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00:00C'est le rendez-vous diplomatique de ce vendredi en ce qui concerne la guerre entre la Russie et l'Ukraine.
00:05Les deux parties se rencontrent à Abu Dhabi, aux côtés des États-Unis.
00:08Une trilatérale donc pour faire avancer des négociations de paix entamées depuis quelques temps
00:13et qui n'ont jusqu'ici abouti à rien, selon Volodymyr Zelensky, qui s'exprimait depuis Davos.
00:18Un accord a été trouvé avec les Américains sur les garanties de sécurité à l'Ukraine.
00:23Avec nous, en duplex de Kiev, notre correspondant Gulliver Krach.
00:26Bonjour, Gulliver. Que sait-on de ces garanties de sécurité évoquées par Volodymyr Zelensky ?
00:32En quoi consiste-t-elle ?
00:35Eh bien, justement, on en sait très peu et c'est pour cela qu'il y a à Kiev beaucoup de scepticisme
00:40sur l'accord qu'ils disent a été trouvé.
00:45On avait proposé il y a une semaine, je pense, que Zelensky n'irait à Davos pour rencontrer Donald Trump
00:53que s'il y avait un document qui serait déjà prêt à signer.
00:58Eh bien, ils n'ont rien signé. Ils ont dit que l'accord est prêt, mais qu'il faut attendre d'abord un accord de paix avec la Russie.
01:05Et cet accord de paix avec la Russie est toujours aussi loin, parce que même si, comme le dit Steve Witkoff,
01:09il y a toujours seulement un point vraiment qui bloque, c'est un point sur lequel les positions des deux côtés sont complètement irréconciliables.
01:17C'est la question de la cession du reste de la région de Donetsk, dans le Donbass, que la Russie réclame et que l'Ukraine refuse.
01:26La question territoriale qui reste centrale, dit la Russie.
01:30Par ailleurs, Gulliver, Volodymyr Zelensky s'est montré très critique envers les Européens à Davos.
01:35Quelques réactions à Kiev ?
01:37Je n'ai pas vu de réaction à Kiev, mais je pense que Volodymyr Zelensky, dans sa critique à l'Europe, a sans doute voulu plaire aux Américains.
01:50Il dit en réalité des choses que l'Ukraine vit depuis longtemps sur la nécessité que l'Europe prend en charge sa sécurité.
01:57Elle pense beaucoup plus sérieusement aux besoins d'investir dans la défense.
02:02Et peut-être qu'il avait déjà prévenu, même les dirigeants européens, qui sont ses alliés aussi, qu'il allait y aller de manière assez dure cette fois-ci.
02:12Peut-être parce qu'il pense qu'il est essentiel de se montrer quelque part du côté des Américains, qui sont eux aussi très critiques envers l'Europe.
02:20Et notamment le vice-président J.D. Vance. Il y a des inquiétudes en Ukraine sur qu'est-ce qui va se passer si jamais Donald Trump ne va pas jusqu'au bout de son mandat
02:28et que J.D. Vance, si farouchement anti-européen, devient président des États-Unis.
02:34Alors je pense qu'il y a un calcul là-dedans et que le calcul a aussi été que les Européens ne s'offusqueraient pas tant que ça,
02:42puisqu'ils comprendraient la nécessité pour l'Ukraine de garder les États-Unis un tant soit peu de leur côté.
02:49Mais si on le fait, je pense qu'il y a une différence dans ce que j'entends dire par des officiels en Ukraine
02:55et ce que l'on peut entendre dire en Europe sur Donald Trump.
02:58En Europe, il y a de l'étonnement, du dégoût par rapport à comment le président des États-Unis ment tout le temps, etc.
03:05Et en Ukraine, malgré le danger dans lequel Donald Trump a mis l'Ukraine en réduisant l'aide américaine
03:14et avec ses négociations avec la Russie qui semblent si souvent favoriser la Russie,
03:17tout de même, je pense que sur le fond, Donald Trump n'est que l'incarnation d'une tendance qui existe déjà aux États-Unis
03:27et qu'ils n'ont pas tort de dire que l'Europe ne peut plus dépendre des États-Unis pour sa sécurité.
03:33Et même sur la question du Groenland, interprétée par beaucoup en Europe comme simplement une fantaisie de Donald Trump
03:39par sa mégalomanie pour agrandir les États-Unis, les Ukrainiens prennent beaucoup plus au sérieux le besoin d'urgemment renforcer la sécurité dans l'Arctique.
03:48Et même si le Groenland ne serait peut-être pas la priorité par rapport à l'Alaska ou le Canada,
03:52ils disent que c'est tout de même peut-être pas une mauvaise chose si les Européens sont forcés à investir dans la sécurité de l'Arctique aussi.
04:00Donc quelque part, il y a cette communauté d'idées entre les Ukrainiens et les Américains
04:08qui est peut-être un petit peu plus présente qu'entre les Européens et les Américains en ce moment.
04:14Merci beaucoup, Gulliver Craig à Kiev.
04:19Merci.
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