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  • il y a 2 heures
Un mois après le début du conflit au Moyen-Orient, débuté par des frappes israélo-américaines sur l'Iran, Donald Trump assure ce lundi avoir obtenu "un changement de régime" en Iran et a notamment menacé d'"anéantir" l'île de Kharg, site pétrolier essentiel pour l'Iran, si les discussions avec l'Iran n'aboutissent pas "rapidement".

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00:00– Madame Givernais, est-ce qu'il faut mettre la main à la poche ou pas ?
00:02– Je crois qu'on ne va pas avoir le choix d'effectivement venir en soutien,
00:06mais par contre moi je soutiens le gouvernement qui fait attention
00:08parce que ce conflit peut s'engager dans la durée.
00:12– Donc il ne faut pas tout dépenser maintenant ?
00:14– Je crois qu'il faut vraiment être très ciblé et le gouvernement est à la manœuvre.
00:19Moi j'étais encore en entretien avec Maude Brejon la semaine dernière
00:22où elle consulte très largement, comme j'étais ancienne ministre de l'Énergie.
00:26et donc moi d'abord je déconseille vivement de toucher aux taxes
00:31et je suis très contente de M. Giverg…
00:33– Pourquoi donc ?
00:34– Parce qu'en fait d'abord, je suis pour remettre à plat toute la fiscalité de l'énergie,
00:38ça on a besoin de le faire, sauf qu'on ne le fait pas au moment d'une crise,
00:40on ne le fait pas au moment de démonstration.
00:41– Mais vous ne le faites pas quand il n'y a pas de crise, c'est le problème.
00:43– Ah oui, on l'appelle depuis des mois et des mois et il faut pouvoir le poser.
00:47– Mais attendez, en Espagne aujourd'hui, chez nos voisins espagnols,
00:51un conducteur m'expliquait que le gasoil est à 1,70€ en Espagne
00:56quand il refranchit la frontière en France, c'est à 2,10€.
00:59Comment vous expliquez ça ?
01:01C'est le même produit parce qu'ils ne sont pas producteurs de pétrole non plus les espagnols,
01:05ils sont comme nous, alors comment ça fait qu'il y a tant de différences ?
01:07– Ils font des choix différents, ils sont aussi dans des situations budgétaires qui sont différentes
01:10et donc ils le prennent également.
01:11– Meilleur, meilleur, meilleur.
01:12– Meilleur.
01:12– On est en train de payer votre mauvaise gestion budgétaire, vous et la majorité actuelle ?
01:16– Non, on est en train de payer aussi le fait qu'on a ouvert les robinets trop vite, trop
01:20trop au moment des crises.
01:21– Vous regrettez le quoi qu'il en coûte ?
01:23– Moi je crois qu'en tout cas il faut apprendre de notre expérience et là on est beaucoup plus
01:26précautionniers.
01:27– C'était une erreur le quoi qu'il en coûte ?
01:28– Non, je ne pense pas que c'était une erreur.
01:29– On devait être fourmis et on était cigales en fait.
01:30– Et en fait il faut pouvoir venir en soutien mais être beaucoup plus précautionnés
01:35et je crois que les Français ont compris aussi, l'expérience elle est globale,
01:38elle est au niveau du gouvernement, des parlementaires mais des Français également.
01:41– Vous ne croyez pas à la colère ?
01:42– Vous ne croyez pas à la colère sociale qui pourrait monter ?
01:46– Là ça commence par les opérations de cerveau ?
01:48– C'est évidemment possible, on sait que c'est quelque chose qui nous échappe
01:52parce que c'est à l'extérieur de nos frontières mais on paye aussi la solidarité à la décision française
01:57de ne pas engager dans le conflit sur le détroit d'Hormuz.
02:00À un moment donné il faut savoir ce qu'on veut, est-ce qu'on répond à l'appel de
02:03Donald Trump
02:04en disant on va libérer le détroit d'Hormuz, tout va aller mieux et on va réussir à passer cette
02:08crise énergétique
02:09ou alors on a des principes également sur la question du conflit et la position de la France
02:13mais ça, ça veut dire qu'on va en payer les conséquences et on va en payer les conséquences de
02:17manière collective.
02:18– Attendons, vous dites le gouvernement doit attendre, faire des aides ciblées,
02:22en fait il faut gagner du temps pour que la crise se termine.
02:25– Oui mais alors moi je pense d'abord que la crise va pas se terminer.
