- il y a 1 heure
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).
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00:00Il est 17h19, on est avec Sabrina Medjabur, Dominique Grimaud, Fabien Anténienté, Gauthier Lebrêtre, Olivier Guenec et nous recevons Brigitte Fosset.
00:10Bonjour Madame Fosset.
00:12Bonjour Monsieur Pascal Praud.
00:14Quel bonheur d'être avec vous. Vous faites une lecture de Moby Dick de Herman Melville au théâtre de Pochemont-Parnasse du 19 janvier au 30 mars et tous les lundis à 19h.
00:23Et il y a bien longtemps je crois que vous rêviez d'adapter ce roman qui est traduit par Henriette Gex-Roll.
00:31Roll, pardon.
00:32Voilà, je ne sais pas si je le dis bien.
00:34Dans ses rôles.
00:35Voilà, et c'est la meilleure traduction pensez-vous de Moby Dick.
00:39Je ne sais pas mais c'est celle sur laquelle je suis tombée de prime abord et donc je l'ai épousée, voilà.
00:45Parce qu'il y en a beaucoup et il y en a une par exemple dont on parle beaucoup c'est celle d'Axel Guern.
00:50Mais comme j'ai travaillé déjà une fois sur cette traduction-là, je m'y suis attachée parce qu'il y a un souffle poétique dans celle-là.
01:03Et que Moby Dick c'est à la fois de l'histoire, de la poésie, un roman d'aventure, un récit initiatique, un documentaire sur la manière de faire de l'huile de baleine avec le spermaceti en la brassant voluptueusement.
01:20Une expérience humaine d'équipe et surtout le rapport de pouvoir, le rapport de force entre un chef et son équipe.
01:31Et voilà, on m'a demandé de faire ça cet été à Cannes.
01:34J'ai raconté que je faisais ça dans l'adaptation de quelqu'un d'autre à Pugé-Ténier, un soir de Mistral.
01:43C'était formidable, j'avais l'impression d'être en bateau.
01:47Et mon amie Stéphanie Tesson, chez qui j'ai travaillé pendant un an et demi pour les fables de La Fontaine,
01:52m'a dit mais venez le faire aux poches, on a trois spectacles sur la mer, venez !
01:58Et voilà, et donc du coup elle m'a dit, est-ce que vous utilisez la même adaptation que celle que vous avez eue à Pugé-Ténier ?
02:04Et moi que je suis complètement dingue, j'ai sondé comme les baleines, j'ai plongé dans l'océan du roman.
02:11Et j'ai fait une adaptation pour le théâtre, ça ne sera pas publié ni rien du tout, mais c'est, comment dirais-je, c'est impossible à faire.
02:20On n'a pas le droit de faire ce que j'ai fait.
02:22On n'a pas le droit de faire une adaptation d'une heure d'un roman qui fait 800 pages.
02:26C'est un roman d'ailleurs qui avait été publié la première fois à Londres en 1851,
02:30et la première, la plus évidente, est de considérer la place du livre d'ailleurs dans l'histoire de la littérature,
02:34parce qu'à sa sortie, le succès de Moby Dick est modeste, mais pendant longtemps, seuls les lecteurs anglophones vont en bénéficier.
02:40Et puis en France, à partir de 1939, il sera traduit.
02:44Bon, on peut rappeler, pour ceux qui nous écoutent, alors tout le monde connaît Moby Dick, le nom Moby Dick.
02:50Je ne suis pas sûr que tout le monde l'ait lu, tout le monde sait peut-être l'histoire,
02:54mais je ne suis pas certain que tout le monde ait lu les 800 pages de Moby Dick.
02:58Ça raconte quoi Moby Dick ?
03:01Écoutez, déjà je vais vous dire ce qu'est le prologue et l'épilogue.
03:06C'est un jeune instituteur de 25 ans qui décide de s'engager dans la marine pour voir le monde.
03:17Il dit, je voudrais savoir ce que pêcher à la bêleine veut dire, et je veux voir le monde.
03:24Vaste programme.
03:25Eh bien, écoutez, dans le livre, on apprend tout ça, mais c'est incroyable parce qu'on apprend surtout ce qu'est le monde.
03:38C'est-à-dire qu'un monde, c'est fait de plusieurs mondes.
