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  • il y a 12 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00On va passer à l'économie maintenant, à la politique, à l'économie avec le signé consigné,
00:04avec cette idée de CDI lancée par le MEDEF spécifique pour les jeunes.
00:10Est-ce que c'est une bonne idée ou pas ?
00:12Il peut être rompu sans motif, une indemnisation croissante au fil de l'ancienneté.
00:17L'idée, l'objectif, le but, c'est de faciliter l'embauche des jeunes et lutter contre le chômage,
00:20des jeunes non diplômés essentiellement.
00:23Le MEDEF explique.
00:251,4 million de jeunes qui sont très éloignés du marché de l'emploi.
00:28Et ces jeunes-là, ça fait 30 ans qu'il n'y a pas de solution concrète, opérationnelle, efficace pour eux.
00:35Et nous, ce qu'on dit, c'est comment on fait pour les ramener en emploi.
00:39Et donc, on a regardé ce qui fonctionnait chez nos voisins.
00:42Les jeunes, quand ils rentrent sur le marché de l'emploi, par quel système juridique ils sont employés ?
00:47Des CDD et du travail intérimaire à 90%.
00:50Donc, proposer un CDI avec des droits progressifs, c'est justement les sécuriser.
00:55Est-ce que c'est vraiment un CDI quand vous leur dites que vous pouvez vous en séparer à n'importe quel moment ?
00:57Mais bien sûr, parce qu'en fait, c'est un CDI avec des droits progressifs.
01:00Donc, plus le temps passe, plus les droits se renforcent.
01:04Alors, parlons-en justement avec Charles Consigny, l'avocat.
01:09Bonsoir Charles.
01:10Bonsoir.
01:10Et puis, François Calfon, député européen, membre du bureau national du Parti Socialiste.
01:14Bonsoir, monsieur le député Calfon.
01:15Bonne ou mauvaise idée ? On y va ou pas ?
01:17Le gouvernement a dit « Ah non, non, non, surtout pas ».
01:19Ah bah bien sûr, parce que le gouvernement, il est en ce moment aux ordres du Parti Socialiste.
01:23Donc, il ne va pas prendre une mesure qui risquerait de favoriser l'emploi, si vous voulez.
01:28Ce n'est pas le projet de la gauche qui tient M. Lecornu en joue.
01:33Moi, je pense que c'est une idée qui est sans doute antipathique vue de loin,
01:38mais qui est sans doute utile vue de près, qui a fait ses preuves dans d'autres pays,
01:43que sans doute nous n'appliquerons pas dès cette mandature,
01:48mais qui aiderait sans doute beaucoup de jeunes à s'insérer dans le marché du travail,
01:54des jeunes qui sont loin du marché du travail.
01:55Donc, moi, je pense que c'est une bonne mesure.
01:57Je soutiens tout ce qui va dans le sens du travail en France,
02:03mais les forces contraires sont très très vives,
02:06et il y a beaucoup de gens qui détestent le travail,
02:09et qui, bien entendu, vont s'opposer à cette mesure.
02:11Oui, c'est une très mauvaise mesure, parce que le diagnostic est faux, tout simplement.
02:15Quand on a mis en place le contrat promenaire embauche,
02:17il y avait un taux de chômage vraiment abyssal des jeunes, plus de 25%.
02:21On est à 19.
02:22On est à 19.
02:23C'est beaucoup, quand même, encore.
02:24Oui, mais la réalité des entreprises, c'est quoi ?
02:25C'est qu'il y a une difficulté à garder les jeunes,
02:28c'est-à-dire qu'ils les embauchent,
02:28parce qu'en fait, il y a beaucoup de difficultés de recrutement,
02:31ils ne les gardent pas,
02:32et ce n'est pas en dégradant leurs droits que vous allez les garder.
02:35Alors, est-ce à dire qu'il ne faut rien faire pour soutenir le travail ?
02:37Parce que vous voyez, moi, je suis un socialiste travailliste,
02:39donc je suis pour le travail.
02:41Ben non, il ne faut pas rien faire,
02:42mais ce n'est pas en précarisant les contrats de travail qu'on va arriver.
