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#film vintage, regarde les film anciens. Bon film à tous et n'oubliez pas de vous abonner.
Transcription
00:00Sous-titrage Société Radio-Canada
00:30Any statement he makes is being made under oath.
01:001871, unification de l'Italie. La guerre fratricide aura duré plus de 20 ans.
01:14Pourtant, la paix enfin retrouvée n'apporte pas la prospérité. L'indépendance a un prix et tout est à construire.
01:28L'unification met en lumière l'immense disparité qui sépare l'Italie du Nord de celle du Sud.
01:39A la révolution industrielle qui a déjà gagné des villes comme Milan ou Turin, s'oppose soudain la misère profonde de celle du Sud.
01:53On raconte même que les familles y arrachaient le plâtre des murs pour tenter d'en faire du pain.
02:01Pour cette population-là, le seul salut devient l'exil.
02:15Entre 1880 et 1920, 4 millions d'Italiens, dont 70% venus du Sud, décident de migrer vers les États-Unis.
02:24Pour tous, au bout du voyage, Ellis Island.
02:44Petite île au large de New York, voisine de la Statue de la Liberté,
02:51Ellis Island est la porte d'entrée des immigrants.
02:54On l'appellera l'île aux larmes.
02:59Dans les bateaux, ils étaient placés dans l'entrepont et les conditions à bord étaient particulièrement dures.
03:05Une des maladies qu'ils recherchaient était le trachome, une maladie qu'on attrape par l'eau polluée.
03:25C'était une maladie qui affectait surtout les gens du Sud, très pauvres.
03:32Si vous étiez testé positif, on vous renvoyait.
03:36Il y avait donc beaucoup de craintes.
03:38Chez les femmes particulièrement, car on les séparait de leurs enfants.
03:44Et dans la tente, elles étaient terrifiées à l'idée de ce qu'on pouvait leur faire.
03:47C'était des gens désespérés et très pauvres, qui ne voulaient pas quitter leur pays, mais qui n'avaient pas le choix.
04:00C'est fascinant les similarités qu'il y a avec aujourd'hui.
04:03À Ellis Island, il fallait très vite dire si vous veniez du Nord ou du Sud de l'Italie.
04:12Parce qu'il y avait du racisme à l'encontre des Italiens du Sud, qui étaient plus foncés que ceux du Nord.
04:18Et les Siciliens étaient les plus foncés d'entre eux.
04:26Ils étaient considérés comme des fauteurs de troubles.
04:33Les Américains n'aimaient pas les étrangers qui ne parlaient pas anglais.
04:42Et on ne leur a clairement pas déroulé le tapis rouge.
04:45Ils avaient des coutumes étranges.
04:48Et se comportaient de manière bizarre pour les Américains.
04:53Car, comme ils arrivent souvent aux émigrés,
04:57dans un premier temps, les Italiens, mais les Siciliens surtout,
05:01et les Méridionaux en général,
05:02essayaient d'économiser le plus d'argent possible
05:05pour pouvoir rentrer chez eux ou pour l'envoyer à leur famille.
05:08Donc, ils menaient une vie misérable.
05:12Ils ne s'intégraient pas.
05:14Et donc, pour les Américains, ils semblaient des sauvages.
05:16Il y avait donc la peur de l'Italien en teint foncé qui débarquait aux Etats-Unis.
05:28Mais cette main-d'œuvre est indispensable à une Amérique en pleine révolution industrielle.
05:33construction du métro, des voies ferrées.
05:43Les Italiens acceptent les emplois les plus difficiles,
05:47s'attaquant aux travaux les plus longs,
05:49et surtout, les plus dangereux.
05:51On disait que les migrants venaient aux Etats-Unis
05:58parce que les trottoirs étaient pavés d'or.
06:01Alors, les Italiens, en rigolant, disaient
06:03que non seulement les trottoirs n'étaient pas pavés,
06:06mais qu'en plus, c'était à eux de le faire.
06:07Naturellement, ils se regroupaient dans les mêmes quartiers à New York
06:20et dans toutes les grandes villes américaines.
06:26Ces quartiers prenaient alors le nom de Little Italy,
06:29avec des sections qui prenaient le nom de Little Sicily.
06:33Certains prenaient même le nom des villages d'origine.
06:37Ce qui les différenciait des autres groupes ethniques,
06:43c'était qu'ils ne sortaient pas de leur enclave.
06:45Ils se sont isolés.
06:50Et ils restaient très attachés
06:52au mode de vie de leur village natal.
07:02Il faut savoir que dans ce pays,
07:05on parlait une langue qui leur était complètement étrangère.
07:07Donc, la barrière linguistique était très forte
07:11et cela a beaucoup contribué à l'autoségrégation.
07:20Dès le début du XXe siècle,
07:23New York devient la plus grande ville italienne du monde.
07:27Parmi la population d'origine italienne,
07:29entre 30 000 et 40 000 auraient été des criminels
07:34dans leur pays d'origine.
07:37A Little Italy,
07:39les travailleurs,
07:40les familles honnêtes
07:41vont devenir leurs proies.
07:46Ces gangsters
07:47ont une nouvelle organisation
07:48de Black Hand,
07:51la main noire.
07:53Leur activité principale,
07:55l'extorsion.
07:56C'étaient des prédateurs
07:59envers leurs propres compatriotes.
08:01Ils forçaient les commerçants
08:03à les payer pour leur protection.
08:05Ils volaient
08:06et faisaient des braquages
08:08dans leur propre quartier.
08:09Ils faisaient des choses
08:20horribles.
08:21Ils kidnappaient des enfants
08:22et terrorisaient les gens.
08:25C'était vraiment les prémices
08:27d'une organisation criminelle.
08:29Mais il n'est pas certain
08:29que la main noire ait eu des relations
08:31avec la mafia,
08:33ni même que des membres
08:34de la main noire
08:35aient adhéré plus tard
08:36à la mafia sicilienne.
08:37C'était à ce moment-là
08:38une organisation criminelle
08:40qui s'attaquait
08:40aux plus pauvres.
08:44À ce gang italien,
08:46la police new-yorkaise
08:47oppose alors
08:48une solution italienne.
08:52Joe Petrosino
08:53est ainsi engagé.
08:57Premier policier
08:58d'origine italienne,
09:00il sera vite surnommé
09:01le Sherlock Holmes italien.
