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  • il y a 5 heures
Christine Kelly revient, de 11h30 à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:0111h30-13h, Christine Kelly sur Europe 1.
00:05Ce n'est que sur Europe 1 que vous pourrez entendre un débat pour, un débat contre, avec des arguments, avec des médecins, avec des patients, avec des gens en fin de vie.
00:16Et c'est maintenant. Nous avons dans le studio Ségolène Pireucieux qui est médecin, qui est spécialisé en soins palliatifs,
00:24qui est présidente de la SFAP, Société Française d'Accompagnement et de Soins Palliatifs.
00:28On lui parlera dans un instant, on lui demandera ce que c'est qu'être soulagé.
00:32Être soulagé sans souffrir, est-ce que c'est possible ? On reviendra avec elle là-dessus.
00:36Nous sommes ainsi avec Aïmania et le professeur Émilie Ritt d'Éthique Médicale,
00:40qui parlait de dégélisibles ces personnes qui sont en situation de handicap.
00:45Pourquoi est-ce qu'ils sont la cible de ce texte ? On en parlera aussi avec lui.
00:49Mais d'abord, nous sommes en ligne avec Gaïa. Gaïa qui est en train de nous expliquer,
00:53et puis qui représente un peu tous ceux qui sont pour ce texte.
00:56Et j'aime bien parce que Gaïa a commencé par nous dire si j'ai bien compris le texte de la loi.
01:02Et elle nous expliquait qu'elle a accompagné son mari, 69 ans, en fin de vie, pendant trois semaines,
01:08et c'était difficile sur tout la nuit.
01:10Dites-nous comment ça s'est passé, et pourquoi vous êtes pour ce texte de l'Eda Morea, ma chère Gaïa,
01:16qui nous appelle du centre de Val-de-Loire.
01:18– Allô ? – Oui.
01:21– Vous m'entendez ? – Bien, parfaitement Gaïa.
01:24– OK. Voilà. Parce qu'effectivement, quand on avait anticipé avec mon mari le fait qu'il voulait éventuellement partir de sa propre volonté,
01:36le seul recours serait d'aller en Belgique.
01:39Mais la maladie, il est beaucoup trop avancé pour pouvoir faire cette démarche.
01:45Donc il avait signé tous les papiers pour dire qu'il ne voulait pas qu'on le prolonge en cas de souci.
01:51Enfin, il était forcément des soucis dans sa maladie.
01:55Et la neurologue m'ayant dit que parfois les gens changeaient d'avis,
02:01j'ai vérifié, quand il a commencé à ne plus pouvoir s'alimenter sans faire de fausses routes,
02:05qu'il était bien toujours contre le fait qu'on l'alimente en intubant.
02:12Et là, il a été très clair. Il a dit non, je ne veux pas.
02:16– Non, je ne veux pas ?
02:17– Je ne veux pas qu'on m'intube, qu'on me nourrisse de façon par intubes.
02:21– Non à l'acharnement thérapeutique, on va dire.
02:23– Non à l'acharnement thérapeutique.
02:24– C'est déjà autorisé par la loi Néonetti, si ma mémoire est bonne.
02:26– Voilà. En fait, il n'était plus à la maison,
02:29puisque c'était devenu trop dangereux pour moi de le garder à la maison.
02:32On était donc en EHPAD et on nous a proposé le soin palliatif.
02:41Et entre-temps, s'il commençait à trop souffrir,
02:45éventuellement le mettre sous morphine avec l'HAD, il ne se passait rien.
02:50Donc un soir, j'ai demandé à la famille pourquoi il ne se passait rien.
02:54Mais il va bientôt partir en soin palliatif.
02:57Oui, ça fait trois semaines qu'il souffre.
02:58Donc pendant trois semaines, il a souffert.
03:02Moi aussi, je vais vous dire, c'était très dur de le voir comme ça.
03:05– Bien sûr, Gaïa.
03:06– Et donc, il part en soin palliatif demain matin.
03:12Cette famille est partie.
03:15J'ai demandé à quelqu'un d'autre d'appeler l'HAD.
03:18Ils ont accepté de le mettre sous morphine.
03:21On est parti le lendemain matin en soin palliatif.
03:25Et 48 heures plus tard, il a été décédé.
03:29Si c'était arrivé trois semaines plus tôt,
03:31parce que moi, j'ai vu ce qui s'était passé
03:33dès qu'il a été en soin palliatif.
03:35Effectivement, il a été apaisé.
03:37– Ah, très intéressant.
03:38– Jusqu'au bout, de toute façon.
03:40Ça aurait pu être trois semaines plus tôt.
03:42Donc lui, ça faisait trois semaines qu'il voulait partir.
