00:00Je n'ai plus à présenter personne de cette photo, enfin peut-être moi ici, qui a quand même un peu vieilli,
00:05Neil Schneider et Xavier Dolan.
00:07Donc c'est une photo qui est tirée des amours imaginaires, qu'on a faite en 2010, donc il y a 15 ans déjà.
00:13Que dire à part le fait que c'est le film qui m'a fait connaître en France évidemment,
00:18qui m'a fait connaître au Québec parce que ça a été mon premier grand rôle au cinéma,
00:24et que c'était incroyable parce que ce film, deux semaines avant on n'était pas sûr de le tourner,
00:29parce qu'on, voilà, on l'a fait très, il a été monté très vite en production.
00:35Il y avait un peu une énergie, je pense, de la nouvelle vague dans ce film.
00:39On était très collaboratif dans la création et on était jeunes et on s'en foutait, on n'avait pas froid aux yeux, on s'amusait.
00:45Et c'est drôle parce que là je viens de retrouver Neil Schneider avec qui je viens de tourner sur le film de Géraldine Nakache,
00:50si tu penses bien, et on joue un couple.
00:52Et j'arrête pas de dire à Nils, au final c'est moi qui t'as eu.
00:58Voilà.
00:59Alors là, Nancy Grant.
01:11Nancy Grant c'est ma productrice de tous mes films, c'est ma productrice historique et aussi l'une de mes meilleures amies.
01:18J'écrivais un long métrage et je la croise par hasard, et donc je lui parle de ce projet, elle dit moi ça m'intéresse.
01:25Je voulais pas le réaliser ce film parce que je pensais pas avoir les capacités.
01:29Et à un moment donné, plus je l'écrivais, plus j'avais l'impression que j'avais envie de le réaliser, mais comme j'avais aucune expérience, voilà.
01:37Donc à un moment donné elle me dit, mais pourquoi tu fais pas un petit court métrage ?
01:41Et quelques mois plus tard, c'est mon anniversaire, mes 30 ans, et donc j'ai un anniversaire surprise, elle est invitée.
01:46Elle m'offre une carte d'affaires de sa boîte de production, et sur la carte d'affaires il est marqué « Bon pour un court métrage, toutes dépenses payées ».
01:53Et à partir de là j'ai écrit « Quelqu'un d'extraordinaire », et voilà, comment je suis devenue cinéaste.
02:01Ah bah ça c'est Patrick Yvon dans BabySitter.
02:04Ça a été un acteur avec qui j'ai énormément travaillé, il a fait aussi, il était dans « La femme de mon frère ».
02:09Dans BabySitter c'est un acteur extrêmement chevronné, très puissant, qui a une espèce de,
02:14qu'il n'y a pas de peau entre son cœur et le monde qui l'entoure.
02:19Donc il a une espèce de fébrilité, c'est un être qui m'inspire beaucoup, qui m'a beaucoup inspirée, avec qui j'ai adoré travailler, vraiment.
02:29Troisième photo.
02:31Oh là là, mon cher Émile Sornin, alias Forever Pavot.
02:35Émile, c'est le compositeur de mes films depuis BabySitter, donc on a fait BabySitter, « Sam comme Sylvain »,
02:41et mon prochain film aussi que je ferai avec Émile.
02:43Pour l'anecdote, j'avais fait un film qui s'appelait « Compte tes blessures » de Morgane Simon il y a 10 ans.
02:49Et il y avait un mec qui s'appelle Cédric, qui était acteur dans le film, mais qui n'est pas acteur dans la vie.
02:55Il joue de la batterie.
02:56On parle comme ça, il me dit « Moi, je fais partie de Forever Pavot ».
02:59Et je fais « Forever Pavot, c'est un de mes groupes préférés, je les adore ».
03:03Et donc il me dit « Non, mais Émile, en fait, le compositeur de Forever Pavot, et l'élément important de Forever Pavot,
03:11il dit « Émile, lui, c'est son rêve, il adore, c'est un cinéphile, il adore faire de la musique de film ».
03:18Et on s'est rencontrés pour Babyster.
03:20Quand je le rencontre, je lui dis « Il y a une bande-son qui m'intéresse et je trouve qu'on pourrait partir de cette bande-son pour s'inspirer ».
03:25Ça s'appelle « Les Lèvres rouges », de la bande sonore de Roubaix.
03:28Et il me dit « Mais c'est fou, c'est vraiment ma musique préférée ».
03:31Et donc à partir de là, on a collaboré.
03:33Et en fait, c'est un mec acharné, qui travaille tellement fort dans l'humilité.
03:39En fait, c'est ce que j'aime.
03:40Moi, j'aime collaborer avec des gens qui sont des grands artistes,
03:43mais qui ont l'humilité aussi du défi de se remettre en question, de se pousser plus loin.
03:49Et Émile, c'est quelqu'un que j'aime infiniment et avec qui j'adore collaborer.
03:53T'as encore changé de forme ?
03:55Ah ouais, c'est ton visage, ta peau, tes cheveux ?
03:57Oui, c'est parce qu'on fait l'amour tout le temps, c'est ça.
03:59Je dois perdre au moins 500 calories par jour.
04:02C'est une nuit là, je cuisine, puis lui, il répare des trucs, on marche en forêt habitée.
04:11C'est comme s'il me ramenait à l'essentiel.
04:18Ben, à vue de nez, ça me semble être Montréal.
04:21Montréal en hiver, tout à fait, c'est Montréal en hiver.
04:28C'est la ville dans laquelle j'ai vécu à partir de mes 19 ans,
04:32où j'ai fait le conservatoire d'art dramatique à Montréal,
04:34où je me suis formée comme actrice, où je me suis formée comme réalisatrice.
04:38C'est une ville que j'aime filmer.
04:39Moi, je fais un cinéma très urbain et ce n'est pas un cinéma qui est énormément exploité au Québec.
04:44En fait, on fait beaucoup des films sur la banlieue ou sur la campagne.
04:48Et j'aime cette ville.
04:52Je trouve qu'elle a une richesse un peu vintage, un peu désuet.
04:57Elle est hyper cinégénique.
04:59Une des raisons pour lesquelles je me suis exportée à Paris,
05:02c'est que je ne suis pas une grande fan d'hiver québécois.
05:05C'est très rude.
05:06Et c'est drôle parce que quand je suis arrivée à Paris,
05:09les gens se plaignaient l'hiver qui faisait froid et tout.
05:11Et je l'ai trouvé vraiment ingrat.
05:15Je me disais, ce n'est pas possible.
05:16Pour moi, c'était comme un automne permanent.
05:18J'étais contente.
05:19Et j'ai compris que j'étais parisienne l'année dernière,
05:22quand j'ai commencé à me plaindre de l'hiver parisien.
05:25Donc maintenant, il n'y a plus d'endroits où je suis confortable l'hiver.
05:27Voilà.
Commentaires