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  • il y a 4 minutes
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:00Et on sera fixé dans les jours qui viennent, on aura l'occasion d'en redébattre.
00:03Je voudrais bien sûr qu'on parle des menaces de Donald Trump.
00:06Vous savez qu'il y a un sommet extraordinaire des dirigeants européens jeudi soir.
00:09Écoutez, Stéphane Séjourné, vice-président exécutif de la Commission européenne à la prospérité et à la stratégie industrielle.
00:15Il a réagi aux pressions commerciales de Donald Trump et aux pressions de Donald Trump sur le Groenland.
00:20Il était sur France Inter ce matin.
00:22Le Groenland ne sera jamais américain. Il faut que le chantage cesse.
00:26Je pense que l'administration américaine fait une erreur importante.
00:29C'est de tester les Européens sur deux principes.
00:32L'autodétermination des peuples et la souveraineté territoriale des États membres de l'Union européenne.
00:38Évidemment, nous avons un certain nombre de faiblesses aujourd'hui, des dépendances, notamment économiques.
00:45Nous avons un certain nombre de faiblesses qui fait que certains pays ont des craintes sur des répercussions économiques
00:51et notamment sur des répercussions économiques commerciales, puisque nous sommes soumis à des chantages de droits de douane dorénavant.
00:57Mais nous devons tenir et la pression doit maintenant s'exercer du côté européen.
01:02Le temps de la riposte est-il venu ? Est-ce qu'il faut activer ce qu'Emmanuel Macron appelle le bazooka commercial ?
01:10D'abord, d'un mot, ça m'a fait tiquer quand vous avez cité l'intégralité du titre de Stéphane Séjourné.
01:16Vice-président exécutif de la Commission européenne à la prospérité et à la stratégie industrielle.
01:20La prospérité, pour l'instant, n'envoie pas vraiment la couleur, nous, en tout cas, en France.
01:23Alors, la stratégie industrielle, c'est intéressant parce qu'on constate précisément à l'aune de ce qui se passe au Groenland
01:29qu'on n'a absolument aucune souveraineté et aucune stratégie industrielle.
01:33Le Danemark, qui est donc détenteur du Groenland, s'équipe en équipement américain.
01:37L'Allemagne aussi.
01:38D'ailleurs, ça pourrait poser problème.
01:40Eh bien sûr. Et lorsqu'on prête de l'argent à l'Ukraine pour mener sa guerre contre la Russie,
01:44on constate que là aussi, les Allemands poussent pour qu'ils achètent du matériel américain.
01:48En fait, il n'y a aucune stratégie, aucune souveraineté européenne.
01:50Donc, le découvrir alors que Donald Trump menace de prendre possession du Groenland,
01:55je trouve que c'est un peu tardif.
01:56Les mêmes qui nous promettaient la prospérité, visiblement, et la défense européenne.
02:01En fait, on n'a ni l'un ni l'autre.
02:03Alors, quelle posture adopter face à Donald Trump et à la pression qu'il nous met,
02:07qu'il met sur le Groenland, qu'il met aussi en exerçant ses droits de douane,
02:12pardon, je vais y arriver, est-ce qu'il faut riposter ?
02:15Certains pays sont plus prudents, certains pays européens.
02:18Il faut examiner le rapport de force, et le rapport de force n'est pas à l'avantage de l'Union européenne.
02:25Le rapport de force est très à l'avantage, en effet, de Donald Trump.
02:28D'abord, parce qu'il a eu une vision sur le Groenland.
02:31On s'aperçoit maintenant, aujourd'hui, que le Groenland existe,
02:33qu'il appartient à l'Union européenne,
02:35mais en fait, personne ne s'en occupait.
02:37Donc, on peut faire crédit à Donald Trump d'avoir eu une vision d'avenir,
02:42qui est une vision d'avenir qui, en plus, répond à cette nouvelle révolution
02:45dite du bon sens qui a été lancée au cœur même des États-Unis,
02:49dans les think tanks conservateurs des États-Unis,
02:51qui disent qu'il faut maintenant davantage de pragmatisme,
02:54et moins de grands principes.
