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  • il y a 8 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00C'est le débat économique, social-économique du moment.
00:05C'est une idée qui a été lancée par le MEDEF,
00:07qui veut mettre sur le chemin de l'emploi des jeunes qui sont non diplômés.
00:12Donc le CDI jeunes, voilà ce que c'est.
00:14Il peut être rompu sans motif pendant les premières années du contrat.
00:18Une indemnisation croissante avec l'ancienneté du salaire.
00:21Plus on reste dans l'entreprise, plus l'indemnisation monte.
00:25L'objectif, faciliter l'embauche des jeunes, lutter contre le chômage.
00:27Précision du MEDEF.
00:301,4 million de jeunes qui sont très éloignés du marché de l'emploi.
00:34Et ces jeunes-là, ça fait 30 ans qu'il n'y a pas de solution concrète, opérationnelle, efficace pour eux.
00:41Et nous, ce qu'on dit, c'est comment on fait pour les ramener en emploi ?
00:44Et donc on a regardé ce qui fonctionnait chez nos voisins.
00:47Les jeunes, quand ils rentrent sur le marché de l'emploi,
00:50par quel système juridique ils sont employés ?
00:52Des CDD et du travail intérimaire à 90%.
00:55Donc proposer un CDI avec des droits progressifs,
00:59c'est justement les sécuriser par rapport...
01:01Mais est-ce que c'est vraiment un CDI quand vous leur dites que vous pouvez vous en séparer à n'importe quel moment ?
01:03Mais bien sûr, parce qu'en fait, c'est un CDI avec des droits progressifs.
01:05Donc plus le temps passe, plus les droits se renforcent.
01:09C'est à savoir ce qu'en pensent les principaux intéressés aussi.
01:12Voilà, parole de jeunes intéressés ou pas.
01:14On est quand même qualifiés, ça fait cinq ans qu'on a fait des études
01:18et on a envie d'être aussi pris au sérieux que nos congénères.
01:23Donc on aimerait bien avoir une situation stable, même en sortie d'études.
01:26Il faut apprendre dans l'entreprise, dans un cadre qui est sain.
01:28Et on ne peut pas apprendre dans l'entreprise si on sait qu'à tout moment, on peut être viré.
01:31À tout moment, on peut se retrouver au chômage.
01:33Tout le travail, c'est déjà très difficile.
01:34Donc si en plus, on a ce risque d'être viré, c'est encore plus compliqué.
01:37Ça va juste être au bon vouloir de l'employeur.
01:39Et ce n'est pas normal qu'il n'y ait pas de justification quand on rompt un CDI à tout moment comme ça.
01:44Ça les rend juste un peu plus soumis à un patronat qui devient de plus en plus puissant.
01:48Alors on a deux représentants des employeurs, des patrons.
01:52Mathieu Boeche, vous êtes chef d'entreprise, membre du comité de pilotage du Cercle des entrepreneurs engagés.
01:57Florian Dussoulier, vous êtes gestionnaire de patrimoine, ancien banquier d'affaires.
02:00Il faut bien comprendre, la proposition du MEDEF s'adresse à qui précisément ?
02:05On s'adresse à ces jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation, c'est ça ?
02:11Alors, ce n'est pas exactement précisé à qui ils s'adressent.
02:14On sait qu'il y a 1,4 million de jeunes qui sont, comme vous dites, ni en emploi, ni en emploi.
02:171,4 million de jeunes ?
02:19C'est énorme, oui.
02:20Qui sont hors radar, en quelque sorte.
02:22Tout à fait.
02:23Et on sait aussi que le chômage touche beaucoup plus les jeunes que les autres.
02:26Et comme c'est dit dans le petit reportage, tout ce qui est l'insécurité de l'emploi, CDD, ça touche particulièrement les jeunes.
02:33Et donc c'est de ce sujet dont il s'agit.
02:35Le MEDEF a bien fait de mettre les pieds dans le plat, de parler du sujet des jeunes, parce que c'est quelque chose qui est très important.
02:40On a parlé pendant des mois, des retraités, on en a assez parlé, on est peut-être tous d'accord.
02:44C'est important, mais il y a aussi l'avenir.
