- il y a 21 heures
- #vosouvenirstele
Robert et Jeannette, un couple de retraités, sont si bien accueillis dans leur lieu de villégiature qu'ils décident de prolonger leur séjour. Mais tant de gentilesse ne cache-t-il pas un piège ?
Avec : François VIBERT (Robert), Madeleine OZERAY (Jeannette), Dieter Augustin, Serge BENTO, Charles CHARRAS, Cadine CONSTAN, Jean-Paul FRANKEUR, Isabelle GAUTIER, Georg HARTMANN, Alain Péron, Margot TROOGER, François VALORBE
La série met en lumière l'étrangeté du quotidien.
= cycle histoires insolites 1974/1979
= ce format est d'origine et ne bénéficie pas de restauration.
✪✪✪✪✪ ce programme est détenu par une grande majorité des médiathèques françaises
#vosouvenirstélé
Avec : François VIBERT (Robert), Madeleine OZERAY (Jeannette), Dieter Augustin, Serge BENTO, Charles CHARRAS, Cadine CONSTAN, Jean-Paul FRANKEUR, Isabelle GAUTIER, Georg HARTMANN, Alain Péron, Margot TROOGER, François VALORBE
La série met en lumière l'étrangeté du quotidien.
= cycle histoires insolites 1974/1979
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#vosouvenirstélé
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TVTranscription
00:00Sous-titrage FR ?
00:30...
01:00Les derniers jeux de l'été.
01:21Bientôt, il n'y aura plus personne pour les admirer.
01:24Et toi, tu n'auras plus de jolies filles à regarder.
01:27Tu crois que je ne te connais pas ?
01:29Les jolies filles, c'est un don de Dieu.
01:33C'est comme le lac, le ciel, la forêt, les nuages.
01:39Elles font partie du paysage.
01:41Je le sais bien, mon chéri.
01:42C'est quand tu ne regarderas plus les filles que je serai vraiment inquiète.
01:48Et la marchande de glace ?
01:49Tu sais bien ce que je veux dire.
01:51Quoi, la marchande de glace ?
01:54Oh, c'est de me taquiner.
01:55Je finirai par croire que tu es jalouse pour de bon de cette nuit.
01:59Oh non !
02:00Enfin, avoue qu'elle est un type peu commun dans la région.
02:04Oui.
02:05C'est une beauté florentine.
02:08Florentine ?
02:09Surtout quand elle pousse sa voiture.
02:11Ce qui met en valeur sa chute de vin.
02:13Tu veux prendre une bière ?
02:15Un thé, plutôt.
02:16Il commence à ne pas faire très chaud.
02:21Bonjour, monsieur Agnès.
02:22Bonjour, madame.
02:23Bonjour, monsieur Buisson.
02:26Vous pouvez nous apporter un thé et une bière ?
02:29Un thé ?
02:30Ah, j'ai un peu froid.
02:31Les jours viennent déjà plus vite.
02:33Oh, cette année, il aura fait beau jusqu'au bout.
02:36Vous avez entendu la météo à la radio ?
02:38Non, notre radio s'est cassée au début du séjour.
02:41Et je ne me suis pas occupé de la faire réparer.
02:44On se soucie si peu de savoir comment va le monde,
02:48une fois là, dans notre chalet.
02:50De toute façon, il va toujours mal.
02:52La radio dit que le beau temps va continuer.
02:56Vous devez avoir des arrières sessions très belles.
02:58Oui, tout à fait. Uniques.
03:01Eh bien, tu vois.
03:11Je suis content de vous rencontrer.
03:16Ah, bonjour, monsieur.
03:17Vous avez l'intention de pousser de ce soir
03:18vers votre chalet pour vous dire au revoir,
03:20mais puisque vous êtes là.
03:21Bonjour, ça va nous éviter la course,
03:22vous êtes vraiment loin.
03:27Vous partez déjà ?
03:29Eh, les vacances sont finies.
03:32Je vous prendrais bien quelque chose.
03:34Ça m'aurait fait plaisir,
03:34mais nous n'avons vraiment pas le temps.
03:36Il y a les bagages à faire,
03:38la maison à nettoyer,
03:39la voiture à charger,
03:41les canapèches à plier.
03:43Demain à 5h du matin, en route.
03:45Mon Dieu, on va la reprise
03:46par l'agitation parisienne.
03:49Il ne nous reste plus qu'à nous dire.
03:51À l'année prochaine.
03:51Au revoir, monsieur.
03:53Au revoir, madame.
03:54Au revoir, monsieur.
03:55Nous avons pas fait de charmant un moment ensemble.
03:57Eh bien, au revoir.
03:59Au revoir, madame.
04:00Au revoir, madame.
04:06Tu as vu, hein ?
04:09Ils ont déjà perdu la belle insouciance des vacances.
04:13Parce que, finalement,
04:14qu'est-ce que c'est que les vacances ?
04:16On quitte tout.
04:18Et on vient ici, par exemple,
04:21où l'on reconstitue un nouveau monde,
04:24une petite société.
04:26Mais une société qui n'a pas la dureté de l'autre.
04:29On oublie que la vie est terrible.
04:32Ici, elle est presque harmonieuse.
04:34Et surtout, inoffensive.
04:38Inoffensive ?
04:38Mais je crois que c'est le mot juste.
04:41Le soleil tourne.
04:42On va changer de place.
04:49Voilà, on est mieux.
04:56Et la belle marchande de glace n'est pas là, aujourd'hui ?
04:58C'est fini.
04:59Elle est partie.
05:00Jusqu'à l'année prochaine.
05:01Je ne sais pas si je m'en consolerai.
05:08Je ne vais pas tarder à fermer la baraque, moi aussi.
05:11Il n'y a presque plus d'estivants.
05:14Combien vous dois-je ?
05:15Laissez.
05:16C'est ma tournée d'adieu.
05:17Vous êtes trop aimable, mais vous savez, nous ne sommes pas encore partis.
