00:0113h-14h, Europe 1 Info.
00:03Vous écoutez Clélie Mathias sur Europe 1, il est 13h19.
00:06Clélie, l'heure d'accueillir vos deux chroniqueurs du jour.
00:08Avec vous en studio, le chroniqueur politique Jean-Claude Dacier
00:11et l'ancien juge d'instruction Georges Fenech.
00:13On va balayer l'actualité, on va commencer par les dossiers Epstein
00:17et la tentaculaire plutôt affaire Epstein
00:23puisque jour après jour il y a des révélations après Jack Lang.
00:25On parle de Fabrice Edan, le nom est moins connu,
00:28c'est un diplomate, secrétaire des affaires étrangères principales en disponibilité.
00:33Il était passé chez Engie, il a été suspendu d'ailleurs.
00:36Fabrice Edan a échangé des dizaines de mails pendant plusieurs années
00:39avec l'homme d'affaires et criminel sexuel Jeffrey Epstein.
00:42Les premiers échanges remontent à 2010
00:45et ce qui a été rendu public en tout cas,
00:48les échanges ne semblent pas relier ceux aux fonctionnaires
00:51aux crimes sexuels commis par Jeffrey Epstein.
00:53On va dire qu'il y a plutôt des échanges d'informations.
00:57Écoutez Jean-Noël Barraud, le ministre des Affaires étrangères,
00:59qui a réagi à la publication du nom de ce diplomate.
01:02Il était sur RTL ce matin.
01:04Oui, quand j'ai pris connaissance de ces informations,
01:07j'ai été effaré et j'ai fait ce que chacun aurait fait à ma place.
01:11Saisi le procureur de la République,
01:14lancé une enquête administrative pour concourir au travail de la justice
01:17ainsi qu'une procédure disciplinaire le concernant.
01:20Il est en détachement, c'est-à-dire qu'il travaille à l'extérieur du ministère des Affaires étrangères.
01:26Moi j'attends d'avoir de la transparence.
01:29100% de l'information et de l'information sans biais
01:34pour pouvoir tirer toutes les conséquences de cette affaire.
01:36Alors on est certainement qu'au début des révélations dans ce dossier,
01:40dans ces dossiers Epstein.
01:42Qu'est-ce que cette affaire révèle selon vous ?
01:44Georges Fenech.
01:45Qu'est-ce qu'elle révèle ?
01:46Oui.
01:47D'abord on attend de savoir de quoi il s'agit,
01:49avant de pouvoir déjà apporter un jugement.
01:54Et moi je suis, je l'ai déjà dit à votre micro, Clélie,
01:57et même avant, un peu surpris,
01:59ce n'est pas une critique, c'est un étonnement, disons,
02:02que la justice n'enquête pas.
02:04Ah ben j'allais y venir.
02:05Elle n'enquête pas.
02:06À ma connaissance, en tout cas, on n'est pas informés.
02:09Alors il y a le parquet national financier
02:10qui a ouvert une enquête pour l'affaire Jack Lang.
02:14Ça c'est Jack Lang.
02:15Oui, il y a eu quand même une enquête qui a été ouverte
02:17après une plainte contre l'un des rabatteurs présumés
02:21de Jeffrey Epstein.
02:24Ah je ne suis pas au courant de ça.
02:26Pardon ?
02:26David Gial, c'est ça ?
02:28Oui, c'est ça, David Gial.
02:30D'accord, vous parlez de plainte, de signalement,
02:32mais je n'ai pas entendu que le parquet ait ouvert une enquête,
02:35ou qu'on ait saisi un jeu d'instruction.
02:37Il y avait eu, rappelez-vous, il y a quelques deux ou trois ans déjà,
02:41un certain Brunel, qui avait une agence de mannequins
02:46et qui était impliqué et avait été écroué en France.
02:50C'était une enquête française et qui s'était suicidé en prison lui-même.
02:54Et l'enquête a donc été refermée.
02:55Voilà.
02:55Donc pour l'instant, on nous distille comme ça,
02:58tous les jours maintenant, des noms.
