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  • il y a 7 minutes
Chaque matin dans son édito, Alexis Brezet, directeur des rédactions du Figaro, revient sur l'actualité politique du jour. Ce jeudi, il s'intéresse aux candidats de la droite et du centre aux municipales à Paris. Rachida Dati, Pierre-Yves Bournazel, Sarah Knafo s’invectivent, se chipent des candidats, s’accusent mutuellement de jouer contre leur camp.

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Transcription
00:00L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro, bonjour Alexis Brézé.
00:03Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:04Alors à Paris, le ton monte entre les candidats de la droite et du centre pour les élections municipales.
00:08Rachida Dati, Pierre-Yves Bournazel, Sarah Knafo s'invective.
00:11Ce chip des candidats s'accusent mutuellement de jouer contre leur camp.
00:14Comment tout cela va-t-il finir de près vous ?
00:16Très simplement Dimitri, comme d'habitude, par une défaite de la droite.
00:20Parti comme c'est parti, c'est évidemment Emmanuel Grégoire, le candidat du PS, qui va gagner.
00:26Vous savez, on dit souvent qu'en France on a la droite la plus bête du monde.
00:29Mais il ne faut pas oublier qu'à Paris, depuis que la bataille Tiberi-Séguin en 2001 a pavé la voie à un quart de siècle de domination socialiste,
00:39eh bien on a la droite la plus bête de l'univers.
00:42Parce que sur le papier, la droite ne peut que gagner.
00:45Après 25 ans de règne, de Bertrand Dolaunet puis d'Anne Hidalgo, les parisiens n'en peuvent plus, ils veulent que ça change.
00:51Le candidat socialiste, pour le grand public, est un quasi inconnu qui n'a même pas le soutien de la mère sortante.
00:57Et il n'a plus de réserve à gauche, puisque les insoumis de Sofia Chikiru sont déchaînés contre lui.
01:02Enfin, le nouveau mode scrutin, qui favorise les personnalités au détriment de la logique d'arrondissement,
01:07est mille fois plus favorable à l'opposition.
01:09Donc, en théorie, la question ne devrait même pas se poser.
01:13Dans le dernier sondage, si vous additionnez les scores de Dati, Bournazel et Knafo,
01:18vous arrivez à un total qui dépasse de 17 points, 17, le score d'Emmanuel Grégoire.
01:2433% pour le socialiste, 50% pour les candidats de la droite et du centre.
01:29Dans ces conditions, perdre relève de l'exploit.
01:32Malheureusement, la droite semble bien partie pour relever le défi.
01:36Et pourquoi ? À cause de ses divisions ?
01:38Oui, enfin, plutôt à cause de son incapacité à gérer ses divisions.
01:42Parce qu'à la limite, aligner plusieurs candidats au premier tour,
01:45ce n'est pas forcément une mauvaise chose.
01:47On ratisse plus large et pour peu qu'on sache s'entendre au second tour, on s'en regagne.
01:51Le problème, précisément, c'est que personne ne veut ni ne croit possible de s'entendre au second tour.
01:57Sarah Knafo dit certes que son seul but est de battre la gauche.
02:01Mais enfin, elle se garde bien de tendre la main au centriste Pierre-Yves Bournazel,
02:05en qui elle voit un crypto-socialiste.
02:07Bournazel, par la voix de son numéro 3 Clément Beaune,
02:10affirme, lui, que son objectif est de faire barrage aux extrêmes,
02:14dans lesquels il range évidemment Sarah Knafo.
02:17Et contre Rachida Dati, il fait feu de tout bois, y compris judiciaire.
02:21Quant à Rachida Dati, elle tape alternativement, mais avec entrain,
02:24sur Bournazel, qu'elle accuse à mot couvert de préparer une alliance de revers avec les socialistes,
02:29et sur Knafo, dont, dit-elle, elle ne partage pas les valeurs.
02:33Bon, pendant ce temps-là, évidemment, elle ne combat pas Manuel Grégoire.
02:37Autant dire que la réconciliation du second tour, c'est mal parti.
02:40– Mais les uns et les autres peuvent se dire qu'ils se retrouveront au troisième tour,
02:43lorsque le Conseil de Paris élira à ce moment-là le ou la maire de la capitale,
02:46qu'à ce moment-là, des arrangements plus ou moins discrets seront possibles.
02:50– Alors pardonnez-moi Dimitri, mais c'est absurde.
02:53Il n'y aura pas de troisième tour.
02:55Il faut bien mesurer les conséquences du nouveau mode de scrutin,
02:59qui accorde une prime de 25% des sièges au candidat arrivé en tête au second tour.
03:03Il suffit que ce candidat remporte 33% des voix.
03:07Or, Emmanuel Grégoire, à l'heure où nous parlons, fait déjà 33% dans les sondages.
03:12Donc avec 33% des voix, il peut rafler, avec la prime, 50% des sièges au Conseil de Paris.
03:17– D'accord.
03:18– Donc, il n'aura besoin de personne, ni de Bournazel, ni du Chiquirou, ni de Dati, ni de Ctafo,
03:23pour composer une majorité et être élu maire de Paris.
03:26Pour la droite et le centre, ce sera trop tard.
03:28La prime majoritaire n'est pas rattrapable.
03:31Soit leurs chefs de file parviennent à s'entendre pour arriver ensemble en tête du second tour,
03:36et Rachida Dati peut être élu,
03:37soit ils devront se résigner à laisser la mairie à Emmanuel Grégoire
03:41et à ses acolytes, l'écologiste David Béliard et le communiste Yann Brossa.
03:46Voilà, à la veille de la présidentielle, il leur faudra, et à leur parti aussi,
03:51en assumer devant les électeurs la responsabilité.
03:54– L'édito politique sur Europe 1, merci beaucoup Alexis Brézet.
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