09:02Il est envoyé au pays
09:06pour enquêter
09:07sur le passé criminel
09:08des membres
09:08de la main noire.
09:15Et c'est vers la Sicile
09:16que son enquête l'emmène.
09:20Dans l'île,
09:21la mafia est fortement ancrée
09:22depuis plus de 50 ans.
09:25C'est une mafia de village
09:26qui s'est frappée
09:27sur la seule richesse
09:28du pays,
09:30son agriculture.
09:31Les paysans
09:32et leur travail
09:33en sont les premières victimes.
09:43À la fin du 19e,
09:45la mafia est un ensemble
09:47de groupes affairistes,
09:48criminels
09:49qui assument le plus souvent
09:50une fonction
09:51que je qualifierais
09:52de...
09:54sécurité publique
09:56par procuration.
09:57C'est-à-dire
10:01qu'ils collaborent
10:02avec ou se substituent
10:04aux forces de l'ordre
10:05pour la protection
10:06de biens privés,
10:07de terres
10:08ou d'entreprises.
10:13Donc,
10:13on a des entrepreneurs
10:14ou des propriétaires terriens
10:16qui comptent
10:17sur des criminels
10:18pour se protéger
10:19de criminels.
10:20Et c'est la période
10:23où la noblesse sicilienne
10:25perd entièrement
10:27ses privilèges
10:28au profit de ceux
10:30qu'on appelle
10:31les Borghesi,
10:32dont certains
10:35étaient mafieux
10:36et d'autres
10:37de riches bourgeois
10:39qui utilisaient
10:40la violence
10:41pour prendre possession
10:43des terres
10:43des nobles.
10:44Et cette mafia sicilienne
10:48ne craint rien,
10:50s'attaquant même
10:51aux autorités
10:52qui osent la contrer.
10:55Gio Petrosino
10:55sera assassiné
10:57en Sicile
10:58en 1909.
11:07C'est l'Italie
11:08en 1922.
11:10Ces hommes marchés
11:11sont membres
11:12d'un nouveau
11:13parti politique italien.
11:14Les fascistes
11:15fondés et led
11:17par un flamboyant
11:18ex-éditeur,
11:19ex-armi-corporal,
11:20ex-socialiste
11:21Benito Mussolini.
11:27Au début des années 20,
11:30Mussolini prend le pouvoir
11:31en Italie.
11:33Un régime fasciste
11:34qui entend bien régner
11:35seul sur le pays.
11:39Le nouveau gouvernement
11:40autoritaire
11:41s'attaque logiquement
11:41à la mafia.
11:42et l'arme de Mussolini
11:45a un mot.
11:46César et Mori,
11:48nouveau préfet de Sicile.
11:52Mori est un homme dur,
11:54sans merci.
11:56Celui que l'on surnomme
11:57le préfet de Fer
11:58multiplie les rafles
12:00dans les milieux mafieux.
12:02Procès de pacotille,
12:04prévenu exhibé dans des cages,
12:051200 mafieux seront ainsi
12:08condamnés.
12:10Mais la méthode musclée
12:11du préfet Mori
12:12aura d'autres conséquences.
12:18Le fascisme
12:19était contre la mafia,
12:22comme toutes les dictatures.
12:25Un dictateur ne peut pas
12:26accepter qu'il y ait
12:27un pouvoir alternatif.
12:27La conséquence
12:30est que de nombreux chefs
12:31de la mafia
12:32quittèrent la Sicile,
12:34car ils ne pouvaient plus
12:35exercer leur pouvoir.
12:38Ils ont laissé derrière eux
12:39les seconds couteaux,
12:40leurs compagnons,
12:42leurs acolytes,
12:44leurs officiers.
12:45Et les généraux,
12:47eux,
12:47sont partis
12:48et ont exporté
12:50une culture
12:50et une économie criminelle
12:52mafieuse
12:52dans beaucoup de pays
12:54du monde,
12:55dont les États-Unis.
12:58Il n'y avait pas
13:00de stratégie
13:00de la mafia sicilienne
13:02pour s'implanter
13:03aux États-Unis.
13:05Je veux dire par là
13:06que c'est arrivé fortuitement.
13:09Une des raisons
13:10qui a conduit
13:10à l'arrivée
13:11de mafieux
13:11aux États-Unis,
13:13c'est Mussolini.
13:22Des centaines de mafieux
13:23vont débarquer
13:24à New York.
13:26Se présentant
13:26comme des victimes
13:27du régime fasciste,
13:29ils s'insinuent facilement
13:30dans le quartier
13:31de Little Italy
13:32où ils vont se fondre
13:33dans la pègre
13:34déjà présente.
13:39Et l'histoire
13:40profite à la mafia.
13:43Dans un élan conservateur,
13:45les États-Unis
13:45viennent d'instaurer
13:46la prohibition.
13:48Un marché
13:49qui va s'avérer
13:50particulièrement juteux
13:51pour les criminels italiens.
14:03L'alcool est devenu illégal,
14:05mais tout le monde
14:06voulait encore boire.
14:17De Hong,
14:19ce sont les anciens membres
14:21de la main noire
14:21et d'autres trafiquants
14:23qui se sont associés
14:25pour fournir l'alcool.
14:28À l'époque,
14:29la production
14:30d'un baril de bière
14:31revenait à 5 dollars.
14:34Grâce à la prohibition
14:35et à ses speakeasy,
14:36les bars clandestins,
14:38ils se revendent
14:38à 36 dollars.
14:40L'alcool fort
14:41permet des bénéfices
14:42plus colossaux encore.
14:45Les fortunes
14:45se font vite,
14:46les petits gangsters
14:48de Little Italy
14:49entrent soudain
14:50dans une cour nouvelle.
14:52Pour réussir
14:53en tant que gang
14:54organisée
14:55pendant la prohibition,
14:57il fallait avoir
14:57certaines capacités
14:59entrepreneuriales.
15:02Il fallait apprendre
15:03à gérer
15:03une organisation.
15:04Il fallait importer
15:06ou même produire
15:07de l'alcool.
15:08Il fallait protéger
15:09ses stocks.
15:10Il fallait vraiment
15:10gérer une organisation.
15:11La prohibition
15:14a donc été
15:15un véritable terrain
15:16d'entraînement
15:16pour les futurs
15:17boss mafieux.
15:18future mafia bosses.
15:36As it turned out,
15:37from the very beginning,
15:39prohibition
15:39had meant
15:39nothing but trouble.