03:42C'est fait des âmes, c'est fait des cœurs simples, c'est fait des cœurs compliqués, c'est fait des cœurs tordus,
03:49des cœurs brisés qui deviennent paranoïaques et qui deviennent tyranniques, comme le capitaine Akab.
03:56Comment on s'empare des jeunes, comment on s'empare des âmes,
03:59et comment on les tourne, pour des raisons maladie, vers la mort au lieu de les tourner vers la vie.
04:08Et puis, c'est comme il est un démocrate, un vrai démocrate engagé.
04:15Il montre que c'est l'époque où l'Amérique, qui était avant, plutôt du côté de l'agriculture,
04:27passe dans l'industrie.
04:28Et alors, on tue des baleines à tir, l'arigot, à un moment donné, à partir de 1850,
04:33il y a des milliers, des milliers de bateaux, il y a 12 000 bateaux,
04:3712 000 énormes bateaux qui partent avec les petites baleinières sur le navire
04:42et qui rapportent un fric fou à la nation.
04:47Et donc, il raconte aussi cette chose extraordinaire,
04:50c'est que l'Amérique, c'est-à-dire de Cap-Code, de Martha's Vineyard,
04:55de Nantucket, de toutes ces régions-là,
04:59c'était avant des peaux rouges, des aborigènes, des indiens.
05:03Et quand ils ont vu que ces gens-là savaient chasser à la baleine,
05:09l'Amérique a occupé ces territoires,
05:11pour des raisons avant tout commerciales.
05:15Donc, c'est lisible à plusieurs niveaux, vous voyez.
05:17Oui, et en même temps que vous parlez,
05:19je pense que beaucoup de gens ont pensé au Groenland
05:22en même temps que vous étiez en train d'évoquer
05:24cette particularité, en tout cas, à l'histoire de ce livre.
05:30On vous écoute, Brigitte Fosset,
05:32et c'est vrai que vous arrivez d'une époque différente, peut-être,
05:35où les acteurs, les actrices avaient une culture assez importante.
05:41Vous aviez fait une prépa littéraire lorsque vous étiez plus jeune,
05:47avant de vous tourner vers la comédie.
05:50Et c'est vrai qu'on est frappé aujourd'hui,
05:53peut-être que dans votre monde, dans ce monde des acteurs, des actrices,
05:57il n'y a pas cette densité, cette épaisseur
06:00qu'on retrouve dans les comédiens de votre génération.
06:02Il y a quand même beaucoup de comédiens de ma génération
06:05qui sont devenus metteurs en scène,
06:08comme Nicole Garcia.
06:09Bien sûr.
06:11Il y a, par exemple, Bernard Giraudot,
06:13qui était romancier, aventurier.
06:17C'était intéressant.
06:17Mais je faisais le parallèle avec la génération d'aujourd'hui,
06:20ce niveau de culture qui est le vôtre,
06:23cette exigence également,
06:24puisque vous avez choisi parfois des films plus difficiles,
06:28vous avez fait aussi des choses de très grand public,
06:30et j'imagine qu'on vous parle en permanence de la boum,
06:33comme on vous en avait parlé l'autre fois,
06:36lorsque vous étiez avec nous au micro.
06:37Mais il y avait quand même une exigence
06:39sur les projets artistiques que vous meniez,
06:42et ce projet de Moby Dick va dans ce sens.
06:45C'est un élan.
06:46Vous savez, moi, je n'ai pas d'idées toutes faites.
06:49Depuis que j'ai commencé ce métier,
06:53j'avais fait un peu de philo,
06:54Hippo Kahn Kahn, l'école d'interprètes et tout ça.
06:56Bizarrement, moi, je me fie à la Providence.
07:00C'est-à-dire que je trouve que la vraie liberté,
07:03c'est de savoir dire non à ce qui ne vous correspond pas.
07:06Mais j'étais très, très, très ouverte.
07:09C'est-à-dire que je voulais absolument faire tout.
07:13Je voulais faire des films commerciaux,
07:16je voulais faire du théâtre,
07:17j'ai préparé le conservatoire.
07:19J'étais reçue seulement comme auditrice libre,
07:21parce que comme je tournais le Grand Monde,
07:25Jean-Jacques Gauthier a dit
07:25« Ah non, on ne peut pas lui donner douze voix,
07:27ce n'est pas possible. »
07:28Elle travaille déjà.