02:29– En priant que ça passe vite en fait.
02:30– Oui mais en fait elle va pas se terminer rapidement et même si elle se termine rapidement
02:33on est quand même rentré dans une autre étape de guerre commerciale
02:37parce qu'il y a ce conflit armé évidemment mais il cache en fait une guerre commerciale
02:41que mène Trump vis-à-vis de la Chine et de toute manière même si ce conflit est résolu
02:47on sait que ça va frapper ailleurs parce qu'il a très bien compris que l'énergie est une ressource
02:51stratégique mondiale
02:52– Et est-ce que ceux qu'on n'oublie pas une nouvelle fois,
02:54pour lesquels on doit pouvoir être indépendants ?
02:56– Ce sont finalement les classes moyennes qui vont payer à nouveau.
02:57Jean-Ban Bardella disait ce matin effectivement que la politique d'échec
03:00ça laissait des millions de français des classes moyennes oubliées.
03:03– On voit bien tous les profiteurs de crise dont les populistes qui en profitent évidemment
03:08pour pointer tous ceux qui vont avoir des difficultés.
03:10– Ils font de la politique comme vous.
03:11– On fait tous de la politique, on est d'accord, mais le besoin de venir en soutien
03:15c'est pour ça qu'il va y avoir besoin de venir en soutien très ciblé.
03:18Mais il y a quand même un plan d'électrification à long terme,
03:21il y a une programmation pluriannuelle de l'énergie,
03:23la France n'a pas rien fait, vous me taxiez sur la question de la gestion du budget,
03:28ça fait quand même des années que l'on dit qu'il faut électrifier
03:31et je sais que le secteur des transports est allant également là-dessus.
03:35Quand vous allez interroger tous ceux qui ont fait déjà ces investissements,
03:38quand ils ont déjà fait ces investissements sur notamment des camions ou des cars électriques,
03:43bon ben eux, personne ne dise rien, il y en a quelques-uns
03:46et en fait ils ont fait leurs chiffres parce qu'on sait que les transporteurs,
03:49ils sont au centime près.
03:50Et quand ils sont au centime près, quand ils font leurs calculs,
03:53au niveau de l'électrification, on voit bien qu'en 3 à 5 ans,
03:56on a amorti son camion et qu'on est beaucoup moins dépendants du budget.
03:59On va continuer d'en discuter avec vous, Alexis Giberg,
04:01mais je voudrais qu'on aille voir Laurie Decret.
04:04Laurie Decret est infirmière libérale, elle travaille dans les Pyrénées-Atlantiques.
04:08Bonsoir Laurie Decret, merci d'être en direct avec nous.
04:11Bonsoir.
04:12Comment est-ce que votre travail est impacté par la crise des carburants alors ?
04:17Oui. Alors en fait, à l'heure actuelle, nous en milieu rural,
04:21il est vrai qu'on fait beaucoup de kilomètres,
04:23on va jusqu'à 250 kilomètres par jour pour voir nos patients.
04:27Entre deux maisons, il peut se passer une vingtaine de kilomètres.
04:30Aujourd'hui, on ne peut pas répercuter cette hausse sur nos patients
04:36puisqu'on est dans des secteurs conventionnés par la sécurité sociale.
04:38Donc c'est notre trésorerie personnelle, finalement, qui est très impactée.
04:44Ça représente un surcoût de combien pour vous ?
04:49À l'heure actuelle, on est à 150 euros de surcoût par rapport au mois précédent.
04:55Quand vous entendez les responsables politiques,
04:57ceux qui sont aux manettes, dire qu'on n'a plus les moyens de faire des chèques importants,
05:01des remises, de baisser la TVA, comment vous réagissez ?
05:06On ne se sent pas soutenu dans notre profession.
05:08On a su montrer qu'on pouvait être présent en cas de crise,
05:14à maintes reprises, et aujourd'hui, on ne se sent pas soutenu.
05:17Et le problème, c'est que beaucoup de cabinets vont fermer,
05:21mais c'est surtout le patient qui empathie
05:23parce qu'on va se voir refuser des soins.
05:25On va devoir réfléchir en termes de rentabilité,
05:28ce qui n'est pas du tout l'argument de notre profession en libéral.
05:34On réfléchit aux besoins du patient.
05:36On a développé du maintien à domicile depuis quelques années.
05:40On a promis le maintien à domicile.
