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00:00Bonjour, c'est la fin d'une expérience, elle aura duré 12 ans, celle d'une région autonome dans le nord-est de la Syrie.
00:15En formalisant cette semaine un accord d'intégration avec les Kurdes, le nouveau maître de Damas, Ahmed Al-Shara,
00:21s'assure le contrôle d'un pan entier du territoire syrien, avec la bénédiction des Américains et des Russes,
00:27et au prix d'une forme de trahison aux dépenses de ceux qui furent notre premier rempart contre le groupe Etat islamique.
00:33Était-ce inévitable ? Vous nous le direz, à la Konmani, journaliste franco-syrienne au journal Libération.
00:40Mais revenons d'abord à l'accord de cessez-le-feu annoncé.
00:42Voilà une semaine entre le président syrien et le chef des forces démocratiques syriennes à majorité kurde, Mazloum Abdi.
00:49Un accord qui enterre le rêve du Rojava, cette province autonome kurde. Florent Rodeau.
00:53Le convoi est composé d'une trentaine de véhicules.
01:02Sous les applaudissements de ses habitants, les forces gouvernementales syriennes font leur entrée dans Asaké, ville jusque-là aux mains des Kurdes.
01:12Une prise de contrôle faite sans combattre, car acceptée vers les deux camps.
01:17Ce soldat kurde a bien compris le message et joue la carte de l'unité.
01:21On n'est qu'un seul peuple. On demande simplement le respect de nos droits en tant que Kurdes. Rien d'autre.
01:28Qualifié par Paris et Washington d'étape historique vers la réconciliation nationale,
01:33l'accord prévoit l'intégration progressive des institutions civiles et militaires kurdes dans l'état syrien.
01:40Un choix, ou plutôt une obligation pour les Kurdes,
01:43après la perte de pans entiers de territoire dans l'est et le nord du pays, et le nouveau lâchage de Washington.
01:51Car ces derniers mois, les Etats-Unis de Donald Trump ont changé d'alliance,
01:56et le partenaire s'est désormais armé d'Al-Shara, ancien commandant d'Al-Qaïda,
02:02aujourd'hui en odeur de sainteté à la Maison-Blanche.
02:04Un crève-cœur pour les FDS.
02:07Pendant des années, elles ont répondu à l'appel de Washington
02:10pour lutter en première ligne contre le groupe Etat islamique,
02:14des Kurdes qui pensaient avoir gagné leur autonomie,
02:17après avoir conquis un quart du territoire national.
02:21L'accord prévoit aussi qu'ils abandonnent au gouvernement des champs pétrolifères,
02:26l'aéroport de Kamishli, ainsi que plusieurs postes frontières sous leur contrôle.
02:31À la Konmani, le président syrien Ahmed Al-Shara s'est rendu maître dans l'art de l'offensive éclair
02:38après la chute de Bachar, faut-il le rappeler, en seulement 11 jours.
02:43Ces forces, désormais gouvernementales, ont fait plier les forces démocratiques syriennes
02:47dans l'espace de deux journées, samedi 17, dimanche 18 janvier,
02:53en reprenant les provinces à majorité arabes de Raqqa et d'Erezor.
02:57Oui, c'était une bataille éclair, ce n'était pas vraiment une bataille.
03:01Oui, pratiquement.
03:02Il faut dire d'abord que ces villes Raqqa et d'Erezor étaient intégrées
03:07dans l'espace d'autonomie kurde suite à la victoire contre l'État islamique.
03:15Enfin, c'est le territoire de l'État islamique qui a été repris.
03:18Ce ne sont pas des villes kurdes.
03:20Et surtout, la population, y compris les combattants arabes de ces zones-là,
03:28qui étaient intégrés aux forces démocratiques syriennes, ont lâché.
03:32Oui.
03:32Tout à fait.
03:33Ils se sont retournés et ont rallié l'armée gouvernementale,
03:38ce qui fait que l'équilibre des forces était complètement rompu.
03:41Et je crois que dans le fond, les FDS, les forces démocratiques,
03:46les Kurdes n'avaient pas trop d'illusions là-dessus.
03:50On était déjà… Deux accords dans ce sens étaient déjà signés.
03:55Et bon, c'était un coup de pression militaire pour consacrer des choses.
04:00Ce qui compte maintenant, c'est le maintien des places qu'ils tiennent encore.
