiné quatre scénarios sur la suite du conflit : "Le premier scénario : une victoire rapide des Etats-Unis et d'Israël : les Iraniens descendent dans la rue et déstabilisent le pouvoir. Je ne vois pas cette hypothèse subvenir, sauf si l'armée régulière se désolidarise du pouvoir iranien ce qui me semble peu probable", a-t-il expliqué. Deux autres scénarios possibles ne sont pas probables, d'après lui : "Second scénario : les Etats-Unis, face à un enlisement, se défont et laisse Israël seul dans cette guerre. Cela ne me parait pas probable à court terme. Troisième scénario : les Etats-Unis pourraient négocier avec l'Iran". Le scénario qui lui semble le plus probable est le quatrième : "C'est l'enlisement du conflit."
Revivez ces échanges. Année de Production : 2025
Il a dessiné quatre scénarios sur la suite du conflit : "Le premier scénario : une victoire rapide des Etats-Unis et d'Israël : les Iraniens descendent dans la rue et déstabilisent le pouvoir. Je ne vois pas cette hypothèse subvenir, sauf si l'armée régulière se désolidarise du pouvoir iranien ce qui me semble peu probable", a-t-il expliqué. Deux autres scénarios possibles ne sont pas probables, d'après lui : "Second scénario : les Etats-Unis, face à un enlisement, se défont et laisse Israël seul dans cette guerre. Cela ne me parait pas probable à court terme. Troisième scénario : les Etats-Unis pourraient négocier avec l'Iran". Le scénario qui lui semble le plus probable est le quatrième : "C'est l'enlisement du conflit."
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00:00:01Générique
00:00:10Bonjour à tous, bienvenue dans 100% Sénat, l'émission qui vous fait vivre les meilleures auditions devant la Chambre
00:00:16haute du Parlement.
00:00:17Les Etats-Unis et Israël poursuivent leurs frappes aériennes sur l'Iran.
00:00:22Elles ont notamment causé la mort du guide suprême Ali Ramenei.
00:00:24En représailles, la République islamique effectue des tirs contre son ennemi israélien,
00:00:29mais aussi des monarchies du Golfe, une escalade de la violence qui plonge le Moyen-Orient dans la guerre et
00:00:35l'incertitude.
00:00:36Alors quel scénario faut-il envisager pour la suite ?
00:00:39Pour y répondre, la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées convoque Pierre Razou.
00:00:45Il est le directeur académique de la Fondation Méditerranéenne d'études stratégiques. Regardez.
00:00:51Bien, mes chers collègues, nous accueillons aujourd'hui M. Pierre Razou, directeur académique de la Fondation Méditerranéenne d'études stratégiques,
00:00:59que je remercie très sincèrement d'avoir répondu à notre invitation sous très faible préavis,
00:01:05puisque je crois qu'on a échangé pas plus tard que lundi, sous faible préavis, comme dirait nos armées.
00:01:10M. Razou, vous êtes l'auteur de travaux de référence, notamment la guerre Iran-Irak, première guerre du Golfe, 1980
00:01:16-1988,
00:01:18et de Sahal, nouvelle histoire de l'armée israélienne, qui témoigne d'une connaissance des dynamiques stratégiques profondes à l
00:01:24'œuvre tant en Iran qu'en Israël.
00:01:25Votre double expertise, à la fois historique et contemporaine, nous sera particulièrement précieuse à l'heure où les événements se
00:01:33précipitent.
00:01:33Nous avons souhaité vous entendre afin d'éclairer notre commission sur la séquence d'une gravité exceptionnelle qui s'est
00:01:40ouverte ces derniers jours au Moyen-Orient.
00:01:42Samedi dernier, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes conjointes massives, présentées comme préventives,
00:01:47dans le cadre de l'opération Führer-Épique côté américain et Rugissement du Lion côté israélien.
00:01:52Si cette offensive ne constitue pas une surprise absolue, Washington ayant déjà ciblé plusieurs installations nucléaires iraniennes en juin 2025,
00:01:59lors de l'opération Marteau de minuit, et déployé ces dernières semaines un dispositif militaire massif au Moyen-Orient.
00:02:08Elle est toutefois intervenue alors même que la diplomatie semblait être encore à l'œuvre.
00:02:12Le ministre Omane des Affaires étrangères, Al-Boussaidi, médiateur des négociations entre les États-Unis et l'Iran,
00:02:20a indiqué à l'issue du dernier cycle de discussion à Genève le 26 février qu'un accord paraissait à
00:02:26portée de main.
00:02:26L'administration américaine, sous l'autorité du président Donald Trump, a dans un premier temps présenté cette campagne comme brève,
00:02:33circonscrite, susceptible de s'achever en quatre semaines ou moins.
00:02:38Une telle hypothèse vous paraît-elle crédible, au regard des précédentes guerres menées dans la région et de la profondeur
00:02:43stratégique de l'Iran ?
00:02:45Dès le premier jour, l'élimination de l'ayatollah Khamenei a marqué une rupture historique.
00:02:54Nous savons que le système institutionnel iranien est conçu comme un régime polycentré, redondant,
00:02:59structuré autour de centres de pouvoir multiples, religieux, militaires, judiciaires et politiques,
00:03:04précisément pour garantir sa résilience face aux crises.
00:03:07Le conseil de direction provisoire a été mis en place, comprenant notamment le président Pézekian,
00:03:13le chef du pouvoir judiciaire Moseni, Edji, ainsi que le dignitaire religieux Arafi,
00:03:21membres de l'Assemblée des experts et du conseil des gardiens.
00:03:24Quel scénario d'évolution institutionnelle et politique peut-on raisonnablement envisager ?
00:03:29La contestation intérieure amorcée fin 2025 et brutalement réprimée en janvier,
00:03:34peut-elle dans ce contexte déboucher sur une dynamique de basculement ?
00:03:37Ou faut-il au contraire anticiper un réflexe de consolidation autoritaire autour des gardiens de la Révolution ?
00:03:42La réponse iranienne, pour sa part, semble s'inscrire dans une logique tous azimuts,
00:03:47frappe en Arabie Saoudite, au Qatar, à Dubaï, au Koweït, à Bahreïn, à Oman, en Irak,
00:03:54frappe israélienne au Liban contre le Hezbollah,
00:03:57attaque de drones ayant touché la base navale française à Abu Dhabi
00:04:00et une installation britannique à Chypre.
00:04:03Sommes-nous face à un engrenage régional susceptible de conduire à un embrasement généralisé ?
00:04:09Quelle est, selon vous, la probabilité d'une extension durable du conflit
00:04:12impliquant directement ou indirectement l'ensemble des puissances du Golfe,
00:04:16voire les grandes puissances extérieures ?
00:04:18Dans ce contexte, comment hésiter une escalade incontrôlée ?
00:04:22Quel canot diplomatique demeure crédible ?
00:04:24Les médiations régionales sont-elles encore un espace d'action ?
00:04:29Et au-delà, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont indiqué être prêts à conduire,
00:04:34le cas échéant, des actions défensives pour neutraliser certaines capacités militaires iraniennes.
00:04:39Comment analyser cette posture ?
00:04:41S'agit-il d'un signal de dissuasion, d'un alignement stratégique
00:04:44ou d'un risque supplémentaire d'internationalisation du conflit ?
00:04:48Mes chers collègues, et à titre exceptionnel, en raison des circonstances liées à la guerre au Moyen-Orient,
00:04:52les membres de la Commission peuvent participer à cette audition en visioconférence.
00:04:56Je rappelle également que nos travaux sont captés et diffusés en direct sur le site internet du Sénat
00:05:03et que cette réunion exceptionnelle a été autorisée par la Présidence
00:05:07puisque, en période de suspension des travaux parlementaires,
00:05:11nous ne pouvons normalement pas réunir la Commission en visio.
00:05:15Monsieur Razou, notre Commission a abordé à de nombreuses reprises ces dernières années
00:05:17la recomposition du Moyen-Orient.
00:05:20Avons-nous basculé dans un moment de décomposition ou d'implosion ?
00:05:24Dans ce moment d'extrême tension internationale
00:05:26où les équilibres régionaux et stratégiques semblent vacillés,
00:05:29nous comptons sur votre éclairage pour nous aider à comprendre les logiques à l'œuvre,
00:05:33les scénarios plausibles, les marges de manœuvre encore ouvertes à l'action diplomatique.
00:05:38Je vous laisse la parole et ensuite mes collègues en visio ou en présentiel
00:05:41auront l'occasion de vous interroger.
00:05:43Merci beaucoup, Monsieur le Directeur.
00:05:48Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, merci pour votre confiance.
00:05:54Alors, je ne vais pas... J'essaye de passer...
00:06:01Si vous pouvez me passer la carte.
00:06:03Ça a eu marché.
00:06:04Je ne vais pas revenir sur le déroulé des opérations de part et d'autre
00:06:08que j'ai résumé sur la carte qui va bientôt s'afficher
00:06:13et que vous avez devant vos yeux.
00:06:15Je voudrais plutôt vous expliquer
00:06:18et vous dire ce qui m'a marqué pendant ces cinq jours
00:06:21et comment je comprends la suite
00:06:23et quels scénarios j'envisage éventuellement pour après.
00:06:28Je crois qu'il faut rester extrêmement prudent
00:06:30et éviter tout triomphalisme.
00:06:33Ce que je constate,
00:06:36d'abord, c'est que Donald Trump,
00:06:38qu'il se soit fait ou non forcer la main pour attaquer l'Iran,
00:06:43qu'il l'ait voulu, qu'il l'ait subi,
00:06:46ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui,
00:06:47c'est Benjamin Netanyahou qui empoche les gains.
00:06:51Le premier ministre israélien a torpillé préventivement
00:06:55tout accord entre les États-Unis et l'Iran.
00:06:58C'était son cauchemar absolu.
00:07:01Il a, ce que les Israéliens appellent,
00:07:04éliminé la tête de la pieuvre
00:07:05en éliminant le guide suprême Ali Ramenei.
00:07:10Il a affaibli considérablement l'Iran,
00:07:13à la fois dans son programme nucléaire
00:07:14et dans son programme balistique.
00:07:16Et on imagine bien qu'à échéance,
00:07:19les Iraniens ouvront beaucoup,
00:07:21beaucoup moins de moyens d'action
00:07:23et de prise sur Israël.
00:07:25Et enfin, il a fait diversion
00:07:27sur ses difficultés intérieures,
00:07:29difficultés politiques, difficultés judiciaires.
00:07:31Donc je pense qu'il a carton plein.
00:07:35Je pense aussi que les objectifs d'emblée
00:07:37d'Israël et des États-Unis sont différents
00:07:40et ne sont pas forcément compatibles.
00:07:43Les objectifs affichés des États-Unis,
00:07:46c'était clairement le changement de régime.
00:07:50La neutralisation définitive du programme nucléaire,
00:07:54durable du programme balistique
00:07:55et l'élimination de tout ce qui était susceptible
00:07:59de menacer militairement la navigation commerciale
00:08:02dans le golfe Persique et le détroit d'Hormuz.
00:08:04Pour faire simple,
00:08:05permettre l'évacuation du flux d'hydrocarbures
00:08:08en direction de partout.
00:08:11Du côté israélien, ma compréhension,
00:08:14c'est qu'au-delà des objectifs que je viens d'énoncer
00:08:19et donc qui, je pense, ont déjà été en grande partie atteints
00:08:22par les Israéliens,
00:08:25si la situation en Iran est chaotique et fragmentée,
00:08:29ça suffit amplement aux objectifs de Benjamin Netanyahou.
00:08:33C'est-à-dire qu'il ne cherche pas forcément à faire tomber le régime,
00:08:37il cherche à le fracturer encore plus
00:08:39et à l'affaiblir encore plus.
00:08:41Un petit peu comme ça s'est passé en Irak et en Syrie
00:08:44pour éviter les problèmes directement chez lui.
00:08:46Tous les problèmes connexes qui surviendraient ensuite
00:08:50dans les voisins d'Iran,
00:08:51ce n'est pas le problème d'Israël.
00:08:55Sur le plan des frappes,
00:08:57je pense que ce que j'ai vu,
00:08:59enfin ce que j'ai compté,
00:09:00c'est qu'on voit à peu près
00:09:02deux tiers de frappe côté américain,
00:09:04un tiers côté israélien.
00:09:06Ça donne un aperçu et une idée
00:09:09du volume de forces engagées
00:09:11et de l'effort militaire
00:09:12impliqué par les deux belligéants
00:09:14de ce côté-là.
00:09:16Ce qui m'a marqué aussi,
00:09:18c'est que la riposte iranienne est à la fois étendue
00:09:20puisque au moins huit pays ont été touchés,
00:09:23mais limitée en intensité.
00:09:26Limité peut-être parce que tout simplement
00:09:28le régime iranien ne peut pas faire autrement
00:09:32parce qu'il est en permanence survolé
00:09:34par l'aviation américaine et israélienne,
00:09:38par les satellites observés.
00:09:40Donc en fait aujourd'hui,
00:09:41Israël et les États-Unis agissent,
00:09:44on va dire, en open space,
00:09:46au-dessus de l'Iran.
00:09:49Donc soit ils ne peuvent pas,
00:09:53soit ils ont compris qu'il fallait garder des munitions
00:09:55pour plus tard.
00:09:56Donc ils économisent leurs missiles.
00:09:58Et le plus probable,
00:10:00c'est que c'est élan et l'autre.
00:10:01C'est-à-dire qu'à la fois,
00:10:02ils ne peuvent pas,
00:10:03et dans tous les cas,
00:10:04de toute façon,
00:10:04ils ont besoin d'économiser les missiles
00:10:06pour pouvoir faire durer le conflit.
00:10:07J'y reviendrai après.
00:10:09Ce qui m'a marqué aussi,
00:10:11c'est que pour l'instant,
00:10:14ni les frappes américaines,
00:10:15ni les frappes israéliennes
00:10:16ne touchent l'infrastructure pétrolière iranienne.
00:10:23Les belligérants des deux côtés
00:10:25communiquent sur à peu près
00:10:26ce qu'ils essayent de taper,
00:10:27ce qu'ils ont frappé,
00:10:28ce qu'ils ont touché.
00:10:30Mais il n'y a pas un mot
00:10:32sur les hydrocarbures.
00:10:34Ça veut dire quoi ?
00:10:35Ça veut dire que,
00:10:35ma compréhension,
00:10:37c'est que Donald Trump
00:10:39a imposé,
00:10:40mais fortement,
00:10:41à Netanyahou,
00:10:42ça devait être la contrepartie de JV,
00:10:44oui,
00:10:44mais on ne touche pas au pétrole.
00:10:47Pourquoi ?
00:10:48Parce que là,
00:10:49très certainement,
00:10:50il y a de très fortes pressions
00:10:51des monarchies du Golfe,
00:10:53mais aussi des Européens,
00:10:54des Asiatiques et de la Chine
00:10:59sur le flux pétrolier,
00:11:01même s'il passe par Babel-Mondeb
00:11:03au lieu de passer par Hormuz,
00:11:04même s'il est plus cher,
00:11:05doit continuer à agir.
00:11:10Je pense que,
00:11:12du point de vue américain,
00:11:14ne pas taper pour l'instant
00:11:15les hydrocarbures iraniens,
00:11:17c'est préserver l'avenir,
00:11:18notamment en termes de business,
00:11:20parce qu'ils se disent,
00:11:20on ne sait jamais,
00:11:21après tout,
00:11:21si on arrive,
00:11:22même si c'est dans six mois,
00:11:23un an,
00:11:24à un accord avec les Iraniens,
00:11:27peut-être qu'on sera content
00:11:28de pouvoir justement bénéficier
00:11:30sur le pétrole iranien,
00:11:34et puis surtout,
00:11:35c'est aussi un moyen de pression,
00:11:36je vais y revenir,
00:11:36c'est sur la Chine.
00:11:37C'est pour dire aux Chinois,
00:11:39regardez,
00:11:39on contrôle le pétrole du Venezuela,
00:11:42à peu près 4-5%
00:11:46des importations chinoises,
00:11:48là,
00:11:49le pétrole de l'Iran,
00:11:50vous allez avoir beaucoup de mal
00:11:51à l'avoir,
00:11:52à peu près 12-13%
00:11:55des importations chinoises,
00:11:57mais si on le détruit,
00:11:58quelque part,
00:11:58ce n'est plus dans l'équation,
00:11:59ce n'est plus dans la balance
00:12:00de la négociation,
00:12:01alors que si on le maintient,
00:12:02on peut faire pression
00:12:03et on peut négocier.
00:12:05Je crois aussi que c'est perçu,
00:12:07du point de vue américain,
00:12:08comme contre-productif
00:12:10par rapport à la population iranienne,
00:12:12c'est-à-dire qu'on peut difficilement,
00:12:14du point de vue de Washington,
00:12:16dire à la population,
00:12:18soulevez-vous
00:12:19et prenez le contrôle du pays
00:12:21et en même temps,
00:12:21leur casser pour l'avenir
00:12:23leur source de richesse
00:12:25pour comment vous allez vous en sortir.
00:12:29Ce qui m'amène à penser
00:12:31qu'il y a le conflit
00:12:34entre les États-Unis et Israël
00:12:36d'un côté et l'Iran de l'autre,
00:12:37mais il y a un autre conflit
00:12:39qui se joue encore bien au-dessus,
00:12:40c'est la rivalité stratégique
00:12:42entre la Chine et les États-Unis.
00:12:44Et ce conflit s'inscrit clairement aussi
00:12:47dans cette rivalité stratégique
00:12:49entre la Chine et les États-Unis.
