- il y a 1 jour
DB - 13-02-2026
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00:00Déjà, novembre a mis la main sur notre histoire
00:04Et noyé les chemins où je menais tes pas
00:07Déjà, la brume a recouvert notre mémoire
00:11Déjà, s'efface cet amour dont tu ne voulais pas
00:30Alors Fabien, c'est un tableau de chasse
00:59Chut, tais-toi, fais-moi plaisir
01:02Regarde, à la frange du Grand Chêne, la plus haute
01:06Tiens
01:07C'est un hibou ?
01:14Oh, tu me déçois Léon, tu ne connais rien
01:16C'est une chouetulotte
01:18Un mâle, je crois
01:20Il veille, il est discret
01:23Pas une seule cartouche brûlée comme d'habitude
01:26Plus une seule cartouche à brûler comme d'habitude
01:29Ah oui, mais 5 garènes, 2 faisans, 3 ramiers, plus les loupés
01:34Je t'en prends encore une
01:36Dernier exploit de la journée
01:39T'es pas un peu con, non ?
01:43C'est comme ça que les accidents arrivent
01:44Écoute Léon, une chouette, une autre, ça ne se mange pas
01:46Un corbeau à la rigueur, on peut faire de la soupe
01:48Mais vraiment, ce soir, je préfère un de tes garènes
01:51Si on a le temps de le préparer, je dis blague
01:52Mais absolument, chère
02:07Le Centre National des Prêts Hypotécaires
02:10Vous garantis à la fois le remboursement en capital
02:13Et le versement des intérêts à échéance fixe
02:16Même si l'emprunteur est défaillant ?
02:18Mais oui, même dans ce cas, c'est là l'avantage
02:20Ah bon ?
02:20Un notaire, à titre personnel, ne pourrait jamais vous assurer cette garantie
02:23Mademoiselle de Veig, monsieur Gouvreux
02:27Tu as oublié le lard coupé en D dans ta giblotte
02:31Ah bon ?
02:31Tu m'en veux pas ?
02:32Tu auras droit à un civet pour la peine cette semaine
02:34Vous savez que dans son livre de cuisine
02:37Madame de Saint-Ange affirme que le gibier réclame au moins 4 jours de mortification
02:41Sinon, il perd tout son fumet
02:43Ah, je peux te dire un mot ?
02:45Oui, oui, vous nous excusez
02:47Je vous en prie
02:47Le charmant
02:52Elle confond volatile avec lapin
02:55Mais enfin, le charmant
02:56Le lapin s'est aussitôt tué qu'il doit passer à la casserole
02:59Sinon, marinade
03:01Tu rentras à Lyon ce soir ?
03:06Non, cette nuit je reste en forêt
03:07Les oiseaux ?
03:09Nuit magnétophone
03:10Je ne peux plus rien te cacher, tu vois ?
03:15Si Hélène téléphone, j'étais avec toi
03:18Tu vas rejoindre Sylvie ?
03:24On ne peut rien te cacher, tu vois ?
03:26Bon, il est déjà
03:28Les heures du soir, la route est dangereuse, faites attention
03:30Je sais, tu me dis ça à chaque fois
03:32Disons que cette route, c'est ma pénitence
03:35Un chapelet de risque
03:37Je ne suis pas sûre, monsieur, que vous connaissiez l'ouvrage indispensable de Madame de Saint-Ange
03:45Mais si, j'en possède même l'édition originale parue en 1927
03:49Je me sauve, Fabien
03:52Mademoiselle
03:54A bientôt, Toubib
03:55A bientôt
03:55Pourquoi dit-il, Toubib ?
03:59Mais je le suis, effectivement
04:01Léon est un de mes clients, mais c'est aussi un ami
04:03Il veut peut-être dire sans doute que je me soigne particulièrement
04:08Ah, vous faites donc des différences entre vos pratiques
04:11Bonjour
04:18Bonjour mon chéri, tu as déjeuné ?
04:23Oui, je me suis arrêté à la Girodia comme d'habitude, avec Fabien
04:27Je lui ai promis un civet, un de ces soirs
04:30Tu as deux garennes dans le frigidaire et j'ai laissé un faisant au vanier
04:34Tu as bien fait, il en restait un des derniers week-ends
04:37Tu pourrais peut-être inviter les laronnières ?
