00:00Europe 1, Eliott Deval et vous.
00:03Midi 31 sur Europe 1, merci d'être avec nous pour la dernière demi-heure d'Eliott Deval et vous avec nos invités.
00:09Thomas Bonnet, journaliste politique sur CNews et Georges Fenech, ancien magistrat.
00:13Et on va parler à l'occasion des meetings pour les municipales de Jean-Luc Mélenchon
00:17qui dit en tout cas incarner la nouvelle France, celle du grand remplacement.
00:23Et il a tenté de s'en expliquer sur les réseaux sociaux,
00:26mais on voit que là aussi, la France insoumise va sur une nouvelle ligne,
00:33la ligne du communautarisme, dirait certains,
00:37avec des sujets où on va présenter des gens non pas comme des français mais comme des racisés.
00:44Donc c'est très surprenant là aussi.
00:46Et effectivement, il brise un tabou Jean-Luc Mélenchon,
00:50c'est-à-dire que ces deux mots, grand remplacement, étaient interdits de citer dans les médias.
00:58Au mieux, pardonnez-moi, vous étiez boycottés de tous les plateaux de télévisée.
01:03Renaud Camus, par exemple, est interdit de plateau pour avoir théorisé et écrit un livre sur le grand remplacement.
01:11Et puis au pire, vous pouviez être traîné devant les tribunaux.
01:15Alors écoutons Jean-Luc Mélenchon qui va parler justement du grand remplacement.
01:18– Nous avons besoin d'élections municipales qui puissent être une démonstration
01:23du niveau de conscience politique du peuple français dans sa diversité,
01:29de la capacité de nos listes à incarner la nouvelle France,
01:33celle du grand remplacement,
01:35celle de la génération qui remplace l'autre parce que c'est comme ça depuis la nuit des temps
01:40et que c'est pas parce qu'il y a dix dingues dans un coin
01:43qui tout d'un coup ont peur d'être remplacés par leurs enfants
01:46que nous devons partager leur peur.
01:48– Jordan Bardella a réagi sur Twitter, au moins les choses sont claires.
01:52Jean-Luc Mélenchon défend l'éclatement communautaire,
01:54l'ère des minorités contre le peuple et les révendications de l'islam politique.
01:59Nous voulons, nous, incarner l'unité nationale et le sursaut français.
02:03Alors voyant que ça bougeait quand même,
02:05Jean-Luc Mélenchon a réagi.
02:07M. Bardella, faites un effort intellectuel, essayez de bien comprendre la langue française,
02:12tâchez de suivre les phrases dans un raisonnement,
02:16le grand remplacement dont je parle est celui des générations.
02:19Ah bon, d'accord, on y comprend un peu mieux d'ailleurs.
02:22Exemple, Jean-Marie Le Pen était un Français de ch'touche,
02:25pas vous, pourtant vous, le grand remplacé à son poste et dans ses idées.
02:30Est-ce que vous avez été convaincu par la longue réponse,
02:33parce qu'il est encore un peu plus prolixe, Jean-Luc Mélenchon,
02:37de Jean-Luc Mélenchon ?
02:38Pas du tout, pas du tout.
02:38Thomas Baudet.
02:39Vous savez ce qui est fabuleux dans cette affaire,
02:40c'est que la théorie du grand remplacement,
02:42d'abord, il a été dit, c'est faux.
02:44Vous disiez ça, c'est faux.
02:46Et puis, 15, 20 ans après, on dit,
02:48de toute façon, c'est trop tard.
02:49Oui, c'est vrai, mais c'est trop tard.
02:50En fait, c'est fabuleux, c'est-à-dire qu'on est passé de c'est faux
02:52à d'autres manières, oui, il y a un changement démographique,
02:54mais c'est trop tard, vous n'y pouvez plus faire grand-chose.
02:57Ensuite, c'est faux et c'est interdit d'en parler.
02:58C'est un faux, et bien sûr, par définition,
03:00c'est une théorie complotiste, conspirationniste,
03:02vous êtes un affabulateur et vous devez être banni
03:04de la sphère médiatique.
03:06Après, Jean-Luc Mélenchon, il sait très bien ce qu'il fait
03:07quand il emploie l'expression grand remplacement,
03:09il ne parle pas de la génération,
03:11il fait un clin d'œil très appuyé à ses électeurs,
03:13parce que ça intervient dans un meeting à Toulouse,
03:16qui suit d'autres meetings,
03:17vous avez beaucoup de voix de la France insoumise
03:19qui ont vraiment théorisé cette idée
03:21qu'il fallait des racisés, je déteste ce mot,
03:23mais c'est le mot qu'ils emploient,
03:24autrement dit que les élus ressemblent physiquement,
03:28ethniquement, dans les origines, dans la religion,
03:30à ceux qu'ils sont censés représenter.
