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  • il y a 2 jours
DB - 13-02-2026

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00:00Tu peux faire tes vroum vroum, c'est pas ça qui va me faire des péchés, au contraire.
00:09Mais je t'assure, ce qui...
00:10Non, parce que si je n'étais pas là, nos affaires arriveraient toutes froissées, comme la semaine dernière.
00:14Mais je le reconnais, mais je t'assure que j'avais pas l'intention de...
00:17J'espère que tu vas pas oublier la moitié des choses encore.
00:19Mais non, rassure-toi, tout est là, j'allais pas oublier ton sèche-cheveux électrique une fois, ma suffis.
00:30Quel sale caractère !
00:54Je te fais une réflexion parce que tu roules trop vite, maintenant tu traînes comme une tortue.
00:57Tu peux pas être un peu gentil, non ?
00:58Mais si, ma chérie, j'admire le paysage.
01:01On va passer un bon week-end, tu verras.
01:03Alors, on s'ouvre, on croit ?
01:06Alors, on s'ouvre, quoi ? Où sont les bonnes résolutions ?
01:18Alors, on s'ouvre, quoi ? Où sont les bonnes résolutions ?
01:32Juste une dernière, là, pour me détendre.
01:34C'est ça.
01:35Et le restant du paquet, pour fêter le super-démiroche.
01:37Et le paquet, pour les gauchers, c'est le but.
01:39Oh, ben, tu le fais exprès, non, c'est pas possible.
01:40Voilà le deuxième but que tu me fais manquer.
01:42Je ne veux pas, ils vont en marquer d'autres.
01:45Non, écoute, arrête, Sophie, arrête.
01:46Bon, j'espère que tu n'en as pas mis sur la moquette.
02:14On ne pourrait pas ravoir les tâches.
02:15Tu ne vas pas en faire un drame.
02:17Mais il y aurait de quoi, tout de même ?
02:19Je pense qu'on a attendu jusqu'à la mort de mes pauvres parents
02:21pour se payer une résidence loisir.
02:22Ce n'est pas pour tout esquinter à peine arrivé.
02:24Oui, oui.
02:25Bon, alors, adieu à mon match, maintenant, ça y est.
02:27Oh, dommage, ton match.
02:28Mais tu n'as jamais fait aucun sport de ta vie.
02:29Oui, oh, ben, avec toi, regarder la télé, hein, c'en est déjà.
02:33Vraiment, quel plaisir, tu peux éprouver à rester rivé devant ce poste.
02:37Tu ne pourrais pas regarder autre chose, non ?
02:38Ben, quoi ?
02:39Moi, par exemple.
02:41Comment trouves-tu ma tenue de tennis ?
02:42Ah, ben, très bien. Mais tu n'as jamais tenu une raquette de ta vie.
02:46Je vais prendre ma première leçon cet après-midi.
02:48D'ailleurs, si tu étais très gentil,
02:50tu te déciderais à apprendre au jour et à tous les deux.
02:51Ah, ben, merci bien. Tu ne me laisserais pas gagner.
02:53Oh, mais si.
02:54Ah, puis, tu sais, ça te ferait le plus grand bien.
02:56Tu n'aurais plus cette tête sinistre d'enterrement
02:57que tu as à chaque fois que tu arrives ici.
02:59Mais essaie de me comprendre.
03:00Mon plus grand plaisir, c'était d'admirer la vue
03:03avec les jumelles que tu m'avais achetées.
03:04Alors, maintenant, qu'est-ce que je vois un immeuble
03:06qu'on nous a construit là, juste en face.
03:08Tu ne vas pas rabâcher toujours la même chose.
03:10On ne sait jamais, ça peut s'arranger.
03:11Non, tu parles.
03:13Après tout, c'est de ta faute, hein.
03:14Il y a plein d'agents immobiliers sérieux.
03:16Il a fallu que tu ailles chercher ton Pierre Folio,
03:18le seul farceur de la région.
03:19Mais ils ne pouvaient pas imaginer qu'on allait construire...
03:21Bien sûr que si.
03:22Bon, qu'est-ce que c'est encore ? On ne peut jamais être tranquille.
03:25Je parie que c'est Spicassiette qui essaie de se faire inviter à dîner.
03:27Mais sûrement pas.
03:28Non, mais je te le dis.
03:30Je reconnais son plus sonnette de Playboy à tarder.
03:34Salut les enfants.
03:35Bon voyage.
03:36Ah, fait bon ici, parce que là, dis donc, qu'est-ce que ça tape ?
03:39Ah, ça tombe bien, ça.
03:41Très chic, Sophie.
03:42Une vraie tenue de championne.
03:44Merci.
03:44Et donc, j'ai rendez-vous dans dix minutes avec un gros client,
03:47et je passais devant votre immeuble,
03:48et je me spouche.
03:49Je n'ai pas pu résister au plaisir de monter vous dire un petit bonjour.
03:53C'est une surprise, non ?
03:54Pas du tout. Nous parlions de vous, justement.
03:56Ah, bien, j'en suis sûr.
03:58Jacques me demandait si vous alliez nous racheter les jumelles
04:00que vous m'aviez conseillé de lui offrir
04:02pour contempler notre vue imprenable.
04:04Écoute, Sophie, mais Sophie,
04:06la vue, c'est complètement dépassé, ça, maintenant.
04:08C'est l'agrément d'une résidence.
04:10Et je dois dire qu'ici,
04:12c'est merveilleusement accueillable.
04:14Vraiment.
04:15Tant mieux, parce que j'ai mis deux ans à le décorer.
04:17Ah, ben, il faut que je file.
04:18Eh oui, c'est comme ça.
04:19Dis donc,
04:20qu'est-ce que vous faites ce soir ?
04:22Nous venons tous les deux, en amoureux.
04:24Ah oui, ça, c'est sacré.
04:25Oui.
04:25Bon, je vais être en retard à Monténi, si tu m'accompagnes.
04:29Ah ben, oui, oui, si tu veux.
04:31Mon rendez-vous est à côté, voulez-vous que je vous dépose ?
04:33D'accord.
04:34Tu iras me chercher ?
04:35Oui, bien sûr.
04:36Dis donc, tu viens voir mon nouveau bureau comme convenu ?
04:38Je vais le faire sur toi.
04:39Oui, oui, oui.
04:39Félicitations, drôlement bien située, ton agence.
04:47Pas mal, oui.
04:48C'est ce que toutes mes clientes me disent.
04:50Puis tu vois, je vais installer un petit divin canapé, là.
04:52Ça va faciliter mes transactions.
04:54T'as une grosse clientèle ?
04:55Oh, je ne sais plus, vous en avez de la tête, moi.
04:5714, 15 heures de travail par jour.
04:59Eh oui.
04:59Mais comme je crois que la nuit, tu ne te ménages pas non plus.
05:02Eh oui, mais ça, samedi, là, ce serait plus tôt.
05:06Tu sais, c'est une question d'entraînement, hein.
05:07Que depuis l'âge de 12 ans, ces dames ne m'ont guère laissé l'occasion de perdre la forme.
05:12Je dois dire que ça t'a bien réussi.
05:14T'es toujours aussi jeune.
05:16Il n'est jamais trop tard pour t'y mettre.
05:17D'ailleurs, si tu m'avais écouté, tous les amis de ta femme, ils s'avaient déjà passé.
05:20Oh, ben...
05:20Ah ben, toi, tu es toujours fidèle, alors t'es foutu.
05:22Non, écoute, je trouve qu'une femme, c'est déjà pas mal.
05:26Oh, qu'est-ce que c'est que cette maquette-là ?
05:28La résidence du lac.
05:30Ah, c'est pas mal.
05:31Pas mal.
05:32Formidable, tu veux dire, oui.
05:33C'est le plus joli coup de pinceau dans le tableau d'Annecy.
05:38Quand on arrive à une telle qualité, l'immobilier devient honneur.
05:41Évidemment, pour une résidence secondaire, c'est bien.
05:44Mais il ne s'agit pas d'un résidence secondaire, ni même d'un résidence fraisir.
05:50Tu sais comment je l'appelle, moi ?
05:51Non.
05:53La résidence du bonheur.
05:55Du bonheur ?
05:55Eh oui, mon vieux, le bonheur.
05:56Pourtant, c'est bien connu, n'empêche.
05:58Pour échapper au tourment de la grande ville,
06:00les citoyens n'imaginent pas d'instinct l'équation de la félicité.
06:03Et ses paramètres en sont simples.
06:05Les fleurs, des arbres, les gazons apaisant des jardins,
06:09et l'azur invariable du lac, à trois enjambrés de votre appartement,
06:14devant un horizon à jamais dégagé.
06:16À jamais dégagé ?
06:17Garantie, je n'ai qu'une parole.
06:19Non, mais que l'on cherche un nid pour deux,
06:21ou un havre pour une petite famille,
06:23c'est une réalisation unique en France.
06:26Tu installes une bonne femme là-dedans, mon vieux.
06:28Comment veux-tu qu'elle ne soit pas folle de toi ?
06:29Tu l'as automatiquement à tes bottes.
06:31Tu crois ?
06:34Ah, je suis formel.
06:36Et tu sais que là-dessus, j'ai une certaine expérience.
06:40Oui, mais ta résidence du bonheur, ça ne doit pas être donnée.
06:43Ah !
06:44Voilà la question que j'attendais.
