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  • il y a 3 jours
Eliot Deval revient, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Vous voulez réagir ? Appelez le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d’Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur grandes thématiques développées dans l'émission du jour.

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Transcription
00:00Et l'information est tombée il y a quelques instants et on a besoin d'y voir plus clair.
00:06Avec vous Eric Revelle et Sébastien Ligné.
00:09Je parle là, vous savez, de cette guerre commerciale, du moins cette menace de Donald Trump,
00:16samedi soir, vous l'avez tous découvert, de menacer huit pays, dont la France,
00:20de surtaxe douanière face à leur opposition à ces vélétés de s'emparer du Groenland.
00:25La ministre d'ailleurs de l'Agriculture Annie Gennevard avait estimé ce matin sur CNews Europe 1
00:30que le président américain avait beaucoup à y perdre aussi.
00:34Et l'information qui vient de tomber c'est qu'Emmanuel Macron va donc demander, je cite,
00:39l'activation de l'instrument anti-coercition de l'Union Européenne en cas de nouveau droit de douane américain.
00:47Et je vais vous citer le titre du Parisien qui parle de bazooka commercial de l'Union Européenne.
00:53Alors Sébastien Ligné, pour les auditeurs et moi le premier, qu'est-ce que c'est que cet instrument anti-coercition ?
01:01Alors c'est ce qu'on appelle dans l'Union Européenne finalement l'équivalent de la dissuasion nucléaire,
01:06mais pour le commercial en fait.
01:08C'est-à-dire que c'est une arme de dissuasion qui consiste, qui a été créée en 2023,
01:11notamment après l'invasion russe en Ukraine et l'agression commerciale de la Chine,
01:17notamment en Europe, de lutter à armes égales face à une tentative d'ingérence commerciale d'un pays étranger.
01:24Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?
01:25Ça veut dire que ça peut aller très très loin.
01:27Alors déjà évidemment il faut que ça passe par la Commission Européenne, ça met plusieurs semaines,
01:29c'est pas on claque des doigts, ça arrive.
01:31Ça va donc évidemment à des droits de douane réciproques,
01:34c'est-à-dire que si on met 15%, on met 15% aux Etats-Unis,
01:37mais ça peut aller beaucoup plus loin.
01:38On peut imposer des quotas sur des services, notamment les services numériques.
01:42Quand on sait que l'Europe est un énorme marché pour les services américains,
01:47ça peut aller d'interdire certaines importations de produits américains.
01:51Par exemple, on pourrait imaginer un monde où on interdit l'importation de Coca-Cola par exemple,
01:55ou de Pepsi pour citer un concurrent.
01:57On peut suspendre certaines autorisations d'exercer à des entreprises américaines sur le sol européen.
02:03C'est-à-dire par exemple, demain on peut dire au GAFA, à Apple,
02:07à dire bon maintenant c'est terminé.
02:08Vous n'avez plus le droit d'exercer votre métier en Europe.
02:12Emmanuel Macron sort l'arme lourde, c'est ça ?
02:15Si ça va au bout, Emmanuel Macron avait déjà menacé d'activer cet acte anti-coercition en juillet
02:21lors de la première vague de droits de douane, c'était pas aller au bout.
02:23Si ça va au bout cette fois-ci, je pense qu'il aura beaucoup plus de soutien dans son camp
02:27cette fois-ci, c'est une guerre commerciale ouverte avec les Etats-Unis.
02:31Donc si je comprends bien, si je regarde à l'Est, on fait la guerre sur le terrain ukrainien.
02:38Si je regarde à l'Ouest, on va mener non pas une guerre militaire,
02:42mais une guerre commerciale avec les Etats-Unis.
02:46Une guerre qui nous mène aussi.
02:47J'essaie, non mais attendez, je ne dis pas qui a tort, qui a raison.
02:50J'essaie de comprendre ce qui est en train de se passer.
02:51Et je vous dis, ma priorité, c'est de me mettre à la place des auditeurs.
02:55Éric Revelle, l'analyste, l'économiste que vous êtes, mais le journaliste également,
03:00comment il décode ce qui est en train de se passer ?
03:03Emmanuel Macron qui va donc demander l'activation de l'instrument anti-coercition
03:08face aux menaces américaines, ces menaces de surtaxe douanière.
