Eliot Deval revient, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Vous voulez réagir ? Appelez le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d’Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur grandes thématiques développées dans l'émission du jour.
00:00Effectivement, 11h47 sur Europe 1 et on débriefe toute l'actualité économique de ce week-end.
00:05On a parlé des bras de fer autour des taxes douanières, on va parler du budget dans un instant avec vous, Marc Toiti.
00:12Je vois cette toute dernière information, vous savez qu'hier c'était Mister France 2026,
00:16et le Mister France 2026 s'appelle Maxence Brauvier.
00:21Vous avez fait qu'on un tiers, mais l'autre de Val ?
00:23Je me posais la question parce que dans le studio, on a Mister Rabatjoie avec Sébastien Ligné,
00:28Mister, mal de tête pour ce week-end parce qu'il a fait un peu la fête, il faut le dire aux auditeurs.
00:34Si vous avez l'impression d'entendre une voix un peu plus rock du côté de Sébastien Ligné, une voix de radio dites-vous,
00:40mais pour faire de la radio, il faut être dans un corps sain, vous voyez ce que je veux dire ?
00:44Une voix saine dans un corps sain, c'est une voix un peu plus rock que les week-ends précédents,
00:50mais vous avez le droit bien évidemment de festoyer le samedi soir.
00:54Vous n'étiez pas très loin lors de cette festivité ?
00:58Ah bah oui, je ne suis pas très loin, je ne suis jamais très loin de vous,
01:01mais la question c'est de savoir combien de temps j'ai pu rester, à peine dix minutes,
01:06contrairement à certains qui sont restés quelques heures.
01:08Revenons aux choses sérieuses et parlons du budget à présent.
01:11Pourquoi ? Parce qu'hier soir, on avait le vice-premier ministre, donc Olivier Faure,
01:16premier secrétaire du Parti Socialiste, invité du 20h de TF1 pour donner les bons et les mauvais points du budget.
01:24Vous savez que la semaine prochaine, très certainement, le 49-3 sera utilisé pour faire passer en force un budget.
01:31Moi, j'emploie cette expression, c'est le budget Frankenstein.
01:34Je n'ai jamais vu un budget comme celui-ci, c'est-à-dire que qui donne le tempo ?
01:41Eh bien, ce sont 69 députés socialistes avec 1,75% de suffrage à l'élection présidentielle.
01:50Et vous mettez Olivier Faure au venteur de TF1.
01:53Donc on va écouter Olivier Faure et lui se dit satisfait des victoires obtenues.
01:58Et la grande question qu'on doit se poser, c'est qui va payer ce budget ?
02:01Et c'est à vous d'y répondre, Marc Toiti.
02:02J'ai écouté hier soir le Premier ministre.
02:06Et ce soir, à mon tour, je lui dis, je lui pose simplement deux conditions.
02:10La première condition, c'est d'avoir la copie complète, qu'il n'y ait pas de flou.
02:13On le sait, quand il y a un flou, c'est que potentiellement, il y a un loup.
02:16La deuxième, c'est que le financement de toutes ces victoires obtenues et annoncées hier soir
02:21ne se fasse pas sur le dos des Français.
02:22Qu'on ne prenne pas d'une main ce qu'on donne de l'autre.
02:25À ces conditions-là, je propose aux socialistes de ne pas censurer le gouvernement.
02:29Et je vous propose d'écouter Marine Le Pen sur le budget qui, elle aussi, a réagi hier midi du côté de Marseille.
02:37Quelles sont les déclarations qu'il a faites hier ?
02:38L'aggravation encore du déficit.
02:40C'est-à-dire que par rapport au projet de PLF qui était déjà un drame,
02:45il aggrave encore les dépenses.
02:47Et pas une économie.
02:48Pas une économie sur l'immigration, pas une économie sur l'Union Européenne,
02:53pas une économie sur le train de vie de l'État.
02:56Rien sur la fraude.
02:57Le texte sur la fraude a disparu.
03:00Donc, je suis navré, mais enfin, par respect pour nos consciences et nos électeurs,
03:06eh bien, nous nous opposons à un budget qui nous apparaît affreusement néfaste pour le pays.
03:11C'est simple.
03:12Alors, Marc Toiti, vous êtes apolitique évidemment, vous ne roulez pour personne.
03:17Moi, je suis pour la France.
03:18Et vous êtes profondément patriote.
03:20Donc, la question qu'on doit se poser, c'est un, on nous a promis un nouveau budget, une nouvelle copie en responsabilité,
03:28un budget qui allait justement nous permettre de faire des économies. Vrai ou faux ?
03:32Non, c'est une arnaque complète. Moi, je suis très, très inquiet pour tout vous dire parce que nous sommes déjà cette année, enfin, en 2025, la France est le pays de la zone euro qui a le plus fort déficit public par rapport à notre richesse.
03:43Il ne faut pas l'oublier. Tous les pays ont fait des efforts, réduisent leurs déficits, réduisent leurs dettes.
03:48Nous, on augmente notre déficit, on augmente notre dette, malheureusement.