06:46Combien coûte-t-il pour détenir les clés de ce paradis ?
06:49Ah, mais alors, pas de panique, mon vieux, non, pas de panique.
06:52Que le promoteur soit philanthrope ou dingue,
06:54ça, je m'en fous, je ne veux pas le savoir.
06:55Et justement, c'est donner à partir de 5500 francs le mètre carré.
06:59C'est le meilleur rapport qualité-prix-bonheur
07:02dont je n'ai jamais entendu parler.
07:03Malheureusement, il n'y en aura pas pour tout le monde.
07:05Décidez-vous vite, et encore, il est peut-être déjà trop tard.
07:08Ah, ben, pour moi, sûrement.
07:09Ah, ben, t'aurais pu m'en parler avant !
07:11Je pense bien que si la résidence du lac avait existé,
07:13je t'en aurais conseillé.
07:14Non, mais attends, attends !
07:16T'affole pas ! Laisse-moi réfléchir.
07:17Oui.
07:20Eh oui, non, mais...
07:21C'est difficile.
07:22Alors, qu'est-ce que...
07:23Tu sais bien pourtant que je vous aime bien, Sophie et toi.
07:25Bon, ben alors.
07:30C'est pas possible, ça veut faire des histoires épouvantables.
07:33Ah, ben, zut !
07:33Mon pauvre vieux.
07:35Oh, puis merde, si ça peut vous sauver, je risque le coup.
07:41Tu as ton cardé de chèques sur toi.
07:43Ben oui, pourquoi ?
07:44Il me reste un 4 pièces.
07:47Le plus beau de tout l'immeuble.
07:49Grande baie, terrasse solarium, vue imprenable.
07:54Je te fais pas l'article, c'est pas la peine, t'as compris.
07:56Bon, alors, pour vous faire plaisir, à Sophie et à toi,
08:01je peux peut-être, je dis peut-être, vous en faire profiter.
08:05Ah, ben, tu es gentil, mais...
08:07Tu crois que ça plairait à Sophie ?
08:09Avec les télises à ses pieds ?
08:10Ben, ça aurait fallu deux joies, mon vieux.
08:12Et toi, le ta terrasse ?
08:13Tu pourrais la regarder jouer ?
08:15Puis, en relevant un petit peu ta lorniette,
08:18sculpter les jolies filles sur la plage ?
08:19Oh, on prend où ?
08:20Ah, non, mais...
08:21Mais dans un cadre pareil, je suis sûr que tu ne tarderais pas à la rejoindre
08:24pour échanger qu'elle...
08:26Ben, tu ne crois pas si bien dire, elle me l'a demandé.
08:28Bon, alors, dès que je trouve un moment opportun, je lui en parle.
08:31Un moment opportun ?
08:33Mais ça ne va pas, mon vieux !
08:35Tu me rires, c'est impossible !
08:36Ben, non, mais attends, je t'explique.
08:39J'ai cinq amateurs passionnés qui se bousculent au portillon pour acheter.
08:43Chacun propose un prix supérieur à l'autre.
08:45Enfin, une vente aux enchères, je te jure.
08:47Bon, alors, pour toi, pour toi, hein, je laisse tomber.
08:51Je te fais le prix le plus bas.
08:54Alors, tu me prépares un chèque de 30 000 francs ?
08:57Ah, on ne va pas le voir, hein ?
08:59Ah, ben, bien sûr.
09:00Et puis, quand mes comiques se ramènent la gueule en varie, je leur dis,
09:04trop tard, c'est fini.
09:05Et je leur faut que ton chèque sous le nez.
09:06Non, mais d'accord, mais d'accord, je te remercie.
09:09Alors, si jamais Sophie...
09:10Dis, Sophie, Sophie, c'est ta femme.
09:12Bon, d'accord, mais vous êtes mariée sous le régime de la communauté,
09:14mais c'est encore le bonhomme qui décide, non ?
09:16Ah ben, alors !
09:17Oui, oui.
09:17Et puis, et puis, elle sera ravie, je te dis.
09:20Ravie.
09:21Oui, ben, ça, je veux bien le croire.
09:23Non, mais tout le monde, ce qui me gêne, moi, c'est de toucher à un sou de la succession de Sophie
09:27sans lui en parler avant.
09:29Bon, et 30 000, c'est quand même 10 000 de plus que mes économies personnelles.
09:32Elle ne lui en parle pas.
09:32Ah, ben, je...
09:33Ah ben, non, elle ne lui en parle pas.
09:34Puis, une fois que tu auras ton option,
09:36si jamais tu changes d'avis,
09:38tu pourras toujours leur passer à un de mes acheteurs évincés.
09:42Et avec un gros bénéfice.
09:43Tu es sûr ?
09:44Ah ben, tellement sûr que j'espère bien que tu me feras un beau cadeau.
09:46Viens par ici.
09:48Allez.
09:49Tiens.
09:50Tu mets là, bon pour un cœur, et tu signes.
09:52Allez.
09:52Oh, non, non.
09:54Grouille, mon vieux, grouille.
09:55Il est 6 heures, il est arrivé.
09:56Il est 6 heures ?
09:57Oui, mon vieux.
09:57Bon sang, alors, Sophie doit m'attendre.
09:59Allez.
10:00Ah, puis, c'est bon.
10:01Alors, bon pour...
10:02Voilà.
10:03Attends, c'est pas fini, le chèque.
10:05Le chèque, oui.
10:06Alors, signe-le, je finirai de le remplir.
10:07Oui, oui, parce que tu comprends.
10:09C'est toi qui es pressé, c'est pas moi, mon vieux.
10:10Sophie, m'attendre, attends, je ne bouge pas.
10:12Ah, la mine, voilà.
10:13Voilà.
10:15Bravo, tu as gagné.
10:15Ça y est, c'est dans la place.
10:16Non, alors, je file, hein.
10:17C'est ça.
10:17Jacques, Jacques, je passerai vous voir demain après-midi.
10:20Je pourrai dire à Sophie de ma mixte à dîner, ça vaut bien ça.
10:22Bon, d'accord.
10:22Merci, le stylo est à moi.
10:23Bon, attends, oui, au revoir.
10:25Au revoir, au revoir.
10:29Et voilà.
10:30J'y avais eu si elle lui faut gué un de deux, quatre pièces invendables
10:33et qui t'en auront sur le parking devant la discothèque.
10:34Qui dit mieux ?
10:35Un minouche ?
10:36Pas très élégant, je trouvais que c'était un ami.
10:38Et alors, il y a longtemps que j'ai appris à ne pas mélanger les affaires avec les sentiments.
10:45Et les sentiments, avec le plaisir.
10:50Merci.
10:53Je ne me fais aucune illusion, tu sais.
10:54Vous, vous savez, jamais tué au bureau, compris ?
10:58Je sais, je sais.
11:01Une fois par semaine dans l'appartement témoin quand leur dévisite est passée.
11:08Tu vois, pour moi, toutes ces couleurs de la nature apaisantes et toniques à la fois
11:17sont la plus surincitation du bonheur d'un couple.
11:20Et toi, tu ne trouves pas ?
11:21Je trouve surtout que tu es bien romantique aujourd'hui.
11:24Cette vie est magnifique, mais on la connaît par cœur.
11:27Pourquoi as-tu voulu absolument t'arrêter ici ?
11:29Je voulais m'assurer que l'endroit te plaisait.
11:31C'est tout ?
11:32Oui, c'est tout.
11:32Moi, tu crois que tu allais me faire une déclaration d'amour ?
11:35Ou alors ?
11:36C'est une grande décision.
11:37De jouer au tennis avec moi, par exemple.
11:38Ah, mais j'y pense, justement, et très sérieusement.
11:41Surtout si on pouvait trouver un cours à deux pas de notre appartement.
11:43En tout cas, il faudra t'arrêter de fumer si tu ne veux pas jouer en soufflant comme un vieux phoque.
11:46Mais ne me répète pas toujours la même chose.
11:48Je dis ça pour ton hier.
11:50Allez, viens.
11:51On va se dépêcher de s'habiller pour aller au restaurant comme tu me l'as promis.
11:53Mais j'ai retenu la table.
11:55Non, mais regarde pas, c'est plus là.
11:57Je ne sais pas comment dire, mais c'est...
11:59Bon, bon, ben, tu me diras ça dans la voiture, hein.
12:01La prochaine fois, on amènera des jumelles.
12:03On restera un petit peu plus longtemps.
12:04Ok ?
12:09Je suis prêt ?
12:11Ben, quand tu voudras.
12:13Ah, ben, t'es bien gay.
12:14Ah, ben, oui, je suis contente que l'aie dînée tous les deux.
12:16C'est pas souvent, t'as l'heure de sortir, toi.
12:18Ah, ben, pas avec toi, au contraire.
12:20Mais...
12:21Mais...
12:22Depuis la promenade au bord du lac, il y a quelque chose qui ne va pas, hein.
12:25Je le sens, je sais.
12:26Qu'est-ce qui tombe par moi ?
12:27Non, mais c'est idiot, mais ces immeubles d'en face, ça, ça me fiche le cafard, ce...
12:31Mais, puisqu'on ne peut rien y changer, fais-toi une raison.
12:34Ben, si, on peut changer d'appartement.
12:36Tiens, attends, c'est nouveau, ça.
12:37Mais il faut avoir beaucoup d'argent pour ça.
