00:00Et Bertrand Chameroy, c'est l'heure de vérité.
00:07Oui, je dois la transparence à nos auditeurs.
00:10Hier, la France a été privée de sa tartine de lol au petit-déj,
00:13de son bijou de causticité radiophonique,
00:15de sa pépite d'insolence enrobée de sarcasme,
00:17de sa dose d'ironie subventionnée.
00:18Bref, n'a pas eu mon billet à l'antenne.
00:21Bouleversement général dans le pays,
00:22mon fan club s'en était ému à chaudes larmes.
00:24Enfin, ma mère m'a envoyé un SMS.
00:26Bah alors, on n'a pas entendu son réveil ou quoi ?
00:28Si, si, je l'ai bien entendu,
00:30puisque j'étais présent en studio,
00:31les plus attentifs de nos auditeurs auront noté mon teasing à 7h29.
00:35Mais alors, que s'est-il passé ?
00:37J'aimerais vous dire que j'ai été victime d'une odieuse censure,
00:40tant mon papier était piquant et dérangé jusqu'au plus haut sommet de l'État.
00:44Ce qui m'aurait permis de me faire passer pour un martyr de l'humour
00:46et de m'épancher dans un livre que j'aurais sobrement intitulé
00:49« Le baillon faible ».
00:50Ça aurait eu du panache, mais rien de tout ça.
00:52La réalité est bien plus triste.
00:54La raison de ce silence radio est due au fait
00:56que j'étais censé intervenir comme chaque jour, juste après
00:59Benjamin Duhamel
01:00« France Inter, la grande matinale »
01:03et sa très très très très grande interview.
01:06Et oui, 5 mois après, Benji Lamalyse croit encore que 7h50,
01:09ce n'est pas l'horaire de son interview, mais sa durée.
01:12Tout a basculé lorsque le loustique qui a interrogé
01:15« Goldshifté Faranis » s'est dit « Il est quelle heure là ?
01:177h58 et 57 secondes ?
01:19Je suis large, allez je fonce ! »
01:21Un tout dernier mot « Goldshifté Faranis » ?
01:22Ce qui en langage Duhamel est l'équivalent de l'envoi d'un SMS
01:25« Un dernier verre et je rentre » alors qu'on est encore en train de beugler
01:28les lacs du Connemara sur le comptoir.
01:30Et c'était oublié que le tout dernier mot est généralement suivi
01:32d'une toute dernière réponse.
01:34Bonan malan, tout ça nous a mené à 7h59 et 40 secondes.
01:38Et ce challenge pour moi, faire tenir 2 minutes 30 de chronique en 20 secondes.
01:42Je suis certes un homme de défis, mais j'avoue qu'on aurait perdu en diction.
01:45Enfin, je veux dire, encore plus que d'habitude.
01:47J'aurais pu décider de parler à mon rythme,
01:49mais l'effet domino aurait été terrible pour la grille d'Inter.
01:51Le journal d'Hélène Filly à 8h12, affaires sensibles à 18h
01:54et Paris Cochet, on finissait par skier en juillet.
01:57C'est qu'il est gourmand Benji, il fait du réel plaisir.
01:59Économiquement, c'est viable pour la direction.
02:01En juin, quand on mettra bout à bout tous ses débords,
02:03en une saison, il en aura fait deux.
02:05Moi, je perds moins d'économie car je tiens à préciser à la commission d'enquête
02:08sur l'audiovisuel public, que j'ai évidemment réclamé mon cachet
02:11pour le papier non diffusé d'hier.
02:13Quitte à être accusé d'être payé à rien faire,
02:15autant que ce soit le cas pour une fois.
02:16Bref, maintenant que vous savez tout, place au billet du jour.
02:20Michel-Edouard Leclerc, bonjour.
02:21Quoi ? Comment ça, on n'a plus le temps ?
02:23Je vais vraiment finir par l'écrire le bouquin.
02:25Merci pour ce sens des responsabilités, Bertrand Chameroy.
02:29Merci.
02:30Merci.
02:31Merci.
02:32Merci.
02:33Merci.
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