07:30Jean-Jacques Gauthier,
07:30qui était le grand critique du Figaro de l'époque.
07:34Et il y avait Klee dans cette classe à l'époque,
07:38parmi les comédiens ?
07:39Dans le jury ?
07:40Non, parmi ceux qui passaient le concours.
07:43Il y avait Louis Saignier,
07:46moi, j'étais chez Georges Chamara, par exemple.
07:49J'étais dans la même classe que Catherine Salvia.
07:54Enfin, c'est très loin tout ça.
07:56Je ne me souviens plus très bien.
07:57Non, mais les noms que vous...
07:58Georges Chamara, le nom que vous avez donné,
08:00Louis Saignier,
08:01l'autre jour, on a revu La Vérité.
08:03Moi, je suis frappé toujours de la qualité
08:06de ces comédiens et de cette génération.
08:08Charles Vanel, Louis Saignier,
08:09tu as l'impression qu'ils ne jouent pas,
08:10qu'ils sont, qu'ils incarnent.
08:11J'adore Louis Saignier.
08:12Louis Saignier, c'est extraordinaire.
08:13C'est extraordinaire.
08:14Et dans La Vérité,
08:16il est absolument extraordinaire.
08:17Il joue le président.
08:19Il est tout à fait remarquable.
08:21Il est 17h27.
08:22On va rester avec Brigitte Fosset.
08:23Vous allez pouvoir intervenir.
08:25Et puis, lorsqu'elle est entrée dans le studio,
08:27au-delà du projet Moby Dick,
08:28je lui ai dit, moi, je vous envie
08:29les rencontres que vous avez eues.
08:31Puisque Brigitte Fosset a tourné avec Truffaut,
08:33L'homme qui aimait les femmes.
08:34On ne pourrait plus aujourd'hui, je pense,
08:35faire ce film.
08:36Et puis, un des plus beaux films de Sautet,
08:39qui est Un mauvais fils.
08:40Je me demande même si ce n'est pas le film
08:42que je préfère avec Patrick Devers,
08:44avec Jacques Dufilo,
08:45qui est prodigieux dans ce film,
08:47qui joue un bouquiniste.
08:48Et puis, il y a une scène
08:49où Brigitte Fosset est avec Patrick Devers.
08:53Et Brigitte Devers est maladroit.
08:57Il veut lui déclarer son amour.
08:59Et je crois que vous dites simplement,
09:01je ne suis pas insensible.
09:04Ce n'est pas dans le vide.
09:05Ce n'est pas dans le vide.
09:07Voilà.
09:07Et je trouve que cette scène,
09:08elle est formidable.
09:10Et nous sommes avec Brigitte Fosset,
09:13qui fait une lecture de Moby Dick,
09:15du 19 janvier au 30 mars.
09:17C'est tous les lundis à 19h,
09:20et c'est au Théâtre de Poche Montparnasse.
09:23Et on a évoqué ce livre Moby Dick,
09:26livre qui était sorti en 1851,
09:29et qui raconte le récit à la première personne,
09:33du marin Ismaël,
09:34qui embarque sur le baleinier Pécode,
09:37dont le capitaine Aqab
09:39poursuit obsessionnellement Moby Dick,
09:41un cachalot blanc géant
09:42qui lui a arraché la jambe
09:43au cours d'un précédent voyage.
09:45Mais ce qui nous intéresse également,
09:46c'est de parler de la carrière
09:48et des films et des rencontres
09:51que vous avez eues
09:52durant cette carrière.
09:55Alors chacun sait évidemment
09:56qu'à 7 ans,
09:57vous étiez dans le film de René Clément.
10:005 ans ?
10:005 ans.
10:01Une carrière qui est vraiment fabuleuse.
10:06Qui a commencé à jeune,
10:08je ne sais pas avec le recul
10:10si vous vous dites que c'est une bonne chose
10:12d'être un enfant star ou pas ?
10:15Je n'ai pas vécu ça comme un enfant star.
10:18Mon père était cinéphile,
10:21et tous les jeudis,
10:22il partait avec ma mère à Lille
10:23voir les meilleurs films,
10:25et en fait c'est un hasard
10:27si j'ai fait ce film.
10:29Mais je l'ai vécu
10:30avec la passion que j'avais
10:32pour la lecture,
10:34pour les romans,
10:35pour l'école,
10:36pour la poésie.