02:45Il y a une alternative qui a été mise en place
02:47et qui a d'ailleurs franchi les majorités et minorités,
02:51qu'est l'alternance qui a donné des bons résultats ?
02:54Parce que la question aujourd'hui du chômage des jeunes
02:56et des jeunes qui ne rentrent pas en entreprise
02:58parce que beaucoup préfèrent faire une année sabbatique,
03:01c'est le goût du travail
03:02et pas simplement le statut qui permettrait d'acquérir d'endroits
03:06parce qu'aujourd'hui, on leur propose déjà des CDI.
03:08Vous savez, quand vous allez dans une grande marque de fast-food
03:10bien connue avec un M,
03:12tout le monde est en CDI,
03:13donc le sujet, ce n'est pas de précariser les droits du CDI.
03:16Par contre, il y a un deuxième sujet,
03:17comme je sais qu'on a toujours des débats de qualité,
03:19le deuxième sujet, c'est l'appauvrissement de la France.
03:23Vous n'avez aucun GAFAM, ces grandes entreprises numériques,
03:25et vous venez d'avoir des chiffres,
03:27ça c'est un vrai sujet,
03:28de création de richesses,
03:30d'emplois intéressants et pas simplement d'emplois précaires,
03:32et c'est à ça que devrait s'intéresser le MEDEF,
03:34mais aussi les pouvoirs publics.
03:36Eh bien, le PIB par habitant de la France
03:38est maintenant derrière celui d'Italie.
03:39Non mais d'accord,
03:41mais la question qui doit nous occuper,
03:44ce n'est pas de savoir comment on précarise,
03:46la question c'est comment on crée de la richesse.
03:47« Made in France », « Made in Europe », « Made in France ».
03:50Voilà, j'ai largué le débat,
03:52plutôt que, pardon,
03:53parce que vous n'êtes pas du niveau du café des commerces,
03:56donc ayons un débat.
03:57Là, c'est la gauche qui veut de la croissance.
03:59Non mais c'est la gauche qui nous raconte des sornettes.
04:02Si je puis parler,
04:03comme le président Macron,
04:04c'est de la poudre de Perlin-Pinpin.
04:06Bon, mais sur le fond.
04:07Non mais sur le fond,
04:10vous ne pouvez quand même pas expliquer
04:12que le problème,
04:14c'est que les contrats de travail
04:15seraient trop précarisés en France,
04:16et que c'est pour ça
04:18qu'on n'a pas un Google français
04:20et qu'on est passé derrière l'Italie.
04:23Moi, ce que je constate...
04:24Et qu'on est rattrapé par la Pologne.
04:25Monsieur Calfon,
04:25cette mesure du MEDEF, etc.,
04:27c'est une mesure parmi d'autres.
04:29Effectivement,
04:30quand on a quasiment 20% de chômage chez les jeunes,
04:33il faut peut-être essayer de faire quelque chose.
04:35Et le problème, dans les 20%,
04:36ce n'est pas que des jeunes
04:37qui, soi-disant,
04:39ne resteraient pas dans les entreprises.
04:40Les jeunes noms existent essentiellement.
04:42Discuter avec des chefs d'entreprise,
04:44les jeunes qui partent du jour au lendemain.
04:46Il y a un chiffre
04:47qui a été donné tout à l'heure
04:48par un entrepreneur.
04:49Il y a 1,4 million de jeunes
04:51qui ne sont ni en emploi,
04:52ni en études,
04:53ni en formation.
04:54Et bien voilà.
04:54Et donc, il faut bien faire quelque chose.
04:56On parle de cela.
04:58On est effectivement passé
04:59sous la moyenne européenne
05:01en matière de richesse par habitant.
05:03On est derrière maintenant
05:05le Danemark,
05:06la Hollande,
05:07l'Allemagne,
05:07effectivement déjà l'Italie.
05:09On est à peine plus riches
05:10que les Tchèques.
05:11C'est une belle victoire
05:12dans le pays
05:13où on applique déjà vos recettes
05:15puisqu'on est déjà le...