05:22Nous n'avons même pas fixé de date.
05:25Il me semble que c'est pareil chaque année.
05:28Vous démarrez toujours le premier lundi d'octobre.
05:31C'est vrai.
05:34Et nous sommes déjà vendredi.
05:35Il n'y a pas de course à faire en temps de rentrer.
05:43Je m'en passais chez Baquet, je n'ai plus de biscotte.
05:47Bonjour, madame Baquet.
05:48Bonjour, madame.
05:49Je vous donne un paquet de biscotte.
05:51Comme d'habitude ?
05:52Oui, comme d'habitude.
05:54Bonjour, madame.
05:58Voilà.
05:59Donnez-moi aussi deux paquets de nouilles.
06:00Ma provision est épuisée.
06:02Ce n'est pas la peine de faire encore des provisions.
06:06C'est celle-là.
06:07Merci.
06:07Je vous en prie.
06:08Vous avez des coquettes magnifiques ?
06:10Oui, vous devriez en profiter.
06:12D'ailleurs, c'est tout ce qui me reste comme fruit en ce moment.
06:14Posez-moi un kilo.
06:14Volontiers.
06:21Vous avez reçu les moules à clafoutis ?
06:23Oh, taisez-vous.
06:24Je les attendais depuis le mois de mai.
06:25Ils arrivent maintenant.
06:26Qu'est-ce que je vais en faire en fin de saison ?
06:28Je vous le demande.
06:29Mais je vais vous en acheter.
06:32Vous en achetez aujourd'hui ?
06:34Qu'est-ce que vous en faites ?
06:36Gâteau.
06:38Vous n'avez plus le temps.
06:39Comment plus le temps ?
06:40À la campagne, on a toujours le temps pour faire un gâteau.
06:42Bon, je prends les moules à clafoutis, les deux tailles,
06:45et puis un autre pour la tarte.
06:46Vous m'entendez.
06:48Mais quand même, vous autres, les estivants, vous êtes drôles.
06:51Emile !
06:52Oui, toi.
06:53Emile, viens voir.
06:54Qu'est-ce que tu dis ça ?
06:55Madame Allier veut acheter trois moules à clafoutis.
06:58Trois.
06:58Tu te rends compte ?
06:59Juste au moment, ils vont s'en aller.
07:00Alors, les moules à clafoutis sont utiles toute l'année.
07:03C'est pour ça que tu me déranges avec tout le travail que j'ai sur les bras.
07:06Vous avez tellement de travail, monsieur Emile.
07:08Les locataires s'en vont, il faut remettre les chambres en état,
07:11et pendant les mois d'été, il faut louer.
07:12Alors, on se fait tout petit.
07:13Et quand vient l'hiver, on aime se retrouver dans ces meubles.
07:15Alors, si je ne m'en vois pas, laissez-moi vous souhaiter bon voyage.
07:17Non, mais nous ne sommes pas encore partis.
07:19Nous n'y avons même pas songé.
07:21Mais c'est pour bientôt.
07:22Alors, bon voyage.
07:23Au revoir.
07:23Au revoir.
07:27Ils sont drôles, les gens ici.
07:30On dirait qu'ils n'ont qu'une harte de devoir partir tous les touristes.
07:33Ils sont assez sauvages, dans le fond.
07:35Oui, c'est ce que j'aime.
07:36Ah, il faudra prendre de l'échange avant de monter.
07:44J'adore les toupes en piste.
07:46Eux, au moins, ils sont jeunes, modernes.
07:49Ils ont quelque chose de charmant.
07:56Bonjour, monsieur Dame.
07:56Bonjour.
07:57Vous avez passé une bonne journée ?
07:58Oui.
07:59Ça sera le plein de super, comme d'habitude.
08:01Oui, oui, le plein.
08:01Vous gardez sans besoin d'un coup d'éponge.
08:06Non, je n'ai pas la peine.
08:07Mais si, mais si.
08:08Avec ce beau temps, c'est fou ce qu'il y a comme poussière.
08:16Vous êtes très gentil, mais je crois que ça va.
08:18Les pneus, alors ?
08:20Il faut les remplir d'air du pays avant de partir.
08:22Comme ça, à Paris, cet hiver, ils se porteront mieux.
08:25Mais, madame, qu'est-ce que j'imache pour vos petits-enfants ?
08:28Je ne me trompe pas, vous avez bien des petits-enfants.
08:30Oui, mais je ne vois si peu.
08:31Enfin, vous êtes gentil.
08:33Merci quand même.
08:34Je suis désolée.
08:35Vous ne savez pas, quand nous partirons, il y a une chose qui me ferait plaisir.
08:40Oui.
08:41Je voudrais vous embrasser avant de partir.
08:43Tout de suite.
08:46Mon petit, soyez toujours heureuse.
08:50Vous verrez, c'est difficile.
08:52Merci.
08:53Merci.
08:54Merci.
08:55Merci.
08:56Merci.
08:57Merci.
08:58Merci.
08:59Merci.
09:00Merci.
09:01Merci.
09:02Merci.
09:04Merci.
09:05Merci.
09:06Merci.
09:07Merci.
09:08La petite et son mari, tous les deux, ils sont adorables.
09:30Ah oui, je les trouve très différents des gens du pays.
09:32Avec les autres, il y a un faussé, nous sommes les estivants.
09:39L'idée ne doit même pas les effleurer que chez nous à Paris.
09:42Nous sommes des simples mortels, des gens très ordinaires ayant les mêmes soucis qu'eux.
09:47Qu'est-ce que les habitants peuvent bien faire ici tout l'hiver ?
09:50Oui, ils reprennent leurs anciens métiers.
09:53Bûcheron, charpentier, les châtaïnes.
09:57Oui, la culture du touriste.
09:59Toutes ces activités de vacances autour du lac.
10:01C'est assez nouveau pour eux.
10:04Je ne suis pas sûr que ça leur plaise.
10:07Non, tout ça, ça fait trop vite.