00:12:52Je vous rappelle que le président Trump
00:12:53doit se rendre à Pékin
00:12:55à la fin du mois de mars
00:12:56et qu'il va y aller sûrement
00:12:58avec un certain nombre de billes
00:12:59à négocier avec son homologue chinois.
00:13:09Ce qui m'a marqué aussi,
00:13:10alors là, c'est plus en termes
00:13:11de communication,
00:13:13c'est que ce sont les Iraniens
00:13:15qui communiquent
00:13:17et les Israéliens
00:13:20qui verrouillent l'information.
00:13:22C'est intéressant
00:13:23parce qu'en juin, c'était le contraire.
00:13:25Pardon, en juin 2025,
00:13:26c'était le contraire.
00:13:28Ce qui m'a marqué aussi,
00:13:29c'est que cette fois-ci,
00:13:31les drones font mouche.
00:13:34C'est-à-dire que pendant la guerre
00:13:36dite des 12 jours en juin 2025
00:13:40et pendant les différents épisodes
00:13:42de frappe mutuelle en 2024
00:13:44entre Israël et l'Iran,
00:13:46systématiquement,
00:13:47tous les drones étaient quasiment détectés
00:13:49et détruits
00:13:50avant de parvenir sur leur cible.
00:13:53Aujourd'hui, il y a un pourcentage
00:13:55malgré tout pas élevé,
00:13:57mais réel de drones
00:13:58qui arrivent à destination.
00:14:01Ça veut dire quoi ?
00:14:02Ça veut dire que probablement,
00:14:03c'est le cas parce qu'en fait,
00:14:04ils sont tirés
00:14:05à relativement courte distance.
00:14:08Donc, auparavant,
00:14:09c'était Israël-Iran,
00:14:10c'est 1600 kilomètres.
00:14:12Donc, 1600 kilomètres,
00:14:13même de nuit,
00:14:13vous avez les temps
00:14:14de les détecter,
00:14:15de les intercepter
00:14:15et de les détruire.
00:14:17Là, quand ça part
00:14:18d'un côté à l'autre
00:14:19du golfe Persique,
00:14:20que ça vole au ras de l'eau,
00:14:22c'est beaucoup plus compliqué
00:14:23à intercepter.
00:14:24Donc, ça veut dire
00:14:25qu'on est dans une phase
00:14:26où de nouveau,
00:14:27les drones redeviennent
00:14:28probablement utiles.
00:14:30Probablement aussi
00:14:31parce que le bouclier
00:14:32antimissile,
00:14:34le bouclier antimissile,
00:14:35on va dire à la fois
00:14:36israélien et golfien,
00:14:38disons des monarchies du golfe,
00:14:39est clairement orienté
00:14:40pour arrêter
00:14:41les missiles balistiques
00:14:42parce que c'est présenté
00:14:44comme la menace prioritaire
00:14:46et beaucoup moins
00:14:47contre les drones.
00:14:49Donc, là aussi,
00:14:49il y a des leçons
00:14:50que les uns et les autres
00:14:51vont très certainement tirer.
00:14:54Mes constats aussi,
00:14:56ce qui m'a marqué
00:14:57concernant l'Iran.
00:15:00L'élimination d'Ali Ramenei
00:15:02ne signifie absolument pas
00:15:03la fin du régime.
00:15:04Comme vous l'avez dit,
00:15:05je l'avais écrit aussi,
00:15:06il est policentré,
00:15:07c'est-à-dire qu'il y a
00:15:08plusieurs centres de décision.
00:15:09Il est redondant,
00:15:11il est résilient.
00:15:12Souvent, je présente
00:15:14aux personnes
00:15:15avec qui je discute
00:15:16en leur disant
00:15:17que c'est un peu
00:15:17comme une table à six pieds.
00:15:18Vous pouvez enlever
00:15:19un pied, deux pieds,
00:15:20la table tient.
00:15:21Elle est fragilisée,
00:15:22c'est évident,
00:15:23mais elle tient.
00:15:25La différence est radicalement
00:15:27différente de celle de 2003.
00:15:29On entend souvent
00:15:30dans les médias
00:15:31des références
00:15:32à l'attaque sur l'Irak
00:15:35et la chute du régime
00:15:37de Saddam.
00:15:38Ça n'a rien à voir.
00:15:40En 2003,
00:15:41c'était un régime
00:15:41qui était absolument
00:15:42centralisé,
00:15:43dictatorial et unique.
00:15:44Vous faites tomber le dictateur,
00:15:46tout s'effondre.
00:15:47Là, vous tapez
00:15:48le guide suprême,
00:15:49vous pouvez même tuer
00:15:50le président,
00:15:51le chef des gardiens,
00:15:52ils l'ont fait.
00:15:53Vous pouvez décapiter
00:15:54la chaîne militaire,
00:15:55le système continue.
00:15:57Donc,
00:15:58tout ça fait que,
00:16:02paradoxalement,
00:16:03l'élimination
00:16:04d'Ali Ramenei,
00:16:05ce qui m'a marqué aussi,
00:16:07est presque présenté
00:16:08comme un non-événement
00:16:09dans les médias iraniens.
00:16:11Ce qui montre bien
00:16:12qu'un,
00:16:13il était détesté,
00:16:14une grande partie
00:16:15de la population.
00:16:16Deux,
00:16:17pas mal de gens,
00:16:18y compris chez les plus
00:16:19conservateurs,
00:16:20attendaient impatiemment
00:16:21son départ
00:16:22pour pouvoir
00:16:23recommencer à jouer,
00:16:24parce que,
00:16:25clairement,
00:16:26la lutte pour le pouvoir,
00:16:27là,
00:16:27est clairement engagée
00:16:28à Téhéran.
00:16:33et ce qui m'amène
00:16:34donc à essayer
00:16:35de comprendre
00:16:36ce qui peut se passer,
00:16:38donc,
00:16:38on voit bien
00:16:39que le système
00:16:42est en train
00:16:42de faire émerger
00:16:44un nouveau guide suprême.
00:16:45Les Israéliens,
00:16:46les Américains,
00:16:47ont dit que ce serait
00:16:48une cible automatique
00:16:50et légitime.
00:16:50Donc,
00:16:51on comprend bien non plus
00:16:52que même s'ils ont décidé
00:16:54qui c'était,
00:16:55ils ne vont pas se presser
00:16:55de l'annoncer.
00:16:56Ils vont d'abord
00:16:57le sécuriser,
00:16:58s'assurer qu'ils ne puissent
00:16:59pas être frappés,
00:17:00régler les problèmes,
00:17:01on va dire,
00:17:02administratifs
00:17:03et bureaucratiques
00:17:05et de pouvoir
00:17:06qu'il y a autour.
00:17:07Et sans doute
00:17:08qu'ensuite,
00:17:12ils donneront
00:17:13son identité
00:17:14et ils diront.
00:17:15Ceci étant dit,
00:17:16dans cette lutte de pouvoir
00:17:17où on voit bien
00:17:18qu'il y a une redéfinition
00:17:19possible des équilibres,
00:17:21on peut imaginer
00:17:22un scénario
00:17:23qui se fasse
00:17:24peut-être pas du premier coup,
00:17:25mais au second coup,
00:17:27c'est-à-dire que là,
00:17:29très certainement,
00:17:29un guide va être désigné.
00:17:32Un certain nombre
00:17:33de personnes évoquent
00:17:34le nom de Moshtaba
00:17:35Khameni,
00:17:36c'est-à-dire
00:17:36l'un des fils
00:17:38d'Ali Khamenei,
00:17:39donc le précédent.
00:17:40Si c'est ça,
00:17:42ce qui est possible,
00:17:43c'est clairement
00:17:44un signe
00:17:45d'extrême fermeté
00:17:48et de
00:17:50la quasi-certitude
00:17:51que le conflit
00:17:52va durer
00:17:52et va durer longtemps.
00:17:54Moshtaba,
00:17:55il va d'alors
00:17:56vouloir venger
00:17:57son père,
00:17:58ensuite sa femme
00:17:59parce qu'il a perdu
00:18:00son épouse
00:18:01dans les frappes
00:18:02qui ont tué
00:18:05Ali Khamenei.
00:18:07Il est déjà
00:18:08aux manettes
00:18:08de fête
00:18:09depuis un certain temps,
00:18:10donc il ne connaît
00:18:11pas le système
00:18:12et donc c'est clairement
00:18:14si il est nommé,
00:18:16c'est que les gardiens
00:18:17ont repris
00:18:18le haut du pavé
00:18:19et verrouillent
00:18:20le système.
00:18:22On peut aussi
00:18:23imaginer un scénario
00:18:24où il est écarté
00:18:26et pour,
00:18:27disons,
00:18:28rassurer un peu
00:18:29la communauté internationale,
00:18:31les Iraniens
00:18:31font émerger
00:18:33un guide,
00:18:34c'est-à-dire
00:18:34donc un clair
00:18:35qui va rassurer
00:18:36tout le monde.
00:18:37Ça peut être
00:18:39Rouhani,
00:18:39l'ancien président,
00:18:40ça peut même être
00:18:41Khatami,
00:18:42l'ancien président,
00:18:43des réformistes,
00:18:44des modérés
00:18:46qui peuvent être
00:18:47ensuite présentés
00:18:48comme, regardez,
00:18:49on va peut-être
00:18:50négocier.
00:18:51Ce qui me semble
00:18:53sûr,
00:18:54c'est qu'au moins
00:18:55à court terme,
00:18:56on va vers un régime
00:18:56qui est davantage
00:18:57militarisé,
00:18:58qui sera beaucoup
00:18:59plus nationaliste
00:19:00et moins idéologue.
00:19:03Ce qui est sûr aussi,
00:19:04c'est que les gardiens
00:19:04de la révolution
00:19:06jouent un rôle clé
00:19:08dans la définition
00:19:09du pouvoir
00:19:10et vont probablement
00:19:11accroître leur pouvoir,
00:19:12même si Ali Larijani,
00:19:14qui est le chef
00:19:15du Conseil suprême
00:19:16de sécurité,
00:19:16et Massoud Pézechkian,
00:19:18le président,
00:19:19qui sont, entre guillemets,
00:19:19des civils politiques,
00:19:21n'ont pas dit
00:19:21leur dernier mot.
00:19:24Donc, comme je vous le disais,
00:19:25la nomination
00:19:25du prochain guide
00:19:28sera, je pense,
00:19:29devra être interprétée
00:19:30comme un signal
00:19:31très clair.
00:19:32Au passage,
00:19:32même si c'est
00:19:33Moshtaba Khamenei,
00:19:35on peut imaginer
00:19:36qu'entre guillemets
00:19:37qu'il ne dure pas longtemps
00:19:38parce qu'il va devenir
00:19:39l'ennemi numéro un
00:19:40à battre
00:19:40et on peut imaginer
00:19:43que les Israéliens
00:19:44et les Américains
00:19:44vont focaliser
00:19:45leur effort là-dessus.
00:19:46Si on est totalement cynique,
00:19:48on peut même
00:19:48peut-être se dire
00:19:49que c'est aussi un moyen
00:19:50de le retirer de l'équation
00:19:51de la part
00:19:52de ceux qui l'ont nommé.
00:19:53Pour le dire,
00:19:54voilà,
00:19:54on enlève
00:19:55tout ce, finalement,
00:19:56qui nous empêchait
00:19:57de changer de ligne
00:19:58et ensuite,
00:19:59on change de ligne.
00:20:01Et on change de ligne,
00:20:02cette fois-ci,
00:20:02pour faire émerger
00:20:03un système,
00:20:04voire même
00:20:05qui pourrait remettre
00:20:06en cause
00:20:06le Velayat al-Fakhir,
00:20:08c'est-à-dire
00:20:08que c'est le dogme
00:20:09de la primauté
00:20:10du religieux
00:20:10sur l'exécutif,
00:20:12c'est-à-dire
00:20:12que c'est le religieux
00:20:13qui exerce in fine
00:20:16le pouvoir temporel
00:20:18et qu'on arrive
00:20:20à un système
00:20:20où il y a davantage
00:20:21de pouvoir
00:20:21pour l'exécutif
00:20:22et le législatif.
00:20:23Ce n'est pas impossible.
00:20:25Ce qui est sûr,
00:20:26c'est que pour le moment,
00:20:27l'Iran paraît,
00:20:28entre guillemets,
00:20:28tenu.
00:20:29Le régime fait tout
00:20:30pour éviter
00:20:31les manifestations,
00:20:33fermeture des universités,
00:20:35blocage d'Internet,
00:20:36filtrage de la téléphonie mobile,
00:20:38quadrillage des villes
00:20:39par les basidjis
00:20:40et qu'après avoir été réprimé
00:20:43et extrêmement durement
00:20:46et de manière
00:20:48extrêmement meurtrière,
00:20:50tout ce que me disent
00:20:51mes contacts iraniens,
00:20:53c'est que la population
00:20:54ne descendra plus
00:20:55dans la rue
00:20:56tant qu'elle ne sera pas convaincue
00:20:58que l'appareil répressif
00:20:59est neutralisé.
00:21:00L'appareil répressif,
00:21:02ce sont les basidjis,
00:21:04ils sont 600 000,
00:21:05ce sont les forces
00:21:06de sécurité intérieure,
00:21:07elles sont 250 000,
00:21:08ce qui veut dire
00:21:09que vous avez
00:21:10850 000 agents
00:21:12de la répression
00:21:14potentiellement.
00:21:15En face de ça,
00:21:16pour vous donner
00:21:16un ordre d'idée,
00:21:17l'armée régulière
00:21:18c'est 300 000 hommes
00:21:19et les gardiens
00:21:20de la révolution
00:21:20c'est 190 000 hommes,
00:21:22ce qui veut dire
00:21:23que rien que les basidjis,
00:21:25certes,
00:21:25qui ne sont armés
00:21:26que d'armes légères,
00:21:28mais rien que les basidjis
00:21:29sont plus nombreux
00:21:30que l'armée régulière
00:21:31et les gardiens
00:21:32de la révolution réunis.
00:21:33Ça vous donne une idée.
00:21:34Donc ça veut dire
00:21:35que tant que les frappes
00:21:37ne se focaliseront pas
00:21:40systématiquement
00:21:40sur les casernes,
00:21:43les centres de décision,
00:21:44les centres de commandement,
00:21:46donc des basidjis
00:21:47et des forces
00:21:48de sécurité intérieure,
00:21:49je ne vois pas
00:21:50comment ça peut évoluer
00:21:51sur le terrain,
00:21:52sur place.
00:21:53Dans tous les cas,
00:21:54de toute façon,
00:21:54l'opposition
00:21:55est non pas unie,
00:21:56mais elle est fragmentée,
00:21:58elle n'est pas armée.
00:22:00Et même si les Iraniens
00:22:03désireux de renverser
00:22:05le système et le régime
00:22:06descendaient dans la rue,
00:22:07il faut garder en tête
00:22:09le fait que 15%
00:22:10à minima,
00:22:1115% des Iraniens adultes
00:22:13soutiennent le régime,
00:22:15pas par idéologie,
00:22:17mais simplement
00:22:17par intérêt.
00:22:18Par intérêt monétaire,
00:22:20pécunier,
00:22:22par, comment dire,
00:22:23combine,
00:22:23par le fait que,
00:22:25si vous voulez,
00:22:27pendant 45 ans,
00:22:28enfin 47 ans,
00:22:29tout le monde s'est marié,
00:22:30a fait du business ensemble,
00:22:31etc.
00:22:32Donc tout le monde se tient.
00:22:34Donc ces 15% d'adultes,
00:22:36ça représente au bas mot
00:22:38à peu près 12 millions,
00:22:4010 à 12 millions d'individus.
00:22:42Et ceux-là,
00:22:43ils n'ont rien à perdre.
00:22:43Enfin plus exactement,
00:22:44ils ont tout à perdre
00:22:45si le système tombe.
00:22:46Donc ça veut dire
00:22:47que si vous avez une partie,
00:22:49tous ceux qui veulent renverser
00:22:50le régime,
00:22:50qui descendent dans la rue,
00:22:52vous trouverez en face
00:22:53un nombre élevé de gens
00:22:55qui veulent préserver
00:22:57les prébandes du régime.
00:22:58et le système.
00:22:59Ça veut dire quoi ?
00:23:00Ça veut dire guerre civile.
00:23:03Et les Iraniens veulent,
00:23:04à tout prix,
00:23:05toutes factions confondues,
00:23:06à tout prix,
00:23:06à tout prix,
00:23:07éviter la guerre civile.
00:23:09L'Iran, aujourd'hui,
00:23:10est un pays qui est fracturé.
00:23:12La société iranienne
00:23:13est fracturée.
00:23:14Entre,
00:23:14comme je vous le disais,
00:23:15donc,
00:23:15on va dire,
00:23:16les anti-régimes
00:23:17et ceux qui tiennent
00:23:18à préserver le régime,
00:23:20entre les religieux
00:23:21et les non-religieux.
00:23:22Là-bas,
00:23:22laïque,
00:23:23c'est pas un mot
00:23:24qu'on prononce.
00:23:26Le concept de laïcité
00:23:27n'existe pas.
00:23:29Et entre les pauvres
00:23:30et les riches.
00:23:32Tant que le régime
00:23:33arrivait à capter,
00:23:35à conserver
00:23:35les classes moyennes,
00:23:37il s'en sortait à peu près.
00:23:38Il y a une crise économique
00:23:39gravissime.