02:46Et l'avenir, c'est les jeunes.
02:47Avec un taux de chômage qui faut les 19% pour les 15, 24 ans.
02:51Tout à fait.
02:52Donc le sujet est mis sur la table.
02:53La réponse, moi j'ai fait un tour d'horizon de tous mes amis, entrepreneurs, aux patrons, comme vous aimez, vous les journalistes les appeler.
03:00Nous, on aime plutôt s'appeler créateurs d'emploi et entrepreneurs.
03:03Et ils sont unanimement contre cette proposition du MEDEF.
03:06On tient à le préciser.
03:08Pourquoi ?
03:09Simplement, quel message on passe à la jeunesse quand la première chose qu'on lui dit quand il rentre dans le monde du travail, c'est on va te payer moins que les autres.
03:17Tu vas mettre plus longtemps à acquérir des droits.
03:19Mais si on n'a pas de formation ?
03:21Les jeunes français...
03:21Si j'ai bien compris ce que propose le MEDEF, c'est certes, c'est des droits progressifs.
03:29Certes, c'est peut-être rémunéré un peu moins que le SMIC.
03:31Mais en même temps, il y aura une obligation du côté du chef de notre emprise de former le jeune.
03:36Oui, mais je trouve qu'on apporte une solution, effectivement, pour ces jeunes.
03:42Mais pour moi, ce n'est pas la bonne solution.
03:44Donc c'est quand même un point positif du MEDEF.
03:46Mais ça ne va pas, selon moi, dans le bon sens au moment où on parle aujourd'hui positivement, justement, des entrepreneurs et des patrons.
03:52Aujourd'hui, on est en train de nous mettre quelque chose dans la chaussure pour justement parler de nous, finalement, négativement.
03:58Je crois que le vrai sujet aujourd'hui de la jeunesse, c'est l'éducation.
04:01Il y a un gros problème d'éducation dans notre pays.
04:04Et donc ensuite, un gros problème d'insertion.
04:05Pourtant, tous ces jeunes, à un moment donné, passent par l'école.
04:08Jusqu'à 16 ans, c'est obligatoire.
04:10Absolument.
04:10Mais il y a des jeunes aussi qui ne vont pas à l'école jusqu'à 16 ans.
04:13En apprentissage ou autre aussi.
04:15Mais eux, ça va, ils sont dans une...
04:16Et l'apprentissage, ça, c'est quelque chose de formidable.
04:19C'est vraiment formidable.
04:20Donc, plutôt que de lancer des idées de CDI, il faut continuer de mettre le paquet sur l'apprentissage.
04:24En fait, c'est ce que...
04:25CDI, CDI, CDI.
04:26Les jeunes s'en fichent aujourd'hui du CDI.
04:28De toute façon, vous pouvez promettre un contrat à durée indéterminée.
04:32Aujourd'hui, on ne va pas passer 20, 30, 40 ans dans la même boîte.
04:34Avant de donner la...
04:35Ils ne s'en fichent pas tout à fait.
04:36Quand, par exemple, il faut acheter un appartement ou louer, il ne reste qu'à m'attacher au CDI.
04:40Malheureusement, les banques, effectivement, privilégient le CDI.
04:43Et j'ai pu avoir des clients que j'ai pu endetter, effectivement, en présentant un dossier de CDI.
04:47Et ces mêmes clients qui m'ont dit, mais vous savez, Florian, dans moins d'un an, je vais lancer ma boîte.
04:51Et donc, ils ne seront plus en CDI.
04:52Cassandra, bonsoir.
04:54Bonsoir.
04:55Vous avez quel âge ?
04:56J'ai 22 ans.
04:57Vous pourriez être intéressé par ce contrat à droit progressif qui s'inspire d'un modèle italien.
05:02Ça avait été mis en place par un homme de gauche, d'ailleurs, Matteo Renzi, pour ces jeunes qui sont sans formation, un peu perdus.
05:09Et qui, ça leur permettrait de mettre un pied dans le monde du travail.
05:13Je pense déjà qu'il faut faire attention à ce qui a été annoncé par le MEDEF.
05:17Parce que, comme vous l'avez dit, il ne précise pas quel type de jeunes va être visé.
