- il y a 4 heures
Christine Kelly revient, de 11h30 à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).
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00:00Europe 1, Europe 1, 11h30, 13h, Christine Kelly et vous.
00:07Si vous nous rejoignez à l'instant, nous allons parler de l'excuse de minorité.
00:12Faut-il supprimer l'excuse de minorité pour les mineurs face aux nombreuses affaires d'ultra-violence
00:17qui relancent une fois encore le débat ?
00:20Nous allons parler de ces faits graves.
00:22Combien se taisent ? Combien de parents se taisent ?
00:24Combien d'enfants se taisent lorsqu'ils sont agressés, frappés par d'autres ?
00:29Lorsqu'on voit ces images sur les réseaux sociaux qui nous révoltent,
00:32cette violence entre mineurs, comment réagir ?
00:35Que faut-il faire alors que cela fait des années que les Français réclament
00:39cette suppression de l'excuse de minorité ?
00:42On en parle sur Europe 1.
00:43D'abord, je vous propose d'écouter, avant d'entendre le père d'Ethan,
00:47avant d'entendre Ethan lui-même qui a été agressé le 26 décembre à Lyon,
00:51je vous propose d'écouter Maurice Berger, pédopsychiatre,
00:54qui était l'invité de Dimitri Pavlenko ce matin.
00:57Je trouve que depuis environ 2022, je dirais,
01:01on est passé de « je fais ce que je veux »
01:04à « je fais ce que je veux où je veux, quand je veux »,
01:08c'est-à-dire qu'il n'y a plus de sentiment de transgression.
01:12Et toute limite mise par exemple par une enseignante
01:15qui fait une remarque, un contrôle type de transport,
01:19s'est vécue comme une provocation.
01:21Donc, toute limite est à abattre.
01:24C'est une recette d'obtempéré.
01:26Il n'y a pas de transgression, c'est quelqu'un qui m'embête,
01:29qui me gêne, je le fauche.
01:31Donc, c'est vraiment une aggravation.
01:34Voilà Maurice Berger, pédopsychiatre,
01:36qui était l'invité d'Europe 1 ce matin.
01:39Bonjour, monsieur, vous êtes le père d'Étan.
01:42Étan qui a témoigné pendant ce week-end sur CNews
01:46et qui dit qu'il a été tabassé de la même manière que Théo.
01:50Cela s'est passé le 26 décembre à Lyon.
01:53Que s'est-il passé concrètement ?
01:56Bonjour madame, bonjour à tous les auditeurs.
01:59Alors, mon fils se rendait sur son lieu de travail
02:03avec une trottinette de location.
02:04parce qu'il était à peu près 18h30.
02:08Il travaillait dans un restaurant.
02:10Donc, à ce moment-là, à l'entrée du pont,
02:14il croisa un groupe d'individus qui chahutait un petit peu,
02:17mais rien de spécial.
02:18Et c'est en les dépassant qu'un du groupe de 10 personnes
02:21est venu le frapper à la hanche pour qu'il bascule
02:24et qu'il tombe de sa trottinette.
02:26Et c'est en tombant qu'il se cogna à la tête.
02:29Heureusement, c'est l'hiver,
02:31donc il était protégé par son bonnet et une capuche.
02:34Malheureusement, au moment où les poulaient se relevaient,
02:36ils sont tous arrivés dizaines pour le tabasser,
02:40le frapper au corps, au visage.
02:43Bien sûr, il y en avait qui lui sautaient dessus
02:44à pieds joints sur le crâne.
02:47Et pendant ce temps-là, d'autres lui volaient ses affaires,
02:51son portable, sa veste, son casque audio.
02:55Voilà.
02:56Mais ça a duré un bon moment,
02:58puisque, au fur et à mesure de l'agression,
03:01ils se déplacèrent avec lui en le tenant,
03:05au point de se retrouver sur les rails du tramway,
03:08parce que sur ce pont, il y a le tramway qui passe.
03:10Et puis, en lui demandant son code de téléphone,
03:14il a refusé, il n'a pas voulu donner son code.
