00:0111h30, 13h, Christine Kelly et vous.
00:04Retournons Christine Kelly et vous, nous allons parler du salon de l'agriculture qui a ouvert dans un climat sous
00:09tension.
00:09Le Premier ministre se rend sur place aujourd'hui.
00:12Emmanuel Macron a inauguré cette 62e édition sous haute sécurité, sans la traditionnelle rencontre avec certains syndicats qui ont boycotté.
00:20Une rixe a éclaté hier soir entre exposants et visiteurs.
00:23Et pendant ce temps, la ferme France doute.
00:25Nous apportons 50% de nos fruits et légumes, 45% de notre poulet, souvent sans réciprocité des normes.
00:32La moitié des agriculteurs partira à la retraite d'ici 2030.
00:36Entre distorsion de concurrence, transmission incertaine, adaptation climatique sous-financée, une question qui nourrira la France de demain.
00:45Nous avons dans le studio d'Europe 1, Xavier Desmet, éleveur de Brebis depuis 3 ans, qui est dans le
00:54studio d'Europe 1.
00:54Nous avons aussi Marie Gauthier, qui cultive des céréales, qui est elle aussi dans le studio d'Europe 1.
00:59Et d'abord, nous avons la ministre de l'Agriculture, Annie Gennevard, que nous aurons en ligne d'un instant
01:06à l'autre.
01:06Elle est en ligne avec nous.
01:0701-80-20-39-21, si vous voulez intervenir dans l'émission Europe 1, il est midi 34.
01:1411h30-13h, Christine Kelly sur Europe 1.
01:20Bonjour Madame la Ministre, Annie Gennevard, merci d'être en direct sur Europe 1.
01:28Ce Salon de l'Agriculture, cette 62e édition, est-ce une édition ?
01:32Comment vous définiriez cette édition ?
01:34Une édition triste, sans vaches, violente, avec l'agression hier.
01:39Quelle est la particularité de cette 62e édition, Madame la Ministre ?
01:43Alors, elle n'est pas triste.
01:44Il y a beaucoup de monde.
01:46Il y a beaucoup de familles.
01:47Hier, les allées étaient pleines de familles, d'enfants, qui venaient à la découverte des animaux.
01:53Plus de 3000 animaux cette année au Salon.
01:55Alors, c'est vrai, il n'y a pas de bovins.
01:56Mais il y a beaucoup de choses très intéressantes à voir.
01:59Et le climat est bon.
02:00Et pour ce qui est de la RICS, c'est un épisode tout à fait marginal qui s'est produit
02:06hier,
02:06mais qui ne reflète pas du tout l'ambiance.
02:09Moi, je vais de stand en stand, de profession en profession.
02:13Et je vois beaucoup de fierté de ces agriculteurs, de ces éleveurs qui ont envie de parler de leur métier.
02:21Ce qui est difficile, on le sait, particulièrement pour certaines productions.
02:25Vous avez une céréalière sur votre plateau.
02:28Et je sais combien la situation est difficile pour eux.
02:32Mais pour ce qui concerne l'élevage, vous voyez, les éleveurs sont là, même s'il n'y a pas
02:36de bovins.
02:37Il y a des éleveurs d'ovins.
02:39J'ai vu beaucoup de jeunes bergers qui ont envie de partager leur passion avec les Français qui viennent nombreux,
02:48qui se pressent dans les allées du Salon.
02:50Annie Gennevard, ministre de l'Agriculture, merci d'être en direct sur Europe 1.
02:56Une question, qu'avez-vous envie de répondre à mes intervenants, à qui je donnerai la parole dans un instant
03:01?
03:01Xavier Desmet, éleveur de brebis, avec Marie Gauthier, effectivement, céréalière,
03:05qui sont là pour appeler un sursaut.
03:08Et je sais que vous êtes d'accord avec ce sursaut, avec ce réveil, avec cette souffrance des agriculteurs.
03:14Madame la ministre, on a l'impression que ce n'est pas possible de répondre concrètement à leurs attentes,
03:19que ce n'est pas possible, qu'il n'y a pas de solutions concrètes.
03:22On dirait qu'on reste tout le temps dans l'incantation théorique,
03:26mais qu'on n'arrive pas à apporter des solutions concrètes à notre agriculture française, Madame la ministre.
03:31Moi, je pense qu'il faut être dans le sursaut, dans les mots et dans les actes.
03:36Et depuis que je suis à la tête de ce ministère, je n'ai eu de cesse de chercher des
03:40solutions.
03:40Et vous voyez, le nom du salon cette année, c'est Génération Solution.
03:45Génération, parce qu'il nous faut travailler sur le renouvellement des générations.
03:49J'étais avec les représentants des jeunes agriculteurs, juste avant notre interview.