05:16Ben si,
05:17puisqu'on est déjà le pays...
05:18Écoutez,
05:18on est déjà le pays
05:19le plus fiscalisé du monde.
05:21On est déjà le pays
05:22où il y a la plus grande dépense publique
05:24en proportion du PIB au monde.
05:27Mais ça, c'est des généralités
05:28sur le marché du travail,
05:29M. Consigny.
05:30Oui, mais c'est lié.
05:31Et le dernier budget
05:32qui a été voté
05:33sous votre diktat
05:35par le gouvernement
05:36qui est en train d'être voté,
05:38il va dans votre sens.
05:40Et il y a dans ce budget
05:41des nouvelles taxes
05:42sur les entreprises
05:43qui sont déjà en train de dire...
05:44Les grandes entreprises, oui.
05:45Qu'ils sont déjà en train de dire...
05:46C'est celles qui emploient.
05:46Oui, mais les grandes entreprises,
05:47elles ont des sous-traitants
05:48et elles sont déjà en train de dire
05:50qu'elles vont moins recruter
05:52à cause de ça.
05:53Donc moi, ce que je constate,
05:54et je terminerai par là,
05:55et je pense que
05:56tous les chefs d'entreprise
05:57qui nous regardent
05:58peuvent en attester,
06:00c'est qu'aujourd'hui,
06:01c'est devenu extrêmement dur
06:03en réalité
06:04de faire travailler
06:05qui que ce soit.
06:05Ben, ça,
06:06c'est pas en précarité
06:07qu'on va y arriver.
06:07Je partage le diagnostic, mais...
06:09Si, parce que vous êtes
06:10pied et poing lié,
06:11un, par le droit du travail
06:12et deux, par le coût du travail
06:14et donc vous êtes dissuadé
06:16d'embaucher en France.
06:17Comme tout le monde
06:17n'est pas expert
06:18quand on nous écoute,
06:19ce que vous êtes en train
06:20d'expliquer,
06:21c'est que pour casser un mur,
06:22on va utiliser un tournevis.
06:23Donc le diagnostic est faux.
06:25Par contre,
06:25il y a 1,4 million de jeunes
06:27qui sont dans cette situation
06:28d'entre deux.
06:29Ça, ça existe.
06:30Et ça provient d'entre deux,
06:33entre le travail,
06:34rester chez soi, etc.
06:35Parce qu'aujourd'hui,
06:35ils ne font pas de formation suffisante.
06:36Et ça provient de difficultés
06:39d'adaptation de l'appareil de formation
06:42au marché du travail.
06:43Donc de l'école.
06:43Une partie, oui, de l'école,
06:45l'appareil de formation.
06:45Une orientation vers les filières porteuses.
06:48Non, mais les gens ne vont pas,
06:49par exemple,
06:50dans les filières scientifiques
06:51et techniques.
06:51C'est comme ça aussi
06:52qu'on a des retards.
06:53Notamment les familles.
06:53On est un pays de mathématiques
06:54et on n'oriente plus les jeunes
06:55vers les mathématiques.
06:57Ils veulent tous être influenceurs.
06:58Donc le premier sujet qui...
07:00Non, mais je caricature...
07:01Oui.
07:02D'accord, mais le sujet des médailles...
07:05La France, c'est le pays
07:06des médailles fil de mathématiques.
07:08Et les gens qui ont des docteurs
07:09en mathématiques,
07:10ils vont à la Silicon Valley
07:11chercher l'erreur.
07:12Et pourquoi, à votre avis ?
07:13Parce qu'ils sont mieux payés
07:14aux Etats-Unis qu'en France ?
07:15Non, c'est parce que je pense...
07:16Je pense qu'il y a...
07:18Si ça, je peux vous le dire.
07:19Interroger les jeunes
07:20qui partent aux Etats-Unis,
07:21c'est peut-être
07:22pour le climat californien.
07:22Mais vous savez,
07:23ils sont mieux payés
07:23dans les domaines de la tech
07:24parce que précisément,
07:26à part quelques entreprises
07:27qu'on salue d'ailleurs,
07:28quelques licornes,
07:29il n'y a pas ces entreprises
07:30de la tech.