03:18C'est à ce moment-là qu'ils l'ont menacé de mort,
03:19menacé de portée pour essayer de le faire basculer
03:22de l'autre côté de la rembarbe du pont.
03:27C'est à ce moment-là qu'il y a une dame courageuse
03:31qui a vu ce qui se passait,
03:33qui est intervenue,
03:34parce qu'il y a encore des gens qui interviennent,
03:36et on peut les féliciter,
03:37et qu'il les a fait partir.
03:39Et ils sont partis, bien sûr,
03:41avec les affaires de mon fils,
03:43et ce n'est même pas pour Ulysse,
03:45puisque le casque audio,
03:46il a été cassé immédiatement et jeté dans les fourrés.
03:49Et c'est moi-même qui l'ai retrouvé le lendemain sur place.
03:52Incroyable récit, monsieur.
03:55Vous êtes le père d'Ethan.
03:57Etthan, à 19 ans,
03:59qui allait travailler à 18h30 ce 26 décembre.
04:02Il allait travailler, je répète,
04:04il allait travailler,
04:06et à une agression gratuite.
04:08Comment avez-vous réagi, vous, en tant que père ?
04:12Très bonne question.
04:14En tant que père, déjà, j'ai eu des sueurs froides
04:17quand il a réussi à m'appeler
04:18grâce au téléphone de la dame.
04:20Immédiatement, je me suis rendu sur les lieux
04:24et la police était déjà là.
04:26Et quand je l'ai vu arriver,
04:32la première phrase qu'il m'a dit, c'est
04:33« Je suis encore vivant. »
04:36Elle avait de la chance.
04:36Et bien, moi, je suis choqué.
04:42Enfin, moi, je suis plus que choqué.
04:43Je suis révolté par ce qu'il a subi,
04:47par ce que d'autres subissent.
04:50Et c'est intolérable.
04:52On en est à se féliciter,
04:58se réconforter d'être encore vivant.
05:01C'en est scandaleux.
05:02Vous êtes le père d'Étan.
05:05Comment est-ce que vous avez réagi, monsieur,
05:07après que votre fils s'est fait tabasser,
05:10sauvagement, gratuitement,
05:12violemment, menacé de mort ce 26 décembre,
05:15lorsque vous avez appris que la même bande
05:18a frappé Théo ?
05:21Alors, ma première réaction,
05:22et je pense que c'est une réaction normale,
05:25naturelle, c'est que je voulais
05:26faire preuve de violence.
05:28Tout de suite, j'ai été tellement révolté.
05:29Je voulais savoir qui c'était,
05:31comment ils ont osé s'en prendre à mon fils,
05:33à nos enfants.
05:35Mais c'était une réaction
05:36qu'il faut vite faire appel à la raison.
05:41Parce que si on rentre dans cet engrenage-là,
05:43c'est un peu le message que je peux passer.
05:45Quel message ?
05:46Le message, c'est qu'aujourd'hui,
05:48beaucoup de gens appellent à la vengeance,
05:50à la violence, à la justice par soi-même.
05:53Qu'il y en a marre, c'est toujours les mêmes.
05:55Ça suffit, ça fait 40 ans que ça dure.
05:57Moi, je dis en tant que papa,
06:00mais aussi en tant que citoyen français.
06:02Je dis si jamais on rentre là-dedans,
06:04si on fait ça, ça s'appelle la guerre civile.
06:06Et moi, j'appelle à la raison.
06:10Je dis oui, il y a une colère.
06:11Oui, ça suffit.
06:12Oui, ça fait 40 ans qu'on nous bassine
06:15avec des lois cosmétiques sur la violence des jeunes.
06:18Je dis si on doit s'entendre et combattre,
06:20c'est le pouvoir en place,
06:23les élus, les sénateurs, les députés,
06:25ceux qui font les lois.
06:26C'est à eux de changer les mentalités,
06:28c'est à eux de faire en sorte que cette délinquance
06:30de plus en plus de violence juvénile
06:32cesse, réduise le maximum.
06:34Donc, cette délinquance juvénile cesse.
06:38Vous êtes le père d'Ethan.
06:40Vous en appelez en direct sur Europe 1 à la raison.