03:01Alors on sait qu'il y avait un appartement,
03:03d'ailleurs je crois savoir que Epstein n'avait qu'un seul appartement
03:05à l'étranger, c'était à Paris,
03:06un appartement de 800 mètres carrés, 22 à Nufoche,
03:09où tous les faits pendant des années se sont forcément déroulés.
03:13Qu'est-ce qu'on attend effectivement
03:15de mettre un terme à toutes ces rumeurs, etc.
03:17Alors qu'on a les noms,
03:19les mails sont publics aujourd'hui,
03:21il y a une enquête aux Etats-Unis, c'est normal,
03:23il y a d'autres enquêtes qui s'ouvrent,
03:25que ce soit à Londres ou ailleurs,
03:26parce que c'est une affaire tentaculaire et internationale.
03:29Maintenant, il va falloir que la justice
03:31et très rapidement, me semble-t-il,
03:33s'auto-saisisse.
03:34– Emmanuel Macron a dit que c'était déjà la justice américaine.
03:37– Mais il a eu tort, il a eu tort,
03:39de quoi je me mêle.
03:41Ce sont des faits français aussi.
03:43Il y a toute la branche, malheureusement, française
03:45de cette affaire qui s'est déroulée,
03:47notamment à Paris,
03:48avec des jeunes victimes françaises.
03:50– Alors la justice, est-ce qu'il devrait y avoir aussi
03:52une commission d'enquête parlementaire ?
03:54– Non.
03:55– Pourquoi Georges Fenech ?
03:56Je vous poserai les mêmes questions après, Jean-Claude.
03:57– D'abord parce qu'une commission d'enquête parlementaire
04:00ne peut pas se saisir
04:02pour enquêter sur des faits qui font l'objet
04:03d'une instruction, d'une affaire judiciaire.
04:06Il y a absolument incompatibilité.
04:09D'ailleurs, quand les parlementaires
04:11mettent en place une commission d'enquête,
04:13il y a des services de la justice
04:15qui vérifient que ça ne fait pas déjà l'objet
04:16d'une enquête judiciaire.
04:17Dès lors qu'il y a une enquête judiciaire,
04:19et ce sont des faits de nature judiciaire,
04:21il ne peut pas y avoir de commission d'enquête parallèle.
04:24Donc il ne s'agit pas du tout de cela.
04:26Pour l'instant, il s'agit d'une affaire criminelle,
04:28une affaire de viol et d'exploitation de mineurs
04:30qui relèvent de la justice et que de la justice.
04:33– Je vais vous poser les mêmes questions,
04:34je le disais Jean-Claude Assier.
04:36Juste avant, j'aimerais qu'on écoute Gabriel Attal,
04:38chef de file des députés Ensemble pour la République,
04:40qui lui n'est pas opposé
04:42à l'ouverture d'une enquête parlementaire sur cette affaire.
04:44Il était sur France Inter ce matin.
04:46– C'est une affaire qui émeut
04:48et qui interroge à juste titre,
04:50pas seulement en France, mais partout dans le monde.
04:52Et on a vu que dans beaucoup de pays dans le monde,
04:54des enquêtes ont été lancées, des enquêtes judiciaires
04:56et parfois des commissions d'enquête parlementaires
04:59ou l'équivalent.
05:00Moi, je ne vois pas de raison de m'opposer
05:01à une commission d'enquête.
05:03Vous savez, tous les groupes parlementaires
05:04ont le droit chaque année
05:06de déclencher une commission d'enquête.
05:07Le choix que j'ai fait avec mes députés,
05:09c'est de déclencher une commission d'enquête
05:11sur l'impact des réseaux sociaux,
05:13sur la santé mentale des jeunes.
05:14C'est ça le sujet qui nous préoccupe.
05:15Si un groupe décide de déclencher
05:18une commission d'enquête sur ce sujet,
05:19je ne m'y opposerai pas
05:20et je n'ai pas de raison de m'y opposer.
05:22– Georges Fenec ?
05:22– Pardon, je ne veux pas être irrespectueux
05:24vis-à-vis de l'ancien Premier ministre,
05:26M. Attal,
05:27mais il s'agit d'une erreur manifeste.
05:30On ne met pas en place
05:31une commission d'enquête parlementaires
05:32sur des faits de nature judiciaire
05:34qui vont relever de la justice.
