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  • il y a 8 heures
Une heure d’entretien incontournable en partenariat avec CNEWS et Les Echos. Une personnalité politique, un dirigeant économique ou un intellectuel revient sur les grands thèmes de l'actualité et répond aux questions sans détour de Pierre de Vilno pour apporter des réponses concrètes aux Français.

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Transcription
00:00Une question, puisque vous parlez de défense, quelle est la plus grande menace ?
00:02Le désengagement américain ou la menace russe ?
00:06Les deux sont un peu liés.
00:08Je pense qu'il y a une problématique russe.
00:11Il ne faut jamais oublier que plus tard, la Russie sera toujours là et qu'il faudra lui parler.
00:14Mais on lui parlera d'autant plus qu'on sera fort.
00:17La Russie est dans une logique prédatrice et les prédateurs respectent les forts.
00:20Je pense qu'il y a une menace dont on ne parle pas assez, qui est la menace algérienne,
00:23qui est un énorme sujet au sein des services de renseignement et au sein des armées.
00:28L'Algérie, aujourd'hui, c'est le pays qui est le plus lancé dans des œuvres de déstabilisation en France
00:34par ses influenceurs, par ses réseaux diplomatiques.
00:39Et puis, il faut faire attention, dans le cadre de l'actualité, au réseau des gardiens de la révolution iranien.
00:45Si jamais il devait y avoir une guerre au Moyen-Orient,
00:48il est tout à fait possible que nous en subissions quelques effets néfastes sur notre territoire en Europe.
00:53Et de ce point de vue, lorsqu'on parle des menaces existentielles,
00:55probablement que l'action islamiste n'est-elle pas la première ?
00:58D'autant qu'elle est déjà présente sur le territoire.
01:00Non, mais ça, vous avez tout à fait raison.
01:01C'est-à-dire qu'on peut spéculer sur la Russie, le Groenland, tout ça est fondamental, tout ça est important,
01:06mais l'autre menace, elle est déjà présente.
01:08Non, mais la vraie menace vitale, aujourd'hui, pour la France, c'est la menace islamiste.
01:12Et s'il devait y avoir une complication des relations internationales avec des tensions de plus en plus élevées,
01:20il est absolument certain que nos compétiteurs, comme on dit dans la novlangue militaire, donc nos ennemis,
01:26utiliseraient ces failles et ces faiblesses françaises et manipuleraient les masses islamistes qui, en France, sont dans cette logique de déstabilisation.
01:36Mais encore une fois, attention à l'Algérie, parce que l'Algérie, c'est lié à l'islamisme.
01:39Alors, l'Algérie et puis aussi la Syrie, vous avez récemment tweeté le risque de retour en France de djihadistes,
01:44risque très élevé, mettez-vous, je vous cite, et on ne parle pas de trois égarés, ça veut dire quoi ?
01:49Ça veut dire que depuis que les forces gouvernementales syriennes, qui sont maintenant aux ordres de l'ancien patron d'Al-Qaïda sur zone,
01:58pendant dix ans, qui a changé de nom, mais dont on n'est pas complètement certain qu'il ait changé profondément d'idéologie,
02:04depuis qu'elles sont allées faire la guerre au nord de la Syrie pour reprendre des territoires aux Kurdes,
02:10eh bien, il y a des camps qui étaient gardés par les Kurdes, dans lesquels il y avait des djihadistes occidentaux, pas seulement français,
02:16qu'il y a un premier camp qui est tombé, et que d'ores et déjà, il y a un certain nombre de djihadistes, dont des français,
02:22mais on parle du danger des français, mais il y a aussi tous les francophones, les belges, les djihadistes du Maghreb,
02:28tout ça, c'est des gens qui ressemblent à 50% de la population française.
02:30Et ça, c'est une force de réserve, une menace, aujourd'hui, sur l'Europe ?
02:34Ah ben, c'est une énorme menace sur l'Europe, parce que c'est des gens dont rien n'indique qu'ils se soient déradicalisés, bien au contraire.
02:40Je pense que les années qu'ils ont passées dans des conditions difficiles, dans les camps gardés par les Kurdes,
02:47ont contribué à renforcer leur animosité.
02:51On m'a dit, moi, il y a des gens de renseignement qui m'ont dit qu'il y avait quand même eu la trace d'un certain nombre d'entre eux
02:56qui étaient d'ores et déjà perdus.
02:57Mais l'animosité, ça veut dire la préparation d'attentats ?
03:00Ah oui, l'animosité, ça veut dire l'envie de se venger et de venir continuer le travail qui a été interrompt.
03:03Donc de nouveaux Bataclan, potentiellement ?
03:06Ah, je pense que nous risquons d'avoir, de part ces forces-là, des gens qui sont aguerris au combat,
03:11qui savent s'organiser, qui ont des connaissances en matière de logistique, de communication,
03:17qui peuvent avoir, auprès d'une partie de la jeunesse française, un regard, un œil bienveillant, voire attractif.
03:24Oui, bien sûr qu'il y a un risque. Il y a un risque élevé.
03:26Alors, pardonnez cette question sémantique, mais vous avez utilisé la formule des jihadistes français.
03:30Est-ce que ce terme-là ne montre pas que le mot français aujourd'hui a presque une double signification
03:36une nationalité administrative et juridique, mais celui qui prend les armes contre son pays
03:39au nom d'une idéologie étrangère, qui cherche à tuer ses compatriotes ?
03:43Est-ce qu'il est encore français ou est-ce simplement un traître ?
03:45Vous l'avez-vous même déjà été ?
03:47Non, mais c'est un traître. Bien sûr que c'est un traître.
03:50Mais surtout, on devrait pouvoir le traiter par un article du Code pénal qui n'est jamais utilisé
03:53et qui est l'intelligence avec une puissance étrangère,
03:56puisque dans le texte, la puissance est analysée comme soit un État, soit une organisation internationale.
04:01Et je pense, moi, qu'un certain nombre de gens, et notamment leurs complices sur le territoire français,
04:06quelle que soit leur nationalité, devraient pouvoir être judiciarisés par cette peine,
04:10par ce crime, c'est un crime, avec une peine de mémoire de 30 ans de réclusion criminelle.
04:14Je ne sais plus si c'est 30 ans ou perpétuité.
04:16En tout cas, c'est un des crimes les plus réprimés.
04:20Et on ne devrait pas se priver de cet outil.
04:23J'ajoute, parce que c'est important, que quand on parle de djihadistes français,
04:26moi, je parle de francophones, parce que ce sont des gens
04:29qui ressemblent à une partie importante de notre population,
04:33qui parlent français et qui peuvent se fondre en France et en Europe
04:35dans des populations...
04:36Oui, mais la Belgique...
04:37Une dernière pause...
04:38La Belgique est perdue, si c'était ça la question.
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