15:41It heralded
15:41an era
15:42of gangsterism
15:43that shocked
15:43the nation
15:44with its blatant violence.
15:45Rival gangs
15:46fought each other
15:47for control
15:47of the legal beer
15:48and booze.
16:06L'argent coule à flot
16:07et cette fortune nouvelle
16:09dans le quartier
16:10engendre la compétition.
16:12On se bat
16:12dans les rues
16:13de Little Italy
16:14pour contrôler
16:15le marché
16:15de l'alcool.
16:17C'est le début
16:25d'une guerre
16:25sanglante
16:26qui provoque
16:27des centaines
16:27de morts
16:28dans les rues
16:29de New York.
16:33Et dans cette
16:34guerre des gangs,
16:35De Boss émerge.
16:37Salvatore Marronzano
16:39et Joe De Boss
16:40Masseria.
16:41Il se faisait appeler
16:46Joe Le Boss
16:47parce que c'est
16:48ce qu'il voulait être.
16:50Beaucoup de gens
16:50et de détracteurs
16:51l'appelaient
16:52Joe Le Glouton
16:52parce qu'il avait
16:53un énorme appétit.
16:55Il pouvait manger
16:56trois ou quatre plats
16:57de pâtes
16:57avant d'arriver
16:58au plat principal.
17:01Il avait toujours
17:02de la nourriture
17:02qui sortait de sa bouche
17:03et sur ses vêtements.
17:04Il était comme ça.
17:08Mais il avait
17:10beaucoup de pouvoir.
17:12Il avait le plus gros
17:13gang d'italiens
17:13de l'époque
17:14qui était impliqué
17:15dans la prohibition,
17:16le racket,
17:17les complots
17:17et les vols.
17:22Dans les rangs
17:22de Joe Masseria,
17:24un jeune gangster
17:25de 29 ans
17:26va bientôt rentrer
17:27dans l'histoire
17:28des mafias italiennes
17:29et américaines.
17:30Arrivé à New York
17:33à l'âge de 9 ans,
17:34le jeune Sicilien
17:35s'appelle
17:36Salvatore Lucania.
17:40Victime
17:40d'une tentative
17:41d'assassinat,
17:42il aurait eu
17:43la gorge tranchée
17:44et aurait survécu
17:45par miracle.
17:47On le surnomme
17:48depuis
17:49Lucky Luciano.
17:52Légende ou pas,
17:53Luciano garde
17:54des cicatrices
17:55au visage
17:55et une paupière
17:56abîmée
17:57à moitié fermée
17:58qui lui confère
18:00un regard glaçant
18:01à jamais célèbre.
18:04C'était un nouveau type
18:07de gangster italien
18:08aux États-Unis.
18:10Il n'aimait pas
18:12ce que Maranzano
18:13ou Masseria
18:14faisaient
18:15parce qu'ils ne voulaient
18:16pas coopérer
18:17avec les autres gangs.
18:19Alors Luciano
18:20avait compris, lui,
18:21le profit
18:22qu'il pouvait faire
18:23en alliant
18:23les gangs
18:23italiens et juifs.
18:26Il ne voulait plus
18:26des fusions de sang
18:27ni de gros titres.
18:28Il trouvait
18:29que ce que
18:29Masseria faisait
18:30nuisait à tout le monde.
18:32Comme il disait,
18:33ce n'est pas bon
18:34pour les affaires.
18:37Il avait sans aucun doute
18:40le génie du crime.
18:42Il a compris
18:43qu'en commettant
18:44trop de meurtres,
18:46tu exposais
18:46trop l'organisation
18:47et attirais
18:51l'attention
18:52de la police.
18:56Luciano veut mettre
18:57fin à ce bain de sang.
18:57Il doit alors
18:59s'allier au clan rival
19:00et trahir son boss.
19:04Masseria,
19:05le glouton,
19:06est assassiné
19:06dans son restaurant
19:07favori.
19:09On retrouvera
19:10dans sa main
19:10l'as de pique,
19:12la carte de la mort.
19:16Mais Maranzano
19:17se méfie
19:17de son nouvel allié.
19:19Il trouve
19:19Luciano
19:20trop jeune,
19:21trop ambitieux
19:22et décide
19:23de le faire exécuter.
19:24trop tard.
19:27Luciano a compris.
19:28Plus rapide,
19:29il le tue.
19:31C'est la fin
19:32des vieux chefs.
19:34La guerre
19:34des gangs
19:34est terminée.
19:36Lucky Luciano
19:37est le nouveau maître.
19:38En 1929,
19:45il réunit
19:45tous les parra
19:46mafieux du pays
19:47à Atlantic City.
19:49Un sommet
19:49de la pègre
19:50où Lucky Luciano
19:51est dicte
19:52de nouvelles règles,
19:54inspirées
19:54des traditions
19:55de la mafia
19:55sicilienne.
19:58Un génie
19:59du mal,
20:01un génie
20:01diabolique
20:02des affaires.
20:03Il y avait
20:04à l'époque
20:05environ 20 gangs
20:06italo-américains.
20:07Il les a tous
20:08réunis
20:09et a décidé
20:10que la meilleure
20:10chose pour le business
20:12serait la paix
20:13et il a instauré
20:14des règles.
20:19Il a aussi décidé
20:20de faire
20:21ce qu'il faisait
20:22en Italie
20:22ou en Sicile,
20:23c'est-à-dire
20:24une cérémonie
20:24d'initiation,
20:26un pacte de sang
20:28où la règle
20:29de base
20:29serait l'omerta,
20:31que personne
20:32ne coopère
20:32jamais
20:33avec les autorités.
20:35Le principe
20:37le plus important
20:38que Luciano
20:39a imposé
20:39à cette nouvelle
20:40mafia américaine
20:41était celui
20:42de la survie
20:43de l'organisation
20:44avant tout.
20:45L'individu
20:46ne compte plus.
20:48Pour mettre fin
20:50au conflit interne,
20:52Lucky Luciano
20:53propose,
20:54et la proposition
20:55sera acceptée,
20:57d'instaurer
20:57une commission,
20:58c'est-à-dire
21:00un organe
21:01de commandement
21:01central
21:02qui règle
21:03les conflits
21:03internes
21:04et qui distribue
21:05les rôles
21:05entre les différents
21:06clans
21:06qui la composent.