04:04Il y a notamment dans cet accord, ce qui est prévu,
04:06une forme d'autonomie locale accordée à Kobané.
04:09Et puis le pouvoir s'engage aussi à permettre le retour des déplacés kurdes à Afrin
04:14et dans les quartiers kurdes d'Alep.
04:16Les Kurdes, ils sont-ils en sécurité ?
04:18Ils seront-ils en sécurité à l'avenir, d'après vous ?
04:21Alors bon, on ne peut pas vraiment globaliser.
04:25Parce que la population kurde n'est pas nécessairement affiliée
04:31aux forces démocratiques syriennes et qui sont très marquées par le PKK.
04:38Ce sont des populations qui sont là depuis très longtemps.
04:40C'est parti des travailleurs du Kurdisme.
04:42Oui, par exemple, dans les deux quartiers d'Alep,
04:45où il y avait une majorité kurde,
04:47bon, les FDS se sont implantés comme ça,
04:50un petit peu pour commencer la bataille, quelque part.
04:54Mais les Kurdes, c'est vrai, ne veulent que rentrer chez eux.
04:59C'est-à-dire, il y a des Kurdes à Alep, il y a des Kurdes à Damas aussi,
05:01il y en a dans d'autres villes.
05:03Pareil, c'est vrai qu'ils voudront rester là où ils sont,
05:06dans leur territoire, dans leur ville, dans leur village.
05:10Souvent, d'ailleurs, complètement partagés
05:12avec des populations non-kurdes.
05:16Hassake, par exemple, qui est une des villes principales au Kameshli,
05:20ce sont des villes complètement mixtes.
05:22Alors Hassake, mais aussi Derezor,
05:24ce sont des villes aussi connues pour leurs champs pétroliers.
05:27C'est un aspect important aussi de l'accord conclu par Damas,
05:30récupérer cette manne pétrolière
05:33dont le pouvoir central a bien besoin pour reconstruire la Syrie.
05:35Bien sûr, c'est un élément fondamental.
05:38Et ça a été un élément fondamental,
05:40bon, il faut un peu relativiser à la richesse pétrolière syrienne,
05:45ce n'est pas l'Irak, ce n'est pas un pays du Golfe.
05:49Il y a du pétrole, il y a un potentiel de gaz aussi,
05:53mais c'est très bien pour le pays.
05:55Ça peut déjà suffire au pays et exporter un petit peu,
06:00mais les installations sont dans un état tout à fait lamentable,
06:04donc tout est à faire.
06:05Mais c'était essentiel parce que ce sont des ressources essentielles
06:09pour le pays.
06:12Et que même du point de vue de l'opinion,
06:14quand j'étais à Damas,
06:15l'important c'est de récupérer ces richesses
06:19qui étaient aux mains des Kurdes pendant plusieurs années,
06:23qu'ils partageaient aussi avec le régime Assad,
06:26ils se vendaient, ils ont été aussi aux mains de l'État islamique.
06:29Enfin bon, c'est vraiment un enjeu essentiel,
06:31ces ressources d'hydrocarbures.
06:33Cet accord, il prévoit aussi et avant tout d'intégrer
06:36les combattants des forces démocratiques syriennes
06:38au sein de l'armée syrienne.
06:39Pauline Godard, vous qui êtes dans la région pour France 24.
06:42C'est un accord qui a été accueilli avec beaucoup de méfiance
06:46par les Kurdes syriens, même si les autorités kurdes
06:49ont tenté de les rassurer,
06:50notamment grâce au poste de gouverneur de la province d'Assaké
06:54qu'ils ont obtenu lors des négociations
06:57avec le gouvernement syrien.
06:59La sécurité intérieure du Rojava,
07:01autrement dit, les territoires de l'administration autonome
07:04du nord et de l'est de la Syrie
07:06continuera d'être assurés par la police kurde.
07:10Ils disposeront d'une division militaire
07:12composée de trois brigades dans la province d'Assaké.
07:16La quatrième brigade sera déployée à Kobané
07:19mais sera sous le commandement des Syriens.
07:23Le but des forces démocratiques syriennes,
07:26les FDS étaient d'obtenir l'intégration des 22 000 soldats au Viran
07:31qui sont toujours dans leur rang.
07:33Je vous rappelle qu'il y a eu environ 60% de défections
07:37au sein des FDS, principalement des défections
07:39dans les rangs des combattants arabes
07:41qui étaient en fait majoritaires au sein des FDS.