00:23:41Or,
00:23:41aujourd'hui,
00:23:42à la fois à cause
00:23:42de cette crise économique
00:23:44qui est liée
00:23:44à des tas de facteurs,
00:23:45à la fois internes,
00:23:46corruption,
00:23:49prévarication,
00:23:50mauvaise gestion
00:23:50et aux sanctions
00:23:51facteurs extérieurs,
00:23:53la classe moyenne
00:23:54s'est littéralement
00:23:56appauvrie,
00:23:56mais considérablement.
00:23:58J'ai pas mal
00:23:58de mes contacts
00:23:59qui sont aujourd'hui
00:24:01en situation appauvrie,
00:24:02alors qu'ils étaient
00:24:03en situation
00:24:03plutôt confortable
00:24:04il y a 5 ans
00:24:06ou 10 ans.
00:24:07Donc,
00:24:07il faut garder ça
00:24:08aussi en tête.
00:24:11Comment je vois
00:24:12la suite ?
00:24:16Je crois que
00:24:16le point crucial,
00:24:17évidemment,
00:24:18c'est le facteur temps.
00:24:20La Maison-Blanche
00:24:21imaginait une guerre courte.
00:24:23Au départ,
00:24:23une semaine,
00:24:24dix jours,
00:24:24peut-être quatre semaines,
00:24:25cinq semaines.
00:24:26Maintenant,
00:24:26ils ont du mal
00:24:27à évoquer une durée.
00:24:31Ce qui est sûr,
00:24:32c'est qu'à mon avis,
00:24:34Donald Trump
00:24:34s'est fait vendre
00:24:35par Netanyahou
00:24:36l'idée d'une guerre courte.
00:24:39Et là,
00:24:39il s'aperçoit
00:24:40qu'en fait,
00:24:41non,
00:24:42pas vrai d'en.
00:24:43Plus le temps passe,
00:24:44plus cela va devenir compliqué
00:24:46pour la Maison-Blanche
00:24:47et pour les États-Unis.
00:24:48On voit bien
00:24:49qu'on est dans
00:24:49une première phase
00:24:50où là,
00:24:51le temps joue
00:24:52contre l'Iran
00:24:53et en faveur
00:24:54d'Israël
00:24:55et des États-Unis
00:24:56parce que
00:24:57c'est la période
00:24:58des grosses frappes,
00:24:59de la sidération,
00:25:01des gros coups de poing.
00:25:02Et donc,
00:25:03là,
00:25:03réellement,
00:25:04les Iraniens
00:25:04prennent des coups énormes.
00:25:07On passera ensuite
00:25:08dans un deuxième temps
00:25:09qui sera favorable
00:25:11à l'Iran,
00:25:11à condition,
00:25:12bien sûr,
00:25:13que le régime
00:25:13se maintienne
00:25:14et survive.
00:25:16pourquoi ?
00:25:16Parce qu'on verra
00:25:18l'épuisement
00:25:18des stocks
00:25:19de munitions
00:25:19à la fois
00:25:20américains
00:25:21et israéliens
00:25:22et que,
00:25:23du point de vue américain,
00:25:24il est absolument vital
00:25:25parce que,
00:25:26comme je vous le disais
00:25:26tout à l'heure,
00:25:27la rivalité,
00:25:28les Américains
00:25:29n'oublient jamais
00:25:30que la rivalité stratégique
00:25:31majeure,
00:25:32c'est face à la Chine.
00:25:32Donc,
00:25:33de toute façon,
00:25:34les États-Unis
00:25:35et le Pentagone
00:25:36vont garder des stocks
00:25:38pour faire face
00:25:39à la Chine
00:25:39au cas où.
00:25:41Donc,
00:25:42je pense que,
00:25:42quand il va commencer
00:25:43à tangenter
00:25:44cette réserve,
00:25:45il va commencer
00:25:45à devenir nerveux
00:25:46et à se poser
00:25:47des questions.
00:25:48Et pour les Israéliens,
00:25:49c'est pareil,
00:25:50parce que,
00:25:50si ils n'ont plus
00:25:51de stocks
00:25:52d'intercepteurs
00:25:53anti-missiles,
00:25:54ça va devenir
00:25:55très compliqué
00:25:56ensuite d'arrêter
00:25:57les frappes iraniennes.
00:25:59C'est pour ça
00:25:59qu'évidemment,
00:26:00et les Américains
00:26:01et les Iraniens
00:26:02et les Israéliens
00:26:03font actuellement
00:26:04le focus
00:26:05et un gros effort
00:26:06sur le balistique
00:26:09iranien.
00:26:11Pourquoi aussi ?
00:26:11Parce que,
00:26:12dans un deuxième temps,
00:26:14il y aura très certainement
00:26:16une érosion du soutien
00:26:18au vu des conséquences
00:26:19de la guerre,
00:26:20aussi bien en Israël
00:26:21qu'aux États-Unis,
00:26:21beaucoup plus d'ailleurs
00:26:22aux États-Unis
00:26:23qu'en Israël.
00:26:25Et parce qu'on assistera
00:26:26probablement
00:26:27à la montée
00:26:28de la grogne populaire
00:26:29aux États-Unis
00:26:30à l'approche
00:26:30des élections
00:26:31de mi-mandat.
00:26:31Donc en octobre,
00:26:33les élections sont
00:26:34en début novembre.
00:26:35Donc là,
00:26:37les élections
00:26:37sont en début octobre.
00:26:39Pour la petite histoire,
00:26:40je pense que là,
00:26:40Donald Trump
00:26:41peut oublier complètement
00:26:42son prix Nobel
00:26:42de la paix.
00:26:44Je pense qu'il en a fait
00:26:45le deuil.
00:26:46Ce qu'il faut aussi garder
00:26:48en tête,
00:26:48c'est que
00:26:50l'Iran gagne
00:26:52en ne perdant pas
00:26:53du point de vue
00:26:54du régime iranien.
00:26:56Et du point de vue
00:26:57américain
00:26:58et de la Maison-Blanche,
00:26:59les États-Unis gagnent
00:27:00en faisant chuter
00:27:01le régime iranien.
00:27:04Donc je pense
00:27:05que des deux côtés,
00:27:05chacun a ça en tête.
00:27:07Et ça va compliquer
00:27:09l'équation.
00:27:10Donc pour les Iraniens
00:27:11qui se disent
00:27:12qu'il faut que le conflit
00:27:13dure,
00:27:13on va le faire durer,
00:27:14c'est ce que je vais
00:27:15essayer de vous expliquer,
00:27:17l'objectif prioritaire,
00:27:19c'est préserver
00:27:20les figures du régime
00:27:21politique ou militaire
00:27:23qui sont capables
00:27:24de représenter
00:27:25une latérale native
00:27:26et d'assurer
00:27:27la durabilité
00:27:28du système
00:27:30et du régime.
00:27:33Donc si la stratégie
00:27:35iranienne,
00:27:36c'est de faire durer,
00:27:37ça me paraît être
00:27:38de faire durer le conflit
00:27:39et de punir
00:27:40à la fois Donald Trump
00:27:42et Benjamin Netanyahou.
00:27:45Là, il se trouve
00:27:46que ce qui se passe
00:27:48en ce moment
00:27:48m'a rappelé
00:27:50fortement
00:27:50la guerre Iran-Irak,
00:27:51c'est-à-dire
00:27:53que je connais bien.
00:27:56La guerre Iran-Irak,
00:27:57c'est indéniablement
00:27:58l'Irak
00:27:58qui attaque l'Iran.
00:27:59C'est Saddam Hussein
00:28:00qui attaque
00:28:01les Iraniens.
00:28:02La guerre aurait pu
00:28:03se terminer
00:28:04en 1982,
00:28:05donc après deux ans
00:28:06de conflit,
00:28:07lorsque les Iraniens
00:28:09ont raccompagné
00:28:10à la frontière internationale
00:28:12les armées irakiennes.
00:28:14Là, un vrai débat
00:28:15à la fois idéologique,
00:28:16militaire,
00:28:16en termes de pouvoir
00:28:17s'est posé à Téhéran,
00:28:19c'est qu'on arrête,
00:28:20chacun chez soi,
00:28:22où on continue.
00:28:24Et alors même
00:28:25qu'une immense majorité
00:28:26d'Iraniens disaient
00:28:27qu'il faut arrêter,
00:28:29à l'époque,
00:28:29l'ayatollah roménique
00:28:31était le guide suprême
00:28:32de l'époque
00:28:32et les cassiques
00:28:35du pouvoir
00:28:35de l'époque,
00:28:36ont dit
00:28:36non, on continue.
00:28:37On continue,
00:28:39on va affaiblir Saddam
00:28:40et on va faire tomber Saddam
00:28:41et on va le punir.
00:28:43Il ne faut pas oublier
00:28:44la logique non plus,
00:28:45le culte de la martyrologie
00:28:49dans la psyché
00:28:52chiite iranienne.
00:28:53Donc, même si de ce côté-là,
00:28:55ce n'est pas du tout rationnel
00:28:56ou ça ne nous paraît pas rationnel
00:28:58et pragmatique,
00:28:58alors qu'en règle générale,
00:28:59ils sont pragmatiques.
00:29:03Donc, leur stratégie,
00:29:04ça va être d'économiser
00:29:05les missiles,
00:29:07de se procurer
00:29:08de nouveaux lanceurs,
00:29:09de nouveaux vecteurs
00:29:10et de continuer
00:29:11à harceler
00:29:12les bases américaines
00:29:13et les bases israéliennes,
00:29:14en tout cas les États-Unis
00:29:15et Israël,
00:29:16au maximum,
00:29:17partout,
00:29:18en tirant régulièrement
00:29:20un peu
00:29:20et en faisant durer.
00:29:22Même si,
00:29:22donc là,
00:29:23on voit bien
00:29:23qu'ils ont considérablement
00:29:24réduit le nombre
00:29:25de leurs frappes.
00:29:27Pour tout ce qui est,
00:29:28on va dire,
00:29:28à courte distance,
00:29:29ils privilégient
00:29:30les missiles de croisière
00:29:31et les drones
00:29:32parce que finalement,
00:29:33à courte distance,
00:29:34ça a des chances.
00:29:34Mais les missiles balistiques,
00:29:36ils les gardent précieusement
00:29:37sans doute pour un peu plus tard.
00:29:40Il est très probable
00:29:41qu'ils arrivent
00:29:42à courte
00:29:43de missiles balistiques,
00:29:44en tout cas de lanceurs
00:29:45et qu'ils ne soient plus
00:29:46véritablement
00:29:46en situation d'en lancer.
00:29:48Tant qu'ils ont
00:29:49quelques lanceurs encore
00:29:50qui leur permettent
00:29:51donc encore une fois
00:29:52ponctuellement
00:29:53tous les X jours
00:29:54d'en lancer un,
00:29:54je pense que dans leur stratégie,
00:29:56quelque part,
00:29:56ce n'est pas idéal
00:29:57mais ça leur suffit.
00:29:59Et à ce moment-là,
00:30:00ce qui me semble aussi
00:30:00assez évident,
00:30:01c'est qu'ils ouvriront
00:30:02de nouveaux fronts
00:30:03comme ils l'ont fait
00:30:03pendant la guerre
00:30:04en Irak
00:30:05en favorisant
00:30:06une stratégie asymétrique.
00:30:07Le terrorisme,
00:30:09le kidnapping,
00:30:11bien entendu,
00:30:11la dimension économique,
00:30:13c'est-à-dire frapper
00:30:14leurs adversaires
00:30:15entre guillemets
00:30:16au porte-monnaie
00:30:16là où ça fait mal,
00:30:18bien sûr l'énergie,
00:30:19bien sûr le pétrole.
00:30:20C'est-à-dire que s'ils font
00:30:21remonter considérablement
00:30:22les prix du pétrole,
00:30:23au passage,
00:30:24ça leur permet
00:30:24de toujours,
00:30:25par des voies détournées,
00:30:26d'en vendre un peu
00:30:27et de gagner un peu
00:30:28d'argent.
00:30:29Ça pénalise surtout
00:30:30si les flux ne passent plus
00:30:32leur...
00:30:33Ben,
00:30:33tous ceux qui vont faire
00:30:34pression,
00:30:35en fait,
00:30:35sur les États-Unis
00:30:37et sur Israël,
00:30:37mais surtout sur les États-Unis
00:30:39pour arrêter
00:30:40l'aventure.
00:30:41Ils peuvent,
00:30:42bien évidemment,
00:30:43utiliser encore
00:30:44quelques proxys.
00:30:44Vous avez sur la carte
00:30:45que je vous ai projeté
00:30:49deux drapeaux
00:30:50qui représentent
00:30:50à la fois
00:30:51les Houthis au Yémen
00:30:52et les milices chiites
00:30:54en Irak.
00:30:55Le Hezbollah
00:30:56est en train
00:30:57de se faire
00:30:59marteler
00:30:59extrêmement fort.
00:31:00Donc je ne pense pas
00:31:01que le Hezbollah
00:31:02soit à échéance visible,
00:31:04enfin en tout cas
00:31:04à court terme,
00:31:06de nouveau perçu
00:31:07comme un véritable
00:31:08outil dissuasif
00:31:10face à Israël.
00:31:12Et là aussi,
00:31:13ça dépendra
00:31:14de la personnalité
00:31:15du nouveau guide suprême.
00:31:16En fonction de qui c'est,
00:31:17ce serait un signal
00:31:18très fort
00:31:18pour les proxys
00:31:20et notamment
00:31:20pour le Hezbollah
00:31:21sur on vous soutient
00:31:22ou au contraire,
00:31:23bon maintenant,
00:31:24on se concentre
00:31:24sur l'Iran.
00:31:26Par contre,
00:31:27et les Houthis
00:31:27sont idéalement placés,
00:31:29alors tirer sur Israël,
00:31:30ça va être compliqué
00:31:31pour eux,
00:31:31mais il se trouve
00:31:32qu'en face des Houthis,
00:31:34vous le voyez sur la carte,
00:31:35il y a trois objectifs
00:31:37intéressants.
00:31:37Il y a Djibouti
00:31:38et alors là,
00:31:39c'est tout prêt.
00:31:40Djibouti,
00:31:41il y a une base française,
00:31:42il y a une base américaine
00:31:43et il y a la chinoise,
00:31:45bien évidemment,
00:31:45mais les chinois,
00:31:46je pense que là,
00:31:46on verra,
00:31:47mais je pense
00:31:48qu'ils ne seront pas visés
00:31:49en plus physiquement,
00:31:49ce n'est pas au même endroit.
00:31:51Et surtout,
00:31:52il y a le Somaliland,
00:31:53alors là,
00:31:53le Somaliland
00:31:54n'est pas sur la carte,
00:31:55mais c'est au niveau
00:31:56de Berbera,
00:31:57donc c'est la zone
00:31:59qui s'est déclarée
00:32:01et qui a fait sécession
00:32:02au sein de la Somalie.
00:32:04Et il se trouve
00:32:05qu'Israël
00:32:06a reconnu récemment
00:32:07le Somaliland
00:32:08et que les États-Unis
00:32:09ne l'ont pas reconnu,
00:32:10mais sont très très proches.
00:32:13Et qu'Israël
00:32:14et les États-Unis
00:32:16ont probablement
00:32:16des assets militaires
00:32:18ou sont en cours
00:32:19d'avoir une présence militaire
00:32:20au Somaliland.
00:32:21Donc,
00:32:21pour les outils,
00:32:22c'est une cible facile
00:32:23à courte distance
00:32:24et ça fait pression,
00:32:25bien sûr,
00:32:25sur la circulation
00:32:27en mer rouge.
00:32:30Je crois que le vrai souci,
00:32:32si on peut dire,
00:32:33vu du point de vue américain,
00:32:35c'est les milices chiites
00:32:38irakiennes
00:32:38que vous voyez là
00:32:39sur la carte.
00:32:40Pourquoi ?
00:32:41Parce qu'elles sont
00:32:42très nombreuses
00:32:43et qu'elles sont
00:32:44vraiment très fidèles
00:32:46à Téhéran
00:32:47et elles sont surtout
00:32:47à côté de l'Iran.
00:32:48C'est très facile
00:32:49de les alimenter.
00:32:51Et si,
00:32:52à un moment donné,
00:32:53l'Iran ne peut plus taper
00:32:54par missiles
00:32:55balistiques interposés
00:32:56sur les bases américaines
00:32:58ou sur Israël,
00:33:00c'est très facile
00:33:01d'instrumentaliser
00:33:02ces milices-là
00:33:03pour qu'elles aillent
00:33:04harceler
00:33:04les troupes américaines
00:33:06qui sont encore
00:33:06stationnées en Irak.
00:33:07Et si,
00:33:09à force de harcèlement,
00:33:10les Iraniens
00:33:11parviennent
00:33:12à faire en sorte
00:33:13que les États-Unis
00:33:15s'en aillent
00:33:16complètement d'Irak,
00:33:18ils présenteront
00:33:19comme une grande victoire.
00:33:22Les scénarios.
00:33:25J'en vois quatre,
00:33:27peut-être cinq.
00:33:28Le premier,
00:33:30une victoire rapide
00:33:31américaine
00:33:32et israélienne.
00:33:33La sphère militaire
00:33:34iranienne s'effondre,
00:33:36le répressif
00:33:36s'effondre,
00:33:38les Iraniens
00:33:38descendent dans la rue,
00:33:40arrivent à créer
00:33:42un effet de sidération,
00:33:44à non pas prendre le pouvoir,
00:33:46mais en tout cas
00:33:46à déstabiliser le pouvoir.
00:33:48Des oppositions armées,
00:33:49notamment au niveau
00:33:50des Kurdes,
00:33:51agissent.
00:33:54Mais ça,
00:33:55je ne le vois
00:33:55vraiment pas.