10:09Un peu par hasard.
10:11Enfin, tu connais l'histoire de Fabre.
10:13C'est lui qui lave le linge ?
10:14Oui.
10:15Tu as dû me la raconter dix fois, mais quand j'oublie, tu peux recommencer.
10:18Le linge fait bien les choses.
10:20J'en radote et tu perds la mémoire.
10:23Bien, Fabre, sa femme avait des rhumatismes.
10:26Le docteur lui a dit qu'elle ne devait plus faire ses lessives dans le froid du lac.
10:32Alors, Fabre est allé à la ville pour acheter une machine à laver.
10:36Oui, mais là-bas, ils sont toutes les saguels.
10:38Ils ont vendu une énorme machine en modèle industriel.
10:44Quand il s'en est aperçu, il dirait que c'était trop tard pour la rendre.
10:48C'est comme ça qu'il est devenu le blanchisseur pour les tirs.
10:52Je ne sais pas, il devrait allumer une plan B.
11:08Oui, j'avais la même idée.
11:09Oui, j'avais la même idée.
11:39Quel dommage qu'on ne puisse pas faire de feu d'hiver dans notre appartement à Paris.
11:45Alors, profitons-en pour nos derniers jours.
11:50Finalement, il n'y a qu'ici qu'on est bien.
12:00Tu viens?
12:02Tu n'attends pas le passage des facteurs?
12:04Oh, tu crois que c'est la peine?
12:06On ne sait jamais.
12:07Bon, et si tu préfères?
12:10Il ne va pas tarder, c'est son heure.
12:12Voilà le journal, M. Allié.
12:30Bonjour.
12:30Merci.
12:31Vous n'êtes pas encore passé à la poste pour donner votre changement d'adresse?
12:35Il ne faut pas oublier de le faire avant de partir, sinon on ne vous renverra pas votre courrier à Paris.
12:39Non, je ne vais pas se remercier.
12:40Oui, je ne sais pas ce que j'ai cette année, je ne peux pas me mettre dans la tête que les vacances sont tenues.
12:46C'est le beau temps?
12:47Oui.
12:48Au revoir.
12:48Au revoir.
12:51Il y a seulement le journal.
12:55Pourquoi ne nous écrivent-ils jamais, dit?
12:57Pourquoi nous laissent-ils sans nouvelles?
12:59Ce sont nos fils quand même, dans ma journal.
13:02Jacques a tellement de travail avec son commerce.
13:06Je comprends qu'il n'ait pas le temps d'écrire.
13:08Mais elle, elle ne pourrait pas nous mettre un mot?
13:11Mais non, elle nous déteste.
13:13Oh, Dieu, tu exagères.
13:14Pour toi, ça t'arrange de ne pas voir les choses en face.
13:16C'est la lâcheté des hommes.
13:17Je te dis que cette femme fait tout pour éloigner Jacques de nous.
13:20Et l'autre?
13:21Oui, il n'a pas de femme, celui-là.
13:24Et pourtant, il n'écrit pas davantage.
13:27Mon petit Jean-Pierre.
13:28On ne sait même pas où il est.
13:31Oui, monsieur voyage à l'aventure avec ses copains, en France et en Italie.
13:38Il nous envoie une carte postale de temps en temps.
13:42Je ne lui demande même pas de la choisir avec amour.
13:45Je me contenterai de n'importe quoi.
13:47Le grand canal, la Tour Penchée, le Vésu, même la cathédrale de Clermont-Ferrand.
13:55Tu crois qu'il penche à nous, le petit salaud?
13:57Robert!
13:59Allez, viens.
14:01Chaque fois que je vois passer le flacteur, ça me blanque un coup.
14:05Et quand il est passé et que je te vois revenir les mains vides, tu te fais ce que je suis déçu.
14:11Oh, mais il pense peut-être que nous sommes déjà revenus à Paris
14:14et que ce n'est plus la peine de nous écrire ici.
14:19Oui, nous sommes déjà samedi.
14:21Il y aura peut-être du courrier demain?
14:22Ben non, demain c'est dimanche.
14:24Alors lundi?
14:25Ben non, lundi, nous partons.
14:30Robert!
14:32Un vrai pêcheur te dirait qu'il ne faut pas parler.
14:35Les poissons entendent tout.
14:37Mais moi je m'en fous.
14:39Où voulais-tu dire?
14:39Je pensais que le bonheur n'existait pas.
14:43Mais je sais à quoi il ressemblerait s'il pouvait exister.
14:46Pour moi, je lasserais être là, comme aujourd'hui.
14:52Assis sur ce pliant, sans avoir rien d'autre à faire que de regarder.
14:57Que veiller sur toi, qui fais semblant de péché.
15:01Ça fait combien de temps que nous venons au bord du lac?
15:04Tout juste 20 ans.
15:05Bonjour madame.
15:11Bonjour monsieur.
15:12Bonjour monsieur.
15:13Bonjour monsieur.
15:15Quelle délicieuse journée.
15:16Nous sommes gâtés pendant les derniers jours.
15:19Oui, cela donne des regrets.
15:21Oui, presque tout le monde est parti.
15:23Je n'ai pas rencontré dix personnes.
15:26Excusez-moi d'avoir pris la liberté de vous aborder ainsi.
15:30Je le fais naissance de vue depuis assez longtemps.
15:33René Anglade.
15:34Et nous, monsieur et madame Robert Allier.
15:37Oui, j'ai remarqué la chose chaque année.
15:41Des gens qui ne se sont pas abordés pendant l'été se rapprochent, se mettent à se parler.
15:47Je crois monsieur, vous avoir vu avec les Lumières.
15:51Ah, c'est probable, je les connais bien, ils sont partis hier.
15:53Ils sont partis hier?
15:54Oui.
15:55Sans prévenir?
15:56Vous en êtes sûr?
15:58Absolument.
15:58Bon, ça alors, d'habitude ils nous disent au revoir.
16:04Et nous ne nous aurons peut-être pas connu.
