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  • il y a 3 mois
Une heure d’entretien incontournable en partenariat avec CNEWS et Les Echos. Une personnalité politique, un dirigeant économique ou un intellectuel revient sur les grands thèmes de l'actualité et répond aux questions sans détour de Pierre de Vilno pour apporter des réponses concrètes aux Français.

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Transcription
00:00La question qui se pose ce matin, c'est quelle solution d'avenir pour les Iraniens ?
00:04On a beaucoup vu le fils du chat d'Iran dans des mises en scène assez spectaculaires parfois.
00:11Et d'un autre côté, est-ce que, et c'est ce qu'on disait juste avant la pause publicitaire,
00:17c'est pas parce que les États-Unis frappent que le régime change tout d'un coup.
00:20On l'a vu d'ailleurs au Vietnam, en Afghanistan, on l'a vu en Irak, récemment encore au Venezuela.
00:25Les choses ne sont pas radicalement différentes.
00:28Je ne dis pas que ça n'a pas changé, mais elles ne sont pas radicales.
00:31Alors, quelle solution maintenant pour les Iraniens, qui encore une fois étaient les premiers,
00:35la jeunesse iranienne était la première à espérer des frappes américaines qui étaient positionnées en mer d'Arabie
00:42et qui disaient nous préférons mourir sous des bombes américaines que sous le régime des Mola.
00:47Et en plus, même si ça change, on ne sait pas vers quoi ça va,
00:51puisqu'on a le souvenir cuisant de l'Irak, de Saddam Hussein, qui a donné Daesh, de la Libye, de
01:00Kadhafi.
01:01Et là, en plus, on a 400 kilos d'uranium qui se promènent dans la nature.
01:07Les fameux dénégociations prévues en disant, voilà, vous ne changez...
01:11Les Iraniens avaient dit aux Américains, on ne change pas le régime,
01:14par contre, on s'engage sur les 400 kilos d'uranium en régime.
01:19Voilà, mais si plus le régime serait affaibli, plus on ne saurait pas où c'est.
01:23Et qui plus est, vous avez...
01:24L'Iran est un empire, que ce soit celui du Shah ou celui des Mola,
01:30dans lequel vous avez une quasi-majorité de persans, persanophones de langue maternelle.
01:36à quoi s'ajoutent des Balouches, des Arabes, des Azéries, des Kurdes.
01:44C'est une mosaïque très difficile à mettre d'abord.
01:46Et donc, la perspective que le régime autoritaire s'effondre
01:50pourrait avoir pour effet, et c'est du reste la crainte d'un grand nombre de pays de la région,
01:55des forces centrifuges qui, à partir de ce moment-là, se feraient la guerre les uns aux autres,
01:59qui déborderait sur le Golfe, etc.
02:01Mais avec une possibilité de partition ethnique ?
02:03Ça fait partie des choses qui se passent.
02:07Netanyahou, l'autre jour, quand il a salué le peuple iranien,
02:11a salué l'Iran avec toutes ses populations,
02:14et il a fait la liste des composantes.
02:16Donc ça, ça a dû faire un peu peur à un certain nombre de personnes.
02:20On l'a vu dans les manifestations à Paris, d'ailleurs,
02:23parfois en soutien à l'Iran,
02:27vous aviez parfois des Kurdes qui venaient avec leur drapeau.
02:30Et les Iraniens persans disaient « Non, non, non, va te tendre là,
02:33parce qu'il ne faut pas donner le sentiment qu'on se... »
02:36Donc, c'est l'une des inquiétudes, c'est la dimension centrifuge.
02:40L'autre, c'est... Alors, l'un des scénarios envisagés,
02:44mais qui semble mal se goupiller avec la situation actuelle,
02:48c'était qu'au fond, on se débarrasse des curés,
02:51comme on appelle les mots-là chez les Iraniens francophones.
02:54Juste, j'ai le qu'appelle, pendant que vous continuez votre explication,
02:56je dis aux téléspectateurs de CNews qu'ils découvrent en direct
02:59les images ce matin de Tel Aviv,
03:01ce sont les frappes iraniennes à Tel Aviv ce matin. Pardonnez-moi.
03:04Effectivement, oui, c'est impressionnant.