02:55Et donc, c'est-à-dire qu'on laisse faire, Yvan Eiffel ?
02:57Mais ce n'est pas qu'on laisse faire.
02:58C'est en effet très désagréable de se faire humilier par les États-Unis,
03:03mais on ne va quand même pas faire la guerre, et aux Russes, et aux Chinois,
03:06et aux États-Unis, alors que nous ne pesons rien.
03:08Donc, il y a maintenant, malgré tout, une sorte de réalisme diplomatique
03:12qui nous oblige à constater que, si on peut envoyer 15 chasseurs alpins au Groenland,
03:16ce qui a été le cas de la France, on ne peut pas aller guère plus loin,
03:18et que son bazooka, ce qu'il appelle son bazooka douanier,
03:21n'existera pas parce qu'il ne sera pas suivi par d'autres pays européens.
03:24Oui, c'est compliqué à adopter, en fait, pour faire ça.
03:26C'est compliqué. Et puis surtout, vous l'avez, je crois, évoqué,
03:30la France a délégué totalement sa souveraineté numérique.
03:34La souveraineté numérique est une souveraineté numérique américaine.
03:37Ça veut dire que si les Américains appuient sur le bouton,
03:39vous n'avez plus d'Internet, vous n'avez plus d'iCloud, vous n'avez plus de rien,
03:42et vous pouvez bloquer une grande partie de l'Europe
03:45dans sa communication quotidienne, et la communication des ménages.
03:49Donc, je pense qu'on peut toujours affronter et faire du vent,
03:53mais j'aimerais, je préférerais d'entendre Emmanuel Macron,
03:57qui veut donc affronter Trump, qui veut affronter Poutine,
04:00le voir affronter les mollas d'Iran.
04:02Or, je ne l'entends pas sur la crise iranienne et sur le calvaire,
04:05sur le carnage qui est en Iran, je ne l'entends pas dire qu'il veut y faire la guerre.
04:08Thomas Bonnet.
04:09On aimerait aussi, pour prolonger, qu'Emmanuel Macron ait la même détermination
04:14à protéger la souveraineté de notre pays, c'est-à-dire protéger le Groenland, c'est très bien.
04:17Évidemment, moi, je ne suis pas de ceux qui acceptent, sans broncher,
04:20que les États-Unis s'emparent du Groenland, évidemment que c'est désagréable.
04:23J'aimerais parfois qu'on ait la même détermination, la même autorité
04:25à l'intérieur de nos frontières.
04:28Quant à la réponse, le fameux bazooka dont vous parliez,
04:30il est en train de se transformer en piste Téléao,
04:32parce que je viens de découvrir que la porte-parole de l'Union Européenne dit
04:35« Finalement, on va négocier, parce qu'en effet, tout le monde n'est pas aligné ».
04:38Et en fait, c'est là le cœur du sujet, c'est-à-dire que vous ne pouvez pas,
04:40à 27 pays de l'Union Européenne, décider d'avoir une réponse franche.
04:44C'est trop difficile à manœuvrer.
04:45Là où les États-Unis, en une décision exécutive, peuvent prendre des décisions fortes,
04:49là où la Chine a un plan prévu sur des années, l'Union Européenne doit être entendue
04:53et doit s'entendre à 27, et c'est impossible dans les faits lorsqu'on affronte des crises pareilles.
04:57Je crois que l'Union Européenne ne s'en sortira pas indemne
04:59de cette crise de vérité, de cette révélation de ce qu'il y a effectivement.
05:04Oui, mais l'Union Européenne s'est aussi faite à la faveur des crises, vous le savez bien.
05:07Oui, j'entends bien, mais je pense que cette crise-là ne va pas en sa faveur.
05:10Je pense que cette crise-là ne va pas en sa faveur des crises,
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