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  • il y a 16 heures
Eliot Deval revient, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Vous voulez réagir ? Appelez le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d’Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur grandes thématiques développées dans l'émission du jour.

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00:01Europe 1, Eliott Deval et vous.
00:03Bientôt midi 20 sur Europe 1 et depuis 11h jusqu'à 13h, c'est Eliott Deval et vous.
00:07Et le sujet là de la justice des mineurs avec le souvenir d'Elias, un adolescent de 14 ans
00:12qui était tué, poignardé à coup de machette à Paris il y a un an pour avoir refusé de donner son téléphone.
00:18La justice des mineurs, quelle est-elle ? En tout cas si vous voulez réagir, 0182 39 21.
00:24Et on est avec nos deux chroniqueurs Thomas Bonnet et Georges Fenech.
00:27Et on ne peut qu'avoir évidemment des tendres pensées pour la famille d'Elias,
00:32pensées également pour le courage absolu de la mère d'Elias qui a pris à de nombreuses reprises la parole
00:39parce qu'elle considérait évidemment qu'il y avait de multiples failles
00:44et qu'il fallait en urgence revoir tout l'arsenal judiciaire notamment
00:49pour éviter qu'Elias ne soit pas mort pour rien.
00:54Donc ce samedi midi, permettez-moi d'avoir évidemment une pensée tendre pour toute la famille d'Elias
01:01et pour tous les camarades du club de foot, du Pitré-Aulier Football Club,
01:07qui est un club familial en plein cœur de Paris.
01:11Et il s'avère que, jeune lycéen, je jouais dans ce club de foot.
01:17Donc je vois exactement au sortir de l'entraînement où le drame s'est produit.
01:23Et lorsque nous avons eu à le traiter il y a un an, j'ai découvert à l'antenne qu'Elias jouait dans ce club.
01:33Donc évidemment, vous êtes encore un peu plus marqué par ces faits.
01:38Elias qui a été tué à coup de machette et non coup de couteau, à coup de machette, il faut le dire,
01:45pour un téléphone, alors qu'il sortait tranquillement de son entraînement de football.
01:51Je vous propose qu'on revienne sur les faits avec ce sujet de la rédaction.
01:56Il est 19h50 lorsqu'Elias et son ami sortent de leur entraînement de football.
02:01Ils sont abordés par deux autres mineurs, domiciliés à proximité du stade.
02:06Armés d'une hachette et d'une machette, ils demandent à Elias son téléphone.
02:10Puis l'un d'eux le blesse à la horte et lui provoque une importante hémorragie.
02:14L'adolescent de 14 ans succombe à ses blessures.
02:17Multi-récidiviste, les agresseurs d'Elias n'ont pas respecté l'interdiction de contact
02:22prononcée à leur rencontre trois mois avant les faits.
02:25Par exemple, on relève dans leur parcours judiciaire au printemps 2023,
02:29sept chefs d'infraction et sept victimes pour l'un,
02:32douze chefs d'infraction et autant de victimes pour l'autre.
02:34Sous l'impulsion de la famille d'Elias, le ministère de la Justice a réalisé une mission d'évaluation.
02:40A la lecture de ce rapport, Stéphanie Bonhomme estime que la justice n'a pas protégé son fils.
02:45C'est vraiment la chronique d'une mort annoncée.
02:49Les juges des enfants ont, malgré la dangerosité montante des deux assassins d'Elias, répété la même mesure.
02:58Mise en examen pour extorsion avec violence ayant entraîné la mort
03:01et violence sans incapacité totale de travail sur mineurs de 15 ans.
03:05Les deux mises en cause dans la mort d'Elias ont été placées en détention provisoire.
03:09Et je vous propose d'écouter les avocats de la famille qui ont réagi ce matin sur CNews.
03:14Ce rapport, en fait, il met en lumière une chaîne éducative et judiciaire qui est sous contrainte permanente.
03:18Il met en avant des objectifs saturés, la lenteur des décisions, la coordination déficiente
03:24et des réponses éducatives qui sont partielles.
03:26Et en fait, ce qu'il demande, c'est qu'on est dans un système qui est à bout de souffle.
03:30Mais il n'est pas dans le jugement, ce rapport, en fait.
03:32En réalité, il essaie aussi de déterminer des axes principaux sur lesquels il faudrait travailler
03:36pour améliorer la prise en charge et le rendu de la justice des mineurs.
03:41Et ces axes principaux, ils tournent sur le renforcement des moyens qui sont donnés
03:45à la protection judiciaire de la jeunesse, sur la nécessité d'actualiser régulièrement
03:51le suivi des dossiers des mineurs.
03:52Et il y a des points qui sont importants.
03:54C'est créer un cadre systématique de retour sur expérience.
03:57Globalement, améliorer la communication entre les acteurs judiciaires,
04:01particulièrement dans les affaires extrêmement sensibles,
04:04comme le drame d'Elias, pour rendre une justice qui soit meilleure.
04:09Pardonnez-moi, je rappelle ce chiffre.
04:1179% des Français veulent suspendre l'excuse de minorité pour les mineurs.
04:17Auteur de crimes graves, sondage que nous avons publié en novembre dernier.
04:22Georges Fenech.
04:24Je vous ai dit tout à l'heure, Elliot, que je ne m'étais jamais en colère.
04:28Là, là, je suis vraiment en colère.
04:30En colère pour plusieurs raisons.
04:33Parce que la mort tragique d'Elias, elle est la conséquence de deux défaillances.
