00:00En tout cas, on parle de guerre du militaire, ce dossier groenlandais vire à la guerre commerciale,
00:08puisqu'on en parlait aussi avec Hervé Morin, je vous le rappelle, Donald Trump qui menace de surtaxer jusqu'à 25% de produits d'une série de pays européens,
00:17dont évidemment la France, jusqu'à la vente totale du Greenland.
00:21Alors aujourd'hui, prend le bas de combat, réunion d'urgence des ambassadeurs des 27 qui a débuté à Bruxelles en fin d'après-midi.
00:28Les pays européens qui menacent de brandir avec Emmanuel Macron en tête cet instrument anti-coercition de l'Union Européenne.
00:38Jules Torres, quel est votre regard sur cette riposte, le bazooka de l'Union Européenne qui n'a jamais été utilisé d'ailleurs manifestement ?
00:45Absolument, ils ont raison parce qu'évidemment il ne faut pas se laisser faire face à Donald Trump,
00:51évidemment qu'on ne peut pas laisser faire tout ça, mais le problème c'est que qu'est-ce qu'on vaut aujourd'hui face aux Etats-Unis,
00:57face à des droits de douane.
00:59Souvenez-vous, Donald Trump il y a quelques mois avait menacé les pays européens de droits de douane extrêmement conséquents,
01:05il était parti quasiment de 100% pour finalement tomber à 25% et les Européens avaient quasiment applaudi des deux mains.
01:11Je me souviens d'une interview de M. Lombard qui vous expliquait, l'ancien ministre de l'économie,
01:16qui vous expliquait que finalement 25% de droits de douane, c'était pas si mal, on s'en était plutôt bien sortis,
01:21alors que nos amis du Royaume-Uni qui eux ne sont pas de l'Union Européenne avaient mieux négocié que nous.
01:27Donc bon, ça montre encore une fois que les Européens essayent, mais c'est évidemment extrêmement dur
01:32parce qu'aujourd'hui les mécanismes de l'Union Européenne ne fonctionnent plus.
01:37On voit bien que les pays n'ont pas les mêmes intérêts, que l'Europe à 6 ça fonctionnait déjà pas très bien,
01:43alors l'Europe à 27 ça fonctionne encore moins bien,
01:46et qu'Emmanuel Macron a raison, c'est un petit peu comme ce qu'il fait en Ukraine avec la coalition des volontaires,
01:51il essaye de se faire en porte-parole de cette coalition-là,
01:56mais malheureusement qu'est-ce qu'on pèse aujourd'hui ?
01:58C'est terrible de dire ça, mais qu'est-ce que pèse la France ?
02:00Qu'est-ce que pèsent les Européens ?
02:01Oui, et puis à partir du moment où c'était la ligne rouge des Russes, justement,
02:05est l'une des raisons pour laquelle cette intervention militaire a été déclenchée.
02:10Je doute malheureusement que ça soit en effet efficace, Ophélie Roch.
02:14On a l'impression que d'une certaine manière, il s'appuie sur notre crainte en effet de ce qui se passe en Ukraine,
02:20pour nous dire, si vous ne voulez pas que je vous lâche, voilà, c'est un peu comme un bullies,
02:24c'est-à-dire ces gens dans la cour de récré qui sont plus forts et qui arrivent finalement à tirer la couverture à eux.
02:32Mais c'est ça, son bétile aujourd'hui.
02:34C'est un petit peu ça, et en fait, il n'y a pas réellement de bonne solution.
02:37La seule solution serait tenir, mais c'est à quel prix est-ce qu'on en est capable ?
02:41Donald Trump est quelqu'un qui ne s'embarrasse pas de morale.
02:43Je pense que les Etats-Unis ne se sont jamais trop embarrassés de morale en général,
02:46mais avec lui, les choses sont claires.
02:48C'est-à-dire qu'il est imprévisible.
02:52Je crois qu'il y a encore deux mois, quand il avait parlé les premières fois du Groenland,
02:56tout le monde ricanait un peu en disant, non mais il n'ira jamais jusque-là.
02:58C'est une promesse de campagne.
02:59Mais oui, mais personne ne le prenait vraiment au sérieux.
03:02Il n'est pas forcément soutenu aux Etats-Unis, et à commencer par une partie des Républicains.
03:06Absolument, oui.
03:07C'est ce qui le freinera peut-être, d'ailleurs.
03:08D'ailleurs, on voit bien actuellement qu'il y a deux lignes dans la Maison-Blanche.
03:13Il y a la ligne plutôt G.D. Vance, qui est complètement America First, isolationniste,
03:19et qui veut que Donald Trump et son administration se concentrent sur les problèmes des Américains
03:24et pas les problèmes du monde.
03:25Et vous avez l'autre aile, celle de Marco Rubio, qui n'était pas très connu, finalement,
03:29quand il avait été nommé, avant d'être nommé secrétaire d'État,
03:32et qui, lui, on voit bien que c'est aussi la succession de Donald Trump qui commence déjà à se préparer,
03:36qui est, lui, plutôt sur une ligne d'interventionnisme, que ce soit sur la question de Cuba.
03:41Il a été l'un des artisans de la capture de Maduro.
03:45Il veut aussi intervenir en Iran.
03:46Donc, on voit très bien que ce sont ces deux ailes qui sont là.
03:51Mais il y a aussi quelque chose qui va être très important pour Donald Trump,
03:53c'est les mid-terms, qui auront lieu en novembre 2026, en novembre prochain.
03:58Et c'est vrai que vous avez raison de le dire.
03:59L'approbation, chez les démocrates, évidemment, est complètement nulle.
04:05Mais oui, Donald Trump va devoir, à un moment donné,
04:10desserrer la vie sur la question de l'international,
04:13pour se reconcentrer sur la politique intérieure,
04:15parce que c'est certainement pas les Iraniens ou les Ukrainiens qui vont voter pour les mid-terms.
04:19sur le plan national.
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