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  • il y a 3 heures
Issei Sagawa, 32 ans, étudiant japonais à Paris, cannibale. Au printemps 1981, son visage et son nom glacent d'effroi le monde entier. Il a tué, puis violé, découpé une étudiante hollandaise dont il était amoureux. Il a mangé une partie de son corps, goûter à la chair humaine était une obsession qui le consumait.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:0014h-15h, c'est l'heure du crime sur RTL
00:05Plus de mystère autour de la dame du bois de Boulogne, elle a été victime d'un cannibale.
00:12La police découvre le corps d'une jeune femme coupée en menus morceaux.
00:16L'identification est rapide, la dépecée est une hollandaise de 25 ans, étudiante en littérature assenciée.
00:22L'assassin, un de ses condisciples, reste à établir les mobiles, le pourquoi.
00:26Bonjour, Issei Sagawa, 32 ans, étudiant japonais à Paris et cannibale.
00:34Au printemps 1981, son visage va glacer d'effroi le monde entier.
00:39Il a tué, violé, découpé une étudiante hollandaise dont il était amoureux, puis il a mangé une partie de son corps.
00:47Goûter à la chair humaine était une obsession qui le consumait.
00:51Mais que raconte sa confession secrète aux enquêteurs ?
00:55Issei Sagawa, les aveux du cannibale ?
00:59L'heure du crime, la seule émission radio 100% fait divers, c'est tout de suite sur RTL.
01:03Samedi 13 juin 1981, peu avant 19h, un couple d'amoureux qui se prélassent dans l'herbe, tout près du lac du bois de Boulogne,
01:17observe, amusé, intrigué, le manège d'un petit homme en costume noir et chemise blanche.
01:23L'individu pousse tant bien que mal un chariot de course, sur lequel il a empilé deux valises de couleur marron.
01:31Il semble hésiter, empoigne un bagage, puis se ravise.
01:36Le chariot se renverse, les valises tombent, l'une d'elles, en carton bouillie, se déchire.
01:41L'homme jette alors les bagages dans les buissons.
01:43Le couple s'approche, mais l'asiatique déguerpit aussitôt.
01:48La valise a laissé une traînée sombre au reflet vermeil, c'est bien du sang.
01:53La police est alertée, dans les valises les restes d'un corps humain, celui d'une femme.
01:58Les légistes décrivent une victime qui aurait entre 25 et 30 ans, la peau très claire, mesurant autour d'un mètre 65.
02:06A l'institut médico-légal, les docteurs assemblent des os, des jambes et de la colonne vertébrale.
02:14Des lambeaux de cuisse, un visage auquel il manque les lèvres et le nez, un sein est également absent du buste.
02:21La victime a été tuée d'une balle de 22 longs rifles tirés à bout portant dans la nuque.
02:26Elle a été violée après sa mort, puis découpée avec une scie et un couteau électrique.
02:33Dimanche 14 juin, lendemain de la découverte du corps dépecé du bois de Boulogne,
02:37les policiers de la criminelle sont sur le pont pour identifier au plus vite le suspect asiatique.
02:43Les promeneurs qui l'ont aperçu sont à nouveau interrogés.
02:46Lundi 15 juin, un appel à témoins publié dans le journal Le Parisien est diffusé.
02:52Il s'adresse aux automobilistes et chauffeurs de taxi qui auraient pu transporter samedi, autour de 18h,
02:59un homme porteur de deux valises jusqu'au bois de Boulogne.
03:02Un témoignage, celui d'un chauffeur de taxi propriétaire d'une Peugeot 504 Rouge retient l'attention.
03:10Le chauffeur se souvient parfaitement du petit homme aux valises.
03:14Il a chargé ce client dans le 16e arrondissement, devant le numéro 10 de la rue Erlanger.
03:20C'était un Japonais.
03:21Le chauffeur a cru qu'il se rendait dans une gare ou un aéroport.
03:25Il a été surpris quand l'homme lui a demandé à être conduit jusqu'au bois de Boulogne.
03:30Le commissaire de la brigade criminelle, Jacques Poinas, et ses hommes se rendent rue Erlanger.
03:37Une habitante confirme avoir vu un Asiatique transporter deux valises.
03:41Il s'agit selon elle d'un locataire.
03:44La concierge confirme qu'un étudiant japonais loge dans un studio, au premier étage.
03:51Il s'appelle Issei Sagawa.
03:53Garçon toujours tiré à quatre épingles.
03:56Poli, discret, il parle bien français.
03:58Sagawa n'est alors pas chez lui.
04:02Les policiers sont en planque.
04:04À 20h45, Sagawa est aperçu qu'il émerge d'un taxi.
04:08L'inspecteur Roger Robillard se dirige vers lui et l'aborde.
04:12Le policier se présente.
04:14Il montre sa carte professionnelle.
04:16La réponse de Sagawa en français est spontanée.
04:20Oui, bien sûr.
04:21C'est à cause de René.
04:22Lundi 15 juin 21h, le studio de la rue Erlanger est perquisitionné.
04:29Issei Sagawa, 32 ans, petit bonhomme chétif, d'un mètre 52 pour 35 kilos,
04:34calvitie naissante, lunettes et mèches sur le front, reste dans son coin.
04:39Il répond poliment à toutes les questions.
04:41Il a tué et découpé ici l'étudiante hollandaise René Artevelt, 23 ans.
04:47Il l'a rencontré à la fac de Sancier Paris 3, inscrite comme lui en littérature comparée.
04:53Sur la moquette, une grande tache de sang, une carabine 22 longs, riflet posé contre un mur.
04:58En ouvrant le frigo, le commissaire Poinas a un haut le cœur.
05:03Partout, des morceaux de chair humaine emballés dans des sachets plastiques.
05:08De la chair déjà cuite et disposée dans une assiette.
05:11Au total, 7 kilos de viande humaine.
05:15Issei Sagawa déclare y avoir goûté.
05:18Il en a même mangé quelques morceaux.
05:20Il précise qu'il a eu envie de manger René quand il a commencé à découper le corps de la malheureuse.
05:31Issei Sagawa qui va passer la nuit en garde à vue à la brigade criminelle.
05:35Et là, il va plus précisément raconter dans le détail au policier sa morbide obsession.
05:41Il voulait, depuis qu'il était petit, manger de l'être humain et plus particulièrement manger une femme.
05:48C'est comme ça, c'est un acte de cannibalisme, un crime tout aussi épouvantable que rarissime.
05:53Crime sexuel aussi, parce qu'il a violé la malheureuse Renée Artevelt.
05:57On va voir tout ça dans la suite de l'heure du crime.
05:59Alors, il y a l'enquête de la brigade criminelle de la PJ parisienne.
06:03Enquête très rapide, parce que finalement, ce Japonais, il n'a pas été très prudent, très méticuleux.
06:11Ce n'est pas un tueur professionnel, c'est le moins qu'on puisse dire.
06:13Bonjour Jacques Poinas.
06:14Bonjour.
06:15Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui dans le studio de l'heure du crime.
06:19A l'époque, je vous l'ai cité d'ailleurs dans ce récit, vous étiez commissaire à la brigade criminelle au 36 Quai des Orfèvres.
06:24Et vous êtes quasiment le premier à voir devant vous cet homme, Issei Sagawa.
06:30Et puis, vous êtes l'auteur de ce livre, Le temps des aveux, le réfrigérateur du japonais cannibale,
06:36et autres récits de la brigade criminelle.
06:38Il y a beaucoup d'histoires dans ce livre, ce sont vos souvenirs, mes souvenirs étayés par des faits, par des réflexions.
06:45Le livre qui est paré aux éditions Mareuil.
06:48On va bien sûr parler de vos autres histoires un peu plus tard.
06:50Mais on va rester sur Sagawa tout de suite, avec, vous dites, le temps des aveux.
06:54Mais effectivement, cet homme, il va avouer, on va voir ce qu'il va raconter.
06:56Je le disais, il est tout de suite repéré, vous avez un tuyau qui permet d'accéder assez rapidement à ce japonais.
07:04On a parlé d'un chauffeur de taxi, à l'époque, c'est l'histoire qui revient, peut-être pas tout à fait ça, mais bon.
