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MEDI1TV Afrique : L'exposition "Feeligns" ou l'art de faire parler les visage - 15/02/2026
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00:09C'est avec un énorme plaisir que je vous retrouve sur Median TV pour cette nouvelle escale culture au cœur
00:15de l'Afrique et comme à notre habitude nous ferons un tour complet de l'actualité culture artistique sur notre
00:22continent.
00:23Nous parlerons cinéma, nous parlerons art, nous parlerons également littérature mais avant toute chose place à notre invité du jour.
00:35Et c'est avec un énorme plaisir que nous recevons aujourd'hui notre invitée du jour, c'est une femme,
00:40elle est artiste et on la reçoit notamment pour son exposition Feelings, elle est avec nous, elle s'appelle Jinen
00:47Sahbani, bonjour Jinen.
00:50Bonjour Amna.
00:52Merci d'être avec nous aujourd'hui dans l'Afrique en culture et on parlera dans quelques instants plus en
00:58détail de l'exposition Feelings.
01:01Mais avant toute chose, ce que l'on voudrait savoir c'est que vous aujourd'hui en tant qu'artiste,
01:07en tant que femme, avec votre parcours qui vous est propre, comment aujourd'hui vous décririez votre univers artistique ?
01:17Tout d'abord, je remercie Média TV pour cette invitation.
01:22En effet, je suis artiste autodidacte, j'ai toujours dessiné depuis mon enfance.
01:28À travers les années, j'ai découvert et exploré plusieurs courants artistiques, mais ces dernières années, je me suis surtout
01:36spécialisée dans l'art figuratif, notamment le portrait humain réaliste et hyper réaliste.
01:44Donc, pour moi, le corps humain est une quête où je peux explorer les différentes émotions et dans les œuvres
01:53que je dessine, les spectateurs, ils auront l'occasion de découvrir des visages, des regards, des postures, sans le reflet
02:03de mon expérience personnelle et de ma sensibilité.
02:08Votre sensibilité, justement, on va parler d'émotions, de sensibilité, notamment avec cette exposition Feelings, Ginene.
02:17Et à travers cette exposition, vous peignez des visages ultra réalistes, c'est comme des photos, en quelque sorte, que
02:25vous peignez vous, avec votre touche à vous.
02:28Et quelle est l'émotion première que vous vouliez laisser transparaître à travers Feelings, justement ?
02:40Alors, pour Feelings, c'était une exposition collective qui représentait plus de 50 tableaux, où il y avait plusieurs artistes
02:50qui y participaient.
02:51Pour moi, j'ai présenté 5 tableaux qui représentaient 5 émotions.
02:58Chacun ou chacune des œuvres, elles représentaient une ou plusieurs émotions.
03:04Et par rapport aux visiteurs, ils pouvaient, en fait, les observer, se poser des questions face de chacune de ces
03:14œuvres.
03:14Il n'y avait pas forcément une émotion particulière, parce que les émotions sont un langage universel et chacun peut
03:21les interpréter à sa façon.
03:24Donc, dans cette exposition, nous avons veillé à travailler sur la diversité.
03:33D'ailleurs, nous avons présenté des sujets de diverses cultures, où la culture marocaine, elle était bien présente.
03:40Et également, nous avons travaillé sur la diversité des générations.
03:46Notamment, on a travaillé sur des hommes et des femmes de différents âges, et des enfants aussi, avec plusieurs émotions
03:53présentes.
03:54Et vous nous parliez à l'instant de visiteurs, de publics, qui sont venus voir Feelings, où vous présentiez justement
04:02vos œuvres, Jinen.
04:05Et que ce soit vous ou les autres artistes, quel est le dialogue qui a été instauré, en fait, avec
04:12le public ?
04:18En effet, les visiteurs, quand ils se sont présentés à l'exposition, on a remarqué qu'ils avaient des exclamations
04:27immédiates,
04:29parce que chaque œuvre, elle avait une énergie émotionnelle immédiate.
04:35Donc, le dialogue, il était là.