03:06Et donc, le problème, c'est que faire une alliance aujourd'hui
03:12avec, disons, des passe-d'arand qui finalement deviendrait
03:17une sorte de régime militaire peu démocratique,
03:21mais moins religieux, ça semble être d'autant plus difficile
03:25que les passe-d'arand sont aujourd'hui au front et...
03:29Ce serait quoi l'alternative, alors, au régime actuel ?
03:32Mais pour l'instant, on n'en voit pas.
03:35Et visiblement, c'est l'état de l'affrontement
03:39qui est aujourd'hui la surenchère qui l'emporte.
03:42C'est-à-dire que, hier, après, quand même des frappes très spectaculaires...
03:46On le voit encore ce matin, et je dis aux auditeurs d'Europe 1
03:49qui n'ont pas l'image de CNews, on voit cet immeuble entièrement dévasté,
03:55détruit par ces frappes iraniennes ce matin.
03:57On ne sait pas encore si c'est un immeuble d'habitation ou des bureaux,
04:00mais en tout cas, il ne reste absolument plus rien,
04:02juste des gravats et bien sûr les forces d'intervention autour de...
04:06Et en Iran, c'est pareil, parce que les Israéliens ont réussi
04:11à liquider Khamenei, probablement dans les minutes.
04:15Et le fils du chat, qu'on a vu ressurgir alors qu'il avait disparu
04:18pendant des années, c'est une solution crédible ou c'est une constitution ?
04:22C'est une figure qui est importante dans l'immigration.
04:26Je l'avais reçu il y a une dizaine d'années ou un peu plus à Sciences Po,
04:29d'ailleurs, il parle parfaitement français.
04:32Mais pour l'instant, il n'a pas encore fait les preuves qu'il est perçu
04:38par les populations iraniennes comme leur leader naturel.
04:42Et donc, je crois qu'on est plutôt aujourd'hui, après ces frappes d'hier,
04:46qui ont dit un point, si vous voulez, pour les Américains et les Israéliens,
04:50aujourd'hui, les Iraniens essayent de faire le maximum,
04:54c'est-à-dire de taper sur les Émirats, sur Qatar, etc.
04:58Mais c'est quelque chose, ça fait des choses aussi très spectaculaires,
05:02moins que ce qu'on voit à l'écran, mais ce qui est frappant,
05:04c'est que vous alliez à Qatar ou aux Émirats ou à Dubaï
05:08parce que c'était la sécurité absolue, vous pouviez en plus ne pas payer d'impôts,
05:13il faisait soleil, etc.
05:15Là, l'image est en train de se transformer
05:17et les problèmes sécuritaires des pays du Golfe
05:20vont prendre désormais une ampleur considérable.
05:23Donc, aujourd'hui, c'est le jour où les Iraniens s'efforcent de taper plus fort.
05:29Et les Israéliens, et Trump également, ont annoncé,
05:32si vous croyez qu'on va se laisser faire,
05:34et effectivement, l'armada, la capacité offensive des États-Unis et d'Israël
05:40est très largement supérieure.
05:42Mais ça veut dire de passer à un stade au-dessus
05:46qui va de plus en plus vite pour, d'une certaine manière,
05:50incapaciter les possibilités de frappe iranienne sur les pays du Golfe
05:55qui commencent à s'inquiéter énormément.
05:58Ce sont des pays qui sont très fragiles en termes sécuritaires,
06:02sur lesquels qui vivent sur des réservoirs de pétrole
06:04et sur des réservoirs d'argent.
06:06L'un des éléments, c'est de se dire que l'Iran a absolument besoin
06:11de Dubaï et des autres pays,
06:13parce que c'est là qu'il se fait une grande partie
06:16de leurs relations économiques avec le reste de la planète,
06:19de manière plus ou moins visible.
06:21Mais il me semble qu'aujourd'hui,
06:24le sentiment de deuil, de vengeance, etc.,
06:27est tel dans l'establishment politique et militaire iranien
06:31qu'ils sont même prêts à faire l'impasse là-dessus.
06:33En tout cas, je signale qu'il y aura une marche des Iraniens
06:35aujourd'hui à Paris de 15h à 19h,
06:40départ place de la Bastille jusqu'à la place des Pyramides.
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