07:10Oui, il y a eu des témoignages de plusieurs même chauffeurs de taxi qui nous auraient permis d'identifier Sagawa.
07:16Mais, en fait, à l'époque, devant la presse, ce sont les chauffeurs de taxi qui ont été mis en avant pour protéger le couple.
07:27Le vrai témoin.
07:28Les vrais témoins.
07:29Le premier témoin, en tout cas, qui habitait le même immeuble.
07:35Il s'agissait d'un couple dont le mari était un accordeur de pianos aveugle et son épouse.
07:43Et c'est, en fait, la publication des photos le lundi matin dans la presse qui a permis à cette dame de reconnaître les valises.
07:56D'accord, c'est la dame qui reconnaît les valises.
07:58Car les valises étaient assez particulières, notamment parce qu'elles avaient du ruban adhésif.
08:01Elles étaient entourées de ruban adhésif.
08:02Et parce qu'elle avait donc vu ces valises la nuit d'avant la découverte, au bois de Boulogne,
08:14parce que Sagawa avait fait une première tentative pour se débarrasser des valises dans la nuit du vendredi au samedi.
08:20Donc, ces valises, elles traînaient un petit peu dans l'immeuble.
08:22Il y a cette voisine qui les a repérées.
08:24À un moment donné, elle les a vues.
08:25Alors, ce qui se passe, ce qui est assez extraordinaire, c'est que Sagawa décide de se débarrasser des valises qui contiennent le corps des membrés,
08:38en allant en pleine nuit, vers 2-3 heures du matin, jeter les valises dans le lac du bois de Boulogne.
08:45Ce qu'il tentera de nouveau dans la journée du samedi.
08:49Donc, il commande un taxi, il met les deux valises dans un caddie de supermarché qu'il a, entre guillemets, emprunté à un supermarché voisin,
09:03et il pousse ses valises dans la cour de l'immeuble, pavée, puisqu'il habite un immeuble en fond de cour.
09:11D'accord. Et on l'entend, finalement.
09:13Alors, il réveille l'accordeur de piano, qui a sans doute l'oreille sensible, qui lui-même réveille sa femme,
09:20et lui dit, j'entends un bruit bizarre dans la cour, qu'est-ce que c'est ?
09:24Elle va voir, et elle dit, ah ben, c'est le japonais du fond qui pousse deux grosses valises dans un caddie.
09:31Et du coup, il va y avoir ce témoignage qui va être capital et qui va vous amener...
09:36Le premier témoignage.
09:37Voilà, à Sagawa, évidemment, qui va vous emmener avec vos collègues jusqu'à Sagawa.
09:41Bonjour, Olivier Folle.
09:43Bonjour.
09:44Merci beaucoup, vous aussi, d'être avec nous dans cette heure du crime.
09:47Olivier Folle, ancien chef adjoint de la brigade criminelle au 36 Quai des Orfèvres.
09:51Évidemment, vous connaissez bien cette affaire.
09:52Vous étiez au premier rang à l'époque avec vos collègues, dont Jacques Poinas, qui est l'un de nos invités.
09:57Déjà, à quoi est-ce qu'il ressemble, déjà, physiquement, cette ICI Sagawa qu'on découvre, alors, pour la première fois ?
10:03Alors, écoutez, ma première réflexion, c'est que c'était un homme malingre, un avorton, si vous voulez, je dirais, pour être méchant.
10:09Il était petit, très maigre, très vif, d'ailleurs.
10:13Mais par contre, ce qui, encore une fois, a attiré l'attention, c'était un petit bonhomme.
10:17Alors, on va rentrer dans ce studio de la rue Erlanger.
10:21Il y a du sang, Olivier Folle, sur la moquette.
10:23Dans quel état est cet appartement ?
10:26L'appartement étant tésor, plutôt, c'est la pertinition de l'horreur, puisque la jeune femme a été découpée en morceaux, car il en a mangé déjà un peu.
10:38Une carabine est retrouvée dans le studio, qui a servi, évidemment, à tuer Renère Tevelt.
10:44Jacques Poinas, c'est vous qui ouvrez ce frigo avec les restes humains.
10:47Je suppose qu'aujourd'hui encore, c'est une image que vous n'avez jamais oubliée.
10:50Oui, alors, ce qui est un peu surprenant, c'est qu'il y avait deux frigos dans le studio.
10:59Un grand frigo, bien visible, que nous avons ouvert tout de suite, parce que la possibilité que de la chair ait été, en tout cas, prélevée sur le corps,
11:09était déjà parce que les constatations à l'autopsie faisaient qu'il y avait un découpage particulier qui correspondait au prélèvement de chair,
11:19plus qu'à un simple démembrement du corps.
11:22Donc, et ce grand frigo est vide et éteint.
11:28Donc, bon, après, nous oublions un peu cette possibilité de cannibalisme.
11:35Et c'est simplement à la fin de la perquisition, en ouvrant les derniers placards de cuisine, puisqu'il y avait un coin cuisine,
11:46qu'en fait, un de ces placards révèle un frigo encastré, pas très grand, et qui, lui, est plein de sacs de plastique contenant de la chair.
11:55Et là, vous sursautez, évidemment.
11:57Et là, évidemment, je me tourne vers Sagawa et je lui dis, tu en as mangé.
12:03Parce que ce qu'il ne nous avait pas dit jusqu'à présent...
12:05Et il lâche la tête, sans parler, mais il lâche la tête en signe d'acquiescement.
12:13Une exécution en direct de la victime, enregistrée sur un magnétophone.
12:17Issei Sagawa, les aveux du cannibale.
12:20Je pense que si elle avait accepté de faire l'amour avec moi, je ne l'aurais pas mangé.
12:24L'enquête de l'heure du crime, on se retrouve dans un instant sur RTL.
12:27Au programme aujourd'hui de l'heure du crime, les confessions d'un cannibale, Issei Sagawa.
12:46Au printemps 1981, ce Japonais est arrêté pour avoir tué, violé, post-mortem, et dépecé une étudiante hollandaise.
12:54Il a mangé des parties de son corps et il est placé en garde à vue.
12:57Lundi 15 juin 1981, peu avant minuit, Issei Sagawa est en garde à vue à la brigade criminelle.
13:05Sagawa ne semble ni prostré, ni perturbé par la situation.
13:09Très courtois, bavard, il détaille son parcours d'étudiant.
13:14Titulaire d'une maîtrise de littérature anglaise à Osaka,
13:18inscrit depuis quelques mois à l'Institut des Langues Orientales à Paris,
13:21auditeur libre à l'Université de Sancier.
13:24Il a un frère et une mère qui l'aiment beaucoup.
13:26Il écrit à sa mère tous les dix jours.
13:29Juste avant le crime, il lui a envoyé un chat en peluche en guise de cadeau d'anniversaire.
13:34C'est son père qui paye ses études.
13:36Ce dernier, Akira Sagawa, est un patron important au Japon.
13:41Il dirige un groupe de traitement des eaux.
13:43L'étudiant décrit son père comme quelqu'un qui l'a toujours rabaissé et qu'il redoute.
13:49« À propos de René Artevelt, la victime, il la connaissait depuis un mois.
13:54Il se voyait chez elle, rue Bonaparte ou chez lui.
13:56Il parlait poésie, ils écoutaient de la musique.
13:59Sagawa avoue qu'il était amoureux d'elle.
14:01Jeudi soir, elle est venue, rue Erlanger.
14:04Il a tenté une approche, elle l'a repoussée.
14:07Il n'a pas insisté, mais il était vexé.
14:09Il lui a demandé de lire une page de poésie.
14:12Je suis alors devenu fou.
14:13J'ai pris ma carabine, je lui ai tiré une balle dans la nuque.
14:17La scène est enregistrée sur un dictaphone.
14:19On y entend effectivement la voix de René Artevelt
14:23qui déclame les vers du poète allemand Johannes Becher.
14:27« Dévorer, la ville se rassasie de cervelle, dit-elle. »
14:31Puis, une détonation et le bruit d'un corps qui tombe.
14:35En garde à vue, Issei Sagawa affirme
14:37« Je pense que si René avait accepté de faire l'amour avec moi,
14:41je ne l'aurais pas mangé. »
14:42Il raconte.