05:20Et en l'occurrence, moi, je voudrais mettre l'accent sur quelque chose.
05:23C'est que la précarité étudiante, aujourd'hui, elle est gigantesque.
05:27Et que cette annonce-là, moi, elle me fait considérer que le MEDEF lance un affront à la jeunesse.
05:32C'est une provocation ?
05:33C'est une provocation.
05:34De la même manière que des gouvernements précédents avaient pu proposer un CPE, etc.
05:40Alors ça, c'était du temps de Dominique de Villepin, Premier ministre.
05:43Effectivement.
05:44Un CPE, c'était un peu la même chose, un contrat premier embauche.
05:46Donc, c'était moins bien payé que le CDI sur deux ans.
05:49Il y avait au début deux ans de période d'essai.
05:50Jacques Chirac avait dit au début, d'accord, je crois au Mulg, mais on modifie pour un an.
05:54Et au final, ça avait été vidé de son temps.
05:56Il faut rappeler qu'il y a eu des manifestations de jeunes à l'époque très importantes.
05:59Effectivement.
05:59Et aujourd'hui, la jeunesse, elle est non pas dépeinte.
06:03Elle est souvent dépeinte comme une jeunesse qui ne trouve pas d'emploi, qui est au chômage, etc.
06:08Mais moi, je voudrais insister sur plutôt une caractéristique.
06:10C'est qu'elle est une personne sur deux, un étudiant sur deux, et aujourd'hui en train de travailler pendant ses études, alors même qu'il a environ 718 euros.
06:21Parce qu'avec le point levé, donc le collectif dans lequel je milite, on a fait une enquête précarité qui permettait de mettre ça en avant.
06:26Et là, la promesse du MEDEF, c'est d'accentuer cette précarité en précarisant les emplois, en payant les étudiants ou les jeunes en dessous du SMIC.
06:38Oui, mais on leur demande une formation en échange.
06:41Ce n'est pas précisé forcément.
06:43Ah si, c'est précisé.
06:45C'était la possibilité de la sortir d'une obligation de formation spécifique pour l'employeur.
06:51D'accord, mais en fait, moi, ce que je veux mettre en avant, c'est que ce type de formation va remettre en question la possibilité pour la jeunesse, effectivement, de se projeter.
07:00Mais aussi et surtout, de pouvoir, bien sûr que non, puisque c'est possible qu'un employeur aille enlever l'emploi aux jeunes qui sont présents.
07:10Alors même qu'aujourd'hui, la réalité de la jeunesse, c'est que la précarité peut tuer.
07:14C'est-à-dire que les jeunes aujourd'hui, les personnes qui sont en alternance, qui sont en stage,
07:19je pense notamment à un certain Matisse, qui s'est retrouvé enseveli sur du béton brûlant, s'est retrouvé mort.
07:26Parce qu'en fait, quand la jeunesse est mise au travail au plus jeune âge, elle se retrouve dans des conditions...
07:33Oui, mais Cassandra, il y a 19%, vous parlez de précarité, il y a 19% des jeunes au chômage.
07:37Elle est là, la vraie précarité, c'est le chômage.
07:39Donc ces 19%, c'est quand même malheureusement une exception française.
07:44Moi, je regarde ailleurs, le chômage des jeunes est plus bas.
07:47Donc on a un problème, et ça fait des années que ça dure.
07:50On a manié aux Pays-Bas, 50% des jeunes ont un travail.
07:52Non mais attendez, je regardais la liste des formations qui existent, des dispositifs qu'on a mis en place,
07:58c'est de l'argent public, visiblement ça ne fonctionne pas.
08:00On a toujours ces 19%, donc il faut quand même trouver des solutions.
08:03Moi, je pense que, déjà je m'adresse à Cassandra, et je vois qu'il y a une émotion dans la jeunesse aujourd'hui,
08:08et qui est légitime.
08:09Les jeunes sont précarisés, on voit que c'est très difficile,
08:12beaucoup doivent cumuler études et travail, et maintenant on va leur donner encore plus de difficultés au moment de rentrer dans le monde du travail.