12:38Ben, nous avons celui de la succession de tes parents.
12:41Non, on ne sait pas pour le balancer par les fenêtres.
12:42Nous sommes mariés sous la communauté.
12:44Bien mis, d'accord, chez le notaire, non ?
12:45Mais oui, on achète l'appartement d'Annecy avec la moitié de la somme touchée dans l'héritage.
12:51Et on s'interdit de toucher à l'autre moitié du capital que Maître Verret nous a placé en prêt hypothécaire.
12:57D'accord ?
12:57Oui, d'accord.
12:58Donc, tu as décidé qu'on utiliserait les 12% d'intérêt à améliorer la qualité de vie un peu médiocre qu'assurer mes salaires.
13:05Eh bien, mais nous les utilisons intégralement, ne serait-ce que pour rembourser les traites de cet appartement.
13:09Ne l'oublie pas.
13:10Mais je l'oublie pas !
13:11Donc, pas question de distraire un sou sur le capital restant.
13:14C'est la sécurité de nos vieux jours, l'incitation au bonheur d'un couple, comme tu disais si brillamment au bord du lac.
13:20Ah, ben si tu trouves que le bonheur d'un couple, c'est de finir ses jours dans un cul-de-bas.
13:23Ah, un Nihara, mon living que j'ai mis deux ans à décorer ?
13:26Mais pour moi, ce qui compte, c'est la vue.
13:28D'ailleurs, Pierre me le disait encore tout à l'heure pendant que tu joues au tennis.
13:30Ah, mais nous y voilà.
13:32Mais j'aurais dû m'en douter.
13:34Mais c'est Pierre.
13:35Bien sûr, c'est cet imbécile qui t'a mis ses idées tordues dans la tête.
13:38Mais pas du tout. Quand tu sauras ce qu'il m'a proposé, il ne cherchait qu'à défendre nos intérêts.
13:42Nos intérêts.
13:43Les siens, oui.
13:44D'ailleurs, je vais te dire, tant qu'il n'aura pas brisé notre ménage, il ne sera pas content celui-là.
13:47Mais qu'est-ce que tu ne vas pas encore chercher ?
13:49Je suis très lucide. Je sais très bien qu'il t'a présenté des filles.
13:52Elle est folle. Elle est folle.
13:53Ah bon, alors tu n'as plus confiance en moi ?
13:55Pas tant que tu ne nous auras pas débarrassé de ce détraqué sexuel,
13:58cette espèce de phallocrate stupide à moitié escroc sur les bords.
14:01Écoute, Sophie, Pierre et mon...
14:03Ami ?
14:03Ah, l'ami de ton frère, oui, c'est le dernier cadeau qu'il nous a fait avant de mourir.
14:06Jusqu'au jour de son enterrement, il nous aura empoisonné l'existence, celui-là.
14:09Oui, écoute, Sophie, ça suffit.
14:10Je ne te lérais pas que tu insultes ma famille.
14:12Mais moi, je ne veux pas qu'on me gâche toutes mes soirées.
14:14J'en ai assez. Vas-y tous sur le restaurant.
14:16Ou alors vas-y avec ton Pierre, puisque tu l'aimes tant.
14:18Moi, je vais me coucher.
14:18C'est ça, oui.
14:19Et quand tu rentreras, prends la chambre d'amis, parce que moi, je ne veux pas te remédier.
14:22Ah, mon Dieu. Ah, quelle histoire, là.
14:28Et dans quel pétrin j'ai encore été me fourré.
14:31Pas de blague, les minouches. Le chèque de Jacques Bardon a bien été déposé à la banque.
14:34Ce matin, à l'ouverture, ils étaient même étonnés.
14:38Puis le temps qu'ils se plaignaient que le compte de l'agence était à découvert.
14:40Les imbéciles, ils mériteraient que je change de banque.
14:43Ils ont bonne mine, maintenant.
14:45Puisqu'il y a de l'argent, c'est peut-être le moment de parler de mes salaires.
14:47Tu ne crois pas ?
14:49Encore le petit tournant au bureau, demandez comme ça, sûrement pas.
14:52Excusez-moi.
14:55Depuis trois mois, je travaille ici, quand même.
14:58Doucement, hein. Je paierai, c'est promis.
15:01Mais tout d'abord, sur les 30 000 francs du chèque de Jacques,
15:04il faut que j'en lâche un bon paquet pour apaiser ce voyou de percepteur
15:07si je veux qu'il suspende ses poursuites.
15:09Je comprends, mais s'il en reste un peu...
15:12L'agence avant tout.
15:14Ah.
15:17Puis, dans quelques mois, je vous demanderai directrice.
15:21C'est ce que vous avez déjà raconté à la secrétaire que j'ai remplacée.
15:23En quelque temps, c'est vous qui aurez à discuter salaire avec vos secrétaires.
15:27Et là, je vous souhaite bien du plaisir.
15:31En attendant, un peu de patience, hein ?
15:34Laissons passer cette crise immobilière.
15:37Je me suis laissée dire qu'à Annecy, il y avait des agents qui faisaient de très bonnes affaires.
15:40Mais ça, c'est pas difficile.
15:41Ils se sont tous ligués pour me faire une concurrence dénoyale.
15:44Et ça, je le sais parce que c'est la femme de l'un d'eux qui me l'a raconté sur...
15:46De l'oreiller ?
15:47Mais non, voyons, sous le sceau du secret.
15:51C'est certainement à cause de cette aventure que vous en veuillez.
15:53Claire, tu es là ?
15:55Oh, mon vieux, quelle histoire.
15:56Bonjour, Minouche.
15:56Il faut absolument que je te parle.
15:58C'est toi ?
15:59Non, je ne peux pas.
15:59Je suis trop énervé.
16:01Tu calmes.
16:02Raconte-moi ce qui t'aille.
16:03Ben voilà.
16:04Je suis passé te dire de ne surtout pas venir cet après-midi comme convenu.
16:09Tu ne vas pas m'annoncer que Sophie a fait une fuite ?
16:10Oh, mais non, mais non, ce n'est pas son genre.
16:13Ah, bon.
16:15Alors ?
16:15Ben alors, non, parce qu'on s'est un peu disputé.
16:19Ben, je crois qu'elle n'a pas tout à fait tort.
16:21Non, c'est vrai, je crois que je me suis un peu emballé sur ta saloperie d'appartement de...
16:25Non, non.
16:26Non, non, excuse-moi, non, mais écoute, je n'ai plus ma tête, là.
16:28Tu ne voudrais pas me rendre mes billes ?
16:30Tes billes ? Comment ça ?
16:32Ben oui, le chèque, tu déchires le chèque.
16:34Puis on en reparle un peu plus tard.
16:36Ah, je voudrais bien, mais je ne l'ai plus.
16:38Mon promoteur va déposer en vente.
16:39Ah, oui, monsieur, c'est dommage.
16:41Ça m'aurait évité une dramatique fâcheté avec Sophie.
16:44Je t'avais conseillé de ne pas lui en parler, mais tu ne m'écoutes jamais.
16:47Mais si, je l'ai...
16:47Mais non !
16:48Mais si !
16:49J'ai juste essayé de tâter le terrain.
16:52Mais le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle n'était pas prête à avaler la pilule.
16:55Non, mais alors, tu imagines sa réaction ?
16:57Si elle apprend les engagements que j'ai signés sans l'avertir ?
17:00Tant qu'une femme ne sait rien, peine de s'affoler.
17:03Tu veux que j'aille lui expliquer ?
17:05Ah, ben, surtout pas. Il faut trouver une autre solution.
17:07Tant pis.
17:07Ben, attends, laisse-moi réfléchir.
17:14Je peux peut-être te dégager de ta promesse d'achat de l'appartement.
17:19Naturellement, tu perdrais tes trente mille francs d'option. Ce serait dommage.
17:21Mais une envisageable, tu veux dire ?
17:23Il y en a dix mille à Sophie sur les trente.
17:25Ah, oui.
17:26Attends.
17:29Je peux également essayer de te revendre mon prix d'un appartement actuel.
17:32Sophie serait ravie de réaliser une bonne opération et d'emménager dans le nouveau quatre pièces de la résidence du lac.
17:39Oui, encore faudrait-il que tu me revends de l'eau.
17:41Ça ne va pas, non ? Tu es fou. Tu ne vas pas comparer la résidence ?
17:43Mais non, en fait, si on rajoute un sou, jamais Sophie ne marchera.
17:46Oh, tu me demandes l'impossible, mon vieux !
17:48Il faut absolument que tu me sortes de l'heure.
17:52Bon.
17:53Moi, je peux bien essayer, mais je ne te promets rien.
17:55Alors, quand rentres-tu à Lyon ?
17:57Eh ben, ce soir, comme tous les week-ends.
17:58Ta femme aussi ?
17:59Ben oui, en principe, oui.
18:00De Lyon, elle doit partir chez des amis, là, passer quelques jours dans les dombes.
18:04Bon, ben, tu n'as qu'à laisser les clés de l'appartement à la concierge, que je puisse le faire visiter.
18:08Bon, alors, d'accord. Tu fais comme chez toi, cigarette, au lit, en fait, tu fais ce que tu veux.
18:11Oui, oui, bon, je ne te mets pas à la porte, mon vie, mais j'ai du travail.
18:13Non, non, bien sûr. Bon, excuse-moi.
18:15Allez, au revoir.
18:15Salut.