04:45Ils étaient là hier soir
04:46Nous t'avons attendu très tard
04:48Bonne soirée
04:49Bon, tu sais
04:51A la télé, il n'y a vraiment rien de bien
04:53Nous avons fait une partie de tard
04:54Pourquoi n'êtes-vous pas sorti ?
04:57Mais tu n'as pas appelé
04:58Au dernier moment, le Toubib a voulu que je l'accompagne
05:02Tu le connais ?
05:03Safari nocturne et sonore
05:04Il lui faut toujours quelqu'un pour tenir le micro
05:06Tu vois, je crois que je vais lui trouver une bonne place
05:18Ouais, là elle est bien normale
05:21Bon, je me dépêche
05:24Alain m'attend au bureau, je vais me changer
05:26Les types de duceaux, tous les dossiers soient bouclés
05:28Tu rentres à midi ?
05:30Je ne sais pas, de toute façon je t'appelle
05:31Comme d'habitude
05:37Mais cher ami, vous me connaissez
05:39Je ne partage pas toutes les options du gouvernement
05:43Ce n'est pas à vous que je le cacherai
05:45Oui
05:47Je vous en donne l'assurance
05:49Mon entreprise créera des emplois nouveaux
05:51Oui, oui
05:53Oui
05:54Comptez sur moi
05:56Comme d'habitude
05:58A bientôt cher ami
06:01Tu entends ?
06:08On me confond moi aussi avec le pouvoir
06:10Tout ça devient ridicule
06:13J'ai l'impression que
06:16Vous me paraissez bien triste, monsieur le président
06:20Triste ?
06:22Moi ?
06:23Pourquoi serais-je triste ?
06:26Nous créons une filiale de plus et tu en prends la direction
06:28Moi ?
06:30Toi, monsieur le secrétaire général
06:33Saint-Etienne, ça te va ?
06:37Ou Grenoble, si tu préfères
06:38J'ai une option dans la zone industrielle
06:40Léon
06:42Vous savez, je crois que votre femme était très seule hier soir
06:46Tu es libre pour déjeuner ?
06:51Je suis toujours libre pour vous, Léon
06:52Vous le savez
06:52Alors viens, je t'emmène
06:53Saisi
07:00Oh, pardon
07:01Non, non, je n'ai plus besoin de vous ce matin
07:02Téléphonez pour retenir découvert, comme d'habitude
07:05Et prévenez ma femme qu'elle ne m'attende pas pour déjeuner
07:10Moi, je me trotte, hein
07:15Il doit déjà piafer en bas
07:16Je le vois d'ici, le gros minet
07:19Et surtout, n'oublie pas de prévenir la femme du patron
07:22Vous avez vu l'amour ce matin ?
07:33Bon, c'est pas brillant
07:34Ah, t'es ça
07:35C'est pas si con que ça que vous priez de Léon
07:37Non, Vinci, c'est tout de même lui qui a écrit l'habitude de tenir en main fil à plomb
07:41Alors tu apprécieras l'inclinaison des choses
07:44Pas plutôt de tes inquinets
07:46Joli thème de chronique pour ton canard
07:48C'est beau, on dirait du didane
07:51Tu vois, il n'aurait pas fallu quitter la montagne
08:01Mais ça, mes parents ne l'ont pas compris
08:03Ils ont donné raison à mon frère, comme d'habitude
08:06Nous sommes descendus à Amber
08:08Est-ce que j'ai pu en s'ouvrir ?
08:11Peut-être qu'un jour je te raconterai pourquoi je déteste tant la saison de mes culottes courte
08:14Un pot pour M. Bouvreux
08:18Vous avez aimé ce petit saison lentille ?
08:21Parfait, comme d'habitude
08:22Merci
08:22Et pourtant cette saison-là, c'était celle des myrtilles et des coulmelles
08:28J'en ai trouvé au flanc du pavin qui avait des chapeaux larges comme des ombrelles
08:32Le vent sifflait sur les gentianes dans les préavaches
08:36Le torrent, la couze, on disait
08:40Chantait partout dans les herbes rases
08:42Comme les poésies de Vermenouze
08:44Qu'on apprenait à la communale
08:46Et que le père Vialat m'expliquait quand je ne comprenais pas
08:48Aujourd'hui personne ne les connaît plus
08:50Vialat, le traducteur de Kafka, vous l'avez connu ?