10:37Je suis entrée dans cet univers
10:38dont j'ai senti vraiment
10:40que c'était absolument passionnant.
10:42Sauf que comme j'avais 5 ans,
10:43chaque scène pour moi
10:44était une histoire.
10:46C'est-à-dire que j'avais lu
10:47en entier le scénario,
10:48mais je vivais chaque scène
10:50dans sa totalité
10:51comme avec un début,
10:53un milieu et une fin,
10:54et ça me suffisait chaque jour.
10:55C'était formidable.
10:56Et puis lorsque vous êtes entré
10:57dans le studio,
10:58on a entendu cette musique
10:59que tout le monde connaît,
11:02et généralement les jeunes gens
11:03qui s'essayent à la guitare
11:05quand ils ont 12, 13, 14 ans,
11:09et qu'ils veulent,
11:10ou qu'ils tentent
11:11de séduire une jeune fille,
11:14ils commencent à...
11:14On a tous joué,
11:15je vous interdis.
11:16Je voudrais en profiter
11:17pour vous dire
11:17comment elle a été choisie,
11:19cette musique.
11:20Mon ami Jacques Dorfman,
11:21qui nous a quittés
11:22il y a 3 mois
11:23et qui est un immense producteur,
11:24m'a raconté
11:27que son père
11:28et Robert Dorfman
11:31et René Clément
11:32se baladaient
11:33près de la bibliothèque
11:33de la Une
11:34à Saint-Germain-des-Prés,
11:36et puis il y avait un type
11:36accroupi par terre
11:38et ils entendent
11:39ce bruit-là.
11:41Ils se disent,
11:42oh,
11:42ils cherchaient
11:43désespérément une musique
11:44pour Jeux Interdits,
11:45Mission Impossible.
11:46Il dit,
11:47oh, est-ce que c'est beau ça ?
11:48Il dit,
11:48est-ce que vous voudriez
11:49bien l'enregistrer
11:50s'il vous plaît ?
11:51Alors,
11:52il a dit,
11:53oui, bien sûr,
11:55et puis finalement,
11:55ils ont contacté
11:56Narciso Iepes
11:57qui l'a joué
12:00d'une manière exceptionnelle.
12:01Et dans tous les pays,
12:03on pense que c'est
12:04une balade typique du pays.
12:05Vous allez en Irlande,
12:06vous vous dites,
12:06ah ben ça,
12:07c'est une vieille balade irlandaise.
12:08En Espagne,
12:09c'est une vieille balade espagnole.
12:11En Angleterre,
12:11c'est une vieille balade anglaise.
12:13En Bretagne,
12:14c'est une vieille balade bretonne.
12:15Et c'est du XIIIe siècle,
12:16ça s'est baladé partout,
12:18partout,
12:18partout,
12:18mais il y a une humanité
12:20dans cette...
12:21Il y a vraiment,
12:22vraiment quelque chose
12:23d'extraordinaire
12:24dans cette musique.
12:25Je suis toujours,
12:25toujours émue
12:26quand je l'ai...
12:48d'extraordinaire.
18:18Il est 17h47, on est avec Brigitte Fosset
18:23et nous parlons évidemment de Moby Dick
18:27qu'elle lira sur scène du 19 janvier au 30 mars
18:30tous les lundis à 19h
18:32et puis on évoque effectivement cette carrière si particulière
18:36avec des rencontres, on parlait à l'instant de François Truffaut
18:39et on pourrait parler également d'un film
18:42sans doute un des meilleurs films de Sautet
18:45qui s'appelle Un mauvais fils
18:46que vous avez tourné en 1977 ou 78
18:50avec Patrick Devers, avec Jacques Dufilo
18:53qui est un grand Sautet, sinon le plus grand Sautet
18:56à l'époque, et c'est ça qui est drôle
18:59Sautet n'avait pas l'image qu'il a aujourd'hui
19:02où il était perçu comme une forme de cinéma bourgeois
19:05et il est devenu culte avec le temps
19:07Oui, mais Truffaut aussi
19:10Ah oui, mais à l'époque Truffaut avait la carte
19:14entre guillemets
19:16et Sautet était un peu méprisé, c'est ça aussi que...
