- il y a 19 heures
Les meilleurs moments de l'antenne de RMC commentés par Estelle Denis et toute sa bande.
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00:00RMC Estelle Midi, le Zapping RMC.
00:04Et on démarre avec un extrait du Morning RMC avec Pascal Delatour-Dupin et Mathieu Béliard.
00:09Avez-vous déjà été hébergé par un membre de votre famille ?
00:11D'après le dernier rapport de la Fondation pour le Logement,
00:14600 000 personnes vivent en hébergement contraint chez de la famille, des amis ou encore des collègues.
00:19Une situation d'urgence qui touche tous les âges.
00:22Écoutez, Chelsea, elle a 26 ans et elle s'est installée chez sa sœur.
00:26C'est le salon. Il faut savoir qu'avant, il y avait un petit fauteuil et ma sœur a dû l'aménager pour qu'on puisse y vivre.
00:34Vous viviez à combien du coup ici ?
00:35Elle a trois enfants et il y a elle et il y a moi et ma mère.
00:39Donc on est six avec deux chambres.
00:41Personne sait, en fait, personne sait qu'on vit chez ma sœur.
00:44C'est des choses qu'on ne peut pas dire. Enfin, on a un peu honte.
00:47C'est toujours le point de rendez-vous. Il est ici alors que normalement, c'était toujours chez ma mère.
00:50Est-ce que vous voyez ça ? Je viens habiter chez ma fille.
00:53Non, c'est trop. C'est à mes enfants, mes petits-enfants de venir chez moi.
00:59Elle a l'impression de rétrograder.
01:02Oui, ça me gêne de fois. Je suis là, je ne parle pas beaucoup.
01:06Bon, j'en pleure, j'en pleure des fois. Mais que voulez-vous ?
01:11Voilà, 600 000 personnes en hébergement contraintes.
01:16Yael Mélule, c'est hallucinant.
01:18Parce qu'en fait, on ne se rend même pas compte.
01:19Parce que c'est des gens, vous les croisez au boulot, ils vivent totalement normalement, mais vous ne savez pas ce qui se passe derrière, en fait.
01:24Absolument. Moi, j'ai regardé avec beaucoup d'attention les derniers chiffres de la Fondation pour le logement des défavorisés,
01:30dont le rapport est sorti ce matin même.
01:34Ces chiffres sont effrayants. Mais vraiment, c'est...
01:38Alors, il y a les chiffres des personnes qui sont contraints, à dire qu'ils ne le font pas par plaisir.
01:43C'est parce qu'ils sont dans une situation financière telle qu'ils ne leur permettent pas de louer un appartement.
01:49Mais il y a aussi un chiffre qui est terrible.
01:54C'est le nombre de personnes qui dorment dehors,
01:57qui n'a jamais été aussi fort et qui a été multiplié par...
02:01qui a augmenté de 145% en 10 ans.
02:05On est à 350 000 personnes qui dorment dehors.
02:1050 000 de plus qu'en 2020.
02:14Il y a 912 personnes qui sont mortes dans la rue.
02:18Enfin, je veux dire, c'est des chiffres qui n'ont jamais été atteints.
02:21Il y a 31 enfants de moins de 4 ans qui sont morts dans la rue l'année dernière.
02:26Enfin, je veux dire, ça devrait être...
02:28Enfin, tout devrait être une priorité, en réalité.
02:31Mais il n'est pas concevable d'avoir ces chiffres-là en France, en réalité.
02:37C'est ça.
02:38Enfin, je veux dire, on est quand même...
02:39On est censé être une puissance mondiale forte.
02:43Mais d'avoir ces chiffres-là, d'avoir ce nombre de personnes qui meurent dans la rue,
02:49ça, en soi, c'est un déclassement.
02:52En soi.
02:53Rien que cela, déjà.
02:54C'est inconcevable.
02:56Inconcevable.
02:56Alors, tu parles de déclassement de la France sur cette situation.
