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00:00C'est l'image qu'on attendait, celle de cette réunion du fameux Conseil de la Paix de Donald Trump
00:07qui se tient ce jeûne-dit à Washington.
00:09Toute première réunion de cette instance.
00:11Le chef de l'administration provisoire de Gaza, Alisha, est arrivé dans la capitale américaine.
00:16On l'a appris un peu plus tôt.
00:18Le président américain assure quant à lui avoir déjà rassemblé 5 milliards de dollars
00:22de promesses de dons pour les efforts humanitaires de reconstruction à Gaza, aujourd'hui en ruine.
00:28Bonjour à vous Marc Pierrini, vous êtes l'invité de ce journal, vous êtes chercheur au Carnegie Europe,
00:33ancien ambassadeur de l'Union Européenne en Syrie et en Turquie.
00:37Merci de prendre quelques instants pour répondre à nos questions sur France 24.
00:41D'abord cette question, somme toute assez simple, quelle est la légitimité de votre point de vue de ce Conseil
00:46de paix ?
00:49C'est essentiellement un objet personnel de Donald Trump.
00:53Comme beaucoup de choses dans sa diplomatie, c'est une diplomatie du milliard, du milliard de dollars.
00:59Il faut payer pour y rentrer, il faudra payer plus tard pour reconstruire Gaza.
01:04C'est la même chose qu'il faut payer pour avoir des monnaies virtuelles Trump ou avoir un rendez-vous
01:11avec Trump.
01:12Donc c'est la machine à sous, mais surtout c'est la négation même du système de relations internationales que
01:22nous avons connu depuis 80 ans.
01:24Ça vise à rendre les Nations Unies obsolètes, ça vise à rendre le Conseil de sécurité des Nations Unies obsolète
01:32et bien sûr à servir les intérêts d'Israël.
01:41Marc Pireni, on a un petit problème technique avec notre invité.
01:45Veuillez nous excuser la liaison, on n'est pas du tout parfaite.
01:47On va tenter de rétablir la connexion un petit peu plus tard.
01:52Je vous le disais, on commençait justement à commenter la légitimité de ce fameux Conseil de Pékistien aujourd'hui à
01:58Washington.
01:58Tous les regards tournés vers la capitale américaine.
02:01Alors qu'à Gaza, les frappes israéliennes, elles sont quotidiennes.
02:05Plus de 550 personnes ont été tuées depuis le début du cessez-le-feu le 10 octobre dernier.
02:10Depuis l'enclave palestinienne, vous allez le voir, que les commentaires autour de la tenue de ce Conseil de la
02:16paix sont plus que mitigés.
02:18Regardez.
02:21Au milieu des ruines, au soleil couchant, une dizaine de tables ont été installées.
02:26Ces Gazaouis célèbrent ensemble grâce à une association, le premier Riftar.
02:31La rupture du jeûne après le début du Ramadan.
02:34Un moment de joie partagé après deux ans et demi de guerre.
02:39Je suis venu avec mes enfants pour leur remonter le moral, pour qu'ils soient un peu heureux après la
02:44fin de la guerre.
02:46Deux ans et demi, c'est trop.
02:48Il faut qu'ils soient un peu heureux.
02:49Et là, ils ont l'air heureux.
02:55Pendant la guerre, durant le Ramadan, on ne pouvait même pas trouver un petit morceau de date ou un peu
02:59d'huile pour rompre le jeûne.
03:01Maintenant que la guerre est terminée, les conditions se sont beaucoup améliorées.
03:06Mais si les étals des marchés sont à nouveau remplis et que ce mois de fête sacré de l'islam
03:11apporte un peu de joie aux enfants,
03:13ils n'effacent pas complètement le traumatisme du conflit.
03:16Après plus de quatre mois de cessez-le-feu, les bombardements sont quotidiens dans la bande de Gaza.
03:21Et le nombre de victimes ne cesse d'augmenter.
03:24Beaucoup de familles dorment toujours sous les tentes et sont dépendantes des associations caritatives pour se nourrir.
03:30Cette année encore, nous observons le Ramadan sous les tentes et sans les choses de base.
03:35Mes enfants fabriquent leurs propres lanternes.
03:38On ne peut pas acheter de jouets qui sont chers.
03:40On ne peut rien s'acheter, même pas de légumes.
03:44Partout dans l'enclave, la reconstruction se fait attendre, tout comme la levée du siège imposé par Israël.
03:50Et la liaison est rétablie avec Marc Pierreni.
03:53Merci d'être toujours avec nous.