07:45Les FDS ont également obtenu des postes de commandement
07:48au sein de l'armée syrienne.
07:50Quant aux combattantes kurdes syriennes
07:53regroupées au sein des YPJ,
07:56ce sont ces unités de protection de la femme
07:58qui ont joué un rôle majeur
08:00dans la lutte contre l'Etat islamique.
08:02Elles devraient être intégrées au sein de ces quatre brigades
08:06dans des unités non mixtes.
08:09Hors de question qu'elles disparaissent,
08:11comme nous l'a expliqué Rolata Frini,
08:13la commandante en chef des YPJ.
08:16Des postes seront réservés au sein
08:18des administrations civiles et militaires
08:20à des responsables kurdes syriens
08:22sur une base individuelle.
08:25Cette intégration, elle sera effective
08:26ou bien elle va se limiter finalement
08:28à un simple désarmement des forces démocratiques syriennes ?
08:31Non, parce qu'il y a eu une sorte de régularisation
08:36de volontaire des combattants,
08:39d'après ce qu'on m'a dit à Damas.
08:42Certains combattants qui veulent rester
08:45intégrer les forces armées syriennes
08:49peuvent le faire.
08:51Certains veulent retourner à la vie civile,
08:53faire autre chose.
08:54Ils peuvent le faire aussi.
08:56Maintenant, il y a eu des nominations,
08:58comme mentionné dans le reportage,
09:02il y a eu des nominations de personnalités kurdes
09:06qui ne sont pas nécessairement affiliées
09:09au PKK et au mouvement kurde syrien,
09:12mais qui sont des Syriens et des Kurdes.
09:15Oui, c'est ce que j'allais vous demander
09:16parce que le PKK est quand même très marqué idéologiquement.
09:18La grève peut prendre entre un pouvoir d'armée d'Al-Shara
09:21dominé malgré tout aujourd'hui par l'islam politique
09:23et un mouvement kurde syrien d'inspiration marxiste-léniniste
09:27avec notamment à l'égalité hommes-femmes
09:29au cœur du projet.
09:31Oui, c'est une particularité kurde
09:34que je pense que les autorités de Damas
09:37sont obligées de respecter dans un certain sens,
09:39sachant que quand même c'est un pouvoir très masculiniste
09:43qui exclut volontiers les femmes de partout.
09:47Bon, maintenant, il reste beaucoup de sujets d'interprétation
09:52dans l'accord, même cette histoire d'intégration individuelle
09:56ou de brigade entière.
09:58Bon, apparemment, ça se négocie un petit peu au cas par cas,
10:03au lieu par lieu,
10:04selon les proportions de la population kurde et arabe
10:09dans chaque village, dans chaque lieu.
10:13Pour l'instant, ça fait 4-5 jours,
10:15ça fonctionne à peu près bien.
10:18Maintenant, rien n'est exclu
10:20et des accros peuvent survenir à tout moment.
10:23Le gouvernement syrien s'engage aussi
10:25à prendre en charge les prisonniers djihadistes
10:27et leurs familles détenues jusque-là
10:28dans des camps contrôlés par les Kurdes.
10:30Où en sont ces groupes djihadistes d'Al-Ila Gomri ?
10:33Écoutez, il s'agit essentiellement du groupe Etat islamique
10:37jusqu'à la chute de Bachar al-Assad.
10:39Il était retranché ici, dans le sud de la Syrie,
10:42dans le désert de Badia.
10:44Depuis, ses combattants ont quitté la zone
10:47pour constituer des cellules dormantes
10:50dans plusieurs villes de Syrie.
10:53Ils mènent des attaques contre les nouvelles autorités,
10:55contre les minorités,
10:56mais aussi contre les soldats américains.
10:58comme en décembre dernier, à Palmyre,
11:01où trois soldats américains ont été tués.
11:05L'État islamique, le groupe Etat islamique,
11:07reste à l'affût, quoi qu'il en soit.
11:08Il essaye de se réorganiser, tant bien que mal,
11:11car sa logistique a été particulièrement impactée
11:13par les frappes de la coalition internationale
11:17anti-djihadiste ou la houlette des Américains,
11:19des Français ou encore des Britanniques.
11:21Alors, face à cet étau qui se resserre et cette pression,
11:24certains ont essayé de rejoindre des réseaux,
11:28ici à la frontière avec l'Irak.