19:20C'est vrai, mais si vous voulez, il avait la carte
19:23mais comme il avait été au cahier du cinéma
19:26tous ses petits copains
19:27Jacques Rivette, Jean Eustache
19:30tous ces gens-là trouvaient qu'il s'était beaucoup embourgeoisé
19:34en créant les films du Carros et avec ses histoires
19:37mais à part le premier film
19:41qui était un film absolument extraordinaire aussi d'ailleurs
19:43je dois dire
19:44mais si vous voulez, la manière qu'il avait
19:46de traiter l'amour
19:48et la vie quotidienne
19:51la vie de tous les jours et tout ça
19:53moi qui faisais partie de la bande
19:55un petit peu à RSC
19:57Jean Eustache, à la Closerie des Lilas et tout ça
19:59je trouvais que c'était très très très très honorable
20:03si vous voulez, mais je préférais à l'époque
20:06parce que j'étais comme ça
20:07comme beaucoup de mes amis
20:08plus proche de Jacques Rivette
20:10L'Amour Fou
20:11ces choses-là
20:13avec un cinéma
20:14où La Maman et la Putain de Jean Eustache
20:16La Maman et la Putain de Jean Eustache
20:18qui est un film culte
20:19pour tous les amateurs de cinéma de l'époque
20:22quel souvenir vous avez de Patrick Devers
20:24et comment le tournage s'est-il passé ?
20:27Oh là là, ça a été une histoire
20:28alors là, vraiment
20:29aussi prenante que mon immersion dans Moby Dick
20:33actuellement
20:33je suis rentrée dans cet univers
20:36avec beaucoup d'excès
20:40comme toujours quand je rentre dans un film
20:42j'ai refusé trois films
20:44les six mois d'avant
20:45pour pénétrer complètement dans l'univers de la drogue
20:49parce que je n'étais pas droguée
20:50moi j'avais fumé un peu de hache
20:52mais c'est tout
20:52et c'est épouvantable
20:53ça m'avait endormi
20:54et donc
20:55j'ai lu le livre de
20:58ce très beau livre
21:00Il n'y a pas de drogue et heureux
21:02d'Olivenstein
21:03et j'ai compris que
21:05le mot paradis artificiel
21:07était un mot très juste
21:09c'est-à-dire que dans la drogue
21:11on recherche l'unité
21:12on recherche
21:13le nirvana qu'on avait
21:15quand on était le sein de sa mère
21:16quand il n'y avait aucune différence
21:17entre le monde et soi-même
21:19et je me suis rendu compte que
21:22ce n'était pas si facile que ça
21:24de transmettre ça
21:27parce que cette espèce d'angoisse
21:28de déperdition
21:29qui fait qu'on veut se raccrocher
21:30à la drogue
21:31pour sombrer dans le rêve
21:33pour sombrer
21:34ce n'était pas facile
21:35de le comprendre
21:37sans le pratiquer
21:38donc Patrick m'avait dit
21:39tu sais
21:40tu devrais vraiment
21:41tu devrais en prendre quand même
21:42parce que ce serait plus sérieux
21:44de ta part
21:44en tant que comédienne
21:45et tout ça
21:46je lui ai répondu
21:47mais justement
21:48c'est ça être comédienne
21:49être comédienne
21:50c'est rentrer dans un monde
21:51avec la croyance
21:53avec la foi
21:54avec le coeur
21:56en essayant de comprendre
21:57physiquement
21:59et mentalement
22:00le vécu d'un autre
22:01c'est
22:02je voudrais pouvoir le faire
22:05vraiment dans ce film
22:07parce que justement
22:07c'est l'exemple type
22:09d'une chose que je n'ai pas connue
22:10et que je dois
22:11incarner
22:12et donc
22:13ça m'a impressionnée
22:14terriblement
22:15d'abord parce que
22:16vis-à-vis des vrais drogués
22:17je me sentais responsable
22:19je ne voulais pas les trahir
22:20je les respectais
22:22beaucoup
22:23et donc
22:24je voulais montrer
22:26le fait
22:27que c'est très difficile
22:28de marcher
22:29avec ses deux pieds
22:30la vie et la drogue
22:31et finalement
22:32c'est grâce à des amis
22:34qui en étaient sortis