04:38Chaque œuvre pouvait laisser transparaître, soit des sourires, des fois, devant certaines œuvres,
04:45des fois des silences, même des fois mon apnée.
04:51On avait des visiteurs qui venaient nous poser des questions par rapport, justement,
04:56à quel était le message à travers chaque œuvre.
05:01Pour ma part, le dessin et le tableau que vous voyez de la femme berbère, que j'ai appelée «
05:09Anamnèse »,
05:10a suscité beaucoup de réussite pendant cette exposition.
05:13Les spectateurs avaient l'impression, et ce qu'on m'a dit d'ailleurs,
05:19ils l'ont appelée la Mona Lisa Berbère,
05:22et on m'a dit qu'elle avait un regard vivant,
05:25et qu'ils avaient l'impression de les suivre par les yeux et de leur raconter une histoire très ancienne.
05:34Anamnèse est une femme d'un certain âge.
05:37C'est une femme berbère qui porte beaucoup de bijoux et un certain tissu
05:41qui m'a demandé beaucoup de temps pour travailler sur les détails.
05:45Mais j'ai veillé surtout à travailler sur les expressions et les micro-expressions sur son visage,
05:54ce qui a suscité un dialogue et une connexion immédiate
05:59devant chacun des spectateurs et des visiteurs qui ont eu lors de l'exposition.
06:05– Et avant de nous quitter, Jinen, on parle d'émotions,
06:11on parle de faire dialoguer le public avec des visages que vous peignez.
06:19Est-ce qu'il y a des matériaux que vous privilégiez pour faire transparaître cette émotion ?
06:26Est-ce qu'il y a quelque chose dans lequel vous vous sentez peut-être plus à l'aise ?
06:29– Oui, pour cette exposition, on a surtout travaillé avec le fusain et le graphite.
06:41Le fusain, c'est un produit, c'est une matière qui est brute,
06:48qui est complexe à travailler, qui nécessite une certaine technicité.
06:55Et en fait, par rapport à l'usage du fusain et le graphite,
06:59il nous permet que de travailler en noir et en gris et du blanc.
07:05Donc, on a écarté exprès les couleurs, justement,
07:09pour laisser aux visiteurs de se connecter directement à chaque œuvre
07:14et d'écarter la possibilité de distraction par ces couleurs.
07:20Et donc, le fusain nous permet de travailler les textures,
07:27les différentes profondeurs d'ombre, la lumière, par exemple, aussi.
07:32Et le graphite s'utilise vraiment à la fin pour travailler les détails
07:37de façon quasi chirurgicale pour atteindre un niveau hyper réaliste
07:42et avoir des œuvres quasi photographiques.
07:47En tout cas, on voit les images à l'écran.
07:51Magnifique travail, félicitations encore.
07:54Et merci d'avoir été avec nous, Gina.
07:55C'était un plaisir.
07:57Je vous remercie, Amna.
07:58Je remercie Média TV pour cette invitation.
08:01Avec plaisir.
08:08Et tout de suite, on continue de parler art dans l'Afrique en culture
08:13avec Michelle Maguema, une artiste contemporaine franco-congolaise
08:17dont le travail s'inscrit au croisement de la vidéo,
08:20de la performance et de l'installation.
08:22D'ailleurs, elle nous parle dans l'extrait que nous allons voir
08:25de son univers artistique en lien étroit avec son histoire personnelle
08:29et son héritage culturel.
08:30Son œuvre se construit à partir de la mémoire,
08:33qu'elle soit intime ou collective,
08:35et interroge la manière dont l'histoire coloniale et postcoloniale
08:38continuent encore aujourd'hui d'influencer les identités contemporaines.
08:43Maguema ne cherche pas à illustrer forcément une histoire officielle,
08:46mais à faire émerger plutôt des récits fragmentés,
08:50souvent silencieux, à travers les images, les gestes et les corps.
08:53On l'écoute d'ailleurs tout de suite.
08:56Ce dessin s'appelle « Le silence de Nzinga ».
