00:00Bismarck
00:00L'excellence du savoir-faire français, et Dieu sait s'il y a des métiers, de très beaux métiers, qui composent ce savoir-faire.
00:19On en parle avec vous Anne-Sophie du Royaume-Chavannes, ravie de vous accueillir, directrice générale de l'Institut pour les savoir-faire.
00:25Auparavant, ça s'appelait l'Institut national des métiers d'art.
00:30Avec une étude passionnante, d'abord un mot quand même sur cet institut, quelle est la mission, quel est son objectif ?
00:38Promouvoir, valoriser, donner envie aux jeunes de se lancer dans ces métiers, et combien de métiers ça représente ?
00:45Il y a plein de questions.
00:46Bonjour, je suis ravie d'être là.
00:48L'Institut pour les savoir-faire français, on est une association reconnue d'utilité publique, créée il y a 137 ans,
00:55qui a effectivement cette vocation de valoriser les métiers d'art auprès du grand public.
00:58D'encourager les vocations, de redonner une place à ces métiers manuels et ces savoir-faire d'exception dans la visibilité des Français,
01:06et aussi accompagner le développement de ces entreprises et de ces professionnels,
01:09puisque sans cette pérennité économique, ils ne peuvent pas transmettre et ils ne peuvent pas valoriser leur savoir.
01:14Alors je pense à Notre-Dame, on a beaucoup parlé de ces métiers, les métiers d'art et du savoir-faire français étaient là.
01:20Je pense à Notre-Dame qui a été le plus emblématique, mais il y a plein d'autres secteurs, le bois, la pierre, le métal, c'est ça ?
01:27C'est ça exactement, le textile, on a 6 univers de marché qui couvrent l'intégralité des filières de production françaises,
01:35avec des petits artisans, des TPE, des PME, des ETU et des grandes maisons.
01:39C'est un écosystème qui est composé de 234 000 entreprises en France, pour un chiffre d'affaires cumulé de 68 milliards d'euros,
01:47ce qui est plus que l'industrie pharmaceutique.
01:49Donc on a un peu oublié ça et ça fait partie de nos missions de le mettre en valeur.
01:53Et l'effet Notre-Dame a eu un effet très positif pour remettre en lumière ces métiers.
01:57500 000 actifs, 280 000 sont salariés et dans l'étude que vous portez, au-delà des journées portes ouvertes,
02:04qui permettent aussi aux jeunes et aux moins jeunes d'ailleurs, aux gens qui se reconvertissent,
02:07il ne faut pas oublier qu'il y a beaucoup de salariés aujourd'hui qui se reconvertissent et il y a des très beaux métiers.
02:12Les Français ont une image très favorable des métiers et du savoir-faire français, 97%.
02:19Alors effectivement, dans l'étude perceptio que nous avons menée en 2025, dont nous avons dévoilé les résultats il y a 10 jours,
02:27avec le soutien d'LVMH, on a eu cette révélation que 97% des Français étaient très attachés à leur savoir-faire,
02:36mais qu'ils avaient une connaissance assez superficielle du domaine, puisque seulement 35% disent bien connaître ces métiers.
02:43Mais alors concrètement, donnez-nous quelques exemples de métiers.
02:45C'est les ébénistes, c'est les dinandiers, c'est les ferronniers, c'est quoi les métiers avec des noms,
02:51qui font d'ailleurs un peu rêver, qui sont des noms qui parfois inspirent la littérature ?
02:55Alors effectivement, on a 281 métiers d'art aujourd'hui qui sont une pratique professionnelle en France,
03:01répertoriés dans une loi qui date d'il y a une dizaine d'années, il y a 10 ans juste.
03:05Et ces métiers-là, ça va être les métiers du travail du bois, vous l'avez dit, les marketeurs.
03:11Alors marketeurs sur du bois, marketeurs de paille.
03:14Vous allez avoir aussi dans le textile les plumaciers qui vont travailler les plumes.
03:18Vous allez avoir les brodeurs qui vont aller travailler en fait à la fois de la dentelle,
03:23mais aussi des tissus précieux et aussi des points très spécifiques,
03:27comme le point de Lunéville, qui est la star de la broderie française.
03:34Et puis vous avez d'autres métiers qui sont liés au patrimoine bâti,
03:38dont on parlait tout à l'heure avec Notre-Dame, les charpentiers, les vitraillistes,
03:43qui font partie en fait de cet écosystème-là.
03:45Vous incarnez à travers votre parole finalement tous ces métiers,
03:48et vous êtes là pour promouvoir ces métiers.
03:50Comment on organise ensuite, je dirais, le sourcing ?
03:53Comment on donne envie à des jeunes de s'engager dans ces métiers dont vous dites qui ?