03:45Il n'en pouvait plus.
03:47C'est horrible d'étouffer, de mourir en étouffant.
03:50– Restez en ligne avec nous, ma chère Gaïa.
03:52– Je voudrais vraiment comprendre si c'est quoi.
03:54Par contre, je suis d'accord avec ce que dit la première dame.
03:57– Mais justement, je vais lui donner la parole.
03:59– Voilà.
04:00Je comprends qu'on ne peut pas, qu'à cadeau,
04:03décider pour une personne.
04:04Non, ça, c'est vraiment le choix.
04:06– Donc vous êtes pour le texte, finalement.
04:09C'est intéressant ce que vous dites, Gaïa.
04:11Parce qu'à la fois, vous dites que vous êtes contre le texte,
04:13pour le texte, parce que vous avez vu votre mari souffrir
04:17terriblement pendant trois semaines.
04:18et à la fin, vous dites effectivement que lorsqu'il arrivait en soins palliatifs,
04:23il a été soulagé.
04:24Et que vous dites qu'on ne peut pas décider à la place, effectivement.
04:29Donc c'est intéressant comment vous passez du fait d'être pour le texte,
04:33au fait finalement d'être peut-être contre.
04:35Je me tourne vers effectivement Ségolène Perrucchio.
04:39Quel regard vous portez sur ce que dit madame
04:41et sur le fait qu'il ait été soulagé ?
04:44Mais elle dit, ça aurait pu être trois semaines plus tôt.
04:46– Bien sûr, je suis malheureusement, je n'entends que trop souvent
04:50ce genre de témoignage et j'en suis tellement désolée.
04:54Et quand je dis on sait faire, c'est exactement ce dont témoigne madame.
04:57Elle a été, son mari manifestement n'a pas été suffisamment soulagé
05:01pendant plusieurs semaines.
05:03Et qu'est-ce que ça peut être long ?
05:05Et qu'est-ce que je sais pour accompagner des patients ?
05:07À quel point c'est difficile ? Est-ce que ce monsieur a dû vivre ?
05:09Et cette dame a dû vivre ? Est-ce que c'est terrible ?
05:11Et elle le témoigne elle-même qu'à la fin, il a pu être soulagé.
05:15Alors j'en suis ravie pour lui, mais je suis tellement désolée
05:18qu'il ait fallu attendre deux jours avant sa mort.
05:21Nous, les acteurs de soins palliatifs, nous militons pour des prises en charge précoces.
05:24Contacter une équipe de soins palliatifs n'a jamais fait mourir personne.
05:28Contacter une équipe de soins palliatifs, c'est permettre peut-être d'éviter ces trois semaines
05:32de mettre ce monsieur tout de suite sous les traitements nécessaires
05:36si c'était de la morphine dont il avait besoin, ce qui est effectivement a priori adapté.
05:41Mais bien en amont, il aurait très certainement pu être mieux soulagé
05:44s'il y avait eu plus de moyens et des personnes autour de lui mieux formées.
05:48C'est pourquoi on se bat.
05:49Aujourd'hui, ce qui nous terrifie, c'est l'idée qu'on puisse demander le Danazi
05:52par un défaut d'accès aux soins.
05:54Ségolène Peruccio, médecin en soins palliatifs, présidente de la SFAP,
06:00la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs.
06:03Question, pourquoi justement on ne propose pas des soins palliatifs plus tôt ?
06:08Alors vous militez pour ça, ce qui éviterait effectivement une souffrance.
06:12Et effectivement, au lieu d'aller vers ce texte, au lieu d'aller vers l'aide à mourir,
06:16pourquoi est-ce qu'on ne propose pas plus tôt pour éviter les trois semaines de souffrance ?
06:19Comme nous disait Gaïa, qui nous a témoigné du terrible décès de son époux.
06:25Parce qu'on n'est pas bien formé en France.
06:29On est formé à guérir, on n'est pas formé à accompagner, on n'est pas formé à soulager.
06:33Soulager, accompagner, c'est anecdotique, mais l'objectif des professionnels de santé, c'est de guérir.
06:37Ça, c'est la première chose.
06:38La deuxième chose, c'est qu'on manque de moyens.
06:40Peut-être que cette dame qui dit que son mari devait être pris en hospitalisation à domicile
06:45a attendu peut-être que l'hospitalisation à domicile n'avait pas assez de soignants,
06:49a mis du temps à se mettre en place parce qu'on manque de moyens.
06:52Donc il y a vraiment plusieurs facteurs,
06:56mais il y a quand même ce sujet de on n'est pas formé à l'accompagnement,
06:59on n'est formé qu'à guérir.
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