00:00L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro, bonjour Alexis Brézé.
00:03Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:04Alors à Paris, le ton monte entre les candidats de la droite et du centre pour les élections municipales.
00:08Rachida Dati, Pierre-Yves Bournazel, Sarah Knafo s'invective.
00:11Ce chip des candidats s'accusent mutuellement de jouer contre leur camp.
00:14Comment tout cela va-t-il finir de près vous ?
00:16Très simplement Dimitri, comme d'habitude, par une défaite de la droite.
00:20Parti comme c'est parti, c'est évidemment Emmanuel Grégoire, le candidat du PS, qui va gagner.
00:26Vous savez, on dit souvent qu'en France on a la droite la plus bête du monde.
00:29Mais il ne faut pas oublier qu'à Paris, depuis que la bataille Tiberi-Séguin en 2001 a pavé la voie à un quart de siècle de domination socialiste,
00:39eh bien on a la droite la plus bête de l'univers.
00:42Parce que sur le papier, la droite ne peut que gagner.
00:45Après 25 ans de règne, de Bertrand Dolaunet puis d'Anne Hidalgo, les parisiens n'en peuvent plus, ils veulent que ça change.
00:51Le candidat socialiste, pour le grand public, est un quasi inconnu qui n'a même pas le soutien de la mère sortante.
00:57Et il n'a plus de réserve à gauche, puisque les insoumis de Sofia Chikiru sont déchaînés contre lui.
01:02Enfin, le nouveau mode scrutin, qui favorise les personnalités au détriment de la logique d'arrondissement,
01:07est mille fois plus favorable à l'opposition.
01:09Donc, en théorie, la question ne devrait même pas se poser.
01:13Dans le dernier sondage, si vous additionnez les scores de Dati, Bournazel et Knafo,
01:18vous arrivez à un total qui dépasse de 17 points, 17, le score d'Emmanuel Grégoire.
01:2433% pour le socialiste, 50% pour les candidats de la droite et du centre.
01:29Dans ces conditions, perdre relève de l'exploit.
01:32Malheureusement, la droite semble bien partie pour relever le défi.
01:36Et pourquoi ? À cause de ses divisions ?
01:38Oui, enfin, plutôt à cause de son incapacité à gérer ses divisions.
01:42Parce qu'à la limite, aligner plusieurs candidats au premier tour,
01:45ce n'est pas forcément une mauvaise chose.
01:47On ratisse plus large et pour peu qu'on sache s'entendre au second tour, on s'en regagne.
01:51Le problème, précisément, c'est que personne ne veut ni ne croit possible de s'entendre au second tour.
01:57Sarah Knafo dit certes que son seul but est de battre la gauche.
02:01Mais enfin, elle se garde bien de tendre la main au centriste Pierre-Yves Bournazel,
02:05en qui elle voit un crypto-socialiste.
02:07Bournazel, par la voix de son numéro 3 Clément Beaune,
02:10affirme, lui, que son objectif est de faire barrage aux extrêmes,
02:14dans lesquels il range évidemment Sarah Knafo.
02:17Et contre Rachida Dati, il fait feu de tout bois, y compris judiciaire.
02:21Quant à Rachida Dati, elle tape alternativement, mais avec entrain,
02:24sur Bournazel, qu'elle accuse à mot couvert de préparer une alliance de revers avec les socialistes,
02:29et sur Knafo, dont, dit-elle, elle ne partage pas les valeurs.
02:33Bon, pendant ce temps-là, évidemment, elle ne combat pas Manuel Grégoire.
02:37Autant dire que la réconciliation du second tour, c'est mal parti.
02:40– Mais les uns et les autres peuvent se dire qu'ils se retrouveront au troisième tour,
02:43lorsque le Conseil de Paris élira à ce moment-là le ou la maire de la capitale,
02:46qu'à ce moment-là, des arrangements plus ou moins discrets seront possibles.
02:50– Alors pardonnez-moi Dimitri, mais c'est absurde.
02:53Il n'y aura pas de troisième tour.
02:55Il faut bien mesurer les conséquences du nouveau mode de scrutin,
02:59qui accorde une prime de 25% des sièges au candidat arrivé en tête au second tour.
03:03Il suffit que ce candidat remporte 33% des voix.
03:07Or, Emmanuel Grégoire, à l'heure où nous parlons, fait déjà 33% dans les sondages.
03:12Donc avec 33% des voix, il peut rafler, avec la prime, 50% des sièges au Conseil de Paris.
03:17– D'accord.
03:18– Donc, il n'aura besoin de personne, ni de Bournazel, ni du Chiquirou, ni de Dati, ni de Ctafo,
03:23pour composer une majorité et être élu maire de Paris.
03:26Pour la droite et le centre, ce sera trop tard.
03:28La prime majoritaire n'est pas rattrapable.
03:31Soit leurs chefs de file parviennent à s'entendre pour arriver ensemble en tête du second tour,
03:36et Rachida Dati peut être élu,
03:37soit ils devront se résigner à laisser la mairie à Emmanuel Grégoire
03:41et à ses acolytes, l'écologiste David Béliard et le communiste Yann Brossa.
03:46Voilà, à la veille de la présidentielle, il leur faudra, et à leur parti aussi,
03:51en assumer devant les électeurs la responsabilité.
03:54– L'édito politique sur Europe 1, merci beaucoup Alexis Brézet.
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