00:00L'édito de Bruno Jeudy. Aujourd'hui, bonjour Bruno, c'est dimanche.
00:04On a lu dans votre tribune dimanche une tribune de l'AFEP,
00:08signée par les 117 plus grandes entreprises françaises appelant à un sursaut national.
00:12En gros, une interpellation du gouvernement sur des thèmes allant de la fiscalité aux retraites
00:16ou encore l'apprentissage. Que cherchent les patrons concrètement Bruno ?
00:20Sandra, c'est simple, à peser sur les choix politiques, à dénoncer ceux du gouvernement,
00:25mais bien plus encore, je dirais qu'ils n'ont plus confiance,
00:28ni dans les politiques qui sont en place, ni dans ceux qui arrivent.
00:32L'AFEP, vous savez, c'est une association de grandes entreprises françaises,
00:35plutôt discrète, c'est plutôt le genre lobby qui agit en coulisses.
00:39Et là, ils signent une tribune, c'est inédit, et 117, ce n'est pas rien.
00:44Ça montre, surtout quand on voit les noms, qu'il y a du lourd.
00:47Ça montre aussi combien le fossé s'est creusé avec Emmanuel Macron,
00:50qui était quand même au départ le président de la République,
00:53le plus pro-business de la Ve République.
00:55La césure, c'est en 2024, c'est la dissolution.
00:58La compréhension est totale entre le monde économique et le monde politique.
01:02Plusieurs patrons, d'ailleurs, vont mener la charge, Bernard Arnault en tête.
01:06Depuis, il se succède dans les médias.
01:08On entend Patrick Puyanné un jour, Florent Ménégaux,
01:11jusqu'à Michel-Édouard Leclerc,
01:13qui lui souffle chaud sur une éventuelle candidature à l'Élysée.
01:16Vous y croyez, un patron candidat à l'élection présidentielle 2027 ?
01:21Écoutez, c'est vrai que cette trajectoire en France n'est pas compatible avec les affaires.
01:26La Ve République, c'est quelque chose de très particulier.
01:29Ça exige beaucoup de sacrifices financiers.
01:32Pourquoi ? Parce qu'il faut d'abord mettre son patrimoine sur la table.
01:36Et vous savez, les Français n'ont pas beaucoup de bienveillance avec les riches.
01:38On ne changera pas la France de ce point de vue.
01:41Mais un récent sondage publié dans la Tribune dimanche
01:43montrait quand même que 6 Français sur 10, 58% exactement,
01:47verraient d'un bon oeil un patron à l'Élysée.
01:50De quoi donner des idées à certains.
01:53Et je suis sûr que vous avez dû regarder ça de près.
01:56Pour l'instant, il n'y a aucun acte de candidature.
01:58Il faut être clair.
01:58Mais certains sont déjà en piste, par exemple, au municipal.
02:01C'est vrai.
02:01Jean-Michel Aulas, grande figure patronale lyonnaise,
02:04a des réelles chances de victoire.
02:05Il y a aussi l'ancien journaliste devenu homme d'entreprise,
02:08Olivier Egalzy, qui est bien placé à Avignon.
02:10Et puis, il y a d'autres candidats d'hiver droite, à Blois, à Cambrou-les-Bains.
02:14C'est le patron de la laiterie à Gours.
02:16Je vous épargne le nom, c'est Peyo Echelou,
02:19qui est en liste avec des chances de victoire.
02:22La preuve que, localement, les patrons s'engagent et veulent se faire entendre.
02:26Récemment, c'est Patrick Martin, le président du MEDEF,
02:29qui exhortait les patrons à s'exprimer et qui disait
02:32« Les municipales, c'est une élection économique ».
02:34Plus largement, le PDG de Total et Énergie,
02:38récemment, a dit qu'il fallait discuter avec les extrêmes.
02:40Alors là, il va beaucoup plus loin,
02:42y compris Jean-Luc Mélenchon et Jordan Bardella.
02:45Il leur demande de faire de la pédagogie,
02:47parce que ça n'a pas été fait.
02:48Et c'est peut-être ça, l'erreur initiale des patrons.
02:50C'est de, finalement, avoir laissé les politiques parler de l'économie.
02:54Et eux, ils n'en parlent pas assez.
02:55Et c'est peut-être en ça qu'ils sont en train de corriger le tir.
02:58Peut-être qu'il n'y aura pas de patron à l'Elysée.
02:59Mais les patrons, eux, feront campagne
03:01pendant la prochaine élection présidentielle.
03:03La pédagogie est nécessaire, c'est clair.
03:05Merci beaucoup, Bruno Jeudy,
03:06d'avoir été avec nous ce matin dans l'édito politique.
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