07:32Donc en ce qui concerne
07:33le contrat à précariser,
07:35alors qu'en réalité,
07:36les chefs d'entreprise
07:37ont beaucoup de difficultés
07:38à garder les jeunes
07:39au sein de l'entreprise,
07:40c'est plutôt des parcours
07:41de formation,
07:41c'est plutôt des progressions
07:43au sein de l'entreprise,
07:44c'est plutôt de travailler
07:45sur les conditions de travail
07:46qui va permettre aux jeunes...
07:48Parce que les conditions de travail
07:49sont très simples.
07:50Ça existe, oui, bien sûr que ça existe.
07:52– Bien sûr,
07:52quand on fait 35 heures par semaine...
07:54– Mais tout le monde
07:54ne fait pas 35 heures, vous savez.
07:56Quand vous êtes bien installé
07:56dans votre restaurant,
07:57il y a des jeunes
07:58qui sont serveurs, par exemple.
07:59– Moi, j'ai travaillé
08:00dans des restaurants.
08:01– Très bien,
08:01vous savez bien
08:02que quand vous avez une pause
08:03de deux heures
08:04et que vous n'avez pas le temps
08:05de rentrer chez vous,
08:05en réalité,
08:06ce n'est pas 35 heures
08:06et c'est beaucoup plus.
08:07– Bien sûr,
08:07donc quand on a 20 ans en France,
08:09c'est vraiment très dur
08:10de travailler dans un restaurant.
08:11– Ce n'est pas ce que je dis.
08:12– Et donc,
08:12qu'est-ce qu'il faut faire ?
08:13Il faut des nouvelles mesures,
08:15des nouveaux aménagements
08:16du temps de travail,
08:17peut-être contraindre
08:18le restaurateur davantage,
08:20peut-être lui mettre
08:21des nouvelles taxes,
08:21des nouvelles charges,
08:23des nouvelles obligations.
08:24– Je vais me faire
08:24plus pédagogique.
08:25Le problème,
08:25c'est qu'il y a beaucoup de jeunes,
08:26contrairement à votre génération,
08:28vous êtes plus jeunes que moi
08:28et je suis encore moins jeune que vous,
08:30mais à l'époque,
08:31on allait travailler
08:31quoi qu'il arrive.
08:32Il y a maintenant
08:33beaucoup de jeunes
08:33qui préfèrent rester chez eux.
08:35– Mais comment ça se fait ?
08:36– Eh bien, pour un point...
08:37– Posons-nous la question.
08:38– Peut-être parce que l'État-providence
08:40leur donne les moyens de le faire.
08:41– Ah, c'est intéressant.
08:43– Non, mais attendez.
08:44Donc, l'idée qu'on va précariser
08:46encore plus les contrats
08:48de travail existants
08:49pour attirer ces jeunes
08:50qui précisément ne vont pas
08:51dans les entreprises
08:52me paraît être complètement aberrant.
08:54– Oui, mais peut-être que
08:55si on était dans un système
08:57un peu moins socialiste,
08:59pour dire les choses comme elles sont,
09:01et si tout n'était pas gratuit en France,
09:03et si on ne pouvait pas vivre
09:05sans travailler,
09:06comme c'est le cas malheureusement
09:07aujourd'hui en France,
09:08où beaucoup de jeunes,
09:08effectivement,
09:09préfèrent percevoir un RSA
09:11rester dans leur canapé,
09:12percevoir les allocations chômage,
09:14faire le tour du monde
09:15avec leurs allocations chômage,
09:16parce que ça,
09:17il y en a des exemples de jeunes
09:18qui font ça.
09:18– Il y a eu beaucoup de réformes
09:19de l'assurance chômage.
09:20– Ah oui, mais c'est encore...
09:22– Non, non, c'est encore très, très...
09:23– Je ne veux pas qu'on tombe dans l'exemple.
09:24– Il y avait une réforme
09:25qui a été prévue,
09:26qui a d'ailleurs été écartée
09:27pour satisfaire les socialistes.