16:07Eh bien, ravi de vous avoir connu.
16:10Mieux vaut tard que jamais, comme on dit.
16:13Au revoir madame.
16:15Au revoir monsieur.
16:15Au revoir monsieur.
16:16A l'année prochaine.
16:18Je vais un peu plus loin, j'ai mon coin pour pêcher là-bas.
16:22Au fait, ça mord aujourd'hui?
16:23Non, non, non.
16:24Ah, les poissons doivent savoir eux aussi que c'est la fin des vacances.
16:28Sous-titrage Société Radio-Canada
16:58J'aime cet endroit.
17:01Je ne m'en lâche pas.
17:03Tu connais mon vieux rêve.
17:06Rester ici une année entière pour assister au déroulement des saisons.
17:12La fin de l'été et les jours d'automne.
17:15Puis l'arrivée de la neige.
17:18Comment elle s'installe pour de longs mois.
17:23Et les jours où l'air devient plus tiède, elles font.
17:25Et bientôt, c'est le premier crocus, les jonquilles, l'éclosion du printemps.
17:35Et enfin l'été, où tous les gens de la ville arrivent au bord du lac.
17:39L'été qui mûrit, éclate et se fâne.
17:45Tu sais hier, dans la prairie qui descend vers le lac, j'ai vu des colchiques.
17:51Colchiques dans les prés, fleurissent, fleurissent.
17:56Colchiques dans les prés, c'est la fin de l'été.
18:01Qu'est-ce qui t'empêche de réaliser ton rêve, mon chéri ?
18:04Tu es à la retraite.
18:06Aucun travail ne t'enchaîne.
18:08Tu es libre.
18:09À la liberté.
18:10Ça fait tard, je vais préparer mon menu.
18:18Quel est le menu ?
18:20J'ai envie de faire une folie.
18:22Il n'en me reste plus de petites femmes du paillé pour cuire.
18:25Alors pour étreiner mon nouveau moule,
18:27je vais faire une tarte avec les golden que j'ai achetées hier.
18:31Oh, viens voir, Jeannette.
18:33La nuit est douce, tu ne peux pas savoir.
18:35Pour toi ?
18:41Après tout, rien ne nous oblige à rentrer à Paris.
18:48Qu'est-ce qui nous empêche de rester ici une ou deux, trois semaines de plus ?
18:52Tu sais, c'est extraordinaire.
18:55Tu étais en train de penser exactement la même chose.
18:58Il serait si beau cette fois.
19:00Ce serait vraiment dommage de ne pas en profiter.
19:02Tu verras, on va finir par arriver à mon idée de rester là toute une année.
19:07Donnons-nous au moins deux ou trois semaines.
19:09Dans quelques jours, nous irons ramasser des cèpes dans les bois.
19:17Oh, regarde.
19:20Comme chaque année, la famille Laporte allume des feux de Bengale pour annoncer son départ.
19:26Ils sont bons aussi.
19:27Mais tout le monde part.
19:29Mais nous, je crois bien que nous allons rester.
19:32Quelle famille s'apporte l'aînée ?
19:41Oh, quelle famille charmante.
19:43Vous êtes toujours tiée, toujours prête à partir en balade.
19:48Hein ?
19:49Ils semblent fait pour les vacances.
19:51Ils sont si unis.
19:53Oui.
19:53Pourquoi tout le monde ne peut-il pas être comme eux ?
19:57Allez, Jeanne, est-il...
20:02Il est temps d'aller se coucher.
20:07Pourquoi tout le monde n'est-il pas heureux ?
20:09Pourquoi la vie ne tourne jamais comme on s'imaginait ?
20:16Si je savais seulement pourquoi j'ai mérité tous ces chagrins ?
20:20Et ce qui va sortir de tout cela ?
20:24Allons, paresseux !
20:33Lève-toi !
20:34Oh, bien de presse !
20:35Oh, bon !
20:37Si nous partons demain lundi, il va falloir tout emballer, tout ranger.
20:41Mais vous voyez le chalet ?
20:42Mais vous voyez, hier soir, on avait décidé de rester.
20:45C'était vrai ?
20:46Tu parlais sérieusement ?
20:47Pourquoi pas ?
20:49On reste ?
20:50Mais oui, c'est décidé, on reste.
20:52Parce que je suis contente.
21:01Boucher !
21:02J'y vais.
21:05Ça se prend pour midi.
21:07Si je faisais un rôti, il en resterait pour deux ou trois jours de plus.
21:10Oui, si tu veux.
21:16Ah, alors, Mme Allier, qu'est-ce que je vous sers ?
21:27Je voudrais un rôti de bête.
21:29Ah, justement, j'en ai un petit... une livre et demi.
21:32Non, j'en veux un gros.
21:34Vous pouvez aller jusqu'à un kilo cinq cents.
21:36Ah, vous avez des invités ?
21:38Non, pourquoi ?
21:39Alors, vous voulez ramener à Paris un peu de notre bonne viande du pays ?
21:44Un kilo six cents, ça ira ?
21:46Oui.
21:56Je le laisse cuire un quart d'heure par livre, n'est-ce pas ?
21:59Ça dépend comment vous l'aimez.
22:00Vous le mettrez sur mon compte.
22:02Ah, justement, votre compte, je l'ai apporté.
22:05J'ai que le rôti à ajouter.
22:07Pourquoi avez-vous apporté mon compte ?
22:10C'est le dernier jour de tes vacances.
22:12Mon Dieu, j'ai oublié de vous dire que nous restons ici en octobre.
22:15Je n'ai jamais vu d'estiment rester après le premier lundi d'octobre.
22:18Vous autres, rien ne nous oblige à revenir à Paris.
22:22Je préfère que vous nous...
22:23Payez maintenant, tout le monde.
22:25Si ça peut faciliter votre comptabilité de fin de mois...
22:29J'insiste.
22:29Il faut que je remonte au chalet pour vous faire un chèque.
22:35Il faut.