03:55Et vous ne pouvez pas imaginer la volonté, le dynamisme et la détermination qui est la leur
04:02pour se battre pour la souveraineté alimentaire,
04:06se battre pour faire émerger des projets de stockage de l'eau,
04:10de construction de bâtiments d'élevage.
04:14Simplement, il faut lever les contraintes.
04:16Et je m'y emploie méthodiquement.
04:19C'est difficile parce que notre société a construit, au fil des années, des décennies,
04:25des tas de complexités.
04:26C'est difficile parce qu'il faut que la société française reconnaisse la qualité extraordinaire de notre agriculture,
04:37la qualité de nos agriculteurs, soit davantage à l'écoute de leurs besoins, de leurs attentes.
04:44Il faut les laisser produire, produire de l'alimentation, faute de quoi ?
04:49Demain, dans nos assiettes, il n'y aurait que des produits importés et ça, ce n'est pas possible.
04:53Je rappelle quand même que l'agriculture française est la première agriculture de l'Union Européenne
04:59et qu'on doit en être fiers.
05:02On doit en être fiers.
05:03Vous parlez de fierté des agriculteurs, vous parlez de lever des contraintes.
05:07Vous vous appelez, vous aussi, aux Français à consommer français.
05:10Mais Madame la Ministre, moi je suis une Française, j'ai peu d'argent, j'ai des enfants à nourrir.
05:15Moi j'ai une viande qui vient de l'étranger et qui coûte moins cher.
05:18Je saute dessus, vous comprenez Madame la Ministre.
05:20C'est compliqué au quotidien d'appeler les Français à ce sursaut, effectivement, pour le made in France,
05:26pour la consommation française, on va dire.
05:28Et pour autant, les tarifs ne sont pas là, les prix n'aident pas en ce sens.
05:32Ça sera ma dernière question, Madame la Ministre.
05:35Alors je crois que, bien sûr, on doit tous être attentifs au pouvoir d'achat.
05:39Mais les produits français ne sont pas nécessairement plus chers.
05:43Ça, c'est la première remarque que je voudrais faire.
05:45Quand on achète en circuit court, quand on achète local, on n'achète pas forcément plus cher nos fruits, nos
05:52légumes ou notre viande ou nos fromages.
05:56Deuxièmement, il faut que nos producteurs et nos transformateurs s'intéressent aussi aux produits de cœur de gamme.
06:04Pas seulement le haut de gamme.
06:05Moi, je ne veux pas d'une agriculture et d'une alimentation à deux vitesses,
06:09c'est-à-dire le haut de gamme pour les Français qui en auraient les moyens et les produits importés
06:16pour tous les autres.
06:17Donc on doit orienter une véritable, rediriger une stratégie de production alimentaire.
06:25Et en redonnant de la compétitivité à nos exploitations, à notre industrie agroalimentaire,
06:32on redonnera aussi des marges de manœuvre pour les consommateurs français.
06:37Redonner la compétitivité à nos exploitations. Merci.
06:40Merci, Christine Kelly. Merci.
06:42Merci beaucoup, Madame la Ministre.
06:43Toutes les amitiés à vos invités.
06:45Merci beaucoup, Madame la Ministre. On va leur donner la parole, effectivement.
06:48Merci d'avoir été en direct avec nous sur Europe 1, Madame la Ministre d'Ariuture, Annie Gennevard.
06:53Que répondez-vous, Marie Gauthier, vous qui êtes céréalière, à ces propos de Madame la Ministre ?
07:00Redvenir, renouer avec la compétitivité, redonner la compétitivité à nos exploitations,
07:07la fierté des agriculteurs, lever les contraintes, consommer français.
07:12Marie Gauthier, en direct sur Europe 1, vous cultivez des céréales ainsi que des légumes de plein champ et de
07:18la pomme de terre.
07:19Vous êtes membre du collectif L'Appel au Sursaut.
07:22Exactement. Merci de me donner la parole.
07:24Effectivement, nous, avec notre collectif, on appelle au Sursaut.
07:27Parce qu'en fait, ce qu'on constate aujourd'hui, c'est que la Ministre, le Premier ministre, le Président
07:33de la République,
07:35font beaucoup de promesses aux agriculteurs.
07:39Ça fait deux ans que ça dure.
07:41La réalité, c'est qu'en fait, on n'a plus le temps.
07:44On nous dit, la génération prochaine, elle nous parle des GIA, de la génération prochaine.
07:48La réalité, c'est que l'agriculture française, elle peut mourir.
07:51Elle peut mourir à moins d'une génération aujourd'hui.
07:54Donc, il va falloir quand même que le temps s'accélère singulièrement du côté des politiques,
07:59parce que ça ne va pas être possible.
08:02Quand elle nous dit que c'est difficile, parce que les textes de loi nous en servent de plus en
08:08plus,
08:08elle a raison.
08:09Qu'il faut lever des contraintes.
08:10Il faut lever des contraintes.