21:11On peut dire
21:12que Lucky Luciano
21:13est le grand
21:14stratège de la mafia
21:15devenu une entreprise
21:17de grande envergure.
21:18La mafia italo-américaine
21:21est née.
21:23Elle s'appellera
21:24Cosa Nostra,
21:25notre chose.
21:27Une société secrète
21:29régie par l'OMERTA,
21:30la loi du silence.
21:32Mais l'idée
21:33de maître
21:33de Luciano
21:34est d'imaginer
21:35une direction
21:36au sommet
21:36de l'organisation.
21:39Cette commission
21:40rassemblera
21:40les représentants
21:41des familles
21:41de chaque grande ville
21:43américaine.
21:43et cinq familles
21:46à New York
21:46où l'organisation
21:47est plus puissante.
21:49Luqueze,
21:50Genovese,
21:51Gambino,
21:53Bonanno
21:53et Colombo.
21:55Pendant les 30 années
21:56à venir,
21:57la mafia ne connaîtra
21:58plus de guerre
21:59intestine.
22:00Luciano
22:00et les autres
22:03savaient que la prohibition
22:05touchait à sa fin
22:06et qu'elle allait être abolie.
22:08Or,
22:08le commerce d'alcool
22:09était la plus grosse source
22:10de revenus
22:10que les gangsters
22:11et la mafia avaient.
22:13Ils ont analysé
22:14la situation
22:14et ont décidé
22:15de se moderniser.
22:19Et Luciano,
22:20qui était une sorte
22:21de Warren Buffett
22:23de la mafia,
22:24car il était brillant,
22:27a décidé
22:27de diversifier
22:28les affaires
22:29de l'organisation.
22:30Grâce à la prohibition,
22:38la mafia a amassé
22:39une fortune.
22:41Comme une multinationale,
22:43l'entreprise se diversifie
22:44et choisit d'investir
22:45dans de nouveaux secteurs
22:46qui, aujourd'hui encore,
22:49restent son terrain de chasse.
22:51Les paris illégaux
22:52et les prêts usuraires.
22:55La mafia infiltre
22:57aussi la construction,
22:59les transports
22:59et le textile.
23:04Elle réussit
23:05à noyauter
23:05tous les secteurs
23:06d'activité
23:07grâce à une nouvelle méthode,
23:09l'infiltration
23:10des syndicats
23:10de travailleurs.
23:15Une des choses
23:18les plus astucieuses
23:19qu'ils ont fait,
23:20c'est de constater
23:21l'importance
23:22que les organisations
23:23syndicales
23:23avaient pris
23:24dans les années 30
23:25aux États-Unis,
23:26en particulier
23:27sur la côte Est
23:28et à New York.
23:29ils comprennent
23:34qu'en infiltrant
23:35les syndicats
23:36les plus importants,
23:37ils pouvaient faire
23:40pression sur les patrons
23:41pour assurer
23:42la paix sociale,
23:44moyennant paiement.
23:45ces syndicats
23:48étaient essentiellement
23:49utilisés
23:50comme des armes.
23:52Au lieu d'utiliser
23:53les armes,
23:54ils avaient
23:54les syndicats
23:55de travailleurs.
23:58Ils allaient voir
23:59les chefs d'entreprise
24:00et leur disaient
24:01« On va faire
24:02une grève
24:03mardi.
24:03si tu ne veux pas
24:07de grève,
24:08il va falloir
24:08nous payer
24:09tant de milliers
24:10de dollars,
24:11sinon il y aura grève. »
24:14C'était donc
24:14de l'extorsion
24:15et c'est comme ça
24:16qu'ils volaient
24:17de l'argent
24:17aux entrepreneurs.
24:18Il y a beaucoup
24:25de preuves
24:25qu'ils exécutaient
24:26quiconque se rebellaient
24:27au sein des syndicats.
24:29Quiconque mettait
24:29en danger
24:30le contrôle
24:31de la mafia
24:31était éliminé.
24:35La Cosa Nostra
24:36Italo-Américaine
24:37est désormais
24:37l'organisation criminelle
24:39la plus puissante
24:40du monde occidental.
24:42Ancien voyou
24:43des rues,
24:44ces maîtres mafieux
24:45se présentent désormais
24:46en hommes d'affaires
24:46respectables.
24:48Presque acceptables
24:49pour la société américaine.
24:51Le magazine Time
24:51classera d'ailleurs
24:52Lucky Luciano
24:53parmi les principaux
24:54bâtisseurs d'empire
24:55du XXe siècle.
24:59Lucky Luciano
25:01a gagné
25:01tellement d'argent
25:02et il avait
25:03tellement de pouvoir
25:04qu'il avait
25:05son propre avion.
25:07Il vivait
25:07dans un des plus
25:08grands palaces
25:09de New York,
25:10le Waldorf Astoria.
25:14Il y avait
25:15une suite
25:15au dernier étage.
25:17Il avait
25:17la belle vie.
25:18Mais en 1936,
25:29Lucky Luciano
25:29tombe
25:30pour proxénétisme.
25:32Verdict,
25:3330 ans
25:34de prison.
25:36Cela ressemble
25:37à une fin de règne.
25:40Pas pour Luciano.
25:41car le génie
25:44de la mafia
25:45va bientôt
25:46réussir
25:46à transformer
25:47la seconde
25:48guerre mondiale
25:48en opportunité
25:50nouvelle.
25:50Le monde est en guerre.
26:00L'Allemagne nazie
26:01d'Hitler,
26:02l'Italie fasciste
26:03de Mussolini,
26:05rejoint par le Japon
26:05impérial,
26:07s'allie dans la force
26:08de l'axe
26:08contre les puissances
26:09alliées.
26:10de l'arrivée.
26:11On
26:25december 7, 1941,
26:26Près de 2500 soldats américains perdront la vie dans l'attaque surprise de Pearl Harbor.
26:47Il va y avoir des attentats à la dynamite dans le port.
27:17Des bateaux de la marine américaine sont coulés.
27:25Les Américains enquêtent et ils comprennent qu'ils sont victimes d'actes de sabotage des Allemands nazis
27:35qui partaient avec leurs sous-marins d'Europe, arrivaient à New York, torpillaient les bateaux et retournaient tranquillement de là où ils étaient venus.
27:48Les Américains étaient très inquiets au sujet des quais de New York.
27:55Une des raisons principales était qu'environ la moitié des gens qui y travaillaient étaient des Italo-américains.