00:33:57Le seul cas
00:33:58où ça pourrait
00:33:59éventuellement survenir,
00:34:00c'est si l'armée régulière
00:34:02se désolidarisait
00:34:03du régime.
00:34:05Mais il faut rappeler
00:34:07qu'elle est légitimiste.
00:34:09Moi,
00:34:10je ne vois absolument
00:34:10aucun signe
00:34:11de défection
00:34:12dans l'armée régulière.
00:34:13Et l'armée régulière,
00:34:14même si elle a les chars,
00:34:15les avions,
00:34:15les canons,
00:34:16c'est qu'elle ne représente
00:34:18que globalement,
00:34:19allez,
00:34:22un tiers
00:34:23des effectifs globaux
00:34:24armés,
00:34:25militaires,
00:34:25parce que
00:34:26vous avez ensuite
00:34:3020%
00:34:31les gardiens
00:34:31de la révolution
00:34:32et vous avez
00:34:32un 50%
00:34:33les basidji.
00:34:35Donc,
00:34:36je ne la vois pas
00:34:37basculer,
00:34:37on va dire,
00:34:38anti-régime,
00:34:39en tout cas,
00:34:40pas à court terme.
00:34:41Le deuxième scénario,
00:34:43c'est les États-Unis
00:34:44constatent leur échec
00:34:45et arrêtent les frais
00:34:46au bout de deux ou trois mois,
00:34:48laissant les Israéliens
00:34:49seuls
00:34:50face à l'Iran.
00:34:53Je ne le vois pas
00:34:54non plus à court terme.
00:34:56Je peux le voir
00:34:57à moyen terme,
00:34:58mais pas à court terme.
00:35:02Troisième scénario,
00:35:04la reprise
00:35:05des négociations.
00:35:07De mon point de vue,
00:35:08ça n'est possible
00:35:09maintenant uniquement
00:35:09si les États-Unis
00:35:10font le premier pas
00:35:11et offrent un cadeau
00:35:13significatif
00:35:13aux Iraniens.
00:35:15Si leur mantra,
00:35:19c'est de dire
00:35:19« Nous sommes sympathiques,
00:35:22nous arrêtons
00:35:22de vous frapper,
00:35:24soyez déjà
00:35:25suffisamment
00:35:26contents de ça
00:35:27et maintenant
00:35:27vous allez négocier,
00:35:28ça ne marchera jamais. »
00:35:30Si par contre,
00:35:30ils vont les voir
00:35:31et leur disent
00:35:31« Bon, on a montré
00:35:32le gros bâton,
00:35:32vous avez vu,
00:35:33vous avez compris.
00:35:34Bon, maintenant,
00:35:34on fait tomber
00:35:35une partie des sanctions
00:35:36et maintenant,
00:35:36on veut vraiment négocier
00:35:37et puis tant pis
00:35:38pour les Israéliens,
00:35:39ils vont se retrouver
00:35:39tout seuls. »
00:35:40Là, ça peut marcher.
00:35:43Mais uniquement
00:35:43si on est,
00:35:44à mon avis,
00:35:44dans ce schéma-là.
00:35:48Et le dernier,
00:35:49le quatrième scénario,
00:35:51c'est l'enlisement
00:35:53du conflit,
00:35:54ce qui,
00:35:54à mon avis,
00:35:55est le scénario
00:35:56de très loin
00:35:56le plus probable
00:35:57aujourd'hui.
00:35:59Dans un contexte
00:36:01évidemment
00:36:01très différent,
00:36:05je vous rappelle
00:36:06que le Nord-Vietnam
00:36:07a tenu
00:36:08dix ans
00:36:08face aux États-Unis
00:36:10en étant
00:36:11très régulièrement
00:36:12bombardé
00:36:12par des compagnes
00:36:13de bombardement stratégique
00:36:14lourds de B-52,
00:36:16ce qui ne les a pas
00:36:17empêchés
00:36:18de gagner à la fin.
00:36:19Je ne dis pas du tout
00:36:19que c'est ce que je souhaite.
00:36:22Je dis simplement
00:36:23que l'enlisement
00:36:24est de manière rationnelle.
00:36:27Aujourd'hui,
00:36:28la situation
00:36:28est le scénario
00:36:30le plus probable.
00:36:33Chaque fois
00:36:34que les États-Unis
00:36:35ont amené
00:36:37ces dernières années
00:36:38suite à des interventions
00:36:39militaires,
00:36:40ont essayé
00:36:41d'imposer
00:36:41de l'extérieur
00:36:42des leaders,
00:36:43ça n'a jamais
00:36:44marché.
00:36:46Au bout du compte,
00:36:48je pense que
00:36:49ce qui est en train
00:36:49de se passer
00:36:50pour répondre
00:36:51à votre toute
00:36:52première question
00:36:52va probablement
00:36:54accélérer
00:36:55les recompositions
00:36:56stratégiques au Moyen-Orient,
00:36:57mais ça n'est pas
00:36:57un effondrement.
00:36:58C'est juste un processus
00:37:00de recomposition.
00:37:02Et je pense enfin
00:37:03que ça va très certainement
00:37:04impacter à terme
00:37:05les relations
00:37:06entre les États-Unis
00:37:07et Israël.
00:37:10Je pense qu'à un moment donné,
00:37:12il est très probable
00:37:12que les élites américaines
00:37:14se disent
00:37:14que quelque part
00:37:15elles ont été manipulées
00:37:17et que maintenant
00:37:19elles vont changer
00:37:19de portage.
00:37:21Et je pense aussi
00:37:22qu'une grande partie
00:37:23des élites israéliennes
00:37:24en sont convaincues,
00:37:25ont vu ce qui s'était passé
00:37:27dans les universités américaines
00:37:28de la côte Est
00:37:29et de la côte Ouest
00:37:30depuis 2023
00:37:31et comprennent
00:37:32qu'il va leur falloir
00:37:33elles aussi,
00:37:34je parle
00:37:36eux aussi,
00:37:37des dirigeants israéliens,
00:37:38changer de portage
00:37:39et se trouver
00:37:40de nouveaux sponsors.
00:37:41Je vous remercie.
00:37:44Merci monsieur le directeur.
00:37:46Ce n'est pas très encourageant
00:37:47tout ça,
00:37:47mais ça fait partie
00:37:49de la réalité du moment.
00:37:51Alors j'ai plusieurs demandes
00:37:52de prise de parole,
00:37:53n'hésitez pas
00:37:54à vous inscrire.
00:37:55D'abord Bruno Sidot.
00:37:58Merci monsieur le président.
00:38:00Monsieur le directeur académique,
00:38:02j'ai bien apprécié
00:38:04votre intervention,
00:38:05mais je ne suis pas d'accord
00:38:06sur tout ce que vous avez dit,
00:38:08mais je ne suis pas spécialiste
00:38:10bien entendu,
00:38:10donc je le dis
00:38:11très modestement.
00:38:14Il faut reconnaître,
00:38:16je crois
00:38:17qu'il y a quand même
00:38:18un problème
00:38:19depuis
00:38:19il y a plus de
00:38:22quasiment 50 ans
00:38:23avec l'Iran
00:38:25et le régime iranien.
00:38:28Un président
00:38:29de la République
00:38:31américaine
00:38:32a essayé
00:38:32de faire quelque chose,
00:38:33c'était un fiasco.
00:38:36Et depuis,
00:38:38seul le président
00:38:40actuel,
00:38:41je n'ai pas
00:38:42à le soutenir,
00:38:43ni à ne pas le soutenir
00:38:44d'ailleurs,
00:38:44ce n'est pas la question,
00:38:46essaye
00:38:47de régler
00:38:48cette question
00:38:49en association
00:38:50avec Israël.
00:38:52Cette association,
00:38:54elle est
00:38:56pour les américains
00:38:58très importante
00:38:58puisqu'il y a
00:38:59beaucoup d'Israélites
00:39:00aux Etats-Unis
00:39:01et politiquement,
00:39:03c'est important.
00:39:03mais pas que.
00:39:05Pas que,
00:39:06parce que
00:39:07voilà des personnes,
00:39:09un président
00:39:10et un premier ministre
00:39:11qui ont des convictions.
00:39:14Ce n'est pas le cas
00:39:15de tout le monde,
00:39:15ils ont des convictions.
00:39:17Et ils essayent
00:39:19de régler le problème,
00:39:19là,
00:39:20et ils ont mis
00:39:22en place
00:39:22un système
00:39:25militaire
00:39:26qui est
00:39:28particulièrement
00:39:28efficace,
00:39:29semble-t-il,
00:39:30aujourd'hui,
00:39:31au bout de la quatrième
00:39:32journée,
00:39:34efficace
00:39:35pour éliminer
00:39:36tout ce qui est
00:39:39Ayatollah,
00:39:40Mollah,
00:39:41etc.,
00:39:42d'importance,
00:39:43et les généraux,
00:39:44etc.,
00:39:45etc.
00:39:46Donc,
00:39:46il y a une belle réussite,
00:39:47mais la question
00:39:50n'est pas là.
00:39:51La question,
00:39:52c'est la fin,
00:39:54la fin
00:39:55de ce régime
00:39:57iranien.
00:39:58Parce que,
00:39:59quand même,
00:39:59il faut quand même
00:39:59bien réfléchir
00:40:00que,
00:40:02bien que le président
00:40:03de la France,
00:40:04le président
00:40:05de la République
00:40:05française,
00:40:06nous ait dit
00:40:07qu'on n'était pas
00:40:07trop concernés,
00:40:08on a eu quand même
00:40:09quelques attentats
00:40:11contre les Français
00:40:12au Liban.
00:40:14Il y a des soldats,
00:40:15une cinquantaine,
00:40:16une centaine,
00:40:17qui ont été tués
00:40:19par des milices
00:40:20iraniennes,
00:40:21finalement,
00:40:23etc.,
00:40:23etc.
00:40:23Mais il n'y a pas
00:40:24que nous,
00:40:25il y a tout le monde.
00:40:25Bref,
00:40:26autour du monde,
00:40:29les Iraniens
00:40:31ont mis
00:40:33une pression
00:40:33énorme.
00:40:35Et par conséquent,
00:40:36il s'agit d'arrêter ça.
00:40:37On imagine
00:40:38que si le régime
00:40:39tombe,
00:40:42ça arrangerait bien
00:40:42les choses,
00:40:43non seulement pour
00:40:44Israël,
00:40:44mais pour tout le monde.
00:40:46Je ne comprends pas
00:40:48qu'il y ait des réticences,
00:40:50parce qu'il y a une personne
00:40:52qui gêne tout le monde,
00:40:52semble-t-il,
00:40:53que c'est Trump.
00:40:55Ça,
00:40:55ça gêne
00:40:56l'intelligence française.
00:40:58Est-ce qu'on peut
00:40:58aller à la question,
00:40:59s'il te plaît,
00:40:59j'ai beaucoup de...
00:41:00Oui, oui.
00:41:01Merci.
00:41:01Mais au fond,
00:41:02pourquoi tout le monde
00:41:03n'est pas pour
00:41:03que ce régime iranien
00:41:05tombe
00:41:06et qu'on passe
00:41:07à autre chose ?
00:41:08Voilà,
00:41:08c'est ma question.
00:41:09C'est un vrai problème
00:41:10politique
00:41:11et pas militaire.
00:41:15Monsieur le sénateur,
00:41:16je suis un historien,
00:41:17un analyste
00:41:18et un expert.
00:41:19Je ne suis pas
00:41:20un politique.
00:41:21Et je ne suis surtout
00:41:22pas un idéologue.
00:41:24Donc,
00:41:24moi,
00:41:25j'essaye de décrire
00:41:25le monde tel qu'il est
00:41:26et non pas tel
00:41:28qu'on pourrait aimer
00:41:29qu'il soit.
00:41:30C'est toute ma seule question
00:41:31et ma seule réponse.
00:41:34Merci beaucoup.
00:41:35Ensuite,
00:41:36j'ai Ronan Legleu.
00:41:38Merci,
00:41:38monsieur le président.
00:41:39Monsieur le directeur,
00:41:41vous nous faites part
00:41:42du scénario
00:41:43le plus probable,
00:41:44selon vous,
00:41:45qui est le scénario
00:41:46que vous avez appelé
00:41:46scénario 4
00:41:47d'enlisement
00:41:48du conflit.
00:41:50Vous avez également
00:41:51évoqué le fait
00:41:53que la riposte iranienne
00:41:55était limitée
00:41:57en intensité,
00:41:58je vous cite,
00:41:59et qu'il pouvait y avoir
00:42:01deux raisons,
00:42:02l'une qui est
00:42:03l'impossibilité
00:42:04et l'autre qui est
00:42:05une stratégie
00:42:06d'économie
00:42:07des missiles
00:42:07par l'Iran.
00:42:09Alors,
00:42:09pourquoi je reviens
00:42:10sur vos propos ?
00:42:11C'est parce que
00:42:11nous avons
00:42:12de très grandes
00:42:13communautés françaises
00:42:14dans la région
00:42:15qui, évidemment,
00:42:19cherchent à savoir
00:42:20quel est le risque
00:42:23pour leur situation
00:42:24personnelle.
00:42:27Nous avons
00:42:28des très grandes
00:42:28communautés françaises,
00:42:29évidemment en Israël,
00:42:30aux Émirats Arabes Unis,
00:42:32au-delà d'ailleurs
00:42:33des chiffres officiels,
00:42:34puisque l'inscription
00:42:35au registre
00:42:35des Français de l'étranger
00:42:36n'est pas obligatoire.
00:42:37Par conséquent,
00:42:38il y a plus de Français
00:42:39que de Français inscrits.
00:42:42Les chiffres
00:42:43qu'on m'a donnés
00:42:43dernièrement
00:42:44sont plutôt
00:42:44de l'ordre de 67 000
00:42:46aux Émirats Arabes Unis.
00:42:48Mais on a des Français
00:42:50au Qatar,
00:42:51à Koweït,
00:42:52en Arabie Saoudite,
00:42:53au Liban,
00:42:54évidemment, etc.
00:42:55Alors,
00:42:57on voit,
00:42:58notamment,
00:42:59des informations
00:43:00circuler
00:43:01avec des compagnies
00:43:03françaises
00:43:03comme Total Energy
00:43:05ou Technip
00:43:06qui opèrent
00:43:08des rapatriements
00:43:09des familles
00:43:11des cadres
00:43:13expatriés,
00:43:13par exemple,
00:43:14depuis les Émirats
00:43:15vers Mascate.
00:43:16Et donc,
00:43:17les communautés françaises,
00:43:18vous imaginez,
00:43:18s'inquiètent
00:43:19et s'interrogent
00:43:20sur le risque réel
00:43:22pour eux,
00:43:22pour leur famille.
00:43:23Et donc,
00:43:24c'est dans ce cadre-là
00:43:25que je souhaiterais
00:43:26vous interroger.
00:43:27Finalement,
00:43:28est-ce que vous pouvez
00:43:28nous aider
00:43:30à essayer
00:43:31d'appréhender
00:43:32le niveau
00:43:33de risque
00:43:34pour nos communautés
00:43:35françaises
00:43:36dans la région ?
00:43:36Je vous remercie.
00:43:39Merci beaucoup,
00:43:40M. le sénateur.
00:43:41Je réponds tout de suite.
00:43:42Je vous en prie,
00:43:42M. le directeur.
00:43:44Bien sûr qu'il y a de risque.
00:43:46On est en guerre.
00:43:47Enfin, je veux dire,
00:43:47quand je dis on,
00:43:48il y a une guerre.
00:43:49Il y a une vraie guerre.
00:43:50Là, on n'est plus
00:43:51dans une logique
00:43:51de frappe ponctuelle
00:43:53de signalement.
00:43:54Ça, c'était le cas
00:43:55en 2025,
00:43:57en 2024.
00:43:58Là, aujourd'hui,
00:43:59clairement,
00:44:00la guerre,
00:44:01elle s'est externalisée
00:44:02à un haut niveau.
00:44:03Alors, quel est
00:44:04le niveau de risque ?
00:44:05En Israël,
00:44:07il est plus que réel
00:44:09puisque c'est un des pays
00:44:11belligérants
00:44:12et qui est directement
00:44:13impliqué dans le conflit.
00:44:15On aurait pu citer
00:44:16le Liban aussi.
00:44:17Le Liban,
00:44:18on a quand même
00:44:18beaucoup de binationaux.
00:44:20Et là, pour le coup,
00:44:21le Liban est directement
00:44:22aussi menacé.
00:44:24Dans le Golfe,
00:44:25le niveau de risque,
00:44:27entre guillemets,
00:44:28j'allais dire,
00:44:28tout dépend de ce que
00:44:30les Français
00:44:31qui vivent là-bas font.
00:44:33C'est-à-dire que
00:44:34s'ils sont liés,
00:44:36on va dire,
00:44:36à des missions militaires
00:44:39ou sécuritaires,
00:44:40le risque est plus élevé.
00:44:41S'ils font du tourisme,
00:44:43le risque est moins élevé.
00:44:44C'est assez évident.
00:44:47Ce que je constate,
00:44:48c'est que...
00:44:49Et ça revient
00:44:50sur la stratégie iranienne
00:44:52qui consiste à taper
00:44:54au porte-monnaie
00:44:55tous ses voisins
00:44:56et tous ceux
00:44:56qui, finalement,
00:44:57sur lesquels
00:44:58il veut faire pression
00:44:58et notamment
00:44:59les monarchies du Golfe.
00:45:01typiquement pour des pays
00:45:02comme le Qatar
00:45:03et les Émirats Arabes Unis
00:45:05qui misaient énormément
00:45:07sur leur soft power
00:45:08et sur le tourisme,
00:45:10je pense que là,
00:45:10ça va être fini
00:45:11pendant un petit moment.