03:00Alors, Fred, vous revenez d'Espagne.
03:01Est-ce que c'est le cas aussi en Espagne ?
03:02Alors, on l'a vraiment bien connu.
03:04Moi, je l'ai observé.
03:04J'ai travaillé dessus comme journaliste avec la grande crise de 2008, avec la bulle immobilière
03:08qui a explosé.
03:09Et comme en Espagne, la plupart des crédits immobiliers sont variables.
03:14D'accord.
03:15Donc, les gens se retrouvaient...
03:16Ils perdaient leur logement du jour au lendemain.
03:18Et en fait, l'Espagne s'est sauvée grâce à la solidarité familiale.
03:22Parce que c'est dans la culture du Sud aussi, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, où il est
03:25parfois fréquent d'avoir deux, trois, voire quatre générations sous le même temps.
03:29On accueille les parents et les grands-parents.
03:30Et c'est vraiment quelque chose de naturel.
03:31Donc, ça a permis...
03:32C'était la variable d'ajustement.
03:34Et le sauvetage pour des...
03:35On parle de centaines de milliers de familles.
03:38Ça a été un truc de fou.
03:40Des maisons qui, du jour au lendemain, ne valaient plus...
03:41Enfin, les gens ne pouvaient plus payer leurs crédits.
03:44Et donc, les banques saisissaient.
03:45Ils étaient à la rue.
03:47Quand on me demandait toujours quelle était la grande différence entre la France et l'Espagne,
03:50je disais que le pilier de l'Espagne est la famille, alors que le pilier de la France, c'est l'État.
03:56C'est-à-dire que quand on a un problème en Espagne, on pense à la famille.
03:59On n'était pas la famille.
04:00Quand on a un problème en France, on pense à l'État.
04:02Et la grande différence qu'il y a aujourd'hui, c'est que l'État est de plus en plus
04:05faible en France, mais que la famille reste puissante en Espagne.
04:10C'est la raison pour laquelle les Espagnols, finalement,
04:12qui ont toujours des crises beaucoup plus dures que les nôtres,
04:14arrivent toujours à s'en sortir parce qu'il y a une solidarité familiale
04:18qui est assez exceptionnelle.
04:19Les GG ce matin sur RMC.
04:21Les cantines respectent-elles nos enfants ?
04:23C'est le coup de gueule de Michel Saran.
04:25Sur Instagram, le chef étoilé a publié une photo critiquant
04:27la quantité et la qualité des repas servis à des enfants de maternelle,
04:31dont sa petite-fille.
04:32Le prix du menu, 7 euros.
04:34Et c'est un scandale pour Johnny, père de famille et auditeur RMC.
04:36Bonjour Johnny.
04:39Bonjour à tous.
04:40Vous nous avez envoyé la photo du plateau de votre fille.
04:44On voit une assiette avec quoi ?
04:47Quatre pommes de terre, trois pommes de terre, un morceau de cordon bleu,
04:50deux feuilles de salade, une pomme à yaourt.
04:53Exactement.
04:53Pour 5 euros.
04:54Pour 5 euros.
04:56Mais alors, vous êtes scandalisé ou pas ?
04:58Alors oui, scandalisé, en plus de ça.
04:59Moi, je fais partie de la commission restauration des parents d'élèves.
05:02On se bat pour améliorer la qualité et la quantité.
05:06Parce que bon, les jeunes lycéens, c'est des ados.
05:09Elle a quel âge votre fille ?
05:11Elle a 17 ans.
05:1217 ans, on lui donne ça à manger ?
05:14Oui, exactement.
05:15Ça fait deux ans que je me bats pour ça.
05:19Jean-Philippe, vous avez deux enfants à la cantine.
05:23Ça vous scandalise, ça ?
05:24Est-ce que vous pensez qu'ils mangent ce genre de choses ?
05:26Alors, ça me scandalise.