28:03Et Mussolini avait beaucoup de partisans parmi les Italo-américains avant la Deuxième Guerre mondiale.
28:10Ils avaient donc peur qu'il y ait beaucoup de partisans de Mussolini ou des nazis, des sympathisants fascistes,
28:15qui collaborent d'une manière ou d'une autre avec les sous-marins allemands en leur donnant des informations.
28:20Les services secrets américains tentent d'infiltrer le port de New York, en vain.
28:32La mafia tient les quais, y imposant comme toujours l'imparable loi du silence.
28:39Contacté par les agents fédéraux, le patron du marché aux poissons, Joseph Sox Lanza, un Sicilien de la famille Genovese,
28:48accepte toutefois de collaborer.
28:50Mais son territoire est trop restreint pour limiter tous les sabotages.
28:57Pour Lanza, un seul homme peut aider le contre-espionnage américain, Lucky Luciano.
29:04Emprisonné depuis dix ans dans une prison de haute sécurité, Luciano est bien resté le capo dei capi, le parrain des parrains.
29:16Il a passé un accord avec les services de renseignement américains.
29:19Dans lequel il assurerait la paix sur les quais et combattrait de possibles espionnages.
29:26Il préviendrait les services de renseignement de ce qui se passait.
29:30Et c'est ce qu'il a fait.
29:31Il a donné les instructions pour qu'il n'y ait pas d'arrêt de travail et que tout se passe dans le calme.
29:38Et c'est ce qui est arrivé.
29:39La sécurité du port de New York rétablie, l'armée américaine peut désormais planifier le débarquement des forces alliées en Europe.
29:52En ligne de mire, la Sicile, considérée par Churchill comme le ventre mou de l'Axe.
30:01L'offensive d'envergure à son nom de code, Opération Husky.
30:06« Nous ne nous barquons jamais, mais nous ne sommes pas un soldat ! »
30:22160 000 hommes, 4 000 avions, 3 200 navires.
30:31C'est un débarquement d'immense envergure qui s'opère sur les côtes siciliennes le 10 juillet 1943.
30:40Il faudra 38 jours de combat aux forces alliées pour libérer la Sicile toute entière.
30:45C'est le premier pas vers la victoire qui aura lieu deux années plus tard.
31:05À peine le conflit achevé, en 1946, Lucky Luciano est libéré pour service rendu à la patrie.
31:12Un retournement extraordinaire.
31:18Mais il y a une condition.
31:21Luciano doit rentrer en Italie et ne jamais revenir aux États-Unis,
31:25sous peine d'y purger le reste de sa peine, plus de 20 années.
31:32Après la guerre, Luciano et ses amis se sont faits de la publicité
31:38en déclarant à la presse américaine que non seulement il avait préservé le port de New York,
31:45mais qu'en plus, il avait permis l'invasion de la Sicile.
31:48Nous avons retrouvé dans les archives publiques
32:02des documents qui prouvent que des généraux américains
32:06ont été en contact avec des personnages de haut rang de la Cosa Nostra italienne et américaine.
32:13Et donc, le rôle qui aurait été donné à Cosa Nostra
32:21aurait été de préparer la population à voir positivement le débarquement des Américains
32:27dans la côte sud de la Sicile
32:29et de ne pas s'y opposer, mais au contraire, de le faciliter.
32:36Les mafieux, pendant la période fasciste, étaient presque tous en prison.
32:52Ils étaient peu nombreux, ils n'avaient pas de capacité militaire
32:55et ne pouvaient donc pas avoir un rôle dans le débarquement.
32:59Surtout si on prend en compte que ça a été la deuxième plus grande opération militaire
33:03qu'il n'y ait jamais eue, après le débarquement en Normandie,
33:06qui aura lieu deux ans plus tard.
33:08Donc, ils n'ont jamais joué un rôle militaire.
33:11L'idée que l'opération Husky ait été faite en collaboration avec la mafia,
33:16ou pire, que son succès est dû à la mafia,
33:20est une idée fantastique, mais qui tient de la légende.
33:22On ne saura sans doute jamais quel rôle réel la mafia a joué dans le débarquement en Sicile.
33:36Mais un autre mystère demeure.
33:40Pourquoi l'état-major américain en Sicile
33:43a-t-il placé à la tête des mairies libérées de nombreux chefs mafieux ?
33:47La mafia a aidé les Américains.
33:56Et les Américains, avant de partir,
33:59vu qu'ils devaient nommer des maires pour ne pas laisser un territoire sans gouvernement,
34:05ont nommé par exemple le mafieux Don Vizzini, maire de son village,
34:11qui était aussi secrétaire de la démocratie chrétienne.
34:13Et ça, c'est un fait avéré.
34:18Ce n'est pas une fable.
34:23Pour d'autres observateurs,
34:25la politique américaine pro-mafia en Sicile
34:28avait un but précis.
34:30Empêcher la montée du communisme.
34:33Car la Sicile est alors en pleine réforme agraire
34:36et les paysans, misérables,
34:39se battent pour s'approprier des terres agricoles.
34:41Soutenu par le Parti communiste,
34:45le mouvement de révolte rassemble plus d'un demi-million de personnes.
34:49Une fronde révolutionnaire qui inquiète les États-Unis.
34:53On vient d'entrer sans le savoir
34:54dans une nouvelle guerre.
34:57La guerre froide.
34:58Pour arrêter ce mouvement de masse
35:03et pour empêcher que le Parti communiste
35:05et le Parti socialiste se développent toujours plus,
35:09il était nécessaire d'avoir recours à la violence
35:11qui est légitimée par l'impunité.
35:17Et la répression sera sanglante.
35:2046 syndicalistes siciliens sont assassinés pendant cette période.
35:23Ce qui est certain,
35:28c'est qu'à partir du débarquement américain,
35:31les mafieux se sont renforcés
35:33et ça leur a permis de devenir une force politique.
35:3610,000 Yanks,
35:54home from Europe.
35:55However,
35:56c'est juste un petit hello
35:57à la terre de liberté
35:58pour cette grande groupe de retourner.
36:00La plupart de ces battle-wise vets
36:02sont headed pour le Pacifique.
36:03L'après-guerre a été prospère.
36:09Les Italo-américains,
36:10qui étaient là depuis plusieurs dizaines d'années déjà,
36:13commençaient à s'assimiler à la culture américaine.