08:53Tu lui dois beaucoup
08:54Je raconterai tout ça un jour dans un livre
08:57Il me disait
09:00Petit, l'Auvergnat descend de ses ancêtres
09:04Peu de gens aujourd'hui en France descendent encore de leurs ancêtres
09:07L'Auvergnat fait exception
09:09C'était la pauvreté mais c'était mon enfance
09:14Oui mais je pense que maintenant vous avez tout de même
09:17J'ai réussi, tu me l'as déjà dit, tout le monde me l'a dit
09:20Je sais moi que ma réussite n'est qu'une revanche
09:22La réussite, la vraie, c'est de se sentir bien dans sa peau
09:26Je me souviens de l'avoir été autrefois quand j'écoutais la nuit et son des cloches
09:30Pour savoir si nos bêtes, on avait 5 salaires et 2 au braque
09:34On regagnait bien le bureau
09:35Merci
09:37Un dessert monsieur Bouvreux
09:39Un café très serré, comme d'habitude
09:41Comme d'habitude
09:42Deux café
09:43Tu veux un alcool ?
09:46Bonjour
09:49Sylvie
09:52Tu vous croyais à Robert ?
09:54Je vous croyais à Düsseldor
09:55Patrice Pivoton, un jeune fête
09:57Ah, interview sans doute
10:00Ah non, non, simplement une conversation à bâton rompu sur l'abstraction figurative
10:05Allez, ciao Sylvie
10:08Ciao Patrick
10:09Vous prenez un café ?
10:14Volontiers, comme d'habitude
10:15Un café pour mademoiselle
10:17Oui, si
10:17Si vous le permettez monsieur Bouvreux, je préférerais ne pas être en retard
10:22Ah c'est vrai, les délégués du personnel n'aiment pas ça
10:26Tu me donnes ton après-midi ?
10:34Moi aussi pour une fois, tu ne peux pas me dire non ?
10:36Monsieur, votre vestiaire
10:37Merci, au revoir
10:39Bonsoir monsieur
10:39C'est pas drôle, tu sais, de te voir toujours en coup de vent par surprise
10:56C'est bien
10:58Ecoute, hier soir tu m'as réveillée, ce matin je ne t'ai même pas entendu partir
11:01A la Giroudière, on m'a dit que tu t'es passée très tôt
11:03Tu n'imagines pas que je puisse payer
11:05Surtout pendant la semaine
11:07Je suis trop seule, tu sais
11:10Avec ton métier, tu ne vas pas me faire croire que...
11:14Mon métier, par 11 ans, il y a que des papiers sur documentation
11:16Fini les grands reportages, ça coûte trop cher
11:19Alors on copie
11:21On ne nous demande même plus d'avoir des idées, ce serait trop dangereux, non ?
11:24Alors on tricote, comme des grands-mères, à la ligne
11:28Déjà à la retraite, quoi
11:30Tes copains, eux, ils en ont des idées
11:33Sur la peinture, par exemple
11:36Le groupe Cobra
11:38Tu vois ce que je veux dire ?
11:39Oui, très bien
11:40Tu as une cigarette ?
11:54Ce film de Bergman que tu voulais voir, que tu m'as parlé
12:01Au seuil de la vie ?
12:03Tu avais une idée ?
12:06Mais quelle idée ?
12:07Un enfant
12:10Enfin, tu veux divorcer ?
12:14Depuis le temps que tu me le promets
12:17Tu sais, j'avais fini par ne plus te croire
12:19Ce sont deux choses différentes
12:22Mais moi, je veux qu'il porte ton nom
12:24Il portera mon nom, rien n'empêche
12:27C'est drôle
12:29Par moments, j'ai l'impression de ne plus te connaître
12:32Quelquefois, je me demande même ce qui se passe dans ta tête
12:35Tu m'aimes ?
12:54Tu m'as dit ?
12:55Tu m'as dit ?
12:56Tu m'as dit ?
12:57Tu m'as dit ?