22:37Oui, oui.
22:37C'est bien, ma bête.
22:48C'est bien, ma bête.
23:04Juste au moment où j'allais mettre mon retenir autour,
23:07la bouteille de putain me lâche.
23:09Tu ne t'étais pas aperçue qu'elle allait bientôt être vide ?
23:11Non, je n'ai pas bien le chier.
23:14Mais merde !
23:16Je me suis bien chauffée au bout.
23:20Qu'est-ce qu'on va faire ?
23:21Alors que je n'avais qu'à défonner à Emile,
23:23qui nous mordait une bouteille,
23:24et il était en toute voiture.
23:37Allô ?
23:38Allô ?
23:40C'est toujours interminable.
23:45Allô ?
23:47Donnez-moi le 47 pour le 19.
23:49Alors, Mme Baquet,
23:53ici Robert Allier,
23:56excusez-moi de vous déranger.
23:58Je voudrais qu'Emile nous montre une bouteille de butane.
24:02Tout de suite, si possible.
24:05Oui, une bouteille de butane.
24:09Du butane !
24:10Du gaz !
24:11Oh, écoutez, passez-moi Emile.
24:14Je vais m'expliquer avec lui.
24:17Allô ?
24:19C'est Emile ?
24:21Non, je vous ai dit de me passer Emile.
24:25Allô, Emile ?
24:26Oui, excusez-moi de vous déranger.
24:29Figurez-vous que nous avons laissé bêtement se finir notre bouteille de butane.
24:34Allô ?
24:36Ils ne comprennent rien.
24:43Il dit qu'on a coupé.
24:45Essaye encore !
24:46Oh, je crois que c'est inutile.
24:47J'aurais plus vite fait de faire un saut.
24:49Oh, je suis trop énervée pour rester toute seule ici.
24:52Je t'accompagne.
24:53Pas moyen de comprendre tout à l'heure au téléphone.
25:19Figurez-vous que nous n'avons plus de butte à gaz.
25:25Pour le butane, c'est Emile qui s'en occupe.
25:28Mais je ne sais pas ce qu'il y avait sur la ligne.
25:31Vous aviez l'air de ne rien entendre.
25:33Et Emile, pas davantage.
25:35Mais si nous vous avons parfaitement entendu,
25:37vous vouliez que je vous amène une bouteille de butane.
25:39Oui, mais alors ?
25:42Ben, il n'y en a plus.
25:44Comment il n'y en a plus ?
25:46La saison est terminée et il n'y a plus de butane.
25:48Enfin, vous n'allez pas me dire qu'il ne vous en reste pas une seule.
25:52Nous ne faisons plus de livraison.
25:54Donnez-moi une bouteille.
25:55Je la montrerai moi-même.
25:58Oui, les bouteilles de gaz, c'est terminé.
26:00On ne livre plus, comme Emile vous l'a dit.
26:02Je vais vous rembourser.
26:04Je vais vous rendre la consigne de la bouteille que vous rapportez.
26:08Écoutez-moi bien, Madame Baquet.
26:10Nous sommes de bons clients depuis plusieurs années.
26:13Mais si votre mari ne nous apporte pas immédiatement une bouteille de butane,
26:16je vous jure que nous ne remettrons plus jamais les pieds chez vous.
26:19Pas même pour vous acheter un pilote de pommes de terre.
26:22Je me demande comment vous allez manger.
26:24On dit que vous avez l'intention de rester à la station après la fermeture.
26:29Les nouvelles vont vite.
26:30De mémoire d'homme, on n'a encore jamais vu un estivant rester près de la fin de septembre.
26:34Je n'ai jamais vu des gens aussi bornés que vous.
26:37En tout cas, je vous retire ma clientèle.
26:39Même si nous devons faire 50 km pour aller aux provisions.
26:42Oh, qu'est-ce que ça avec une voiture ?
26:46Comment vais-je faire avec mon rôti ?
26:53Sans gaffe !
26:55C'est très simple.
26:56Tu découperas deux tranchées en offrant des vitesses.
26:59Et tu les feras tuer comment ?
27:00Ah, ce sera un barbecue.
27:01J'irai chercher au grenier celui que les enfants nous ont offerts pendant nos 30 ans de mariage.
27:05On ne s'en sert jamais.
27:06Ce sera une occasion.
27:08En effet.
27:08Je crois que ça suffit.
27:16Heureusement qu'il nous restait la moitié d'un sec de charbon de bois.
27:38A meuf !
27:46Tu as décidé d'être optimiste ?
27:48Mais pourquoi pas ?
27:51Et mille sortes de femmes.
27:53Hein ?
27:53Cette hostilité me reste de l'estomac.
27:56Qu'est-ce qu'on leur a fait ?
27:57Laisse-t'en, va.
27:59Ce sont des flouques.
28:01Tant pis que tu ne vas pas là s'organiser.
28:03Comme tu l'as dit, avec une voiture.
28:06Ce n'est pas grave.
28:07Après ça, il y a de la salade et le restant de tarte d'hier.
28:12Merveilleux !
28:13À quoi restes-tu, ma chérie ?
28:21Je me demande comment je vais préparer ce dîner.
28:24Hein ?
28:25J'avais eu du gaz.
28:26Il faudrait faire un potage et des oeufs.
28:29Je n'ai même pas d'eau tranche de jambon.
28:30Oh, écoute, on va aller manger une friture chez Buisson.
28:33Ben, on mange toujours à la maison.
28:35Ben, justement, on peut bien se payer ça.
28:37Ben, on mange toujours à la maison.
29:07Bonsoir, M. Buisson.
29:31Quoi ?
29:32On peut manger une friture chez Buisson, ce soir ?
29:35Si vous y tenez.
29:38Vous te mettez en ?
29:40La salle est à vous.
29:42Merci.
29:44Par là, tu veux bien ?
29:45Vous pourriez nous donner un peu de lumière ?
30:03Je vais vous apporter une bougie.