05:27Et en même temps, ça fait écho à ce que mon fils,
05:29qui a 17 ans bientôt et qui est au lycée,
05:32me disait, en fait, je ne vais pratiquement plus à la cantine.
05:35C'est-à-dire que c'est vrai que je me rendais compte
05:36qu'il ne me demandait plus de recharger sa carte.
05:38Et si c'est la même chose, je peux comprendre.
05:40Après, il faut imaginer.
05:41Alors, il y a les quotients familiaux, etc.
05:43qui font que peut-être que là, 5 euros, dans cet exemple-là,
05:46c'était peut-être le maximum.
05:47Et que d'autres payent 1 euro ou 1,50 euro pour le même menu.
05:52Mais il faut imaginer combien ça coûte, en fait, aujourd'hui.
05:55Une cantine scolaire, c'est souvent en plus municipalisé.
05:58C'est-à-dire qu'en fait, il y a des cantines centrales
05:59et les salariés de ces cantines,
06:03on veut qu'ils soient bien payés, évidemment.
06:05Ce n'est pas comme dans d'autres pays.
06:07Ce n'est pas gratuit, quoi.
06:08Ce n'est pas gratuit.
06:09On cherche les circuits courts.
06:11On pourrait faire mieux, peut-être.
06:12On peut faire mieux, évidemment.
06:13Mais c'est une telle charge, en fait, pour la collectivité.
06:16Alors, c'est la région pour les lycées.
06:18C'est le département pour les collèges.
06:19C'est la municipalité.
06:20Donc, des petites communes qui, parfois, ont du mal
06:22à bien payer ses salariés.
06:25Donc, il faut voir aussi combien coûte ce repas.
06:28Combien il coûte à la communauté, à la collectivité.
06:31Là, il coûte 5 euros aux parents.
06:32Combien ça coûte vraiment ?
06:34Une fois qu'on a payé tous les salaires,
06:36qu'on a payé toutes les matières,
06:37l'énergie aussi.
06:39Donc, voilà.
06:40Moi, j'aimerais ça avoir plus de transparence.
06:42D'accord, mais ça ne coûte pas plus cher de bien cuisiner.
06:44C'est-à-dire que, par exemple,
06:46des épinards qui baignent dans la crème,
06:48tu peux mettre un peu moins de crème.
06:50Il y a des choses comme ça.
06:51Moi, je me souviens, mon fils,
06:52il m'envoyait toujours des photos.
06:53Et il me disait, maman...
06:54Enfin, des photos horribles.
06:55Il me disait, maman, est-ce que je peux manger au kebab ?
06:57Bon, je le soupçonnais d'avoir quand même un peu trafiqué
06:59ces plats à la cantine.
07:01Apparemment, ce n'était pas trafiqué.
07:02Voilà, mais à un moment,
07:04on a beaucoup fait ce débat dans Estelle Midi.
07:07On avait eu des gens de municipalité
07:10qui disaient, nous, on a une cantine bio.
07:11La cantine, elle est super.
07:12Les gamins adorent.
07:14Ça ne coûte pas forcément plus cher, encore une fois,
07:16de faire à manger des trucs sympas.
07:19Alors, le pire, c'est quand il y a
07:20les menus végétariens à la cantine.
07:22Parce que, manifestement, les cuisiniers
07:23ne maîtrisent pas encore bien le menu végétarien.
07:25Alors là, c'est d'ailleurs ce qu'avait posté Michel Saran
07:28avec des lentilles, etc.
07:29Là, tu sens qu'ils ne savent pas faire.
07:30Peut-être qu'il faut en faire moins
07:32ou le faire mieux.
07:33Alors, ça tient peut-être sur l'effort du cuisinier,
07:35en effet, de la cantine
07:36et de tout le personnel.
07:37Parce que c'est compliqué
07:38de faire tourner une cantine
07:40avec toutes les normes sanitaires
07:41qu'on a aussi en France.
07:42Il y a aussi beaucoup de plats réchauffés.