12:58Je t'ai dit ?
12:59Sous-titrage FR ?
13:29Tu n'es pas encore couché ?
13:32Je voulais t'attendre.
13:37Je connaissais le cinéma, mais je ne savais pas que la télévision, elle aussi.
13:41J'ai essayé de ne pas rater les dernières informations, il n'y a que ce qui m'intéresse, alors je laisse...
13:45Mais tu es là, tu comprends.
13:51Tu es content de ta journée ?
13:53Une journée comme les autres.
13:55Elles se ressemblent toutes.
13:57Ça finit par être fatigant.
13:59Ah si, j'ai annoncé sa promotion au petit Alain.
14:02Il est heureux ?
14:03Je ne le reste jamais, mais je crois qu'il est heureux.
14:05Et il a choisi sa ville ?
14:08Pas encore.
14:09C'est Cathy qui doit décider à cause des enfants.
14:12Pas à cause des enfants, pour les enfants.
14:15Ils sont exigeants.
14:17Ils ont toujours raison, même sans le savoir.
14:20Nous ne pouvons pas comprendre.
14:21Nous ne pouvons pas comprendre.
14:22Nous ne pouvons pas comprendre.
14:25J'en peux plus ce soir, je vais dormir.
14:29Je vais dormir aussi.
14:51Je vais dormir aussi.
14:55Sous-titrage Société Radio-Canada
14:57...
15:26Pourquoi tu ne me parles plus ?
15:42Mais qu'est-ce que tu veux dire ?
15:45Je sais pas.
15:47J'ai peur de tes silences.
15:52Ils font de grands vides.
15:54J'ai un plaisir de voir très froid.
16:00Mais on peut dire beaucoup de choses tout en restant silencieux.
16:04Il me semble que je te comprends très bien parfois.
16:08Même quand tu ne dis rien.
16:09Je suis très seule et...
16:15Trop sourd.
16:16Trop sourd.
16:24Tu as encore laissé le pick-up.
16:46Je ne sais pas.
16:48C'est le plus sourd.
16:52J'ai dormu.
16:54J'ai dormu en plein taille.
16:56Si tu ne parles m'ont pas pris sur une boule.
16:58J'ai dormu en les jours.
17:00T'aimez-vous.
17:01C'est parti.
17:31Ce que je voulais dire simplement, c'est que l'objectivité des chiffres n'est qu'apparente.
17:36Elle cache mal la subjectivité des évaluations qu'ils expriment.
17:40Ainsi, moi, je connais plusieurs entreprises qui, pour un même exercice, établissent deux bilans.
17:45L'un commercial et l'autre fiscal.
17:48C'est pas bête. Tu vas venir par me donner des idées.
17:52Et lequel des deux leur conseilles-tu de publier en fin d'année ?
17:56Eh bien, devine.
17:57Je ne sais plus qui disait que l'univers comptable était pire en déliens.
18:03Tu en connais, toi, des comptables en quête de percepteurs ?
18:06Bon, ben, tu as vu, ton dossier est fait après. J'ai revu l'ensemble des statuts.
18:11Comme d'habitude.
18:12Comme d'habitude. Alors, il n'y a plus qu'à réunir le conseil d'administration
18:15qui élira son président en directeur général en la personne d'Alain Larognère.
18:19Attendons tout de même que le conseil se prononce, on ne sait jamais.
18:24Je te fais confiance, puisque tu lui fais confiance.
18:27Alors, il est heureux ?
18:30C'est drôle, tout le monde me pose cette question.
18:34Il est heureux ? Oui, je suppose qu'il est heureux.
18:38Il a choisi Grenoble, la montagne pour les enfants, sa femme folle de ski.
18:43Il est heureux. Il a de la chance.
18:50Qu'est-ce que tu veux dire ?
18:52Je crois que toi aussi, tu...
18:55Je me sens très seul, Fabien.
18:59Enfin, tout de même, ce n'est pas parce qu'Alain...
19:01Enfin, c'est décidé sa promotion.
19:05Ce n'est pas à cause de ça.
19:13Je voulais te parler d'autre chose.
19:22Oui.
19:25Sylvie veut un enfant.
19:27Ah.
19:28Dis-moi.
19:30C'est elle ou toi ?