36:18En plus,
36:19ils avaient prouvé leur loyauté
36:20en combattant dans l'armée.
36:22C'était donc une période d'optimisme
36:24et de confiance dans l'avenir.
36:26C'était une sorte de hope,
36:26que sort de post-war hope.
36:28C'était une sorte de joie de l'aventimisme et de l'aventimisme et de l'aventimisme.
36:37C'était une sorte de joie de l'aventimisme et de l'aventimisme et de l'aventimisme.
37:06Et il y avait beaucoup d'autres chanteurs italiens très connus.
37:11Mais Sinatra jouait dans les clubs
37:14et connaissait donc de nombreux mafieux.
37:17L'image de Sinatra était en conséquence associée à la mafia.
37:22Il y avait toujours ce double aspect avec les Italo-américains.
37:26Quand ils pensaient avoir finalement une personnalité que les Américains adoraient,
37:33il y avait de nouveau ce côté sombre de la mafia qui ressurgissait.
37:37La mafia est comme une tâche de naissance que la communauté italo-américaine ne parvient pas à estomper.
37:52En 1950, une commission d'enquête sénatoriale est réunie pour la première fois
38:00afin d'évaluer le poids du crime organisé dans les affaires du pays.
38:04600 témoins sont appelés à comparaître
38:09et les auditions, retransmises en direct à la télévision, font l'événement.
38:1730 millions d'Américains vont se passionner pour cette première incursion
38:20dans les secrets de la mafia.
38:22Il voulait savoir comment fonctionnait l'organisation et quelle était sa structure.
38:42Les audiences étaient télévisées,
38:44donc tout d'un coup l'Amérique toute entière
38:46a pu savoir ce qui se passait dans cette organisation
38:49dont le public connaissait peu de choses.
38:50La plupart des mafieux, quand ils ont été appelés à la barre,
38:54ont fait recours au cinquième amendement
38:56et ont refusé de témoigner
38:58parce que ça risquait de les incriminer.
39:00Donc ils ont échappé à toute condamnation.
39:03Mais un homme va oser défier la commission,
39:06Franck Costello, surnommé le premier ministre.
39:10Cela en dit long sur ses qualités de négociateur
39:12et sur son influence dans la sphère politique américaine.
39:16Lucky Luciano, contraint à l'exil en Italie,
39:19c'est lui qui règne désormais sur les familles.
39:28Son égo l'a trahi.
39:31Il pensait qu'il pouvait être plus malin que les interrogateurs
39:34et qu'en tous les cas, il n'avait rien fait de mal.
39:37Qu'est-ce que vous avez déjà fait pour votre pays
39:39comme un bon citoyen ?
39:40Je ne sais pas ce que vous voulez dire,
39:46ce que vous voulez dire.
39:47Vous regardez-vous de l'année dernière,
39:50à la fois que vous deveniez un citoyen,
39:52maintenant 20 ans, 20 ans après l'année dernière.
39:55Vous avez-vous pensé quelque chose que vous avez fait
39:57que vous pouvez parler de votre crédit
39:58comme un citoyen américain ?
39:59Il pensait qu'en tant que chef mafieux,
40:10il avait aussi fait des choses bien
40:12et qu'il était incompris.
40:16Le pays tout entier a parlé de ce témoignage.
40:21Malgré ces mille pages d'interrogatoire
40:23et quelques preuves d'opérations mafieuses,
40:25la commission ne mène à rien.
40:28L'obstination de John Edgar Hoover
40:30y est sans doute pour beaucoup.
40:33Le célèbre patron du FBI
40:35continue encore à nier l'existence
40:36d'une mafia américaine.
40:39Pour Cosa Nostra,
40:40les affaires restent donc florissantes
40:42dans le noyautage des syndicats,
40:45dans l'usure,
40:46mais aussi désormais dans la drogue.
40:48Car depuis son exil,
40:50Luciano est resté très actif
40:52et a mis en place un trafic international
40:55de stupéfiants.
41:021957 est une année très importante
41:04pour la mafia américaine,
41:06surtout pour celle de New York.
41:09Car le Congrès américain
41:11a passé une nouvelle loi
41:13qui punissait désormais
41:17le trafic de drogue
41:18d'une peine pouvant aller
41:20de 20 à 30 ans d'emprisonnement.
41:22Les risques sont trop élevés.
41:28La mafia doit trouver
41:29une nouvelle solution.
41:34Lucky Luciano réunit ainsi
41:36une trentaine de chefs mafieux
41:38siciliens et américains
41:39dans un palace de Palerme,
41:41l'hôtel des Palmes.
41:42A l'ordre du jour,
41:46réorganiser le trafic d'héroïnes
41:47en faisant courir les risques
41:49au caïd sicilien.
41:54L'accord était le suivant.
41:57Il leur a dit
41:58« Vous viendrez aux États-Unis
42:01car personne ne vous connaît là-bas »
42:03puisqu'ils n'étaient pas connus
42:04des autorités comme gangsters.
42:07Mais nous connaissons
42:08le marché américain
42:09et on vous aidera
42:10à vous établir,
42:12à ouvrir des commerces,
42:13des pizzerias
42:14et nous vous dirons
42:16comment vous comportez
42:17et qui vous pourrez
42:18soudoyer dans la police.
42:21On sait faire tout ça.
42:23Tout ce que nous voulons,
42:24c'est une commission.
42:25Pour faire cela,
42:28Lucky Luciano demande
42:29aux Siciliens
42:30de se structurer
42:30sur le même modèle
42:31qu'il a mis en place
42:3230 ans auparavant
42:33avec la mafia américaine.
42:39Il demande de former
42:41une commission,
42:42une sorte de tribunal
42:44qui servirait à réguler
42:47les conflits internes.
42:50Car avant ça,
42:51ils réglaient leurs problèmes
42:53à coups de revolver.
42:54Le seul langage
42:56que connaissaient ces mafieux.
42:58Les cousins américains
43:00viennent de donner
43:01une structure nouvelle
43:02à la mafia sicilienne.
43:04Selon un repenti,
43:06c'est même à ce moment précis
43:07qu'elle lui aurait donné
43:08son nom actuel,
43:09Cosa Nostra.
43:16Une Cosa Nostra sicilienne
43:18prête à faire son entrée
43:19dans le trafic international.