09:28– Après, après...
09:29– Toutes les réformes courageuses,
09:31que ce soit les retraites,
09:32l'assurance chômage,
09:33toutes les baisses de dépenses publiques,
09:34tout ça...
09:34– Alors justement,
09:35peut-être qu'on peut avancer
09:36dans le débat,
09:36parce qu'en ce moment même,
09:37à l'Assemblée nationale,
09:39on débat des dernières
09:40monsieurs de censure
09:40qui n'ont aucune chance de passer,
09:42donc le budget Lecornu
09:44va s'appliquer.
09:46C'est grâce aux socialistes ?
09:47– Oui.
09:48– Parce que vous avez dit ça au début.
09:49– Oui, moi je peux...
09:50Ou à cause des socialistes,
09:51moi ce que je pense...
09:52– Grâce, c'est dur pour vous.
09:53– Non, mais parce que je...
09:54– Parce que...
09:55– Je suis désolé,
09:56je vois un positif dans le budget.
09:56– Ce que disait Sébastien Lecornu,
09:57mieux vaut...
09:58– Et puis certains aussi à gauche,
10:00mieux vaut à mauvais budget
10:01que pas de budget du tout.
10:02– Mais non, c'est pas ça.
10:03Lecornu veut garder le pouvoir,
10:05veut protéger le président
10:07et c'est à ça qu'il sert.
10:09Et s'il pouvait garder encore
10:10le pouvoir après 2027,
10:12ce serait encore mieux
10:13aux yeux de ceux
10:14pour qui il travaille.
10:15Les socialistes ne voulaient pas
10:17être dissous
10:18parce que beaucoup
10:18n'auraient pas retrouvé leur siège,
10:20notamment M. Vallaud
10:21qui était très lourdement menacé
10:23dans sa circonscription.
10:23– C'était totalement faux.
10:24Il a gagné à 60% la dernière fois.
10:26– Reprenez ce qui a été
10:28écrit ces derniers jours
10:29et les sondages confidentiels
10:30qui ont été réalisés.
10:32M. Faure essaye de se faufiler
10:34jusqu'à la présidentielle,
10:36difficilement.
10:37Je ne suis même pas sûr
10:38que M. Hollande
10:39était certain de garder
10:41sa circonscription
10:42s'il avait été battu
10:43en cas de dissolution.
10:44Et c'est ça et uniquement
10:45à ça que sert ce budget
10:47qui en réalité est un budget.
10:49Même les socialistes,
10:50cher M. Calfon,
10:51ont avoué
10:52dans la presse dominicale
10:55qu'ils n'espéraient pas
10:56gagné autant
10:59de M. Lecornu.
11:00Donc en réalité,
11:01les Français voient bien
11:02ce que c'est que ce budget.
11:03Je termine par là.
11:04C'est un budget
11:04d'alourdissement
11:05de la facture fiscale
11:07et d'aggravation
11:08des dépenses publiques
11:09et de la dette
11:10dans un pays
11:10où il faudrait faire
11:11le contraire.
11:12Donc c'est comme si
11:12on était un malade du cancer,
11:14si vous voulez,
11:15qui continue à fumer
11:16deux paquets par jour
11:17et qui augmente
11:17sa consommation.
11:18– Je vais vous faire plaisir
11:19que sur un point,
11:20oui, c'est vrai
11:20qu'on a arraché
11:21beaucoup de victoires
11:21sur ce budget.
11:22– Il n'y a pas besoin
11:24de lui s'y casser ?
11:25– Ça, j'en suis convaincu
11:27moi-même de longue date.
11:29Non, simplement,
11:30je voudrais faire le lien
11:31entre les deux sujets.
11:32Un budget qui va donner
11:34des moyens aux mères,
11:36aux mamans solos
11:36qui travaillent,
11:37de pouvoir vivre
11:38de leur travail
11:39et que leurs gosses
11:40ne soient pas en train
11:41de traîner dans la rue
11:41parce que malheureusement,
11:43c'est un bon budget.