03:32Vous avez une nouvelle génération là
03:33qui est en train de faire bouger vraiment
03:35les lignes à l'intérieur de la France insoumise,
03:38et en écho, vous avez, j'allais dire,
03:40l'ancienne garde de LFI
03:41qui est obligée d'aller toujours plus loin,
03:43et Jean-Luc Mélenchon, ce sera la première victime
03:45de ce grand remplacement,
03:46parce que lui-même, à beau se présenter
03:47comme un maghrébin européen,
03:49je ne crois pas qu'il ne correspond pas
03:51tout à fait à la définition française de la diversité.
03:53Vous dites que c'est les nouveaux lieutenants
03:55de la France insoumise, non,
03:56vous avez aussi les éléphants de la France insoumise,
03:59Éric Coquerel, député LFI,
04:02président de la commission des finances
04:03à l'Assemblée nationale,
04:04pour lui, il faut voter pour un élu
04:05en fonction de sa couleur de peau,
04:07visiblement, en Seine-Saint-Denis,
04:08écoutez attentivement.
04:10Il va y avoir des élections à venir
04:11européennes et municipales,
04:12et je vois par exemple, dans le 93,
04:14je considère que le fait
04:15que le nombre de députés congali
04:16devrait être en reconquête
04:18sur les plusieurs municipales,
04:20mais ça veut dire que là,
04:21très franchement,
04:22il faut que les prochains maires
04:24de toutes les villes du 93,
04:26par exemple,
04:26risez la couleur des peaux
04:27des habitants du 93.
04:29Thomas Bonnet,
04:30l'expert que vous êtes,
04:31on a besoin de tout décrypter,
04:33tout décoder avec vous, bien sûr.
04:34En fait, ce que je disais,
04:34c'est que vous avez la nouvelle garde,
04:36la jeune garde de LFI
04:38qui incarne ce discours,
04:40et vous avez en réaction,
04:40en effet, Éric Coquerel,
04:42qui essaye de montrer
04:43qu'il est du même combat,
04:44mais il sera la première victime.
04:45Il parle des élus du 93,
04:47c'est très intéressant.
04:47Éric Coquerel est élu
04:48lui-même dans le 93,
04:50et lui non plus,
04:51il n'est pas tout à fait
04:51à l'image de ce qu'on pourrait appeler
04:53les racisés,
04:54la diversité,
04:55peu importe.
04:56Thomas Porte,
04:57il est né dans le Tarn,
04:58il est élu dans le 93,
04:59il a été parachuté là,
05:00personne ne le connaissait,
05:01Bastien Lachaud,
05:02c'est la même chose.
05:03Donc en fait,
05:03ils vont eux-mêmes subir
05:04ce qu'ils dénoncent,
05:06ou ce qu'ils appellent de leur vœu,
05:07on ne sait plus trop.
05:08Mais la révolution
05:08déforte toujours ses enfants.
05:09Jean-Pierre est en direct avec nous.
05:12Bonjour Jean-Pierre.
05:12Oui, bonjour.
05:15Merci d'être en direct.
05:16Ce n'est pas Jean-Pierre,
05:16c'est Jean-Paul.
05:17Eh bien écoutez,
05:18Jean-Pierre, Jean-Paul,
05:19pardonnez-moi,
05:21je n'avais pas la bonne fiche.
05:23Il n'y a pas de problème,
05:25mais je préfère regarder mon présent.
05:26Vous avez raison, cher Jean-Paul.
05:29On ne va pas grand remplacer
05:31Jean-Paul par Jean-Pierre.
05:33Exactement.
05:34Bon, comment allez-vous,
05:35cher Jean-Paul ?
05:36Ça va bien,
05:36je vous remercie vous-même.
05:38Eh bien écoutez,
05:38en pleine forme,
05:39je suis ravi de pouvoir échanger
05:40avec vous, cher Jean-Paul.
05:41Moi de même.
05:43Eh bien écoutez,
05:44ce que je voulais dire,
05:45c'est que Mélanie Chon
05:46et toute son équipe
05:49de la France insoumise,
05:51petit à petit,
05:52deviennent victimes
05:53eux-mêmes
05:54de leur propagande.
05:57Moi, je ne vais pas
05:59les critiquer
05:59sur le fait
06:01de mettre
06:02des gens de couleur,
06:04même des musulmans,
06:05en avant.
06:05Ce n'est pas le problème.
06:07Le problème,
06:08il est qu'ils ont voulu
06:08se servir
06:09de ces gens.
06:10ils ont voulu
06:12se servir
06:12des musulmans,
06:13ils se sont rapprochés
06:14des islamistes
06:15et autres.
06:16Et maintenant,
06:17c'est une fuite en avant
06:19parce qu'ils n'ont plus
06:19le choix
06:20de le fuir en avant.
06:21La majorité des Français,
06:23la grande majorité
06:24des Français,
06:26ne les écoutent plus,
06:27ne les entendent plus.
06:29On pouvait entendre
06:30un certain discours
06:31raisonnable,
06:32mais ces gens
06:32ont perdu la raison.
06:33et notamment
06:35Mélenchon
06:35en premier lieu.
06:37Donc,
06:38leur discours
06:39ne peut être
06:39plus qu'une fuite
06:40en avant.
