00:02S.L.C. Salut les copains !
00:30S.L.C. Non mais...
00:30S.L.C. Sarah...
00:31S.L.C. Sarah, écoutez...
00:33S.L.C. Vous lui faites un compliment parce que justement il parle à la radio comme dans la vie.
00:39S.L.C. C'est vrai, exactement.
00:40S.L.C. Et ça c'est un compliment pour les gens qui font de la radio.
00:43S.L.C. C'est vrai.
00:43S.L.C. Bah écoutez, de Christian Morin, un compliment...
00:46S.L.C. Et là en revanche je suis un tout petit peu contrarié mon cher Pascal,
00:51parce que vous avez envoyé plusieurs pages de publicité et vous n'avez aucunement prononcé une page en couleur.
00:57S.L.C. Chère à ce grand journaliste qui était André Arnaud.
01:02S.L.C. Qui faisait le 12-30 et que vous avez bien connu.
01:05S.L.C. Alors c'est vrai qu'il y avait...
01:07S.L.C. Moi ce que je peux regretter aujourd'hui dans le monde de la radio, c'est qu
01:10'il y a quelque chose de plus lisse que jadis.
01:15S.L.C. C'est-à-dire que les personnalités que vous avez connues, les personnalités à l'antenne,
01:19S.L.C. étaient effectivement...
01:22S.L.C. Par exemple on acceptait les accents. Aujourd'hui tout le monde parle de la même manière.
01:26S.L.C. Tout à fait, c'est vrai.
01:26S.L.C. On essaie de ne pas l'être nous.
01:30S.L.C. Non, nous, non, mais dans la majorité des cas.
01:32S.L.C. Moi ça m'est arrivé de dire des trucs comme ça.
01:33S.L.C. J'ai quand même entendu André Arnaud, dans les années 70, 75, 78 à peu près,
01:39venir le flash de 16h, il est 16h, Robert Villard qui annonce, il est 16h, le flash André Arnaud.
01:44S.L.C. Bon, écoutez Robert, depuis tout à l'heure il n'y a pas eu de nouvelles, je
01:48reviendrai à 17h, j'aurai peut-être quelque chose à vous raconter.
01:51S.L.C. Il n'a rien raconté.
01:54S.L.C. Ce qui est formidable avec la radio, parce que quand on a grandi avec la radio, moi
01:58on n'avait pas la télévision, on voyait la vie en XXL.
02:01S.L.C. Je me rappelle du Tour de France, commenté par Fernand Choazel, qui était sur la route du
02:05Tour.
02:05S.L.C. Alors la route du Tour, et il décrivait une étape, peut-être qui n'a pas existé,
02:10mais qui était grandiose, et donc on rêvait en XXL.
02:13S.L.C. Moi, ça a ouvert l'imaginaire, je trouve, la radio.
02:15S.L.C. Faire de l'image à la radio, il y en avait un qui était formidable, qui est
02:18arrivé chez nous, après les quelques évictions de la radio nationale, c'est Frédéric Potcher.
02:25S.L.C. Il faisait vivre des procès, mais c'était exceptionnel.
02:28S.L.C. Il y en a Pierre Bellemare aussi, c'était extraordinaire.
02:30S.L.C. Je les foute encore sur Youtube.
02:33S.L.C. Frédéric Potcher, qui avait une voix.
02:35S.L.C. Marie Bezard arrive dans le tribunal.
02:39S.L.C. Effectivement, c'était...
02:41S.L.C. Non, ce qui m'intéresse, Christian Morin, qui est avec nous et qui a bien connu Europain,
02:44S.L.C. C'est comment les saltimbanks et les troubadours vivaient avec les gens sérieux.
02:49S.L.C. Parce qu'il y avait mélange quand même.
02:50S.L.C. Il y avait d'un côté les Etienne Mougeotte, les Jean-Claude Dacier, les Gérard Carraou dans
02:55la même maison.
02:56S.L.C. Puis à côté, il y avait les saltimbanks.
02:57S.L.C. D'ailleurs, vous, vous étiez entre les deux.
02:59S.L.C. On était entre les deux.
03:00S.L.C. C'est vrai que...
03:01S.L.C. Comment ce monde-là vivait à l'Europe ?
03:03S.L.C. Je ne sais pas, ça se passait mieux.
03:05S.L.C. On avait l'impression que ce n'était pas compliqué.
03:07S.L.C. Parce que tous les gens que vous citez, Dacier, Charles Villeneuve et quelques autres,
03:11moi je les ai vus débuter, ils faisaient les flashs la nuit.
03:14S.L.C. Quand j'étais, on faisait le soir.
03:17S.L.C. On nous apprenait notre métier avec tous les patrons.
03:20S.L.C. Je le dis souvent, mais le bonheur que j'ai eu au tout début à la radio,
03:25je reçois un coup de fil de la rédaction et la secrétaire me dit
03:28« Christian, Maurice Siegel, le grand patron d'Europe 1 avec Jean Gorini,
03:32voudrait vous voir lundi prochain après la conférence de rédaction. »
03:36S.L.C. Merde ! Qu'est-ce qui va m'avancer ? Qu'est-ce que j'ai fait
03:39?
03:39S.L.C. Il m'entendait le dimanche soir quand il rentrait de Deauville.