14:42« J'ai coupé des petits morceaux du corps que j'ai mis dans le réfrigérateur.
14:46Je les ai mangés. »
14:48Il a pris des photos de toutes les étapes de son banquet anthropophage.
14:52Il a essayé toutes sortes de cuissons, d'assaisonnements,
14:56jusqu'à la moutarde et au petit pois.
14:58Sagawa explique qu'il entretenait depuis longtemps
15:01le désir de manger une jeune femme.
15:04« Ce désir de manger de la chair humaine date de mon enfance.
15:08Jeune, je voulais manger des garçons de mon âge.
15:10Quand j'ai éprouvé le désir sexuel, j'ai eu cette envie à l'égard des femmes. »
15:16Sur procès verbal, il précise aussitôt.
15:18« Pas à toutes les femmes, car il m'est arrivé d'aimer une femme sans vouloir la manger. »
15:23Quelques mois auparavant, en banlieue de Tokyo,
15:27il est entré par une fenêtre dans la chambre d'une étudiante allemande.
15:32Il voulait déjà goûter sa chair.
15:34Il avait un couteau, un parapluie pour la frapper.
15:37Elle a hurlé, elle l'a ceinturé.
15:38Le père de Sagawa a étouffé ce scandale.
15:41La victime a été dédommagée.
15:43La famille a préféré envoyer ce fils dérangeant loin du Japon, en France.
15:48Interrogatoire qui s'achève autour de 4h du matin.
15:52Mardi 16 juin, Akira Sagawa, le père d'Icei Sagawa,
15:55déboule dans le bureau du commissaire Olivier Folle.
15:58Le grand patron japonais, débarqué de Tokyo avec trois collaborateurs,
16:03prend de haut le policier français.
16:05Il met en doute ses accusations, considère son fils incapable de commettre de telles horreurs.
16:10Mais il vacille quand on lui présente les photos du massacre.
16:14Incrédule.
16:15« Je me demande combien d'années il a pu prendre en quelques minutes »,
16:18déclarera Olivier Folle au Figaro.
16:21Le juge parisien Jean-Louis Bruguère est à la recherche de toutes les personnes
16:25qui ont pu approcher Sagawa.
16:27Deux mois après le crime, Christine B, 23 ans,
16:31prostituée dans les beaux quartiers, est entendue.
16:34« Isei Sagawa était l'un de ses clients.
16:37Dans nos rapports, il me demandait toujours s'il pouvait me mordre les fesses.
16:42Il me mordiait sans me faire mal », dit-elle.
16:44Elle ajoute « Avant les faits, il m'avait demandé s'il pouvait manger une partie de mon corps,
16:49mes cuisses ou mes fesses. »
16:51« J'ai pris cela en riant, bien sûr. »
16:54J'ai pris cela en riant, bien sûr, dit la prostituée, qui a peut-être échappé au pire, d'ailleurs.
16:59Elle est vraiment peut-être passée pas très loin, tout simplement, de la mort.
17:03L'obsession d'Isei Sagawa, dévorer une femme, obsession dont la malheureuse René Artevelt a payé de sa vie.
17:09Alors, évidemment qu'il y a tous les éléments, là, à ce moment-là, pour conduire Isei Sagawa devant la cour d'assises.
17:17Tout, sauf que, effectivement, on ne sait pas s'il n'est pas vraiment totalement dérangé, cet homme.
17:22Est-ce qu'il pourra être jugé ?
17:23On va le voir dans la suite de l'heure du crime, avec une enquête qui, d'ailleurs, va se déplacer au Japon.
17:30Alors, on retrouve dans cette heure du crime, et en direct, dans le studio de l'heure du crime,
17:34Jacques Poinas, commissaire à la brigade criminelle au 36 Quai des Orfais, vous êtes parmi les primo-intervenants, comme on dirait aujourd'hui.
17:41Vous étiez là tout de suite, lorsqu'il y a eu l'arrestation de Sagawa, vous connaissez parfaitement ce dossier.
17:46Vous racontez, d'ailleurs, dans un livre que vous venez de publier, Le Temps des Aveux,
17:52avec en sous-titre, d'ailleurs, Le réfrigérateur du japonais cannibale, vous racontez cette histoire et d'autres dans cet ouvrage.
17:57Jacques Poinas, comment est-ce qu'il vous a raconté, comment il mangeait, finalement, cette femme ?
18:05Il s'est pris à plusieurs reprises, il a découpé des parties, etc.
18:09Il avait des parties favorites ?
18:11Est-ce qu'il en a mangé beaucoup, apparemment ?
18:14Alors, il en a mangé, je crois qu'il a déclaré avoir fait deux repas, au moins, de chair humaine.
18:21Détail épouvantable, je dirais, et ce qui montre, d'ailleurs, je dirais, l'association de la perversion sexuelle et de la pulsion cannibale,
18:35c'est qu'il a voulu d'abord manger les organes sexuels, et un sein.
18:40Il l'a essayé.
18:41C'est ça.
18:41Il a fait cuire un sein.
18:43Mais il a trouvé que ça n'était pas bon du tout.
18:48Donc il s'est replié.
18:49Et il s'est replié, je dirais, sur des morceaux de chair plus classiques, si l'on peut dire,
18:56c'est-à-dire des morceaux de cuisse, notamment, qu'il a prélevés.
19:00Il y a quelque chose d'étonnant, Jacques Poina, c'est que vous connaissez,
19:03ce genre de client, entre guillemets, par les cannibales,
19:06mais en tout cas, vous avez interrogé quand même beaucoup de monde dans votre carrière.
19:10Il est très calme, dans ce qu'il raconte ?
19:12Ah, il est coopératif, mais parfois, on se demande s'il ne dissimule pas quand même certains aspects,
19:20ou s'il ne présente pas les choses.
19:22Parce qu'il est gêné ?
19:23Il accepte de parler, voilà.
19:25Il est gêné, il est très poli, obéissant, je dirais que c'est un gardé à vue presque exemplaire.
19:32Presque exemplaire.
19:33Justement, Olivier Foll, il est en face de vous en garde à vue, cet homme.
19:36Vous êtes ancien chef adjoint de la brigade criminelle au 36 Quai des Orfèvres.
19:39On est en pleine nuit, vous êtes au 36, dans ce merveilleux bureau qui, aujourd'hui, abrite d'autres personnels.
19:46Il vous fait des aveux circonstanciés, cet homme ?
19:49Il me fait des aveux très circonstanciés, très détaillés,
19:52en expliquant qu'il a été pris par ce besoin de manger un être humain.
19:57Il avait ressenti ça déjà avec les jeunes de son école.
20:00Il a prémédité son crime, qu'ils ont convenu de se donner rendez-vous dans son stupo pour réviser leurs études.
20:09Et la veille de ce rendez-vous, il est allé acheter une carabine de bande de longs griffes dans une armurie.
20:15Alors, on reste, Olivier Foll, sur cette importante garde à vue.
20:18Et on en parle d'ailleurs avec Jacques Poinas.
20:20J'ai envie de vous dire, c'est un suspect qui tient le choc ?
20:23Il n'était pas écroulé du tout.
20:25Je ne dirais qu'à la limite, il y avait une certaine fierté.
20:28Et je pense qu'il s'est dit, je suis le criminel du cercle.
20:31Il y a eu les Petiot, les Landru, les Thierry Paulin.
20:34Mais lui, tout seul, a fait le summum, sans doute, de l'horreur dans sa passion épouvantable.
20:42Lors de son audition, il va même faire de l'humour, je crois, Olivier Foll.
20:45Ça, c'est un comportement qui vous est insupportable.
20:47Absolument.
20:50Il m'a dit, monsieur le commissaire, avec du sel, du poivre et de la moutarde, ça aurait été bien meilleur.
20:54C'est effarant d'entendre des choses comme ça.
20:57Il y avait des photographes dans la cour du Francisque des Orfaires, à l'époque.
21:01Et quand il a vu qu'il y avait des photographes, il s'est redressé.
21:04Il s'est donné un coup de main dans ses mèches.
21:06Encore une fois, il s'est vu comme une vedette photographiée par des visettes de journalistes.
21:11Donc, ça vous situe un peu quand même ce personnage absolument affaite, quelque part.
21:18Tout à fait.