18:16Au revoir et merci.
18:17Non, vous êtes chic, hein.
18:18T'en fais pas !
18:19On trouvera bien...
18:21Et voilà, nous allons pouvoir disposer toute la semaine du petit nid d'amour de Sophie.
18:28Pas mal, hein.
18:28Le lit est très bon, il s'est plein de plus de bouteilles.
18:31Et quand vous lui promettez de trouver un arrangement, vous avez une idée ?
18:34Je n'ai jamais précisé qu'il serait arrangé.
18:36Tu n'as pas ouvert la bouche depuis notre départ.
18:39Ben, tu m'en veux toujours.
18:42Ben, au lieu de monter sur tes grands chevaux, tu ferais mieux de t'expliquer calmement.
18:46Ah oui, je sais. J'ai mauvais caractère, je suis sous-polet.
18:49Ben oui, oui.
18:49Mais toi, t'es énervant aussi.
18:51Moi, je me donne un mal fou pour décorer notre appartement et toi, tu dis qu'il est moche.
18:55C'est quand même pas gentil, écoute.
18:56Oui, oui, non, mais je sais bien. Bon, ben, j'ai eu tort, d'accord, j'ai eu tort.
18:59Je vais commencer à visiter, je vous en prie.
19:01Bon.
19:05Alors ?
19:05Oh, jamais personne voudra l'acheter.
19:07Les qui se approchent de la fenêtre, c'est la catastrophe.
19:08Il fallait fermer les rideaux.
19:09Mais je l'avais fait, mais pas folle, elle les a écartés.
19:11Il fallait trouver autre chose.
19:13Bon, ben, je vais moins tâcher de profiter de la leçon, hein.
19:15Toujours fermer les rideaux.
19:16Allez, hop, t'es là.
19:17Monsieur Biennac, voilà.
19:20Trois pièces délicieusement décorées, confort douillet, emplacement éloigné du lac
19:24et du va-et-vient infernal de ses voitures.
19:26C'est la résidence du bonheur, vous l'avez compris, j'en suis sûr.
19:30Malheureusement, malheureusement, je vais être obligé de vous dire non.
19:34Comment ça ?
19:36Je viens de bavarder avec ma collaboratrice que vous avez vu sortir avec elle.
19:40Elle vient de le vendre 20 000 francs de plus que le prix dont je vous avais parlé.
19:44Si je comprends bien, vous m'avez fait perdre du temps.
19:47Je vous avais pourtant prévenu que j'étais prêt à ne pas discuter le prix.
19:51Mais qu'il me fallait trouver absolument aujourd'hui, puisque je repars demain à l'étranger.
19:55Je suis désolé, monsieur Bernac.
19:56Désolé, vous êtes désolé.
19:57Ben, ça, je m'en fous.
19:59Attendez, attendez.
20:00Madame la moitié, monsieur Bernac va prendre dans quelques jours ses premières vacances depuis de nombreuses années.
20:06On ne peut pas le laisser à la rue, n'est-ce pas ?
20:07Qu'en pensez-vous ?
20:09Comment ça, vous pouvez rien faire ?
20:12Qu'est-ce que c'est que ça ?
20:15Mais qu'est-ce que c'est que ça ?
20:18Je vous avais dit toujours ouvrir les rideaux.
20:20Oh, toujours ouvrir les rideaux, c'est élémentaire.
20:25Je vous paye tout de même assez cher pour que vous respectiez les clients.
20:28J'espère aussi que vous n'avez pas accepté le chèque d'acompte que votre cliente voulait vous donner.
20:35Tout de même.
20:37Bon, chère madame, c'est une seconde à perdre.
20:39Inutile de s'éterniser ici.
20:41Je ne peux rien vous promettre, mais de toute façon, nous serons mis au bureau pour discuter.
20:44Suivez-moi.
20:47Mademoiselle, vous fermerez l'appartement.
20:50Et je vous conseille de me rouvrir ses rideaux.
20:52Ah ben non, la porte est ouverte.
21:04Salut ma vieille.
21:06Oh, excuse-moi.
21:07J'espère.
21:09Oh, dis-donc, je te sers.
21:10Non, non, merci.
21:11Ah ben, tu attends.
21:12C'est bon, attends.
21:12Oui, bon, alors j'ai...
21:13Attends, mais attends.
21:16Permets ?
21:16Oui, oui, je me permets.
21:20Bon, ça va ?
21:20Ah, dis-donc.
21:21Bon, alors, oui, alors, j'ai eu ta secrétaire au téléphone, elle m'a dit que tu avais une nouvelle très importante à me donner.
21:25Bon, alors, encore une nouvelle tuile qui va me tomber sur la tête.
21:28Mais non, mon vieux, une merveilleuse nouvelle, au contraire, tu m'es sauvée.
21:31Ah bon ? Comment ça ?
21:32J'ai trouvé un imbécile nommé Bernac, il te rachète ton appartement prison d'Annecy.
21:36Et au prix que je souhaitais ?
21:37Oui, c'est incroyable, incroyable, mon vieux.
21:41Seulement, attention, il ne faut pas te le faire tant qu'il est chaud.
21:44Moi, d'Annecy, j'ai ramené mon Bernac à tombeau ouvert jusqu'à mon agence de Lyon,
21:47ou Corinne, ma nouvelle secrétaire, très mignonne, tu sais.
21:49Très bien, très bien.
21:50Elle a pour mission de lui tenir le crachoir.
21:53Mais il ne va pas se dégonfler, au moins.
21:54On ne lui en laissera pas le temps.
21:57Je lui ai d'abord soutiré sa signature sur cette promesse d'achat.
21:59Bien.
22:00Plus un à compte de 30 000 francs qui te remboursera du chèque que tu m'as donné.
22:05Tout sera réglé ce soir, je te le jure.
22:07Mon Dieu, pourvu que ce soit vrai.
22:08Bon, alors tu vas signer ça, bon pour accord, naturellement,
22:13et le reste des fonds te sera versé chez le mater vers le milieu du mois.
22:17Oui, mais encore une signature ?
22:19Bien sûr.
22:20Oh, mon vieux, je suis ravi, mais malheureusement, Sophie n'est pas là.
22:22Elle est chez une amie dans les dons.
22:24Tant mieux.
22:25Mais tant mieux, tant mieux.
22:26Non, mais c'est facile à dire.
22:28Je viens juste de réaliser que j'étais en train de vendre l'appartement de Sophie
22:31sans même lui en parler.
22:32Non, mais tu te rends compte de l'explosion que je risque de provoquer ?
22:36Tu dois être blané depuis le temps, pour être répété.
22:38Elle qui pensait que tu n'avais pas le 110 à faire,
22:40elle sera la première à te féliciter.
22:41Non, mais c'est toi qui le dis.
22:44Dis donc, est-ce que tu vas te décider ?
22:45Parce que moi, tu vois, je commence à m'avoir ras-le-bol.
22:48Non, mais écoute, je me décarcasse pour te rabibocher avec ta bonne femme.
22:52Je te récupère 30 000 balles.
22:54Je te procure une résidence de rêve,
22:57et tout ce que tu trouves, comme au Robert Syvant, c'est de faire la fine bouche.
23:00Non, mais écoute, alors je te le dis, j'en ai ras-le-bol.
23:03Je m'en vais.
23:04Adieu.
23:06Mais ne te fâche pas.
23:08Seulement, ne t'avise plus jamais de venir me chercher pour te tirer d'affaires.
23:11Non, mais je t'en prie, ne me laisse pas tomber.
23:16Alors, signe.
23:18Oh, puis merde, on verra bien.
23:20Bon, pour l'instant.
23:24Je te laisse le double.
23:26C'est bien, ça m'empire.
23:26Oui, c'est bien, c'est bien.
23:37Eh bien, cher ami, je vois que la signature des actes est prévue pour le 18 de ce mois.
23:42C'est un peu court pour les formalités à remplir.
23:45Enfin, surtout en ce qui concerne la levée d'hypothèques.
23:48Enfin, nous verrons.
23:51On pourrait également discuter de la validité de cet engagement.
23:54Ben, puisque Bernac a signé.
23:55Lui, oui.
23:56Enfin, n'oubliez pas que vous êtes marié sous le régime de la communauté.
24:00Pour être valable, Mme Bardon aurait dû signer la promesse d'achat.
24:04C'est la loi.
24:04Ah oui, mais elle n'était pas là.
24:05Elle était chez une amie dans les dons.
24:07Bon, mais enfin, demain, nous ferons le nécessaire.
24:09Bon, écoutez, alors je compte sur vous qu'elle vienne également le 18 pour la passation des actes.
24:13Sa signature sera indispensable.
24:14Oui, oui, oui, Mme.
24:17J'aimerais vous faire remarquer que si la vente de votre appartement reste une brillante affaire,
24:23elle ne vous laissera quand même pas tout le bénéfice dont vous m'avez parlé.
24:26Mais comment ça ?
24:27Ben, Annecy est votre résidence secondaire.
24:30Oui, oui, oui.
24:31Vous n'ignorez pas la loi sur les plus-values.
24:33Si.
24:33Ah bon ?
24:34Eh bien, elle prévoit une taxe pouvant atteindre 50% des bénéfices à la revente de votre appartement dans les 5 ans.
24:4150% ?
24:42Oh, non, mais c'est du vol, ça.
24:45Mais qu'est-ce que vous voulez ?