08:17Ce qui est important de préciser, je pense que c'est factuel, c'est qu'il y a moins de 5% des entreprises aujourd'hui qui sont adhérentes au MEDEF.
08:22Le MEDEF a fait un coup médiatique en donnant ça, je ne sais pas vraiment quel intérêt.
08:26Pour créer le débat.
08:27Il crée le débat, mais bon, peut-être pas de la bonne façon.
08:30Oui, moi j'aimerais bien contribuer à ce débat, justement, parce qu'en ce moment, avec le Point Lové,
08:33on est en train de se présenter à des élections en crousse, et notre principale mesure, c'est un revenu étudiant.
08:38Parce qu'en fait, ce que vous dites du chômage pour les étudiants qui font la capitalité...
08:41C'est de l'argent public, ça ? Payé par qui ?
08:42Payé par les grands patrons et les grandes fortunes, monsieur.
08:45Parce qu'en ce moment, le programme de société, c'est effectivement qu'il y a des jeunes précaires,
08:49mais pour ça, le pendant, c'est qu'il y a aussi des personnes qui s'enrichissent sur leur dos,
08:54c'est-à-dire qu'il y a des milliardaires qui ont de plus en plus d'argent.
08:57Donc un revenu étudiant sans contrepartie ?
08:58Un revenu étudiant sans contrepartie, puisque les étudiants sont des futurs travailleurs,
09:02ils doivent pouvoir étudier...
09:02Donc ils seraient payés à ne pas travailler, quoi ?
09:05Ils seraient payés à pouvoir étudier dans de bonnes conditions,
09:07parce que je peux vous dire que quand on est étudiant et travailleur, comme c'est mon cas...
09:11La fac, déjà, on ne paye pas le vrai prix de la fac.
09:14Exactement.
09:15La fac est payante et devrait être gratuite.
09:19Et aujourd'hui, les étudiants étrangers sont attaqués et sont obligés de payer davantage.
09:24Attendez, alors ce sont revenus étudiants, alors là, on a basculé dans autre chose.
09:27Évidemment, parce que moi, je questionne le projet de société qui va à l'encontre des étudiants
09:33et qui ne résout pas le problème de la...
09:35Attendez, Cassandra, on va écouter Florian Dusselier qui voudrait...
09:37On se rejoint sur beaucoup de points, mais il ne faut vraiment pas mélanger et à chaque fois
09:40remettre les milliardaires sur le tapis en disant « Monsieur Arnaud, c'est vraiment quelqu'un... »
09:44Peut-être que vous les avez défendus ?
09:45Mais non, ce n'est pas une question de la taxe Zucman, monsieur.
09:49Non, mais vous avez raison sur plusieurs sujets que vous avez dit,
09:55et notamment que les jeunes aujourd'hui, de toute façon, sont perdus,
09:58et on est en train de les précariser.
09:59C'est extrêmement difficile aujourd'hui de se loger, ne serait-ce qu'à Paris, par exemple.
10:03Pour trouver un petit studio, c'est autour de 1 000 euros.
10:06Ça, c'est quand même de l'offre et la demande.
10:07Et c'est un gros problème, effectivement.
10:08Mais les jeunes aujourd'hui sont vraiment pauvres.
10:10Je vois de plus en plus de jeunes qui ont du mal à se nourrir, qui ont du mal à se loger,
10:14et qui ont des activités parallèles qui ne sont pas vraiment reconnues par l'État.
10:17Mais il y en a beaucoup, vous pouvez prendre...
10:19Pourquoi ? Parce qu'on a des politiques qui ne regardent que les seniors.
10:23D'ailleurs, c'est vrai, comme vous le disiez, on a passé des semaines, voire des mois,
10:26à parler de la suspension de la réforme des retraites.
10:29En général, les économies qu'on fait ne sont jamais sur le dos des retraités,
10:32mais plutôt sur le dos des travailleurs.
10:34C'est ça ? Il y a un problème politique là-dessus ?
10:36Il y a un gros problème politique, puisque les seniors, ce sont ceux qui votent le plus.
10:39Donc, il y a un sujet électoral derrière, n'est-ce pas ?