21:19Jacques Poinas, il a photographié son œuvre, finalement.
21:23Toutes les étapes de ce repas, il les photographie.
21:26Vous avez retrouvé ces photos ?
21:28Oui, on trouve un appareil photo qui contient encore une pellicule.
21:32Et au développement, on s'aperçoit qu'il a photographié toutes les phases du découpage du corps.
21:39dans la cabine de douche, dans la douche de sa salle de bain, et des repas.
21:46C'est-à-dire, par exemple, il y a une photo où on voit un saint en train de cuire dans la poêle.
21:53Donc, on voit absolument tout.
21:54C'est dire la mise en scène de cet homme.
21:56Et puis, ça s'appelle une mégalomanie aussi, il faut bien le dire.
21:58Mégalomanie sexuelle, mais mégalomanie.
22:00Olivier Folle, le papa de Sagawa, il vient à Paris, ce grand patron japonais.
22:07Racontez-nous un petit peu ce moment très particulier.
22:09Lorsqu'il a appris cette affaire, il a immédiatement pris un avion.
22:14Et donc, j'avais convoqué, il est arrivé, il est rentré dans mon bureau.
22:19Alors, j'avais fait venir une interprète franco-japonaise, évidemment.
22:22Lui, il était entouré avec un serviteur qui lui mettait bien son col de l'est.
22:26En fait, c'est extraordinaire.
22:27Je lui ai dit, écoutez, je vais vous montrer quelque chose.
22:30Il faut préciser que Sagawa avait pris de très nombreuses photos, ce qu'il avait fait.
22:34Tout à fait.
22:35Je lui ai montré ses photos.
22:36Je vous assure, j'ai vu un homme dur, fier.
22:40Il s'est cassé en deux.
22:41Il est ressorti de mon bureau.
22:42Je crois qu'il avait vieilli 20, 30 ans, 40 ans, je ne sais pas.
22:47Il était terminé.
22:48Il était terminé, c'est-à-dire qu'il n'en pouvait plus.
22:50Il était abattu, cet homme, le père du cannibale.
22:53Le juge et les policiers vont partir au Japon, chez les Sagawa.
22:57Issei Sagawa, les aveux du cannibale.
22:59J'ai pensé que les cuisses d'une camarade de classe feraient un bon goûter.
23:04L'enquête de l'heure du crime.
23:05Mais qui est ce garçon que sa mère poussait à tout dévorer pour qu'il grossisse ?
23:08Peut-il être jugé ?
23:10À suivre, dans un court instant sur RTL.
23:12Issei Sagawa, le japonais meurtrier cannibale d'une jeune hollandaise à Paris,
23:28serait bientôt libéré.
23:30La justice française avait estimé qu'il avait agi en état de démence
23:33et lui avait appliqué par conséquent l'article 64 du code pénal
23:37qui précise que dans ce cas, il n'y a ni crime ni délit.
23:39Heure du crime consacrée aujourd'hui au cannibale Issei Sagawa.
23:44En juin 1981, ce japonais, 32 ans, étudiant à Paris,
23:48a reconnu avoir tué, violé et mangé une jeune hollandaise.
23:51Un fantasme anthropophage qui le poursuivait depuis l'enfance.
23:55L'enquête se déplace au Japon.
23:58Mercredi 10 mars 1982, 9 mois après le meurtre cannibale
24:03perpétré par Issei Sagawa,
24:06le juge d'instruction Jean-Louis Bruguère,
24:08le commissaire divisionnaire Olivier Folle
24:10et l'inspecteur Roger Robillard sont au Japon.
24:13Les autorités locales, par souci de transparence,
24:16ont facilité le déplacement des enquêteurs français.
24:19Il s'agit pour eux de retracer le parcours,
24:22notamment médical, du suspect.
24:24Selon son dossier,
24:25Issei Sagawa a été déclaré mort-né
24:28après avoir été privé d'oxygène
24:30pendant une vingtaine de minutes après son accouchement.
24:33Le médecin de l'époque évoque une anoxie cérébrale.
24:36Selon lui, elle n'a pas laissé de séquelles,
24:39mais elle explique le physique chétif de Sagawa.
24:42Deux ans plus tard, c'est une encéphalite qui a failli l'emporter.
24:46Les médecins et la famille démentent avec acharnement
24:49une quelconque maladie mentale.
24:51Le père de famille reconnaît toutefois brièvement
24:53un séjour en asile psychiatrique.
24:56Quant à sa mère,
24:57elle raconte qu'elle faisait tout
24:59pour que son fils grandisse et qu'il grossisse.
25:01elle le poussait à manger,
25:04à dévorer.
25:05Mais il n'a jamais dépassé les 35 kilos.
25:09Issei Sagawa,
25:10écroué tout d'abord à la prison de la santé,
25:12note que tout ce qui lui passe par la tête
25:14dans un cahier.
25:16Lors d'une visite,
25:17un ami japonais lui emprunte
25:19ce fameux cahier.
25:21Ses écrits sont publiés.
25:22Sans son accord dans les journaux,
25:24on peut lire cette déclaration.
25:25C'est au cours préparatoire
25:27que j'ai pensé pour la première fois
25:29que les cuisses d'une camarade de classe
25:32feraient un bon goûter.
25:34Le cannibale est transféré à Freyne,
25:36puis à l'hôpital Henri Collin,
25:37à Villejuif,
25:39dans une unité pour malades dangereux.
25:41Trois psychiatres et médecins examinent Sagawa.
25:44Ils estiment que sa place
25:45est dans un établissement psychiatrique.
25:4830 mars 1983,
25:5021 mois après le meurtre de la rue Erlanger,
25:52le juge Brugger rend une ordonnance
25:55de non-lieu.
25:56Issei Sagawa est déclaré
25:57irresponsable.
26:00Le père de la victime,
26:01Johan Gisbert Arteveld,
26:03fait appel,
26:05persuadé que le japonais cannibale
26:06était maître de lui-même
26:07quand il l'a tué,
26:09dépecé et mangé sa fille.
26:11On a voulu faire de cet homme
26:12un dément,
26:13un total irresponsable
26:15en disant qu'il avait été traumatisé
26:16après un accouchement difficile,
26:18mais c'est faux !
26:20Non-lieu,
26:21validé,
26:21Sagawa est interné
26:23en psychiatrie.
26:25Interné,
26:26mais il ne va pas
26:27y rester longtemps.
26:29On va voir qu'effectivement,
26:30cet homme
26:31va pouvoir
26:33prendre le large
26:34et partir au Japon,
26:35repartir au Japon,
26:37au Japon
26:37où les policiers français
26:38se sont brièvement déplacés,
26:40enfin,
26:40brièvement,
26:40une quinzaine de jours
26:41sur place
26:42pour effectivement
26:43enquêter
26:44sur le passé de Sagawa
26:46et notamment
26:46son enfance.
26:48Olivier Foll,
26:49ancien chef adjoint
26:50de la brigade criminelle
26:51aux 36
26:51qu'est des Orfèvres,
26:53vous êtes du voyage
26:55avec le juge Brouillère
26:56notamment.
26:57Qu'est-ce que vous apprenez
26:58lors de ce déplacement ?
27:00On a découvert
27:02qu'il avait un frère
27:03qui était un ingénieur
27:04très très bien,
27:06que sa mère par contre
27:07avait fait
27:08une tentative
27:09de suicide
27:09ainsi de ce qu'elle avait appris
27:10et on a appris
27:12qu'il avait eu,
27:13avant de venir en France,
27:14une petite fiancée
27:15qui était française
27:16mais la jeune fille,
27:17on l'a entendu,
27:18elle n'a jamais constaté
27:20quoi que ce soit
27:20d'anormal
27:21en ses rapports
27:21avec Issei Sagawa.
27:23C'est ça,
27:24c'est compliqué
27:24avec Sagawa.
27:25Jacques Poinas,
27:26vous étiez,
27:26vous,
27:26à l'époque,
27:27commissaire
27:28à la brigade criminelle
27:28du 36 quai des Orphèves,
27:30vous êtes avec nous,
27:31cette histoire,
27:32vous la racontez
27:32dans un bouquin
27:33que vous sortez
27:34le temps des aveux
27:36publiés aux éditions
27:37Mareuil.
