- il y a 4 heures
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00:00D'abord, nous sommes avec Pierre-Marie Sèvres, directeur de l'Institut pour la Justice,
00:07avec ce sondage dont on a parlé ce matin, un sondage qui vient de sortir CSA pour Européens, CNews, le GDD.
00:1464% des Français estiment aujourd'hui que la justice n'est pas impartiale et c'est un chiffre en hausse. Votre réaction ?
00:22Bon, moi je trouve que c'est un chiffre qui est rassurant parce que, effectivement, la justice n'est pas assez impartiale.
00:28Évidemment, on ne peut pas dire que la justice n'est pas impartiale.
00:31Ça me rassure parce que, c'est vrai, la justice n'est pas assez impartiale et comme sur beaucoup de sujets, sur la justice, sur la sécurité, sur l'immigration,
00:40quand on pose la question aux Français, ils demandent tous plus de fermeté.
00:44Le problème, c'est que depuis 40 ans, ils n'ont pas cette fermeté qu'ils demandent.
00:47Donc, moi j'estime que, effectivement, on peut apporter de la nuance.
00:51La justice est, dans l'écrasante majorité des cas numériquement, impartiale.
00:55Si vous avez un problème quelconque et que vous allez devant la justice,
00:59il y a de très, très, très, très fortes chances que vous ayez une justice impartiale en face de vous et tant mieux.
01:03Mais en revanche, elle n'est pas assez impartiale parce qu'elle devrait l'être systématiquement.
01:07Et en tout cas, c'est tout le problème de l'impartialité, en fait.
01:10C'est qu'en fait, dans le sujet de l'impartialité, il y a ce qu'on appelle l'impartialité objective.
01:15C'est quand on parle d'impartialité, quand la Cour européenne des droits de l'homme nous parle d'impartialité,
01:18quand le Code de procédure pénale nous parle d'impartialité, il nous parle d'impartialité objective.
01:23C'est-à-dire que le moindre doute objectif sur la partialité ou l'impartialité d'un magistrat,
01:29dès lors qu'il y a un doute, ça pose un problème puisque le justicien perd confiance en la justice.
01:34Et donc, c'est tout le problème.
01:35Et moi, je pense qu'il y a beaucoup d'éléments objectifs depuis 40 ans,
01:39et principalement le comportement des syndicats de magistrats,
01:42enfin un syndicat de magistrats en particulier, le syndicat de la magistrature,
01:44beaucoup de comportements qui posent des doutes sur l'ensemble de la magistrature,
01:49et donc sur bien des affaires.
01:50On peut prendre l'affaire Nicolas Sarkozy par exemple,
01:52quand Nicolas Sarkozy est jugé par un juge qui a manifesté publiquement contre ses politiques il y a 15 ans,
01:58c'est une question d'interprétation et d'appréciation,
02:01mais mon appréciation personnelle, c'est que ça pose un problème de partialité.
02:04Vous êtes sur Europe 1, Pierre Maricef, directeur de l'Institut pour la Justice.
02:1064% des Français jugent la justice non impartiale, cette défiance est en hausse.
02:1462% en décembre 2024.
02:16Les condamnations, on le disait, de Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy ont ravivé le débat,
02:20et puis les jeunes sont les plus critiques à 82%.
02:23Les CSP moins et inactifs doutent plus que les CSP plus.
02:28La droite et la droite nationale expriment la plus forte défiance,
02:31et les électeurs du PS et Renaissance restent majoritairement confiants.
02:35C'est intéressant, Gabrielle Cluzel.
02:36Oui, mais c'est assez naturel, c'est presque mécanique, si j'ose dire.
02:43Puisqu'il y a déjà un syndicat, alors certes, il ne fait que, mais c'est déjà énorme,
02:4830% aux élections professionnelles, et certes, tous les juges ne votent pas à ces élections,
02:53qui revendiquent sa partialité.
02:56Elle revendique, elle l'affiche, elle va dans des manifestations,
02:59où elle proteste contre tel ou tel candidat,
03:01elle dit, je suis de ce bord-là, je suis de gauche, je le revendique,
03:04je suis même d'extrême gauche, et je serai partiale.
03:06On se souvient de la Rang Bodo, qui a été l'acte fondateur de ce syndicat de la magistrature.
03:10Donc évidemment, vous vous dites, à chaque fois que vous êtes jugé,
03:13c'est la roulette russe.
03:14Peut-être que je peux tomber, j'ai une chance sur trois,
03:17de tomber sur un magistrat de ce type-là.
03:20Donc ça émousse la confiance, et là où je rejoins tout à fait Pierre-Maricev,
03:24c'est que ça jette le doute sur l'ensemble de la profession.
03:27Vous comprenez ?
03:28C'est-à-dire que, même nous, journalistes, nous le constatons,
03:31quelquefois, quand nous couvrons des manifestations,
03:32les gens nous disent, ah, j'aime pas les journalistes,
03:34parce que certains journalistes l'auront semblé partiaux.
03:37Et ça diffuse, ça jette l'opprobre sur tout ça.
