00:00La santé avec vous Mélanie Gomez, on va parler d'une pathologie qui touche quand même 4 millions de Français,
00:05c'est dire si c'est important, c'est l'asthme, une inflammation des bronches, évidemment on l'imagine très handicapante au quotidien.
00:11Bonne nouvelle, on peut prévenir les crises les plus sévères, c'est l'actu.
00:15On pourrait, effectivement, c'est une étude très prometteuse qui a été menée par des chercheurs du King's College de Londres.
00:21Ces chercheurs ont analysé pendant 10 ans les données médicales et les prises de sang de 2500 patients asthmatiques.
00:27Résultat, grâce à l'analyse de certains marqueurs dans leur sang, on pourrait prévoir leur risque de faire des crises d'asthme sévères,
00:35parfois plusieurs années à l'avance, imaginez, c'est quand même très intéressant, avec une fiabilité d'environ 90%.
00:42Alors, c'est un test qui est encore assez préliminaire, il faudra d'autres études pour confirmer ou affiner les choses,
00:46mais en tout cas, c'est une piste qui est vraiment intéressante pour peut-être bientôt repérer finalement les patients asthmatiques les plus à risque de basculer vers un asthme sévère.
00:55Parce que c'est effectivement un enjeu de santé publique.
00:58Oui, oui, l'asthme, c'est plus de 60 000 hospitalisations chaque année et près de 900 décès.
01:04Ça surprend toujours ce chiffre, on a un peu moins de 900 personnes qui décèdent chaque année de crise d'asthme,
01:08souvent parce qu'il y a eu des crises d'asthme qui ont été mal prises en charge.
01:11Alors, il faut savoir qu'en ce moment, on est en hiver et c'est une période qui est particulièrement à risque pour ces patients.
01:17D'une part, le froid et la pollution qui vont un petit peu irriter les branches, mais surtout les virus hivernaux, évidemment, comme la grippe.
01:23En ce moment, il y a une reprise de l'épidémie, notamment chez les enfants depuis quelques semaines.
01:27Donc voilà, il faut que les patients asthmatiques soient très prudents, prennent bien leur traitement de fond s'ils en ont un.
01:32Et puis surtout, évidemment, appliquent les gestes barrières.
01:34On les connaît quand même aujourd'hui, se laver les mains régulièrement, porter un masque, pourquoi pas, dans les transports en commun.
01:39Ce sont des patients fragiles, donc ils doivent faire attention.
01:42Vous nous rappelez, Mélanie, à quoi ça ressemble une crise d'asthme et surtout, quels sont les symptômes qui apparaissent ?
01:47Une crise d'asthme, c'est d'abord une difficulté à expirer.
01:51Vous avez compris, à inspirer, expirer.
01:54L'inspiration se passe bien, mais à l'expiration, la personne va avoir l'impression que l'air est comme bloqué dans sa poitrine, coincée.
02:01On entend souvent à l'expiration, justement, une respiration sifflante.
02:05Vous voyez, je ne sais pas si on l'entend, mais c'est ça, à l'expiration.
02:09Il y a aussi une sensation, évidemment, d'oppression thoracique.
02:12Les patients en pleine crise le disent, j'ai mal dans la poitrine, il y a comme un poids à ce niveau-là.
02:17Et puis, il peut y avoir une toux sèche qui ne règle pas du tout la crise.
02:20Enfin, dans les formes les plus sévères, le patient est évidemment très essoufflé, angoissé.
02:25Et puis, il a du mal à parler.
02:26Il peut parler plutôt par mots et a des difficultés à faire des phrases complètes.
02:30Et alors, je me demande ce qu'on peut faire si nous, on est témoins d'une crise d'asthme.
02:34On peut avoir des gestes ?
02:35Effectivement.
02:36Le bon réflexe, c'est surtout de faire asseoir la personne qui est en train de faire une crise d'asthme,
02:40de l'asseoir légèrement penché en avant.
02:43On va évidemment l'aider à respirer en desserrant un petit peu ses vêtements.
02:46Le pantalon, on défait un ou deux boutons.
02:48On va l'aider surtout, parce qu'on ne peut pas niquer quand on est en train de faire une crise d'asthme.
02:52On va l'aider à trouver son inhalateur, s'il a du mal à parler, à le prendre également, son inhalateur.
02:58On l'aider à l'utiliser.
02:59Et puis surtout, il ne faut pas l'allonger.
03:00Parce que parfois, quand on a quelqu'un qui est malade, on a envie de le coucher.
03:03Non, en l'allongeant...
03:04Ou en position à l'intérieur de sécurité.
03:06L'asthme, il vaut mieux rester un peu semi-assis pour faciliter la respiration finalement.
03:10Alors, j'en profite aussi pour déconstruire une idée reçue.
03:12On ne fait pas respirer un patient asthmatique dans un sac plastique ou un sac à papier.
03:16Ça, c'est valable éventuellement pour les crises d'angoisse.
03:18Mais pour l'asthme, surtout pas.
03:20C'est déconseillé, voire même dangereux.
03:21Puisqu'on va inspirer un air qui est finalement moins riche en oxygène et plus riche en CO2.
03:26Donc, ça va faire l'inverse de ce qu'on espère avoir.
03:29Donc, ça va aggraver la détresse respiratoire.
03:31Et enfin, si vraiment la crise d'asthme est très, très sévère,
03:34là, il ne faut pas hésiter à appeler les secours.
03:36Soyons clairs.
03:37Il y a trois signes d'alerte, vous allez les voir à l'écran,
03:39qui doivent vraiment vous inciter à passer un coup de fil.
03:41La personne ne peut plus parler, on l'a dit.
03:43Elle s'exprime par mots, voire même, elle ne me parle plus du tout.
03:46Ses lèvres deviennent un peu bleutées.
03:48Là, c'est qu'il y a clairement un problème d'oxygénation.
03:50Et puis, l'inhalateur ne va pas soulager la crise.
03:53Un inhalateur, normalement d'urgence, en général, c'est la ventoline,
03:56il va soulager la crise en 5 à 10 minutes.
03:58Si vous voyez qu'au bout de 5 à 10 minutes, il n'y a pas de progression,
04:00qu'est-ce qu'on fait ?
04:01On appelle le 15.
04:02C'est une urgence vitale.
04:03Merci beaucoup, Mélanie.
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