03:55On vient de le voir à travers ce sujet.
03:57On vient d'entendre aussi ces gazawis.
03:58L'idée de ce Conseil de la paix voulu par Donald Trump, c'était avant tout la reconstruction de l
04:03'enclave palestinienne,
04:04y établir aussi la paix.
04:05Force est de constater que depuis le cessez-le-feu du 10 octobre dernier,
04:08les frappes israéliennes sur le territoire palestinien sont quotidiennes.
04:12Plus de 550 personnes ont été tuées.
04:14Manifestement, ça ne fonctionne pas.
04:18Bien sûr.
04:19Et l'objectif du Conseil de la paix de Donald Trump, c'est désormais une place toute petite à Gaza.
04:26Ça va aussi s'étendre à l'Asie-Jordanie et à d'autres aspects de la politique au Proche-Orient.
04:34Donc, c'est un leurre pour couvrir les objectifs américains, qui sont d'abord financiers,
04:42et aussi de protéger ou de déguiser le soutien indéfectible des États-Unis au gouvernement israélien.
04:54Donc, on ne peut pas raisonnablement, honnêtement, appeler ça un Conseil de paix vu de l'Europe.
05:00Et néanmoins, vous voyez bien que M. Orban est présent, par exemple.
05:05Il y a tout de même aussi la présence annoncée, et on ne s'y attendait pas, de Ali Chatt,
05:11qui est le chef de l'administration provisoire de Gaza.
05:14Il est à Washington pour prendre part à ce Conseil de la paix.
05:17Ça, c'est quand même tout de même une première victoire pour le président américain,
05:21parce qu'initialement, ce Conseil de paix était organisé sans les Palestiniens.
05:25– Oui, en effet. Donc, le président américain a sûrement des raisons de se réjouir de cette présence.
05:34Néanmoins, comme pour d'autres d'ailleurs, c'est une présence contrainte.
05:38C'est-à-dire, vous avez bien vu dans les jours écoulés,
05:43qu'il y a ceux qui sont présents avec une volonté ferme de participer et de soutenir la politique américaine.
05:49Encore une fois, Viktor Orban, le Premier ministre hongrois.
05:52Il y a ceux qui ne veulent pas y être du tout, la France, la Pologne, etc.
05:59Et puis, il y a ceux qui veulent y être en se cachant derrière un statut d'observateur
06:04avec diverses nuances de gris là-dedans.
06:07Et puis, il y a ceux qui y sont, comme la Commission européenne,
06:11avec la Comité pour la Méditerranée,
06:13et qui est très vivement critiquée par les États membres, par le Parlement européen,
06:18parce que personne ne voit l'intérêt pour l'Union européenne de donner une caution de lieu à cette opération.
06:27Donc, c'est comme souvent avec Trump, une opération de bulldozer, si vous voulez.
06:34Un bulldozer surmonté d'un coffre-fort qui attire beaucoup d'intérêts avec lui.
06:42– Et en même temps, Marc Pirini, vous le soulignez à juste titre,
06:45ces statuts différents des États qui assument,
06:48comme le Premier ministre hongrois ou encore la Bulgarie qui est sur place,
06:52et en même temps le statut d'observateur.
06:54Est-ce que c'est parce qu'il y a une forme de peur aussi du président américain ?
06:58Ceux qui acceptent l'invitation sont avec lui.
07:00Ceux qui la refusent sont contre lui et pourraient en payer le prix ?
07:03– En effet, il y a cette peur, mais qui n'est pas une peur imaginaire.
07:09Il suffit de se reporter à début décembre de l'année dernière,
07:13avec la publication de la stratégie de sécurité nationale,
07:17qui dit très clairement que l'objectif des États-Unis désormais
07:21était de démanteler l'architecture politique de l'Union européenne.
07:25Il y a trop de règlements là-dedans.
07:27D'ailleurs, c'est contraire aux intérêts américains.
07:30Ça a été construit pour abuser les États-Unis.
07:34Et on déclare très ouvertement que les États-Unis vont désormais travailler
07:38avec les gouvernements « patriotiques » en Europe.
07:43Et qu'est-ce qui s'est passé dimanche, lundi, mardi ?
07:47C'est que Marco Rubio a visité, d'abord a fait un discours à Munich,
07:51qui allait dans ce sens, et a visité la République tchèque et la Hongrie.
07:56La Hongrie, comme par hasard, a quelques semaines
08:00d'une élection extrêmement difficile pour Victor Orban.
