00:01– Bonjour Vincent Hervouet. – Bonjour Jacques, bonjour à tous.
00:04– Alors l'événement de la nuit, c'est le discours sur l'état de l'Union
00:07que fait chaque année le président des États-Unis devant le Congrès.
00:11À chaque fois que Donald Trump prend la parole, il crée le suspense.
00:14– Oui, alors tous les responsables du Moyen-Orient ont veillé cette nuit
00:19et ont le guetté évidemment sur l'Iran.
00:21Suspense à son comble et enjeu maximum.
00:24Il a déclaré la guerre, mais à la fraude sociale,
00:27chargeant Gillyvance de la menée à huit mois des élections demi-mandat
00:32qui risquent de lui couper les ailes.
00:34Ce discours était un meeting de campagne avec un bilan forcément flatteur
00:39sur l'économie florissante, le redressement qu'il qualifie d'historique,
00:44la lutte contre l'immigration.
00:45Il a retenu ses attaques brutales contre ceux qui s'émaient en travers de sa route,
00:48notamment les juges de la Cour suprême.
00:51Il n'a pas dit un mot non plus des manifestants dominés à police.
00:54Et sur l'Iran, il a gardé toutes les portes ouvertes, répétant ce que l'on savait déjà
00:59et qu'il pourra encore redire demain, quoi qu'il fasse et quoi qu'il arrive.
01:04Ma préférence va à la diplomatie,
01:07mais l'Iran cherche à développer des missiles qui pourront atteindre l'Amérique.
01:12Il a même précisé, nous n'avons pas encore entendu les mots clés dans leur bouche,
01:17nous n'aurons jamais l'arme nucléaire,
01:19ce qui prouve qu'il écoute mal car les mots-là depuis 40 ans répètent la même chose,
01:24qu'ils ne veulent pas de l'arme nucléaire.
01:26Mais le mot important dans cette tirade, c'est pas encore,
01:28nous n'avons pas encore entendu ce qui laisse entendre qu'il patiente
01:32sans avoir encore pris sa décision.
01:34Alors après ce discours fleuve d'une heure et 46 minutes,
01:37on reste dans le flou aussi sur les intentions véritables de Donald Trump aussi.
01:42Oui, on évite d'annoncer une opération militaire à l'avance.
01:44Le discours de guerre en général, on le fait quand elle a commencé et qu'il faut la justifier.
01:48Et son électorat a vu en tout cas hier soir que le président y répugne.
01:52Ça tombe bien, les Américains l'ont élu pour en finir avec les expéditions au loin.
01:56Et hier soir, il n'a pas essayé de les convaincre, du contraire.
01:59Sa popularité a fait un bond après l'arrestation de Maduro à Caracas,
02:05car c'était une opération ponctuelle qui relevait d'une opération de police.
02:09Et la lutte contre le trafic de drogue est une cause sacrée.
02:12Mais engager l'armée, une fois de plus, au Moyen-Orient, avec des buts de guerre très flous,
02:18s'est réédité ce qui s'est passé en Irak, en Syrie, en Afghanistan,
02:23qui a coûté des milliers de milliards et s'est achevé piteusement à chaque fois,
02:27après des années d'enlisement.
02:29Est-ce qu'on peut dire qu'avec l'Iran, le compte à rebours se termine ?
02:32Après avoir massé une armada au large, et même deux, l'une en Méditerranée,
02:37prête à défendre les alliés, puis du Moyen-Orient, et puis l'autre dans l'océan Indien,
02:42sans doute mieux à même de lancer l'attaque.
02:45Après avoir donc déployé cette tenaille formidable,
02:48après avoir renforcé la machine en réalisant que les stocks de munitions étaient au plus bas,
02:54l'avoir brandie devant les alliés qui sont restés inertes,
02:57l'avoir agité depuis plus d'un mois désormais,
03:01il faut se rendre à l'évidence, ça n'a pas marché,
03:04la gesticulation n'a pas impressionné les mots-là,
03:07ils continuent à défier le grand Satan,
03:09avec des manœuvres qui s'éternisent dans le détroit d'Hormuz,
03:13ils montrent qu'ils sont prêts à la surenchère,
03:15le pire les exalte, fallait s'y attendre,
03:18le guide suprême a même donné consigne à tous les responsables
03:20de désigner le remplaçant, et même le remplaçant du remplaçant,
03:25l'idée étant que les Américains peuvent bien décapiter la République islamique,
03:29et bien elle a des têtes de rechange prêtes à repousser.
03:32Quand est-ce que l'heure du choix va sonner à Washington, Vincent ?
03:35Donald Trump semble hésiter devant le dilemme,
03:37frapper ou s'effacer, prendre tous les risques de Nouvelle Guerre,
03:40ou supporter la palabre qui use et forcément déçoit,
03:44avec les mots-là, le parti de poker dure depuis plus de 40 ans,
03:46il triche, il ne se laisse jamais intimider, on le disait,
03:49et Donald Trump doit donc soit ramasser son gain,
03:55en quelque sorte, soit faire tapis.
03:57Alors ramasser le gain, c'est-à-dire prendre les maigres concessions
04:00qu'ont présentées les négociateurs à Oman puis à Genève,
04:02c'est quoi ? C'est la réduction du stock du uranium enrichi à 60%,
04:06mettre le balistique sous contrôle,
04:09et s'engager à ne s'en servir de ces missiles balistiques
04:13que d'une manière défensive.
04:16Et puis il y a d'autres balivernes comme promettent par exemple
04:18d'éviter les massacres de masse.
04:20Avec ce maigre paquet, prétendre que c'est un succès
04:23et laisser allire un ménaille sur son trône pour encore un siècle.
04:28Et faire tapis, c'est quoi ?
04:30C'est accepter le risque d'une guerre qui peut enflammer la région
04:32et surtout faire flamber le cours des pétroles.
04:35Ça coûtera si cher que le soulagement d'avoir réglé de vieux comptes
04:38sera de courte durée.
04:39Hier, toute la journée, les signaux qui arrivaient de la Maison Blanche
04:42montraient l'impatience et la frustration du président.
04:46Les options que lui ont présentées les militaires
04:48ne lui conviennent pas.
04:50Et pour cause, il n'y a pas de bonne solution.
04:53L'édito international sur Europe 1 signé Vincent Hervouet.
04:56Sous-titrage Société Radio-Canada
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