11:30Ils ont aussi publié des messages de propagande
11:33ces derniers jours pour tenter de rallier
11:35d'éventuels prisonniers détenus dans les geôles kurdes.
11:41En vain, la coalition internationale veille au grain.
11:45Elle veut à tout prix éviter de voir 7000 prisonniers
11:48disparaître et rejoindre ses rangs.
11:511300, d'ailleurs, ont déjà été transférés
11:53par les Américains de Syrie vers l'Irak.
11:56Vous voyez un risque dans ces transferts de prisonniers
11:59à la Konmani.
11:59Est-ce qu'il y a une porosité idéologique
12:01entre ces détenus et les nouveaux membres
12:04des forces armées syriennes
12:05qui, il n'y a pas si longtemps,
12:07combattaient au sein d'Ayyad, Tahrir, Al-Sham
12:09et d'autres groupes islamistes ?
12:11Bon, évidemment, la tentation est là.
12:13Ce sont des djihadistes ou d'ex-djihadistes.
12:16Il faut rappeler quand même
12:18que Tahrir Al-Sham, d'où est issu l'actuel gouvernement syrien,
12:23s'est beaucoup opposé à l'État islamique.
12:26Ils étaient rivaux, puis carrément ennemis.
12:29Ils se sont combattus.
12:31Ahmed Shara lui-même, on le sait de plus en plus,
12:34il couvre de plus en plus à donner,
12:36si on peut dire, aux Américains auparavant,
12:39pendant qu'il régnait sur Idlib,
12:41beaucoup de chefs de l'État islamique
12:44qui ont été assassinés par les Américains,
12:48qui ont pu être...
12:49Donc, bon, maintenant, au niveau de la base,
12:53on peut avoir des soupçons.
12:56Tout dépend, en fait,
12:58du maintien de la solidité, en fait,
13:05de l'armée syrienne.
13:06C'est-à-dire qu'est-ce qu'aujourd'hui,
13:08elle est beaucoup plus constituée,
13:10beaucoup plus maîtrisée
13:11et répond vraiment aux ordres, comme il faut.
13:16Maintenant, il y a beaucoup.
13:17Les Kurdes continueront à contribuer au contrôle.
13:21Toutes les forces internationales de la coalition
13:24veillent au grain, effectivement.
13:26Et puis, bon, il y a eu ce transfert.
13:28Il y a eu ce transfert de 7000 combattants en Irak,
13:30vraisemblablement les plus dangereux.
13:32Bon, il faut souligner aussi quand même
13:34que 70, voire 80 % des détenus de ces camps
13:40sont syriens ou irakiens.
13:42Ce ne sont pas des internationaux.
13:44Pour la France, en tout cas,
13:45la lutte contre le groupe Etat islamique
13:47reste un objectif prioritaire,
13:49comme l'a indiqué Jean-Noël Barraud,
13:50le ministre français des Affaires étrangères,
13:52en visite cette semaine en Syrie et en Irak.
13:54Écoutez.
13:54La France a mobilisé ses moyens militaires
13:59au sein de la coalition internationale contre Daesh
14:02en lien avec le gouvernement de la Syrie
14:05pour frapper les installations et les opérations
14:10de Daesh en Syrie.
14:12La poursuite de ce combat est une priorité absolue.
14:20Alakon Mani, quel rôle a joué la France
14:21dans cet accord passé entre l'État syrien
14:24et les combattants kurdes,
14:25et dans ce que beaucoup voient ici
14:26comme une forme de lâchage finalement
14:27de ceux qui étaient nos alliés hier ?
14:28En effet.
14:30La France joue les médiateurs depuis un certain temps.
14:34Depuis même avant,
14:36pendant le régime de Bachar el-Assad,
14:38il y avait un groupe,
14:40les Français étaient très en lien,
14:43en relation avec les autorités kurdes.
14:47Et là, la France a aussi contribué
14:49à la médiation,
14:51à essayer d'arrondir les angles
14:53entre les uns et les autres,
14:55alors que ce n'était pas évident du tout.
14:56Et comme on sait,
14:57il y a eu un premier accord en mars,
14:59puis un autre qui ont échoué.
15:03Bon, mais évidemment,
15:05le rôle principal, essentiel, central,
15:08ce sont les Américains.
15:11La France a aussi contribué, participé.
15:15Les États-Unis, justement,
15:17ce rôle dans l'abandon
15:18des forces démocratiques syriennes.