19:34Ton porto et ce coup d'eau que tu as apporté du Portugal,
19:37tu en as encore un verre ?
19:39Je crois, oui.
19:40Allez, viens.
19:40Je vais te montrer les derniers diapos que j'ai prises.
19:45Depuis le temps que tu m'annonces ton spectacle ornithologique,
19:48j'espère qu'il est prêt.
19:49Non, pas encore, mais enfin, ça commence à prendre tournure.
19:51D'ailleurs, tu vas voir.
19:56Tu te souviens ?
19:58À Saint-Aspect,
20:00le curé hollandais qui nous faisait la morale,
20:03ce concert de hululement.
20:06C'est cette année-là que tu avais baptisé Bossuet le hibou des mots.
20:10C'est un hibou ?
20:18Oui, mais un hibou moyen-du, caractérisé par l'iris orange,
20:21les oreilles fortement découpées.
20:23Tiens, quelquefois, on a l'impression, écoute,
20:25qu'il crie son nom.
20:28Mais tu sais, le moyen-du qui est très méfiant,
20:29à la moindre alerte.
20:32Sans m'enlève, vos réflecteurs paraboliques,
20:33jamais je n'aurais pu capter le sang.
20:34Si on pouvait enregistrer le cœur des hommes,
20:37il y en a peu qui créeraient leur nom.
20:39Les plus farouches, peut-être.
20:41Même pas de voir malheureux.
20:43Essaie de comprendre.
20:44Oui.
20:46Tiens, j'ai noté cette phrase, ce matin.
20:49Ma tendresse s'accumule dans une chaumière
20:51où il n'y a plus de feu.
20:53Alors, vraiment, tu crois que Sylvie...
20:55Je ne crois rien.
20:57Sylvie souhaite un enfant.
20:58Moi aussi, c'est très simple.
21:00Hélène, qu'on s'en divorce ?
21:02Ça, je ne m'y attendais pas.
21:04Mais tu mélanges tout, comme d'habitude.
21:06Qui te parle de divorce ?
21:07Mais moi.
21:08Car ce qui te paraît simple,
21:10me paraît clair.
21:11Si tu ne divorces pas,
21:12l'enfant de Sylvie est adultérin.
21:14Si tu veux qu'il devienne ton fils,
21:16le juge exigera le consentement d'Hélène.
21:19Du conjoint bafoué, comme dit la loi.
21:22La loi.
21:23Et si Hélène l'accepte, cet enfant ?
21:25Eh bien, justement.
21:27Ma loi du bon sens, si Hélène l'accepte,
21:29l'enfant portera ton nom,
21:30mais Hélène ne sera jamais sa mère.
21:32Ensuite, le juge t'attuera sur la garde de l'enfant.
21:36Comme en matière de divorce, tu vois.
21:38On y vient, et cette garde sera inévitablement confiée à Sylvie.
21:41Est-ce vraiment là ce que tu souhaites ?
21:44Je ne sais plus.
21:46Ah, tu voudrais légitimer un enfant comme tu crées.
21:49Une filiale.
21:50Enfin, soit raisonnable.
21:52Tu n'as jamais compris ce que Sylvie...
21:54Tu connais mon sentiment là-dessus,
21:55je ne te l'ai jamais caché.
21:57De toute façon, je vais à Amber.
21:59Je veux voir Sylvie.
22:01Bien.
22:02Oh, vous, mon cœur, cœur indécis,
22:16dites la fin de cette fuite.
22:18Vous qui battez, sûr et précis,
22:22où mènera votre poursuite ?
22:25La réunion des parlementaires est repère aujourd'hui.
22:34Certains parlent d'une réunion de défoulement.
22:38Le temps de la neige...
22:39Mademoiselle est servie.
22:58Tu veux un café chaud ?
23:00Oui.
23:05Qu'est-ce que tu es drôle avec tes attifs de gymnastique ?
23:08On dirait un instituteur en vacances.
23:17Bonjour, vous.
23:19Un gentil instituteur
23:20qui donne des leçons particulières.
23:26Et si on faisait maintenant
23:28un enfant, un bébé ?
23:30Du dimanche.
23:31Ce téléphone.
23:43Ce téléphone.
