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00:00France 24 et RFI présente
00:03Bonjour à tous, merci de nous rejoindre pour Ici l'Europe, votre émission sur Radio France Internationale et France 24.
00:24Rudoyés par le président américain, les 27 ont entamé l'année dans un état de sidération
00:30confronté à l'hypothèse que leurs alliés historiques puissent recourir à la force
00:34pour s'emparer du territoire autonome danois du Groenland.
00:38Si la menace est momentanément écartée, ils ont remis à plat la relation transatlantique
00:44lors d'un sommet extraordinaire le 22 janvier dernier, auquel participait notre invité
00:50puisqu'il s'agit d'Andrei Plenkovic, le premier ministre depuis dix ans de la Croatie,
00:55un pays balkanique de 3 800 000 habitants qui a rejoint l'Union Européenne en 2013.
01:00Bonjour monsieur le premier ministre, en duplex depuis Zagreb avec nous.
01:05Bonjour, merci pour l'invitation.
01:06Alors le président américain a retiré sa menace d'invasion du Groenland
01:10dans un revirement dont il a le secret.
01:13Vous avez trouvé les leaders européens ébranlés dans leur confiance en la relation transatlantique ?
01:18D'abord, je dois dire que la situation était un peu différente
01:24par rapport au moment quand monsieur Costa a convoqué la réunion
01:28parce qu'avant, il y a quelques jours, il y avait cette menace de prendre Groenland
01:35ou plutôt passer le message de vouloir l'acheter de Danemark
01:41et deuxièmement aussi d'imposer les droits de douane vis-à-vis des huit pays
01:46qui se sont prononcés d'être là en solidarité avec la Groenland et la Danemark.
01:54Je crois que pendant le discours du président Trump à Davos,
01:58moi j'y étais personnellement, j'ai passé deux jours et demi à Davos,
02:04il y a fait deux pas en arrière.
02:06Le premier pas en arrière était de dire
02:09« Ok, moi je suis intéressé pour le Groenland, j'aimerais bien l'acheter.
02:13S'il n'est pas vendu du côté de Danemark et de Groenland,
02:18je ne suis pas content, je ne dois pas oublier. »
02:21Mais je n'utilisais pas la force.
02:23Alors c'était la première des escalades.
02:25La deuxième des escalades est arrivée quelques heures plus tard
02:29après la réunion avec le secrétaire général de l'OTAN,
02:33M. Rutte, qui était ici à Zagreb il y a dix jours,
02:36j'étais au courant qu'il avait des efforts
02:40pour chercher, trouver une solution plutôt généralisée,
02:45collectivisée des pays d'Arctique, de l'Union européenne et de l'OTAN.
02:49Et après, c'est communiqué vers le public du président américain
02:53à notamment écarter l'option des droits de douane
02:57pour le 1er février et le 1er juin.
03:00Alors dans ce contexte-là, nous nous sommes trouvés hier,
03:03il y avait quelques débats assez francs, assez directs
03:07par rapport aux relations entre l'Union européenne et les États-Unis.
03:12Il y avait trois points très importants.
03:14Le premier point était la solidarité complète de tous les 27
03:19vis-à-vis Danemark et les Grenlandes
03:22du point de vue de l'intégrité territoriale.
03:26Deuxième point était de faire des efforts
03:29pour réétablir, je dirais, le plus possible la normalité
03:34dans le contexte des relations transatlantiques
03:37parce que les relations transatlantiques
03:40étaient vraiment, je dirais, le fondement
03:44de l'ordre international après la Deuxième Guerre mondiale,
03:48était la fondation de l'OTAN, la fondation de l'Union européenne
03:52et de beaucoup d'autres organisations internationales.
03:55Et le troisième point, au cas où il y a une nécessité de réagir,
04:00il y a des instruments qui sont là, qui sont prêts
04:03un peu pour faire un équilibre dans le domaine des droits de douane
04:08ou les mesures d'anticohercition qui étaient préparées par la Commission
04:14et finalement de voir comment mettre en œuvre
04:17tous ces instruments pour, effectivement, réaliser l'accord de cet été
04:26entre la Commission et les États-Unis.
04:28Alors c'était une réunion assez, je dirais, constructive,
04:32mais en même temps tenant compte que les tensions
04:35ne sont pas arrivées du côté européen.
04:37La semaine a été, en effet, vous l'avez souligné, très anxiogène.
04:40On fait tout de suite le point avec Isabelle Romero
04:43dans « L'Europe en bref ».
04:45Victoire pour les agriculteurs et les Français opposés au Mercosur.
04:52Par 334 voix pour et 324 contre,
04:56les eurodéputés ont décidé de saisir la Cour de justice européenne
04:59pour vérifier la légalité de l'accord commercial
05:02entre l'UE et quatre pays d'Amérique du Sud.