11:44Un budget qui augmente
11:45puisqu'on souhaite
11:46que les gens travaillent.
11:47La prime d'activité,
11:48c'est-à-dire…
11:48– C'est bien, c'est bien.
11:49– Pardon, mais c'est-à-dire
11:50la possibilité,
11:51on ne peut pas tenir
11:52un discours et son contraire.
11:53– Les syndicats
11:54ne veulent pas.
11:54– La possibilité,
11:56finalement,
11:57pour les gens
11:57qui travaillent
11:58d'être valorisés,
11:59c'est-à-dire qu'on est
11:59en privilégie de travail
12:00plutôt que l'inactivité.
12:02– Mais c'est pas la régime
12:02soviétique.
12:03– Deuxième,
12:03troisième élément,
12:04on connaît une crise
12:05du logement
12:06mais ça ne vous concerne pas,
12:07vous êtes loin
12:07de cette réalité sociale.
12:08– Ah, bien sûr,
12:09vous êtes très proche,
12:10vous parlez.
12:10– Terrible,
12:11et c'est la réalité.
12:12– Mère Thérésa, là.
12:19800 millions d'euros
12:20pour construire
12:20du logement social.
12:21Voilà, je vous ai donné
12:22trois éléments très concrets.
12:23– Et j'imagine
12:23que vous félicitez
12:24les 3 000 postes en plus
12:25dans l'éducation nationale.
12:26– Mais je m'en félicite.
12:27– Mais bien sûr,
12:28parce que ça fait le lien
12:29avec notre…
12:29– Mais il n'y avait pas
12:30assez de monde.
12:31– Mais vous savez,
12:32il y a des tas d'endroits
12:33en Seine-Saint-Denis
12:34où les gens se retrouvent
12:35des 100 professeurs.
12:37– Ah, mais comment ça se fait ?
12:38– Comment ça se fait ?
12:39– Il n'y a pas assez
12:40de professeurs ?
12:40– Absolument,
12:41il n'y a pas assez de professeurs.
12:42– Et je vais même vous dire
12:43une chose,
12:44puisque vous aimez
12:45les benchmarks européens.
12:49– Les comparaisons.
12:50– Oui, mais je vais dire
12:51dans un engrésisme
12:52d'où aux oreilles
12:53de M. Consigny.
12:54C'est dans les pays
12:55de l'OCDE
12:56que la France
12:58paye le moins
12:59ses professeurs.
13:00C'est-à-dire qu'on paye
13:01nos professeurs
13:02au même niveau.
13:03– C'est pas la même chose.
13:04– M. Calphons,
13:04c'est pas la même chose.
13:05– Moi, je suis pour
13:06payer plus les professeurs.
13:07– Ah, d'accord.
13:07– Moi, je pense qu'il y en ait plus
13:08et pour les professeurs.
13:08– En échange,
13:09je pense qu'il faut
13:10moins de personnel
13:11dans l'éducation nationale,
13:13moins de fonctionnaires,
13:14notamment dans l'administration.
13:16– Vous êtes pour
13:17moins de professeurs ?
13:18– Non, moins de fonctionnaires
13:21dans l'administration.
13:22Et c'est pareil pour l'hôpital,
13:23d'ailleurs.
13:23Moins de fonctionnaires
13:24dans l'administration.
13:24– Moins d'administratifs.
13:26– Parce qu'ils ne font que du...
13:28Ils abîment beaucoup
13:29ce à quoi ils touchent.
13:31Et je pense que les médecins
13:32sont beaucoup plus à même
13:33de gérer ça.
13:33Je pense que les professeurs
13:34sont plus utiles.
13:35Mais je suppose
13:36qu'on soit effectivement
13:37plus existants.
13:39– Est-ce qu'il y a des tas d'élèves
13:40qui se retrouvent sans prof ?
13:41Il y a moins d'élèves quand même.
13:42– Oui, parce que les profs
13:42sont absents, vous savez.
13:44– Ah bah voilà,
13:44c'est les méchants.
13:45– Je pense qu'il faut...
13:46– Ça n'a pas duré longtemps,
13:47l'audo-professeur.