04:39Une défaillance d'abord politique, dans ces réformes absurdes,
04:43qui ont été adoptées en 2021,
04:47notamment en créant la césure pénale pour les affaires de mineurs.
04:50C'est-à-dire que les auteurs de l'assassinat d'Elias étaient déjà sous jugement déclaratif de culpabilité.
05:01Mais le tribunal ne pouvait pas les condamner parce qu'on a divisé en deux le procès.
05:08Il fallait attendre une autre audience, quelques mois plus tard, pour pouvoir les condamner à une peine.
05:13Donc s'ils avaient pu le juger normalement, je dirais,
05:16c'est-à-dire déclaration de culpabilité le même jour avec la condamnation,
05:20il y a quelque chance quand même que ces individus, ces jeunes individus, ne soient pas en liberté.
05:25Ça, c'est la première responsabilité.
05:27Et la deuxième responsabilité, elle est judiciaire.
05:30Comment ordonner un contre-judiciaire avec interdiction de se voir à deux individus,
05:34jeunes individus, qui habitent dans la même tour, dans le même immeuble ?
05:37On voit bien là qu'il y a une défaillance.
05:40Et d'une manière plus générale, lorsque le politique se décide tout à coup
05:44à réparer quelques erreurs législatives, comme ça a été le cas de M. Attal,
05:48et qui a déposé une proposition de loi, souvenez-vous,
05:51pour permettre à l'excuse légale, justement, à ténèbres de l'autorité,
05:55de pouvoir être écartée plus facilement,
05:58vous l'avez rappelé, le sondage, ce que veulent les Français,
06:01et demander aussi qu'il puisse y avoir des comparutions immédiates
06:04pour ces mineurs délinquants,
06:05le Conseil constitutionnel, toujours le même constitutionnel,
06:09qui est aujourd'hui le super législateur, on peut dire,
06:12c'est pas celui qui contrôle la légalité de la loi à la Constitution,
06:16c'est devenu un super législateur qui dit ce qui est bien
06:18et ce qui n'est pas bien en réalité,
06:20a dit non, c'est retoqué,
06:22on ne touche pas à l'excuse atténuante de minorité.
06:24Voyez-vous, donc, il y a de quoi vraiment être en colère
06:26quand on pense à la famille des victimes.
06:29Thomas Bonnet.
06:30Moi, je vais sortir du volet judiciaire,
06:31parce que Georges a très bien rappelé la chronique de ces défaillances,
06:35mais je voudrais aussi revenir sur la responsabilité,
06:38j'allais dire presque morale et philosophique,
06:40de nos responsables politiques.
06:42Aujourd'hui, on a des jeunes à qui on impose une cohabitation
06:47avec des individus dangereux,
06:49qui sont dangereux parce qu'ils sont le fruit d'un abandon
06:52de l'éducation nationale qui, par les méthodes douces,
06:56par la sanction qui est désormais un peu bannie de l'arsenal éducatif,
07:02fait qu'il y a des adolescents qui sont en fait des bombards tardements
07:05et qui sont des dangers publics pour la jeunesse
07:08avec laquelle on les fait cohabiter.
07:10Vous parliez de votre expérience dans votre club de football,
07:13il se trouve que j'ai une expérience similaire,
07:15je jouais dans le club du 14e arrondissement,
07:17précisément là où c'est arrivé, là où Elias a été assassiné.
07:20A l'époque déjà, il y a une quinzaine d'années,
07:22il y avait des difficultés d'ordre de violence.
07:25C'était déjà un sujet.
07:27Et j'ai 33 ans, c'était donc il n'y a pas si longtemps que ça, il y a 15 ans.
07:31A l'époque, on était dans le registre de la bagarre, de l'insulte,
07:34ce qui était déjà déplorable.
07:35Mais déjà, certains ont alerté à ce moment-là sur le fait qu'il y avait des fragmentations dans la population.
07:42Et bien, 15 ans plus tard, les faits se reproduisent,
07:45mais on est monté d'un cran en intensité et en gravité,
07:47puisque désormais ce n'est plus de la bagarre, c'est des coups de machette.
07:50Donc voilà ce que l'irresponsabilité politique a amené,
07:53c'est-à-dire qu'aujourd'hui, des jeunes sans histoire,
07:56qui vont simplement à leur entraînement de football, à un match de football,
07:58sont susceptibles de rencontrer des individus face à eux qui vont les tuer.
08:03Faillite politique, faillite également médiatique,
08:05parce qu'il y a un an, jour pour jour,
08:08lorsque les médias parlaient de ce drame,
08:12ce n'était pas une attaque à la machette,
08:14mais c'était des coups de couteau.
08:17Non, ce n'est pas la même chose, un couteau et une machette.
08:20C'est la mère d'Elias qui, avec beaucoup de courage, l'a rappelé Thomas Bonnet.
08:25Ils insistaient dans le récit qui était fait les premières heures après le drame,
08:28qu'il avait refusé de donner son téléphone,
08:32ce qui avait conduit au coup de couteau.
08:33Il y avait une sorte d'inversion des responsabilités dans ce drame terrible.
08:37Midi 28 sur Europe 1,
08:39ayons une pensée encore une fois pour la famille d'Elias,
08:41pour Elias, pour tous ses copains du foot.
08:44On me disait ce matin que les camarades du foot et du pitréolier
08:49jouent encore avec le brassard en hommage à Elias.
08:54Ayons une tendre pensée pour eux.
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