23:43Tu es là ?
24:01Oui.
24:03Le café doit être complètement froid.
24:04Tu veux que je t'en rapporte ?
24:06Du moment où tu parles payes,
24:07je veux résoudre tout d'ailleurs.
24:30Je savais bien que je te retrouverais ici.
24:32Je n'arrive pas à comprendre ta passion pour les cimetières.
24:35Mais les cimetières ne sont pas tristes.
24:38C'est peut-être pour ça.
24:40Enfin, la mort tout de même ?
24:42La mort, oui, bien sûr.
24:45Mais la mort ne se rencontre
24:47que dans les cimetières où l'on n'enterre plus.
24:49Tu l'aimais tellement.
24:54Je l'admirais beaucoup.
24:57Tu dois presque tout.
25:00C'est lui qui m'a appris
25:01à faire des ricochets
25:03près du pont, sur la d'or.
25:06Il choisissait les galets,
25:07il me donnait les plus minces,
25:08les plus lisses.
25:10Je me souviens de lui, c'est vrai.
25:11Donc il est vivant.
25:14Tiens, écoute.
25:16Lui aussi s'est souvenu
25:17de ces petits cailloux
25:18qu'on lançait avec art.
25:20Un art qu'il m'apprenait.
25:23On les entendait gifler l'onde
25:25et leur vol
25:26lançait sur le fleuve
25:28un pont immatériel
25:29dont les dernières arches
25:31filaient sur l'eau
25:32comme une couleuvre
25:33et se perdaient au loin
25:35dans une traînée d'argent.
25:43Tu as aimé cette musique ?
25:47Pas toujours.
25:49Parfois, elle me rassure.
25:51De plus en plus souvent.
25:57Tu peux l'arrêter.
25:58Oui.
26:01Tu as fini ?
26:03Oui.
26:03Allez bien.
26:05Il faut que j'ai des barrages.
26:05Laisse-lui le faire
26:06comme d'habitude.
26:06Je t'ai des barrages.
26:13Bonjour, vous.
26:14Pas maintenant.
26:15Pourquoi ?
26:17Tu m'en veux tout de même
26:18pas pour ce matin ?
26:19Non.
26:28Oui, excuse-moi.
26:28Je t'ai pas fini.
26:54Je t'ai pas fini.
26:55Vous êtes arrivé ?
27:08Oui.
27:08Vous pouvez arrêter ça ?
27:09Il passait dans le coin
27:16alors je leur ai proposé
27:17de s'arrêter.
27:18Pour parler peinture ?
27:19Écoute, sois pas belle.
27:23Hier, je t'ai attendu
27:24toute la journée.
27:25Est-ce que je savais
27:26que tu resterais
27:26tout le dimanche ?
27:28D'habitude,
27:29tu ne dis jamais rien.
27:30Avec toi,
27:31il faut toujours deviner.
27:31Tu sais très bien
27:33que je ne peux pas
27:34prévoir.
27:34C'est difficile.
27:37Tu viens avec nous ?
27:39Non, j'ai affaire
27:39dans le jardin.
27:40Bienvenus !
27:45Bienvenus !
27:47Bienvenus !
27:48...
27:49...
27:50...
28:03Tu sais, je crois qu'avant d'en parler aux autres, on ferait bien d'en discuter entre nous pour mettre ça au point.
28:16D'accord. Ok, je te vois dans cette minute.
28:17Merci.
28:29Non, t'inquiète pas, tu sais qu'il est attaché.
28:31Je crois que tu n'imagines pas à quel point il peut être gentil.
28:34Oui !
28:36C'est parti !
28:37Non, c'est parti !
28:39C'est parti !
28:39C'est parti !
28:40C'est parti !
28:42C'est parti !
29:12Le studio de Lyon était à toi déjà.
29:24Cette maison aussi sera tienne.
29:27Je fais le nécessaire dès maintenant et Fabien s'occupera de tout.
29:34Je n'aurais été dans ta vie qu'un ricochet.
29:38Au moins, y aurais-je laissé une traînée d'argent.
29:42Tu vois, je deviens méchant.
29:47Je sais que tu seras heureuse.
29:50Je sais aussi que je t'aurais beaucoup aimé.