05:04L'avis de la Cour pourrait prendre 18 mois,
05:07mais la Commission envisagerait une entrée en vigueur provisoire
05:11du volet commercial dès mars prochain.
05:13Un déni de démocratie, se réécrit la France.
05:16Au Forum économique de Davos,
05:17Donald Trump a renoncé à envahir le Groenland
05:20et a imposé des surtaxes douanières
05:21aux huit pays européens qui avaient déployé des soldats au Groenland.
05:25Suite à une réunion avec Marc Routte, le chef de l'OTAN,
05:28il annonce un accord.
05:29C'est l'accord ultime à long terme
05:30et je pense que ça met tout le monde dans une très bonne position,
05:33surtout en ce qui concerne la sécurité, les minerais et tout le reste.
05:37Mais les Groenlandais et les Danois qui n'ont pas été consultés restent prudents.
05:41Lors d'un sommet extraordinaire à Bruxelles,
05:43les 27 ont fait preuve d'unité après des semaines de menaces américaines.
05:46Antonio Costa, président du Conseil.
05:48L'Union européenne continuera à défendre ses intérêts
05:54et à se défendre elle-même contre toute forme de coercition.
06:01Les 27 ont par ailleurs exprimé leurs doutes
06:03sur l'utilité du Conseil de paix de Donald Trump
06:05qu'en Europe, seule la Hongrie et la Bulgarie ont rejoint.
06:09Depuis Davos, Volodymyr Zelensky a critiqué ses alliés européens
06:12et considéré que les garanties de sécurité américaines étaient suffisantes.
06:16Andrei Plankovic, selon vous, qu'est-ce qui a été déterminant
06:19pour faire reculer Trump ?
06:21Est-ce que précisément, cet mécanisme anti-coercition
06:26qui pourrait toucher les géants du numérique,
06:28ça a beaucoup joué, selon vous ?
06:30C'est l'état de l'économie qui l'inquiète ?
06:33Les marchés n'ont pas vraiment très positivement réagi
06:36dans ce contexte de la tension qui a monté
06:39entre les États-Unis et l'Union européenne.
06:41C'était le premier point.
06:42Deuxième point, on n'a pas vu le grand soutien
06:46dans l'opinion publique américaine
06:48vis-à-vis de cette question de grand nombre.
06:50Et troisièmement, peut-être c'était un peu de la méthode
06:54qu'on a déjà vue du côté du président Trump
06:56d'essayer de monter des expectations
06:59et après revenir quelque part en arrière
07:02et calmer le jeu et chercher de trouver une solution,
07:06un compromis qui pourrait être satisfaisant
07:08pour les intérêts de sécurité des États-Unis,
07:11en même temps, de ne pas toucher
07:13à l'intégrité territoriale de la Danemark
07:18ou, je dirais, renforcer la coopération arctique
07:22avec le soutien des autres membres de l'OTAN
07:24et de l'Union européenne.
07:26Je trouve qu'il y avait un peu de tension,
07:28mais déjà demain ou l'après-demain,
07:30on aura d'autres sujets.
07:31Et je trouve que l'Union européenne
07:34plus ou moins a ténu, je dirais,
07:37une position assez coordonnée,
07:40assez consistante.
07:41Et on a montré une ligne qui dit,
07:44écoutez, la question d'intégrité territoriale
07:48d'aucun des membres de l'Union européenne
07:49ne peut pas être mis en question.
07:52Pendant ce temps-là, en plus,
07:53les grands fonds de pension danois et suédois
07:56ont vendu une majeure partie de leurs bons
07:58du trésor américain.
07:59Elles disent en raison de la fragilité
08:01des finances publiques américaines.
08:03Et Donald Trump a dit qu'il allait lancer
08:05de grosses représailles
08:06si les pays européens commençaient
08:07à vendre de la dette américaine.
08:09Oui, il s'agit aussi de cette situation
08:12qui est extrêmement liée
08:14avec la situation économique.
08:15Quand vous regardez le discours
08:17du président Trump à Davos,
08:18je crois que la moitié du discours
08:20était dédié à son bilan
08:22de sa première an, de son deuxième mandat,
08:25où il a essayé de présenter
08:27tout le succès de son administration.
08:29par rapport à l'état du lieu
08:30qui a succédé, si je peux dire,
08:33le 20 janvier l'année dernière.
08:36Et dans ce contexte-là,
08:37je crois que monter des tensions politiques
08:40entre les alliés n'a pas beaucoup de sens.
08:42Je trouve qu'on a énormément d'autres sujets
08:45qui sont les vrais problèmes globaux.
08:49et les amis, les alliés, les partenaires,
08:53comme les États-Unis et les pays de l'Union européenne,
08:55ne doivent pas être dans un débat
08:58qui est un peu hallucinant.