00:45:12C'est-à-dire qu'on le voit
00:45:14tous les jours
00:45:15avec ce qui se passe,
00:45:16les influenceurs
00:45:17bloqués à Dubaï.
00:45:20Je ne commente pas.
00:45:22mais évidemment,
00:45:24les Émirats
00:45:24qui se présentaient
00:45:25comme chez nous,
00:45:27c'est très sûr,
00:45:28vous ne risquez rien
00:45:29et en plus,
00:45:30c'est sympathique.
00:45:32Là, ça risque
00:45:33d'être beaucoup plus compliqué.
00:45:34Donc, c'est une manière
00:45:36de répondre à votre question
00:45:36pour dire que
00:45:38ce qui fait
00:45:39que de nombreux expatriés
00:45:40ou Français
00:45:41allaient là-bas
00:45:42le fait même
00:45:43risque de s'affaisser
00:45:44ou de disparaître,
00:45:45en tout cas pendant un moment.
00:45:46Donc, naturellement,
00:45:47ça va faire baisser le risque.
00:45:49Si vous voulez,
00:45:49il y aura moins de Français
00:45:50pour le dire directement.
00:45:52Voilà ma réponse.
00:45:57Merci beaucoup.
00:45:58Et donc, on a en visio
00:46:00Rachid Témal.
00:46:01N'oubliez pas
00:46:02de mettre votre micro.
00:46:04Merci.
00:46:06Merci d'abord,
00:46:07Président,
00:46:07pour avoir organisé
00:46:09cette réunion
00:46:10et merci,
00:46:11Monsieur le Directeur,
00:46:12pour la très grande qualité
00:46:13de vos propos
00:46:14et de vos adresses.
00:46:15Quelques éléments.
00:46:15D'abord,
00:46:16peut-être dire un mot
00:46:17sur quels éléments,
00:46:18je ne vais pas dire positifs,
00:46:19mais quand même,
00:46:19les choses,
00:46:20c'est la question du Liban,
00:46:21puisque pour la première fois,
00:46:23le gouvernement,
00:46:23le président du gouvernement
00:46:24iranien,
00:46:25pardon,
00:46:25libanais,
00:46:25ont condamné
00:46:26et prennent des mesures
00:46:27contre l'Esbollah.
00:46:28Je pense que c'est aussi
00:46:28une nouveauté utile
00:46:30dans la région,
00:46:30notamment dans le rapport
00:46:31à Israël.
00:46:32Deux,
00:46:32il y a aussi la question
00:46:33de la Turquie.
00:46:34On voit finalement
00:46:34toute la question de l'OTAN.
00:46:36On l'a vu ce matin,
00:46:37peut être utile.
00:46:38Sur le scénario,
00:46:40ma crainte,
00:46:41c'est les derniers propos
00:46:42de Trump,
00:46:43qui est passé
00:46:44de potentiellement
00:46:45le fils du chat
00:46:45à il y a des possibilités
00:46:47internes.
00:46:47Et donc,
00:46:48l'idée dans votre scénario
00:46:50qui est,
00:46:51finalement,
00:46:51c'est très compliqué
00:46:52de déstabiliser le régime,
00:46:53et que le risque,
00:46:55c'est qu'il y ait effectivement
00:46:55un accord,
00:46:56une proposition d'accord
00:46:56sur si le régime
00:46:59ou une partie du régime
00:47:00était d'accord
00:47:01pour arrêter
00:47:02le programme nucléaire,
00:47:03arrêter le balistique
00:47:04et refaire assurer
00:47:06que le pétrole
00:47:07puisse continuer
00:47:07à couler à flot,
00:47:08il pourrait y avoir
00:47:08un accord,
00:47:09effectivement,
00:47:09qui permettrait
00:47:10pour Trump
00:47:11de dire,
00:47:12finalement,
00:47:12ce qui était
00:47:12le danger iranien
00:47:14n'existant plus,
00:47:15versus,
00:47:16si je peux me permettre,
00:47:16la comparaison
00:47:17avec ce qui s'est passé
00:47:19au Venezuela,
00:47:20c'est-à-dire que tout d'un coup,
00:47:20il n'y a plus de problème
00:47:21au Venezuela,
00:47:21chacun l'a pu le noter,
00:47:22puisque dorénavant,
00:47:23le pétrole coule à flot,
00:47:24donc c'est peut-être,
00:47:25est-ce que vous estimez
00:47:25que c'est possible ça
00:47:26dans un délai relativement
00:47:28resserré,
00:47:28justement,
00:47:29par rapport
00:47:29à tous vos scénarios ?
00:47:31Deuxième question,
00:47:33vous avez évoqué
00:47:33l'accélération
00:47:34de la recomposition
00:47:35stratégique au Moyen-Orient,
00:47:37est-ce qu'on peut imaginer
00:47:38que ça peut s'organiser
00:47:39autour de l'Arabie
00:47:40saoudite ou pas,
00:47:40et s'il y a quelques conditions ?
00:47:42Et troisième question,
00:47:44est-ce qu'on imagine
00:47:45que tout cela,
00:47:47ça veut aussi dire
00:47:48pour la France
00:47:48et d'autres pays
00:47:49d'imaginer un nouveau
00:47:50droit international,
00:47:50en tout cas un nouveau
00:47:51multilatéralisme
00:47:52et des règles nouvelles
00:47:53au sein de l'ONU ?
00:47:54Donc voilà mes trois questions,
00:47:55on vous remercie encore une fois
00:47:56pour la qualité
00:47:57de votre présentation.
00:48:01Merci monsieur le sénateur.
00:48:05Sur votre premier point,
00:48:06en fait c'est un peu
00:48:07le scénario à la Venezuela.
00:48:09Oui, c'est tout à fait une option,
00:48:12mais en fait ça rejoint
00:48:12mon deuxième scénario,
00:48:14c'est-à-dire Donald Trump
00:48:18se désengage
00:48:19ou en tout cas
00:48:20passe à autre chose
00:48:21et en tout cas
00:48:23crée un narratif
00:48:24qui lui permet de dire
00:48:26bon en fait j'ai gagné,
00:48:28en fait en face
00:48:29les Iraniens ont mis les pouces
00:48:31et sont d'accord
00:48:33pour abandonner
00:48:33le nucléaire,
00:48:34le balistique,
00:48:35donc c'est très bien,
00:48:35sujet suivant
00:48:36et on va s'entendre
00:48:37avec un général.
00:48:39C'est tout à fait possible
00:48:40mais je ne pense pas
00:48:41à court terme,
00:48:42enfin en tout cas
00:48:42pas comme vous le dites,
00:48:44pas dans un agenda resserré,
00:48:45beaucoup plus à moyen terme.
00:48:47Ce que je vois,
00:48:48c'est que ce qui s'est passé
00:48:50aujourd'hui,
00:48:52il y a deux événements,
00:48:53un, apparemment,
00:48:56avant de rentrer
00:48:57dans cette audition,
00:48:57cette salle,
00:48:58j'ai vu que les Etats-Unis
00:49:00avaient revendiqué
00:49:01le torpillage
00:49:02par un sous-marin nucléaire
00:49:03d'attaque américain
00:49:04d'un navire de guerre iranien
00:49:06en plein océan indien
00:49:07au large de Sri Lanka,
00:49:09101 disparus
00:49:11et que,
00:49:12réponse du berger
00:49:13à la bergère,
00:49:14les Iraniens ont frappé
00:49:15un destroyer,
00:49:16auraient frappé
00:49:17un destroyer
00:49:18et qui était en train
00:49:19de se ravitailler
00:49:20à la mer
00:49:22lourd,
00:49:22donc en mer d'Arabie
00:49:25et si c'est confirmé,
00:49:27ça veut dire que là,
00:49:28des deux côtés,
00:49:29enfin en tout cas,
00:49:29du côté américain,
00:49:30c'est sûr,
00:49:31on va passer
00:49:32sur la punition
00:49:34et cela aussi,
00:49:35c'est un grand classique,
00:49:36malheureusement historique,
00:49:37quand vous regardez
00:49:38l'histoire militaire
00:49:39des Etats-Unis
00:49:39et donc avant d'en arriver
00:49:41à « je me désengage »
00:49:43et on va trouver
00:49:43un général
00:49:44ou un homme fort
00:49:45en Iran
00:49:46pour prendre le relais
00:49:47et pour appliquer
00:49:49entre guillemets
00:49:49mes consignes,
00:49:50enfin si je suis Donald Trump,
00:49:52je pense qu'on va passer
00:49:53par une phase de punition
00:49:55qui va forcément
00:49:56entraîner une escalade,
00:49:58escalade qui va elle-même
00:49:59entraîner des réactions,
00:50:01des attentats
00:50:03contre les intérêts américains,
00:50:05donc on va rentrer
00:50:05dans un cercle vicieux,
00:50:07enfin il est déjà vicieux,
00:50:08mais dans un cercle encore plus
00:50:11escalatoire,
00:50:12ce qui fait que
00:50:12la désescalade,
00:50:13à mon avis,
00:50:14pas tout de suite.
00:50:15Sur l'Arabie saoudite,
00:50:17c'est une très bonne question
00:50:18et oui,
00:50:19je pense que
00:50:20celui que finalement,
00:50:22enfin l'Etat
00:50:23qui s'en tire
00:50:23plutôt pas mal
00:50:24en ce moment
00:50:25dans ce contexte,
00:50:26c'est l'Arabie saoudite.
00:50:28Pourquoi ?
00:50:28Parce que finalement,
00:50:29ces deux rivaux régionaux,
00:50:31je ne parle pas du Koweït,
00:50:32mais les deux rivaux régionaux,
00:50:33c'est-à-dire les Émirats Arabes
00:50:34et le Qatar,
00:50:35pour faire simple,
00:50:37ont d'autres soucis,
00:50:37d'autres chats à fouetter
00:50:38et là,
00:50:39rentrent dans une période
00:50:40très compliquée
00:50:41sur le plan énergétique,
00:50:42sur le plan du soft power,
00:50:44sur le plan des menaces.
00:50:45Alors que finalement,
00:50:47en Arabie saoudite,
00:50:48de toute façon,
00:50:49le seul tourisme
00:50:49qui avait,
00:50:50enfin principal,
00:50:51c'était le tourisme
00:50:53des pèlerinages
00:50:55sur les lieux sains.
00:50:57Et ça,
00:50:57ça va continuer,
00:50:58quoi qu'il arrive.
00:50:59Et c'était le pétrole
00:51:00et bonne nouvelle,
00:51:01la guerre et la crise
00:51:02fait monter les prix du pétrole.
00:51:04Et puis,
00:51:05les Saoudiens sont quand même
00:51:06minimum 40 millions
00:51:07de vrais,
00:51:08enfin,
00:51:08entre guillemets,
00:51:08de citoyens saoudiens.
00:51:09Donc,
00:51:10ils ont la masse critique
00:51:11pour peser dans la région.
00:51:13Donc,
00:51:14oui,
00:51:15l'Arabie saoudite
00:51:16peut être quelque part
00:51:17le bénéficiaire,
00:51:19un des bénéficiaires,
00:51:20en tout cas,
00:51:20de cette nouvelle donne.
00:51:23Quant au droit international,
00:51:25ce n'est pas ma spécialité,
00:51:26mais ce que je vois,
00:51:27c'est que,
00:51:27de toute façon,
00:51:28le droit international,
00:51:30qu'il soit de la guerre
00:51:31ou pas,
00:51:33est en pleine
00:51:33de dérédiction
00:51:34et que
00:51:36ce n'est plus
00:51:38véritablement un sujet.
00:51:39Donc,
00:51:39en fait,
00:51:39on le voit
00:51:40dans tous les domaines
00:51:41de la géopolitique
00:51:42et de la vie globale
00:51:44des États
00:51:44et de la scène internationale,
00:51:45que ce soit
00:51:46sur le plan économique,
00:51:47sur le plan juridique,
00:51:48sur le plan sociétal,
00:51:50et donc,
00:51:51sur le plan militaire
00:51:52et de la conflictualité aussi.
00:51:54Donc,
00:51:54on est dans une phase
00:51:55de recomposition
00:51:56probablement aussi juridique
00:51:58où
00:51:59de nouvelles normes internationales
00:52:02émergeront peut-être,
00:52:03mais
00:52:03ce ne seront plus les mêmes
00:52:05probablement
00:52:05qui les édicteront.
00:52:08Merci beaucoup.
00:52:10Oui,
00:52:11je crois qu'on a
00:52:12en Arabie saoudite
00:52:13un budget qui est fait
00:52:13sur un baril
00:52:15à 100 dollars
00:52:16minimum.
00:52:17Donc,
00:52:17ça arrange
00:52:18quelques personnes.
00:52:20à Clémenouille.
00:52:22Merci,
00:52:23M. le Président.
00:52:24Alors,
00:52:24je sais que vous n'êtes pas
00:52:25à ce que vous êtes
00:52:25dans le train.
00:52:26D'ailleurs,
00:52:26je voudrais vous remercier
00:52:27pour vos éclairages
00:52:28parce qu'effectivement,
00:52:30vous nous avez donné
00:52:30un spectrage
00:52:31et c'est assez,
00:52:32pour moi,
00:52:32je trouve ça assez
00:52:33intéressant,
00:52:34objectif,
00:52:34de sortir des dogmes,
00:52:35etc.,
00:52:35et de nos préjugés
00:52:37et représentations
00:52:38qu'on porte aussi
00:52:39parce que
00:52:40je suis toujours
00:52:41assez surpris,
00:52:41y compris quand notre président
00:52:43se félicite d'assassinat
00:52:45parce que,
00:52:45quel que soit ce qu'on passe,
00:52:46c'est vrai qu'aujourd'hui,
00:52:47on ne pourra pas parler
00:52:47de la Cour pénale internationale
00:52:48puisqu'on ne respecte plus,
00:52:50mais on a mis en place,
00:52:51surtout quand on est
00:52:51contre la peine de mort
00:52:52et qu'effectivement,
00:52:54dans nos accords
00:52:55bilatéraux,
00:52:56multilatéraux,
00:52:56on ne veut pas
00:52:57extraire des gens
00:52:58quand la peine de mort
00:52:59n'est pas abolie
00:52:59dans les pays
00:53:00et que nous,
00:53:01on se félicite
00:53:01quand des gens
00:53:02font des assassins
00:53:03à cibler,
00:53:03ce qui est l'apanage
00:53:05derrière les terroristes
00:53:05qu'on dénonce tous
00:53:06et qu'on combat tous.
00:53:08Et donc,
00:53:08moi,
00:53:08ma question aussi,
00:53:09c'est effectivement,
00:53:10on veut un changement
00:53:11de régime en Iran.
00:53:13Qui n'en veut pas ?
00:53:14Qui ne veut pas
00:53:14plus de liberté
00:53:15pour les gens ?
00:53:16Mais à quel prix ?
00:53:17Et est-ce que
00:53:18les bombardements
00:53:19ont appelé
00:53:20à amener la démocratie
00:53:21en Afghanistan,
00:53:21en Libye,
00:53:22en Irak ?
00:53:23Non mais,
00:53:23il faut à un moment donné
00:53:25redescendre
00:53:25qu'on accompagne
00:53:26les transitions
00:53:27qu'on essaye d'aider.
00:53:28On sait le faire
00:53:29différemment.
00:53:30La question n'est pas là.
00:53:31Et puis,
00:53:32on a vu,
00:53:32moi,
00:53:32ma question,
00:53:32elle va être plus simple
00:53:33parce que j'ai vu
00:53:34effectivement qu'on a expliqué
00:53:35que c'était pour le nucléaire
00:53:36puis après,
00:53:36c'était parce qu'il est balistique
00:53:37puis après,
00:53:38parce qu'on allait apporter
00:53:38la démocratie.
00:53:39En fait,
00:53:44et de justifier
00:53:45parfois l'injustifiable
00:53:46au détriment
00:53:47de ce qu'on a bâti
00:53:47depuis 1945,
00:53:48le droit international
00:53:49aux institutions
00:53:49et vous l'avez expliqué.
00:53:51Mais il y a
00:53:52une autre question
00:53:52que je me pose.
00:53:53Est-ce que les Américains
00:53:54ne sont pas en train
00:53:55de perdre
00:53:56le leadership
00:53:57au Moyen-Orient ?
00:53:58Parce que,
00:53:58qu'est-ce qu'on a aussi
00:53:59comme analyse ?
00:54:00C'est qu'effectivement,
00:54:00quand il faut choisir
00:54:01dans leurs alliés,
00:54:02ils en choisissent
00:54:03d'en protéger un
00:54:03par rapport aux autres
00:54:04alors qu'il y avait un enjeu.
00:54:06Et est-ce que là aussi,
00:54:06nous, la France,
00:54:07on n'a pas plutôt intérêt
00:54:08à avoir une position
00:54:10qui était celle
00:54:11qu'on avait
00:54:12antérieurement
00:54:13par rapport
00:54:13à la politique arabe,
00:54:15je ne paraphraserai pas
00:54:16de personnages célèbres,
00:54:17et de revoir aussi
00:54:18nos doctrines
00:54:19à ce moment-là
00:54:19au regard justement
00:54:21de ce qui se passe
00:54:21et de ces actions
00:54:22qui sont de façon
00:54:24unilatérale
00:54:25au mépris du droit
00:54:25sans...
00:54:26Et ça,
00:54:27est-ce qu'on peut
00:54:28nous continuer
00:54:29à emboîter le pas
00:54:30à des gens
00:54:30qui ne respectent plus rien
00:54:32et qui nous entraînent
00:54:33dans le chaos ?