05:35C'est le principe de la séparation des pouvoirs.
05:39– Jean-Claude Gessier.
05:40– Là, il fait de la politique,
05:41comme petits bras.
05:42– Quand on avait fait la commission d'enquête
05:44pour bien préciser les choses
05:45qui étaient une affaire judiciaire,
05:47on l'avait fait après les jugements,
05:50etc.,
05:50pour analyser les dysfonctionnements
05:52et améliorer le dispositif judiciaire.
05:54Ce n'était pas l'enquête sur les faits elles-mêmes.
05:55Vous voyez ce que je veux dire ?
05:56Là, il faut enquêter sur les faits eux-mêmes.
05:58Ça, ça relève de la justice.
05:59– Il ne faut pas tout mélanger.
06:00– Jean-Claude Gessier,
06:00donc, on aimerait vous entendre.
06:01– La justice et les parlementaires
06:03qui ont un autre travail à faire
06:04qui est important.
06:06Donc, il y a évidemment,
06:08bon, là, il s'en sort comme il peut
06:09en disant « je ne m'y opposerai pas ».
06:11On ne lui demande même pas de s'y opposer.
06:13Il aurait juste dû avoir une réponse
06:15un petit peu plus adaptée
06:17à la réalité de la situation.
06:19Moi, je suis prudent.
06:21Je pense qu'il faudrait, en effet,
06:23lancer une enquête large
06:25sur ce qui a pu se passer
06:27entre un certain nombre de Français
06:28et M. Epstein.
06:31Pour autant, d'après ce que je lis,
06:33on a du mal à s'y retrouver, quand même.
06:35Il y a des affaires de pédocriminalité,
06:37il y a des affaires financières,
06:38du trafic d'influence,
06:39il y a des mouvements d'argent
06:40qui ne sont évidemment pas normaux.
06:42Donc, il va falloir probablement des années,
06:45en tout cas des mois,
06:46avant d'essayer de comprendre
06:47ce qui s'est réellement passé
06:49et le poids considérable
06:51qu'avait M. Epstein
06:52dans un certain nombre de pays.
06:56Maintenant, bon, sur Jacques Lang,
06:58personne ne se faisait vraiment d'illusions.
07:01Alors, comme c'est un homme
07:03d'une grande prudence,
07:04il a dû faire attention
07:06à ne pas commettre de fautes pénales
07:09qui pourraient le handicaper.
07:11On va voir...
07:12Bon, il a démissionné de Lima,
07:14c'est très bien.
07:15L'Institut du Monde Arabe.
07:16L'Institut du Monde Arabe.
07:18Bon, de toute façon,
07:20il avait été renommé par Macron
07:21dans des conditions extravagantes,
07:23probablement sous l'influence
07:25du roi du Maroc.
07:26Les relations entre Jacques Lang
07:27et le Maroc,
07:28c'est encore autre chose.
07:30Néanmoins,
07:31que est la fille ?
07:32Et que Jacques Lang nous raconte que
07:34« Ah bon ? »
07:35« Bon, on ne le savait pas. »
07:36« Me paraît totalement bidon
07:37et pas sérieux. »
07:39C'est une défense d'urgence.
07:41On verra ce qui va se passer.
07:42– Bon, on va voir ce qui en ressort.
07:43Le parquet national financier...
07:44– En rappelant la réaction d'innocence.
07:46– Exactement.
07:46Le parquet national financier
07:47a été saisi.
07:47d'abord aux Etats-Unis,
07:49ensuite à Londres,
07:50et puis en France aussi.
07:51on doit avoir un certain nombre de gens
07:53dont ce fonctionnaire du Quai d'Orsay
07:55mouillé à son tour dans...
07:57– Lui, ce serait des échanges d'informations.
07:59Oui, c'est ce que je disais.
08:00– C'est une histoire gigantesque.
08:02– Il faut être prudent.
08:03Il faut être prudent.
08:04On n'a pas les éléments.
08:05– Enfin, sur Jacques Lang
08:06et sa légende,
08:08je veux dire,
08:08ça suffit maintenant.
08:09Il faut arrêter.
08:10– Sous-titrage FR In Jesse
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