15:20Mathieu Mabin,
15:21que pouvez-vous nous en dire depuis Washington ?
15:24Alors, ici, en tout cas,
15:26au département d'État
15:27et plus discrètement au Pentagone,
15:29tout le monde dément l'idée
15:30selon laquelle les États-Unis
15:32seraient en train d'abandonner les Kurdes.
15:34À Washington,
15:35le discours officiel reste inchangé,
15:37comme les effectifs militaires sur le terrain, d'ailleurs.
15:39Les États-Unis affirment maintenir
15:41leur soutien aux forces kurdes,
15:43ce partenaire clé, je cite,
15:44dans la lutte contre l'État islamique.
15:46En Syrie, la présence militaire américaine
15:49est également toujours là,
15:51avec un millier d'hommes,
15:52essentiellement pour empêcher
15:53toute résurgence djihadiste, là encore.
15:56Les militaires qui ont servi là-bas
15:58rappellent même qu'ils ont été
15:59plus que des alliés,
16:00mais des camarades de combat
16:02dans la lutte contre Daesh,
16:03on s'en souvient.
16:04Mais dans les faits,
16:05c'est vrai qu'on sent un fléchissement.
16:07Les priorités américaines se déplacent
16:09et c'est globalement inévitable.
16:11La triste réalité,
16:12c'est qu'à travers l'histoire,
16:13les troupes qui ont accepté
16:15de devenir supplétives des États-Unis
16:17ont bien souvent fini
16:18par éprouver un sentiment amer.
16:21Les exemples sont légions.
16:22L'administration concentre,
16:24c'est vrai, désormais,
16:25ses efforts sur la rivalité avec la Chine,
16:27la guerre en Ukraine,
16:29la stabilisation du Moyen-Orient
16:30et plutôt en consolidant
16:32des équilibres régionaux
16:34que par des engagements directs.
16:37Halakonmani,
16:38est-ce le fruit du hasard
16:39si l'offensive des forces armées syriennes
16:41sur l'Eurojava
16:41débute au lendemain
16:43d'un coup de téléphone
16:43entre Donald Trump
16:44et son homologue turc,
16:46Recep Tayyip Erdogan ?
16:47Non, sûrement pas.
16:49Il faut voir,
16:50il y a quelque chose
16:50de très symbolique.
16:52Celui qui a mené
16:53toute la médiation,
16:55l'opération
16:55entre les Damas
16:57et les Kurdes,
16:59c'est Tom Barak.
17:00Tom Barak est l'ambassadeur
17:02des États-Unis en Turquie,
17:03à Ankara.
17:05Il gère aussi
17:07le Liban et la Syrie.
17:09Mais lui,
17:10il n'est pas du tout diplomate
17:12dans sa façon
17:13de signifier les choses.
17:15Il a carrément dit
17:16merci beaucoup aux Kurdes.
17:18Leur mission est accomplie.
17:20Il a un prisme turc ?
17:21Il a plus qu'un prisme turc.
17:24Il dit oui.
17:25Il assume complètement
17:26et très franchement.
17:27Il a fait un grand tweet
17:29sur X en disant
17:30mission accomplie.
17:32Merci beaucoup les Kurdes.
17:33vous avez joué votre rôle.
17:35Maintenant,
17:36nous devons soutenir,
17:37nous voulons soutenir
17:38un État central
17:40et qui règne
17:41sur tous les territoires syriens.
17:42Donc,
17:43ce n'était pas du tout
17:43les hésitations,
17:45enfin les hésitations,
17:46le discours un petit peu
17:47qui arrondit les angles
17:49à Washington.
17:51Là,
17:51je crois qu'il a été...
17:52Et effectivement,
17:54il y a
17:54un rapprochement
17:57américano-turc
17:58tout à fait évident.
18:00Trump lui-même,
18:01à plusieurs reprises,
18:02quand il parle du Moyen-Orient,
18:03il parle d'Erdogan
18:04en disant
18:05oui,
18:05c'est un ami.
18:06Lui,
18:06c'est un ami.
18:07Lui,
18:07c'est un good guy.
18:08Oui,
18:08le responsable politique,
18:09il avait le plus appelé
18:10lors de son premier mandat,
18:11l'avait-on appris,
18:12effectivement,
18:12à son issue.