07:44Donc, à un moment, réchauffer,
07:45ça ne s'apprend pas non plus.
07:46Ce n'est pas très compliqué.
07:47C'est vrai qu'on peut s'interroger
07:48sur certains plats, quand même.
07:49Et puis, on ne va quand même pas faire
07:50des économies sur la bouffe
07:52qu'on donne à nos enfants, quand même.
07:54Enfin, je veux dire,
07:54il y a quand même des priorités dans la vie.
08:00Alors, excusez-moi de parler comme un vieux
08:02que je suis.
08:03Et moi, j'étais dans un petit collège.
08:05Après, dans un lycée.
08:07Je peux te dire que c'était autre chose, quand même.
08:09Moi, non.
08:09Moi, c'était horrible.
08:10Moi, c'était très bien.
08:11Franchement.
08:12Et c'était à race.
08:13Ce n'était pas la vie la plus riche de France.
08:15Franchement.
08:16Alors, c'était pas toujours exceptionnel.
08:18En tout cas, au niveau quantité,
08:20c'était plus que ce qu'on a donné
08:21quand on avait 17 ans.
08:22Excuse-moi.
08:22Parce que trois patates
08:23et un petit morceau de cordon bleu.
08:25Excuse-nous.
08:25Nous, on avait des vrais steaks
08:26ou des vrais steaks à chers.
08:30Personne ne disait « Ah, chouette, la cantine ! »
08:32Tout le monde disait « Ah, chouette,
08:32il y a des frites à la cantine ! »
08:33Mais le reste du temps,
08:34t'y allais un peu contre les frites.
08:35Ah, moi, la personne disait
08:36« Youpi, il y a endive au jambon ! »
08:38Elle me dit « Ah, chouette, il y a des blettes ! »
08:40Non, à part les rognons.
08:42À part les rognons.
08:43Non, mais moi, je mangeais tout à la cantine.
08:45Franchement, c'était très content.
08:46Mais rognons à la cantine ?
08:46Moi, j'avais la langue de bœuf.
08:48Mais nous, on avait des rognons.
08:49Et oui, en sixième,
08:49on avait des rognons, madame.
09:00La différence peut-être avec cette époque,
09:02c'est qu'aujourd'hui,
09:02il y a le kebab, le tacos, le McDo
09:04en face du collège ou du lycée.
09:06Ou du lycée, d'ailleurs.
09:07Et quand il y a la langue de bœuf ou rognons,
09:08à mon avis, il y a la queue de le kebab en face.
09:10Il y a une alternative.
09:11C'est là où tu as la photo
09:11« Maman, je peux manger ? »
09:13Maman, c'est rognon.
09:15« Est-ce que tu peux manger au McDo ? »
09:16Code rognon.
09:18Alerte rognon, maman.
09:20Exactement.
09:21Apolline Matin, ce matin sur RMC.
09:22Quelles sont les conséquences
09:23de la fermeture des bars tabac ?
09:2518 000 ont disparu en 20 ans en France.
09:27Et une étude fait le lien direct
09:28entre ces fermetures et la montée du RN.
09:31Les explications tout de suite de Cécile Duflo,
09:33la présidente d'Oxfam.
09:35Elles ont une conséquence politique assez folle
09:38puisque l'étude montre une corrélation totale
09:40entre ces fermetures
09:41et la progression du vote d'extrême droite.
09:44Particulièrement en milieu rural
09:45qui est clairement alimentée
09:47par un sentiment de déclassement, de repli.
09:50Et les vitrines fermées,
09:51ça marque les esprits.
09:53Et ça a été aussi montré
09:54dans une étude du CAE
09:55qui était sortie il y a 5 ans
09:57qui, elle, montrait
09:58que quand une supérette ferme,
10:00ce n'est pas seulement un commerce qui ferme,
10:02c'est aussi des infrastructures sociales
10:04et du lien social qui disparaît.
