00:07Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans votre rendez-vous économique et on
00:12commence au Maroc avec l'économie verte qui prend un nouvel élan avec un financement
00:17européen stratégique. La banque européenne d'investissement accorde environ 100 millions
00:22d'euros pour soutenir la stratégie forestière nationale, un appui majeur pour un secteur qui
00:27couvre près de 9 millions d'hectares, soit environ 12% du territoire marocain. Les forêts génèrent
00:34près de 10 milliards de dirhams par an en valeur économique directe et indirecte. Elles constituent
00:39une source de revenus pour plus de 2 millions de personnes en milieu rural. L'objectif du
00:44programme est clair, moderniser la gestion forestière, renforcer la reforestation, structurer les filières
00:50bois et liège et améliorer la résilience face aux changements climatiques. Derrière l'enjeu
00:55environnemental, il y a une logique purement économique. Transformer le capital naturel en
01:00actifs productifs, durables et alignés sur les standards internationaux. Toujours au Maroc,
01:06un autre dossier économique concerne le commerce international, les tapis égyptiens. Le groupe
01:11oriental Weaverse voit le droit anti-dumping qui lui était appliqué révisé à la baisse. Le ministère
01:17de l'Industrie et du Commerce fixe désormais ce taux à 24,59% contre 35,33% auparavant. Cette
01:25décision
01:25clôt un réexamen partiel lancé en février 2025 et prend en compte les investissements stratégiques
01:31réalisés par l'exportateur, l'évolution de son système de gestion et de gouvernance et la
01:37dépréciation de la livre égyptienne. Le produit concerné reste inchangé, tapis et autres revêtements
01:43de sol en matière textile à fabrication mécanique, qu'ils soient noués, tissés, floqués ou en feutre.
01:50Pour les autres exportateurs égyptiens, le droit anti-dumping de 35,33% demeure inchangé. Cette
01:57décision illustre l'équilibre recherché par le Maroc entre protection de l'industrie locale et
02:02maintien des relations commerciales avec ses partenaires internationaux. En Chine,
02:07c'est un produit millénaire qui devient un pilier industriel stratégique, le T. Pékin vise une filière
02:13évaluée d'ici 2030 à 206 milliards de dollars. Aujourd'hui, la Chine produit plus de 3 millions
02:19de tonnes de thé par an et le secteur emploie plus de 30 millions de personnes. La valeur actuelle de
02:24la filière dépasse déjà les 42 milliards de dollars. Mais l'ambition est de multiplier la valeur ajoutée.
02:32Digitalisation, montée en gamme, modernisation des plantations et diversification vers la cosmétique,
02:37la santé et les produits dérivés. Il ne s'agit plus seulement d'exporter du thé brut, mais
02:43d'industrialiser toute la chaîne de valeur pour conquérir les marchés internationaux. En Indo-Pacifique,
02:49l'Australie engage l'investissement militaire le plus important de son histoire. Dans le cadre de
02:55l'alliance AUKUS, le programme de sous-marins nucléaires est estimé à 368 milliards de dollars
03:00australiens sur 30 ans, soit environ 240 milliards de dollars américains. Le plan prévoit l'acquisition
03:06de sous-marins américains, la construction locale de nouvelles unités et la création de près de 20 000
03:12emplois directs et indirects. Au-delà de la défense, c'est un choix industriel structurant.
03:17Développement de compétences nucléaires, montée en puissance technologique et intégration renforcée
03:22aux chaînes industrielles occidentales. Un investissement qui pèsera durablement sur les
03:27finances publiques australiennes, mais qui vise à consolider la souveraineté stratégique du pays,
03:32dans une région marquée par les tensions géopolitiques. En Amérique latine, la stratégie
03:38passe par l'unité et le commerce sud-sud. Le président Yamandou Orsi veut renforcer la
03:43coopération régionale et approfondir les liens avec Pékin. Les échanges commerciaux entre la Chine
03:49et l'Amérique latine dépassent aujourd'hui 450 milliards de dollars par an. Les investissements
03:54chinois accumulés dans la région dépassent 150 milliards de dollars sur la dernière décennie.
03:59En 2026, l'Uruguay prendra la présidence du groupe des 77, un bloc qui rassemble plus de 130 pays
04:06en développement. L'objectif est clair, peser davantage dans les négociations internationales
04:11et transformer le poids démographique du sud global en influence économique réelle.
04:16Enfin, en France, c'est une première pour le secteur bancaire. La Banque centrale européenne
04:21a imposé 7,550 millions d'euros d'astreinte au crédit agricole pour non-respect de ses obligations
04:28en matière d'évaluation des risques liés au climat et à l'environnement. C'est astreinte
04:33que la BCE distingue juridiquement de véritables sanctions disciplinaires, concerne un retard
04:37de 75 jours dans la transmission des résultats d'évaluation des risques climatiques demandés
04:43pour 2024. Selon l'institution de Francfort, la banque n'a pas suffisamment évalué
04:48la matérialité de ses risques climatiques avant l'échéance fixée. Le crédit agricole
04:53a pris acte de la décision tout en exprimant son incompréhension, estimant que la pénalité
04:58et de nature administrative et que les travaux demandés nécessitaient un niveau de granularité
05:03particulièrement élevé. Cet épisode illustre un tournant, les risques
05:08climatiques ne sont plus seulement environnementaux, ils deviennent des obligations prudentielles
05:13encadrées par les régulateurs. La finance européenne entre ainsi dans une nouvelle phase
05:17où la conformité climatique devient une exigence structurelle.
05:22C'était le tour de l'horizon économique, merci de l'avoir suivi.
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