43:24Désormais,
43:25une fois reçue
43:26la matière première
43:27du Moyen-Orient,
43:28elle l'acheminera
43:29vers Marseille
43:30où elle sera raffinée
43:31puis exportée
43:32et consommée
43:33aux Etats-Unis.
43:34Cosa Nostra.
43:37Le seul objectif
43:38dans la vie
43:39est de garder
43:39les chimiques
43:41pour toujours
43:41dans leur cœur.
43:50Cosa Nostra.
43:51C'est à travers
44:00le trafic de drogue
44:02que va naître
44:03cette interaction
44:04entre les deux mafias.
44:09Même si Cosa Nostra
44:11américaine
44:11garde son indépendance
44:13par rapport
44:13à la Cosa Nostra sicilienne,
44:18c'est le trafic
44:18de drogue
44:19qui sert de ciment.
44:22Cette alliance,
44:23scellée avec les Américains
44:24à l'hôtel des Palmes,
44:26change le destin
44:26de la mafia sicilienne.
44:31Plus organisée,
44:32elle décuple aussi
44:33ses revenus.
44:36Fini la mafia
44:37des campagnes.
44:39Désormais,
44:40la pègre sicilienne
44:41investit dans les villes,
44:43s'insinue
44:44dans de nouveaux secteurs,
44:45notamment le bâtiment.
44:46C'est la première tentative
44:50de la mafia
44:51pour devenir
44:52des entrepreneurs.
44:53Et pourquoi
44:54ils peuvent investir
44:55dans la construction
44:56et qu'avant,
44:56ils n'avaient pas
44:57cette ambition ?
44:58Parce qu'ils n'avaient
44:59pas de fonds.
45:00La drogue
45:02leur donne du cash,
45:04la trésorerie
45:05nécessaire
45:05pour pouvoir investir.
45:08Et c'est comme ça
45:08qu'ils deviennent
45:09des bâtisseurs.
45:10De là,
45:11la fameuse phrase
45:11des mafieux
45:12et des politiciens
45:13de l'époque.
45:14Palerme est belle,
45:15rendons-la encore plus belle.
45:19Palerme change de visage.
45:22Les spéculateurs mafieux
45:23remplacent
45:23les élégantes villas
45:24de style Liberty
45:25par des barres
45:26d'immeubles plus lucratives.
45:29Construites à la va-vite,
45:30sans respect des normes,
45:31on y oublie parfois
45:32l'installation
45:33de systèmes d'égout.
45:36En quelques mois,
45:37les murs s'effritent
45:38et des balcons s'effondrent.
45:41En moins de dix ans,
45:42la ville est défigurée.
45:44Cet épisode honteux
45:45a été surnommé
45:46le sac de Palerme.
45:52On lit dans les textes
45:54d'accompagnement
45:54du plan régulateur
45:55« Il faut abolir
45:57cette honteuse construction
45:59du passé ».
46:01Et on entendait par là
46:03la suppression d'églises,
46:04de monuments,
46:05de places et de palais.
46:06Et si quelqu'un
46:10émettait une objection,
46:12on répondait en citant
46:13Haussmann
46:13et les boulevards de Paris
46:14pour justifier
46:17l'abattement des palais
46:17et la construction
46:19de grands boulevards.
46:20Les grandes familles
46:23mafieuses de Palerme,
46:27qui se partagent
46:28les grands intérêts
46:29spéculatifs de l'époque,
46:31commencent à créer
46:32des liens très forts
46:33avec les politiques.
46:34Et ils vont créer
46:38tout un circuit économique
46:39fait de constructeurs,
46:41de travailleurs qualifiés
46:43et de fournisseurs.
46:45Tout un monde
46:46qui se crée
46:46autour de ça.
46:51Et la corruption
46:52atteint les plus hauts niveaux
46:53de l'administration locale.
46:56On dit ainsi
46:57qu'en une seule nuit,
46:59la mairie de Palerme
47:00aurait délivré
47:00plus de 4000 permis
47:01de construire.
47:02Vous ne devez pas oublier
47:13que Palerme,
47:14à l'époque,
47:15avait tendance
47:15à nier l'existence
47:16de la mafia.
47:20Le maire de Palerme,
47:21Martellucci,
47:22disait
47:22« La mafia,
47:25ce sont juste
47:26trois gamins
47:26qui volent des stéréos
47:27dans les voitures.
47:29Qu'est-ce que c'est
47:29cette mafia ? »
47:32C'est un terme
47:33qu'on a inventé
47:33pour nuire à la Sicile.
47:37Le cardinal de Palerme
47:38lui disait
47:39« Mais non,
47:40la mafia,
47:41ça n'existe pas.
47:43Et ça,
47:43c'est une stratégie
47:44de la mafia.
47:46Nier l'existence
47:47même de la mafia. »
47:50C'est l'époque
47:51du règne du beau
47:52Stéphano Bontate,
47:56surnommé
47:57le prince
47:57de Villa Gratia,
47:59du nom
47:59de son quartier
47:59d'origine.
48:02Il fréquente
48:02à rang égal,
48:04ecclésiastique,
48:05politicien
48:05et homme d'affaires
48:06dans les beaux
48:07salons de Palerme.
48:08Bontate,
48:14c'était l'homme
48:16de la médiation
48:17avec la politique.
48:19Il avait comme devise
48:21« mange
48:22et fait manger ».
48:24Donc,
48:24il volait
48:25ou faisait
48:25des affaires mafieuses
48:26avec la politique,
48:28mais cet enrichissement
48:29devait profiter
48:30au petit peuple.
48:31Et d'ici,
48:33c'est de là
48:33qu'est le consensus.
48:37Mais selon vous,
48:38la mafia existe ?
48:39Ah,
48:39finit la mafia ?
48:40Existe ?
48:41Non existe,
48:42mais un gène chiot-mafiosi.
48:44Non.
48:44La borgata,
48:44c'est tranquillissime.
48:58Che famille est ?
48:58Comment se comportent ?
48:59Que gentil est ?
49:00La mafia se mêlait de tout.
49:19Ils intervenaient aussi
49:20quand il y avait
49:21une dispute
49:22entre deux conjoints.
49:24Le couple
49:24n'allait pas voir
49:25les gendarmes,
49:26mais ils allaient
49:26voir le mafieux.
49:27Donc le mafieux
49:30jouait le rôle
49:31de juge de paix,
49:32mais aussi
49:33quand on avait besoin
49:34de trouver un boulot.