06:43Dans un instant, vous allez nous passer,
06:44Ethan, pour savoir lui aussi comment il réagit aujourd'hui.
06:47On marque une pause.
06:48Et je reviens vers vous aussi,
06:49vous en tant que père d'Ethan.
06:50Vous qui appelez à la raison.
06:52Vous qui dites qu'il ne faut pas effectivement
06:53se laisser emporter par un sentiment de vengeance.
06:56Avez-vous porté plainte ?
06:57Qu'est-ce que ça a donné ?
06:58On marque une pause.
06:59On revient en direct sur Europe 1.
07:00Et avec vous aussi, vous réagissez au 0, 1, 80, 20, 39, 21.
07:05A tout de suite, 12h40.
07:06Vous écoutez Christine Kelly sur Europe 1.
07:11La suite sur Europe 1 à 12h43.
07:14Avec cette question,
07:15faut-il supprimer l'excuse de minorité pour les mineurs ?
07:18De nombreuses affaires de ultra-violence relancent le débat
07:20avec Théo qui a été agressé par Lyon,
07:23par la même bande qui a agressé Ethan.
07:25Et nous avons son père au téléphone.
07:27Etan qui est agressé le 26 décembre dernier à Lyon.
07:30Christine ?
07:32Oui, vous êtes le père d'Ethan.
07:34Vous nous racontez comment ça s'est passé,
07:36comment votre fils, 19 ans, ce 26 décembre,
07:40allait travailler, 18h30, il est en trottinette.
07:43Il se fait foncer dessus.
07:45En fait, on l'arrête, on le fait tomber de sa trottinette gratuitement.
07:48Et ensuite, s'en suivent des coups.
07:50On menace de le jeter par-dessus un pont.
07:52Il doit son salut à une femme qui a hurlé pour faire suivre les agresseurs.
07:57Évidemment, on lui a sauté dessus, à pieds joints, sur la tête.
07:59C'est ce que vous nous expliquiez.
08:01Vous nous expliquez effectivement que ce sont les mêmes agresseurs que Théo.
08:05La question que je vous posais avant à la pause, mon cher monsieur,
08:08c'était est-ce que vous avez porté plainte en tant que père ?
08:12Et qu'est-ce que ça a donné si vous avez porté plainte ?
08:14Alors, quand je me suis rendu sur les lieux,
08:17déjà, la première chose que j'ai faite, c'est d'emmener tout de suite mon fils aux urgences.
08:23Lui, il a été adressé 10 jours d'ITT.
08:26Et immédiatement après, nous sommes allés porter plainte
08:29sous le commissariat central de Lyon.
08:32Voilà.
08:33Donc après, nous y sommes retournés plusieurs fois
08:34pour continuer la procédure.
08:39Voilà, pour pouvoir ensuite reconnaître les individus.
08:43parce qu'il y en a certains qui ont été reconnus.
08:47Et ce sont des jeunes qui sont très, très connus des services de police.
08:51Des jeunes qui sont très connus des services de police.
08:53Vous êtes le père d'Ethan.
08:54Je sais que vous allez nous passer.
08:56Etthan, s'il est prêt à discuter avec nous,
08:58nous sommes ravis de l'entendre.
09:01Bonjour, Etthan.
09:03On a entendu le témoignage de votre père.
09:05On a entendu aussi son cri.
09:08Son cri où il appelle à la raison.
09:10Vous, comment réagissez-vous ?
09:13Lorsque ces faits se sont passés le 26 décembre,
09:15vous avez eu cette bande de jeunes qui vous a arrêté,
09:18sauté dessus, frappé, sauté sur la tête à pieds joints.
09:21Vous avez, avec votre père, porté plainte.
09:24Comment vous réagissez-vous aujourd'hui,
09:25après cette agression aussi de Théo,
09:28avec la même bande ?
09:30Alors, premièrement, déjà, j'ai tout de suite appelé mon agression.
09:36Les policiers nous ont mis au courant comme quoi c'était une bande
09:39qui agissait dans le quartier, que je n'étais pas le seul.
09:45Il y avait eu d'autres agressions, de nombreuses agressions auparavant.