03:57Parfois c'est un peu flou, c'est souvent des toutes petites boîtes,
04:00c'est souvent des métiers d'artisans, mais vous avez cité LVMH qui revalorisent aussi ces métiers.
04:05Alors effectivement c'est une lourde tâche,
04:07parce que depuis 50 ans c'est des métiers qui n'ont pas été tellement valorisés
04:10et qui ont disparu de la pratique familiale et même de notre société.
04:14On ne l'apprend plus à l'école, on ne pratique plus chez soi.
04:18Donc il y a un véritable travail de fond à mener pour valoriser ces métiers-là.
04:21Et ce qui est important de comprendre, c'est qu'en fait les jeunes,
04:25ils connaissent très peu de métiers.
04:27À l'école, et donc on a besoin aussi de leur refaire découvrir ces métiers manuels
04:32et les opportunités.
04:33Et pour y répondre, une des missions de l'Institut,
04:36c'est de justement qualifier en fait des données et des ressources
04:39pour pouvoir mieux comprendre cet écosystème
04:41et pouvoir mieux l'accompagner, nous à notre niveau,
04:44mais aussi en diffusant des études comme celle de Perceptio
04:47ou comme les éclaireurs sur les poids économiques
04:49qui va servir aux politiques locales et aux élus au niveau national.
04:54Dans l'étude, c'est intéressant, même s'il y a des réserves,
04:57et comme vous dites, ils ne connaissent pas tout,
04:58mais dès que la porte est ouverte, un jeune sur deux est assez ouvert
05:02à l'idée de s'engager vers ces métiers.
05:04On recrute, c'est des secteurs qui recrutent ?
05:06C'est des secteurs qui recrutent.
05:08En 2024, on avait 55 000 emplois qui étaient ouverts
05:11et c'est des entreprises, parce que c'est...
05:14Non délocalisable.
05:15Non délocalisable, exactement.
05:18Et les TPE, les PME et les ETI qui recrutent, peinent.
05:21Avant le Covid, on mettait entre 8 et 12 mois
05:23pour recruter un emploi qualifié,
05:24parce que ce sont des emplois qualifiés.
05:26Aujourd'hui, on entre plutôt 12 et 18 mois.
05:28Donc on a un vrai travail de valorisation.
05:30Avant de nous quitter, il y a eu un grand débat sur les écoles techniques,
05:33les lycées d'enseignement professionnel.
05:35On apprend où ces métiers ?
05:36On les apprend chez l'artisan ?
05:38Alors, on les apprend...
05:39En fait, il y a trois voies aujourd'hui dans l'orientation des jeunes.
05:43Il y a la filière générale, la filière technologique
05:46et la filière professionnelle dont on ne parle pas souvent,
05:49dans laquelle il y a ces métiers-là,
05:50qui sont tous les métiers manuels.
05:51Donc ce sont des CAP, ce sont des lycées pros
05:54et aujourd'hui, on a aussi des bacs plus 3
05:56qui permettent à des élèves d'aller vers ces filières-là
05:59et de partir en Erasmus pour se former sur la charpenterie en Belgique
06:03pour compléter sa formation, par exemple.
06:05Extraordinaire, qui sont bien au-delà du métier d'ouvrier
06:07qui a souvent été dévalorisé,
06:08mais plutôt de maîtres, d'artisans qui travaillent
06:11et qui font de très belles matières.
06:12Merci Anne-Sophie du Royaume-Chavane de nous avoir éclairés.
06:15Si on veut s'intéresser à l'étude, on va où ?
06:17On va sur le...
06:18Sur le site internet de l'Institut pour les savoir-faire français.
06:20Voilà, et puis si vous cherchez des métiers,
06:22j'imagine qu'il y a quand même quelques fiches
06:23Onicep métiers du savoir-faire.
06:25Sur notre site internet, vous avez des fiches, des ressources.
06:27281 métiers répertoriés d'art.
06:31Merci de nous avoir rendu visite.
06:33Vous êtes la directrice générale de l'Institut pour les savoir-faire français.
06:37C'est un vrai plaisir de vous accueillir.
06:39On tourne une page.
06:39Ce métier-là n'est pas répertorié dans les métiers d'art.
06:43On va parler de l'IA qui inquiète
06:44mais qui peut d'ailleurs peut-être servir l'art d'une manière indirecte.
06:48On en parle parce qu'aujourd'hui,
06:49beaucoup d'entreprises ont décidé
06:50de faire le choix de se séparer de leurs collaborateurs
06:53au profit de l'IA.
06:55Cette technologie, cette révolution numérique.
06:57On en parle dans le débat d'actu.
06:59Et c'est tout de suite.
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