10:42Et justement, moi, je pense que le vrai problème aujourd'hui,
10:44c'est valable pour l'emploi des jeunes, c'est valable pour l'emploi des seniors et autres,
10:48de toute façon, ce sont les charges patronales et les charges sociales qui sont énormes.
10:53Et c'est là le vrai débat.
10:54Et on n'en parle absolument pas.
10:56Cette proposition, effectivement, qui fait scandale du MEDEF,
10:58le gouvernement a vite pris ses distances.
11:01C'est parce qu'il n'a aucun courage, le gouvernement, aujourd'hui.
11:04En tout cas, il considère...
11:05Il y a le souvenir, effectivement, de Dominique de Villepin.
11:08Il considère que ça ne fait pas du tout partie des projets du gouvernement.
11:10L'entourage de Sébastien Lecornu précise que c'est un très bon débat pour les candidats à l'élection présidentielle.
11:16Donc, on verra dans un an.
11:17On a bien compris qu'on n'allait rien faire pendant un an.
11:20Et que ce n'est pas maintenant qu'on va mettre ça sur le devant de la table.
11:22Vous avez déjà vu combien de temps.
11:23On a mis cinq mois pour faire un budget.
11:24Ce n'est pas maintenant qu'on va s'attaquer à un CPE bis.
11:27Et donc, le gouvernement, ce qu'il vous dit, c'est que la priorité, c'est de travailler sur les ruptures conventionnelles.
11:32Donc, le MEDEF met ça dans le débat.
11:34Mais ce n'est pas du tout à l'ordre du jour du gouvernement.
11:36Pardon, mais que dit le gouvernement sur les jeunes ?
11:37Parce qu'il y a quand même un problème.
11:39Il y a ces 19% de chômage des jeunes.
11:41Donc, le gouvernement ne peut pas...
11:41Il y a une meilleure formation, apprentissage.
11:43Est-ce qu'on a deux employeurs ?
11:45Pourquoi est-ce qu'on a un problème d'emploi des jeunes ?
11:46À quoi c'est dû ?
11:47Il y a un problème de croissance en France.
11:50Si vous suivez un petit peu l'actualité, peut-être plus que moi,
11:53on parle de quelle croissance cette année ?
11:540,9.
11:550,9.
11:56Ça vous dit quelque chose ?
11:570,9 ?
11:57Si moi, je vous augmente votre salaire de 0,9% l'an prochain, qu'est-ce que c'est ?
12:01C'est rien ?
12:01Ce n'est pas suffisant pour créer de l'emploi.
12:03D'ailleurs, le chômage repart la hausse.
12:04Exactement.
12:05Et ça, à partir de là, il y a énormément de symptômes.
12:08On parle beaucoup au quotidien de symptômes,
12:10des choses qui sortent comme ce débat aujourd'hui.
12:12Pourquoi on n'est pas capable d'offrir une université ?
12:14On parlait tout à l'heure avec madame sur les conditions à la fac.
12:19Elle a par exemple 1% des jeunes qui sont en licence peuvent rentrer en master.
12:22Oui, c'est effectivement un bon sujet.
12:24C'est-à-dire que pourquoi est-ce qu'il peut y avoir des jeunes précaires
12:27alors que dans un autre côté, il peut y avoir des personnes
12:30qui continuent à percevoir des dividendes toujours plus importants ?
12:31Mais là, vous me parlez de ceux qui sont à l'université.
12:33Excusez-moi, je me fais interrompre quand même assez régulièrement
12:36et je suis la seule fan du plateau.
12:38Non, je ne veux pas la carte de la femme.
12:39On fait un débat.
12:41Bon courage, on fait un débat.
12:42Oui, effectivement.
12:43Je dis simplement que vous me parlez des universitaires.
12:46Ce sont ceux qui n'ont pas de diplôme aujourd'hui qui posent problème.
12:49Parce que vous, vous êtes à la fac.
12:51Oui, et bien...
12:52Et là, on parle de ceux qui sont à la fac.
12:53Ceux qui n'ont pas de diplôme, ils sont encore plus précaires
12:55que ceux qui sont à la fac.
12:56Parce que, justement, il n'y a pas assez de place à la fac.
12:58Et pourquoi est-ce qu'il n'y a pas assez de place à l'université ?