08:04Donc, vous avez un instrument politique,
08:07qui est la stratégie de sécurité nationale,
08:09qui ouvertement vit de travailler avec les pays patriotiques,
08:14comme la Hongrie, mais avec aussi les partis patriotiques
08:17quand ils ne sont pas au pouvoir,
08:19comme par exemple l'AFD en Allemagne,
08:22ou le Rassemblement national en France.
08:24Et donc, il y a un cadre beaucoup plus général dans cette opération-là,
08:28qui est de pousser jusqu'au bout les intérêts américains
08:34tels qu'ils sont vus par l'administration Trump.
08:36Et l'image à droite de votre écran,
08:41alors qu'il n'est pas tout à fait parfaite,
08:42veuillez nous en excuser,
08:43voilà de la photo de famille de tous les chefs d'État,
08:47de gouvernement et des ministres des Affaires étrangères,
08:49qui représentent les 47 pays,
08:51donc qui prennent part à ce Conseil de la paix.
08:54Images qui nous parviennent en direct.
08:55Voilà pourquoi elles ne sont, encore une fois,
08:57pas tout à fait parfaites, veuillez nous en excuser.
08:58Mais ça dit tout de même beaucoup de cette volonté du président américain
09:04de venir contrecarrer, voire même supplanter les Nations Unies.
09:08Marc Pierini, il a réussi tout de même à réunir plus d'une quarantaine de pays
09:13autour de ce projet, qui n'est pas seulement l'avenir de Gaza,
09:15qui voudrait clairement se soustraire aux Nations Unies
09:18et qui se vante de pouvoir régler d'autres conflits à travers le monde.
09:23– Oui, vous avez là un gros quart des membres des Nations Unies,
09:30bien que sur la photo, si je vois bien,
09:32on mélange ceux qui sont venus comme membres
09:35et ceux qui sont venus comme observateurs,
09:36mais peu importe, c'est une opération de communication.
09:39– Et le résultat, c'est qu'ils posent tous les uns à côté des autres,
09:42dans tous les cas, c'est ce qu'on retiendra, cette photo de famille.
09:43– Absolument, absolument, et c'est bien là où je vois,
09:48comme beaucoup de chefs d'État et de gouvernement en Europe,
09:51un danger énorme parce qu'on a peur, si on n'y est pas,
09:57d'avoir le lendemain des représailles, de nouveaux droits de douane
10:01ou que sais-je encore, et donc c'est la diplomatie du milliard de dollars
10:06et la diplomatie de vous êtes avec moi ou alors sinon vous êtes contre moi.
10:11C'est comme ça que fonctionne l'administration Trump,
10:13ça crée énormément de problèmes, y compris chez les pays
10:17qui ont adhéré avec enthousiasme à ce conseil de l'APE,
10:22comme par exemple la Turquie.
10:24La Turquie est là, elle veut être membre,
10:28le président Erdogan a été invité,
10:30il envoie son ministre des Affaires étrangères
10:32parce que c'est très difficile pour la Turquie
10:35de jouer le rôle de médiateur ou d'acteur
10:39qu'elle voudrait jouer à Gaza,
10:40étant donné la divergence totale qu'il y a entre Erdogan et Netanyahou.
10:46Pour les raisons que l'on connaît bien,
10:48puisque la Turquie a déclaré que le Hamas est une organisation
10:54qui n'est pas une organisation terroriste, pardon,
10:57et par ailleurs que ce qu'a fait Israël à Gaza
11:02était pire que ce qu'avait fait Hitler en Europe.
11:04Donc vous avez des contradictions,
11:08Marc-Iréni, c'est la raison pour laquelle...
11:10Mais au-delà de la contradiction, il y a un ministre qui est présent.
11:13Et c'est la raison pour laquelle aussi ce conflit
11:15que vous évoquez à l'instant entre le Premier ministre israélien
11:18et le président turc,
11:19c'est ce qui expliquerait aussi l'absence, justement,
11:21de Benyamin Netanyahou à ce conseil de l'APE
11:24puisqu'il envoie son chef de la diplomatie.
11:27– Oui, bien sûr.
11:30Tout le monde est intéressé parce qu'une initiative de Trump,
11:34ça va de l'avant quoi qu'il arrive.
11:35Il y a beaucoup d'argent derrière.
11:39On craint des représailles.
11:41Mais en même temps, ce que l'on voit,
11:44ce n'est certainement pas les deux États, évidemment,
11:47l'État palestinien aux côtés de l'État israélien.
11:49Ça, ce n'est pas dans les paramètres de M. Trump.