09:49Donc déjà, j'étais dans un climat un peu d'insécurité.
09:53Et lorsque j'ai appris que Théo, du coup,
09:58qui est en plus dans ma classe, dans mon école,
10:04j'ai appris ça, ça a été vraiment très compliqué.
10:08D'une, parce que c'est un proche à moi,
10:10et de deux, parce que ça ne les empêche pas.
10:14Ça veut dire qu'en fait, ils sont de plus en plus violents.
10:16À aucun moment, ils se sont dit,
10:20oui, peut-être qu'on est un peu allé trop fort sur Etan.
10:25Non, ils n'ont aucun remords.
10:27Au contraire, ils en sont fiers, je pense.
10:30Et ils n'ont aucun frein.
10:32Vous dites, ils en sont fiers,
10:34et ils n'ont aucun frein.
10:36Et vous dites aussi que vous n'avez jamais vu autant de haine dans les yeux.
10:41Oui, parce qu'après, j'ai toujours été quelqu'un de très bien entouré.
10:46très sociable, avec beaucoup d'amis,
10:50des gens que j'aime dans ma famille.
10:52Mais c'est vrai qu'après, j'ai toujours fréquenté plein d'écoles,
10:57j'ai fait beaucoup de sports,
10:59et puis je n'ai jamais vu des jeunes de mon âge
11:02avec autant de haine gratuite, en fait.
11:04Parce que c'était ça qui me choquait,
11:06c'était le fait que ces gens-là, je ne les connaissais pas,
11:08je ne les ai jamais vus.
11:11Et en fait, avoir cette haine complètement gratuite,
11:15ça m'a complètement retourné.
11:18C'était incompréhensible.
11:19Vous les avez revus depuis, par hasard peut-être,
11:22ces jeunes que vous ne connaissiez pas,
11:23qui vous ont fait tomber agressés,
11:25frappés comme ça, par haine pure et simple ?
11:28Il me semble, oui.
11:30Parce qu'en fait, plusieurs fois,
11:32deux fois,
11:34en trois semaines,
11:35j'ai eu des appels
11:39dans ce que je me promenais dans ce...
11:40Enfin, quand je me promenais,
11:41les rares fois où je me suis promené
11:43aux alentours,
11:45au-delà où ça s'est passé,
11:46il y a eu, évidemment,
11:48des gens qui ont appelé,
11:50qui ont, entre guillemets,
11:51qui ont dit,
11:52viens, on va te m'inquié,
11:54viens vers nous, viens vers nous,
11:55voilà, un peu...
11:56Restez avec eux.
11:58Après, je n'ai pas cherché
11:59à détourner le regard
12:01pour savoir si c'était eux.
12:02Ça ne m'étonnerait pas
12:03que ce soit eux
12:04parce qu'ils étaient en liberté,
12:05parce qu'ils sont tout le temps dehors,
12:06parce qu'ils agressent constamment.
12:09Donc, voilà.
12:10Ils sont connus,
12:11ils sont identifiés,
12:12ils sont connus et reconnus.
12:13Ils adressent
12:14et ils agressent de nouveau.
12:15Vous parlez de cette haine
12:17dans leurs yeux,
12:17vous parlez de cette agression gratuite.
12:20Éric Tegner
12:21veut vous poser des questions,
12:23Gabriel Cluzel également,
12:24ensuite, nous avons Nicolas
12:25qui nous appelle des Ronalpes.
12:27Votre témoignage est puissant,
12:29bouleversant
12:29et je pense qu'il parle
12:30à beaucoup de parents
12:31qui se taisent
12:32et qui n'osent même pas
12:34porter plein terre
12:35et Tegner sur Europe.
12:36Alors déjà, bravo à vous
12:38de témoigner
12:38parce que parfois,
12:39les gens n'en ont pas conscience
12:40mais quand on est jeune
12:41et qu'on se fait agresser comme ça,
12:43il y a une forme d'humiliation,
12:44on peut ressentir cela
12:45lorsqu'on va témoigner,
12:46on a plus envie en général
12:47de se défendre, etc.
12:49Mais c'est important
12:49de le faire pour les autres.