00:54:33Parce que ce qui va se passer,
00:54:34et je finis là-dessus,
00:54:35et je voudrais avoir
00:54:36votre avis,
00:54:37parce que de toute façon,
00:54:38cette situation
00:54:39va déstabiliser
00:54:40pour très longtemps
00:54:41ce territoire,
00:54:42va déstabiliser
00:54:43les populations,
00:54:44va être aussi...
00:54:45va se faire
00:54:45au détriment
00:54:46des peuples
00:54:46de la région.
00:54:48Merci.
00:54:51Merci pour votre question,
00:54:53monsieur le sénateur.
00:54:58Je vais vous dire
00:54:59un paradoxe.
00:55:00Le paradoxe,
00:55:01c'est que
00:55:01dans la région,
00:55:02justement,
00:55:03en fait,
00:55:04il y a
00:55:04beaucoup d'acteurs
00:55:07qui ne sont pas mécontents
00:55:08de voir l'Iran
00:55:10bien affaibli,
00:55:12etc.
00:55:14Et pas mal
00:55:15de sociétés aussi.
00:55:17Donc,
00:55:18je ne m'aventurerai pas
00:55:19sur le plan politique
00:55:20ou sur le plan
00:55:21des décisions
00:55:22des uns et des autres,
00:55:23mais moi,
00:55:23je vous parle
00:55:24en tant qu'acteurs
00:55:25et en tant que pays.
00:55:29Ça,
00:55:29c'est un premier point.
00:55:31Est-ce que...
00:55:33Parce que l'Iran,
00:55:33en fait,
00:55:34un Iran
00:55:35raisonnant
00:55:36à l'inverse,
00:55:36un Iran
00:55:38parfaitement stable,
00:55:40réinséré
00:55:40dans la communauté
00:55:41internationale,
00:55:42dynamique
00:55:42et qui peut bénéficier
00:55:44à fond
00:55:44de tous ces immenses
00:55:45atouts
00:55:47structurels,
00:55:47on va dire,
00:55:49je peux vous garantir
00:55:50qu'à mon avis,
00:55:51ça ne réjouit pas
00:55:52les voisins
00:55:54qui vont se dire
00:55:55aïe aïe aïe,
00:55:56un méga compétiteur
00:55:57revient dans le jeu
00:55:59et avec en plus
00:56:00un appétit
00:56:01assez féroce
00:56:02et un nationalisme.
00:56:05j'ai été
00:56:06suffisamment
00:56:07de fois en Iran
00:56:08et j'ai eu
00:56:09suffisamment
00:56:09de dialogues
00:56:10stratégiques
00:56:11ou en tout cas
00:56:12de négociations
00:56:12et de discussions
00:56:13pour vous dire
00:56:14que les Iraniens,
00:56:15toutes tendances
00:56:16confondues,
00:56:17toutes ethnies
00:56:17confondues,
00:56:18ont une haute idée
00:56:20d'eux-mêmes.
00:56:21Au passage,
00:56:22ils sont extrêmement
00:56:23similaires aux Israéliens
00:56:24par énormément
00:56:25d'aspects.
00:56:27Donc,
00:56:27je reviens
00:56:29au point
00:56:29qui est que
00:56:31de même
00:56:32que beaucoup
00:56:33de pays arabes
00:56:33de la région,
00:56:34pour le dire
00:56:34ensuite autrement,
00:56:35en fait,
00:56:36ont peur
00:56:36d'une grande alliance
00:56:37entre l'Iran,
00:56:39Israël,
00:56:39la Turquie,
00:56:40les Etats-Unis.
00:56:41Vous le savez
00:56:41parfaitement.
00:56:43Donc,
00:56:43un système chaotique,
00:56:45fragmenté
00:56:46et conflictuel
00:56:47comme ça,
00:56:47malgré tout,
00:56:48ça les assure
00:56:49que ce scénario
00:56:50ne va pas se produire.
00:56:51Sur est-ce que
00:56:52les Etats-Unis
00:56:53ne sont pas en train
00:56:53de perdre le Moyen-Orient,
00:56:55c'est une très bonne question
00:56:57et je dirais
00:56:58que mon intuition,
00:57:00c'est qu'à court terme,
00:57:02tant qu'en fait
00:57:02ils sont capables
00:57:03de manier le bâton
00:57:04et de faire peur
00:57:05à tout le monde,
00:57:06eh bien,
00:57:07ils ont restauré
00:57:08clairement leur légitimité,
00:57:09en tout cas,
00:57:10leur crédibilité
00:57:10dans la région.
00:57:12Et personne n'imagine
00:57:13faire appel
00:57:14aux Russes,
00:57:15aux Indiens
00:57:15ou aux Chinois
00:57:16pour stabiliser
00:57:17la région.
00:57:20Ceci étant posé,
00:57:21donc ça veut dire
00:57:21que tant que les Etats-Unis
00:57:22sont capables
00:57:23d'avoir la même posture
00:57:24et en effet
00:57:25d'agir derrière,
00:57:27je pense qu'en effet,
00:57:29ils sont clairement
00:57:29de retour au Moyen-Orient.
00:57:31Par contre,
00:57:32si à un moment donné,
00:57:33ils font signe de faiblesse
00:57:34ou s'ils se prennent,
00:57:36disons,
00:57:37s'ils subissent
00:57:38un échec grave,
00:57:39alors là,
00:57:40la chute sera d'autant
00:57:40plus brutale
00:57:41et plus dure.
00:57:43Voilà ma réponse.
00:57:47Merci beaucoup.
00:57:48Ensuite,
00:57:49j'ai Olivier Codic.
00:57:52Merci,
00:57:52Monsieur le Président.
00:57:53Merci pour vos propos.
00:57:54en qualité
00:57:56de Président
00:57:57du groupe d'amitié
00:57:57avec les pays
00:57:58du Golfe,
00:57:59du GCC.
00:58:00Vous comprendrez
00:58:01que je tiens
00:58:01d'abord
00:58:02à dire
00:58:03combien nos pensées
00:58:04vont vers
00:58:05nos compatriotes,
00:58:06leurs familles,
00:58:07leurs employés
00:58:08et l'ensemble
00:58:09de notre communauté
00:58:10vivant dans les pays
00:58:11du Golfe,
00:58:12mais bien sûr
00:58:12du Liban
00:58:13et en Israël.
00:58:15Leur sécurité
00:58:16est et doit demeurer
00:58:17une priorité
00:58:18absolue.
00:58:19J'ai pris note
00:58:20de vos scénarios
00:58:22qui sont
00:58:25circonscrits,
00:58:26et c'est logique,
00:58:27vu le titre,
00:58:28aux conséquences
00:58:29de l'attaque
00:58:30de la semaine dernière.
00:58:32Mais je sais
00:58:33que vous avez pris
00:58:34de la hauteur aussi
00:58:35parce que vous avez
00:58:35mentionné à un moment
00:58:36la rivalité
00:58:37entre les États-Unis
00:58:38et la Chine.
00:58:39Nous vivons en fait
00:58:40un engrenage réel
00:58:42qui a commencé
00:58:43il y a quatre ans
00:58:43la semaine dernière
00:58:45avec l'invasion
00:58:46de l'Ukraine
00:58:47par la Russie.
00:58:49Et donc,
00:58:50en réalité,
00:58:51nous vivons
00:58:52une escalade
00:58:53depuis ce temps-là
00:58:54et je voudrais
00:58:56évaluer
00:58:57avec vous
00:58:58les scénarios
00:59:00d'escalade
00:59:01auxquels
00:59:02nous sommes confrontés
00:59:03puisque
00:59:05peut-être
00:59:06nous pensons
00:59:07que ce conflit
00:59:07que nous voyons actuellement
00:59:08n'est effectivement
00:59:09qu'un des engrenages
00:59:11de ce que nous risquons
00:59:12de vivre
00:59:13dans les prochaines semaines
00:59:14et dans les prochains mois.
00:59:16Parmi les escalades
00:59:17que nous observons déjà
00:59:19et pour rester
00:59:20dans l'environnement
00:59:21direct,
00:59:22le Liban
00:59:23où j'étais
00:59:24il y a deux semaines
00:59:25qui se trouve
00:59:26entraîné
00:59:27dans un conflit
00:59:29par le Hezbollah
00:59:30malgré lui.
00:59:32Malgré la volonté
00:59:33de son gouvernement
00:59:34et de la population.
00:59:37Comment expliquez-vous
00:59:38les implications
00:59:39politiques et sociales
00:59:40de l'intervention
00:59:41de ce groupe armé
00:59:43pour la souveraineté
00:59:44libanaise ?
00:59:45Des élections
00:59:46sont prévues
00:59:47en mai prochain
00:59:48auxquelles le Hezbollah
00:59:49devait participer.
00:59:51Pensez-vous
00:59:52que le Hezbollah
00:59:53puisse encore
00:59:55rester un acteur
00:59:56politique au Liban
00:59:57et participer
00:59:59à ces élections
01:00:00alors qu'ils n'ont pas
01:00:01désarmé ?
01:00:02Quelles seraient
01:00:03selon vous
01:00:04les conséquences
01:00:05d'une offensive
01:00:05terrestre
01:00:06israélienne
01:00:07au Liban ?
01:00:09Quel impact
01:00:10cela a-t-il
01:00:11sur la sécurité
01:00:12des communautés
01:00:13civiles
01:00:14libanaises ?
01:00:15Bien sûr
01:00:16de tous nos compatriotes
01:00:17qui vivent
01:00:18et compris des minorités.
01:00:20Et pour finir
01:00:21puisque vous avez mentionné
01:00:22la question
01:00:23Etats-Unis-Chine
01:00:24et que
01:00:26dans les scénarios
01:00:27d'escalade
01:00:28avec la Chine
01:00:28nous voyons
01:00:30nous observons
01:00:30aujourd'hui
01:00:31de plus en plus
01:00:32des faits
01:00:33de multiples incidents
01:00:34en mer de Chine
01:00:35méridional
01:00:36du fait
01:00:37de la marine
01:00:38de Pékin
01:00:39et un discours
01:00:41de plus en plus
01:00:42offensif
01:00:43de Pékin
01:00:43vers Taïwan
01:00:44ne pensez-vous pas
01:00:46que
01:00:46actuellement
01:00:47nous risquons
01:00:48un scénario
01:00:49d'engrenage
01:00:50aussi à cet endroit ?
01:00:51Merci
01:00:51Merci beaucoup
01:00:53Monsieur le sénateur
01:00:56Alors moi
01:00:57j'avais envie
01:00:57de vous répondre
01:00:58parce qu'en fait
01:00:59là on reste
01:01:00assez
01:01:00comment dire
01:01:01focalisé
01:01:02sur le Moyen-Orient
01:01:03enfin le Levant
01:01:04Taïwan bien sûr
01:01:05mais d'élargir
01:01:07beaucoup plus considérablement
01:01:09le spectre
01:01:10de l'escalade
01:01:11l'escalade
01:01:12elle est aussi
01:01:12avec la Russie
01:01:13elle peut être
01:01:13entre l'Inde
01:01:14le Pakistan
01:01:14l'Inde le Pakistan
01:01:15l'Afghanistan
01:01:16on le voit
01:01:16sur la carte
01:01:17projetée
01:01:18vous voyez
01:01:18qu'entre
01:01:19l'Afghanistan
01:01:20et le Pakistan
01:01:21il y a une grosse explosion
01:01:23donc
01:01:24ça aussi
01:01:25ça va avoir
01:01:26un impact majeur
01:01:27parce que
01:01:28la situation
01:01:29est extrêmement volatile
01:01:30y compris avec l'Inde
01:01:31par ricochet
01:01:34mais je reviens
01:01:34donc sur les
01:01:35et puis je vous parlerai
01:01:36ensuite des risques
01:01:37d'escalade
01:01:37à mon avis
01:01:38sur que peut faire
01:01:39la Russie
01:01:39pour profiter
01:01:40de ce scénario là
01:01:43enfin en tout cas
01:01:43de cette tension
01:01:44de cette forte tension là
01:01:45notamment si par exemple
01:01:47les Etats-Unis
01:01:47sont durablement
01:01:48scotchés
01:01:49ou enlisées
01:01:50au Moyen-Orient
01:01:54le Liban
01:01:55alors il se trouve
01:01:55que j'ai
01:01:57échangé longuement
01:01:58très très récemment
01:02:00avec les responsables
01:02:02de
01:02:03du contingent français
01:02:05qui était
01:02:05dans la finule
01:02:06sur le dernier contingent
01:02:08et qui m'ont raconté
01:02:09un peu comment ça s'est passé
01:02:10et l'avis était
01:02:11à peu près unanime
01:02:12pour dire
01:02:14que les Libanais
01:02:16préfèrent
01:02:18largement
01:02:19une intervention
01:02:19terrestre
01:02:20ou une action
01:02:21militaire
01:02:21de vif force israélienne
01:02:22plutôt
01:02:23que
01:02:24d'affronter
01:02:26directement
01:02:27le Hezbollah
01:02:27et créer
01:02:29une nouvelle guerre
01:02:29civile
01:02:30au Liban
01:02:31donc le ton
01:02:33était à peu près
01:02:33unanime
01:02:34pour dire
01:02:35il vaut mieux
01:02:36une nouvelle guerre
01:02:38entre Israël
01:02:38le Liban
01:02:39Israël
01:02:39le Hezbollah
01:02:40plutôt qu'une nouvelle guerre
01:02:41civile
01:02:41interne aux communautés
01:02:43libanaises
01:02:43je crois que c'est une réponse
01:02:44à votre question
01:02:46si
01:02:48sur le Hezbollah
01:02:49peut jouer un rôle
01:02:49oui bien sûr
01:02:50le côté
01:02:51alors là pour le coup
01:02:52un élément d'optimisme
01:02:53c'est que si
01:02:55encore une fois
01:02:56tout dépendra
01:02:57de qui est
01:02:58élu guide
01:03:00et en fonction
01:03:00pardon
01:03:01guide suprême en Iran
01:03:03et de sa survivabilité
01:03:05c'est à dire que
01:03:06si un guide
01:03:07extrêmement
01:03:09dur
01:03:09est élu
01:03:10mais qu'en fait
01:03:11il dure trois mois
01:03:12parce qu'il est topé
01:03:14au bout de trois mois
01:03:15il faudra voir le suivant
01:03:16puis le suivant
01:03:17ainsi de suite
01:03:17donc à partir du moment
01:03:18où il y aura
01:03:20un guide suprême
01:03:21voire plus du tout
01:03:22de guide suprême
01:03:22ce qui est aussi une option
01:03:24en Iran
01:03:26c'est à dire
01:03:27qu'à partir du moment
01:03:27où le Hezbollah
01:03:28comprendra
01:03:29qu'il a perdu
01:03:30tout soutien
01:03:32soutien réel
01:03:33et fort de l'Iran
01:03:34bien évidemment
01:03:35il n'aura pas
01:03:35d'autre choix
01:03:36que de réintégrer
01:03:37le jeu politique
01:03:38d'accepter
01:03:39à la fois
01:03:40un désarmement
01:03:41et surtout
01:03:44une réintégration
01:03:45probablement partielle
01:03:46dans les forces armées
01:03:47libanaises
01:03:47et en fait
01:03:48il deviendra
01:03:48un acteur
01:03:50du jeu politique
01:03:50local
01:03:51comme les autres
01:03:53même s'il aura
01:03:53sans doute
01:03:54un petit peu
01:03:54une position particulière
01:03:58sur Taïwan
01:03:59la mer de Chine
01:04:00méridionale
01:04:02oui bien sûr
01:04:03le risque
01:04:04d'une confrontation
01:04:05est réel
01:04:06ceci dit
01:04:07je voudrais attirer
01:04:09votre attention
01:04:09sur 2-3 petits détails
01:04:12Xi Jinping
01:04:13a procédé
01:04:14à des purges
01:04:15massives
01:04:16il y a un mois
01:04:18la question
01:04:19c'est pourquoi
01:04:20probablement
01:04:21bien évidemment
01:04:22pour asseoir
01:04:23encore plus
01:04:23son pouvoir
01:04:24sauf que
01:04:25quand vous faites
01:04:26valser
01:04:26les généraux
01:04:27surtout si vous en mettez
01:04:29certains en prison
01:04:30ça n'incite pas
01:04:31les autres
01:04:32à faire preuve
01:04:33d'un grand dynamisme
01:04:34et d'un grand sens
01:04:35de l'initiative
01:04:35donc
01:04:37c'est aussi
01:04:38peut-être un message
01:04:39vis-à-vis
01:04:40à la fois
01:04:41des généraux
01:04:42chinois
01:04:42et de l'appareil
01:04:44industriel
01:04:44militaire chinois
01:04:45de leur dire
01:04:47vous m'avez vendu
01:04:48entre guillemets
01:04:49enfin quand je dis vendu
01:04:50vous m'avez promis
01:04:51des matériels
01:04:52haut de pointe
01:04:53high tech
01:04:54capables de défier
01:04:55tout ce que mettent
01:04:56en oeuvre
01:04:56les américains
01:04:59clairement
01:04:59au Venezuela
01:05:01peut-être là
01:05:02en Iran
01:05:03l'effet
01:05:04est quand même
01:05:04très modéré
01:05:06donc
01:05:07peut-être que
01:05:08le dirigeant chinois
01:05:10s'est dit
01:05:12en fait
01:05:13nos matériels
01:05:14ne sont pas
01:05:14si performants
01:05:15que ça
01:05:16et donc
01:05:17Xi Jinping
01:05:17s'est dit
01:05:18il vaut peut-être
01:05:18mieux pas se lancer
01:05:19dans un grand
01:05:21affrontement
01:05:21si je ne suis pas certain
01:05:22de la qualité
01:05:22de mes matériels
01:05:24c'est peut-être aussi
01:05:25ce que ça veut dire
01:05:25c'est aussi une réponse
01:05:26à ma question