30:06Et si vous avez votre fameux petit vin blanc,
30:08on pourrait en boire un peu pour commencer,
30:10comme apéritif.
30:16Si vous vous rendriez compte,
30:18nous allons dîner au Chandon.
30:31Merci.
30:31Vous avez travaillé avec nous.
30:43Je ne veux pas refuser.
30:44Je comprends.
30:51Vous avez tout emballé pour le départ.
30:53Et ce soir, ça vous ennuie de salir de la vaisselle
30:57et de mettre du désordre en faisant la cuisine.
30:59Alors, vous êtes venu manger une dernière friture ?
31:04Mon cher Buisson, vous ne m'y êtes pas du tout.
31:07Au contraire, c'est une idée que nous avons eue
31:09pour célébrer le fait que nous ne partons pas.
31:14Nous avons décidé de prolonger nos vacances.
31:16C'est vrai.
31:18Je l'avais entendu dire, mais je ne voulais pas le croire.
31:21Eh bien, c'est vrai.
31:22Je pense que vous feriez mieux de partir.
31:29Rien ne nous y oblige.
31:31Il fait si beau.
31:33Le temps va changer.
31:35En octobre, ici, il y a
31:36d'horribles tempêtes.
31:40Et c'est très désagréable
31:42et même affreusement dangereux.
31:45Alors, écoutez, je suis fou.
31:47Vous nous avez dit pas plus tard qu'hier ou avant-hier
31:50que les dernières saisons au bord du lac sont très belles,
31:53tout à fait uniques.
31:55Mais je vous entends encore.
31:57Et vous avez même ajouté
31:58que la radio annonce une période de beau temps.
32:02Ça sont des choses que l'on dit
32:04pour faire plaisir aux clients.
32:06Mais aujourd'hui, je vous demande de me croire.
32:10Il vaut mieux partir.
32:12Robert est très têtu.
32:14Plus vous lui direz de partir, plus il restera.
32:17Écoute, nous n'allons pas gâcher ce petit délé
32:18par une discussion inutile.
32:23Bien.
32:24Bonne journée.
32:43Vous devez pas venir, c'est un peu, c'est un peu.
32:45C'est bon
33:15Je ne sais pas ce qui se passe mais le facteur est en retard
33:37Il n'a pourtant pas quitté la route des yeux
33:39Et puis j'aurais entendu son vélo moteur
33:41Il ne passera plus, il est trop tard
33:45Tu ne trouves pas que le ciel est voilé aujourd'hui ?
33:50Non, il continue à faire beau
33:53Quand je pense que nous devrions être dans des embouteillages
33:58Oh quel cauchemar c'est un retour
34:00Aujourd'hui, j'ai l'impression que nous commencons de nouvelles vacances
34:05Il faut passer à la ferme pour prendre des oeufs et du beurre
34:08On y va en voiture ?
34:09On ne sait pas tellement loin que ça ne prend pas moi
34:11Madame Lucas
34:15Il y a quelqu'un ?
34:33On dirait qu'il n'y a personne
34:36On serait peut-être allé faire des courses
34:39Et travailler dans les champs
34:43Les laboureuses s'en vont aux chambandes
34:45Caressant le coup de l'orbeu
34:47C'est une contre-pétouille
34:49Oh ça doit faire l'imbécile
34:51Robert !
34:55Il n'y a plus de vaches dans les tables ?
34:58Ben elles sont dans les frais
35:04Oh !
35:06Le poulailler est vide
35:08Ce n'est pas possible
35:09Mais viens voir avant de dire ce n'est pas possible
35:17Oui, et tous les clapiers à lapins aussi
35:21Les Lucas n'ont tout de même pas déménagé avec leurs bêtes et tout
35:26Ben tu le vois toi-même
35:28Ben écoute, je ne comprends rien à l'agriculture
35:30Mais je n'ai jamais vu que les paysans font une chose pareille
35:34Au contraire, le paysan est lié à sa terre
35:36Il ne peut pas bouger
35:40Ce ne sont tout de même plus des cerfs
35:42Ils n'ont parlé de rien la dernière fois ?
35:44Non, tu te souviens ?
35:46Ils étaient en train de donner un manger à leurs cochons
35:48Ma mère Lucas a dit
35:50Il commence à devenir bien gras
35:52Nous le tuerons quand vous serez partis dans un mois
35:54Afin d'avoir des jambons pour Noël
35:58Si le noir n'est plus qu'à redescendre
36:00Oh ! Je suis fatiguée
36:02On m'embrasse
36:24Ma pauvre casserole, elle va noircir, elle sera perdue
36:28Maman, ne t'en fais pas, maman
36:30Demain nous irons à la ville
36:32On fera le marché
36:34Et je prendrai une bouteille de butane
36:36Mon pauvre rebelle
36:37Je me demande comment tu la porteras de la voiture jusqu'à la maison
36:40C'est pas bon pour ton cœur ?
36:42T'en fais pas pour mon cœur
36:44J'en ai marre
36:46T'en fais pas
36:48T'en fais pas
36:50Rappel-toi les premiers jours au chalet
36:54Il y a vingt ans
36:56Oui, non, nous n'avons pas encore livré la cuisinière
36:58Ni au réfrigérateur
37:00Le carrelage de la cuisine ne me prend pas encore fait
37:03On campait comme aujourd'hui
37:05Mais les enfants étaient là
37:08Ils étaient si adorables quand ils étaient petits
37:12Jacques avait neuf ans
37:14Jean-Pierre en avait six
37:16C'était l'année où ils couraient partout avec leur filet à papillons
37:20Jean-Pierre attrapait surtout les autres ailes
37:23Oui, ils avaient voulu des canneboufferées
37:25Comme on en a avant pour les touristes dans le bazar
37:29J'avais toujours peur qu'il se crève un œil
37:31Tu vois, tu t'en fais toujours pour rien
37:33Pour rien ?
37:35Pour rien
37:38Qu'est-ce qu'on décide pour dîner ?