13:48– Non, je pense qu'il faut
13:49sanctionner davantage
13:50l'absentéisme,
13:51leur demander plus de présence
13:53dans les classes,
13:53notamment pour faire l'étude
13:54à la fin des cours,
13:56et en échange,
13:56effectivement,
13:57les payer mieux.
13:58Tout ça étant une proposition
13:59de Ségolène Royal
14:01en 2007.
14:02– Qui avait été beaucoup critiqué.
14:04– Les auteurs
14:04et qui avait été critiqué
14:05sur sa gauche.
14:06– Par les sociétés.
14:06– Vous aimez
14:07les comparaisons européennes.
14:09– Oui.
14:09– Savez-vous combien
14:10de fonctionnaires
14:10on a en plus en France
14:12par rapport à l'Allemagne,
14:14pays qui maintenant
14:15nous distance largement ?
14:16– Ça c'est...
14:17Vous comparez d'État à État,
14:19mais vous savez bien
14:19qu'il y a beaucoup de fonctionnaires
14:21qui sont les lenders,
14:22puisque l'éducation
14:22et les hôpitaux,
14:23pardon de vous le dire,
14:24sont sous la responsabilité
14:26des lenders.
14:26– Globalement.
14:27On a un million
14:28de fonctionnaires en plus.
14:30– Oui, dans l'État central.
14:31– Combien a-t-on
14:32de personnes en moins
14:33dans notre population ?
14:35On est 15 millions de moins.
14:37Voilà.
14:37Il y a 15 millions de moins
14:39de Français que d'Allemands
14:40et on a quand même
14:42un million de fonctionnaires en plus.
14:43– Vous ne pouvez pas comparer
14:44par exemple tout ce qui concerne
14:45l'accompagnement du chômage,
14:49un certain nombre de services
14:50liés à la santé
14:51sont traités par des mutuelles
14:53en Allemagne,
14:54ça l'est par l'État central.
14:55– On a des mutuelles ?
14:56– On a des mutuelles,
14:57mais elles n'ont pas
14:58le même périmètre d'intervention.
15:00Vous n'avez pas
15:00le même nombre de fonctionnaires
15:01dans un État.
15:02– La question pour avancer,
15:02la question qui est posée,
15:04les socialistes ont-ils
15:05sauvé Macron ?
15:06– Non, les socialistes
15:08ont permis qu'il y ait
15:08un budget, figurez-vous,
15:10que par exemple,
15:10puisque j'ai déjà donné
15:11des exemples,
15:12que des étudiants…
15:14– Si vous aviez censuré,
15:15vous auriez fait tomber
15:16le corps nu
15:16et la démission
15:17d'Emmanuel Macron
15:18sera de nouveau posée.
15:19C'est pour ça
15:19que la question est posée.
15:20– Ça fait 15 mois
15:21que les gens en Europe,
15:22mes collègues européens,
15:23que ce soit en Suède,
15:23en Allemagne,
15:24en Italie,
15:25me disent,
15:25mais comment c'est possible
15:26qu'il y ait une telle
15:27instabilité politique ?
15:29Il n'est pas crédible.
15:29C'est ça qu'on a fait.
15:30On a sauvé la France
15:32du ridicule.
15:34– Vous avez sauvé la Macronie.
15:35– Et si vous me dites
15:36que M. Macron a placé
15:37par une dissolution
15:38absolument dingue
15:39le pays dans une situation
15:42d'instabilité
15:43tout à fait préjudiciable,
15:44je partage avec vous
15:46ce fait-là.
15:46Et contre Macron lui-même,
15:48ben oui,
15:48on a offert au pays
15:49un minimum de stabilité.
15:50– Vous avez sauvé la France.
15:51– Pas pour nous-mêmes.
15:52– Jean-Luc Mélenchon,
15:53vous avez sauvé la Macronie.
15:54– Le pays va devoir payer
15:56sa fracture.
15:56– Quoi qu'il arrive,
15:57pendant 5 ans,
15:58il ne pense qu'à la présidentielle.
15:59Nous, on pense aux Français.