29:54Mais notre vie devenait comme cette musique.
29:59Une parodie.
30:00Hello.
44:47Je vais aller mettre un petit peu de musique.
44:53Vous savez que j'ai toujours adoré la musique.
44:57Il me reste au moins ça.
45:03Vous ne m'avez pas toujours tout dit, Fabien.
45:06Vous devriez me confier, Eric, le week-end prochain.
45:10Je vous le confie.
45:12Alors comme ça, Léon, il n'aurait pas laissé de testament.
45:13Et vous, vous vous dérangez jusqu'ici pour nous le dire.
45:19Vous nous prenez pour qui, M. le notaire ?
45:21Je suis venu vous informer, M. Bouvreux, comme il est de mon devoir.
45:26Je ne crois pas que vous vous soyez dérangé pour la mort de votre frère.
45:29On a bien dû lire le journal, nous, pour être au courant.
45:31J'ai attendu l'appel de votre avocat.
45:33Je ne pense pas qu'il ait tenté de me joindre.
45:36Mon avocat, il fait ce que je lui dis, et quand j'y dis...
45:39Enfin, tout de même, il va bien falloir que nous envisagions...
45:42Quand ça nous plaira, nous avons le temps, nous.
45:44On ne peut tout de même pas discuter comme ça, en laissant mettre le tourtoir debout.
45:49Tout est moins important pour tout le monde.
45:52Si on passait dans la salle à côté...
45:53Absolument, tu as raison.
45:54Maître, si vous voulez bien.
45:56Parfois.
45:56Je vous en prie, M. Bouvreux, mettez-vous à l'air.
46:12Je vous remercie.
46:13C'est vrai, ça, on se demande bien pourquoi vous êtes si pressé tout d'un coup d'arranger les choses, hein ?
46:23M. Bouvreux, je vous en prie, il est nécessaire de bien examiner la situation.
46:28Hélas, votre fils n'a pas laissé ce testament.
46:30Ouais, c'est toujours ce qu'on dit quand il y en a que ça arrange.
46:35Entendons-nous bien.
46:37M. Bouvreux, vous ne pouvez absolument rien faire.
46:39Si je suis venu, c'est uniquement par correction.
46:43Ceci dit, votre frère me confiait toutes ses affaires.
46:47Personne ne peut mettre en doute cette évidence, il n'y a pas de testament.
46:51Depuis, on n'ignorait pas qu'il était marié sous le régime de la séparation de biens, et je pense...
46:55Pardon, madame.
47:09Éric, sois gentil, ne fais pas trop de bruit.
47:16Il peut venir dans la maison, pourquoi vous ne pouvez pas rentrer ? Tu vous donneras l'invité.
47:20Merci, madame.
47:22Éric, viens.
47:24Viens nous rejoindre.
47:27Merci.
47:27Merci.
47:32Il y a peut-être des choses qu'on pourrait quand même savoir.
47:35Mais vous pouvez tout savoir, hein ?
47:38Il n'y a pas de testament.
47:41Passons.
47:47Mais il y a le reste.
47:49Le reste ?
47:50Je ne vois pas à quoi vous faites allusion.
47:55Bonjour, madame.
47:56Tu t'ennuyais tout seul, hein ?
47:58Alors, qu'est-ce qui te ferait plaisir ?
48:00Des gâteaux ou une tartine de beurre ?
48:02Comme vous voulez, madame.
48:04Éric, tu laisses ton ballon.
48:05Tu sais très bien qu'on ne joue pas au ballon dans une maison.
48:08Il est passionné pour le football.
48:10Il n'y a jamais moyen de laisser pas rélever son ballon.
48:12Il est mignon.
48:13C'est un petit garçon que j'aime beaucoup, madame.
48:16Et dont je m'occupe beaucoup aussi.
48:18Il en a bien besoin.
48:21Comment t'appelles-tu, Éric ?
48:22Éric Bouvreux.
48:23Belle Corrine, tout ça.
48:26Ça fait un moment que je vous voyais venir.
48:27Pas de testament, pas de contrat.
48:29Mais le Morveux, lui, il est là.
48:31Un monde qui ne l'a pas été foutu de faire lui-même.
48:33À toi, la ferme !
48:35Ah oui, assez.