10:07Frédéric, vous comprenez ce lien
10:08entre la fermeture des bistrots
10:10et la montée du RN ?
10:11Pas le lien direct.
10:11Le sentiment de déclassement, en fait.
10:13Non, parce que moi,
10:13j'ai entendu des trucs
10:14et j'ai vu des commentaires
10:15sur les réseaux, même dans la presse,
10:17sur le fait, oui,
10:17comme les gens ne sont pas confrontés
10:19à d'autres idées,
10:20ils vont vers les extrêmes.
10:21Non, c'est tout simplement
10:22parce qu'ils se sentent totalement
10:24abandonnés.
10:25C'est-à-dire que quand tu n'as plus
10:26aucun endroit,
10:26tu n'as même plus le café,
10:27le bar tabac
10:28ou acheter ton journeau,
10:29ton paquet de club
10:30et prendre un café,
10:31tu te sens délaissé.
10:32Et donc, tu vas vers ceux
10:33qui te disent
10:33avec moi, ça va marcher,
10:35je vais vous redonner
10:36un peu de fierté.
10:37Oui, mais tu avais des débats
10:37dans les bistrots,
10:38donc en fait, pour le coup,
10:39effectivement,
10:39tu pouvais te confronter aussi
10:40à des idées différentes.
10:41Tu ne restais pas tout seul
10:42chez toi à regarder
10:43une chaîne de télé.
10:45Je pense,
10:46franchement,
10:46je pense que c'est surtout
10:47le sentiment des classements.
10:48Vous savez,
10:49il y a une réflexion
10:50qu'a fait Raphaël Glussmann,
10:51qui est un type intelligent,
10:52quand il est allé
10:52à Inam Beaumont,
10:53qui est le grand fief
10:54de Marine Le Pen.
10:55Dans le Nord.
10:55Dans le Pays de Calais,
10:56exactement.
10:57Et il a dit,
10:58j'ai posé une question
10:59à une dame,
11:00pourquoi vous votez Le Pen ?
11:01Elle a répondu
11:01parce que Marine,
11:02elle,
11:03elle n'a pas honte de nous.
11:04Et bien,
11:04c'est ce sentiment-là,
11:05beaucoup plus du fait
11:06de pouvoir,
11:08voilà,
11:08c'est le fait
11:08de ne pas se sentir abandonnée.
11:09Et aujourd'hui,
11:10il faut bien le connaître.
11:11La gauche,
11:11en plus,
11:12c'est des zones
11:12où on votait socialiste
11:13et communiste.
11:14Maintenant,
11:14on vote international
11:15dans le Pays de Calais.
11:16Ça prouve bien
11:17des zones abandonnées
11:18et ce n'est pas
11:19l'effet direct,
11:20c'est le symbole
11:21de se dire,
11:22il n'y a plus rien chez nous.
11:23Yann Mélule.
11:24Alors moi,
11:24je note que c'est
11:24Cécile Duflo qui...
11:26Oui,
11:27c'est notre chroniqueuse
11:28chez Apolline Matin,
11:28ça s'appelle
11:29La Voix de Gauche,
11:29le nom de sa chronique.
11:30Et elle est présidente
11:31de l'ONG Oxfam.
11:33Voilà,
11:33donc c'est son organisme
11:36en fait,
11:36qui tire ses conclusions
11:37de l'ONG Oxfam.
11:39C'est une étude,
11:40c'est une étude,
11:40oui.
11:41Parce que c'est faire
11:41le lien direct
11:42entre la fermeture
11:43des tabacs...
11:43C'est une étude
11:44qui est sortie
11:44dans Le Monde en fait,
11:45ce matin,
11:45ce n'est pas une étude
11:45d'Oxfam.
11:46D'accord,
11:46mais je trouve que le lien
11:48est quand même
11:48assez réducteur,
11:49on va dire.
11:50Moi,
11:50je suis tout à fait d'accord
11:51avec...