12:51Ma question,
12:51elle est donc simple,
12:52est-ce que vous vous sentez soutenu
12:53depuis ce qui vous est arrivé ?
12:56Oui, déjà,
12:57je vous remercie déjà aux médias
12:59de médiatiser cette affaire
13:02parce que moi,
13:03je pense d'abord
13:04à toutes les victimes
13:05dans mon cas
13:05qui, eux,
13:06n'ont pas eu la chance
13:06déjà d'avoir les caméras
13:08de surveillance
13:08dans le cas de Théo.
13:09Ah oui.
13:10Et évidemment,
13:12toutes les personnes
13:13où il n'y a pas eu de témoins
13:14qui habitent dans des petites villes
13:16à la campagne
13:17et qui se font aussi
13:18sûrement tabacquer
13:20et qui n'ont pas la chance
13:21de pouvoir parler aux médias
13:23ou parler au président de la République
13:25comme a pu le faire
13:25la maman de Théo.
13:27Donc,
13:29oui,
13:29je me sens soutenu.
13:30Après,
13:31j'ai toujours senti soutenu
13:33via mes collègues,
13:36ma famille,
13:38mes amis
13:38et vous voulez m'aider
13:40ensuite.
13:42Soutenu,
13:43on en parle malheureusement
13:44seulement deux mois plus tard.
13:46Gabriel Cluzel
13:46a une question à vous poser sur...
13:48Oui,
13:48je m'interroge
13:49sur leur profil.
13:51Quel était leur âge ?
13:52Qu'est-ce qu'ils font dans la vie ?
13:54Comment se fait-il
13:54qu'on puisse dire ?
13:56Moi aussi,
13:57je vous remercie de témoigner
13:58d'ailleurs au passage
13:58parce que pour avoir été agressé,
14:00je confirme ce que dit Eric,
14:01on a envie d'oublier,
14:02on n'a plus envie d'en parler
14:03alors que c'est extrêmement important
14:04de témoigner.
14:05Mais donc,
14:05je me permets de vous demander
14:06ces précisions.
14:08Est-ce que
14:09ce sont des gens
14:11qui ont une activité
14:12ou tout le monde
14:14a l'air de dire
14:16ah bah oui,
14:16ils sont connus de la police
14:17mais ils traînent dans la rue
14:18et c'est comme ça ?
14:18Vous en savez plus un peu
14:19sur leur profil ?
14:21Oui,
14:21j'en sais un peu plus.
14:22Ils sont scolarisés
14:23aux collèges et aux lycées.
14:25Des collèges de secteur,
14:26donc des collèges
14:27que je n'ai pas fréquentés
14:28mais que,
14:29évidemment,
14:29je connais
14:30car je suis dans mon quartier.
14:31moi je dis
14:34que c'est
14:35selon moi
14:36en partie
14:37la faute
14:38de l'État
14:38et de l'éducation nationale
14:39parce que je ne pense pas
14:40que ces gens
14:41sont forcément
14:42de bons élèves.
14:43Je pense que
14:44certains contacts,
14:46je sais qu'ils les ont
14:47côtoyés
14:47dans leur collège
14:48et lycée
14:48qui posaient des méfaits
14:50énormément,
14:51qui sont ultra connus
14:52des services de police
14:53parce que la police
14:53les a déjà
14:55a déjà eu affaire à...
14:57Oui, ils sont connus
14:58et reconnus,
14:59exactement.
14:59Ils restent à l'école,
15:00ils restent au collège,
15:01au lycée.
15:03Je pense que
15:04si l'éducation nationale
15:05était beaucoup plus sévère,
15:06je pense qu'ils comprendraient
15:07un peu plus
15:08qu'il y a des conséquences
15:09à chaque acte.
15:11Par exemple,
15:11s'il y a 3-4 ans
15:12ils avaient déjà agressé
15:14des camarades de classe
15:16ou quoi que ce soit
15:18et qu'ils avaient été
15:19renvoyés tout de suite,
15:20je pense que certainement
15:20il y aurait eu
15:21une prise de conscience
15:21plus jeune
15:22de leurs messieurs.