13:00Parce qu'il y a de moins en moins d'argent qui a été mis...
13:02Tout le monde n'a pas forcément les capacités de suivre des études.
13:06Non, la sélection ne se fait pas en fonction de la capacité.
13:08Elle se fait en fonction de...
13:09Est-ce que oui ou non, je peux financer mes études ?
13:11Non, c'est pas vrai.
13:11Est-ce que l'université s'est quand même fait pour trouver du travail ?
13:19Non.
13:19Moi, je considère que l'université devrait être un endroit où on peut s'émanciper,
13:23où on peut apprendre à résoudre les problèmes de la société.
13:25L'objectif, c'est de se former pour trouver un emploi.
13:29L'université...
13:29L'objectif, c'est de se former pour trouver...
13:30Je pense que c'est effectivement l'objectif
13:33que peut avoir la classe dominante vis-à-vis de l'université.
13:36C'est-à-dire de faire en sorte...
13:37Comme il y aura des revenus étudiants, c'est pas grave.
13:39Que les formations...
13:40Quand on sort l'université, c'est pour travailler.
13:44Effectivement.
13:46La plupart des jeunes rentrent à l'université
13:47pour pouvoir avoir un emploi qui est le plus favorable possible.
13:52Là, on parle de l'université.
13:53Or, on parle surtout des jeunes qui n'ont pas un diplôme,
13:55mais qui ne vont pas à l'université.
13:57C'est comme ça.
13:58Comment est-ce qu'on les met à l'emploi ?
13:59Pour qu'ils puissent prendre un crédit,
14:01ensuite travailler, gagner leur vie.
14:03On ne peut pas leur dire qu'on va leur donner
14:05moins que le SMIC à ces gens-là.
14:06On ne peut pas leur dire ça.
14:07Déjà, le SMIC, c'est tellement faible.
14:09Et c'est faible, c'est même une honte.
14:11Si on enlevait toutes les charges sociales...
14:12Pardon, mais qui paye ?
14:15Ce sont les employeurs.
14:15Ils n'ont qu'à augmenter leur salaire.
14:17Les employeurs, on aimerait bien nous pouvoir augmenter le salaire.
14:20Mais vous savez, j'ai ramené justement une fiche de paix
14:22d'une de mes clientes.
14:23Le patron paye chaque année, pour cette dame,
14:26453 678 euros.
14:29Il a fallu les créer, n'est-ce pas ?
14:30C'est 453 678 euros.
14:33Combien cette femme nette touche-t-elle ?
14:35165 000.
14:36Ça veut dire qu'il y a un écart de 300 000 euros.
14:39Ils partent où ?
14:39Dans les caisses de l'État.
14:41En charge sociale, en charge patronale,
14:43pour payer les retraites,
14:44pour payer la sécurité sociale.
14:45J'ai anonymisé, vous avez tout là-dedans.
14:48C'est dingue !
14:49On appelle ça du salaire différé.
14:50C'est-à-dire que ces charges,
14:52plutôt ces cotisations...
14:53Vous les retrouvez ensuite quand vous payez peu à l'hôpital,
14:56quand vous payez peu à l'université, à l'école.
14:57Mais pour quel service à l'hôpital ?
14:59J'emmène ma grand-mère toutes les semaines
15:01pour faire une injection de chimio.
15:03Mais allez voir ce que c'est que l'hôpital aujourd'hui.
15:05C'est catastrophique, c'est désorganisé.
15:07Merci la loi TEPA.
15:08Moi, je suis étonnée que vous questionniez pas
15:10le montant qui est donné aux entreprises,
15:13justement, en termes d'aide à l'entreprise,
15:15qui sont chiffrées à des milliards.
15:17Le problème, il n'est pas là.
15:19Tandis que pour l'université,
15:21c'est des millions de coûts budgétaires.
15:23Et là, on nous annonce
15:23une précarisation supplémentaire de la jeunesse.
15:25Ça, c'est plutôt une question à poser.
15:27Et c'est plutôt comme ça que je centrerai le débat.
15:29Parce qu'effectivement, si on se demande
15:30comment ça se fait que les jeunes soient au chômage,
15:32il faudrait leur donner peut-être un emploi plus précaire,
15:35etc.