11:51Mais ce n'est pas le lien
11:52de Cécile Duflo,
11:52c'est le lien de cette étude.
11:53D'accord,
11:54oui,
11:54mais je trouve que c'est
11:54réducteur.
11:55D'accord.
11:56Et l'analyse
11:57qu'en fait Fred,
11:59je la trouve très bonne.
12:02En réalité,
12:03c'est le sentiment
12:04d'abandon
12:04des classes populaires
12:05qui allait par essence,
12:08on va dire,
12:09vers la gauche
12:10et qui s'est sentie
12:12abandonnée,
12:12en réalité,
12:13par cette gauche-là,
12:14qui fait qu'aujourd'hui,
12:17ils vont vers ceux
12:18qui semblent davantage
12:20les écouter,
12:21les entendre
12:22et répondre
12:23à juste titre ou pas,
12:25peu importe,
12:26mais de leur point de vue,
12:27répondre à leur désespoir
12:30quelque part.
12:31Et la fermeture
12:32de ces tabacs,
12:34de ces boulangeries,
12:36fait qu'ils se sentent
12:38effectivement abandonnés.
12:39Ça commençait
12:40par la fermeture
12:40des usines,
12:41la fermeture des mines,
12:42des usines,
12:43etc.
12:43Et puis après,
12:44les commerces,
12:45etc.
12:45Et le dernier qui résistait,
12:47en fait,
12:47c'était le bar tabac.
12:48Exactement.
12:49Et donc l'étude
12:50vient du Centre
12:51pour la Recherche Économique
12:52et ses Applications.
12:54L'étude est intitulée
12:54quand les bars tabac
12:55ferment l'érosion
12:56du lien social local
12:57et la progression
12:58du vote d'extrême droite
12:59en France.
13:00Et ce sont donc
13:00des chercheurs
13:01qui ont,
13:02notamment en sciences politiques
13:03à l'université de Zurich,
13:04qui ont montré
13:04comment,
13:06en croisant les données,
13:07on voit que la fermeture
13:08des bars tabac
13:08grâce au registre
13:09des terminaux
13:09de la Française des Jeux
13:10correspond à la montée
13:12du RN
13:12dans les résultats électoraux.
13:14Ils ont croisé les données
13:14sur des dizaines d'années
13:15pour montrer que
13:16plus le lien social
13:17se réduit,
13:18plus la progression
13:19du vote RN
13:20est effective
13:21dans certains territoires.
13:22Voilà ce que dit
13:22cette étude.
13:23Et on termine
13:24avec les GG
13:25ce matin sur RMC.
13:2615% de radars
13:27vandalisés.
13:28Êtes-vous scandalisés ?
13:30Sur les 4753 appareils
13:32que compte la France,
13:3315% ne sont plus
13:34en état de fonctionner.
13:35Vitres cassées,
13:35jets de pierre,
13:36incendies.
13:37Les radars sont des proies
13:37faciles et les réparés
13:39coûtent cher.
13:40Vous savez comment ça coûte
13:40de réparer un radar ?
13:41200 000 euros.
13:42200 000 euros
13:44pour remplacer
13:45un radar.
13:46Et pour Didier Giraud,
13:48l'éleveur bovin des GG,
13:49s'attaquer au radar,
13:50c'est s'attaquer à l'État.
13:52Je pense que c'est aussi
13:54le symbole
13:55d'un État
13:56qui ne nous écoute pas,
13:58d'un État
13:58qui fonctionne,
14:00d'un État
14:01qui est
14:02parfois absent.
14:04Et voilà,
14:05c'est la symbolisation
14:06d'une colère.
14:07À ceux qui s'en prennent
14:08en radar,
14:08je dirais,
14:10calmez-vous
14:10parce que chaque fois
14:11qu'il y a un radar
14:12fixe
14:14où on sait
14:14où il est
14:15de détruit,
14:17ils vont mettre
14:18en contrepartie
14:19des radars embarqués
14:20qui, ceux-là,
14:21vont nous prendre
14:22matin,
14:22midi et soir
14:23sans savoir
14:23où ils sont.