15:24Éthane Géraldine Amon
15:25qui est dans le studio
15:26d'Europa,
15:27une question à vous poser.
15:28Elle a été enseignante.
15:29J'ai une précision
15:30à apporter justement.
15:32La maman de Théo
15:32a témoigné vendredi
15:34sur Europe 1
15:35un témoignage bouleversant
15:36et sur CNews aussi.
15:38Elle disait que
15:38les parents
15:39de certains agresseurs
15:39de Théo
15:41et de vous,
15:42Éthane,
15:43ont demandé
15:43de l'aide de l'État
15:44mais rien n'a été fait.
15:46Voilà.
15:47Oui, après l'État
15:48pourrait leur demander aussi
15:49s'ils ont correctement
15:49élevé leurs enfants.
15:51Oui, aussi.
15:52Alors, Éthane,
15:53parce que
15:54j'entends bien,
15:55Éthane,
15:55lorsque vous dites
15:56effectivement que
15:57l'éducation nationale
15:59doit prendre sa part,
16:00que l'État
16:01doit prendre sa part
16:02et j'entendais aussi
16:02votre père
16:03qui dit que
16:04j'en appelle à la raison
16:05parce que votre père
16:05effectivement soulignait
16:06le fait que
16:07si tout le monde
16:07se laisse aller
16:08avec des pulsions
16:09de vengeance,
16:10je reprends les mots
16:11de votre père
16:11qui dit
16:11on va à la guerre civile.
16:13Est-ce que vous pensez
16:14qu'effectivement
16:15il y aura une solution,
16:16Éthane,
16:16lorsque vous voyez
16:17ces jeunes
16:17qui ont de nouveau
16:18agressé Théo ?
16:20La solution,
16:24honnêtement,
16:24actuellement,
16:25on est un peu perdu,
16:27on ne sait pas tellement.
16:28Alors,
16:28d'un côté,
16:29c'est bien
16:29parce qu'on peut
16:30se médiatiser à faire,
16:31mais on ne sait pas
16:32si vraiment
16:32ça va porter ses fruits
16:33sur le long terme
16:34vis-à-vis de la justice.
16:37Malheureusement,
16:38en fait,
16:38on a le plus gros message
16:40que nous renvoie l'État,
16:41j'ai l'impression,
16:42c'est qu'il faut
16:42qu'il y ait une marche blanche,
16:43qu'il y ait vraiment
16:44quelque chose de fait.
16:46Donc,
16:48en fait,
16:48actuellement,
16:50oui,
16:50on se sent soutenus,
16:52mais à la fois,
16:53on se demande
16:53si ça ne va pas
16:54passer aux billettes.
16:55C'est ça.
16:56Voilà.
16:57Éthane,
16:57merci infiniment
16:59pour ce courage
17:00que vous avez eu
17:01de témoigner en direct
17:02sur Europe 1.
17:02Merci à votre père
17:04d'avoir témoigné
17:05en direct sur Europe 1
17:06sur cette agression
17:07gratuite.
17:08Vous,
17:0919 ans,
17:09vendredi 26 décembre,
17:11lorsque vous alliez
17:11travailler à 18h30
17:13et lorsque vous vous faites
17:14agresser
17:14violemment
17:16lorsque vous voyez
17:16ces jeunes sautaient
17:17sur votre tête
17:18et lorsque vous dites
17:19que vous n'avez jamais
17:20eu vu autant de haine.
17:22Nicolas,
17:22vous nous appelez
17:23de Ronalp
17:24et vous dites
17:25que l'Éthane
17:27ne fait rien
17:27parce qu'on voit
17:28que ce sont des jeunes
17:29qui ont déjà
17:29agressé.
17:31Éthane nous le disait,
17:32encore agressé,
17:33le père d'Éthane
17:33nous le disait
17:34et vous dites effectivement
17:35que l'Éthane
17:36ne fait rien.
17:38Le père d'Éthane
17:39disait que,
17:40voilà,
17:40on en appelle quand même
17:41à l'État.
17:42Si l'Éthane ne fait rien,
17:43qu'est-ce qu'on fait ?
17:44Bonjour Nicolas.