15:35On n'arrive pas au cœur qui est
15:38comment se fait-il qu'il y ait d'un côté
15:40des jeunes de plus en plus précaires
15:41qui ne puissent même pas se payer à manger,
15:43qui doivent faire des files alimentaires,
15:44et de l'autre, des personnes qui continuent à s'enrichir,
15:47auxquelles, même quand on parle de la taxe Zuckman,
15:49ils refusent de donner le moindre centime.
15:51Et en quoi la taxe Zuckman est dressée jeune ?
15:54Moi, je questionne la répartition de la richesse.
15:56Parce que je considère qu'aujourd'hui...
15:58Mais là, on parle du travail.
15:59La richesse, il faut la créer.
16:00Il faut aller la chercher avec les dents, la richesse.
16:02On va rémunérer un jeune...
16:03En fait, vous voulez un traitement social
16:05des choses, vous voulez un revenu étudiant,
16:06mais ça ne donne pas de travail, un revenu étudiant.
16:08Alors, ça permet peut-être de travailler,
16:10d'étudier en de bonnes conditions,
16:12mais ça ne donne pas de travail.
16:12Moi, je suis d'accord, effectivement.
16:13Quand on parle de revenu étudiant,
16:15il va falloir se donner les moyens,
16:16parce que dans un pays...
16:17Là, vous aurez encore plus de charges sur les salaires.
16:19Vous savez ce que vous voulez, monsieur.
16:20Non, non, les moyens,
16:21ce n'est pas de prélever de plus.
16:23Parce que 80% de la richesse créée par un salarié,
16:25et qu'il soit un jeune qui démarre
16:27ou quelqu'un qui a une meilleure fiche de paix,
16:2980% est capté par l'État, de partout.
16:3580% de la richesse créée en France chaque année
16:37par an de dépenses publiques, 57%.
16:40Vous savez combien c'est la Chine ?
16:42Entre 17 et 24% pour la Chine.
16:45Est-ce que c'est un modèle, la Chine ?
16:46Non, ce n'est pas un modèle.
16:47Mais pourquoi j'explique ça ?
16:50Parce que pour que les entreprises
16:51puissent créer de la croissance,
16:52il faut leur laisser de la marge.
16:53Il faut leur laisser de l'espace pour investir,
16:56pour embaucher, pour investir en France.
16:57Aujourd'hui, le modèle est vraiment malade.
16:59Il y a 53% des jeunes de 18 à 24 ans
17:02qui ont envie de faire leur avenir hors de France.
17:04Est-ce que c'est en taxant les plus riches,
17:07en empêchant les entreprises d'investir en France, etc.,
17:09qu'on va améliorer ça ?
17:10Il y a aussi un autre problème.
17:11Il y a aussi quand même l'enjeu de l'orientation
17:13vers des filières porteuses.
17:15Est-ce que les hommes et les femmes
17:17sont suffisamment dirigés vers les filières porteuses ?
17:20On essaie de faire un effort d'ailleurs sur les femmes,
17:21sur les filières scientifiques.
17:23On aimerait qu'il y ait plus de jeunes femmes.
17:25C'était évoqué à l'époque notamment par Elisabeth Borne,
17:27ministre de l'Éducation, rappelez-vous,
17:28qui avait analysé le fait qu'il n'y avait pas suffisamment
17:30de jeunes filles qui allaient dans les classes préparatoires mathématiques.
17:34On a fait en sorte que quasiment toute une génération
17:37puisse avoir le bac, sauf que derrière,
17:39est-ce qu'on oriente suffisamment vers les filières porteuses ?
17:41Là où on a besoin d'ingénieurs,
17:44avec l'intelligence artificielle,
17:45on aura besoin de nouveaux métiers.
17:47Est-ce que ça, c'est une réflexion qu'on a
17:49et qui permet d'avoir une vision un peu sur l'avenir ?
17:53Comme disait Mme Lefebvre ce matin,
17:54justement dans votre émission Les Grandes Gueules,
17:56aujourd'hui, les parents veulent que les enfants aient le bac,
17:59tous le bac, donc on les pousse vers cette réussite.
