00:00Une question, puisque vous parlez de défense, quelle est la plus grande menace ?
00:02Le désengagement américain ou la menace russe ?
00:06Les deux sont un peu liés.
00:08Je pense qu'il y a une problématique russe.
00:11Il ne faut jamais oublier que plus tard, la Russie sera toujours là et qu'il faudra lui parler.
00:14Mais on lui parlera d'autant plus qu'on sera fort.
00:17La Russie est dans une logique prédatrice et les prédateurs respectent les forts.
00:20Je pense qu'il y a une menace dont on ne parle pas assez, qui est la menace algérienne,
00:23qui est un énorme sujet au sein des services de renseignement et au sein des armées.
00:28L'Algérie, aujourd'hui, c'est le pays qui est le plus lancé dans des œuvres de déstabilisation en France
00:34par ses influenceurs, par ses réseaux diplomatiques.
00:39Et puis, il faut faire attention, dans le cadre de l'actualité, au réseau des gardiens de la révolution iranien.
00:45Si jamais il devait y avoir une guerre au Moyen-Orient,
00:48il est tout à fait possible que nous en subissions quelques effets néfastes sur notre territoire en Europe.
00:53Et de ce point de vue, lorsqu'on parle des menaces existentielles,
00:55probablement que l'action islamiste n'est-elle pas la première ?
00:58D'autant qu'elle est déjà présente sur le territoire.
01:00Non, mais ça, vous avez tout à fait raison.
01:01C'est-à-dire qu'on peut spéculer sur la Russie, le Groenland, tout ça est fondamental, tout ça est important,
01:06mais l'autre menace, elle est déjà présente.
01:08Non, mais la vraie menace vitale, aujourd'hui, pour la France, c'est la menace islamiste.
01:12Et s'il devait y avoir une complication des relations internationales avec des tensions de plus en plus élevées,
01:20il est absolument certain que nos compétiteurs, comme on dit dans la novlangue militaire, donc nos ennemis,
01:26utiliseraient ces failles et ces faiblesses françaises et manipuleraient les masses islamistes qui, en France, sont dans cette logique de déstabilisation.
01:36Mais encore une fois, attention à l'Algérie, parce que l'Algérie, c'est lié à l'islamisme.
01:39Alors, l'Algérie et puis aussi la Syrie, vous avez récemment tweeté le risque de retour en France de djihadistes,
01:44risque très élevé, mettez-vous, je vous cite, et on ne parle pas de trois égarés, ça veut dire quoi ?
01:49Ça veut dire que depuis que les forces gouvernementales syriennes, qui sont maintenant aux ordres de l'ancien patron d'Al-Qaïda sur zone,
01:58pendant dix ans, qui a changé de nom, mais dont on n'est pas complètement certain qu'il ait changé profondément d'idéologie,
02:04depuis qu'elles sont allées faire la guerre au nord de la Syrie pour reprendre des territoires aux Kurdes,
02:10eh bien, il y a des camps qui étaient gardés par les Kurdes, dans lesquels il y avait des djihadistes occidentaux, pas seulement français,
02:16qu'il y a un premier camp qui est tombé, et que d'ores et déjà, il y a un certain nombre de djihadistes, dont des français,
02:22mais on parle du danger des français, mais il y a aussi tous les francophones, les belges, les djihadistes du Maghreb,
02:28tout ça, c'est des gens qui ressemblent à 50% de la population française.
02:30Et ça, c'est une force de réserve, une menace, aujourd'hui, sur l'Europe ?
02:34Ah ben, c'est une énorme menace sur l'Europe, parce que c'est des gens dont rien n'indique qu'ils se soient déradicalisés, bien au contraire.
02:40Je pense que les années qu'ils ont passées dans des conditions difficiles, dans les camps gardés par les Kurdes,
02:47ont contribué à renforcer leur animosité.
02:51On m'a dit, moi, il y a des gens de renseignement qui m'ont dit qu'il y avait quand même eu la trace d'un certain nombre d'entre eux
02:56qui étaient d'ores et déjà perdus.
02:57Mais l'animosité, ça veut dire la préparation d'attentats ?
03:00Ah oui, l'animosité, ça veut dire l'envie de se venger et de venir continuer le travail qui a été interrompt.
03:03Donc de nouveaux Bataclan, potentiellement ?
03:06Ah, je pense que nous risquons d'avoir, de part ces forces-là, des gens qui sont aguerris au combat,
03:11qui savent s'organiser, qui ont des connaissances en matière de logistique, de communication,
03:17qui peuvent avoir, auprès d'une partie de la jeunesse française, un regard, un œil bienveillant, voire attractif.
03:24Oui, bien sûr qu'il y a un risque. Il y a un risque élevé.
03:26Alors, pardonnez cette question sémantique, mais vous avez utilisé la formule des jihadistes français.
03:30Est-ce que ce terme-là ne montre pas que le mot français aujourd'hui a presque une double signification
03:36une nationalité administrative et juridique, mais celui qui prend les armes contre son pays
03:39au nom d'une idéologie étrangère, qui cherche à tuer ses compatriotes ?
03:43Est-ce qu'il est encore français ou est-ce simplement un traître ?
03:45Vous l'avez-vous même déjà été ?
03:47Non, mais c'est un traître. Bien sûr que c'est un traître.
03:50Mais surtout, on devrait pouvoir le traiter par un article du Code pénal qui n'est jamais utilisé
03:53et qui est l'intelligence avec une puissance étrangère,
03:56puisque dans le texte, la puissance est analysée comme soit un État, soit une organisation internationale.
04:01Et je pense, moi, qu'un certain nombre de gens, et notamment leurs complices sur le territoire français,
04:06quelle que soit leur nationalité, devraient pouvoir être judiciarisés par cette peine,
04:10par ce crime, c'est un crime, avec une peine de mémoire de 30 ans de réclusion criminelle.
04:14Je ne sais plus si c'est 30 ans ou perpétuité.
04:16En tout cas, c'est un des crimes les plus réprimés.
04:20Et on ne devrait pas se priver de cet outil.
04:23J'ajoute, parce que c'est important, que quand on parle de djihadistes français,
04:26moi, je parle de francophones, parce que ce sont des gens
04:29qui ressemblent à une partie importante de notre population,
04:33qui parlent français et qui peuvent se fondre en France et en Europe
04:35dans des populations...
04:36Oui, mais la Belgique...
04:37Une dernière pause...
04:38La Belgique est perdue, si c'était ça la question.
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