11:53Mais ce qu'on voit aussi, c'est une opération immobilière gigantesque
11:59qui, bien sûr, se fait à coups de bulldozers
12:03et de déplacements de population.
12:06Personne ne sait ce qu'il va être la politique américaine
12:10pour la Cisjordanie,
12:12où là, vous avez un conflit entre les colons qui s'étendent
12:15et les Palestiniens qui possèdent les terres
12:18et qui font de l'agriculture.
12:20Donc, on est dans une situation totalement nouvelle
12:23où les normes internationales
12:26ou le peu de normes internationales
12:28qui s'appliquaient encore au conflit israélo-palestinien
12:32disparaissent entièrement.
12:33Et c'est pour ça qu'il y a un très grand danger
12:35dans cette opération.
12:38Et au moment où l'on se parle,
12:39on poursuit cet échange, Marc Pirini,
12:41le président américain arrive sur cette estrade.
12:44Il rejoint ses chefs d'État et de gouvernement
12:46réunis pour ce tout premier conseil de la paix
12:49qu'il souhaitait lui-même.
12:50Il est en train de les saluer,
12:51suivi de son vice-président.
12:54Une prise de parole du président américain
12:57est attendue d'un instant à l'autre.
12:59Je vous garde un petit peu.
13:00Peut-être qu'on va l'entendre, le président américain,
13:02s'il prend la parole dans quelques instants.
13:04Mais Marc Pirini, on ne peut pas oublier aussi
13:06ce qu'avait déclaré son secrétaire d'État,
13:09Marco Rubio, il y a quelques jours,
13:11à peine à la conférence de Munich,
13:13qui expliquait en somme que les Européens,
13:15je reviens aux Européens,
13:16n'avaient d'autre choix que de se rallier aux Américains
13:19en étant forts.
13:20Nous voulons des alliés forts
13:21pour restaurer l'ordre mondial.
13:23On est là en plein dans cette séquence
13:25voulue par le président américain,
13:27ce nouvel ordre mondial
13:28voulu pensé par le président américain.
13:30Et ils sont en train de souscrire complètement
13:32à cette idée,
13:34ces hommes et ces femmes qui l'entourent aujourd'hui ?
13:36– Disons qu'ils apportent une caution à Donald Trump,
13:42certains en prenant des précautions,
13:44nous ne sommes là que comme observateurs, etc.
13:47Mais ce qu'il y a derrière le discours
13:49de Marco Rubio il y a quelques jours à Munich,
13:52et qui est la transcription exacte
13:55de la stratégie de sécurité nationale,
13:58qui elle-même était la transcription
13:59du discours de Jenny Vance il y a un an à Munich,
14:03c'est une opération de recomposition politique
14:07de l'Europe à la main des États-Unis.
14:10C'est ça le plus extraordinaire,
14:11c'est que les Européens ont même,
14:13les chefs d'État et le gouvernement européen
14:15ont mis énormément de temps
14:17à s'habituer à l'idée
14:18que 80 ans de l'Alliance
14:21après la fin de la Deuxième Guerre mondiale
14:24étaient totalement révolus.
14:27Et donc il faut se faire à l'idée
14:30que soit on se vassalise,
14:33soit on résiste.
14:35Et là, évidemment, comme d'habitude,
14:37l'Europe se fragmente,
14:38non pas parce qu'elle est simplement...
14:40Alors elle se fragmente ou elle se vassalise ?
14:44Pour le moment, elle se fragmente.
14:46Mais il faut voir ce qu'il y a derrière,
14:49c'est qu'il y a la très puissante diplomatie américaine
14:53qui travaille sur la Hongrie,
14:54sur la République tchèque,
14:55sur la Slovaquie.
14:57Comme je l'ai dit sur les partis patriotiques,
15:03donc l'AFD, le Rassemblement national,
15:05Vox en Espagne, l'Italie, etc.
15:09Et donc ils travaillent activement
15:12pour démanteler le mécanisme politique et économique
15:15de l'Union européenne qui les dérange.
15:18Donc cette opération que vous montrez à l'écran,
15:21c'est un des épisodes de cette stratégie,
15:25entre autres choses.
15:26Merci beaucoup Marc Dierigny.
15:28Merci d'avoir pris le temps de répondre à mes questions
15:31et de commenter à cette séquence en direct
15:32donc pour le coup d'envoi de ce conseil
15:35de la paix voulu par le président américain.
15:3947 Etats sont représentés à Washington.
15:41On reprendra une prise de parole
15:43du président américain dans quelques instants.
15:45Merci.
15:45Merci.
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