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  • il y a 2 heures
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Europe 1, Pascal Proévo.
00:03Il est 16h47 et nous sommes avec Sabrina Mediomir, Christophe Bordet, Georges Schneck, Gauthier Lebrêtre et Olivier Gueneg.
00:09Donc nous évoquons Kabelia, qui est donc une lycéenne des 17 ans.
00:15Elle s'est suicidée le 13 janvier dernier à Mitri-Mauri en Seine-et-Marne.
00:19Et le procureur de mots a annoncé le classement sans suite de plaintes pour harcèlement scolaire qui avait été déposé par les parents.
00:25Je vous propose peut-être d'écouter Jean-Baptiste Bladier, procureur de la République de mots.
00:28Au terme des investigations, je suis amené à considérer qu'il n'existe pas d'éléments suffisants pour rechercher la responsabilité pénale de quiconque dans la survenance du décès de Kabelia et procède par conséquent à un classement sans suite.
00:43Une telle décision n'est naturellement pas sans recours.
00:46Les proches de la défunte ont la possibilité, notamment, de régulariser une plainte avec constitution de partie civile afin de demander à un juge d'instruction de diligenter une information judiciaire.
00:57Pour conclure, j'aimerais dire combien je mesure ce que cette décision peut avoir d'inacceptable et de terriblement violent pour les proches de Kabelia.
01:07Et à cet instant, je ne peux manquer d'avoir une pensée sincère pour sa maman et son papa.
01:13Je revendique simplement que cette décision a été prise en conscience, au terme d'une analyse rigoureuse et d'une profonde introspection personnelle, avec pour seule ambition de parvenir à une décision juste et fondée en droit.
01:29J'en terminerai enfin en formulant le vœu que chacun ait à cœur, notamment au sein des organes médiatiques, d'évoquer cette très douloureuse affaire avec mesure, tact et discernement,
01:41en ne perdant pas de vue qu'elle mette aux prises des mineurs ou des jeunes adultes dont la vie privée doit être respectée et préservée.
01:49Alors vous vous souvenez sans doute, je l'espère en tout cas, Kabelia s'est suicidée donc dans une gare RER de la ville.
01:56C'est une élève de Terminal. Elle s'est tuée à la sortie de son lycée honoré de Balzac.
02:01Et le drame avait suscité une vague d'émotions parce qu'elle avait été reçue juste avant, par le proviseur de l'établissement.
02:08Elle avait envoyé un message à sa mère. Ils ont dit que c'est moi la fautive et que j'aurais une sanction disciplinaire.
02:16Je t'aime de tout mon cœur. Il a dit que je me victimise. Je t'aime, était la meilleure des mamans du monde.
02:22Donc on avait le sentiment, mais il faut faire confiance peut-être à monsieur Bladier,
02:27on avait le sentiment qu'à l'école, sa souffrance n'avait pas été prise en compte,
02:33que le proviseur, si j'ai bien compris, mais on ne connaît pas le dossier.
02:37Moi, le dossier, je l'ai lu dans la presse. Il était venu, paraît-il, pendant un cours,
02:42pour sortir cet élève et la faire venir dans son bureau durant le cours.
02:47Donc j'avais interprété cela, évidemment, comme quelque chose qu'on ne fait pas forcément.
02:51D'abord, moi, je tiens à dire que cette parole du procureur de Maud...
02:54Bladier ? Qu'on avait reçue, d'ailleurs, sur ce plateau.
02:57Moi, elle me fait du bien. J'ai rarement entendu des procureurs s'exprimer de cette façon-là.
03:01Non, franchement.
03:02Elle vous fait du bien, oui, pourquoi ?
03:04Parce que, d'habitude, les procureurs, d'abord, ne donnent pas d'informations particulières.
03:08Mais les procureurs, ils parlent tout le temps, Jean-Marie ?
03:10Oh, pas tout le temps.
03:11Pas à Sanary, ils parlent ?
03:12Pas tout le temps, pas tout le temps.
03:13Celui-ci, avec beaucoup d'humilité...
03:14Il n'y a que cette crépole qui n'a jamais parlé.
03:16Beaucoup de sens professionnel de sa responsabilité.