08:12C'est ce que dit Madame la Ministre.
08:12Elle nous dit, mais la réalité, c'est qu'elle nous le dit, mais ce n'est pas ce qui
08:17se passe.
08:18Aujourd'hui, à la suite des manifestations de cet hiver,
08:22on nous a promis que le MACF, le fameux dispositif de taxes sur les engrais, serait levé.
08:28Elle n'arrive pas à le négocier au niveau de l'Europe.
08:30On nous dit que la loi d'urgence agricole va arriver,
08:34mais il n'y a plus d'urgence dans cette loi.
08:36Elle va arriver en octobre, après le prochain budget.
08:39Mais en fait, on est encore en train de nous balader.
08:40Marie Gauthier, c'est réalière en direct sur Europe 1,
08:44qui fait partie du membre du collectif L'Appel aux sursauts.
08:46Xavier Desmet, vous aussi, vous faites partie de cet appel aux sursauts.
08:50Vous êtes éleveur de brebis depuis trois ans.
08:52Que faut-il faire ?
08:53Là, on voit Madame la Ministre, j'ai l'impression effectivement qu'elle a envie de vous aider,
08:58qu'elle n'a pas les moyens,
08:59que ça la dépasse,
09:01et que vous êtes dans l'urgence.
09:03Quand vous appelez au sursaut, qu'est-ce que c'est concrètement ?
09:06Bonjour d'abord.
09:07Le sursaut, c'est quelque chose d'important.
09:09Et aujourd'hui, c'est un sursaut, c'est un réveil,
09:11parce que l'agriculture française et les agricultures françaises sont en danger.
09:16La durabilité de nos fermes repose sur trois piliers.
09:19Il y a un pilier qui est essentiel.
09:20On en déplaise à Madame Rousseau, c'est l'économique.
09:24On a des revenus qui sont très aléatoires.
09:27On ne décide pas des prix sur nos produits.
09:31On ne décide pas de notre prix de vente.
09:33Donc, on ne peut pas vivre sans argent.
09:35Le deuxième point, c'est les différents aléas.
09:38Aujourd'hui, on a différents aléas qui sont plus fréquents et plus intenses.
09:44C'est-à-dire qu'on a des aléas climatiques,
09:47on a des aléas sanitaires, économiques, voire politiques.
09:51Et le dernier élément, c'est l'aléa humain.
09:54Comme la ministre l'a déjà dit,
09:56on était un million d'agriculteurs il y a 25 ans.
09:58On est moins de 400 000 aujourd'hui.
10:00Qui va reprendre les fermes ?
10:02Et on est vraiment en danger,
10:03parce que la balance commerciale de l'agriculture et de l'agroalimentaire,
10:07c'était 6 milliards d'euros en 2023.
10:104 milliards et demi en 2024.
10:12On est à peine à l'équilibre cette année.
10:15Marie Gauthier, Xavier Desmet, en un mot,
10:18que faut-il faire ?
10:19Que réclamez-vous à l'heure qu'il est ?
10:20Il est 12h43, nous sommes en direction européen.
10:22Une phrase ?
10:23Une phrase, aujourd'hui, c'est tout à fait possible
10:25de lever un certain nombre de contraintes
10:27par décret et par loi.
10:29La loi d'urgence, elle doit être une loi d'urgence.
10:31Donc, c'est dans les mois qui viennent.
10:35Le MACF, il faut qu'il soit levé.
10:37Qu'il soit vraiment suspendu.
10:39Aujourd'hui, l'enjeu,
10:40on a parlé dans le journal juste avant vous
10:43de la guerre.
10:44L'enjeu, aujourd'hui, c'est qu'on soit capable
10:46de nourrir nos concitoyens
10:48dans une situation internationale extrêmement tendue.
10:51Est-ce qu'aujourd'hui, on est capable de dire ça ?
10:53Marie Gauthier, en direct sur Europe 1,
10:55assez réalière.
10:56Le dernier mot, Xavier Desmet.
10:57Le sursaut ne doit pas être décalé, comme la ministre.
11:00Ce n'est pas une génération.
11:02Le mur est droit devant nous.
11:04Il est très rapide.
11:05Il est dedans.
11:06Ça peut aller très, très vite.
11:07Il faut vraiment se réveiller maintenant,
11:09pas dans dix ans.
11:10Merci beaucoup à vous, Marie Gauthier.
11:13Merci, Xavier Desmet,
11:14agriculteur venu dans le sujet d'Europe 1,
11:16pousser ce coup de gueule pour ce sursaut,
11:18cet appel au sursaut pour l'agriculture française.
11:22Alice Cordier dans le studio,
11:24de Nemesis.
11:25Yona aussi de Nemesis.
11:26Un dernier quart d'heure
11:27pour cette marche pour Quentin.
11:30Et avec le collectif Nemesis,
11:33on en parle tout de suite sur Europe 1.
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