14:24C'est là où
14:25c'est un peu dangereux.
14:27Mais après,
14:28que le radar
14:28soit devenu
14:29la symbolisation
14:30de l'État,
14:31c'est d'abord
14:31parce que
14:32le radar fixe,
14:33c'est une pompe à fric
14:35qui n'est pas forcément
14:36dans des lieux
14:37accidentogènes
14:37mais qui sont là
14:38pour te prélever
14:39un impôt.
14:39Alors c'est vrai
14:41que quand on voit
14:41un radar vandalisé,
14:42à la limite,
14:43le premier sentiment
14:44c'est de se dire
14:44tiens,
14:44je ne vais pas payer.
14:45Mais enfin,
14:45ça nous coûte très cher
14:46Jean-Philippe.
14:47Alors autant,
14:48moi je me suis fait flasher,
14:49j'étais en colère
14:50contre ce radar
14:51qui était là,
14:51mais autant,
14:52moi je suis en colère
14:53contre le vandalisme
14:54sur les radars.
14:56Je trouve ça incroyable,
14:58c'est hors la loi
14:59évidemment,
15:00s'ils sont là
15:01les radars,
15:02c'est qu'ils ont le droit
15:02d'être là,
15:02après on peut toujours
15:03critiquer leur positionnement.
15:06Mais par exemple,
15:06pour ceux qui sont
15:07à Aix-en-Provence,
15:07il y en a un
15:08qui est resté
15:08pendant un an
15:09et il a été vandalisé,
15:10il était peint,
15:11il est resté pendant un an
15:13peint comme ça
15:14et seulement maintenant
15:15qu'il est remis en route
15:16et je trouve ça dingue
15:18qu'on mette autant de temps.
15:19Alors maintenant
15:19que je connais les chiffres,
15:21que je sais combien ça coûte
15:21de remettre en état
15:22un radar,
15:23je comprends mieux,
15:24mais maintenant
15:24qu'on mette des caméras
15:25de surveillance
15:26et qu'on aille chercher
15:26ceux qui vandalisent.
15:28Après c'est kafkaïen,
15:28tu vas mettre des caméras
15:29de surveillance
15:30pour surveiller les radars
15:31qui te surveillent en fait.
15:32Et derrière,
15:32on va mettre des caméras
15:33de surveillance
15:33pour surveiller les radars
15:35qui te surveillent.
15:35En tout cas,
15:35qu'on ne laisse pas impuni
15:36le fait de s'attaquer
15:37à un radar.
15:39Il y a une loi,
15:40il faut respecter la loi.
15:42Si tu mets des caméras
15:42de surveillance devant
15:43chaque radar,
15:44on n'en sort plus.
15:45J'espère qu'ils sont
15:46surveillés quand même
15:47ces radars.
15:48Ceux qui sont en pleine campagne.
15:48Non, je ne crois pas,
15:49c'est pour ça que c'est
15:49des points faciles.
15:50C'est pour ceux
15:51qui ont un radar
15:51en bordure d'autoroute
15:53à la compagne,
15:53mais personne ne le surveille.
15:54Tu penses bien ?
15:55Mettons une caméra
15:56qui est une enquête
15:57et qu'on aille chercher
15:58celui qui fait ça.
15:59Mettons un flic
16:00devant chaque radar.
16:02Dans chaque radar.
16:04À mon avis,
16:05les gens veulent des caméras
16:05autre part
16:06que devant les radars.
16:08Non, mais s'il y a juste
16:09une caméra,
16:09on sait à peu près
16:10à quel moment
16:10il a été vandalisé.
16:11Ça prend un quart d'heure
16:12de retourner en arrière,
16:14d'aller voir à quel moment
16:15et qui a fait ça.
16:16En tout cas,
16:1715% des radars vandalisés
16:19en France.
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