09:00On part, là, au mois de décembre,
09:03avec le régime restrictif des sanctions vis-à-vis de la Russie.
09:07Et quelques semaines après,
09:09on part des instruments qu'on a à la disposition
09:12pour répondre au cas où il y a une continuité
09:15de tensions vis-à-vis de la coercion.
09:18C'est un instrument qui n'était pas fait pour les États-Unis,
09:21mais il y a une continuité de la Lituanie vis-à-vis de la Chine.
09:24Voilà, c'est ça.
09:25Alors, notre ligne, comme la Croatie,
09:27et j'étais un avocat,
09:29fervent de ça, il faut calmer le jeu,
09:31essayer de rétablir le dialogue,
09:33nourrir nos rapports,
09:36parce qu'on doit rester des partenaires
09:37dans un monde où tout a changé.
09:40Dans un contexte de changement,
09:42il faut plutôt cultiver des relations transatlantiques
09:45qu'on faire des gestes qui peuvent détériorer la situation.
09:51Alors, et peut-être aussi, j'ai envie de dire,
09:54chercher de nouveaux partenaires.
09:55Parce que les Allemands et le président du Conseil européen
09:58ont demandé que le Mercosur,
10:00l'accord avec les pays du Mercosur,
10:03soit appliqué à titre provisoire.
10:05Le gouvernement français,
10:07qui est très défavorable à cet accord,
10:09trouve que c'est une sorte de déni démocratique
10:12après la saisine de la Cour de justice de l'Union européenne
10:15par le Parlement européen.
10:17On parle d'ailleurs de le mettre en œuvre dès le mois de mars,
10:20mais c'est politiquement sensible
10:22pour la présidente de la Commission.
10:24Oui, c'est un sujet, d'abord,
10:26qui est à la table il y a 25 ans.
10:29Alors, après les longues, longues, longues négociations,
10:31finalement, on a eu l'opportunité de conclure cet accord.
10:36Ce qui était fait au Parlement européen,
10:39je crois que c'était un message de renvoyer le texte devant la Cour
10:44pour voir est-ce que tout est dans la conformité
10:48quand il s'agit de la substance de cet accord.
10:52Moi, je trouve qu'il y a des points de vue différents.
10:55Les différents pays,
10:56certains aimeraient bien avoir cet accord déjà en force
11:00pour élargir l'exportation de l'Union européenne
11:04vis-à-vis des pays de la culture.
11:06Les autres pays ont un peu peur
11:08vis-à-vis des produits agricoles
11:10qui peuvent être présents
11:11dans une manière beaucoup plus large,
11:13substantive, au marché européen.
11:15Je trouve que dans le contexte de cet accord,
11:17il y a beaucoup de mécanismes de protection,
11:19des différents quotas.
11:20Donc, ça vous satisfait ?
11:22On a compris que cet accord vous satisfait
11:23et que vous êtes pour sa mise en œuvre ?
11:25Pour nous, ce n'est pas une situation
11:27qui est comparable à cette atmosphère
11:30que je comprends et que je l'ai vu en France.
11:33Pour nous, cet échange ne représente pas une difficulté.
11:37Pour la Croatie, s'il y a une décision
11:40d'une application provisoire,
11:44pour nous, ça ne changerait pas beaucoup.
11:46Le président américain Donald Trump
11:48a par ailleurs signé jeudi à Davos
11:50la charte fondatrice de son Conseil de la paix
11:52en présence d'une vingtaine de dirigeants de pays
11:54ayant accepté de rallier cette instance ?
11:57D'abord, comme la Croatie,
11:59on a reçu l'invitation de président Trump.
12:03Moi, je suis très reconnaissant pour cette invitation.
12:06Mais comme l'invitation et le projet de texte
12:11qui étaient signés à Davos
12:14est arrivés pratiquement un ou un jour et demi
12:18avant la date de la signature pour nous
12:21en raison des contraintes constitutionnelles, juridiques,
12:26c'est impossible d'arriver tout de suite
12:28à signer un document de ce type.
12:30Alors nous, on a dit à nos partenaires américains
12:32qu'on va étudier les textes,
12:34devoir analyser quel est le rapport de ce texte,
12:37ce comité pour la paix
12:40vis-à-vis des structures existantes des Nations Unies,
12:43quel est le rapport d'ordre juridique,
12:46ce qu'on a au niveau de l'Union européenne.
12:48Est-ce que nous sommes toujours là dans le cadre
12:53de ce qui était prévu avec les décisions des Nations Unies
12:57comme un suivi du plan de paix du président Trump pour Gaza ?
13:03Pour le moment, ce qu'on a vu,
13:04c'est une organisation internationale complètement nouvelle
13:08qui a pour objectif promouvoir la paix
13:11et je dirais la reconstruction
13:12après le conflit dans les différents théâtres mondiaux.