18:13Il n'y a pas que les Occidentaux
18:14à avoir lâché les Kurdes,
18:15c'est aussi le cas de la Russie
18:16à l'occasion de la visite récente
18:18d'Armed Al-Shara à Moscou.
18:19Écoutez Vladimir Poutine.
18:21Nous avons toujours plaidé
18:22pour le rétablissement
18:23de l'intégrité territoriale
18:24de la Syrie,
18:25vous le savez,
18:26et nous soutenons
18:27tous vos efforts en ce sens.
18:29J'espère que l'intégration
18:30de la région de l'Euphrate
18:31constitue sans aucun doute
18:32une étape cruciale
18:33dans cette direction
18:34et contribuera
18:35au rétablissement
18:36de l'intégrité territoriale
18:37de la Syrie
18:38dans son ensemble.
18:41Bon,
18:43la Russie
18:43et les Kurdes,
18:44c'est une longue histoire
18:45que s'est-il passée ?
18:48La Russie avait ses pions
18:51un petit peu
18:52auprès des Kurdes.
18:55Tout le long,
18:56ils ont soutenu
18:57le régime de Bachar Al-Assad,
18:58mais c'est vrai
18:59qu'il y avait des passerelles
19:00entre les deux,
19:02y compris sur les ressources
19:05en pétrole.
19:06Ils avaient une base
19:07à Kamishli,
19:08donc en plein milieu
19:09de la région kurde,
19:12qui vient d'être négociée.
19:14Ils se sont retirés
19:14de cette base.
19:16Oui,
19:16ce qui est surprenant aussi,
19:17enfin surprenant,
19:19ce qui est vraiment
19:20la réelle politique
19:21qui s'impose,
19:22c'est que le rétablissement
19:24des relations
19:24entre les Russes
19:25et le nouveau pouvoir syrien
19:27d'Ahmad El-Sharah,
19:29qui a priori,
19:30quand même,
19:30les Russes ont passé
19:31des années
19:31à bombarder
19:32tous ces gens-là.
19:34Mais bon,
19:35il y a une réelle politique.
19:36La Syrie,
19:36ça fait 50 ou 60 ou plus
19:38qu'elle est armée
19:39par la Russie,
19:42que les billets
19:43de banques syriens
19:44sont imprimés
19:45à Moscou,
19:46enfin en Russie.
19:47Donc bon,
19:47là,
19:48il y a une réelle.
19:48Et surtout,
19:49bon,
19:49je crois que là,
19:50on ne le dira pas,
19:52mais on m'a laissé entendre
19:53qu'il y avait quand même
19:54une fourniture d'armes
19:56à la clé.
19:57La fin du Rojava.
19:58Qu'en pensent
19:59les pays voisins
20:00de la Syrie
20:00dans la région
20:01d'Ali Lagomri ?
20:02C'est l'opportunité pour eux
20:04d'envoyer un signal fort
20:05à leurs minorités kurdes
20:07respectives,
20:08que ce soit la Turquie,
20:09l'Irak
20:09ou encore l'Iran.
20:11La Turquie qui compte
20:1220% de Kurdes.
20:14salue l'offensive méticuleuse
20:16de Damas contre les forces kurdes.
20:19Le président turc a d'ailleurs
20:20largement participé
20:22aux opérations
20:23contre les FDS.
20:24à faiblir les Kurdes de Syrie,
20:26c'est en filigrane
20:26porter un coup dur
20:28au PKK
20:28considéré comme terroriste
20:30par Ankara.
20:31Autre pays voisin
20:32de la Syrie,
20:34l'Irak,
20:34qui peut aussi trouver
20:36son compte
20:36pour préserver
20:37l'unité fédérale
20:38et pour renforcer
20:39l'état central.
20:40Bagdad tente
20:41de réduire l'autonomie
20:42du Kurdistan irakien,
20:44cette région autonome
20:45que l'on voit ici
20:47et la volte-face
20:48des Kurdistan irakiens
20:50qui a toujours été soutenu
20:51par les Américains
20:52et qui s'inquiète
20:53de voir cette volte-face
20:54des Américains
20:55vis-à-vis des Kurdes de Syrie.
20:58Enfin,
20:58les Kurdes d'Iran,
20:59eux,
21:00sont très inquiets.
21:02Ils sont souvent considérés
21:03comme des terroristes,
21:04des séparatistes
21:05de la part du régime
21:06car souvent en première ligne
21:08dans les manifestations.