09:00C'est un mot bakongo qui veut dire « fil »,
09:04qui veut dire « liane », qui veut dire « lien ».
09:08C'est une cartographie que j'ai réalisée à partir de plans de jardins botaniques.
09:22Je calque les plans et une fois que j'ai ces différents calques,
09:28je les superpose les uns aux autres et je fais concorder les lignes
09:33pour recréer un nouveau dessin.
09:39C'est presque une aventure en fait ce dessin,
09:42parce que suite à une expo que j'avais réalisée au FRAC Val-de-Loire,
09:51j'avais produit en fait une série de dessins,
09:55justement sur un jardin,
09:57et ça a été une petite fenêtre ouverte
10:00qui m'amène finalement à cette idée du jardin botanique
10:04et comment en fait il s'est organisé durant la période coloniale.
10:09Dans mes recherches, j'arrive au jardin d'Eyala, au Congo.
10:13Je me rends compte que le jardin d'Eyala
10:16est lié au jardin de Laken, ici en Belgique,
10:20et que dans son histoire,
10:23le jardin de Laken est lié au jardin de Metz.
10:28Il faut dire que Michel Magema nous explique,
10:31dans le deuxième extrait également,
10:32que nous allons voir comment elle utilise les archives,
10:36notamment les souvenirs et les traces du passé,
10:38comme matière artistique.
10:40Les images d'archives ne sont pas seulement des documents historiques,
10:44elles deviennent des éléments vivants,
10:45réinterprétés par l'artiste,
10:47pour questionner justement la mémoire, la mémoire collective.
10:50Ce travail met en lumière les tensions
10:52entre histoire officielle et mémoire personnelle,
10:55notamment dans le contexte colonial,
10:56en intégrant son propre corps ou des gestes répétitifs.
10:59Magema transforme l'archive en une expérience sensible
11:03qui invite le spectateur à réfléchir sur ce qui est transmis,
11:07oublié ou effacé.
11:09Dans l'histoire, les plants qui avaient été exportés du Congo
11:14ont été importés au jardin de Laken,
11:18puis finalement sont arrivés à Metz.
11:21Et là, commence mon aventure sur l'histoire de ces jardins,
11:26et puis cette question de la circulation du végétal
11:31qui résonne en moi,
11:33parce qu'il y a cette question du déplacement au niveau des plants,
11:37mais moi, ce qui m'intéresse également,
11:39c'est ce déplacement de l'humain dans ces migrations.
11:47Je suis en fait dans ces échanges
11:50qu'il peut y avoir entre le pays colonisé
11:54et le pays en fait colonisateur,
11:57à partir de la colonisation jusqu'à nos jours.
12:05En allant rechercher ces histoires autour des jardins,
12:10j'ai été amenée aussi à entrer en dialogue avec les botanistes,
12:14et là, je me rends compte qu'ils ont aussi des manques.
12:17Et je m'aperçois qu'ils sont dans une recherche
12:20où il y a le nom scientifique,
12:23il y a le nom vernaculaire,
12:24ils cherchent le nom en Kikongo,
12:26et je me dis que ça serait formidable,
12:29comme une boucle bouclée quelque part
12:32dans cette idée de réparation,
12:35de reconnexion,
12:36de faire intervenir mes parents
12:38pour retrouver certains noms perdus
12:42en Kikongo, par exemple.
12:46Donc tout ça s'organise,
12:48s'imbrique aussi d'une manière qui est très organique,
12:51très vivante,
12:53très en lien avec cette histoire,
12:56ces histoires qui nous concernent tous,
12:58puisqu'elles convergent toutes vers une mémoire collective.
13:03Je suis arrivée en France quand j'avais 6 ans,
13:06et déjà je m'interrogeais sur l'ampleur,
13:12en tout cas la dimension et la signification de déplacement.
13:16Qu'est-ce que c'est être déplacé ?