01:05:29mais c'est sûr
01:05:30que
01:05:31les Etats-Unis
01:05:33ont l'œil rivé
01:05:34non seulement
01:05:35sur Taïwan
01:05:35mais sur la Corée du Sud
01:05:36et sur le Japon
01:05:37et en général
01:05:38sur l'accès au Pacifique
01:05:41donc
01:05:42c'est un scénario réel
01:05:43d'escalade possible
01:05:44si à un moment donné
01:05:46Xi Jinping
01:05:47a une opportunité
01:05:48et qu'il est
01:05:49à peu près certain
01:05:50de se dire
01:05:51j'ai 90%
01:05:53de chances
01:05:54de réussite
01:05:54j'y vais
01:05:55en deçà
01:05:56j'en suis pas sûr
01:05:57donc il est plutôt prudent
01:05:58il ne faudra pas
01:05:59perdre la face
01:05:59donc il sera prudent
01:06:01et des scénarios
01:06:03d'escalade
01:06:04même limités
01:06:05avec la Russie
01:06:05il y en a plein
01:06:07nous-mêmes
01:06:07à la FMES
01:06:08donc notre institut
01:06:10basé à Toulon
01:06:13on a sorti
01:06:15des infographies
01:06:16et des cartes
01:06:17notamment sur l'Arctique
01:06:19où on expliquait
01:06:20comment et pourquoi
01:06:21ça c'était en janvier
01:06:22donc lorsque c'était
01:06:23au climax
01:06:23de la crise
01:06:25du Groenland
01:06:26que si à ce moment-là
01:06:28Donald Trump
01:06:29avait saisi
01:06:32militairement
01:06:34le Groenland
01:06:35il est plus que probable
01:06:36que les Russes
01:06:37en aient profité
01:06:38pour s'emparer
01:06:39du Svalbard
01:06:39de Norvégiens
01:06:41et de
01:06:43et de
01:06:44d'un petit bout
01:06:45de territoire norvégien
01:06:46à l'extrême nord
01:06:47ce qui leur permet
01:06:48d'ouvrir
01:06:48beaucoup plus facilement
01:06:50la sortie
01:06:51de leur base
01:06:51de Bromansk
01:06:52et de Poljarnie
01:06:52pour leur flotte stratégique
01:06:54et mettant
01:06:55finalement
01:06:56des deux côtés
01:06:57un immense point
01:06:58d'interrogation
01:06:59sur la légitimité
01:07:01la crédibilité
01:07:01de l'OTAN
01:07:02puisque si l'OTAN
01:07:03est attaquée
01:07:03à la fois par les américains
01:07:05et par les russes
01:07:06on comprend bien
01:07:07qu'il va y avoir
01:07:07un malaise
01:07:08majeur
01:07:10et je parle pas
01:07:11du corridor
01:07:12de Souvalky
01:07:12entre Kaliningrad
01:07:14et la Biélorussie
01:07:17de l'extrême sud russe
01:07:19voilà
01:07:20donc en fait
01:07:20oui bien sûr
01:07:21et de
01:07:22et de la Moldavie
01:07:23à côté de la Transnistrie
01:07:25donc
01:07:26oui bien sûr
01:07:27les scénarios d'escalade
01:07:28sont réels
01:07:31merci beaucoup
01:07:32Jean-Luc Ruel
01:07:35merci président
01:07:37véritablement
01:07:38votre discours
01:07:39et la réponse
01:07:40à
01:07:40à nos questions
01:07:41est
01:07:42extrêmement précis
01:07:44et intéressant
01:07:45alors moi
01:07:46je voulais revenir
01:07:46sur la déclaration
01:07:48de notre président
01:07:48hier soir
01:07:49donc il est revenu
01:07:50sur un certain nombre
01:07:51de choses
01:07:51donc la volonté
01:07:53de garantir
01:07:53la sécurité
01:07:54des français
01:07:55qui sont
01:07:56à mon sens
01:07:57plus nombreux
01:07:58que ce qu'a évoqué
01:07:59mon collègue
01:08:00on parle de 400 000
01:08:01dont là-dedans
01:08:03une partie
01:08:03de personnes en transit
01:08:06le renforcement
01:08:07de la défense
01:08:08donc on a vu
01:08:09le déroutement
01:08:09du porte-avions
01:08:11Charles de Gaulle
01:08:11et puis la diplomatie
01:08:13la réaffirmation
01:08:15de ce que
01:08:16la solution
01:08:17les solutions
01:08:18devraient privilégier
01:08:20une approche diplomatique
01:08:22alors à votre avis
01:08:23quel type de diplomatie
01:08:26quel rôle
01:08:27pour la France
01:08:27quel rôle
01:08:28pour l'Europe
01:08:29et puis finalement
01:08:32est-ce que
01:08:33on pourrait imaginer
01:08:35que ce serait
01:08:36peut-être
01:08:37le moyen
01:08:38ou une opportunité
01:08:39pour qu'une initiative
01:08:41française
01:08:41française ou européenne
01:08:43ou pardon
01:08:44française et britannique
01:08:47en matière
01:08:48de dissuasion nucléaire
01:08:50élargie à l'échelle européenne
01:08:52puisse trouver sa place
01:08:57merci
01:08:59merci
01:09:00merci monsieur le sénateur
01:09:06alors sur la dissuasion
01:09:07je ne vous répondrai pas
01:09:08parce que
01:09:10le président de la commission
01:09:11le sait
01:09:11je suis astreint
01:09:12à un devoir de réserve
01:09:13aussi
01:09:13de par mon statut
01:09:15mais par contre
01:09:16je peux vous répondre
01:09:16sur le reste
01:09:17donc
01:09:20la question
01:09:22en fait
01:09:22que vous posez
01:09:23indirectement
01:09:23c'est la question
01:09:24de la relation bilatérale
01:09:26entre la France
01:09:26et l'Iran
01:09:27cette relation
01:09:29extrêmement complexe
01:09:30depuis le début
01:09:31depuis le début
01:09:32de la révolution
01:09:33iranienne
01:09:34je vous passe
01:09:35sur tous
01:09:36les
01:09:36c'est plus que
01:09:37les irritants
01:09:38c'était à l'époque
01:09:39carrément
01:09:40des contentieux lourds
01:09:41que ce soit
01:09:42Eurodif
01:09:43l'affaire Gorgie
01:09:44Chapour Bakhtiar
01:09:45l'armement
01:09:46de Saddam Hussein
01:09:47l'armement
01:09:48de l'Irak
01:09:49ensuite il y a eu
01:09:51le dossier nucléaire
01:09:52les otages
01:09:53les attentats
01:09:53enfin voilà
01:09:54donc j'imagine bien
01:09:56que pour
01:09:57l'exécutif français
01:09:58c'est un sujet
01:10:00compliqué
01:10:00extrêmement sensible
01:10:02et délicat
01:10:05mon apport historique
01:10:07si vous voulez
01:10:07sur le recul
01:10:09de ces 30
01:10:09de ces
01:10:10même 40 dernières années
01:10:11ces 35 dernières années
01:10:13sur la relation franco
01:10:15iranienne
01:10:17c'est que
01:10:19si vous voulez
01:10:20discuter
01:10:20avec les iraniens
01:10:22il faut être
01:10:23crédible
01:10:24il faut être
01:10:24craint
01:10:25et respecté
01:10:26ça ne veut
01:10:27surtout pas dire
01:10:28qu'il faut être agressif
01:10:29mais ça veut dire
01:10:30qu'il ne faut jamais
01:10:31hésiter à montrer
01:10:32sa force
01:10:32et à montrer
01:10:33sa détermination
01:10:34et sa capacité
01:10:35à agir
01:10:36au cas où
01:10:38donc
01:10:40si j'ai bien
01:10:41écouté le président
01:10:42de la république
01:10:42dire d'un côté
01:10:45nous ne souhaitons
01:10:46absolument pas
01:10:48agresser l'Iran
01:10:49mais d'un autre côté
01:10:51nous sommes absolument
01:10:52déterminés
01:10:52à défendre
01:10:53nos intérêts
01:10:54et nos alliés
01:10:55me semble
01:10:56une ligne
01:10:56très cohérente
01:10:59et là
01:11:00je parle avec
01:11:01le recul de l'histoire
01:11:02et le recul du temps
01:11:05voilà
01:11:12alors ensuite
01:11:13j'ai Uxori
01:11:16que nos collègues
01:11:17en visio
01:11:17ne s'inquiètent pas
01:11:18tout le monde
01:11:18est inscrit
01:11:19merci monsieur le président
01:11:21monsieur le directeur
01:11:23merci pour votre éclairage
01:11:24et en écoutant vos propos
01:11:26j'ai deux questions
01:11:28vous venez de parler
01:11:29de l'Europe
01:11:30et pendant vos propos
01:11:32diminaires
01:11:32vous avez parlé
01:11:33des européens
01:11:33dans la région
01:11:34mais finalement
01:11:35peu de l'entité géographique
01:11:37européenne
01:11:38et je me suis demandé
01:11:38en vous écoutant
01:11:39lorsque vous avez parlé
01:11:41vous avez dit que l'Iran
01:11:42était susceptible
01:11:43d'ouvrir de nouveaux fronts
01:11:44et vous avez noté
01:11:46les attentats
01:11:47et le terrorisme
01:11:47est-ce que vous considériez
01:11:49que l'Iran
01:11:50pourrait avoir un intérêt
01:11:51à un moment ou un autre
01:11:52stratégiquement
01:11:53d'élargir
01:11:54le champ de bataille
01:11:55et de
01:11:58fomenter
01:12:00armer
01:12:00faire en sorte
01:12:01qu'il y ait
01:12:02des opérations
01:12:03de déstabilisation
01:12:04dans des pays
01:12:06européens
01:12:06c'est-à-dire
01:12:07aujourd'hui
01:12:08je pense que
01:12:09l'Europe
01:12:10est affectée
01:12:11par ricochet
01:12:11mais pourrait devenir
01:12:13éventuellement
01:12:13je ne sais pas
01:12:14si c'est la question
01:12:14que je vous pose
01:12:15une cible délibérée
01:12:17et puis ma deuxième question
01:12:20concernait
01:12:21les scénarios
01:12:22et le quatrième scénario
01:12:23que vous considériez
01:12:24le plus probable
01:12:25c'est l'entisement
01:12:25du conflit
01:12:26en faisant des comparaisons
01:12:28avec
01:12:29des conflits antérieurs
01:12:32est-ce que vous ne pensez pas
01:12:33que
01:12:33l'attente de l'électorat
01:12:35de Trump
01:12:36son programme
01:12:36la personnalité même
01:12:38du président
01:12:39fait que
01:12:40l'histoire
01:12:41enfin il n'est pas garantie
01:12:42que l'histoire
01:12:43se renouvelle
01:12:46dans ce conflit
01:12:48entre les USA
01:12:49et Israël
01:12:50et les Iraniens
01:12:51je vous remercie
01:12:53merci monsieur le sénateur
01:12:54est-ce que l'Europe
01:12:56peut être une cible
01:12:56oui bien sûr
01:12:57elle l'a déjà été
01:12:59pendant la guerre
01:12:59Iran-Irak
01:13:00là encore
01:13:00je vous renvoie à mon livre
01:13:02elle l'a été
01:13:03réellement
01:13:04et lourdement
01:13:05ceci étant posé
01:13:06je ne pense pas
01:13:07qu'on soit une cible prioritaire
01:13:09donc il y a bien
01:13:10d'autres cibles
01:13:10si vous voulez
01:13:11pour élargir
01:13:12et embêter
01:13:13entre guillemets
01:13:13les Etats-Unis
01:13:14mais oui
01:13:15le risque existe
01:13:16c'est certain
01:13:18l'enlisement du conflit
01:13:19le paradoxe
01:13:22c'est que
01:13:24Donald Trump
01:13:25voulait éviter
01:13:25à tout prix
01:13:27au début
01:13:28de la crise
01:13:29quand il a
01:13:29commencé à s'intéresser
01:13:31de près au dossier
01:13:32deux écueils
01:13:34le premier
01:13:35c'était l'Irak
01:13:36c'est-à-dire
01:13:36se laisser entraîner
01:13:38dans un bourbier
01:13:39le deuxième
01:13:40c'était probablement
01:13:41les lignes rouges
01:13:42d'Obama
01:13:43par rapport à la Syrie
01:13:44c'est-à-dire
01:13:44se faire humilier
01:13:47donc
01:13:47tout ce qu'il a fait
01:13:49encore une fois
01:13:50qu'on lui ait tordu
01:13:51la main
01:13:52ou qu'il l'ait fait
01:13:53de manière volontaire
01:13:55en tout cas
01:13:56il a fait
01:13:56avec
01:13:57je pense
01:14:00cet objectif
01:14:01qui était
01:14:01d'éviter
01:14:01ces deux
01:14:02ces deux écueils
01:14:04est-ce qu'il ne va pas
01:14:05tomber dedans
01:14:08alors le côté
01:14:09ligne rouge
01:14:10je ne pense pas
01:14:11puisque finalement
01:14:11il y est allé
01:14:13le côté enlisement
01:14:15c'est une option
01:14:16donc s'il est logique
01:14:17avec lui-même
01:14:19il peut avoir tendance
01:14:20à rétro-pédaler
01:14:21à un moment donné
01:14:21pour dire
01:14:22bon maintenant
01:14:22ça suffit
01:14:22j'ai fait ma démonstration
01:14:24maintenant débrouillez-vous
01:14:26c'est possible
01:14:27mais encore une fois
01:14:28comme je vous le disais
01:14:29tout à l'heure
01:14:30plus
01:14:31plus le confort
01:14:32le conflit va s'alourdir
01:14:34plus il y aura
01:14:35au-delà des morts américains
01:14:37c'est-à-dire
01:14:37des soldats américains
01:14:38tués
01:14:39c'est le côté humiliation
01:14:42c'est-à-dire
01:14:42si un destroyer
01:14:44est fortement touché
01:14:46si des navires coulent
01:14:49c'est la guerre
01:14:50mais quelque part
01:14:51c'est aussi une humiliation
01:14:53à la technologie américaine
01:14:54à la domination américaine
01:14:55donc là
01:14:56Donald Trump
01:14:58poussé sans doute
01:14:59par le pentagone
01:15:00va dire
01:15:00bon là maintenant
01:15:01il faut leur donner
01:15:01vraiment une leçon
01:15:02puis c'est l'escalade
01:15:03et ainsi de suite
01:15:04c'est ma réponse
01:15:07merci beaucoup
01:15:08Hélène Conway-Mouréa
01:15:09en direct
01:15:10de
01:15:12sa vision
01:15:13oui
01:15:13oui bonjour
01:15:15bonjour
01:15:16merci président
01:15:17et merci infiniment
01:15:18pour vos analyses
01:15:20qui sont
01:15:20incroyablement
01:15:21précises
01:15:22moi je voudrais
01:15:24rebondir
01:15:24sur
01:15:25deux choses
01:15:26que vous avez déjà abordé
01:15:28la recomposition
01:15:31aujourd'hui
01:15:32est-ce que
01:15:34on peut envisager
01:15:36l'impact
01:15:37sur le plan
01:15:38global
01:15:39de ce qui se passe
01:15:40dans la relation
01:15:41UE-US
01:15:42puisqu'on voit que
01:15:42les européens
01:15:44ne sont pas tous
01:15:44unis dans la réponse
01:15:46à apporter
01:15:46quant à
01:15:47le fait que
01:15:49notamment
01:15:50les avions américains
01:15:52utilisent
01:15:54le sol européen
01:15:56l'Espagne
01:15:57qui
01:15:58aujourd'hui
01:15:59se retrouve un peu
01:16:00isolé
01:16:01par rapport
01:16:01à l'engagement
01:16:03d'autres pays
01:16:03européens
01:16:04et donc
01:16:05est-ce que
01:16:05c'est une façon
01:16:06aussi pour les États-Unis
01:16:08quelque part
01:16:09de s'attaquer
01:16:11à ce bloc européen
01:16:12qui les secre
01:16:13puisque
01:16:14pour lui
01:16:16l'Europe unie
01:16:17en fait
01:16:17est un concurrent
01:16:20et que
01:16:21Donald Trump
01:16:22a bien compris
01:16:22que
01:16:23en s'occupant
01:16:25des pays individuellement
01:16:26personne ne peut lui résister
01:16:27mais
01:16:28malheureusement
01:16:28l'Europe unie
01:16:30le peut
01:16:31donc l'impact
01:16:32sur cette relation
01:16:33et l'impact
01:16:34aussi sur
01:16:35ce qui se dessinait
01:16:37à savoir
01:16:38les États-Unis
01:16:39d'un côté
01:16:40avec l'Europe
01:16:41qui suit
01:16:41et ce que l'on a appelé
01:16:43le sud global
01:16:44c'est-à-dire
01:16:45le reste du monde
01:16:47plutôt tenté
01:16:49par
01:16:49eh bien
01:16:50la Chine
01:16:51qui
01:16:53utilise
01:16:54des moyens
01:16:55non
01:16:55il n'utilise
01:16:57en tout cas
01:16:57pas la brutalité
01:16:59ni politique
01:17:00ni diplomatique
01:17:01pour
01:17:02notamment
01:17:03en Afrique
01:17:04s'implanter
01:17:05et puis
01:17:06ce sud global
01:17:08où à la fois
01:17:09la Russie
01:17:10et la Chine
01:17:10appartenaient
01:17:11et aujourd'hui
01:17:13est-ce que
01:17:14cela peut avoir
01:17:15un impact
01:17:16global
01:17:16sur la façon
01:17:18dont
01:17:18un grand nombre