21:09Mais paradoxalement,
21:10le régime iranien
21:10a toujours entretenu
21:12de bonnes relations
21:12avec les Kurdes d'Irak,
21:15par exemple.
21:15Il n'empêche
21:16que la déroute
21:17des Kurdes de Syrie
21:18arrange là aussi
21:19peut-être
21:19les affaires de Téhéran.
21:20Merci, Dalila.
21:21Alakonmani,
21:22vous voyez effectivement
21:23des conséquences
21:24géopolitiques
21:25et régionales
21:26de cet accord
21:26qui vient d'être signé
21:27avec Damas ?
21:28Je crois qu'il faut
21:29souligner quand même
21:30que le président Barzani
21:33du Kurdistan irakien
21:35a joué un rôle
21:36essentiel
21:37pour convaincre
21:39les Kurdes syriens
21:40d'accepter l'accord.
21:41Lui-même qui a plutôt
21:42de bonnes relations
21:42avec la Turquie.
21:43Absolument.
21:44Il a de bonnes relations
21:45avec la Turquie.
21:45Il a plutôt des bonnes relations
21:47avec Damas aussi.
21:48Et il a joué un rôle
21:49essentiel pour convaincre
21:52pendant les négociations
21:53pour parvenir d'ailleurs
21:54à l'accord du 29 janvier.
21:58Et là, c'est juste...
22:00Chaque partie des Kurdes
22:02va trouver un modus vivendi.
22:04C'est vrai que le Kurdistan irakien
22:06n'a jamais cessé
22:08depuis 30 ans qu'il existe
22:10d'avoir une situation
22:12conflictuelle avec Bagdad.
22:15Le problème kurde,
22:16malheureusement,
22:17ça fait un siècle ou plus
22:18que la question de la nation
22:20kurde est posée
22:21et que la souveraineté
22:23des États
22:24et les frontières
22:26telles que destinées
22:27internationalement
22:28continuent à être prioritaires
22:31pour le monde entier.
22:32On avait vu en tout cas
22:33des sauveurs.
22:33C'était presque inespéré
22:35lorsqu'en 2015,
22:36les combattants kurdes
22:37avaient réussi à reprendre
22:38Kobané des mains
22:39des djihadistes
22:40du groupe État islamique
22:41qui ne cessait
22:42de progresser alors
22:43sur le terrain
22:44étendant leur califat
22:46autoproclamé.
22:47France 24 avait pu pénétrer
22:48dans la ville syrienne,
22:50réduite alors
22:51à un vaste champ de ruines.
22:52Voyez ces images
22:53tournées et commentées
22:54par Fatma Kizilboga.
22:56Un responsable
22:57de la frontière turc
22:58ouvre le portail.
23:01Bienvenue
23:02dans l'enfer syrien
23:03à Kobané.
23:05Ici,
23:06un soldat qui traverse
23:07ce qui n'est désormais
23:07qu'un champ de ruines.
23:09Les voitures sont calcinées.
23:11Au sol,
23:12des obus de mortiers
23:12qui n'ont pas encore explosé.
23:14Mais peu importe la guerre,
23:16pour cette combattante kurde,
23:17tous les sacrifices
23:18en valaient la peine.
23:19« Depuis le début,
23:22j'ai préféré rester ici
23:24pour sauver notre terre
23:25des djihadistes
23:26plutôt que d'aller
23:27me réfugier
23:28dans un autre pays. »
23:31Quelques mètres plus loin,
23:33voilà les Peshmergaïs irakiens.
23:35Cela fait trois mois
23:36qu'ils sont venus
23:36prêter ma forte
23:37à leurs congénères
23:38de Syrie.
23:38« C'est normal,
23:42au final,
23:43nous sommes tous kurdes.
23:44La guerre à Kobané
23:45nous a rapprochés,
23:46y compris avec les Américains. »
23:51Sur toutes les façades
23:52des bâtiments,
23:53les traces
23:53des échanges de tirs.
23:55Des draps hissés
23:56pour couper la vue
23:57des snipers
23:57n'ont pas été descendus
23:58car Kobané est libéré,
24:01mais la menace
24:01est toujours présente.
24:03« Les djihadistes
24:05ne sont pas une menace
24:06seulement pour nous,
24:08mais pour le monde entier.
24:10Daesh se trouve
24:10à 40 km à l'est,
24:1235 km au sud
24:13et à 50 km à l'ouest.