03:13– Écoutez, oui, ça peut déboucher, Sébastien a raison, sur une guerre commerciale.
03:19Cet instrument anti-coercition, dont il avait déjà été question en 2025,
03:24lorsque Donald Trump avait déjà imposé, vous vous souvenez, avec sa grande carte là,
03:28il était intervenu le soir, heure française, en disant, voilà, pour vous ce sera temps, pour vous ce sera temps.
03:34Bon, en fait, on l'avait déjà menacé.
03:35Après, il faut qu'il y ait une unité au niveau de Bruxelles.
03:40Ensuite, ça peut aller très loin. Pourquoi je pense à ça ?
03:44Parce que déjà, on a vu que dans le bras de fer qui oppose le président américain
03:48sur la question du Groenland, le fait que l'OTAN se fissure,
03:54certains patrons de la défense américaine n'ont peut-être pas forcément fait le siège du bureau ovale,
04:01mais ont mis en garde quand même l'administration américaine sur le fait que,
04:04il ne faut jamais oublier que qui vend le plus d'armes à l'OTAN, à tous les pays de l'OTAN,
04:08c'est l'industrie de la défense américaine.
04:12Donc là, vous avez un aspect business.
04:13Deuxième aspect business, c'est qu'on peut interdire, oui, on peut aller même plus loin,
04:17on peut interdire les marchés publics européens aux entreprises américaines.
04:22Là, on est en train de dresser un tableau extrêmement noir.
04:26De toute façon, le président de la République française, comme les Européens, j'espère,
04:29ne peuvent pas rester sans réaction.
04:31Quand on vous menace, comme l'a dit Pierre Lelouch, finalement d'avoir des droits de douane
04:35qui en quelques mois ont augmenté de 50%,
04:37mais qu'est-ce qui restera de notre industrie qui a déjà fui le pays ?
04:41Donc en réalité, je ne sais pas si ça ira au bout,
04:44mais là on voit bien qu'il y a un bras de fer diplomatique, commercial, économique.
04:49Qui perdra la face ? Qui cédera ?
04:51C'est le vrai sujet entre, à mon sens, les Etats-Unis et l'Europe.
04:55En réalité, quand on parle de dissuasion...
04:56Attendez, juste un petit tambour.
04:59Emmanuel Macron n'est pas capable de tordre le bras à Ursula von der Leyen sur le Mercosur,
05:04mais va sortir l'artillerie lourde face à Emmanuel Macron.
05:08Donc la question que je me pose, c'est au nom de l'Europe.
05:10J'ai bien compris.
05:11Mais c'est sûr qu'il défend plus les intérêts européens que les intérêts des Français.
05:15Il ne parle que de souveraineté européenne d'ailleurs.
05:16Exactement.
05:17Et quand il parle de souveraineté française, ce n'est pas à propos du Mercosur.
05:21Mais passons ce côté-là.
05:23Mais il faut quand même prendre ça.
05:24Toujours avec Emmanuel Macron, on est dans le verbe, on est dans la communication.
05:29Et les actes, finalement, tardent à venir.
05:32Est-ce qu'aujourd'hui, Emmanuel Macron a la capacité de pousser l'Union européenne
05:38à rentrer dans cette guerre commerciale avec les Etats-Unis,
05:42en sachant par exemple qu'il pourrait y avoir une interlocutrice
05:45qui est un tout petit peu plus crédible et sur le terrain national que sur le terrain international ?
05:51Vous citez Georgia Meloni qui dit avoir parlé avec Donald Trump.
05:55Intéressant ce qu'elle dit.
05:56Elle dit, je pense qu'imposer de nouvelles sanctions aujourd'hui serait une erreur.
06:00Elle parle des sanctions américaines sur les huit pays de l'Europe.
06:05J'ai parlé à Donald Trump il y a quelques heures et je lui ai dit ce que je pense.
06:11Voilà ce que dit Georgia Meloni lors d'un déplacement à Séoul.
06:14Entre ce qu'il dit qu'il va faire et ce qui va être fait, il y a toujours un monde.
06:19Pardonnez-moi, je prends un seul exemple, un dernier exemple.