03:42Il y avait un grand journal à 22h30 puisque la télévision n'apparaît pas, la radio comme aujourd'hui.
03:49Et donc, il m'entendait.
03:52Et pendant un mois et demi, tous les lundis,
03:55j'étais après la conférence de rédaction reçue par Maurice Siegel qui me disait
03:58« Je vous ai entendu hier soir désannoncer un disque de Duke Ellington
04:02avec beaucoup plus d'enthousiasme que Sheila.
04:05Si vous n'aimez pas, vous ne le dites pas. Si vous aimez, vous le dites.
04:09Sachez que les programmes sont faits pour les auditeurs, etc. »
04:13Et ces hommes nous apprenaient à travailler.
04:16Quand on se faisait engueuler, on était relégués le soir, quand on faisait l'après-midi.
04:20Belmar, j'allais le voir, je ne comprenais pas comment il faisait.
04:22Belmar, il dit « Bien, une page de publicité, Robert Villard ! »
04:26Pendant la pub, il appuyait son micro d'ordre et il disait à sa secrétaire « Mickey,
04:32on ne sera que quatre au lieu de cinq chez Edgar à midi.
04:35Tu annules mon rendez-vous de l'après-midi, etc. »
04:38Le réalisateur, Jean-Marie Pantarachi, lui disait « Attention, retour de l'antenne dans 30 secondes. »
04:43Il reprenait l'antenne « Bien, déjà les shows ! »
04:45Hop, les frères roulant, et ça repartait.
04:47Je me demandais, j'allais le voir derrière.
04:49Mais au repas, au frais, on pouvait fréquenter des discours sérieux.
04:56Il y avait beaucoup de comiques, il y avait Jacques Beaudoin, je parlais de Pierre Pechat, je parlais de Coluche.
05:00Et la fesse.
05:01Jean-Yves La Fesse.
05:02La fesse, c'est plus tard.
05:04Mais Pierre Pechat faisait des coups de téléphone.
05:06Tout à fait.
05:06Alors, bien sûr.
05:08On l'a retrouvé, les saucissons Mireille, cher Fabrice Laffitte ?
05:11Oui, on l'a retrouvé, on peut vous le diffuser d'ici dix secondes.
05:14Le temps de l'heure qui allait proprement.
05:15Eh bien, voilà, les saucissons Mireille.
05:16Eh bien, allons-y, les saucissons Mireille.
05:18Allons-y.
05:20Voilà, c'est parti, les saucissons Mireille, ça arrive tout de suite.
05:23Ils arrivent bien.
05:24Il y a un petit souci aujourd'hui.
05:26Non, mais s'il y a un petit souci...
05:27Alors, les saucissons Mireille ?
05:29Mais non, ce n'est pas les saucissons Mireille, monsieur.
05:31Vous faites erreur.
05:32Ce n'est plus le même numéro, les saucissons Mireille.
05:34Alors, vous pouvez me donner, s'il vous plaît, les numéros des saucissons Mireille ?
05:37Mais je ne peux pas vous donner le numéro des saucissons Mireille.
05:39Je n'en fais rien.
05:39Moi, j'ai pris leur numéro à eux.
05:41Ah, donc vous êtes les saucissons Mireille, alors, si vous avez substitué le numéro ?
05:45Mais non !
05:47Comment ?
05:47Le numéro des saucissons Mireille a changé.
05:50C'est-à-dire que vous êtes installé, vous avez pris le titulaire des saucissons Mireille ?
05:56Voilà, j'ai pris le numéro des saucissons Mireille.
05:59Alors, qu'est-ce que vous faites comme genre de saucisson ?
06:01Mais je ne fais pas de saucisson, moi.
06:03Ce n'est plus le même commerce.
06:05Ah, c'est-à-dire que vous-même, maintenant, vous avez repris donc les numéros de téléphone ?
06:11Voilà, oui.
06:12Et vous vendez des saucissons Mireille ?
06:13Dites-moi, vous le faites exprès ou quoi ?
06:14Je vous dis que je ne vends pas de saucisson Mireille.
06:16Je vous dis que si c'est un magasin de photos, ça a changé.
06:19Ce n'est plus le même numéro.
06:20Alors, je voudrais de la galantine, des pieds paquets et des tripes de cas.
06:25Je vous dis, monsieur, que ce n'est pas les saucissons Mireille.
06:30Vous comprenez ?
06:31Alors, je voulais parler à Mireille.
06:32Vous voulez parler à Mireille ?
06:35Dites-moi, oh !
06:37Qu'est-ce que vous fabriquez ?
06:38Allo ?
06:38Bon, Pierre Péchat, évidemment, ce sont des choses qu'on ne ferait plus aujourd'hui.
06:43C'était un sketch, je ne me souvenais même plus, effectivement, aussi précisément de ce sketch.
06:49Pourquoi me dites-vous, Fabrice Laffitte, que c'est Christian Morin qui va lancer la pub ?
06:52Non, parce qu'ils ont envie d'entendre ma voix.
06:54Voilà, on a envie d'entendre sa voix et qu'ils nous annoncent une belle page en couleur.
06:57C'est ça ?
06:58Allez-y, chers amis.
06:59Voilà, une petite page en couleur, donc, dans un instant.
07:02Et il est 17h27, vous écoutez Europe 1.
07:05A tout de suite.
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