13:20Une thématique qui revient souvent dans l'art de Michel Magema,
13:23qui nous permet de comprendre comment le travail
13:26de Michel Magema dépasse le cadre du passé
13:29pour entrer en résonance avec les enjeux actuels
13:32à travers ses œuvres.
13:33Elle interroge l'identité,
13:34la place du corps,
13:35du corps féminin également,
13:36et les conséquences durables du colonialisme
13:39dans les sociétés contemporaines.
13:41Son art devient alors un espace de réflexion critique,
13:44mais aussi de résistance et de reconstruction.
13:47En reliant histoire, mémoire et présent,
13:50Magema propose une lecture engagée du monde contemporain,
13:53où l'art sert à questionner les rapports de pouvoir
13:56et à redonner une voix à ceux qui ont été marginalisés.
14:00Ils ont connu à la fois la colonisation,
14:04mais ils ont connu en fait cette décolonisation
14:07et ils ont connu la période de Mobutu.
14:10Trois périodes marquantes qui ont eu des incidences
14:15sur les personnes qu'ils sont et que je suis aujourd'hui.
14:22Et c'est effectivement, voilà, en devenant en fait artiste
14:29que j'ai commencé en fait cette exploration.
14:34Ils sont dans un silence tel que je suis obligée en fait
14:38d'aller vers eux.
14:39Je suis obligée en fait de leur extirper la parole
14:43pour nourrir en fait, me nourrir évidemment,
14:45mais pour nourrir aussi mon travail de recherche
14:48sur cette histoire qui est souvent présentée
14:52de manière européocentrée, unilatérale, etc.
14:59J'ai organisé en fait, voilà, les choses
15:02de telle sorte que je pouvais me permettre
15:06une circulation dans les différents médiums
15:10qui s'offraient à moi,
15:11de passer par la gravure sur bois,
15:14par le dessin, par la vidéo,
15:17pour organiser en fait un espace
15:20dans lequel j'invite l'autre,
15:22j'invite le spectateur à entrer
15:25au moment où je suis en train de chercher,
15:28je suis en train de débroussailler.
15:33Je la réalise en 2001-2002.
15:37C'est une installation vidéo
15:39qui présente donc deux écrans face à face.
15:44Dans le premier écran,
15:45il y a donc des images d'archés filmiques
15:48où l'on aperçoit en fait Mobutu
15:50et des images de foule.
15:56Et puis, en face,
15:58je me filme avec une robe bleue et blanc,
16:02sans tête ni jambe,
16:04mais le corps en mouvement.
16:07Et ce mouvement en fait caricature
16:10la marche militaire.
16:12Et c'est la robe que j'avais en fait,
16:13que j'ai reproduite quand j'étais
16:15à l'école maternelle
16:16où on chantait l'hymne national.
16:20On devait réciter le nom du président
16:23en entier avant de commencer la classe.
16:32Et tout de suite,
16:33nous parlons cinéma avec Afrotopia,
16:36réalisé par David Moussou,
16:38un film gabonais,
16:39sorti notamment en novembre 2025.
16:41Le récit suit Ezekiel,
16:43un jeune cinéaste gabonais,
16:44confronté à un dilemme personnel et familial.
16:47Son père, puissant homme d'affaires,
16:49souhaite qu'il rejoigne l'entreprise familiale
16:50qui projette donc de détruire
16:51une forêt sacrée,
16:53habitée par une communauté locale.
16:55Entre ses ambitions artistiques
16:56et le poids des traditions,
16:58Ezekiel doit choisir
16:59entre suivre son rêve
17:00ou défendre l'héritage culturel
17:02et naturel de son pays.
17:04On regarde ensemble la bande-annonce.
17:06Si on ne conserve pas les mangroves,
17:09il n'en restera plus rien d'ici 2040.
17:12C'est dans la boîte, M. Nguyenma.
17:14Je crois qu'il est temps
17:15que tu commences à travailler dans l'entreprise.
17:16Le bois, ce n'est pas mon domaine.
17:17Et c'est quoi ton domaine au juste ?
17:18La vidéo ?