01:17:20de pays
01:17:22finalement
01:17:22se tournaient
01:17:23vers cela
01:17:24pour
01:17:25en réaction
01:17:26à
01:17:27l'attitude
01:17:28américaine
01:17:29ça c'est la première question
01:17:31il y a un pays
01:17:32dont on n'a pas parlé
01:17:33c'est la Turquie
01:17:34alors
01:17:35vous dites
01:17:36très justement
01:17:36que
01:17:37beaucoup de pays
01:17:39voient d'un bon oeil
01:17:40en effet un Iran
01:17:42qui soit affaibli
01:17:43parce que si celui-ci
01:17:44économiquement
01:17:44se relevait
01:17:46ça pourrait être fulgurant
01:17:47et avoir un impact
01:17:48négatif
01:17:48sur ses voisins
01:17:50néanmoins
01:17:51je crois que
01:17:52ces pays
01:17:52voient d'un mauvais oeil
01:17:53le fait que les populations
01:17:55puissent
01:17:55également se révolter
01:17:57et mettre à mal
01:17:58un régime
01:17:59autocratique
01:18:00puisque
01:18:01la plupart des voisins
01:18:02ne sont pas
01:18:03de grande démocratie
01:18:04donc
01:18:08comment situez-vous
01:18:09la Turquie
01:18:10finalement
01:18:10vous avez parlé
01:18:11de l'Arabie saoudite
01:18:13donc la question
01:18:14est
01:18:14quel rôle
01:18:15pour la Turquie
01:18:16qui voulait
01:18:17dans un premier temps
01:18:18être
01:18:20celui
01:18:20qui pouvait
01:18:21servir
01:18:22finalement
01:18:23les négociations
01:18:24et qui se retrouve
01:18:26tiraillée
01:18:26entre deux sentiments
01:18:27opposés
01:18:28et puis le dernier point
01:18:29c'est sur les accords
01:18:30de défense
01:18:31alors nous
01:18:31signons un grand nombre
01:18:33d'accords de défense
01:18:34et il passe régulièrement
01:18:35au Sénat
01:18:36avec des pays
01:18:37ce sont quand même
01:18:38des accords
01:18:38qui nous engagent
01:18:39je ne pense pas
01:18:40que nous pensions
01:18:41en effet
01:18:42que la France
01:18:43se retrouve impliquée
01:18:44malgré elle
01:18:45à assurer
01:18:47la protection
01:18:48d'autres pays
01:18:49mais de fait
01:18:50par la signature
01:18:51de ceux-ci
01:18:52qui nous permettent
01:18:52peut-être
01:18:53de vendre
01:18:53quelques matériels
01:18:54militaires
01:18:55c'est quand même
01:18:56ce qui nous engage
01:18:58ensuite sur le long terme
01:18:59et donc
01:19:00comment voyez-vous
01:19:01la place de la France
01:19:03ou l'attente
01:19:04qui peut être
01:19:04faite
01:19:05d'un grand nombre
01:19:07de ces pays
01:19:07dans la région
01:19:08avec lesquels
01:19:09nous avons signé
01:19:09ces accords
01:19:10je vous remercie
01:19:12merci beaucoup
01:19:13madame la sénatrice
01:19:14et heureux de vous revoir
01:19:15même en visio
01:19:18alors
01:19:19la recomposition
01:19:21l'impact
01:19:22sur la relation
01:19:22Etats-Unis
01:19:23Europe
01:19:23au passage
01:19:25à ma connaissance
01:19:26les appareils
01:19:29américains
01:19:30ne sont basés
01:19:31ou en tout cas
01:19:32que sur le sol
01:19:33britannique
01:19:34ou sur des bases
01:19:35britanniques
01:19:36à ma connaissance
01:19:36ceux qui sont partis
01:19:38sur les missions
01:19:38donc
01:19:40sur l'Iran
01:19:41n'ont pas décollé
01:19:42de bases
01:19:43de pays
01:19:44de l'Union Européenne
01:19:44de ce que je sais
01:19:46en cet état
01:19:48je ne pense
01:19:49pas du tout
01:19:50que ce soit
01:19:50la priorité
01:19:51de la Maison Blanche
01:19:52c'est à dire que
01:19:52pour le dire autrement
01:19:55la Maison Blanche
01:19:56n'a pas fait la guerre
01:19:57à l'Iran
01:19:58pour
01:19:59pour affaiblir
01:20:00encore un peu plus
01:20:03les Européens
01:20:04et les mettre
01:20:05dans une situation
01:20:05d'encore plus grande
01:20:06dépendance
01:20:06je pense qu'ils n'ont
01:20:07pas besoin de ça
01:20:08de toute façon
01:20:08pour y arriver
01:20:11donc je pense que
01:20:12c'était pas
01:20:12c'était pas dans
01:20:13l'équation du tout
01:20:16sur le reste du monde
01:20:18oui alors c'est intéressant
01:20:19c'est une très bonne
01:20:20question aussi
01:20:22est-ce que
01:20:22pour le dire autrement
01:20:23est-ce que les Chinois
01:20:24les Russes
01:20:24voire les Indiens
01:20:26vont bénéficier
01:20:27de
01:20:29finalement
01:20:29ce qui se passe
01:20:31et
01:20:32de ce côté
01:20:33à la fois
01:20:33Donald Trump
01:20:34et les Etats-Unis
01:20:35qui font peur
01:20:36à tout le monde
01:20:36et
01:20:37les Européens
01:20:38qui font plus peur
01:20:39à grand monde
01:20:42oui
01:20:42et non
01:20:43parce que
01:20:44les pays du Sud
01:20:45sont quand même
01:20:46en attente
01:20:47de protection
01:20:49entre guillemets
01:20:50de
01:20:51bien sûr
01:20:52de partenariats économiques
01:20:54mais aussi
01:20:55de gens
01:20:55qui vont réellement
01:20:56les soutenir
01:20:56sur le plan diplomatique
01:20:58et sur le plan militaire
01:20:59or là
01:21:00ce que l'on voit
01:21:01c'est que
01:21:01pour l'instant du moins
01:21:03les grands absents
01:21:04de la crise
01:21:05c'est la Chine
01:21:06et la Russie
01:21:07même si
01:21:09Pékin
01:21:09et Moscou
01:21:10peuvent
01:21:10on sait pas
01:21:11mais peuvent
01:21:12par exemple
01:21:13alimenter l'Iran
01:21:13en images satellites
01:21:15en données
01:21:15en renseignements
01:21:17en informations
01:21:17mais en tout cas
01:21:18rien de visible
01:21:20donc
01:21:23cette passivité
01:21:25n'est peut-être pas
01:21:26comment dire
01:21:27la plus
01:21:29non pas la plus souhaitable
01:21:30mais en tout cas
01:21:30c'est pas ce qui va convaincre
01:21:33les pays
01:21:33de ce que vous appelez
01:21:34le Sud global
01:21:35de se tourner
01:21:36en priorité
01:21:37vers
01:21:38il me semble
01:21:39vers Moscou
01:21:40et vers Pékin
01:21:41les accords de défense
01:21:43oui bien sûr
01:21:44c'est aussi
01:21:44la diplomatie
01:21:45du carnet de chèques
01:21:46c'est à dire que
01:21:47quand on se dit
01:21:49on va faire
01:21:50de bonnes affaires
01:21:50mais en fait
01:21:51on n'aura jamais
01:21:52à délivrer
01:21:53et bien c'est peut-être
01:21:54la question à se poser
01:21:55d'emblée quoi
01:21:57je vous rappelle
01:21:58tous que
01:21:59le contrat mirifique
01:22:00de Rafale
01:22:01aux Émirats Arabes Unis
01:22:03n'a pas encore
01:22:04commencé à être délivré
01:22:06c'est ce qui veut dire
01:22:07que je me mets
01:22:08à la place
01:22:09de l'état français
01:22:10et de la société
01:22:12Marcel Dassault
01:22:14si vous voulez garder
01:22:16le contrat
01:22:17qui est quand même
01:22:1780 rafales
01:22:18il faut nous montrer
01:22:20que vous êtes présent
01:22:21donc
01:22:22bah oui
01:22:22c'est
01:22:24c'est dans un contrat
01:22:25il faut lire
01:22:25toutes les clauses
01:22:26et la Turquie
01:22:28bien sûr
01:22:29que la Turquie
01:22:30a
01:22:32comment dire
01:22:34la Turquie
01:22:35avec l'Arabie Saoudite
01:22:36et l'Iran
01:22:37et l'autre poids lourd
01:22:38de la région
01:22:43au moment
01:22:44de
01:22:46de la chute
01:22:48de la Syrie
01:22:49de la fragmentation
01:22:50de l'Irak
01:22:51de la guerre
01:22:52des 12 jours
01:22:53entre Israël
01:22:54et l'Iran
01:22:54on a eu tendance
01:22:56à dire
01:22:56en fait
01:22:57la Turquie
01:22:58et Israël
01:22:58sont les deux
01:22:59hégémons
01:23:00qui émergent
01:23:00du Moyen-Orient
01:23:02j'ai l'impression
01:23:03que la Turquie
01:23:04a compris
01:23:05son environnement
01:23:06et qu'elle a compris
01:23:08aussi
01:23:08qu'elle avait besoin
01:23:09de l'OTAN
01:23:10et donc des Etats-Unis
01:23:10ce qui lui
01:23:12met probablement
01:23:13un petit peu
01:23:14de réalisme
01:23:15dans sa stratégie
01:23:19donc pour la Turquie
01:23:20bien évidemment
01:23:21la Turquie
01:23:22il faut se rappeler
01:23:23la Turquie
01:23:23auparavant
01:23:24l'Empire Ottoman
01:23:24se sont affrontées
01:23:26avec la Perse
01:23:28et ou l'Empire Perse
01:23:29bien avant
01:23:30que ce soit l'Iran
01:23:31globalement
01:23:32pendant 4 siècles
01:23:33jusqu'au 17ème siècle
01:23:36et le traité
01:23:36de Kasseré-Chirine
01:23:37en 1679
01:23:39depuis
01:23:41ils ont résolu
01:23:41à peu près
01:23:42leurs différends
01:23:43les frontières
01:23:44sont stables
01:23:45de toute façon
01:23:46il y a de la grande montagne
01:23:47de la haute montagne
01:23:47entre les deux
01:23:48et ils sont rivaux
01:23:49mais plus adversaires
01:23:51je pense
01:23:52que c'est
01:23:52cette logique là
01:23:54que
01:23:54et les uns
01:23:55et les autres
01:23:55veulent préserver
01:23:58alors ensuite
01:23:59y compris
01:24:00pour la Turquie
01:24:01un Iran faible
01:24:02ça présente
01:24:03des risques
01:24:03et des opportunités
01:24:04c'est sûr
01:24:05qu'un Iran
01:24:05très affaibli
01:24:06voire chaotique
01:24:07pour tous les voisins
01:24:08de l'Iran
01:24:09c'est un risque
01:24:09de déstabilisation
01:24:10majeure
01:24:12c'est aussi
01:24:13le risque
01:24:14que peu de médias
01:24:16ou peu d'experts
01:24:17pointent
01:24:18qui est le côté
01:24:20comment dire
01:24:21précédent
01:24:22et modèle
01:24:22c'est à dire
01:24:23que pour
01:24:24les populations
01:24:25du Golfe
01:24:25je parle
01:24:26pas des expatriés
01:24:27mais des citoyens
01:24:29des monarchies
01:24:30du Golfe
01:24:31voir qu'un régime
01:24:34aussi dur
01:24:35et impitoyable
01:24:36que le régime
01:24:36iranien
01:24:37peut tomber
01:24:38sous l'aspect
01:24:39et sous les coups
01:24:41de butoir
01:24:41certes un petit peu
01:24:42extérieur
01:24:42mais aussi
01:24:43de la population
01:24:43ça peut donner
01:24:45des idées
01:24:45à certains
01:24:47et je pense
01:24:48que ça fait
01:24:48extrêmement peur
01:24:49aux dirigeants
01:24:52golfiens
01:24:52voilà
01:24:56merci beaucoup
01:24:57et Ludovic
01:25:01merci monsieur le président
01:25:02merci monsieur le directeur
01:25:03pour vos propos
01:25:04extrêmement précis
01:25:05et concis
01:25:05je vais essayer
01:25:06de l'être tout autant
01:25:07je suis un des derniers
01:25:08intervenants
01:25:09donc je voulais
01:25:10avoir votre
01:25:11vous avez déjà abordé
01:25:12un certain nombre
01:25:13d'éléments de réponse
01:25:13par rapport aux questions
01:25:14précédentes de mes collègues
01:25:16je voulais avoir
01:25:17votre analyse
01:25:17par rapport à la volonté
01:25:18quasi immédiate
01:25:19de l'Iran
01:25:20de mêler rapidement
01:25:21des pays voisins
01:25:21dès les premières heures
01:25:22du conflit
01:25:23est-ce que selon vous
01:25:24c'était une volonté aussi
01:25:25de vouloir diluer le conflit
01:25:27de le complexifier
01:25:28peut-être aussi
01:25:29donc j'aurais bien aimé
01:25:30avoir votre sentiment
01:25:31sur ce sujet-là
01:25:32et puis l'autre partie
01:25:34de ma question
01:25:34concerne la corruption
01:25:35quel rôle peut jouer
01:25:37le niveau de corruption
01:25:38dans l'enlisement du conflit
01:25:39ça m'avait abordé
01:25:40une partie
01:25:40vous l'avez abordé
01:25:41dans votre présentation
01:25:44on sait que la corruption
01:25:45est un élément moteur
01:25:46pour toute une partie
01:25:47de la population
01:25:47qui est favorable
01:25:48au changement de régime
01:25:49mais c'est aussi un frein
01:25:50pour toutes celles et ceux
01:25:51qui en ont bénéficié
01:25:52je parle évidemment
01:25:53de l'Iran
01:25:53mais je pourrais dire
01:25:54la même chose
01:25:54avec Hezbollah
01:25:55au Liban
01:25:56on est quand même
01:25:57dans un certain nombre
01:25:57de pays où la corruption
01:25:59est quand même là
01:25:59depuis des décennies
01:26:00et je voulais voir
01:26:01avec vous
01:26:01s'il y avait une volonté
01:26:02s'il y avait une possibilité
01:26:04de contrer ça
01:26:05de manière militaire
01:26:06ou géopolitique
01:26:06ou tout simplement
01:26:07que ce serait très très compliqué
01:26:08et donc
01:26:08qu'on allait vers un enlisement
01:26:10merci
01:26:13merci beaucoup
01:26:14merci monsieur le sénateur
01:26:15alors pour l'Iran
01:26:18pourquoi impliquer
01:26:19les pays voisins
01:26:21bien sûr pour complexifier
01:26:23l'équation
01:26:23c'est évident
01:26:24donc pour diluer
01:26:26et rendre plus
01:26:28plus difficile
01:26:29à résoudre
01:26:30le conflit
01:26:31mais aussi
01:26:32pour faire pression
01:26:33bien sûr
01:26:33pour leur dire
01:26:34regardez paradoxalement
01:26:35même si c'est présenté
01:26:37par la presse
01:26:40voire par les dirigeants
01:26:41comme des frappes massives
01:26:42etc
01:26:43non ce ne sont pas
01:26:43des frappes massives
01:26:44les frappes massives
01:26:45c'est ce qui s'est passé
01:26:46en juin 2025
01:26:47de par et d'autres
01:26:47aussi bien en Israël
01:26:48qu'en Iran
01:26:50donc c'est un moyen aussi
01:26:51de faire pression
01:26:54c'est à dire en fait
01:26:54de convaincre
01:26:56les pays touchés
01:26:58d'exercer eux-mêmes
01:26:59des pressions
01:26:59sur les Etats-Unis
01:27:00pour leur dire
01:27:01bon arrêtez les frais là
01:27:02voilà c'est ma réponse
01:27:04et l'impact de la corruption
01:27:06sur l'enlisement
01:27:07du conflit
01:27:10s'il n'y a plus de revenus
01:27:11il n'y a plus de
01:27:12enfin c'est pas
01:27:13qu'il n'y a plus de corruption
01:27:13mais c'est que vous asséchez
01:27:15quand même indirectement
01:27:16la corruption
01:27:19c'est que vous asséchez
01:27:20pardon
01:27:20la corruption
01:27:22enfin pardon
01:27:23disons
01:27:24les réseaux
01:27:24et les prébandes
01:27:26donc
01:27:28donc
01:27:28ceux qui ont bénéficié
01:27:30bien évidemment
01:27:31ont plutôt intérêt
01:27:31à ce que ça s'arrête
01:27:33ça c'est pour ceux
01:27:34qui ont bénéficié
01:27:35sans être mouillés
01:27:36jusqu'au cou
01:27:36par contre pour les autres
01:27:38c'est une question de survie
01:27:39de survie physique
01:27:40y compris
01:27:41donc ceux-là
01:27:42iront jusqu'au bout
01:27:44voilà pour cette audition
01:27:45pour plus d'informations
01:27:47sur ce que vous venez
01:27:47d'entendre
01:27:48rendez-vous sur notre site
01:27:49publicsénat.fr
01:27:51on se retrouve très vite
01:27:52pour de nouvelles auditions
01:27:53très belle journée
01:27:55sur les chaînes parlementaires
01:27:56contact station
01:27:58de survie enh45
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