03:51Et dans des proportions dramatiques. Et surtout, en échange de cela, il n'y a pas de croissance.
03:55Voyons, on se gargarise de 0,8% de croissance l'année dernière.
03:59Moi, ça me fait penser à l'orchestre qui joue de la musique alors que le Titanic est en train de sombrer.
04:03C'est exactement ça. Comment on peut se satisfaire de 0,8% de croissance alors qu'on a un déficit public de 5,4% de notre PIB ?
04:09C'est dramatique. Et là, on va continuer, bien entendu. Et surtout, ne l'oublions pas.
04:12Parce qu'il faut bien prendre conscience de ce qu'est la France.
04:15Nous sommes numéro 1 du monde des dépenses publiques.
04:18Or, là, effectivement, on va encore les augmenter.
04:20Parce que quand on vous dit qu'il y aura des économies, déjà, il n'y en aura pas beaucoup,
04:22surtout, ça sera une moindre hausse.
04:24Elles vont quand même continuer d'augmenter de l'ordre de 30 à 40 milliards d'euros.
04:28Nous sommes complètement folles.
04:29Numéro 2, nous sommes numéro 1, encore une fois, des impôts.
04:33Il n'y a pas un pays dans le monde où il y a plus de pression fiscale que nous.
04:36Et pourtant, on va encore augmenter les impôts, notamment sur les entreprises.
04:41Moi, je suis très inquiet.
04:42Tous les jours, j'ai des messages d'entreprises, de clients ou autres,
04:46qui me disent, mais on ne peut pas continuer comme ça.
04:48Sur ma chaîne YouTube, tous les jours, je vois des chefs d'entreprise qui me disent,
04:51je ferme ma boîte.
04:52C'est incroyable.
04:54Non pas qu'ils vont mal.
04:56Ils n'en peuvent plus de cette pression fiscale, cette pression réglementaire,
04:59ces contrôles en tout genre, etc.
05:00Donc, il faut arrêter.
05:02Et là, qu'entend-on pour faire plaisir, effectivement, à une, on va dire, au PS, disons le mot,
05:06eh bien, le gouvernement...
05:07Vous avez le droit de le dire, ce n'est pas un gros mot.
05:08Oui, pas encore, mais il nous dit, on va continuer comme ça.
05:13On va continuer de augmenter les impôts.
05:14Alors, qui va payer, là, dans ce budget ?
05:16C'est nous, ce sont les Français.
05:18Au travers de l'augmentation des impôts, ce sont les Français.
05:20Mais attendez, j'ai écouté...
05:22Mais le drame, c'est que, autre élément important,
05:24pendant que vous avez ce déficit public qui augmente,
05:26eh bien, il faut le financer, donc la dette publique augmente.
05:28Et donc, moi, je pense que la note de la France qui a déjà été dégradée
05:31va l'être dans les prochaines semaines, va l'être encore.
05:34Et là, regardez bien, les taux d'intérêt qui ont déjà augmenté,
05:37cette année, on va payer, parce qu'il faut le dire,
05:3970 milliards d'euros juste pour les intérêts de la dette.
05:44Parce qu'en 15 ans, ça va nous coûter au total,
05:46chiffre de Bercy, vous voyez, optimiste,
05:481000 milliards d'euros juste pour les intérêts de la dette sur 15 ans.
05:53C'est un véritable scandale.
05:54Et donc, on veut continuer comme ça.
05:56Moi, mon rôle d'économiste est de dire, non, on ne peut pas continuer comme ça.
05:59Il faut arrêter, sinon la France,
06:00elle est déjà mal en point, c'est le Titanic, comme je l'évoquais,
06:03elle va vraiment complètement s'effondrer malheureusement.
06:04– Éric Revelle et ensuite Sébastien Ligné.
06:06– Alors, ça a été calculé, Eliott.
06:08Les mesures dans le budget socialiste qu'a annoncé, donc, le Premier ministre,
06:12ça va coûter à peu près 7 milliards d'euros supplémentaires.
06:16Vous avez deux types de mesures qui chargent la barque de ce budget.
06:20Vous avez les mesures, c'est un constat que je fais,
06:22auxquelles le gouvernement renonce, par exemple,
06:25l'abattement pour les retraités de 10%.
06:27Puis vous avez, par exemple, l'augmentation,
06:29c'est les constats que je fais, je ne porte pas de jugement,
06:32l'augmentation de la prime d'activité.
06:33Tout ça, entre les plus et les moins, ça va coûter 7 milliards de plus.
06:38Qui va payer ?
06:39Le Premier ministre s'est engagé, on l'a entendu,
06:42on lui redira à ce que les ménages ne payent pas.
06:45Il dit que les ménages ne paieront pas un euro de plus.
06:48D'ailleurs, le barème de l'impôt sur le revenu a été calculé avec l'inflation,
06:52ce qui évite, à 200 000 foyers fiscaux,
06:55de rentrer dans le calcul du barème de l'impôt sur l'offre du.
06:58Donc tout ça, en fait, c'est des recettes en moins.
07:01Donc 7 milliards d'un côté, et de l'autre côté, qui va payer ?