22:36qui avaient 16 ans
22:3718 ans
22:38et 20 ans
22:38qui m'ont raconté
22:40comment on s'en sort
22:41comment on rechute
22:43comment on s'en sort
22:44définitivement
22:45et comment après
22:46pour s'en sortir
22:47c'est comme avec
22:47les alcooliques anonymes
22:49on va expliquer aux gens
22:51dans les lycées
22:51comment on fait
22:52pour ne pas le faire
22:54et pourquoi
22:54c'est pas bon
22:55et donc
22:56c'est devenu chez moi
22:57une espèce d'obsession
22:58de se rentrer là-dedans
23:01et
23:01et j'étais assez bouleversée
23:04parce que c'était une époque
23:05où Patrick Devers
23:07était assez malheureux
23:08et j'étais assez bouleversée aussi
23:11parce que
23:11j'ai compris que
23:13Claude Sauté
23:14et qui adorait le jazz
23:15l'alcool
23:16tout ça
23:17qu'en fait
23:18c'était un écorché vif
23:19et que
23:20et que ce film
23:21c'était lui quoi
23:22c'était
23:23c'était son autobiographie
23:25et que c'était lui aussi
23:26avec son fils
23:27et donc
23:29il y avait quelque chose
23:30de déchirant
23:32dans ce film
23:32de vrai
23:33de hurlant
23:34quoi
23:35comme
23:35et on peut le revoir
23:37parce qu'il est disponible
23:38sur My Canal
23:39vous avez Claire Morier
23:40qui est formidable
23:40qui joue
23:41la maîtresse
23:43d'Yves Robert
23:43vous avez Yves Robert
23:45qui aura un accident
23:45dans le film
23:46et puis
23:47qui sera
23:48invalide
23:49et qui sera
23:51dans un petit studio
23:52un petit appartement
23:53vous avez Patrick Devers
23:54qui est bouleversant
23:55bouleversant
23:56bouleversant
23:57parce que
23:58quand il est à la fin
24:00et qu'il vient
24:00ce père
24:01qu'il a renié
24:02qu'il a battu
24:03qu'il a presque craché
24:04hors de chez lui
24:05et qu'il est là
24:06et que c'est lui
24:07c'est lui qu'il garde
24:09et qu'il dépasse tout ça
24:10et qu'il a la tendresse
24:11pour son père
24:12chaque fois je revois
24:13ces plans-là
24:14moi je
24:14l'intelligence
24:15la sensibilité
24:17de ce film
24:17alors moi
24:18on dit souvent
24:19que je suis nostalgique
24:20j'ai adoré ce cinéma
24:21que vous incarnez
24:23les années 60
24:2370 80
24:24où vous avez
24:2550 réalisateurs
24:27très différents
24:28d'ailleurs
24:28des réalisateurs
24:28très différents
24:29des univers très différents
24:30des comédiens
24:32des dialogues
24:33des scénaristes
24:35vous avez un âge d'or
24:36du cinéma français
24:38et qu'il est symbolisé
24:40précisément
24:40par ces noms-là
24:41mais vous avez parlé
24:42de Rivette
24:43de Stages
24:43de Romer
24:44ce qui est intéressant
24:46on pourrait parler
24:47de Lelouch
24:47ce qui est tout à fait étonnant
24:48Bertrand Blier
24:49bien sûr
24:49c'est la diversité
24:51du cinéma
24:52et même des gens
24:53qui à l'époque
24:53n'avaient pas forcément
24:54la carte
24:55comme Corneau
24:55comme Granier de Fer
24:57qui ont fait des films
24:58absolument formidables
24:59c'était un bonheur
25:00d'être avec vous
25:00et puis vous avez vu
25:01on n'a même pas parlé
25:02de Madame Béretton
25:04donc voilà
25:06vous en avez beaucoup parlé
25:07l'autre jour
25:08quand vous m'avez téléphoné
25:09Madame Béretton
25:10et bon
25:11mais on l'adore aussi
25:13merci vraiment
25:14Brigitte Fosset
25:15c'était un bonheur
25:16d'être avec vous
25:16je vous attends
25:17Pascal
25:18au bien de poche
25:18je viendrai
25:19on est très heureux
25:20il y a un bar
25:21on peut
25:21on peut
25:22on peut
25:23on peut
25:24il y a un bar
25:24il va venir
25:25si il y a un bar
25:26je viendrai
25:27très bon week-end
25:28à lundi
25:28je viendrai
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