24:46Vous auriez dû venir me consulter avant de signer.
24:48Je vous aurais prévenu.
24:49Oh, ben écoutez.
24:50Allez, asseyez.
24:51Ben oui, non, écoutez.
24:52Prends les temps.
24:53De votre part, si je me souviens bien, vous aviez à l'époque, pour la mort, contracté un emprunt remboursable en 10 ans.
24:59Oui, oui, oui, c'est exact, oui.
25:01Eh bien, il reste 8 ans à courir.
25:02Alors, pour obtenir la levée d'hypothèque, vous devriez faire un remboursement anticipé.
25:06Ah bon ?
25:07Il faut que...
25:07Eh oui, et pour tout remboursement anticipé, il est prévu une pénalité de 3% sur les sommes non encore remboursées.
25:143% ?
25:15Oh, ben alors ça, là.
25:18Alors, d'un côté, je touche de l'argent, l'état me tombe la laine sur le dos.
25:22De l'autre côté, je rembourse et la tondeuse reprend sa musique.
25:24Eh ben oui, c'est le cas de le dire.
25:26Et n'oubliez surtout pas les taxes sur l'achat de votre nouvel appartement.
25:31Ben oui, les frais de notaire.
25:32Le paiement des commissions que vous avez peut-être promises.
25:35Oh.
25:35Ben je vous en prive, rassurez-vous.
25:38Ceci étant dit, l'affaire reste excellente.
25:40C'est une catastrophe, maître.
25:43Une catastrophe ?
25:44Mais pourquoi une catastrophe ?
25:45Mais si !
25:46Ben non.
25:48Ça, écoutez, il faut trouver une solution pour essayer de réduire les frais.
25:53Oui, ça va bien, mais comment ?
25:55Est-ce que vous avez une idée ?
25:56Ben oui, je pourrais demander à Bernard de me verser de la main à la main la différence entre le prix d'achat et le prix de vente.
26:02Alors comme ça, ça m'éviterait la taxe sur les plus-values.
26:05Oui. Et puis d'un autre côté, je pourrais m'arranger avec mon ami Pierre pour acheter ma nouvelle résidence du lac avec un fort de sous-table.
26:12Effectivement, vous pourriez.
26:14Mais rien ne dit que ces messieurs accepteraient.
26:16Je dois aussi vous avertir que cette façon de procéder est tout à fait illégale.
26:20Et qu'il n'est pas question pour moi de négocier une telle opération dans mon étude.
26:24Vous me comprenez, cher ami ?
26:25Ah ben je comprends, maître.
26:27Ben j'y réfléchirai.
26:29Et voici la photocopie de la promesse d'achat, contresignée par M. Bardot.
26:35Naturellement, je garde l'original dans les archives de l'agence.
26:40Et voilà les 30 000 francs d'acompte.
26:44Vous pouvez vérifier.
26:46Inutile, cher monsieur. J'ai confiance.
26:48Eh bien, cher monsieur, il ne me reste plus qu'à vous féliciter.
26:57Vous pouvez être venu le nouveau et heureux propriétaire d'un appartement de rêve.
27:02Que dis-je ? D'une résidence du bonheur ?
27:04Je ne pense pas vous avoir importuné avec des paroles inutiles.
27:08Alors veuillez m'épargner votre baratin pour sous-développer.
27:11Parlons plutôt de la libération des lieux.
27:14Il est bien entendu que j'en prends en possession le 18 de ce mois.
27:17Et vous m'avez garanti que je n'aurai pas de travaux à faire,
27:20puisque les bardons me laissent rideaux, moquettes, bibliothèques encastrées, etc.
27:25Mais tout cela est bien précisé dans le papier que je viens de vous remettre.
27:28Oui, mais je me méfie.
27:29Vous pouvez prévenir les vendeurs que je ne leur accorderai pas le moindre délai.
27:33S'ils n'ont pas retiré leurs photos, bibelots et objets personnels qu'ils désirent emporter,
27:37je mettrai tout à la poubelle.
27:39Au revoir.
27:44Au revoir, cher monsieur.
27:46Pas marrant, le copain ?
27:48Ah, ça, vous pouvez le dire, ma petite Corine.
27:51Mais je l'ai tout de même possédé.
27:54J'ai rendu service à un ami et avec mon chassé croisé d'appartement, je ramasse deux commissions.
27:59Faut le faire, non ?
28:00Il n'y a pas de doute, le plus fort, c'est toi.
28:04Vous, jamais tu au bureau.
28:07C'est vrai, oui.
28:08Une fois par semaine dans le Cajibi aux archives.
28:11Faux, mon petit.
28:12J'ai expédié Minouche auprès de sa mère malade.
28:1536 heures, comme les soldats permissionnés.
28:17Vous la remplacerez donc demain à notre agence d'Annecy.
28:20Mais en attendant, pour fêter mon succès, vous allez me préparer un bon petit dîner.
28:24Et si, tôt après, nous partons passer la nuit dans l'appartement des bactons.
28:28Au fait, pour ce qui est des rideaux et de la moquette et de tout ce que Mme Bardon devra abandonner, vous avez prévenu son mari ?
28:36Non.
28:37Mais s'il a lu la feuille que je lui ai fait signer, maintenant il doit le savoir.
28:41Comment, comment, cadeau ?
28:43Vous n'avez pas lu la promesse d'achat avant de contre-signer ?
28:46Mais non, Pierre ne m'a rien dit.
28:48Attendez, regardez, c'est précisé ici en toutes lettres.
28:52Mais non, mais non, mais c'est pas possible.
28:54Mais vous vous rendez compte ?
28:57Mais quand Sophie va savoir ça, sa bibliothèque ?
29:00Alors là, pour une tuile, alors si je m'attendais à ça ?
29:03Mais non, mais il faut faire quelque chose.
29:05Allez, calmez-vous, cher ami, calmez-vous.
29:07Nous allons en parler.
29:08Asseyez-vous.
29:08Merci.
29:10Voilà, je vais vous expliquer.
29:12Oh, bon sang, le quart de Sophie.
29:14Moi, excusez-moi, je repasserai.
29:16Ah oui, merci.
29:20Bonjour.
29:22C'est gentil de venir me chercher.
29:23Après toutes les méchancées que je te dis, tu ne m'en veux pas ?
29:26Ne parlons plus de ça.
29:27Tu ne peux pas savoir le plaisir que tu me fais en voyant ton sourire.
29:30C'est vrai ?
29:30Oui.
29:31Et je t'emmène dîner dans ton restaurant préféré.
29:34Oh.
29:34Oui, pour fêter une grande nouvelle.
29:37Hein ?
29:37Quoi ?
29:38Ah, mieux que ça, mieux que ça.
29:40Mais un peu de patience, tu vois.
29:41Je vais te faire la surprise au restaurant.
29:44Bien, monsieur, et comme boisson ?
29:46Ben, sans serre, pour commencer.
29:48Oui.
29:48Et puis un château-brillon.
29:50Au brillon, chérie.
29:50Ah oui, au brillon.
29:51Bien, monsieur, bon appétit, messieurs-dames.
29:53Merci.
29:55Bon, alors, cette nouvelle ?
29:56Formidable.
29:57Tu te tiens bien ?
29:57Oui, mais ne me fais pas languir.
29:59Tu te souviens de notre promenade au bord du lac ?
30:01Très bien, mais j'ai surtout essayé d'oublier le dîner raté qui a suivi.
30:05Alors ?
30:05Ça y est.
30:06Quoi ?
30:07Eh bien, voilà, j'ai réussi à vendre notre appartement prison d'Annecy.
30:11Et à un prix inespéré.
30:13Mais oui, comme ça, nous n'aurons rien, enfin, pratiquement rien à débourser pour emménager dans un appartement de rêve à la résidence du lac.
30:20Et au même endroit où nous avions tant admiré la vue.
30:23Je continue.
30:24C'est tout.
30:24Tu avoueras que pour un homme qui n'a pas le sens des affaires, je mérite tes félicitations.
30:37Très bien, très bien.
30:38Bon, pauvre Jacques, on ne peut pas te laisser seule une journée sans que tu passes des âneries.
30:54Qu'est-ce que j'ai fait ?
30:56Tu n'auras pu m'en parler, puisque l'argent vient de mes parents.
30:59Tu n'étais pas là ?
30:59Pas question de prendre un sou sur ce qui reste de la succession pour acheter un nouvel appartement.
31:04Mais puisque je...
31:05Non !
31:06De toute façon, dans deux ans, tu pourras recommencer, parce qu'on aura construit un nouvel immeuble devant celui que nous aurions dû occuper.
31:11Mais non, cette fois, la vue est imprenable, Pierre me l'a juré.
31:14Oh, Pierre, mais j'aurais dû me douter qu'il était dans le coup, celui-là.
31:33Il faut être aussi naïf que toi pour accorder sa confiance à un farceur, qui n'est même pas agent immobilier.
31:39Bah, comment ça ?
31:39Pas du tout. Il n'est pas reconnu par les autres agents.
31:42C'est un farceur, et je pèse mes mots, qui a fait tous les métiers.
31:48D'ailleurs, inutile de continuer cette conversation.
31:51Parlons d'autres choses et oublions tout ça, veux-tu ?
31:53Moi qui croyais te faire une bonne surprise...
31:55Bah, c'est raté.
31:57Tu ne manges pas ?