05:42Et aujourd'hui, on ne nous met pas les moyens, finalement,
05:45pour maintenir ces matières à domicile.
05:48Mais, Laurie Decré, j'ai entendu certaines de vos collègues dire
05:50« Finalement, on va prioriser les patients ».
05:53C'est-à-dire qu'on va voir ceux qui sont atteints de pathologies graves
05:57en priorité, et puis les autres, on reporte au lendemain
06:01pour faire le moins de trajets possibles.
06:02Est-ce que c'est ce que vous pourrez mettre en place, vous aussi ?
06:06Exactement.
06:07Ah oui, et on se voit même refuser des patients
06:10parce qu'ils habitent trop loin
06:11et qu'en fait, on dépenserait plus d'argent en carburant
06:16que ce que nous paierait la sécurité sociale en termes de soins.
06:21Gaëtan Mélin ?
06:22On a vu un certain nombre de professions, notamment libérales,
06:25comme cette personne, qui, après la crise de 2022 et 2023,
06:30ont choisi le véhicule électrique, justement,
06:33pour faire face à cette différence,
06:36et pour ne plus être dépendant des variations de carburant.
06:41Est-ce que c'est un choix que vous pourriez faire ?
06:44Pas du tout.
06:46Je pense qu'au niveau de l'électrique,
06:48on est sur...
06:49Alors, déjà, il y a une question d'autonomie de la voiture,
06:53que nous, on fait beaucoup de kilomètres,
06:54puis après, on a quand même notre vie aussi personnelle,
06:58et que si on a des déplacements à faire
06:59entre deux tournées personnellement,
07:02on n'aurait pas assez de batterie, en fait, tout simplement.
07:05Donc, il y a d'accord le côté professionnel,
07:08mais on a aussi un côté personnel à gérer.
07:10Olga Givernet, réponse ?
07:11Écoutez-moi, est-ce que j'ai envie de répondre à Laurie ?
07:13Et moi, j'ai un véhicule électrique, c'est un i2008,
07:15qui reste à la maison quand je suis ici, à Paris.
07:18Vous faites combien de kilomètres par an ?
07:20Je suis à 25 000 kilomètres par an.
07:22Et vous êtes à combien, Laurie ?
07:2445 000.
07:25Oui, oui.
07:26Et donc, de mettre...
07:27Bien sûr, non, mais évidemment, moi, je ne roule pas tous les jours,
07:30parce qu'il y a des jours où je suis à Paris.
07:32Mais on est plusieurs, quand même, à avoir des véhicules électriques,
07:35il y a des possibilités de prêts et de partage de voitures.
07:37Moi, ça me donnera envie de me dire que les jours où je n'ai pas...
07:41Donc, l'infirmière, elle peut avoir des urgences, c'est plus aléatoire.
07:45Bien sûr, non, mais évidemment.
07:47Et puis là, c'est à la journée où ça peut être à plusieurs jours.
07:50Mais je crois qu'on est quand même aussi dans la volonté
07:52que les véhicules de particuliers soient mis en partage.
07:55Il y a des plateformes qui permettent de le faire.
07:57Il y a la possibilité également...
07:58Le leasing social.
07:59Le leasing social, il faut...
08:01Allez-y, je vous voyais réagir.
08:04Elle va d'être convaincue.
08:06Allez-y, madame Decret.
08:06Non, non, mais il faut qu'on trouve des solutions ensemble.
08:08Allez-y, madame Decret.
08:10Je ne suis pas du tout convaincue, puisque...
08:12Enfin, nous, on est quand même dans un milieu rural.
08:15On n'est pas sur le grand de ville.
08:16Le leasing social, c'est pour le milieu rural.
08:18Oui, non, mais il faut l'électrification.
08:19Qu'elle se développe.
08:21Il faut trouver des bornes.
08:22Non, non, non, non, il faut arrêter, là.
08:23Enfin, il faut arrêter.
08:24Attendez, attendez, attendez.
08:25J'ai 400 kilomètres d'autonomie sur ma voiture pour la journée.
08:28Je fais toute ma circonscription, plus le département également.
08:31Dans l'un, vous êtes dans l'un.
08:32Dans l'un.
08:33Il va falloir quand même arrêter ces choses sur l'autonomie.
08:36Il y a sur les nouveaux véhicules, sur les véhicules en...
08:39Combien vous a coûté votre véhicule ?
08:40On peut les mettre en...
