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  • il y a 23 heures
Dans son édito du 14/01/2026, Paul Sugy revient sur la crise agricole.

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Transcription
00:00En réalité, le mouvement agricole est un peu rentré dans le rang.
00:02On avait vu les scènes de colère spontanée auxquelles on a été en plein pic d'épidémies bovines.
00:07Les défilés sauvages, difficiles à canaliser parfois, qui ont suivi.
00:10Cette fois, le mouvement est resté dans les clous.
00:12Donc hier, vous l'avez dit, c'était la FNSEA qui défilait dans une sorte d'exercice rituel
00:16préalable à l'ouverture du salon de l'agriculture dans quelques semaines.
00:19Pendant que les derniers ultras de la 64, comme ils se nommaient eux-mêmes,
00:23levaient le camp dans le sud-ouest sous la menace, il faut le dire,
00:25d'une interpellation musclée de la maraîchaussée.
00:27qui étaient des sortes de gilets jaunes paysans aux revendications un peu foutraques.
00:30Dans le même temps, à Paris, les tracteurs ont sagement défilé
00:33là où les autorités leur permettaient de le faire.
00:35La FNSEA et les préfets ont l'habitude, ils se connaissent.
00:38Les tracteurs devant l'Assemblée sont toujours impressionnants, mais ils étaient courtois.
00:41L'exercice, au fond, ressemble à une forme de chorégraphiste, une manifestation encadrée
00:44qui prend pour la forme des petites allures de jacquerie avec des numéros prévus d'avance
00:48comme celui de rester dormir sur place avant de s'en aller au petit matin.
00:51Mais c'est vrai que pour les hommes politiques, c'est l'occasion de se précipiter
00:54à la rencontre des agriculteurs sans prendre trop de risques
00:56et de faire tourner la machine à selfie, parfait pour les députés ou les ministres
01:00qui veulent montrer qu'ils écoutent les doléances des agriculteurs exprimés au pied du tracteur.
01:04Alors je vous trouve bien sévère.
01:05Il y a quand même eu des annonces que certains qualifient d'importantes
01:10de la part du Premier ministre, des annonces qui ont été faites hier soir.
01:13Oui, oui, non mais bien sûr, il y a eu des annonces.
01:15C'est pour ça que je vous parle d'une mise en scène.
01:16Ce n'est pas un jugement de valeur, mais c'est un constat.
01:17C'est un exercice maîtrisé qui avait l'apparence d'un rapport de force.
01:21Pour la forme, on a même écrit sur des banderoles.
01:23Quel slogan j'ai vu ?
01:24La révolte paysanne reprend.
01:25Mais en réalité, les agriculteurs de la FNSEA,
01:28donc pas les méchants fachos du Sud-Ouest avec leurs bonnets jaunes ou que sais-je,
01:31sont montés à la capitale pour aller entendre des annonces qui étaient préparées d'avance.
01:34Et maintenant, sur le détail, si vous me permettez, regardons un petit peu.
01:36Donc il y a un mot d'abord qui me chagrine.
01:38Sébastien Lecornu évoque un plan d'urgence.
01:41C'est mieux que rien, c'est sûr.
01:42Mais c'est confessé en préambule qu'il n'a dans sa besace que des solutions éphémères
01:46à des problèmes qui, eux, sont pérennes,
01:48voire une inquiétude existentielle dans le monde agricole.
01:50L'Union Européenne a donc signé le traité Mercosur avec les pays d'Amérique latine.
01:55Un traité de libre-échange court à des effets de long terme
01:56que l'on ne mesure pas encore tout à fait.
01:58Mais pour compenser ce risque, le gouvernement, lui, met sur la table des moratoires.
02:02Moratoires sur la question de l'eau, moratoires sur le loup et les prédateurs.
02:05Moratoires aussi sur la directive nitrate dont la transposition empoisonne les agriculteurs.
02:10Le gouvernement parle d'urgence.
02:12Mais à l'heure où on se parle, par exemple, la loi Duplon qui avait été votée à l'été
02:15a des décrets d'application qui n'ont toujours pas été publiés
02:18qui permettraient, par exemple, de faciliter la construction de poulaillers
02:20à l'heure où on est au bord d'une pénurie d'eux.
02:23Paul, je précise que vous étiez ironique quand vous parliez des bonnets jaunes, fachos, évidemment.
02:28Bien sûr, ce qu'on veut dire, c'est que ce n'est pas les mêmes syndicats.
02:30On voit que la FNSEA est plus écoutée parce qu'elle n'a pas la même image auprès des politiques.
02:34Effectivement, je le précise.
02:37Vous parlez d'une inquiétude existentielle.
02:39Vous pensez qu'elle ne va pas disparaître dans le monde agricole ?
02:41Tous les motifs de l'inquiétude agricole sont intacts.
02:44La gangrène bureaucratique qui aubert tout esprit d'entreprise au sein de l'agriculture.
02:48L'incapacité de la France à protéger son marché agricole
02:51face à la prédation des concurrents qui, eux, ne connaissent pas le dixième de nos normes.
02:54Au fond, plus les politiques se ruent au chevet des agriculteurs,
02:57plus ils reconnaissent par ailleurs qu'ils sont en réalité impuissants.
02:59Et ça, aucune loi d'urgence n'y changera rien.
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