37:42Ça finira bien par cuire, hein ?
37:47C'est ça qui n'est pas encore passé
37:49Oui, oui, j'irais demander des explications à la poste
37:52Même s'il n'y a plus que nous, il doit faire sa tournée
37:55Bon Dieu, c'est un fonctionnaire, c'est l'État
37:58C'est ça ?
37:59Peille assez d'un peu
38:00C'est la batterie ?
38:01Non, c'est pas la batterie
38:02C'est la batterie ?
38:03Non, c'est pas la batterie ?
38:04Non, c'est pas la batterie ?
38:05Non, c'est pas la batterie ?
38:06Non, c'est pas la batterie ?
38:10C'est la couronne du démarreur ?
38:11C'est la couronne du démarreur ?
38:12C'est la couronne du démarreur ?
38:13C'est la couronne du démarreur ?
38:14C'est la couronne du démarreur ?
38:15C'est la couronne du démarreur ?
38:16C'est la couronne du démarreur ?
38:17C'est la couronne du démarreur ?
38:18C'est la couronne du démarreur ?
38:19C'est la couronne du démarreur ?
38:20C'est la couronne du démarreur ?
38:24C'est la couronne du démarreur ?
38:25C'est la couronne ?
38:26C'est la couronne du démarreur ?
38:32C'est la couronne du démarreur ?
38:39C'est la couronne du démarreur ?
38:46Vous avez téléphoné à la station de service ?
38:47Oui.
38:48Le petit pompiste venir à nous dépanner ?
38:54Le téléphone est mort.
39:05Quoi ?
39:06Oui, le téléphone est mort.
39:08Essaye encore.
39:09Essaye toi-même.
39:12Allô ?
39:13Allô ?
39:13Oh, ça ne sert à rien de dire allô.
39:15Oh, vous m'en appelez.
39:18Donne-moi pardon.
39:20Oh, mon pauvre chéri.
39:22Qu'allons-nous faire ?
39:24Eh bien, je vais aller à la station-service.
39:27Ah bien.
39:27Je ne vois pas d'autres solutions.
39:30Je n'aurai d'ailleurs que l'année à faire, le petit pompiste m'en montrera.
39:35Je voudrais y aller avec toi.
39:37J'ai peur toute seule.
39:39Je me suis trop loin.
39:41Tu reviendras vite.
39:43Si tu as peur, en mon absence, enferme-toi.
39:46Tu crois qu'il faut que je m'enferme ?
39:47Non, mais je n'ai pas dit cela.
39:48J'ai dit que si tu avais peur, tu n'avais qu'à t'enfermer.
39:51Puis, puisque tu le vas chez le pompiste, tu pourrais lui commander du mazout.
39:57Avec tous ces incisions, je n'y avais pas songé.
40:00Mais tu as raison.
40:02Et l'habitude fin septembre, la cuve est presque à sec.
40:06Puisque nous restons en octobre, il faut refaire le plein.
40:09Bon, je vais en faire livrer 3000 litres.
40:12Tu crois, mes amitiés à la petite pompiste.
40:14Si tu veux, je l'embrasserai pour toi.
40:15Tu n'as qu'un vieux satire.
40:18N'oublie pas ton chapeau.
40:19Hein ?
40:20C'est parti.
40:50C'est parti.
41:20Vous avez fini de gueuler comme ça. Qu'est-ce que vous voulez ?
41:25Vous n'avez pas vu les pompistes ?
41:28Voilà, pompiste, c'est moi.
41:30Je vous demande pardon.
41:32Je suis confié.
41:33Je vous prie de m'excuser.
41:38Je ne m'attendais pas à vous voir sortir de la dernière.
41:43Eh bien, c'est la fatigue.
41:46Je suis venu à pied.
41:48Oh, quelle chaleur, oui.
41:50Et alors ?
41:52Votre petit mari est là.
41:53Qu'est-ce que vous lui voulez à mon mari ?
41:55Deux choses.
41:56D'abord, ma voiture est en panne.
41:59Oh, j'ai bien l'impression qu'on a saboté.
42:01Où aller ?
42:02Prenne ma maison.
42:04Et puis, il faudrait refaire le plein de ma cuve à mazout.
42:09C'est 3 000 litres en yon.
42:10Bon, au revoir.
42:11Je n'ai pas que ça à faire de vous écouter.
42:12Mais où est votre mari ?
42:13Enfin, quand est-ce qu'on va se décider à s'occuper de moi ?
42:16La station est fermée.
42:18Oh, mais écoutez, il n'y a pas de venir fou.
42:21Vous étiez si mignonne la semaine dernière encore.
42:25Oui, quand nous parlons de vous, ma femme et moi, nous disons toujours
42:28que de tous les villages, c'est les petits pompistes que nous préférons.
42:33On nous en fait le plein la dernière fois.
42:36Michel, il y a un tout qui m'embête.
42:40Je suis content que vous soyez là.
42:43Vous faisiez un peu de jardinage.
42:45C'est vous qui m'embêtiez ma femme ?
42:48Elle est peut-être un peu nerveuse.
42:50Mais ce que j'ai à vous demander est très simple.
42:52Je vais vous expliquer.
42:53Vous êtes un beau parleur, comme tous les étrangers.
42:58Ma voiture est en panne et ma cuve à mazout est vide.
43:03Je lui ai dit que la station a été fermée, mais c'est une vraie bourrique.
43:06On ne peut rien pour vous.
43:07Mais ce n'est pas possible.
43:08Nous sommes amis.
43:10Il y a une vérité dans l'humanité,
43:12dans les relations à ton humain.
43:15Ce qui fait qu'on ne change pas comme ça sans raison.
43:18Il dit qu'on est amis, puis en arrivant, il ne m'a même pas reconnu.
43:21Allez, fous-moi le camp, hein ?
43:23Je croyais que vous nous aimiez.
43:25On n'aime pas les vieux quand ils veulent rester au-delà de leur temps.