18:02On a envie aussi qu'ils fassent des études.
18:03Moi, lorsque j'étais étudiant en droit,
18:05à la Sorbonne comme madame,
18:06en première année, vous avez des amphis
18:08de plus de 1000 étudiants.
18:10Combien vont réussir là-dedans ?
18:11Finalement, très peu.
18:12Pareil en médecine.
18:13Il y a une sélection, effectivement, par l'échec.
18:15Mais j'ai rencontré combien de mes camarades
18:17qui disaient, moi, j'y vais par des filles
18:19ou alors je n'ai pas eu de place ailleurs,
18:21donc je fais ça, mais ils perdent un an.
18:22Ils vont peut-être perdre deux ans.
18:24Et après, mentalement, comment est-ce qu'ils se sentent ?
18:26Vous voyez, c'est aussi ça, vraiment, le sujet.
18:28Il y a le sujet.
18:28Donc, il faut travailler sur l'orientation ?
18:31Absolument, mais il faut travailler sur l'orientation.
18:33Pas dès la primaire, je ne veux pas dire ça,
18:34mais dès le collège.
18:35On a un collège unique.
18:36On a quasiment aussi, j'ai envie de dire, un lycée unique
18:39parce qu'on a envie de faire la filière.
18:40À l'époque, c'est la filière S,
18:41donc parce que c'était prestigieux.
18:43Mais il faut arrêter avec cela.
18:44Si j'avais pu faire de l'apprentissage,
18:46moi qui ai fait les plus grandes écoles,
18:47et soi-disant les meilleures écoles,
18:49j'aurais fait de l'apprentissage, je vous assure.
18:50Pourquoi ?
18:51Parce qu'à l'école, et à l'université,
18:52vous le verrez lorsque vous allez rentrer
18:58L'université, c'est de la théorie ?
19:00Justement, moi, je voulais réagir sur ce que vous disiez
19:03de comment sont décidées les filières qui sont ouvertes, etc.
19:06Est-ce que ça correspond vraiment aux ambitions des jeunes,
19:09à leur potentialité future ?
19:10Moi, ce que je vois dans mon université,
19:11et même de manière générale,
19:13à travers le collectif dans lequel je milite,
19:14c'est que les formations qui sont ouvertes,
19:17celles qui sont fermées,
19:18et les partenariats qui sont faits,
19:19c'est de plus en plus avec des entreprises de l'armement,
19:22avec des entreprises qui sont complices de génocide, etc.
19:25Et que ça, c'est aussi pas des...
19:27C'est des emplois en France, les entreprises de l'armement ?
19:30C'est effectivement des emplois en France,
19:31mais moi, je pose la question de...
19:32Pour défendre notre territoire face aux menaces aussi.
19:34Ça va être utile à voler des vies,
19:37à voler des vies,
19:38à faire en sorte que la jeunesse devienne de la chair à canon,
19:41en plus de devenir une chair à patron,
19:43qui va pouvoir se faire virer
19:45dès qu'elle ne correspond plus aux attentes
19:47que fixe l'employeur,
19:49qui va devoir travailler jusqu'à 67 ans.
19:52Vous disiez qu'on divisait les questions
19:56allouées aux personnes âgées et aux jeunes.
19:58Et aux jeunes.
19:59Oui, mais le nombre d'années de cotisation...
20:01Oui, mais ça reste toujours dans la tête
20:02de faire travailler les jeunes jusqu'à 67 ans.
20:03Et tout le monde pense qu'il n'aura pas suffisamment...
20:06Enfin, qu'il ne pourra même pas partir à la retraite
20:08dans ma génération.
20:09Et je pense que, justement,
20:10il faut voir que la jeunesse, aujourd'hui,
20:11elle est face à un projet
20:13à la fois de précarisation,
20:14mais aussi de sélection
20:16de plus en plus importante,
20:17qui la dirige vers un travail,
20:19mais qui, dans la tête des patrons,
20:21serait même gratuit, s'il voulait.
20:22Serait même...
20:24Rendez-vous quand vous serez
20:24sur le marché du travail, Kassandra.
20:26Merci.
20:27Ils ne sont pas bien rémunérés, non plus.
20:28Merci.
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