48:36Pas devant lui.
48:37Ça, je vous le défends.
48:39Eh, viens avec moi dans la cuisine.
48:41Je vais te faire une bonne tasse de chocolat.
48:42Allez, viens.
48:43C'est encore sa femme qui est derrière ce coup-ci, pas vrai ?
48:46Dites le contraire.
48:47Elle a tout le temps tout manigancé.
48:48J'ai dit la ferme.
48:50Ça suffit comme ça.
48:51Avec toi, ça suffit toujours.
48:52On se fout de ta gueule, ça suffit comme ça.
48:55On te crache sur les pieds, ça suffit comme ça.
48:57On t'amène un bâtard.
48:59On dit qu'il porte ton nom, et ça suffit...
49:00Je ne répéterai pas.
49:02Maintenant, c'est à moi de dire.
49:05J'ai eu voir tout seul où c'est qu'on en est.
49:07Ton affaire, tu fais marrer.
49:09On t'a tout le temps pris pour un pauvre type.
49:10Léon comme les autres.
49:11Pire que les autres.
49:12Il t'a tout le temps emmené par le bout du nez.
49:13Comme un con.
49:14Par le bout du nez.
49:16C'est peut-être bien toi qui m'as tenu, mon bout du nez.
49:19Deux jours où t'as voulu quitter la montagne,
49:21et que je t'ai écouté.
49:23Parce que tu vas peut-être dire aussi que Léon, c'est moi...
49:24Léon, il est mort !
49:26Il n'y a plus rien à dire sans lui.
49:28Alors, fous le camp.
49:30Fous le camp, je te dis !
49:34Ça, vous n'êtes pas près de m'avoir ?
49:38Depuis des années que j'en ai ma claque.
49:40Et vous, le notaire, ça vous entendrez parler de moi, hein ?
49:43Parole !
49:44Ainsi, maître, vous avez bien connu mon fils Léon.
49:52C'était mon meilleur ami, depuis le collège, Amber.
49:55Asseyez-vous, maître.
49:58J'ai à voir avec vous.
50:00Mais moi aussi, j'ai à voir avec vous, monsieur Bouvreux.
50:02Pardon.
50:02Pourquoi ils ont crié si fort ?
50:09Parce que ce sont des hommes.
50:11Ils crient souvent.
50:13Même quand ils ne savent pas pourquoi.
50:15C'est vrai qu'on pourrait être ma grand-mère ?
50:18C'est vrai.
50:19Alors, pourquoi Fabien ne voulait pas que je le dise ?
50:21Bois ton chocolat.
50:22Eh bien, tu l'as eu, ta messe de minuit.
50:36La couleur, tu sais, c'est quelque chose.
50:39Oui, mais maintenant, j'arrête.
50:45Vous ne regrettez pas trop Grenoble, ce soir ?
50:47Non, au contraire.
50:48C'est sûr que c'est toi.
50:49Les enfants sont heureux.
50:50Mais mon gros, c'est moi.
50:51Les autres cadeaux, c'est pour moi aussi ?
50:53Oui, ce soir, tout ça, c'est pour toi.
50:56Et bientôt, tu auras tout le reste.
50:58Comment ça ?
50:59Oui, on t'expliquera plus tard, avec le notaire.
51:05Fabien, regarde.
51:08Elle est belle.
51:09Et moi, je crois que j'ai encore un plus beau cadeau pour toi.
51:11Plus lait.
51:13La lettre que tu attendais.
51:15Ton père avait cliqué d'avant son départ, pour toi.
51:18Eric.
51:18De quel temps serons-nous si d'un seul temps nous deux nous fûmes ?
51:23Du temps que je vêtais de haut les pauvres cheminées qui fument.
51:26Alors, Noël neigeait doux sur les clochers tintants de brume, sur le vieux coffre où l'on met tout, fumait la dinde que l'on hume.
51:37Le flanc luisait de sucre roue, et tard la nuit chantait l'enclume.
51:42Grand-mère écoutait notre tout, et si nous n'avions pas de rhume ?
51:47Du haut du ciel gris, Amadou crevait des oreillers de plumes.
51:51Eric.
51:53Si de ce temps nous fûmes, de quel temps demain serons-nous ?
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