17:19Si vous ne régularisez pas votre situation,
17:22une saisie sera certainement pratiquée.
17:25Ezekiel,
17:26nous sommes des bantons.
17:28Un chef n'avoue jamais ses faiblesses.
17:32Il a besoin de toi.
17:35Tu prends tes responsabilités,
17:37même si cela implique
17:38d'abandonner tes rêves.
17:41Bienvenue dans l'entreprise, fiston.
17:44Ton premier boulot consistera
17:45à aller au village.
17:47À Guimau aussi.
17:48Tu superviseras une étude
17:50avec mes ingénieurs.
17:52Limite-toi à faire le sale boulot
17:53de ton père ici
17:54et ne touchez pas à Bigousala.
17:56C'est une forêt sacrée.
17:56Votre famille n'a pas le droit
17:58de priver toute une communauté
17:59de quelque chose d'aussi précieux.
18:00C'est demain
18:03que l'exploitation
18:04de la forêt de Bigousala
18:05va commencer.
18:06Tu veux juste
18:07poursuivre ton père,
18:08alors que tu pourrais servir
18:09une cause bien plus grande
18:10pour ta propre commune.
18:11Et toi, si tu manges à ta faim
18:12et que tu arrives
18:13à faire ce que tu veux,
18:14c'est grâce à ce moi.
18:19Je suis Diambou Kutsinga.
18:21Je suis le chef de ce village.
18:23Nous sommes des bantous,
18:24des pigments.
18:25Tu nous appelles comme tu veux.
18:27Nous sommes des ancêtres du Chir.
18:28Qui nous ont baptisés
18:30Ghisasako.
18:31Nous vivons dans cette forêt sacrée
18:33de Bigousala
18:33depuis le long des temps.
18:35Pourquoi tu as fait chasser
18:36les Ghisasako
18:37de la forêt sacrée ?
18:38Mais depuis quand tu me parles
18:39sur ce tontoir ?
18:40De toutes les façons,
18:41ton père a un permis
18:43forestier sur les terres
18:44squattées par les Ghisasako.
18:46Il est libre de les chasser.
18:48Tout ça à cause d'un malentendu
18:49qui est vieux
18:50depuis de 40 ans.
18:51Quand je me suis rendu compte
18:53cette nuit
18:53qu'il t'avait aussi mangé l'esprit,
18:55j'ai décidé
18:56qu'il devait partir tout de suite.
18:58Voici la déforestation
18:59dont est l'objet
19:00la forêt sacrée
19:01de Bigousala
19:02qui est au-delà
19:03de toute législation.
19:05Afrotopia
19:05donc de David Mbussu.
19:07Le film se situe
19:08à la croisée
19:09du drame familial
19:10et du thriller
19:11dit écologique
19:12offrant une narration
19:12riche et symbolique
19:13puisque la forêt
19:14devient un personnage
19:15à part entière
19:16représentant la mémoire
19:17collective,
19:18la spiritualité
19:18mais également
19:19la résistance
19:20face à l'exploitation
19:21abusive
19:22des ressources naturelles.
19:23Ce lieu sacré
19:24élus également
19:25le lien entre identité culturelle
19:27et environnement,
19:28thème central du film.
19:30Afrotopia
19:31met également
19:32en avant
19:32la réappropriation culturelle
19:34tournée entièrement
19:35au Gabon
19:36avec des acteurs nationaux.
19:37Le film donne une voix
19:38authentique
19:38à la culture africaine
19:40loin des clichés
19:41souvent véhiculés
19:42par le cinéma occidental.
19:44Les décors,
19:44les costumes
19:45et la musique
19:46participent
19:47à cette immersion
19:48dans l'univers gabonais
19:49rendant l'histoire
19:50à la fois universelle
19:51et profondément
19:52enracinée
19:53dans la culture locale.