07:04Moi, j'ai le sentiment que ce sont les entreprises.
07:05Ce sont les entreprises.
07:09Parce que pour l'instant, on a le côté rose du budget socialiste,
07:13mais on n'a pas le côté noir,
07:14puisque de toute façon, il n'y aura pas de réforme du train de vie de l'État,
07:18il n'y aura pas d'agence en moins.
07:20Donc en réalité, et je peux vous dire que du côté des entreprises,
07:23l'inquiétude est forte, jusquez et y compris sur l'affaire du pacte d'Utreil,
07:27qui est essentiel.
07:29Le pacte d'Utreil permet à des ETI de passer la main sans être achetés
07:33par des fonds étrangers, au moment où beaucoup d'entreprises
07:36à taille intermédiaire vont devoir passer la main.
07:38Allons sur le terrain politique, parce qu'on est en train de vivre
07:40quelque chose d'inédit.
07:42Vous, le chef du service politique de Valeurs Actuelles,
07:44on a besoin de comprendre.
07:45Bah écoutez, on découvre dans la Ve République un nouveau statut,
07:50le statut de vice-premier ministre, avec Olivier Faure,
07:54qui représente, je le rappelle, 1,75% à la présidentielle.
07:57Madame Hidalgo, c'est ce qu'elle a fait en 2022.
07:59Et 69 députés à l'Assemblée nationale.
08:01C'est une prise d'otage démocratique, en réalité.
08:05On n'a jamais vu, dans l'histoire de la Ve République,
08:08un parti et un camp aussi minoritaire contrôler autant
08:12et avoir autant son mot à dire sur la direction de l'État.
08:15C'est complètement lunaire.
08:17Maintenant, il y a la question de la responsabilité.
08:18Parce que moi, je me place dans les chaussures d'un socialiste aujourd'hui.
08:22Évidemment que les socialistes, ils sont ravis de tout ce qu'ils ont obtenu.
08:26Et d'une certaine manière, on ne peut pas leur en vouloir.
08:28C'est leur boulot.
08:28Ils sont là pour obtenir des gains qui vont dans leur sens, de leur idéologie.
08:32Donc moi, je pense que les socialistes, ils ont raison d'être ravis.
08:35Et Olivier Faure, il a raison d'acclamer Sébastien Lecornu.
08:38Parce que les macronistes leur ont tout donné.
08:40En revanche, il y a quand même un autre responsable, un autre co-responsable.
08:43C'est quand même les Républicains.
08:45Parce que vous avez parlé de qui allaient payer.
08:47Les plus riches.
08:48Les grandes entreprises.
08:49Le fait qu'il n'y avait aucun effort sur les dépenses.
08:54Qu'il n'y avait aucune remise en cause structurelle de l'économie.
08:57Notamment de notre système de retraite, etc.
08:59Et qui soutient ça ?
09:00Le parti de droite traditionnel qui est censé être le parti libéral dans ce pays.
09:05Ce sont quand même eux qui maintiennent ce pouvoir en place.
09:09Parce que les socialistes, ils ont raison d'être là.
09:11Mais si les Républicains avaient dit stop dès cet automne en disant
09:15ce budget est socialiste, c'est un budget de gauche avec des milliards en plus,
09:19le gouvernement tombait.
09:20On n'aurait pas ce budget aujourd'hui.
09:22Et le fait que personne ou presque ne mette les Républicains face à leurs responsabilités
09:26et dise par exemple à M. Wauquiez à l'Assemblée
09:28mais est-ce que vous allez rendre des comptes à vos électeurs ?
09:31Vos électeurs, ils sont censés être de droite libéral.
09:33Ils attendent cela.
09:35Et ils ne voient rien.
09:3611h57 sur Europe 1.
09:38On revient dans un instant.
09:39Marc Toiti, vous allez rester quelques minutes avec nous.
09:41Avec plaisir.
09:42Bien sûr, Sébastien Ligné et Éric Revelle également.
09:46Je pense aux auditeurs d'Europe 1.
09:47Vous savez qu'on est le 18 janvier 2026.
09:50Et à partir, c'est une information incroyable,
09:52à partir du 18 janvier, vous avez un Français sur quatre
09:56qui vit à découvert.
09:58Et là, on a besoin de comprendre pourquoi.
10:00Comment se fait-il qu'aujourd'hui, on ait autant de Français
10:03qui soient dans le rouge à partir du 18 janvier ?
10:07Comment vous, vous faites, chers auditeurs,
10:09si vous vivez cette situation ?
10:11Cette France, à l'euro près,
10:13pendant que nous, on dépense des milliards
10:15et on ne sait même pas où va notre argent,
10:17eh bien, on a besoin d'en parler.
10:18On en parlera à midi.
10:19On parlera aussi de l'Iran, bien évidemment,
10:22entre midi et midi 30.
10:23À tout de suite sur Europe 1.
10:23Vous pouvez nous appeler pour débattre dans l'émission
10:26et poser vos questions à nos invités.
10:2701 80 20 39 21.
10:29On revient juste après un court point sur l'info.
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