16:00– C'est vrai que vous ne pensez
16:01pas à la présidentielle.
16:02– Nous, on pense aux Français.
16:03– Je ne sais pas
16:04si vous mesurez quand même
16:05que là,
16:07ce que ça a montré aux Français,
16:08c'est simplement
16:09la confirmation
16:11de leurs pires craintes
16:12à l'encontre
16:13de la classe politique.
16:14Et je sais que moi,
16:15dans l'absolu,
16:16j'ai plutôt de la considération
16:17pour les élus
16:18parce que je sais
16:18que ce n'est pas facile
16:19de faire une carrière politique
16:21surtout à l'heure
16:21des violations de vie privée,
16:24des perquisitions matinales
16:26et autres joyeusetés.
16:28Nonobstant des indemnités
16:29qui ne sont pas toujours
16:29mirobolantes
16:30sauf pour ceux
16:31qui se goinfrent
16:33dans les différents fromages
16:34de la République
16:34qui subsistent
16:35malgré la volonté des Français.
16:42Mais là,
16:42ce qu'ils ont vu,
16:42c'est surtout
16:43de la tambouille
16:44où les uns
16:45et les autres
16:46ont sauvé
16:47leur petite place
16:48en échange
16:49d'un budget
16:50que tout le monde
16:50juge catastrophique.
16:51J'entendais encore
16:53tout à l'heure,
16:53je ne sais plus
16:54quel éminent responsable
16:55gouvernemental
16:56qui expliquait
16:57que c'était certes
16:58un très mauvais budget
16:59mais que,
17:00somme toute,
17:01il fallait avancer.
17:02Et ça,
17:02ils l'ont vu au grand jour.
17:03Je pense que vous n'avez
17:04fait que nourrir.
17:05Vous faites semblant de ça.
17:05Vous n'avez pas fait
17:06un compromis
17:06sur un bon budget.
17:08Vous nourrissez la défestation
17:08des politiques.
17:09Je pose la question
17:10pourquoi,
17:10sans malice,
17:11pourquoi finalement
17:12ce compromis
17:13n'est pas fait sur un bon budget ?
17:14Puisque tout le monde
17:14dit que c'est un mauvais budget.
17:16Pourquoi pas tirer vers le haut ?
17:17Nous,
17:18on est pour tirer vers le haut.
17:19Simplement,
17:20on n'a pas la même vision
17:21de ce qu'est le haut.
17:22Quand on suspense
17:23cette réforme des retraites
17:24condamnée par 70%
17:26des Français
17:26pour changer de méthode,
17:28c'est un bon budget.
17:29Quand on fait en sorte
17:30sur le PLFSS
17:31qui est plus d'argent
17:31pour l'hôpital,
17:32c'est un bon budget.
17:33Les déficits pour continuer ?
17:34Justement,
17:35les déficits.
17:36On a fait en sorte
17:37qu'il y ait un certain
17:37nombre de niches fiscales.
17:39Je pense au pacte d'Utreil
17:40où sous couvert
17:42de succession
17:43d'une entreprise,
17:44il y a certains gens
17:45qui pouvaient protéger
17:47leurs biens
17:47dans lesquels ils habitaient.
17:48Eh bien,
17:49on sort de ça.
17:49On a fait en sorte
17:50de fiscaliser les holdings,
17:51les holdings familiales
17:53qui sont une manière
17:54d'échapper à l'impôt.
17:55Eh bien,
17:55c'est un bon budget.
17:56On a fait en sorte
17:57enfin...
17:57Mais je sais,
17:58vous êtes du côté de l'argent.
17:59Mais non,
17:59je ne suis pas du côté de l'argent.
18:01Je suis du côté de la France.
18:02On a fait en sorte
18:02qu'il y ait
18:04la contribution exceptionnelle
18:05pour 400 entreprises.
18:07Donc finalement,
18:07c'est à mon budget.
18:07Merci à vous.
18:08Merci Charles Consigny.
18:12La France va très très bien.
18:12Merci à tous les deux.
18:13On vous retrouvera bientôt,
18:14bien évidemment.
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