03:41Un peu pareil avec les magistrats, puisque moi, j'en connais des magistrats tout à fait,
03:44comment dire, honnêtes, et qui ont une vraie volonté d'honnêteté.
03:49Donc ça, c'est le premier point.
03:50D'ailleurs, ça peut s'exprimer par une partialité,
03:52mais aussi par la vitesse avec laquelle on juge.
03:54Alors ça, ça se constate aussi dans le monde politique.
03:56Ça aussi, c'est une interrogation.
03:58Pourquoi on arrive à juger si vite Marine Le Pen,
04:00et pourquoi ça patine, je reprends un mot qui a été employé dans la presse récemment,
04:03pourquoi ça patine pour Jean-Luc Mélenchon ?
04:06Mais pardon, ça interroge.
04:07Et pas que.
04:08Je cite deux exemples emblématiques, parce que ce sont deux candidats à la présidentielle.
04:12Donc tout cela, évidemment, moi, je suis presque surprise
04:15qu'il y en ait autant qui pensent que la justice est impartiale.
04:18On va marquer une pause, on va se demander effectivement
04:20pourquoi les jeunes doutent-ils autant de l'impartialité judiciaire,
04:23la politisation du débat nuit-elle à l'autorité et des décisions de justice ?
04:27Comment restaurer la confiance citoyenne sans affaiblir l'indépendance judiciaire ?
04:30La suite à 11h47 sur Europe 1, nous revenons sur ce sondage CSA pour Europe 1, CNews et le JDD qui vient de sortir.
04:4164% des Français estiment aujourd'hui que la justice n'est pas impartiale, un chiffre en hausse.
04:46Alors qu'en pensez-vous ?
04:47Vous nous appelez au 01-80-20-39-21 et pour en parler, Christine, nous avons comme invité Pierre-Marie Sèvres,
04:53directeur de l'Institut pour la Justice.
04:56Oui, avant de redonner à parler à Pierre-Marie Sèvres, peut-être Eric Tegner qui ne s'est pas encore exprimé sur le sujet,
05:01lorsqu'on voit effectivement que 64% des Français estiment que la justice n'est pas impartiale,
05:06lorsqu'on voit la condamnation de Marine Le Pen, celle de Nicolas Sarkozy,
05:10c'est une certaine défiance qui s'accumule, qui interpelle.
05:14Qu'est-ce que ça vous évoque, vous, ce matin ?
05:16D'autant plus qu'on voit que ce sont les jeunes qui sont les plus critiques.
05:19Quand vous voyez Jérôme Cahuzac, ministre du budget, qui ment aux Français,
05:23qui dit qu'il veut lutter contre la fraude fiscale et on découvre qu'en fait,
05:26cet homme a un compte bancaire en Suisse et que Jérôme Cahuzac n'est pas allé en prison,
05:31la réponse, vous savez, elle est vite donnée.
05:35Le problème aujourd'hui, c'est qu'il y a certaines délinquances qui peuvent être sanctionnées,
05:38on peut parler de la délinquance en col blanc,
05:40mais toute l'autre délinquance, cette délinquance du quotidien,
05:43vous vous faites agresser dans un quartier, par des gens issus de l'immigration,
05:47par des étrangers, les Français, ils voient très bien que beaucoup sont relâchés dans la nature,
05:51il y a beaucoup de circonstances atténuantes, la question sociale,
05:53on va vous dire, ah oui mais le pauvre, c'est quand même difficile, tu comprends,
05:56on va essayer de psychiatriser toutes les situations.
05:58Donc c'est ce qui crée, vous savez, au-delà de l'incompétence,
06:01en tout cas du manque de moyens de la justice qui fait que c'est extrêmement lent,
06:04c'est vraiment ce sentiment de se dire, le jour où quelqu'un ait pris la main dans le sac,
06:07c'est pas normal qu'ils sortent de prison.
06:09Eh bien si, ils les voient dehors, dans leur propre rue, et ils ne peuvent rien y faire.
06:13Mais Pierre-Maricef, je reviens avec vous dans le studio, attendez-nous Yael, j'arrive,
06:16sur cette justice, parce que moi lorsque je vois effectivement,
06:20Pierre-Maricef, là c'est la juridiction française qui va libérer des criminels,
06:24faute de pouvoir les juger dans les temps, pardon, mais c'est violent,
06:28c'est violent de voir ça, c'est violent de voir que des criminels, des violeurs,
06:33vont se retrouver dans la rue.
06:34Par contre, oui, Nicolas Sarkozy, oui, voilà, bravo, il a été en prison.
06:37Oui, et puis vous avez peut-être vu, la semaine dernière, dans le Tarn-et-Garonne,
06:40il y a un chef d'entreprise qui a tiré sur des cambrioleurs.
06:42Le chef d'entreprise est poursuivi naturellement par la justice,
06:45donc effectivement, on se dit, on a un problème de priorité.
06:48C'est ça.
06:49Aller attaquer, aller emmerder des gens, parce que désolé, le mot c'est ça,
06:52il y a certaines affaires que je pourrais vous raconter.
06:53Oui, on peut le dire, les chefs d'État le disent.