43:27Mon pauvre repère, repose-toi.
43:53Ah, oui, cette expédition au village m'a crevé.
43:58Je vais préparer le dîner.
44:00Mais avec quoi ?
44:01Il reste du fromage.
44:03Oh, tu te rappelles, quand les enfants étaient petits,
44:06on avait visité une fromagerie dans la campagne.
44:12Elles avaient été très étonnées par les fromages, gros comme des tambours,
44:16qui sèchaient sur des étagères.
44:21J'avais inventé une histoire pour eux.
44:23Qu'est-ce que c'était que cette histoire ?
44:26Tu leur disais que s'ils restaient là-dedans,
44:29si on les enfermait par mes gardes,
44:32il n'y en aurait plus qu'à s'asseoir sur une étagère et à attendre.
44:35Et petit à petit, ils se sentiraient devenir fromage.
44:38Oui, oui.
44:40Je ne sais pas pourquoi, mais ça les faisait rire.
44:43Ça les faisait rire.
44:46Et nous ?
44:48Qu'est-ce que nous allons devenir ?
44:51Tu as bien fermé la porte au verrou.
44:54Oui.
45:01Mon père, je ne peux pas dormir.
45:03Allume la lumière.
45:11L'électricité est coupée.
45:13Tu ne risques rien, ma chérie.
45:16Essaye de dormir.
45:17Je ne peux pas.
45:19Je ne peux pas.
45:20C'est un orage de septembre.
45:23Je vais chercher une mission.
45:25Il vaudrait mieux économiser nos bougies, tu sais.
45:29Comment ?
45:31Comment ?
45:32C'est un orage deąż middle.
45:37Comme moi.
45:39Merci.
46:09La lumière est envenue.
46:18C'était qu'une panne.
46:21Oui, on ne nous a pas coupé l'intensité.
46:24Écoute.
46:26Je vais te le faire.
46:26Pas vite.
46:39Oh, donne-moi ça, c'est que tu n'en as pas.
46:55Un lit, je n'ai pas les lunettes.
46:57Chère papa, chère maman, c'est l'écriture de Jacques.
47:11J'espère que vous passez de bonnes vacances au bord du lac.
47:15Jean-Pierre est revenu de sa virée avec ses copains.
47:20Et aujourd'hui, il dîne chez moi.
47:23De sorte que nous sommes ensemble pour vous écrire.
47:27Nous parlions tout à l'heure et nous pensions la même chose.
47:33Nous nous disions que vous rentrez toujours trop tôt à Paris.
47:38Maintenant que vous n'êtes plus tellement jeune
47:41et que vous êtes à la retraite,
47:45vous devriez mieux profiter de la campagne.
47:50Qu'est-ce qui vous oblige à revenir ?
47:53Rien du tout.
47:53Je suis mariée et père de famille.
48:00Jean-Pierre a son métier, sa vie, ses amis.
48:05Nous n'avons plus besoin de vous.
48:09On a toujours l'impression que vous rentrez par devoir à cause de nous.
48:13C'en est gênant.
48:17Restez donc là-bas.
48:20Je me demande ce que vous feriez à Paris.
48:25Alice, ma femme, pense tout à fait comme nous.
48:29C'est elle, la garce.
48:31Mais non.
48:33Ils n'ont plus besoin de nous, c'est tout.
48:37Robert, que va-t-il nous arriver ?
48:39Oh, je ne sais pas.
48:45La peur.
48:48Quel mystère.
48:50Mais il faut nous détendre.
48:53Je vais ranimer le feu
48:55et tu feras du thé.
49:04Le bois est mouillé, mais ça hurra.
49:05Oh, qu'il fait sombre ici.
49:35Parfois, j'ai essayé de revoir notre appartement et je n'y arrive pas.
50:00Alors, je monte l'escalier, j'ouvre la porte
50:04et je suis dans l'entrée ou au bout du couloir.
50:09Pourtant, nous avons vécu là toute notre vie.
50:15Paris.
50:18C'est tellement loin maintenant.
50:22Paris.
50:22Et notre vie.
50:27J'ai le même problème pour notre quartier.
50:31Je sors du métro à la marque,
50:33je descends le versant nord de Montmartre
50:35par la rue de la Fontaine du But.
50:36Et là, il y a une rue, mais...
50:40Je ne sais plus si c'est la rue du Hème
50:42ou la rue du Ruisseau.
50:46À moins que ce ne soit la rue du Poitou.
50:49Des rues
50:50que j'ai descendues et remontées
50:53des milliers de fois.
50:54Cette fois-ci, ce n'est plus l'orage
51:00qui a coupé l'électricité.
51:03On fait l'importance.
51:10Il y a longtemps que nous avons compris.
51:22Il fait sombre.
51:24Comme si la nuit allait tomber.
51:28Et comme toujours,
51:29il y a un peu de lumière
51:31sur le moine blanc.
51:35Vous voulez que je te raconte
51:36la légende du moine blanc ?
51:38C'est une histoire d'amour.
51:40Aucune histoire ne me concerne plus.
51:54Tu prendras quand même un peu de thé.
51:56Oui, volontiers.
52:03Je te mets un sucre.
52:04Puisque tu as eu la bonne idée de faire du thé,
52:32je crois que nous devrions en profiter
52:35pour prendre ça.
52:37Oui, j'ai toujours pensé
52:38qu'un jour, l'un ou l'autre,
52:41ou tous les deux,
52:43nous pourrions en avoir besoin.
52:44un peu.
52:46Parfaits.
52:48Parfaits.
52:49Parfaits.
52:50Parfaits.
52:51C'est parti.
53:21C'est parti.
53:51Je crois au repos.
53:55Nous allons nous reposer.
53:58Je suis heureuse.
53:59Je n'ai plus peur.
54:15C'est vrai que nous avons eu très peur.
54:20Et maintenant, nous n'avons plus rien à craindre.
54:25Je n'ai plus peur.
54:55Je n'ai plus peur.
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