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  • il y a 1 heure
Dans ce témoignage bouleversant, Diane nous raconte son combat contre l’algie vasculaire de la face, une maladie neurologique rare souvent surnommée "la maladie du su*cide" tant la douleur est décrite comme insupportable, comparable à une amputation sans anesthésie.

Touchée dès l’adolescence, elle a traversé dix années d’errance médicale avant d’obtenir un diagnostic. Entre crises violentes, traitements lourds, injections d’urgence et opérations cérébrales à répétition, elle partage sans filtre la réalité d’une pathologie invisible que les antidouleurs classiques ne soulagent pas et met en lumière le rôle essentiel des proches et des aidants, souvent oubliés dans le parcours de la maladie chronique.

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Amusant
Transcription
00:00Les médecins comparent souvent cette maladie à pire qu'une douleur sans, une amputation sans anesthésie.
00:06Et elle a le triste surnom de maladie du suicide, puisqu'il y a des malades dans une telle détresse qu'ils en viennent à se suicider.
00:13Je suis atteinte d'algives scolaire de la face depuis mes 14 ans et j'ai été diagnostiquée à 24 ans.
00:17Donc une très très longue période d'errance médicale.
00:20Et c'est aussi pour ça que je me bats au quotidien pour essayer de faire connaître cette maladie.
00:25L'algives scolaire de la face est une maladie neurologique, une sensation de broiement, des œdèmes comme ce que j'ai aujourd'hui, la paupière qui gonfle,
00:33l'impression qu'on nous plante un tournevis dans l'œil, des rougeurs, l'intensité de la douleur qui est terrible.
00:39Je me rappelle encore ma première crise, j'avais l'impression que j'allais mourir.
00:43Aucun être humain ne devrait ressentir une telle douleur.
00:45Les médecins comparent souvent cette maladie à pire qu'une douleur sans, une amputation sans anesthésie.
00:52Et elle a le triste surnom de maladie du suicide puisqu'il y a des malades dans une telle détresse qu'ils en viennent à se suicider.
00:59Alors l'une des principales caractéristiques de l'algives scolaire de la face, c'est qu'aucun antidouleur ne fonctionne.
01:03Il y a des traitements de fond et des traitements de crise, des traitements de fond type anti-épileptique, des traitements cardiaques
01:09et qui ont eu des gros gros effets secondaires.
01:11Et des traitements de crise, l'himiéjecte, ce qui est des piqûres qu'on se fait au niveau de la cuisse ou du ventre
01:17et qui permet de calmer la crise à 24 ans, on m'a opéré pour une stimulation occipitale.
01:22On m'a implanté deux électrodes à la base du cou, reliées par un câble à un boîtier au niveau de la fesse.
01:30Et là, ça a été le début de l'enfer pour moi.
01:33J'ai été opérée cinq fois en sept mois.
01:35Je n'avais aucune amélioration alors qu'on m'avait promis une baisse des crises, voire une disparition des crises.
01:40Deux mois après, j'ai été de nouveau opérée à deux reprises pour une stimulation profonde.
01:45Et là, je passais vraiment à un autre cap puisque c'était des opérations au niveau du cerveau.
01:50Donc là, on m'a implanté une électrode au centre du cerveau, reliée à un câble, à un boîtier que j'ai juste ici, sous anesthésie locale.
01:57On m'a posé cinq vis au niveau du crâne.
02:00Je me rappelle encore de l'odeur, de la sensation des vis sur mon crâne.
02:05Ça a été vraiment un cauchemar et j'en fais encore des cauchemars.
02:08Et deux jours après, j'ai été opérée pour l'électrode au centre de mon cerveau, au niveau de l'hypothalamus, qui a duré 13 heures.
02:16J'ai dû faire mon testament pour cette opération.
02:19On m'avait annoncé que j'allais sûrement devenir stérile.
02:21J'avais subi cette opération en 11 mois, mais j'étais complètement détruite.
02:25J'étais chauve puisqu'on m'avait rasé le crâne.
02:27J'avais perdu une vingtaine de kilos.
02:29J'avais perdu la sensation de faim.
02:31J'avais plus de sensation aussi de froid.
02:34J'étais plus que l'ombre de moi-même.
02:36Quand je me regardais dans le miroir, je ne voyais plus qu'une malade.