27:38Jacques Poinas,
27:40c'est compliqué
27:40avec Sagawa
27:41parce que vous,
27:42vous avez une vision
27:43très directe,
27:44très pragmatique
27:45de cet homme,
27:45vous l'avez entendu parler,
27:47vous l'avez vu bouger.
27:49Je sais que vous n'êtes
27:49pas psychiatre
27:50mais vous n'avez pas eu,
27:52je pense,
27:53le sentiment
27:53qu'il était complètement fou
27:55cet homme.
27:56Non,
27:56aucun des enquêteurs
27:58qui l'ont vu
27:58pendant la garde à vue
27:59n'ont eu l'impression
28:00qu'il était fou.
28:03Maintenant,
28:03ça n'est pas aux policiers
28:04de dire ce qui est folie
28:07et ce qui n'est pas folie,
28:08mais c'était quelqu'un
28:09de parfaitement apte
28:12à raisonner,
28:12même intelligent,
28:14littéraire,
28:16qui se voulait même
28:17intellectuel,
28:19je dirais,
28:19au sens
28:20où nous le comprenons
28:22en France,
28:23c'est-à-dire
28:23il a voulu,
28:25je crois,
28:27presque,
28:27pratiquement dès le début
28:28et surtout après au Japon,
28:31faire de son acte épouvantable
28:33un acte littéraire,
28:35un acte artistique.
28:36Une espèce de chef-d'oeuvre,
28:37finalement.
28:38Voilà.
28:40Bon,
28:40pour certains,
28:41tout peut être art.
28:44Pour lui,
28:44disons,
28:45ce qu'il avait fait,
28:46lui donner un statut
28:47d'artiste
28:48ou d'intellectuel.
28:49Ça, c'est très intéressant
28:51ce que vous racontez,
28:52Jacques Poilins,
28:52parce qu'effectivement,
28:53il se présente,
28:54et vous le sentez comme ça,
28:55comme un intellectuel.
28:57C'est-à-dire que
28:57cet acte de cannibalisme,
29:00pour lui,
29:00c'est purement cérébral.
29:02Finalement,
29:02la victime,
29:03elle n'existe pas.
29:03Mais ça,
29:03c'est aussi le propre
29:04des tueurs en série,
29:05la victime qui n'existe pas.
29:07Oui,
29:08mais je dirais,
29:09lui est très conscient
29:11de l'aspect,
29:14je dirais,
29:15extraordinaire
29:16qui peut donner
29:17un côté magique.
29:21Et je crois aussi
29:22qu'il est...
29:23Il connaît bien la France,
29:24malgré tout.
29:25Et je crois
29:26qu'il est
29:27un peu séduit
29:29par le statut
29:31qu'ont les intellectuels
29:32en France.
29:34Tout au moins
29:34à cette époque.
29:35Oui,
29:36je rapproche d'ailleurs ça
29:37de l'affaire
29:39du philosophe Althusser.
29:40qui tue sa femme,
29:43mais qui à aucun moment
29:44n'est placée
29:44en garde à vue.
29:45Oui,
29:46c'est ça.
29:46Une protection.
29:47Une espèce de protection
29:48qui aujourd'hui
29:50paraît
29:50extraordinairement
29:53surprenante,
29:54mais à l'époque,
29:55Althusser
29:56est placée
29:57en hôpital psychiatrique
29:58sans passer
29:59entre les mains
30:00de la police.
30:01Et là,
30:01effectivement,
30:02on le déclare
30:03dément,
30:04Sagawa.
30:05Encore une question
30:05pour vous,
30:06Jacques Poinas,
30:06parce qu'effectivement,
30:07il faut revenir,
30:08il faut avoir un peu
30:08les pieds sur terre
30:09dans cette affaire.
30:10Et vous,
30:10les policiers
30:10du 36,
30:11c'est les policiers
30:11de la brigade criminelle,
30:13s'il y a bien
30:13des policiers
30:14qui ont les pieds
30:14sur terre,
30:15c'est ceux
30:16de la brigade criminelle.
30:17Il y a une victime,
30:18elle s'appelle
30:19René Artevelt.
30:20Vous,
30:20le papa,
30:21la famille,
30:21vous l'avez vu,
30:22vous avez vu
30:23ces gens-là ?
30:24Le père ne s'est pas déplacé,
30:26c'est au frère
30:27que j'ai été amené
30:29à...
30:29Quels souvenirs ?
30:30Confirmer,
30:30sinon,
30:31à...
30:32à expliquer
30:35ce qui était arrivé
30:36à sa sœur.
30:37Je dirais
30:38l'assassinat d'abord,
30:40mais ça,
30:40il le savait bien sûr
30:41quand il est arrivé,
30:43mais il voulait
30:44les détails.
30:45Et donc,
30:47forcée,
30:48parce qu'on doit
30:49la vérité.
30:50j'ai été obligé
30:52d'expliquer
30:52qu'elle avait été
30:54non seulement assassinée,
30:55mais bien violée
30:56après sa mort,
30:58et découpée
31:00et en partie mangée,
31:01ce qui est...
31:02Alors ça,
31:03c'est un bouleau...
31:03C'est quelque chose
31:03d'épouvantable
31:04à dire à une famille.
31:05C'est un bouleau de flic
31:06qu'on connaît mal,
31:07mais qui existe aussi,
31:08parce que là,
31:08vous êtes dans l'indicible
31:09pour raconter une chose
31:10pareille à une victime.
31:12Oui,
31:12je dirais
31:13l'audition du père
31:15d'un certain côté
31:16et du père de Sagawa
31:18et l'audition du frère
31:20de la victime
31:21ont été des moments
31:22qui sont restés
31:22vraiment dans ma mémoire
31:24parce que
31:24pour le père de Sagawa,
31:27je me souviens
31:28que la petite
31:29interprète japonaise
31:31qui était une jeune femme,
31:34elle n'osait même pas
31:35traduire au père Sagawa
31:37ce que nous disions
31:38parce que
31:39pour elle,
31:40visiblement,
31:41dire quelque chose
31:42à quelqu'un
31:43qui avait 70 ans,
31:44peut-être à l'époque
31:44ou pas loin,
31:47ça lui était impossible
31:49de dire des mots
31:50pareils
31:50parce qu'évidemment,
31:52c'était atroce
31:53à dire.
31:54Trois ans
31:55après le meurtre,
31:56le retour
31:57du cannibale
31:58au Japon.
32:00Issei Sagawa,
32:01les aveux du cannibale.
32:03Cet acte
32:03était une obsession,
32:04il fallait que
32:05je le commette,
32:06c'est en cela
32:07que je suis malade.
32:08L'enquête
32:09de L'heure du crime,
32:09on se retrouve
32:10dans un instant
32:10sur RTL.
32:11L'heure du crime,
32:13c'est avec
32:14Jean-Alphonse Richard
32:15sur RTL.
32:18L'heure du crime,
32:19présentée par
32:20Jean-Alphonse Richard
32:21sur RTL.
32:22Retour dans l'heure du crime,
32:25sur la trajectoire unique
32:26du japonais cannibale
32:27Issei Sagawa.
32:28Étudiant à Paris,
32:29il a tué,
32:30violé,
32:31dépecé,
32:32mangé une jeune
32:33hollandaise
32:33de 23 ans
32:34en 1981,
32:36déclarée en état
32:37de démence.
32:38Il ne sera pas jugé
32:39trois ans plus tard,
32:41il est extradé
32:41au Japon.
32:42Mardi 22 mai 1984,
32:46Issei Sagawa,
32:4734 ans,
32:47est de retour à Tokyo.
32:49L'extradition du cannibale
32:50est entourée
32:51de mille conditions
32:52et de précautions.
32:53L'avocat de la famille
32:54de la victime
32:55a obtenu que Sagawa
32:56soit interné
32:58sous haute surveillance
32:59dans un hôpital psychiatrique
33:00du Japon.
33:02La famille Artevelt
33:03espère que l'individu
33:05ne pourra pas retrouver
33:06de sitôt la liberté.
33:08Il est protégé
33:08des journalistes
33:09et des curieux.
33:10Issei Sagawa
33:11est admis
33:12à l'hôpital Matsuzawa
33:14à Tokyo,
33:15dans une unité
33:16réservée
33:16aux cas névrotiques
33:18les plus graves.