19:55Les personnages
19:55notamment
19:55Ézéchiel
19:56incarnent également
19:57la tension
19:58entre modernité
19:59et tradition
20:00puisque le jeune homme
20:00représente une génération
20:02consciente
20:02des enjeux mondiaux
20:04mais attachée
20:05à ses racines
20:06et à la mémoire
20:06de son peuple.
20:07Le conflit familial
20:08symbolise aussi
20:10la lutte
20:10entre héritage culturel
20:11et ambition personnelle
20:13un thème récurrent
20:14dans la littérature
20:14et le cinéma africain
20:15contemporain.
20:16Enfin,
20:17le film invite également
20:18le spectateur
20:18à réfléchir
20:19sur des questions
20:20actuelles,
20:21la protection
20:21de l'environnement,
20:22la transmission
20:23intergénérationnelle
20:24et la reconnaissance
20:26des cultures locales.
20:27Grâce à une esthétique
20:28soignée
20:29et à rester engagée,
20:30Afrotopia
20:31s'affirme comme une œuvre
20:32majeure du cinéma gabonais
20:33africain contemporain
20:35capable de susciter
20:36des bas réflexions
20:37sur l'avenir
20:37de notre continent.
20:44Et avant de nous quitter,
20:45nous parlons littérature
20:46avec Fatou Diom,
20:48connu pour sa langue
20:49dense, poétique
20:50et engagée.
20:52Dans aucune nuit
20:52ne sera noire.
20:53Les thématiques
20:54de la mémoire affective
20:55tissent et invisibles
20:57entre les générations
20:58et explorent
20:58le territoire sacré
21:00des héritages
21:00dits silencieux.
21:02À travers le portrait,
21:03ce portrait du grand-père
21:04présenté comme un
21:05maître à penser,
21:06à vivre,
21:07l'autrice interroge
21:08la filiation.
21:09Le deuil et la manière
21:10dont les êtres chers
21:11continuent finalement
21:12à vivre en nous,
21:13à éclairer notre nuit intérieure.
21:14Aucune nuit ne sera noire,
21:16dit-elle
21:16et c'est toute l'espérance
21:17de ce livre
21:18affirmé que l'amour
21:19transmis transcende la mort
21:21et que les ténèbres
21:22de la perte
21:22peuvent se teinter
21:23de lumière,
21:24souvent quand le souvenir
21:25devient force et refuge.
21:27Il faut dire qu'avec
21:28ce roman Fatou Diom
21:29mêle émotion
21:30et profondeur philosophique.
21:32L'autrice confirme
21:33encore une fois
21:34s'il le fallait
21:35sa place singulière
21:36dans le paysage littéraire
21:38contemporain,
21:38une œuvre à découvrir
21:40absolument.
21:41On l'écoute tout de suite.
21:43C'est vrai que quand le livre
21:44est terminé,
21:45j'ai l'impression
21:46de devoir maintenant
21:47sortir de ma bulle.
21:48Donc c'est un moment
21:49assez sensible finalement.
21:52En même temps tendre
21:53parce qu'on va l'offrir aux gens,
21:54mais triste aussi
21:55parce qu'on a fini quelque chose.
21:58Donc la première semaine,
21:59j'ai le blues
21:59quand j'ai fini.
22:00Donc j'ai hâte
22:01de recommencer autre chose
22:02parce qu'il y a un chemin,
22:04quelque chose qui est fini.
22:05Quand je dis,
22:06j'ai déjà dans mes premiers livres
22:07un rêve vécu,
22:08c'est un espoir fini.
22:10Donc c'est pareil,
22:10un livre déjà terminé,
22:12c'est un rêve terminé.
22:14Aucune nuit ne sera noire.
22:16Un très beau roman,
22:16lire d'urgence,
22:18il n'est pas encore fait ici.
22:19N'y a pas tout Dieu,
22:19mais on arrive à la fin
22:20de l'Afrique en culture.
22:22Merci encore une fois
22:23d'avoir été avec nous
22:24et puis on se donne rendez-vous
22:25dès la semaine prochaine.
22:26Sans faute,
22:27portez-vous bien.
22:34Sous-titrage ST' 501
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