02:39C'était vraiment terrible.
02:40Puis en plus, le pire, c'est que ça n'avait absolument pas fonctionné.
02:44Voir j'avais une augmentation de crise.
02:46Je faisais une quinzaine de crises par jour.
02:48Finalement, quand on tombe malade, ce n'est pas que le malade.
02:51C'est aussi toute la famille qui va avec.
02:53Et ça, c'est le plus difficile finalement.
02:55Pour une maman, d'embarquer tous ses enfants, d'embarquer son mari, d'embarquer ses parents, c'est très culpabilisant.
03:05Et ça, il ne faut pas les oublier, les aidants qui sont avec nous au quotidien.
03:08À l'époque, j'étais une jeune femme fêtarde, une jeune femme qui travaillait, une jeune femme qui faisait des études.
03:15Et du jour au lendemain, je suis devenue une femme qui ne pouvait plus du tout sortir de chez elle.
03:20Je n'arrivais même plus à aller à l'autre bout de ma rue sans faire des malaises.
03:25En fait, c'est toute notre vie globale qui se voit complètement changée.
03:30Pendant très longtemps, j'ai refusé de m'autoriser à vivre ces moments, ces journées sans, comme je les appelle.
03:37Parce que pour moi, c'était une faiblesse.
03:39Alors que finalement, non, il faut s'autoriser à vivre des journées où on n'en peut plus,
03:44où la douleur, elle est trop insupportable et on n'a plus la force de se battre.
03:47Il faut s'autoriser à crier, il faut s'autoriser à hurler, il faut s'autoriser à pleurer.
03:52En se disant que ce moment, il faut l'accueillir et on se battra, on sera plus fort le lendemain.
03:57Ma première grossesse, alors il faut savoir déjà qu'au départ, on m'avait diagnostiquée stérile.
04:04Donc ça a été assez dingue quand j'ai vu le test positif.
04:08On a été en PMA pour avoir notre premier garçon, Raphaël.
04:12Ma première grossesse s'est globalement bien passée, je revivais puisque mes crises baissaient.
04:19Jusqu'à la 30e semaine où là, ça a été vraiment la descente aux enfers.
04:23Mes crises se sont revenues d'une intensité extrême et on m'a retrouvée inerte.
04:29Et donc j'ai été hospitalisée en urgence et j'ai dû malheureusement accoucher prématurément à 34 semaines de mon petit garçon.
04:36Ça a été très très difficile. Alors aujourd'hui, Raphaël Babien, il a 3 ans et c'est une énorme victoire.
04:44J'ai du coup, après une deuxième grossesse, alors là ça a été plus compliqué.
04:48C'est-à-dire que les crises ont baissé, mais elles ont augmenté plus rapidement à la 24e semaine.
04:55Et il a fallu m'hospitaliser beaucoup plus tôt.
04:58J'ai accouché prématurément à une grossesse qui a été extrêmement difficile sur le plan psychologique et physique.
05:04Ma fille va bien. Elle a eu des débuts difficiles.
05:10Ça a été aussi un combat, la prématurité.
05:12Mais elle va bien. Elle a 4 mois aujourd'hui.
05:14Une énorme victoire pour nous.
05:16C'est dire oui à la vie et malgré la maladie.
05:19Et ça, on ne pourra jamais nous l'enlever.
05:21Chaque moment que la maladie me permet d'avoir sans avoir une crise,
05:25c'est un moment précieux que je profite à 10 000%.
05:30On bouffe la vie.
05:31Et je pense que la maladie, ça, enfin toutes nos épreuves nous ont permis de comprendre ça,
05:35que des petits moments qui paraissaient insignifiants avant,
05:38aujourd'hui ont un goût si particulier.
05:41Qu'importe votre handicap, votre maladie,
05:44ne vous dites jamais que c'est une faiblesse, mais bien au contraire.
05:47N'ayez jamais honte, jamais honte de votre handicap.
05:50Tout ce que vous avez pu endurer, toutes vos épreuves,
05:53soyez-en fiers, ça fait de vous la personne que vous êtes aujourd'hui.
05:56Soyez fiers de tout ce que vous avez entrepris et soyez fiers de la personne que vous êtes.
06:01Et vous pouvez en faire une force.
06:04C'est important.
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