33:19En dépit
33:19des recommandations
33:21des psychiatres français
33:22qui ont décelé
33:23des troubles cérébraux,
33:24le meurtrier
33:25ne reste que 14 mois
33:27dans l'établissement.
33:28Contre toute attente,
33:30il est déclaré
33:31saint d'esprit
33:32par les experts.
33:34Dans le petit appartement
33:35qu'il occupe
33:36en banlieue de Tokyo,
33:37il devient vite
33:37une personnalité courtisée
33:39par les télévisions,
33:40les intellectuels,
33:41mais aussi
33:42les journaux à scandale.
33:44On le voit
33:44à la télé,
33:46il donne des interviews,
33:47il n'hésite pas
33:48à parler
33:48de sa passion cannibale.
33:50Il écrit
33:51cinq livres
33:52dont le premier
33:52est sous-titré
33:53« La chair
33:54était délicieuse ».
33:56Il peint
33:57des toiles
33:58intitulées
33:58« J'aimerais être mangé »
34:00ou « Ce que j'ai envie
34:01de tuer ».
34:02Son business
34:03de cannibale
34:04va pendant plusieurs années
34:05tourner à plein régime.
34:06Sagawa
34:07va même tourner
34:08dans un film
34:09pornographique
34:10où c'est lui
34:11qui sera mangé.
34:13Mercredi 2 août 2006,
34:15Issei Sagawa,
34:1657 ans,
34:17désormais oublié
34:18des médias,
34:19il vit seul
34:20dans une maison
34:20à Kamakura,
34:22revient
34:23pour la première fois
34:24à mots
34:25comptés
34:25avec précaution
34:26sur la mort
34:27de René Artevelt.
34:29« J'ai commis
34:30un crime atroce
34:30et le remords
34:32envahit mes nuits »,
34:33déclare-t-il
34:33dans le journal
34:34Le Monde.
34:35Il s'est longtemps
34:36laissé à paix
34:37par la folie médiatique
34:38mais il regrette
34:39de n'avoir jamais
34:40été vraiment soigné.
34:42Cet acte
34:42était une obsession,
34:44il fallait que je le commette,
34:45c'est en cela
34:46que je suis malade.
34:50Il est malade,
34:51c'est une certitude,
34:52mais est-ce qu'il dit
34:53la vérité ?
34:54Ça c'est autre chose,
34:54on va en parler
34:55avec nos vérités
34:56évidemment de l'heure
34:56du crime.
34:58Olivier Foll,
34:59vous êtes avec nous
34:59dans cette heure du crime,
35:01ancien chef adjoint
35:02à la brigade criminelle
35:03au 36 Quai des Orfèvres.
35:06Vous la connaissez
35:06par cœur cette affaire,
35:08vous avez longuement
35:08interrogé en garde à vue
35:09Issei Sagawa,
35:10vous êtes allé au Japon,
35:11vous êtes déplacé.
35:13Ce dossier donc,
35:14vous l'avez bien en main.
35:15Olivier Foll,
35:17la famille Artevelt,
35:19c'est un peu
35:19la laissée pour compte
35:20parce qu'on parle
35:21toujours d'Issei Sagawa
35:22mais si on dit
35:22René Artevelt,
35:25personne ne sait
35:26qui est René Artevelt
35:27et pourtant
35:27la victime du cannibale.
35:30La famille Artevelt
35:31va longtemps
35:33vraiment s'insurger
35:34contre le spectacle
35:36que donne cet homme
35:37depuis le Japon.
35:38D'ailleurs,
35:38il gagne de l'argent
35:39sur le crime
35:40qu'il a commis.
35:40Alors pour la famille
35:42de René Artevelt
35:43que j'ai reçu,
35:44c'était vraiment
35:45épouvantable.
35:47Ça n'a pas de nom
35:48pour une famille
35:49d'avoir comment
35:49leur fille est morte.
35:51Je veux savoir
35:52que le tueur
35:53est parti dans son pili
35:54et vit tranquillement
35:55puis en plus
35:56dans des conditions
35:56horribles,
35:57je dirais
35:58scandaleuses
35:59puisque
36:00il est ressorti
36:01au bout d'un an et demi,
36:02là c'est le beau
36:02à Tokyo,
36:03il s'est mis
36:04à essai un livre
36:05pour faire les bandes dessinées
36:06rappelant son affaire
36:07donc ça a dépassé
36:09l'entendement.
36:10Oui,
36:10il va y avoir
36:11une production,
36:12Sagawa,
36:12il n'y a pas d'autre terme,
36:13un film,
36:14des mangas,
36:15enfin etc.
36:15Il y a des livres,
36:17il y a beaucoup de choses,
36:17il va gagner d'ailleurs
36:18beaucoup d'argent
36:19et puis ensuite
36:20on va plutôt
36:21l'oublier.
36:22Jacques Poinas,
36:23vous êtes avec nous
36:23dans cette heure du crime,
36:25commissaire à la brigade criminelle
36:26au 36 quai des Orfèvres,
36:29vous êtes l'auteur du livre
36:30Le temps des aveux
36:31avec sous-titre
36:32Le réfrigérateur
36:33du japonais cannibale
36:34et autres récits
36:35de la brigade criminelle
36:36s'apparaît aux éditions
36:37Mareuil.
36:38Il faut lire ce bouquin
36:38si on s'intéresse
36:39à la chose policière
36:40pour bien comprendre
36:41comment fonctionnait
36:43à l'époque le 36
36:44et les enquêtes
36:44que vous avez pu y mener.
36:48Les promesses
36:49d'internement
36:50de Sagawa
36:51n'ont pas été tenues,
36:52c'est le moins
36:53qu'on puisse dire.
36:54Au Japon,
36:55on s'est dit
36:55après tout
36:56c'est une histoire
36:57à l'étranger,
36:59ça ne nous regarde pas,
37:00il va mieux,
37:01on l'a soigné,
37:02c'est fini.
37:02Allez,
37:0214 mois plus tard
37:03il est dehors.
37:05Ça vous a choqué
37:05je pense à l'époque.
37:06Ça m'a choqué
37:07mais ça ne m'a pas
37:08vraiment surpris
37:09parce que
37:10dans le système japonais
37:13comme dans le système français
37:14à partir du moment
37:16où quelqu'un
37:17est placé
37:18d'office
37:19je dirais
37:21son statut
37:22dépend
37:23de l'avis
37:24des médecins.
37:25Des médecins,
37:25tout à fait.
37:26L'autorité publique
37:27est liée
37:27par la décision
37:29des médecins.
37:30Donc il ne pouvait pas
37:31y avoir de véritable
37:32promesse
37:33sur le long terme
37:34puisque ce sont
37:35les médecins
37:36et personnellement
37:38je pense que
37:39c'est essentiellement
37:41je dirais
37:42une différence
37:43de doctrine
37:44psychiatrique
37:45entre l'école psychiatrique
37:47française
37:48et l'école psychiatrique
37:50japonaise.
37:50Sûrement.
37:52Il n'y a pas
37:53de complot
37:54certains ont parlé
37:55de l'influence
37:56du père
37:56de questions politiques.
37:58Non.
37:59Non, non.
38:00Je pense qu'on s'est
38:02trouvé en face
38:02d'une
38:03complète
38:05dissonance
38:08entre
38:08la psychiatrie
38:10française
38:10et la psychiatrie
38:11japonaise.
38:12J'ajouterais
38:12que je pense
38:13qu'aujourd'hui
38:14les psychiatres
38:15français
38:15ne le jugeraient
38:17pas
38:17irresponsable.
38:19Je pense
38:20qu'ils laisseraient...
38:22C'est important
38:22ça parce que ça veut dire
38:23qu'aujourd'hui
38:23il y aurait peut-être
38:24un procès.
38:24Je pense qu'il y aurait
38:25un procès.
38:26D'accord.
38:26Je pense que
38:27sans être spécialiste
38:30évidemment
38:30de la psychiatrie
38:31légale
38:33je pense quand même
38:35qu'il y a eu
38:36quand même
38:36une évolution
38:36là-dessus
38:37et qu'on laisserait
38:38aujourd'hui
38:39le jury décider.