03:20Il a expliqué pourquoi il classait cette affaire en ayant conscience des conséquences.
03:24Bon, maintenant, il appartient à la famille, éventuellement, comme il l'a bien dit, de se constituer participe.
03:28Non, mais le sens qu'on peut avoir, c'est très...
03:31Là où il a raison, c'est qu'il faut en parler avec tact, mesure, état.
03:34C'est ça que je voulais dire.
03:34Ce que je ne voudrais pas, c'est qu'une nouvelle fois, l'école, le pas de vagues...
03:40Je n'ai pas un sentiment, là, vous voyez.
03:42En attendant ce procureur, je pense qu'ils ont bien bien regardé le dossier, qu'ils ont fait la part des choses,
03:47et qu'ils n'ont pas établi de faute, de harcèlement ou de la direction, un lien de causalité avec ce suicide dramatique.
03:54Il n'y a pas de harcèlement, ce n'est pas le mot que j'emploie.
03:56Mais la responsabilité, par exemple, cette jeune fille qui part et qui me dit,
04:00si vraiment, on a dit à cette jeune femme, c'est toujours pareil,
04:04et si c'est moi le père, et que j'ai reçu, ils ont dit que c'est moi la fautive,
04:08et que j'aurais une sanction disciplinaire, je t'aime de tout mon cœur,
04:11si c'est ma fille qui s'est suicidée, alors qu'elle est harcelée depuis plusieurs jours,
04:15qu'elle se plaint auprès de la direction, et qu'on lui dit...
04:18Oui, présenté comme ça, oui.
04:19Bah oui, c'est toujours présenté comme ça.
04:21C'est toujours présenté comme ça.
04:21La réalité totale du dossier que le procureur avait en main, avec toutes les auditions qu'il a faites.
04:25Et c'est pourquoi il est très difficile, mais vous avez raison.
04:28Enfin, moi, la première chose que j'ai vue, la réflexion que je me suis faite quand j'ai vue cette nouvelle tombée,
04:33je me suis dit, c'est pas vrai.
04:34C'est pas vrai.
04:35Encore une victime, et effectivement, j'ai pas accès au dossier.
04:39Mais la première chose que je me suis dite, en sachant ce texto qu'elle a envoyé à sa maman
04:44avant de commettre ce geste fatal, c'est que je me suis dit, c'est pas vrai.
04:47C'est pas possible.
04:47C'est de la faute de personne, donc elle a pas été harcelée, elle s'est suicidée.
04:49C'est exactement ce que je partage que c'est.
04:52Mais vous avez des personnalités adolescentes très fragiles,
04:55qui amplifient quelquefois le problème.
04:57Ah bah voilà, donc c'est la faute de la faute.
04:59Donc c'est de la faute, ils vous font absolument un coupable alors.
05:02Ah bah oui.
05:03Même s'il n'y a pas de responsabilité, ils vous font un coupable.
05:04Ah bah écoutez...
05:05C'est pas ça à la justice, la justice elle prend la mesure.
05:07D'accord, donc c'est de la faute de la fille.
05:09Non, j'ai pas fait ça non plus.
05:09Vous avez dit elle amplifie.
05:10Vous avez dit elle amplifie.
05:11Mais peut-être qu'elle avait un problème de personnage, je n'en sais rien.
05:14Donc elle a pas été harcelée.
05:15Vous savez...
05:16Elle a pas été harcelée en cours.
05:17Mais j'en sais rien Pascal.
05:19Mais vous non plus, vous n'en savez rien.
05:20Le parquet nous dit qu'il n'a pas la preuve.
05:22D'accord, oui, oui, bien sûr.
05:23Il n'a pas la preuve.
05:24Mais je...
05:25Oh là on se substitue au procurant et on aimait...
05:27Non mais vous avez raison et c'est pourquoi je l'ai dit tout à l'heure.
05:29Il faut quand même parler ça avec beaucoup, beaucoup de prudence.
05:32On a le droit de dire que la justice n'est pas toujours là pour protéger les victimes ?
05:34J'entends.
05:34Non, j'entends.
05:35Ah oui, ça, ça je peux le dire.