13:17Alors nous allons continuer d'étudier ce document,
13:21faire les nécessaires consultations en Croatie,
13:24aussi concertées avec nos partenaires.
13:26Il y a complètement différents points de vue
13:28au sein des pays du Conseil européen.
13:32Certains de nos partenaires,
13:34notamment l'Hongrie et la Bulgarie,
13:37ils ont déjà fait partie de cette signature,
13:39mais ça n'empêche pas des autres de coordonner la position
13:44qui pourraient toujours avoir comme objectif
13:47faire des gestes qui pourraient faciliter les relations transatlantiques
13:52parce que cette nouvelle organisation,
13:54elle va commencer son travail sans ou avec les pays européens.
14:00Ce qu'il faut, c'est essayer de préserver l'unité européenne
14:03le maximum possible et en même temps participer d'une manière
14:08qui est acceptable du niveau juridique
14:12et du niveau politique du côté européen.
14:14Le président ukrainien de son côté,
14:17qui était à Davos aussi,
14:18qui a rencontré Donald Trump,
14:20a dit avoir trouvé un accord avec Donald Trump
14:23sur des garanties de sécurité
14:25pour assurer le maintien en cas de paix en Ukraine.
14:30Vous dites bravo,
14:31vous dites qu'il devrait se méfier quand même
14:33des garanties américaines
14:35puisque le gouvernement, l'administration Trump,
14:38à tout sujet, sort du chantage,
14:40de la pression, de l'extorsion.
14:42C'est quand même compliqué,
14:43ces garanties américaines.
14:44Qu'est-ce que vous dites ?
14:45Je crois que le président ukrainien Zelensky
14:48l'a signalé très clairement
14:50que l'Ukraine est prête
14:52pour les négociations d'un accord de paix.
14:54Nous avons une situation
14:55où la Russie ne cesse pas d'attaquer.
14:58L'Ukraine qui se défend
14:59et qui essaye de faire des efforts pour la paix.
15:02L'initiative politique qui est arrivée
15:04dans le mandat du président Trump
15:06et une participation constructive
15:09du côté des alliés européens
15:10vis-à-vis les garanties de sécurité,
15:14mais aussi de créer un espace
15:18pour la reconstruction de l'Ukraine
15:20et aussi voir comment l'Ukraine
15:22peut avoir son perspective européenne
15:25peut-être plus rapidement
15:26qu'il était prévu normalement.
15:29Je crois que les garanties de sécurité
15:32qui viennent des États-Unis
15:33sont très importantes pour le président Zelensky
15:36parce que l'Ukraine a cette mauvaise expérience.
15:39D'accord, de Boudapest,
15:40il y a un peu plus de 30 ans,
15:42quand tous les grands pays
15:43qui sont membres permanents
15:44du conseil de sécurité
15:46ont dit
15:46« Ok, vous allez abandonner
15:48votre arsenal nucléaire
15:49et nous, nous serons là
15:50pour protéger votre sécurité. »
15:52Malheureusement,
15:53ce qui s'est passé
15:54est complètement l'inverse.
15:55Alors, l'Ukraine est toujours
15:56très prudente.
15:57Alors, je dis au président Zelensky
15:59d'essayer de trouver un accord
16:00qui, de point de vue déjoué,
16:03ne signifiera
16:04aucune concession
16:06de territoire ukrainien
16:07à la côté russe
16:09parce que ça,
16:10ce ne serait pas seulement
16:11très difficile
16:12pour cette génération
16:13de dirigeants politiques ukrainiens,
16:15mais ce serait un précédent
16:16qui posera des difficultés
16:19dans l'avenir
16:20pour beaucoup d'autres situations
16:22qui peuvent se passer.
16:24Alors, c'est là
16:25où la sécurité en Ukraine,
16:27où la défense ukrainienne
16:28est très importante
16:29pour le continent européen,
16:30pour tous les pays
16:31de l'Union européenne
16:32et c'est pour ça
16:33qu'on a vraiment montré
16:34une solidarité incroyable
16:36vis-à-vis de l'Ukraine,
16:37de la Croatie,
16:38y compris,
16:39dans les différentes manières.
16:41Et il ne faut pas
16:42jamais laisser
16:43que l'agression
16:44sera récompensée
16:46du point de vue
16:47de prendre
16:48le territoire
16:49de quelqu'un d'autre.
16:51Merci,
16:51Monsieur le Premier ministre.
16:53Merci, Andrei Plenkovic,
16:54d'avoir été notre invité aujourd'hui.
16:56Merci à vous
16:56de nous avoir suivis
16:57sur France 24
16:58et Radio France Internationale.
17:00Restez en notre compagnie.
17:02L'actualité continue.
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