38:41Oui et puis le cannibalisme
38:41c'est très particulier
38:42c'est rarissime
38:43effectivement
38:44Lucas Magnotta
38:44par exemple au Canada
38:45il a été jugé
38:46pour les faits
38:48pour lesquels
38:48il était poursuivi
38:49et il y a du cannibalisme
38:50dans ses faits.
38:52Jacques Poinard
38:52c'est intéressant
38:53parce que vous
38:53vous l'avez vu
38:54cet homme
38:54il se metait en scène
38:55il était
38:55il jouissait presque
38:57de ce qu'il vous racontait
38:58finalement
38:58il était
38:59dans l'expression
39:01assez libre
39:02et là au Japon
39:03alors là
39:04c'est la mise en scène
39:05totale de ses actes
39:06ça aussi
39:07là vous reconnaissez
39:08le personnage
39:08que vous avez
39:09interpellé
39:10et interrogé ?
39:11Alors je dirais
39:12quand même
39:13que pendant sa garde à vue
39:14il était beaucoup
39:14plus modeste
39:16et effacé
39:17et ne se vantait pas
39:19comme il a pu le faire
39:20par la suite.
39:21je crois que
39:23c'est cette espèce
39:24de tourbillon médiatique
39:26qu'il a connu
39:28quand il est arrivé
39:29au Japon
39:30qu'il a amené
39:32à se dire
39:32que finalement
39:33il fallait
39:34qu'il se donne
39:35un statut
39:35public
39:37et qu'il exploite
39:39il faut bien le dire
39:39à tout point de vue
39:40même au point de vue
39:41financier
39:41les horreurs
39:44qu'il avait commises.
39:45Effectivement
39:45la famille Artevelt
39:46va protester
39:48contre ça
39:48via ses avocats
39:49mais ça ne marchera pas
39:51puisqu'effectivement
39:52il est libre d'expression
39:53au Japon
39:53et il n'est pas considéré
39:54comme dément
39:55ou comme déséquilibré.
39:57Est-ce que
39:58juste un petit mot
39:59Jacques Poinas
40:00est-ce que selon vous
40:01à très faible reprise
40:03il va citer
40:04le nom de René Artevelt
40:05en général
40:06il ne le cite pas
40:07dans ses interviews
40:08il va finir
40:09par s'excuser
40:10dans le monde
40:10il va dire
40:11cette histoire
40:11elle me poursuit
40:12j'ai commis
40:13un crime atroce
40:14on peut le croire
40:14ou pas ?
40:15Comme ça
40:16il est dans le
40:16espèce de
40:18ce remord
40:19envahi mes nuits
40:20dit-il
40:21on a du mal
40:22à le croire
40:22je pense que
40:23c'est une attitude
40:24je dirais là aussi
40:26qui se veut
40:27artistique
40:28on n'a jamais senti
40:32de véritable
40:34pendant sa garde à vue
40:36et pour ce que
40:38j'ai pu voir
40:39des déclarations
40:40qu'il a faites au Japon
40:41non plus
40:42je n'ai jamais vu
40:43de remords profonds
40:45de regrets
40:47et de mots
40:49vraiment
40:49je dirais
40:50affectueux
40:53pour sa victime
40:54il est toujours
40:55resté dans une espèce
40:56de vague artistique
40:58des secrets
41:00des silences
41:01qu'il va emporter
41:02dans la mort
41:03Issei Sagawa
41:04les aveux du cannibale
41:05tu pourrais me manger
41:07moi
41:07ton propre frère
41:09pas de réponse
41:10à cette ultime question
41:12l'enquête de l'heure du crime
41:13je vous retrouve
41:14dans un instant
41:14sur RTL
41:15dans l'heure du crime
41:26aujourd'hui
41:27la trajectoire
41:27d'un cannibale
41:28Issei Sagawa
41:29ce japonais
41:30a tué
41:30violé
41:31dépecé
41:31et mangé
41:32la jeune hollandaise
41:33Renée Arteveld
41:34en 1981
41:36considéré comme irresponsable
41:38il n'a jamais été jugé
41:39extradé au Japon
41:40jamais interné
41:42ni poursuivi
41:42il s'éteint 41 ans
41:45après les faits
41:46jeudi 24 novembre 2022
41:50Issei Sagawa
41:5173 ans
41:52meurt des suites
41:53d'une pneumonie
41:54dans un hôpital de Tokyo
41:55ces dernières années
41:56le cannibale
41:57était cloué
41:58sur un fauteuil roulant
41:59victime d'un AVC
42:00il souffrait de diabète
42:02la nouvelle de sa mort
42:03n'est annoncée
42:04que plusieurs jours
42:05plus tard
42:06la famille
42:07a organisé
42:07des funérailles
42:08quasi secrètes
42:09pour éviter
42:11toute curiosité
42:12morbide
42:13les dernières images
42:15d'Issei Sagawa
42:16figurent dans un documentaire
42:18intitulé
42:18Canniba
42:19on le voit
42:20dialoguer avec son frère
42:22cadet
42:22Yun Sagawa
42:24ce dernier
42:25lui pose la question
42:27suivante
42:27pourrais-tu me manger
42:29moi
42:29ton propre frère
42:31Issei Sagawa
42:32ne répond pas
42:33puis on le voit
42:35se replier
42:36dans un insondable
42:37silence
42:38cannibalisme
42:40ce n'est pas
42:41pour moi
42:41ce n'est pas
42:42des choses
42:43horribles
42:44ce n'est pas
42:44des choses
42:45sales
42:47ce n'est pas
42:49des criminels
42:50ce n'est pas
42:51pas du tout
42:51c'est une sorte
42:53d'expression
42:53de l'amour
42:54la voix
42:56d'Issei Sagawa
42:57interviewée
42:57sur TF1
42:58en septembre
42:591995
43:00je vous laisse
43:00juge
43:01de cette expression
43:02le cannibalisme
43:03c'est une expression
43:04de l'amour
43:04il faudrait peut-être
43:05en parler
43:06à la famille
43:06Artevelt
43:07effectivement
43:08de ce jugement
43:10effectivement
43:11on s'aperçoit
43:12avec ces interviews
43:13qu'il a multiplié
43:14presque jusqu'à sa mort
43:16même si on l'avait
43:17complètement oublié
43:18à la fin de sa vie
43:19Issei Sagawa
43:20que cette obsession
43:22a poursuivi
43:23cet homme
43:24Jacques Poinas
43:24vous êtes avec nous
43:25dans cette heure du crime
43:26vous étiez à l'époque
43:27commissaire à la brigade criminelle
43:28au 36 Quai des Orfèvres
43:29vous avez suivi
43:30toute cette affaire
43:31vous avez interpellé
43:32interrogé Sagawa
43:34l'obsession
43:35l'a poursuivi jusqu'au bout
43:36cet homme
43:37c'est le sentiment
43:38qu'il vous avait laissé
43:39à l'époque déjà
43:40alors
43:40je pense que
43:42l'obsession cannibale
43:44était passée
43:45l'obsession elle-même
43:46je veux dire
43:47il n'avait plus
43:48après envie
43:48de manger
43:49la chair humaine
43:50mais
43:51il a vécu
43:53toute sa vie
43:54sur cette affaire
43:55il en a fait
43:58je dirais
43:59le moteur
44:01de toute son existence
44:02en parlant
44:06avec plaisir
44:07exploitant
44:10dans des publicités
44:11un filon
44:12donc
44:13oui
44:14comme un filon
44:15à la fois
44:15financier
44:16et intellectuel
44:17est-ce que vous êtes
44:19policier
44:19Jacques Poinas
44:20est-ce que
44:21vous pensez que
44:22il y a eu la mort
44:23de René Arteveld
44:24à supposer
44:24qu'on ne découvre pas
44:26qui est l'auteur
44:26etc
44:27qui réussisse
44:27à se débarrasser
44:28du corps
44:29est-ce que vous pensez
44:29qu'il aurait continué
44:31sa folie meurtrière
44:32et cannibale
44:33la folie cannibale
44:35je ne crois pas
44:35la folie meurtrière
44:37je ne suis pas certain
44:38qu'il n'aurait pas
44:39continué
44:39mais il n'a rien fait
44:41apparemment en tout cas
44:42au Japon
44:43après sa libération
44:44non mais vous aviez
44:45peut-être deviné