31:58Non, je n'ai pas faim.
31:59Tu m'as coupé l'appétit.
32:01La dernière fois, c'est toi qui me l'avais coupé.
32:03J'atteins son tour.
32:05Non, mais comment peux-tu plaisanter ?
32:07Qu'est-ce que tu as ?
32:08J'abandonne.
32:09Oui, alors, Sophie est partie pour Annecy, après se dîner manquer.
32:17D'ailleurs, sans même me revoir, quant à mon ami Folio, alors je lui ai dit de venir me rejoindre à Lyon, de tout urgente, et je l'attends.
32:22Bon, que comptez-vous faire ?
32:24Ah non, mais j'en sais rien, moi je suis complètement perdu.
32:26Calmez-vous, j'ai réfléchi à votre affaire, j'ai peut-être trouvé une solution.
32:29Pour réduire le montant de l'argent frais à sortir, vous pourriez peut-être réduire la pénalité de 3% pour le remboursement du prêt.
32:36Ah ben, ça sera bien.
32:38Très bien.
32:39Mais comment, maître ?
32:40Eh bien, en demandant à votre organisme de crédit de reporter cet emprunt sur votre nouvel appartement.
32:45Ah oui, mais je n'aurai pas assez d'argent si je m'interdis de toucher à celui de Sophie.
32:49Oui, bien sûr.
32:50Je peux éventuellement vous trouver un prêt hypothécaire en second rang, mais dans ce cas, il faudra laisser vos salaires en garantie.
32:57Ah oui, mais il me restera les commissions à donner à Folio.
33:02Que vous auriez pu éviter si vous étiez venu me voir, car en fait je suis le notaire de la résidence du lac.
33:07J'ai agi comme un imbécile, ça je le reconnais.
33:11Non, il ne me reste plus que la solution d'être sous-table, et si Bernac ou le promoteur ne marchaient pas, alors moi je vais tout tomber.
33:16Mais comment tout tomber, c'est ridicule, voyons.
33:18Oh, c'est très simple.
33:20Mais c'est bien simple.
33:21Comment ça, c'est très simple ?
33:23Eh oui, je vais vous lire les passages essentiels de la promesse d'achat.
33:29Alors, je sous-signais Bernard Marcel, demeure en vain, etc., etc., m'engage à acheter l'appartement de M. Bardon, etc., etc., pour la somme de... etc., etc.
33:43Étant entendu que M. Bardon me fera connaître son accord dans les huit jours.
33:48Eh bien, les huit jours seront passés le 18 et je n'aurai pas donné mon accord.
33:52Eh, juridiquement, c'est pareil, croyez-moi.
33:55En signant bon pour accord, vous vous êtes légalement et définitivement engagé à respecter la promesse d'achat.
34:00Mais je ne voulais pas, maître. Surtout avec Sophie sur le dos.
34:03Bah oui, mais si vous aviez consulté un notaire avant d'accepter l'offre, il aurait inséré une clause précisant que le vendeur, en l'occurrence vous, se réservait un délai de huit jours avant de donner son accord définitif.
34:13Sans plus d'espoir, maître. Je suis fichu.
34:16Mais non, mais non. Croyez-moi, vous allez parler calmement à votre femme. Je la connais, elle est intelligente et finira bien par comprendre que cette affaire est intéressante.
34:24Oh !
34:24Pardon.
34:27Oui ? Faites patienter, je reçois dans une minute.
34:30Non, je ne vois qu'une personne qui l'écouterait, c'est vous.
34:32Accepteriez-vous de la recevoir après un matin à 10 heures à votre étude avant la signature ?
34:39Non, mais écoutez, pour vous, je veux bien essayer.
34:41Oh, merci, merci, merci. Bon, je me sauve parce que je vais finir par me faire ficher à la porte.
34:45Arrivée du vol à l'Italie à Air France 1645 en provenance de Milan, bloc numéro 4.
34:56Arrivée du vol à l'Italie à Air France 1745 en Milan, bloc numéro 4.
35:03Bon voyage.
35:04Excellent.
35:05Dis donc, alors cette fois-ci, c'est bien sûr. Tu m'emmènes 15 jours en vacances ?
35:09Mais oui, allez, viens, on va prendre un café. Après, j'ai beaucoup de choses à faire, je sais.
35:13Alors, qu'est-ce que tu as fait ?
35:14Allô ou pas, Sophie m'a foutu à la porte quand même malpropre.
35:21Moi, je voulais discuter, essayer d'arranger les choses, mais elle m'a éjecté sans le moindre ménagement.
35:25Mais je t'avais prévenu. Tu vois, Sophie, alors là...
35:28Sophie, Sophie, c'est une femme comme les autres, alors à moi, tu imagines ?
35:30Mais oui, oui, mais d'accord, d'accord, mais en trois comptes, enfin, je t'en supplie, c'est aujourd'hui qu'il faut que je signe.
35:34J'ai essayé de téléphoner à Sophie, elle m'a raccrochée au nez.
35:36Mais toi, c'est normal, tu es le mari, mais moi, mon vieux, une femme, et qui plus est la femme d'une autre, c'est un comble.
35:40Écoute, je lui ai même adressé un télégramme, l'impleurant de rentrer à Lyon.
35:44Ah oui, je sais, elle m'a hurlé à travers la porte et qu'elle allait revenir ce soir et que tu allais l'entendre.
35:47Oh, ça, j'en doute pas, non, alors crois-moi, ça, pour Sophie, là, c'est fichu.
35:50Ah, évidemment. Avec une femme, si moi, j'ai échoué, toi, mon pauvre vieux, tu n'as aucune chance.
35:55Ah bon, téléphone, maintenant, c'est un con, ça aussi.
36:02Agence Folio, j'écoute.
36:03Ne quittez pas, je m'en prie.
36:14Il faut gagner du temps, démerde-toi.
36:19Allô ?
36:20Bonjour, M. Bernac.
36:23Commençons un petit retard.
36:26Qu'est-ce que ça veut dire ?
36:28Venir discuter de quoi à l'agence, puisque tout est d'accord ?
36:32Faire la connaissance du vendeur.
36:36Oui, bon, bon, je viens, mais pas plus de dix minutes, je vous préviens, hein.
36:39J'ai des choses beaucoup plus importantes à faire, moi.
36:43Il faut que je passe à l'agence et à la banque pour mon apport de fonds.
36:47Pas d'ennui pour l'appartement ?
36:49Mais non, mais non.
36:50Je vais te déposer à l'hôtel et je viendrai te chercher dès que j'en aurai fini avec ces minables.
36:53Non.
36:53C'est bien.
36:55Pas une seconde à perdre, hein.
36:56Mon lotaire, qui va lui demander de remettre le rendez-vous demain à la même heure pour signer avec Bernac.
37:05Allô, Mademoiselle, bonjour. Je voudrais parler à M. Véry, s'il vous plaît.
37:08Jacques Bardon.
37:09Mais attends, qu'est-ce que je lui dis ?
37:11Pardon.
37:13Oui ?
37:14M. Bardon ?
37:15Oui, passez-le-moi.
37:17Vous permettez ?
37:18Bonjour, cher ami, comment allez-vous ?
37:20Demain, même heure, pour la signature avec M. Bernac.
37:27Oui, oui, c'est d'accord.
37:32Dois-je comprendre que vous n'avez pas vu convaincre votre femme ?
37:35Ah bon, elle ne rentre que ce soir ?
37:37Bon, parfait.
37:39Avec elle, demain, à 10h.
37:41Attendez une seconde.
37:44Oui, oui.
37:46C'est possible.
37:47Ah, dites-moi, au fait, vous connaissiez M. Ravier ?
37:50M. Ravier ?
37:51Ah oui, oui, très bien.
37:53Oui, il habite l'appartement mitoyen d'une autre, Annecy.
37:57Oui, oui, oui, exactement.
37:59Le même, exactement le même.
38:01Sa femme était à l'hôpital.
38:03Vous avez de ces nouvelles ?
38:04Hélas, oui.
38:06Mais elle est morte.
38:09Son mari vient de me téléphoner, il paraissait terriblement affecté.
38:13C'était un très bon couple, vous savez.
38:17Oui, oui, comptez sur moi, je ne manquerai pas de lui présenter vos condérences.
38:21Mais, dites-moi, bien que ce ne soit guère le moment de parler d'affaires,
38:25je pense que cela pourrait vous intéresser de savoir que M. Ravier...
38:30Très bien, maître, alors, entendu, très bien.
38:32Ben, j'y réfléchirai.
38:34Alors, à demain.
38:35Voilà, merci.
38:36Eh bien, mon Dieu, pour un coup de pot, là, c'est un coup de pot.
38:40Comment ça ?
38:40Eh bien, Mme Radier vient de claquer à l'hôpital.
38:42Oh.
38:42Eh oui, et son mari ne veut plus vivre dans l'appartement où ils avaient vécu heureux.
38:45Donc, c'est un très bon couple.
38:46Alors, il a demandé à M. Verrey de lui vendre son appartement pour le prix qu'il l'a acheté,
38:50c'est-à-dire beaucoup moins cher que le mien.
38:53Non, mais tu t'en comptes ?
38:53Ah, inutile de me faire un dessin, j'ai très bien compris.
38:55Oui, l'appartement des Ravier étant identique au tien, ça t'ouvre diverses possibilités.
38:59Ben, évidemment, évidemment.