17:45Oui,
17:45bonjour à toute l'équipe.
17:47Merci beaucoup
17:48de m'avoir donné la parole.
17:50Alors oui,
17:51moi,
17:51le problème
17:52que je voulais souligner
17:54c'est que malheureusement
17:54c'est de plus en plus
17:55le cas
17:56et de pire en pire.
17:58C'est toujours
17:58la même chose.
17:59Alors oui,
18:00malheureusement,
18:00c'est un fait de société
18:02maintenant.
18:04On n'ose pas dire
18:05que c'est un fait de société
18:07sur beaucoup de choses
18:08qui se passent,
18:09etc.
18:09mais ça devient
18:10quelque chose
18:10de récurrent
18:11et malheureusement
18:12on voit bien
18:13que l'État
18:13ne fait pas ce qu'il faut.
18:15Si réellement
18:15il y avait des choses
18:16à faire,
18:17ce serait déjà fait
18:17et il y aurait des choses
18:19qui seraient faites
18:19sur la justice des mineurs,
18:20sur toutes ces choses-là.
18:22Donc c'est pour ça
18:22qu'il y a énormément
18:23le débat autour
18:24de la suppression
18:25de l'excuse
18:27de la minorité.
18:28Mais malheureusement,
18:30c'est un fait récurrent
18:31et c'est triste.
18:33Dans notre pays,
18:34dans la situation
18:34dans laquelle on est,
18:36on n'a pas besoin de ça.
18:37et je trouve
18:39que c'est assez dramatique
18:40surtout dans l'État
18:41dans lequel le pays
18:42est en ce moment
18:43et que malheureusement
18:45que ce soit du côté
18:46éducatif,
18:47etc.
18:48Malheureusement,
18:49c'est une part
18:49de responsabilité
18:50des parents,
18:51énormément,
18:51même s'ils sont
18:52soit adolescents
18:53ou tout juste majeurs.
18:56Mais pour les mineurs
18:57en tout cas,
18:58c'est une énorme
18:59responsabilité des parents.
19:01Et malheureusement,
19:02on voit bien
19:02qu'il n'y a pas
19:03grand-chose
19:04qui est fait
19:04à ce niveau-là.
19:05Il n'y a pas grand-chose
19:06ce qui est fait
19:07à ce niveau-là.
19:07Merci beaucoup,
19:08Nicolas,
19:08d'avoir témoigné
19:09en direct sur Europe 1.
19:11Vous appelez de Ronal,
19:12vous n'avez que 26 ans
19:13et effectivement,
19:14vous inquiétez
19:14pour la suite.
19:16Merci à tous,
19:16merci au père d'Étan
19:17qui a témoigné,
19:18merci à Étan
19:19qui a témoigné.
19:20Gérardine Amon,
19:21je vous sens bousculer.
19:21Non mais c'est une violence
19:22totalement décomplexée
19:24et ça n'annonce
19:25rien de bon
19:25pour la suite,
19:27malheureusement.
19:28Gabriel Cluzel,
19:29un dernier mot.
19:29Oui,
19:29moi je suis assez effrayée
19:31parce que quand je vois
19:32qu'Étan a 19 ans,
19:33enfin les parents
19:33ne vont pas quand même
19:34emmener sur leur lieu de travail
19:35en voiture
19:36leurs enfants de 19 ans.
19:37Ça veut dire que nos jeunes
19:38on va être obligés
19:38de les confiner
19:39pour qu'ils ne se fassent pas agressés
19:41pour laisser ces individus
19:43gambader eux
19:43dans la rue en tranquillité.
19:45C'est quand même
19:46le monde à l'envers.
19:47Dernier mot
19:47avant de laisser la place
19:48à Clélie Mathias.
19:49Moi ce qui me traumatise
19:50c'est que ces jeunes
19:51d'ici une dizaine d'années
19:52ça va être des parents.
19:53Donc comment vous pensez
19:54qu'ils seront en capacité
19:55d'éduquer des enfants
19:56c'est les prochaines générations
19:57qui viennent ?
19:59Et des parents
19:59qui sont totalement démissionnaires
20:00face à leurs enfants
20:01malheureusement.
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