44:46des indices
44:47qui pourraient faire dire
44:48qu'il pourrait être
44:49un tueur potentiel
44:50c'est ça
44:50je pense que
44:53l'envie
44:55d'être au premier plan
44:58on l'aurait peut-être
44:59poussé
44:59à quelque chose
45:02pour se remettre
45:02dans l'actualité
45:04il avait besoin de briller
45:08il avait besoin de briller
45:09il avait besoin de briller
45:11c'est encore une fois
45:11une des caractéristiques
45:13des tueurs en série
45:13même si lui
45:14il n'a fait qu'une victime
45:15une de trop
45:16René Arteveld
45:17Jacques Poinas
45:18on va dire un mot
45:19sur votre bouquin
45:20le temps des aveux
45:21avec le sous-titre
45:22le réfrigérateur
45:22du japonais cannibale
45:23et je précise
45:25et autres récits
45:26de la brigade criminelle
45:27finalement ce livre
45:28il y a plein de récits
45:29sur votre activité
45:31en qualité de policier
45:33à la crime
45:33et beaucoup d'enquêtes
45:34que vous avez menées
45:35il y en a beaucoup
45:35qui vous ont marqué
45:36alors je
45:38le réfrigérateur
45:39du japonais cannibale
45:40est la première
45:41de 13 histoires
45:4313 récits
45:45d'affaires
45:46que j'ai connus
45:47auxquels j'ai participé
45:48pour la plupart
45:49pour quelques-unes
45:50j'ai plutôt regardé
45:52mes collègues
45:52travailler
45:53j'ai choisi
45:55ces affaires
45:56parce qu'elles ont
45:56tout un caractère
45:57sinon aussi exceptionnel
46:00que l'affaire Sagawa
46:01en tout cas
46:02quelque chose
46:03d'étrange
46:03de surprenant
46:04parce que
46:05je crois que
46:07dans la vie
46:07d'un policier
46:08qui travaille
46:09sur les homicides
46:09on s'aperçoit
46:10que
46:10la réalité
46:13est souvent
46:14beaucoup plus surprenante
46:15que la fiction
46:16tout à fait
46:16elle est beaucoup plus forte
46:17que la fiction
46:17elle est plus forte
46:18et même
46:19on y trouve des choses
46:20que même
46:21les plus inventifs
46:23des scénaristes
46:24peut-être
46:25n'arrivent pas
46:25à trouver
46:26il y a une histoire
46:27qu'on avait racontée
46:28ici dans l'heure du crime
46:28et je pense avec vous
46:29vous avez été notre invité
46:31c'était l'affaire Carole Simon
46:32oui l'affaire Carole Simon
46:33alors juste un mot là-dessus
46:34parce qu'on rend hommage
46:36aussi à la famille Simon
46:37parce que
46:38famille dévastée
46:39par la mort
46:40de leur fille
46:41et c'est un call case
46:43l'affaire Carole Simon
46:44alors
46:45je ne sais pas
46:46si ça n'est pas
46:47je pense un call case
46:48de point de vue juridique
46:49actuel
46:49on n'a pas trouvé
46:51le coupable
46:52on n'a pas trouvé
46:53l'homme qui a tué
46:53cette femme
46:54mais c'est une affaire
46:55non résolue
46:56donc
46:56bon
46:58nous avons eu
46:59un suspect
47:00les enquêteurs
47:02en deux mots juste
47:03Carole Simon
47:04retrouvée
47:05découpée
47:06à la fac de médecine
47:08à Paris
47:08cadavre découpée
47:11également
47:11comme dans l'affaire Sagawa
47:12et placée
47:13près de la réserve
47:15anatomique
47:15découverte
47:17près de la réserve
47:17anatomique de la fac
47:18c'est-à-dire l'endroit
47:19où on gardait
47:21des corps humains
47:22pour les travaux
47:23des étudiants
47:24en anatomie
47:25une enquête
47:28très bizarre
47:29dans ce milieu
47:29dans cet endroit
47:30très particulier
47:31un suspect
47:32un chercheur américain
47:35qui apparaît
47:35au bout d'un certain temps
47:36après une enquête
47:37très compliquée
47:38un peu perturbée
47:40par la presse
47:41parfois
47:41et un suspect
47:43qui
47:44contre qui
47:45il y a un élément
47:46qui est
47:48le fait
47:48qu'il est établi
47:49qu'il a
47:50manipulé
47:51les poubelles
47:53dans lesquelles
47:54on a retrouvé le corps
47:55parce que l'une
47:56était fendue
47:57et que
47:58quelqu'un l'a vue
47:59transportée
48:00vide
48:00cette poubelle
48:02fendue
48:02mais ça suffira pas
48:03et effectivement
48:04si on refaisait l'histoire
48:05aujourd'hui
48:05avec la technologie
48:07avec évidemment
48:08l'ADN
48:08etc
48:09on aurait sans doute
48:10trouvé
48:10encore un petit mot
48:11sur notre
48:12japonais cannibale
48:13Issei Sagawa
48:14pour vous
48:15ça reste
48:16pour vous
48:16policier
48:17ça reste une enquête
48:18exceptionnelle
48:18oui ça reste
48:20une enquête
48:20exceptionnelle
48:21évidemment
48:22pour le fait
48:23de cannibalisme
48:24mais
48:25également
48:26pour les rebondissements
48:27internationaux
48:29qu'elle a eu
48:32et puis
48:32la carrière
48:35entre guillemets
48:36l'atroce carrière
48:37de Sagawa
48:38après
48:39la libération
48:40au Japon
48:40qui sont quelque chose
48:41d'exceptionnel
48:42il y a d'autres affaires
48:44qui sont restées
48:45dans nos mémoires
48:46pour différentes raisons
48:47et certaines sont restées
48:49dans la chronique criminelle
48:50certaines ont été oubliées
48:52alors que c'était des affaires
48:54qui avaient été très importantes
48:55à une époque
48:56mais
48:57qu'elles sont un peu tombées
48:58dans l'oubli
48:59parce que la chronique criminelle
49:00choisit des affaires
49:02et puis
49:02continue à en parler
49:05parce que sans doute
49:05le public
49:06le souhaite
49:07elle s'y intéresse
49:09mais
49:10il y a beaucoup d'affaires
49:11qui restent
49:12dans nos mémoires
49:13à nos enquêteurs
49:14parce qu'elles ont pour nous
49:16quelque chose d'exceptionnel
49:17à un titre
49:17ou à un autre
49:18oui mais
49:19celle-là
49:20en tout cas
49:20elle est unique
49:21évidemment
49:21les cannibales
49:22encore une fois
49:23on le dit
49:23en matière criminelle
49:24c'est extrêmement rare
49:26d'en croiser
49:27et d'ailleurs tant mieux
49:28parce qu'effectivement
49:29sinon
49:30ça serait épouvantable
49:32Olivier Foll
49:33je vais terminer
49:34cette émission avec vous
49:36vous étiez à l'époque
49:37chef adjoint
49:38à la brigade criminelle
49:39au 36 quai des Orfèvres
49:40évidemment
49:41vous aussi
49:41elle a marqué
49:42la mémoire
49:43votre mémoire
49:44et puis la mémoire
49:44des policiers
49:45et des magistrats
49:46alors
49:47dans ma carrière
49:47j'ai dû voir
49:481000 ou 1500 carrières
49:49alors ça fait beaucoup
49:50c'est sûr
49:50qu'on s'enjurcie
49:51mais là
49:52c'était le comble
49:53de l'horreur
49:54ça vous donne encore
49:55des frissons
49:55si vous voulez
49:56quand on n'est pas
49:56enfin
49:57merci beaucoup
49:59Olivier Foll
50:01et Jacques Poinas
50:01d'avoir été les invités
50:03de l'heure du crime
50:03merci à l'équipe
50:04de l'émission
50:04rédactrice en chef
50:05Justine Vigneault
50:06préparation
50:07Lisa Canalès
50:08Pauline Descillons
50:08réalisation en direct
50:09Jonathan Griveaux
50:10de l'économie
50:12et
50:13de l'économie
50:13de l'économie
50:14de l'économie
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