39:01M. Bernac vient d'arriver.
39:02Faites l'entrée, quoi !
39:03Oui.
39:04Alors ?
39:05Si vous voulez bien vous donner la peine d'entrer, monsieur.
39:11Monsieur, permettez-moi de vous présenter mon ami Jacques Bardon.
39:15M. Bernac.
39:16Enchanté, monsieur.
39:18M. Bernac, si je me suis permis d'insister pour que vous rencontriez M. Bardon,
39:22c'est parce qu'il y a un petit problème avec le fisc.
39:25Oh, qu'il n'en a pas, hélas.
39:26Ah, ben, je vois que nous sommes faits pour nous comprendre.
39:29Eh bien, vous ne pensez pas, cher monsieur, que nous aurions intérêt, vous comme moi,
39:34à nous déclarer officiellement qu'un prix d'achat très inférieur ?
39:37Et alors, vous me verseriez la différence de la main à la main.
39:40Votre intérêt ne coïncide pas forcément avec le mien.
39:43De toute façon, je suis pour la légalité.
39:45Les affaires au grand jour.
39:46Bref, il n'en est pas question.
39:49Ah oui, bon, alors pour moi, pas question de vendre sans dessous de table.
39:52C'est ce qu'on verra.
39:52Enfin, j'ai eu une promesse d'achat que vous avez acceptée et contresignée.
39:56Et vous avez l'audace de ne pas vouloir la respecter.
39:58Ah non, écoutez, monsieur, alors...
39:59Je vous en prie, messieurs, calmons-nous.
40:01Je n'aime pas les gens sans parole.
40:03Il n'est jamais cédé au chantage.
40:05Je vous préviens d'ailleurs que, toujours méfiant,
40:07j'ai déclaré officiellement à la douane et à la banque l'argent que j'apportais,
40:11en précisant que c'était pour l'achat de cet appartement.
40:14Et cela coupe court à tous les micmacs de monsieur.
40:16Ah non, écoutez, monsieur, alors là...
40:18Tu permets, oui.
40:19Bon, cher monsieur Bernac, je vous prie d'excuser, mon ami, mais voilà.
40:23À côté de l'appartement de monsieur Bardon, il y en a une autre rigoureusement identique.
40:28Et je pourrais peut-être vous le faire avoir à un prix légèrement inférieur.
40:33Qu'est-ce que c'est que toutes ces combines ?
40:34J'ai acheté un appartement dont la décoration me plaît.
40:36Par garder la vue ?
40:37Mais je m'en fiche.
40:38C'est celui-là que je veux et pas un autre.
40:39Monsieur, moi, je ne demanderai pas mieux, mais c'est ma femme qui ne veut pas.
40:43Ah, parce que votre femme devait signer.
40:45Si je comprends bien, vous êtes mariée sous la communauté
40:47et vous avez fait un faux, un acte illégal, un abus de confiance.
40:50Appelez ça comme vous voudrez.
40:51Ah non, écoutez, monsieur, alors...
40:52Écoutez, monsieur, je vous traînerai devant les tribunaux.
40:54Je demanderai des dommages d'intérêt.
40:56Ça me coûtera, me coûtera, mais je vous ruinerai.
40:58Et je ne vous laisserai aucun répit avant que je vous sache derrière les barreaux.
41:00Cher monsieur Bernac, enfin, tout de même.
41:02Ah non, rien du tout. Inutile de faire votre bouche en cul de poule.
41:04Je serai demain chez le notaire, comme convenu au téléphone.
41:07Et si jamais l'acte de vente n'est pas signé,
41:08vous comprendrez vite de quel bois je me chauffe.
41:13Ma bouche en cul de poule.
41:14Oui, non, mais d'accord.
41:14Tu imagines ?
41:15Oui, non, mais d'accord.
41:16Ah, mon vieux, je ne veux pas t'affoler, mais je crois que c'est de mal parti.
41:18Oui, mais à ton avis, qu'est-ce que tu crois qu'il peut me faire par la prison, quand même ?
41:23Ah, mon vieux, je n'en sais rien, je ne suis pas juriste.
41:24Oui, ben oui, non, il faut se renseigner.
41:26Moi, je ne peux pas affronter Sophie comme ça.
41:28Bon, écoute, viens, on va demander à Maître Verré.
41:30S'il est encore à son étude, il nous recevra.
41:32Allez, viens.
41:34Cule de poule.
41:35Allô, Mnouche, nouvel épisode du feuilleton des deux clowns.
41:51Pour la menace de prison, aucune inquiétude à avoir, c'est une plaisanterie.
41:56Par contre, par contre, pour ce qui est des dommages d'intérêt,
42:00si M. Bernac trouve des arguments assez forts
42:03et un avocat assez habile pour mettre en valeur le préjudice subi,
42:07ça, effectivement, ça peut vous coûter cher.
42:09Bernac ne m'en attrapera pas, c'est sûr.
42:11Moi, je te conseille de signer.
42:12Bon, ben, non, ta Sophie ne voit pas très bien ce qu'elle pourrait faire.
42:15L'article 1424 du Code civil est formel, monsieur.
42:17Tu vois ?
42:19Mme Bardon pourrait très bien tenter une action en annulation de vente.
42:22Elle le ferait.
42:23Et Bernac m'en attaquerait.
42:25Oui, on n'en sortirait pas.
42:26Oh, non, non, écoutez, non, c'est pas possible, ça, non, écoutez.
42:28Mais si, voyons, réfléchissez une seconde.
42:31M. Bernac refuse d'acheter l'appartement fort avantageux des Raviers
42:35et préfère payer le vôtre pour ton identique au prix fort.
42:38C'est un imbécile, parce qu'il y a sa place...
42:39Vous venez de le dire, alors soyez plus intelligent que lui, Jacques.
42:43Achetez l'appartement des Raviers.
42:45Et malgré tous les travaux que Sophie envisagerait,
42:48l'affaire resterait excellente.
42:49Ça, je peux vous l'assurer.
42:50Sauf pour moi, maître.
42:51Si Jacques n'achète pas la résidence du lac,
42:55ma commission saute.
42:57Pas du tout.
42:58Tu m'as dit que si je changeais d'avis,
43:00tu pourrais revendre mon option avec un gros bénéfice.
43:02C'est trop tard, mon vieux.
43:03J'ai perdu contact avec mes clients, moi.
43:05Je pensais que pour aider votre meilleur ami,
43:08vous pourriez peut-être...
43:09D'accord, oui.
43:13Pourra dire que tu m'auras tout de chère, toi.
43:15Merci.
43:15Oui.
43:16Croyez-moi, Jacques.
43:18Vous avez tout intérêt à vous expliquer franchement avec votre femme.
43:21C'est elle qui détient la clé qui permettrait de dénouer la situation.
43:24Oui, mais elle est tellement fâchée.
43:25Il n'y a plus d'espoir.
43:27Est-ce que je peux compter sur vous pour essayer de la convaincre, maître ?
43:30Oui, évidemment.
43:31Bon, merci.
43:32Excusez-moi pour venir vous déranger.
43:33Non, non, non, je vous en prie.
43:35Je suis là pour vous aider.
43:36Alors, à demain et surtout, ne vous tourmentez pas trop.
43:38Non, merci.
43:40Merci.
43:46Oui ?
43:47Oui, oui, passez-la, moi.
43:49Bonjour, Sophie.
43:50Eh bien, justement, Jacques sort d'ici.
43:53Oui ?
43:55Eh oui, oui.
44:11Sophie.
44:12Oui, qu'est-ce que c'est ?
44:13Eh bien, c'est moi, voyons.
44:15Eh bien, ouvre-moi.
44:16Pourquoi faire ? Qu'est-ce que tu veux encore ?
44:19Tiens.
44:20Tu peux le garder.
44:23Je te remercie, hein, d'être revenu d'Annecy, là, pour me parler.
44:27Je ne suis pas revenue pour toi.
44:30Eh bien, Pierre m'a dit que tu lui avais dit...
44:31Je n'ai pas besoin d'intermédiaire pour te dire ce que j'ai à te dire.
44:35Je suis rentrée pour consulter Maître Verret.
44:37Ah, ben oui, d'ailleurs, tiens, j'ai pris un rendez-vous, d'ailleurs, ce matin.
44:40Oui, oui, oui, je sais, je sais.
44:42Pour nous deux, demain matin, quand j'ai téléphoné, tu venais de partir.
44:44Oui, non, écoute, Sophie.
44:46Enfin, laisse-moi rentrer.
44:48Non.
44:48Bah, fin, c'est ridicule, en fait, tu te rends compte, on est dans une situation catastrophique tous les deux.
44:53Pas pour toi.
44:54Moi, je n'ai rien à craindre des décisions stupides que tu as prises dans mon dos, Maître Verret te le dira.
44:58Oui, mais il a dû te conseiller aussi de m'écouter.
45:01Maître Verret peut conseiller ce qu'il veut.
45:03J'en ai ras-le-bol.
45:04Et tu comptes le notaire.
45:05Non, écoute, écoute, Sophie.
45:07Non.
45:09Bah, fin, quand même, tu ne vas pas m'empêcher de rentrer dans un appartement que j'ai acheté avant de te connaître.
45:12Si.
45:13Tant que je n'aurai pas la garantie de conserver mon appartement d'Annecy,
45:16qui a été acheté avec l'argent de mes parents.
