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  • il y a 3 heures
Tous les jours dans "Et si on en parlait", la psychologue clinicienne Marie-Estelle Dupont livre son édito. Pour envoyer votre témoignage ou contacter l’équipe de l’émission, n’hésitez pas à écrire à etsionenparlait@europe1.fr

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Transcription
00:00Aujourd'hui on va parler du projet de loi sur l'euthanasie et le suicide assisté.
00:04Dit projet de loi fin de vie, il arrive au Sénat demain.
00:07Ce n'est pas un xième texte de loi sur la santé en France dont il est question,
00:11mais d'un vrai basculement sociétal.
00:14Et on a une heure pour bien comprendre les enjeux de ce texte, Marie-Estelle Dupont.
00:20Oui, quand j'observe ce qui se passe en France, je me dis que c'est un garçon optimiste.
00:25La main mise de l'État sur notre corps, notre pensée, nos déplacements,
00:28les QR codes, la suppression des rides funéraires pendant la pandémie, rappelez-vous,
00:32la réduction de la vie, de la mort et de la santé à des données statistiques
00:36auront enterriné la déshumanisation en marche de notre société
00:39si prompte à se vanter, d'être éclairée et inclusive.
00:42Alors le sujet du jour, chers auditeurs d'Europe 1, ce n'est pas le droit individuel de se suicider.
00:48C'est ce qu'une société dit lorsqu'elle revient sur l'interdit de tuer,
00:51qui n'est pas religieux, je le rappelle, mais civilisationnel.
00:54« Je veux, dans la précipitation actuelle, à inscrire dans le droit français
00:58l'injection létale pour les malades, mettre une virgule, des points de suspension,
01:02faire un pas de côté, pour penser le bouleversement anthropologique d'une société
01:06qui inscrit dans sa loi, avec une insoutenable légèreté, je trouve,
01:10la possibilité de tuer sans que les proches aient leurs mots à dire.
01:14Le discours progressiste est un discours sans ponctuation.
01:17Il enchaîne les infinitifs comme autant de passages à l'acte pour accélérer dans l'aide à mourir.
01:24Quand on se sent légitime, on ne se précipite pas pourtant.
01:27Étrange empressement de certains dans la modernité à liquider au plus vite
01:31tous ceux qui risqueraient d'être à leur corps défendant trop longtemps dépendants.
01:36Pas un mot sur le développement possible grâce à la technique moderne des soins palliatifs.
01:40Pas un mot des liens humains dont on sait pourtant qu'ils sont impuissants anthalgiques
01:45tant les hormones d'attachement apaisent la douleur physique.
01:49C'est ce qui explique qu'un bébé qui hurle se calme quasiment instantanément dans les bras de sa mère
01:53ou qu'un de mes patients à l'hôpital dont les tremblements ne cessaient même avec des médicaments
01:57s'apaisa d'un coup lorsque je posais ma main sur son bras avec sa permission.
02:02Magie du lien et de la présence qui dit « je suis à vos côtés ».
02:06Mais ça coûterait trop cher.
02:08Alors aujourd'hui je voudrais parler de la façon dont on fabrique le consentement
02:11et le désir de mourir dans un monde qui bientôt fera de la relation humaine dans le soin
02:15le privilège des plus aisés.
02:17Car on propose un droit qui deviendra une injonction, puis un devoir.
02:22On dira aux dépressifs « suicidez-vous, n'écoutez pas ceux qui vous disent que la vie vaut la peine d'être vécue,
02:27ils vous manipulent, c'est votre droit ».
02:29Une possibilité est parfois, chers auditeurs d'Europe 1, ce qui précède une incitation.
02:33« Je suis inquiète, car bientôt le médecin et l'État auront droit de vie et de mort sur les innocents ».
02:39« Je suis inquiète, car bientôt le médecin et l'État auront droit de vie et de mort sur les innocents. »
02:44« Je suis inquiète, car bientôt le médecin et l'État auront droit de vie et de mort sur les innocents. »
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