06:23Après le pogrom du 7 octobre, Emmanuel Macron se déplace au Moyen-Orient
06:29en disant on va créer une coalition internationale digne de celle qui avait été mise en place
06:34pour éradiquer Daesh.
06:35On va faire de même pour éradiquer le Hamas.
06:39Une semaine plus tard, tout le monde lui expliquait que c'était n'importe quoi
06:41et ça n'est jamais finalement arrivé.
06:46Quand on parle de dissuasion nucléaire version commerciale,
06:50il faut l'appliquer au mot.
06:51De la même manière que quand on menace parfois d'utiliser l'arme nucléaire,
06:55on ne va jamais au bout.
06:56Mais ça permet de faire redescendre la pression.
06:59Et de la même manière que Donald Trump n'ira peut-être pas au bout
07:02de ces menaces de droits de douane supplémentaires sur le pays européen,
07:07certainement qu'Emmanuel Macron et l'Union Européenne,
07:10s'ils appliquent cet acte anti-coercition, ils n'iront pas au bout.
07:13C'est du business, c'est une manière de faire monter les enchères
07:15et de voir qui va tenir le plus longtemps.
07:19Mais encore une fois, je suis d'accord avec Rick Revelle,
07:21ce n'est pas étonnant que la France et l'Europe réagissent.
07:23On ne peut pas rien faire face à cela.
07:26Et n'oublions pas qu'en effet, l'Union Européenne a énormément de défauts économiques,
07:30commerciaux, et notamment sur son industrie.
07:33En revanche, le marché européen, il a une grande force,
07:36c'est que c'est le premier marché de consommateurs au monde.
07:38Et donc, si vous interdisez ou vous réduisez les importations américaines
07:42et si vous interdisez certains produits américains en Europe,
07:45je peux vous dire que vous avez des entreprises américaines
07:47qui sont très influentes dans la politique américaine,
07:49qui vont gueuler, pour reprendre un mot un peu trivial,
07:51parce que sans le marché unique européen,
07:55il y a des entreprises américaines qui ne peuvent pas survivre.
07:57Écoutez, voilà pour la toute dernière information,
08:00et c'est aussi ça, le sel de notre émission,
08:03Eliott de Valévo, on est ensemble jusqu'à 13h,
08:06et quand une toute dernière information tombe,
08:09eh bien, bien sûr, on vous la donne.
08:12J'essaye vraiment d'être extrêmement prudent
08:15sur cette question du bras de fer autour des taxes douanières,
08:19et ce bras de fer commercial qui est en train de s'engager
08:22entre Emmanuel Macron et Donald Trump,
08:25puisque Emmanuel Macron entend demander l'activation
08:28de l'instrument anti-coercition,
08:30entre demander l'activation de cet instrument
08:33et que cet acte soit effectif et voulu,
08:38on a bien compris que ça passait par de nombreux échelons,
08:40et notamment par l'échelle de la Commission européenne.
08:42Oui, totalement.
08:43Encore une fois, tiens, c'est très intéressant
08:45de voir qu'il faut demander à chaque fois
08:47à la Commission européenne si on peut agir ou non.
08:49Et après, la question qui viendra,
08:52c'est est-ce que ça a un sens d'entrer dans ce conflit ouvert
08:56avec les États-Unis,
08:59en sachant que c'est effectivement Donald Trump
09:01qui a hier menacé les pays qui sont allés faire
09:06un petit déplacement du côté du Groenland
09:08avec quelques militaires,
09:10et donc ces huit pays qui seraient sanctionnés
09:12de taxes d'anières supplémentaires,
09:14parmi les huit pays,
09:15il y a la France, le Danemark,
09:18la Norvège, la Suède, l'Allemagne,
09:19le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande.
09:21Dans un instant, on revient pour parler de l'Iran,
09:24la situation en Iran, bien sûr,
09:27et cette révolte qui est réprimée par le sang et les larmes.
09:29Et en studio sera avec nous Sarah Doraghi,
09:31journaliste également vous, auditeur d'Europe 1,
09:33si vous souhaitez réagir en direct à l'émission,
09:35jusqu'à 13h, c'est possible,
09:3701-80-20-39-21,
09:39c'est un appel non surtaxé.
09:40Eliott Develle et vous recevrez dans un instant.
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