45:20Sophie !
45:21À la santé, hein.
45:24Alors, tu sais, je t'ai déniché un appartement formidable.
45:27C'est vrai ?
45:28Oh, tu verras ça.
45:29Un garçon, un scotch et deux aspirates.
45:31Oui, très bien.
45:36Tiens, regarde.
45:38Voilà le minable qui se démène pour m'empêcher de t'emmener à Annecy, comme je t'avais promis.
45:41C'est inespéré.
45:48Je vais aller dire à cet abbessi ce que je pense de lui.
45:50Laisse.
45:51Il a droit au dernier verre du condamné, puisque je l'exécute.
45:54Ah oui.
45:55On peut tout de même pas le laisser mourir sans lui donner l'absolution.
45:59Je vais arranger ça à ma façon.
46:00Non, non, non.
46:01Il y a bien mieux à faire.
46:03Ce balot a une peur bleue de sa femme.
46:06Alors, on va aller à la cabine du téléphone.
46:08Et si Mme Bardot est chez elle, je vais t'expliquer.
46:10Il y a de grandes chances que ce trouillard soit accueilli à coups de rouleau à pâtisserie.
46:22Ah oui !
46:24Qu'est-ce qu'on s'amuse bien avec toi, hein ?
46:26Je t'ai mis du rouge à lèvres.
46:27Je vous en prie, asseyez-vous, prenez place.
46:31Eh bien, j'espère qu'après nos petites conversations d'hier, vous avez tous les deux passé une excellente soirée.
46:46Rien n'est plus réconfortant dans notre métier que de voir un couple uni, prêt à s'épauler pour surmonter des difficultés qui, d'ailleurs, parfois, sont dérisoires.
46:58Tout à fait d'accord, maître.
47:00À condition que ce couple ne fasse pas ménage à trois avec un nègre fin.
47:05Oui, oui, bien sûr, évidemment.
47:08Et est-ce que Jacques vous a exposé les petits problèmes auxquels il s'est trouvé confronté ?
47:13Non.
47:13Mais comme il a la déplorable habitude de faire tous ses coups en dessous, j'ai préféré me renseigner moi-même.
47:19Et alors ?
47:20Et alors ? Les femmes ont enfin compris qu'elles devaient s'entraider.
47:23Corinne et Minouche, les secrétaires très particulières de M. Pierre Foliot, m'ont tout raconté.
47:30Eh bien, tant mieux, tant mieux. On gagnera du temps, j'ai rien à cacher.
47:34Faut croire que si.
47:34Comme ?
47:35Puisque tu ne m'as rien dit des engagements que tu as pris pour vendre mon appartement.
47:39Pour donner un chèque en option sur la résidence du lac.
47:41Oui, non, mais c'est...
47:42Pour menacer de chantage un honnête homme, M. Bernac, qui refusait de marcher dans vos combines.
47:46Mais non, mais c'est pas...
47:47Pour décider froidement avec ton ami Pierre Foliot de me mettre devant le fait accompli.
47:51Mais c'est pas...
47:51En ricanant à l'avance de la bobine que je ferai en la prenant.
47:56Excusez-moi, maître, de tout ce déballage, mais je suis ravi de lui avoir arrivé sans...
48:00Mais tu ne m'as rien arrivé du tout, puisque c'est faux.
48:03Jamais de ma vie, maître, je ne me suis moqué d'elle.
48:06Non, c'est vrai, parfois tu me fais un peu peur. D'ailleurs, la preuve, j'ai passé la nuit à broyer du noir, en pensant à toi.
48:12Je vous en prie, tous les deux, soyez raisonnable.
48:14Curieuse passion de broyer du noir en pensant à moi, en faisant le joli cœur avec deux minettes dans un bar.
48:19Mais tu es folle ou quoi ? Mais la croyez pas, maître.
48:23Menteur ! Je vous prends un témoin, maître.
48:25Sophie, je vous en prie.
48:25J'ai téléphoné au barman qui m'a confirmé que tu venais de sortir.
48:28J'étais entré pour demander deux cachets d'aspirine.
48:31Et tu es ressorti avec deux créatures, une grande blonde et une petite rousse, je sais tout !
48:34C'est faux ! D'ailleurs, le barman n'a jamais pu te dire ça, parce que de toute façon...
48:38Mais tu penses bien que je ne lui ai rien demandé ? Tu as déjà vu un barman trahir ses clients, toi ?
48:41Surtout un autre homme, vous pensez ? Non !
48:43C'est une de tes conquêtes qui m'a téléphoné et tu l'avais plaqué, elle s'est vangée.
48:46Non, mais c'est faux ! C'est complet... Non, mais écoute, alors toi, tu veux me rendre fou ou quoi ?
48:50C'est toi qui veux me rendre folle ! Je sais bien que tu veux prendre ta liberté pour pouvoir cavaler !
48:54Non, écoutez, est-ce que vous continuez comme ça ?
48:55Non, écoutez, je vous en prie, mais je vous demande assez maintenant, voilà !
48:57Non, j'en ai marre de tes histoires, là, tu me domines, il y a longtemps, d'ailleurs, j'aurais dû t'envoyer...
49:01C'est moi qui aurais dû depuis longtemps !
49:02Oui, tu aurais dû, oui...
49:03D'ailleurs, j'annule la donation que j'avais faite en ta faveur, tu ne me profiteras plus de l'argent de ma famille !
49:07Oui, l'argent, je m'en fous ! Et figure-toi que moi, la donation, je ne l'annulerai pas !
49:10Regarde-toi, la mienne, en ta faveur !
49:11Oh, ah, parlons-en, tamou-toi !
49:13Comment j'ai pas un sourd ?
49:14Si tu n'avais pas eu papa, tu aurais même pas de situation !
49:16C'est lui qui t'a... C'est lui qui t'a pistolé au roi de M. Gaudin !
49:18Mon père, tu parles, tu parles, tu parles, va les pieds sans papa !
49:20Oui, parfaitement !
49:20Je t'en prie, hein, pousse pas à bout !
49:23Je vais aller trouver un avocat, je vais divorcer, je vais faire annuler cet acte ridicule que tu as signé !
49:27Mais tu vas te taire, oui !
49:28Tu vas te taire !
49:29Je vais aller trouver Bernard pour qu'il te ponçue à bout la route !
49:31Ecoute, tu vas te taire ! Je vais te foutre une fois, toi !
49:34Je connais ça, la faveur !
49:35Mais tu vas taire ! Moi, je vais te faire taire !
49:39Regarde, calmez-vous !
49:40Oh, écoutez, moi, je vais te faire taire !
49:41Oh, c'est toi, ton Mila ?
49:55Ah oui, tu dois être déçu, tu vois, je ne suis pas mort.
49:59Je le regrette autant que toi.
50:01T'es bête.
50:02T'es violent, mais t'es gentil.
50:05Tu sais bien qu'on ne peut pas se passer l'un de l'autre.
50:07On ne divorcera jamais une, deux.
50:08Je vais te dire quelque chose.
50:12L'appartement d'Annecy, je n'en veux plus.
50:14Je ne veux même plus y mettre les pieds.
50:16Dès que tu iras mieux, tu appelles le notaire
50:18et tu lui diras que je veux bien signer l'acte de vente, tout de suite.
50:22C'est vrai ?
50:23Oui.
50:24Et puis ce soir, j'ai demandé qu'on me roule mon lit dans ta chambre.
50:29Tu as commandé du champagne
50:30et on a fêté le nouvel appartement.
50:34Dis donc, c'est formidable, ça n'a même pas de coûter un sou, hein ?
50:37Rien à rajouter.
50:38C'est la meilleure affaire de l'autre.
50:43Mais dis donc, il ne faudra pas dans trois mois me dire que tu n'en veux plus de cet appartement, hein ?
50:47Parce que là, ça ira mal, tu sais ?
50:50Oui.
50:51Au revoir.
50:52Au revoir.
50:53Coucou.
51:03Ah ! Ah !
51:04Sontez d'ici !
51:05Allez-vous-en, saleté !
51:07Foutez-moi le corps, foutez-moi le corps, je ne peux plus vous voir !
51:10Mais revenez plus jamais chez nous !
51:12Oh, mais quel cul-loup !
51:14Salaud !
51:15Salaud !
51:16Merci.
51:17Au revoir, maître.
51:24Qu'est-ce que t'as ?
51:25Tu te sens pas bien ?
51:26Non, non, si, si.
51:27Je viens d'avoir maître Verré au téléphone.
51:30Bernard vient d'être arrêté.
51:32C'était un escroc.
51:33Oh !
51:33C'est pas vrai ?
51:34C'est un coup dur, ça.
51:36Pour ma commission, c'est foutu, hein ?
51:38Quoi que je suis sûr que tu m'en rendras ça, hein ?
51:40Oui, oui.
51:40Ah, oui, oui.
51:41Mais pour toi, c'est très bien.
51:43Tu gardes ton appartement d'Annecy ?
51:45Mais non, mais non, justement, c'est une catastrophe.
51:47Sophie ne veut plus y mettre les pieds.
51:49C'est la résidence du lac qui lui plaît, maintenant.
51:51Alors quand je vais lui annoncer qu'on va être obligés de rajouter de l'argent,
51:55maintenant, je n'oserai jamais lui dire.
51:58Oh, oui.
52:01Tout va recommencer.
52:02Tout va choix.
52:34...
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