06:54Aller emmerder un papy, comme ça a été le cas dans les Pyrénées-Orientales,
06:59parce qu'il a donné un coup de couteau à un cambrioleur
07:01qui rentrait chez lui de nuit sous OQTF,
07:03et le mettre sous pression judiciaire pendant deux ans.
07:06Et pendant ce temps-là, être obligé de ne pas s'occuper des autres dossiers,
07:10de trafic de drogue, d'homicide,
07:11parce que ça, on le dit très peu,
07:13mais la France, depuis quelques années,
07:14est repassée au-dessus de la barre des 1000 homicides par an.
07:16Donc évidemment qu'au bout d'un moment,
07:17on va avoir un embouteillage dans les tribunaux.
07:20Mais donc il y a un problème de priorisation
07:21qui me paraît quand même assez problématique
07:23et qui rejoint d'ailleurs la première question, l'impartialité.
07:27Moi, le constat, c'est que depuis 40 ans,
07:30le syndicat de la magistrature et la gauche en général au sein de la magistrature
07:33est open bar et peut faire ce qu'elle veut,
07:36déjà parce qu'elle est très puissante et très nombreuse au sein de la magistrature.
07:40Et puis parallèlement, et cette gauche-là d'ailleurs,
07:43elle adhère à des théories juridiques et judiciaires bien précises,
07:48comme la défense sociale nouvelle,
07:50qui elle, inverse la culpabilité,
07:52c'est-à-dire que le chef d'entreprise de plus de 50 ans,
07:57qui est un homme, qui est blanc, etc., lui, il a toujours tort.
08:00Donc lui, on va être très dur contre lui.
08:02Par contre, la pauvre personne sous OQTF,
08:05qui est vide dans la pauvreté...
08:05Comme le squatteur et le squatté,
08:07alors que je n'ai jamais le nid à régler le problème.
08:09C'est une inversion de la culpabilité.
08:10Oui, inversion de la culpabilité.
08:12Alors que je me rappelle qu'on avait parlé d'un plan de construction
08:15de 15 000 places en prison en 2017.
08:17Où est-ce que ça en est ?
08:18En 2017, on devait construire 15 000 places en 5 ans.
08:21Là, on est pratiquement 10 ans plus tard,
08:22on va avoir construit 5 000 places au mieux.
08:24Non mais c'est incroyable.
08:25Vous aviez fait un documentaire, vous avez reçu là-dessus sur la justice.
08:28Oui, absolument.
08:28Et qu'est-ce qu'il disait déjà ce documentaire ?
08:29Ce documentaire revenait sur tous les scandales de la gauche.
08:33C'est ça.
08:33Les magistraces.
08:34Et la même mise de la gauche sur la justice.
08:37Et l'impunité de la gauche au sein de la justice,
08:40c'est-à-dire le syndicat de la magistratur,
08:41qui peut faire des tracts avec des policiers caricaturés en port,
08:45qui peut faire un mur des cons,
08:46et 5-6 ans plus tard, retrouver les niveaux d'élections de 30%
08:50comme on en a parlé tout à l'heure, aux élections professionnelles.
08:52Donc ils sont dans l'impunité.
08:53Ils n'ont aucune sanction.
08:54Et le conseil supérieur de la magistrature,
08:57qui est le juge des juges,
08:58donc vous savez, la police de la police,
09:00il y a le juge des juges, le conseil supérieur de la magistrature.
09:01Éric Tegner, on entend que vous mangez un bonbon, je le dis.
09:04C'est Géraldine qui me l'a laissé.
09:05Oui, mais c'est pas une raison.
09:06Dis donc, il dit non, c'est le camarade.
09:08Et puis vous me le donnez, comme ça on est mieux.
09:09C'est pour la remercier.
09:11Pardon Pierre-Marie, c'est en direct.
09:12Le juge des juges qui ne punira pas Éric Tegner,
09:13parce qu'il ne punit personne,
09:14même quand on met en nous des bonbons en plein direct.
09:17Mais le juge des juges, justement, il ne punit personne.
09:20Il ne punit pas les syndicats de magistrats
09:21qui font n'importe quoi,
09:22qui prennent des positions politiques
09:23et qui détruisent la confiance en la justice.
09:26Et je rappelle là-dessus qu'il y a moins d'un Français sur deux
09:28qui a confiance en la justice de son pays.
09:29C'est gravissime.
09:30Merci beaucoup à Pierre-Marie Sef d'avoir été avec nous.
09:33Je sais que vous allez à CNew, c'est ça ?
09:34Absolument.
09:35Et vous êtes directeur de l'Institut pour la justice.
09:38Appelez-nous si vous voulez réagir effectivement à ce sondage.
09:4164% des Français qui estiment aujourd'hui
09:43que la justice n'est pas impartiale, un chiffre en hausse.
09:45Et cette défiance, pour moi, c'est un signe de la crise,
09:50de la démocratie aujourd'hui.
09:53Et je pense qu'elle est vraiment...
09:54Ce chiffre-là est beaucoup plus impactant même qu'on ne le croit.
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