06:41Leur espérance
06:42de prendre
06:43un joueur de pouvoir
06:44n'est que
06:45dans cette fuite
06:46en avant.
06:46Et puis,
06:47il y a quelque chose
06:48de profondément
06:49insultant,
06:50stigmatisant
06:51pour les Français
06:52qui se considèrent
06:53Français,
06:54au-delà de leur confession
06:56religieuse ou non,
06:58au-delà
06:58de leurs origines
07:00et qui plaident
07:01pour l'indifférence.
07:02Le droit à l'indifférence,
07:04c'est bien plus important
07:04que le droit
07:06à la différence.
07:08Et cette indifférence,
07:09c'est de se dire
07:09que quelle que soit
07:10votre histoire
07:12à droite
07:12ou à gauche,
07:13je vous regarde,
07:15j'échange avec vous
07:16en français
07:17parce qu'on est
07:18profondément français.
07:20Cet universalisme-là,
07:22il est aujourd'hui
07:23effectivement fragilisé
07:25par ces discours
07:26de la France insoumise
07:27qui se multiplient.
07:29Ils sont en train
07:30de détruire
07:30cet universalisme français.
07:33Complètement.
07:34Et une fois
07:35qu'ils auront amené
07:37qu'ils réussissent
07:38à prendre le pouvoir,
07:39qu'est-ce qui va se passer ?
07:41Ça sera.
07:42Les Français
07:43se sont tellement
07:44habitués maintenant
07:46à ne plus penser
07:47par eux-mêmes,
07:48à ne penser plus
07:49que par la télévision,
07:50par la radio.
07:51Je ne veux pas être
07:51insultant Merboux
07:52à ce niveau-là.
07:53Les Français
07:54ne prennent plus
07:55le temps
07:55de la réflexion,
07:57ne prennent plus
07:57de recul
07:58sur les événements
07:59en règle générale
08:00avec les réseaux sociaux
08:02et ainsi de suite.
08:04Ce ne sont
08:04que des invectives,
08:06ce ne sont
08:06que des injuries.
08:07Il n'y a plus
08:08de dialogue.
08:08Ils ont tué
08:09le véritable dialogue
08:11politique.
08:11Et ça ne vient pas,
08:13la faute ne revient pas
08:15à Mélenchon.
08:16Il n'y a qu'à voir
08:17la politique
08:17de la France
08:18depuis 30 ans.
08:20Il n'y a qu'à voir
08:21l'Europe,
08:22ce qu'est l'Europe.
08:23Aujourd'hui,
08:24il n'y a qu'à voir
08:25les présidents
08:26qu'on a eus.
08:27Depuis Sarkozy,
08:29nous n'avons été
08:30que trahis.
08:32Que trahis,
08:32que trahis.
08:33Parfois,
08:33je suis désolé,
08:34j'entends M. Guénaud
08:35qui est un homme bien
08:36sur le plateau.
08:37Après Sarkozy,
08:38nous avons été trahis.
08:40Écoutez,
08:40excusez-moi,
08:41les Français,
08:42ils n'ont pas voté
08:42pour l'Europe.
08:44Comme il est actuel
08:45à l'Omane,
08:45je souris,
08:46Jean-Paul,
08:48parce qu'encore une fois,
08:49la parole,
08:50elle est libre
08:51sur Europe 1.
08:52Vous parlez de trahison,
08:54je pense que vous parlez
08:55du référendum.
08:56Il s'avère que le référendum
08:57c'était en 2005.
08:59En 2005,
08:59il n'était pas président
09:00et lorsqu'il a été élu,
09:02il a été élu sur un programme
09:04avec le traité de Lisbonne
09:06à l'intérieur.
09:07Donc,
09:07c'est pas...
09:08Je vais vous dire,
09:09sur ces 10 dernières années
09:11ou sur ces 15 dernières années,
09:13la liste,
09:13elle est non exhaustive
09:15sur ce nom
09:16de la liste des trahisons.
09:18Je sais,
09:19écoutez,
09:19je sais que vous aimiez
09:20bien Sarkozy.
09:21J'avais voté pour lui,
09:22c'est pour vous dire.
09:24Écoutez,
09:25vous savez des choses
09:25que je ne sais pas.
09:26Aujourd'hui ?
09:26C'est extraordinaire.
09:28Bah écoutez,
09:28Quentin Nantin,
09:29je vous écoute régulièrement.
09:31Bah écoutez,
09:32c'est sympa de nous suivre,
09:33Jean-Pierre.
09:34C'est pour ça que...
09:35Mais j'entends votre colère,
09:38bien évidemment,
09:39et la question va se poser
09:41dans un instant
09:42parce que quelle est la stratégie
09:43en fait de la France insoumise ?
09:45C'est la question
09:46qu'on peut se poser
09:46juste après la pause.
09:48On ira rejoindre Stéphane,
09:50également,
09:50qui nous appelle
09:51non pas du Var,
09:52mais de Paris.
09:53Merci Jean-Paul.
Commentaires