24:15Nous sommes encerclés.
24:16C'est pour cela
24:17que nous avons besoin
24:18de l'ouverture d'un couloir
24:19qui nous permettrait
24:20de recevoir des armes. »
24:22Mais face à la barbarie,
24:24les Kurdes souhaitent
24:25faire la différence.
24:26Ils s'apprêtent
24:27à rendre le corps
24:27d'un djihadiste
24:28à sa famille,
24:29un Allemand d'origine turque
24:31qui a rejoint les rangs
24:32de l'organisation
24:33État islamique.
24:36Au total,
24:37la bataille de Kobané
24:38aura coûté la vie
24:38à plus de 1 000 djihadistes,
24:40le plus grand revers
24:41pour l'organisation
24:43État islamique.
24:46À la Côte Manille,
24:47la Syrie de demain,
24:49pays majoritairement sunnite
24:51et revenu aux mains
24:52des sunnites,
24:53sera-t-elle capable
24:54d'organiser une coexistence
24:55avec et entre
24:56ces minorités ?
24:58Il est vrai que
25:00c'est très simple
25:02cette revanche arabe-sunnite
25:05parmi les Syriens.
25:0780% de la population
25:09qui, pendant tout le règne
25:11de la famille Assad,
25:13s'est sentie un peu réduite
25:15comme citoyen de seconde zone
25:17parce qu'ils avaient perdu
25:19le pouvoir.
25:21Sous domination alaouite.
25:22Voilà, domination alaouite.
25:24Les minorités étaient plus ménagées
25:26par les alaouites,
25:27justement,
25:27pour dire...
25:29Et que là,
25:30on sent une revanche sunnite
25:31évidente.
25:32Partout,
25:33chez les gens ordinaires,
25:35etc.
25:35Donc,
25:35on a repris le pouvoir.
25:37Il est revenu à sa place.
25:40Maintenant,
25:40je crois que
25:41les autorités
25:42commencent à être sensibles
25:43après les catastrophes
25:46qui se sont produites
25:48avec les massacres
25:49sur la côte alaouite,
25:51enfin,
25:51le massacre d'Alaouite
25:53sur la côte syrienne,
25:54et les massacres
25:56dans la zone druse
25:58à Suéda.
25:59Bon,
26:01clairement,
26:02Ahmad Shahra
26:03s'est rendu compte
26:04qu'il y a eu
26:05des erreurs monumentales,
26:06que ça lui a
26:07terriblement nuit
26:08dans le pays
26:10comme à l'extérieur.
26:11C'est pour ça
26:12qu'il a été
26:13beaucoup plus habile
26:14dans les négociations
26:16avec les Kurdes,
26:18avec l'aide
26:20des Américains,
26:21avec l'aide,
26:21comme je disais,
26:22des Kurdes irakiens
26:23et tout ça,
26:25et que maintenant,
26:26je crois qu'il tient absolument,
26:28enfin,
26:28il a vraiment la volonté
26:30d'avoir chacun,
26:32oui,
26:33il n'arrête pas
26:33dans ses discours
26:34de dire
26:34la syribe
26:36de tous ses citoyens,
26:37quelle que soit
26:38leur religion,
26:39leur différence,
26:41leur diversité,
26:42etc.
26:42C'est le discours dominant
26:44et puis bon,
26:45en accordant
26:46quelques droits
26:46aux Kurdes
26:47comme il l'a fait,
26:48le droit absolu
26:49de la langue
26:50qui est devenue
26:50une langue officielle.
26:52Voilà.
26:52Merci beaucoup Alain Codemani.
26:54Voilà ce qu'on pouvait dire
26:55de cet accord signé
26:57entre Damas
26:59et les forces kurdes.
27:01C'est la fin de cette émission.
27:02Vous pouvez la retrouver
27:03sur notre site internet
27:04france24.com.
27:05Rendez-vous la semaine prochaine
27:06pour un nouveau numéro
27:06du Monde dans tous ses états.
27:08Sous-titrage Société Radio-Canada
27:10Sous-titrage Société Radio-Canada
27:12Sous-titrage Société Radio-Canada
27:13Sous-titrage Société Radio-Canada
27:15Sous-titrage Société Radio-Canada
27:16Sous-titrage Société Radio-Canada
27:17Sous-titrage Société Radio-Canada
27:18Sous-titrage Société Radio-Canada
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