49:37Tout le monde
49:37savait à qui il fallait
49:38s'adresser
49:39et demander
49:39« Vous n'auriez pas
49:41un petit boulot
49:42pour son frère
49:42ou mon fils ? »
49:46C'était ça,
49:46la mafia.
49:47Et c'est pour ça
49:48que quand j'en parle,
49:49j'en parle en bien.
49:50Gaspare Moutolo
49:54sait de quoi il parle.
49:57Entré dans la mafia
49:57au début des années 70,
50:00il a avoué 20 meurtres,
50:0120 personnes
50:02qu'il a lui-même étranglées.
50:07Moutolo est un rappel
50:09à la réalité.
50:13Malgré sa respectabilité
50:15de façade,
50:16la mafia de l'époque
50:17reste une organisation
50:18criminelle
50:19qui supprime
50:20tous ceux
50:20qui tentent
50:21de la contrer.
50:41Aux États-Unis,
50:43en 1960,
50:44l'élection
50:45de John Fitzgerald Kennedy
50:46semble changer
50:47la donne
50:48pour la mafia
50:48américaine.
50:51Le président
50:51des États-Unis.
51:04Quand John F. Kennedy
51:06a été élu président
51:07en 1960,
51:08il a nommé son frère
51:09Bobby procureur général,
51:12le plus haut poste
51:13de la justice
51:13aux États-Unis.
51:15Bobby Kennedy
51:16savait qu'il y avait
51:17quelque chose
51:18entre la mafia
51:19et les grands syndicats
51:20et pour la première fois,
51:23il a ouvert une enquête.
51:25Il a forcé le FBI
51:28à prendre des mesures
51:29contre la mafia
51:29car jusque-là,
51:31Hoover n'avait jamais
51:32voulu s'y attaquer.
51:37Dix ans après l'échec
51:38de la première commission
51:39sénatoriale,
51:41l'enquête de Bobby Kennedy,
51:42cette fois soutenue
51:43par le FBI,
51:44est fructueuse.
51:46un mafieux,
51:51Joe Wallachy,
51:52décide même
51:53de collaborer.
51:56Ce qu'il révèle
51:56permet l'organisation
51:57d'une nouvelle commission
51:58d'enquête
51:59diffusée à la télévision.
52:01The nation's underworld
52:07gets the unwelcome
52:08spotlight of publicity
52:10as the Senate's
52:11investigation subcommittee
52:12begins new hearings
52:13on crime.
52:14Arkansas Senator McClelland
52:16is at the helm.
52:18These hearings
52:18always attract
52:19a large number
52:19of spectators.
52:21This one
52:21is particularly crowded,
52:22awaiting the first
52:23public appearance
52:24of Joseph Wallachy,
52:25the convicted hoodlum
52:26whose confessions
52:27to the FBI
52:28have reportedly put
52:29a price of
52:30a hundred thousand dollars
52:31on his head
52:31by the infuriated mafia.
52:33Il était le premier
52:37mafieux
52:37à officiellement
52:38collaborer publiquement
52:39avec la justice.
52:42Et il a donné
52:43des informations
52:43même si ce n'était
52:45qu'un mafieux
52:45insignifiant.
52:46Il n'était pas
52:48au courant
52:48des activités
52:49des big boss.
52:51Mais il a donné
52:51les informations
52:52de base,
52:53la cérémonie
52:54d'initiation,
52:55la preuve
52:55que l'organisation
52:56existait,
52:57l'organigramme.
52:58Il a dressé
53:03un portrait
53:03intime
53:04de la mafia
53:05italo-américaine.
53:08Des détails
53:09étranges
53:09pour les Américains
53:10et pour tout le monde
53:12d'ailleurs.
53:14Il y a
53:15ces rides
53:15d'initiation
53:16où on pique
53:16le doigt
53:17et où on est
53:18lié par le sang.
53:19Ça a vraiment
53:20marqué les Américains.
53:22Pour la première fois,
53:23on a entendu
53:24un témoignage
53:24qui venait
53:25de l'intérieur.
53:26Il n'était
53:27plus possible
53:27de nier
53:28son existence.
53:50C'était une grande
53:52victoire
53:53pour Bobby Kennedy.
53:54Mais quand
53:58John Kennedy
53:59a été assassiné
54:00en novembre
54:001963,
54:03Bobby a démissionné
54:04peu de temps
54:04après de son poste
54:06de procureur général
54:07car c'était
54:08un rival
54:08de Lyndon B. Johnson,
54:10le nouveau président.
54:11A partir de ce moment-là,
54:19la justice
54:20et le FBI
54:21sont retombés
54:21dans le marasme
54:22et n'ont plus rien
54:23fait pendant
54:24de nombreuses années.
54:26Plus personne
54:27ne poussait Hoover
54:27à agir
54:28et les procureurs
54:29généraux
54:29qui ont suivi
54:30ne s'y sont pas
54:31intéressés.
54:32De nouveau,
54:33la mafia avait
54:33trouvé un refuge
54:34et l'âge d'or
54:35de la mafia
54:36s'est poursuivi.
54:37Peu utilisée
54:42par la police
54:42américaine,
54:44les révélations
54:44de Valaki
54:45vont toutefois
54:45permettre
54:46la naissance
54:46d'un best-seller,
54:48Le Parrain,
54:49la trilogie
54:50écrite par Mario Puzzo.
54:55Sous sa plume,
54:56la pègre
54:57s'en sort
54:57plutôt bien.
55:00Le héros
55:01n'est pas
55:02un gangster
55:02sans scrupules.
55:04À la maison,
55:04il est un père
55:05de famille
55:05aimant
55:06et vertueux.
55:07Dans les affaires,
55:08il est un chef,
55:09criminel certes,
55:11mais judicieux,
55:12assez intègre
55:13même pour s'opposer
55:14au trafic de drogue.
55:16Une prémonition peut-être
55:17sur les dégâts
55:18qu'apportera
55:18la drogue
55:19à l'organisation.
55:21La drogue,
55:22pour les mafieux,
55:24a été très importante,
55:25mais aussi dévastatrice.
55:28Je suis sûr
55:29que si les mafieux
55:30avaient prévu
55:31comment les choses
55:32allaient tourner
55:32des années plus tard,
55:35ils ne s'en seraient
55:35jamais mêlées.
55:36Non l'acceptava.
55:37Sous-titrage MFP.
56:07...
56:37...

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