05:37Ah bon bah voilà.
05:37Ça je peux le dire.
05:38Non mais j'entends et je suis...
05:41La limite de notre discussion c'est que nous n'avons pas toutes les pièces du dossier.
05:46Et je le répète, M. Bladier on l'a reçu, il nous avait plutôt convaincus par son excellence, par son intelligence, par sa mesure, etc.
05:53Donc je me souviens de très bien la discussion que nous avions vu avec elle.
05:56La porte est ouverte pour que la justice se saisisse sur une plainte à caution de partie civile.
06:01Bon en tout cas, j'imagine la détresse de ses parents qui ont...
06:06En fait c'est la double peine.
06:08Si vous vous mettez à la place des parents, c'est la double peine.
06:10Parce que vous leur dites ce soir, votre fille s'est suicidée mais il n'y a pas de responsable, c'est elle.
06:14C'est ça qui est...
06:16Alors on se met où...
06:17Évidemment qu'il faut entendre les victimes, pas que les victimes bien sûr, mais il faut aussi entendre parfois leurs souffrances.
06:23Et c'est ça qui est assez difficile.
06:26Le 25 janvier, plus de 2000 personnes s'étaient réunies à Mitrimori dans une marche en mémoire de la lycéenne.
06:30Et dans une interview accordée au quotidien Le Parisien le mois dernier,
06:34un oncle de la victime avait mis en cause l'attitude qu'aurait eu le proviseur
06:37lors d'une entrevue avec l'adolescente quelques heures avant le drame.
06:41Plus d'une soixantaine de personnes ont été auditionnées.
06:44au cours des 19 jours d'une investigation menée par 12 enquêteurs.
06:49Qu'est-ce que vous voulez que je dise ?
06:50Moi je ne suis pas...
06:52Voilà, je ne suis pas enquêteur ni magistrat.
06:57Oui, mais il y a pu y avoir une maladresse du proviseur
07:00qui n'est pas forcément un lien de causalité directe avec le suicide.
07:05Oui, enfin les maladresses de quelqu'un qui en une heure après du suicide...
07:08Les comportements et les maladresses ne sont pas forcément consécutifs d'un harcèlement.
07:09Les harcèleurs ?
07:10Oui, il y a quand même un phénomène...
07:12Ils n'ont pas trouvé de harcèlement.
07:14Ah oui ?
07:14Ils n'ont rien trouvé quoi ?
07:16Je me fie de ce que dit le procureur.
07:17Je n'ai pas de raison de mettre en doute ce que dit le procureur.
07:20Elle a inventé son harcèlement...
07:21Mais peut-être pas !
07:23Peut-être pas !
07:24Alors, s'ils saisissent un juge d'instruction,
07:27il y aura d'autres investigations, on verra.
07:29Je pense qu'ils vont le faire.
07:30Ils vont se constituer partie civile par un avocat dans le doyen des instructions
07:33qui va ordonner une commission regatoire, une nouvelle enquête,
07:36de nouvelles auditions, nous verrons bien.
07:38Mais ça, je pense que c'est très important que ça se fasse
07:39parce que franchement, aujourd'hui, les gens qui nous écoutent,
07:42ils se disent quoi en nous écoutant ?
07:43Sans connaître comme nous le dossier...
07:45Que la justice n'est pas l'administration et Christophe !
07:46Ne parlons pas pour les gens qui nous écoutent !
07:49Il y en a qui disent aussi, là, je reçois,
07:51et il y a quelqu'un qui me dit, Fénèque a raison.
07:52Non mais, il y a beaucoup de gens qui doivent se dire,
07:54il y a beaucoup de gens qui doivent se dire,
07:56une fois de plus, ni responsables, ni coupables.
07:59D'où l'importance, mais non, mais d'où l'importance
08:01que la justice se saisisse, effectivement.
08:03Rendez-vous compte que vous avez 35% d'élèves,
08:06de primaires, par exemple, et de collèges,
08:09qui disent aujourd'hui, voir du harcèlement devant eux,
08:12tous les jours, dans les établissements scolaires.
08:1535%, c'est énorme !
08:16On va marquer une pause, il est 17h bientôt.
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