08:42Combien vous a coûté votre véhicule ?
08:44Mon véhicule, il a coûté 40 000 euros.
08:48C'est le choix du modèle que j'ai fait.
08:49C'est une Peugeot.
08:51Maintenant, il y a des...
08:52Le leasing social.
08:53Il y a du leasing social qui représente combien par mois ?
08:55C'est quoi ? 250 ?
08:57Entre 50 euros pour les ménages les plus modestes.
09:00Oui, des petits modèles.
09:01Jusqu'à 150 euros, ça dépend des revenus.
09:04Encore une fois, pardonnez-moi.
09:05Mais la cible, ce sont les ménages moyens.
09:08Ce sont les professions libérales.
09:10Ça a été vraiment ciblé pour elles.
09:12Et aujourd'hui, encore une fois, on a plusieurs exemples d'infirmières libérales
09:17qui font aujourd'hui leur tournée grâce aux véhicules électriques
09:20et qui, aujourd'hui, ne sont pas concernées par cette variation.
09:23Allez, Laurie, il faut vous y mettre.
09:24La question, c'est combien de kilomètres on prend par jour.
09:28Et Laurie, je ne sais pas quel est le nombre de kilomètres.
09:30Elle a dit 40 000.
09:32Non, mais à la journée.
09:33250, elle a dit.
09:34250, ça tient 300, ça tient 300 en montagne et avec de la neige.
09:39Et même l'hiver, même l'hiver.
09:40Et l'hiver, évidemment.
09:41Alors, juste, Laurie De Cré, pardon, puisqu'on a les représentants routiers.
09:44Et l'électrique pour les camions, c'est pour quand, alors ?
09:47Le plus tôt possible, le plus vite possible.
09:49Mais là encore, c'est une question d'argent, de financement.
09:52Et finalement, vous voyez, aujourd'hui, on est en train de réfléchir à ces pistes prospectives.
09:57Certes, très importantes, évidemment.
09:59Ça permet de décarboner.
10:00Mais nous, notre sujet aujourd'hui est un sujet d'urgence, d'urgence vitale.
10:05Ces sommes-là d'argent dont vous parliez en 2022 étaient assorties, d'une part, à des aides directes.
10:11C'est ce que nous demandons aujourd'hui, les fameux 400 millions d'euros.
10:13Et d'autre part, à des aides à la pompe, qui, elles, ont coûté 8 milliards.
10:18Aujourd'hui, ce n'est pas ce que nous demandons le plus rapidement.
10:20Ce que nous demandons le plus rapidement, c'est des aides directes.
10:23Et puis ensuite, de réfléchir à tout le reste.
10:25C'est-à-dire comment électrifier.
10:27Mais dans ce cas-là, comment faire financer ça par nos clients, par les donneurs d'or, par les parties
10:31prenantes ?
10:32Comment aussi trouver des manières de faire payer plus vite, mieux ?
10:35Comment mieux répercuter, finalement, ces hausses qui risquent de continuer ?
10:39Car la situation aujourd'hui que nous vivons va peut-être durer sur une période très longue.
10:44Donc, on a besoin d'aller vite.
10:45Et on a aussi besoin de regarder ce qui se passe à côté, chez nos voisins, en Europe.
10:49Parce qu'en Italie, en Espagne, ils n'ont pas attendu.
10:53Et donc, qu'est-ce que ça génère ?
10:55Ça génère aussi une grande difficulté sur le plan social.
10:58Pourquoi nos voisins peuvent le faire et pas chez nous ?
11:01On n'est plus compétitifs, tout d'un coup.
11:03Juste parce que d'autres ont baissé le coût du carburant tout de suite.
11:05Mais le problème, c'est qu'en fait, les aides qu'on met aujourd'hui, c'est à perte.
11:10Puisqu'en fait, on vient financer les producteurs.
11:12On vient financer les...
11:13Non, on finance juste les pertes sèches.
11:15C'est tout.
11:18Il faudra bien rembourser ces aides, encore une fois.
11:21C'est que chaque aide distribuée, il y a un moment.
11:26Si on les avait mis en investissement pour l'électrification,
11:29bon ben voilà, ce serait une coche.
11:31On n'est pas les assez bides.
11:32On n'a pas pris.
11:34Mais bien évidemment, on a eu cet exemple de 2022-2023.
11:37Il aurait fallu accélérer.
11:38Oui, merci à tous.
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