Chaque matin dans Europe 1 Matin, Dimitri Pavlenko reçoit un invité pour évoquer les dernières actualités. Aujourd'hui, Alexis Brézet, directeur des rédactions du Figaro, pour évoquer les 200 ans du Figaro.
00:007h12 sur Europe en direct du Grand Palais, ce matin en plein cœur de Paris, Dimitri Pavlenko,
00:07vous recevez le directeur des rédactions du Figaro et signature Europe 1, Alexis Brézé.
00:12Bonjour Alexis.
00:13Bonjour Dimitri, bonjour Anissa.
00:14Bonjour Alexis.
00:15Je ne vous présente pas, vous êtes l'un des...
00:16C'est le plaisir de vous voir à une heure inhabituelle pour moi.
00:18Mais surtout que ce soit vous qui nous recevez.
00:20Ah mais je suis très heureux.
00:21Oui car vous êtes évidemment l'un des deux éditorialistes politiques d'Europe 1 matin également.
00:24C'est Vincent Trémollet de Villers qui officiera d'ailleurs tout à l'heure.
00:27Alors merci Alexis en tout cas de nous recevoir sous cette grande nef du Grand Palais à deux pas des Champs-Elysées.
00:31Vous y avez pris vos quartiers donc pour trois jours pour célébrer le bicentenaire du Figaro, 200 ans Alexis.
00:37Alors je vous disais tout à l'heure dans l'esprit des Français, bicentenaire c'est la révolution française.
00:41Ça situe quand même la dimension historique de l'événement.
00:4415 janvier, en fait c'est le 15 janvier 1826, le premier numéro.
00:47Ça ressemblait à quoi ce premier exemplaire du Figaro ?
00:49Alors 15 janvier c'est qu'on est le 14 donc on est vraiment exactement il y a 200 ans.
00:53On n'est pas loin du bouclage là.
00:54Voilà exactement le premier numéro du Figaro.
00:57Donc on est sous la restauration, sous Charles X où la liberté de la presse est encadrée on va dire et très sévèrement encadrée.
01:05Et donc il y a des jeunes gens ambitieux à la mode qui décident de créer une feuille hebdomadaire.
01:10C'est une feuille hebdomadaire, c'est quatre pages, littéraire et satirique.
01:14On n'a évidemment pas le droit de parler de politique donc on parle de théâtre, de littérature.
01:17On écrit sous pseudonyme, on prend les pseudos des personnages de Beaumarchais, Rosine, Figaro, Alma Viva et à travers la littérature et le théâtre on parle un peu par le biais de politique.
01:30Alors certains disent que la vraie naissance du Figaro Alexis c'est plus tard, c'est 30 ans plus tard.
01:35Oui c'est ça. Donc ce journal va naître, disparaître, recommencer pendant une trentaine d'années.
01:41Puis en 1854 arrive le vrai fondateur du Figaro qui est Hippolyte de Villemessant qui est un génie absolu,
01:47un espèce de géant balsacien absolument incroyable qui a tout inventé dans l'histoire de la presse,
01:53qui va refaire renaître le Figaro en 1854 et puis qui ensuite va le transformer en journal quotidien à la fin du Second Empire.
02:00On est sous le Second Empire, la modernisation, Napoléon III, Offenbach, les boulevards, le théâtre.
02:06Mais depuis l'origine, la dimension littéraire, théâtrale, artistique est très très importante dans le Figaro.
02:12Villemessant, il vit sur les boulevards et la matière du Figaro c'est beaucoup le théâtre et la littérature.
02:18Alors vous me disiez Alexis qu'en préparant ce bicentenaire, parce que ça fait un moment quand même que vous travaillez dessus au Figaro,
02:23on s'en rend compte, d'ailleurs tiens on parlera un instant du hors-série Figaro consacré à cet anniversaire,
02:28vous avez vous-même redécouvert l'histoire de votre journal Alexis ?
02:31Oui c'est vrai parce qu'on fait le journal tous les jours, et le site, et maintenant la télé,
02:36mais enfin bon l'histoire on la connaît assez peu.
02:39Et là c'est vrai que pour faire cette grande exposition qui était aujourd'hui là dans la nef du Grand Palais,
02:44pour faire ce hors-série dont vous parlez, pour faire un livre qui est un gros livre fait par Étienne de Montetti,
02:49pour faire un documentaire télé, on s'est replongé dans tout ça,
02:53et on découvre des trucs incroyables, parce qu'il y a des personnages absolument inouïs dans la vie de Figaro.
02:59Et parlez-nous de ce patron du Figaro qui se fait assassiner dans son bureau.
03:01Ah bah oui, oui, le malheureux Calmette, ce qui était mon lointain prédécesseur,
03:06qui est un type tout à fait sympathique, qui se bagarrait contre l'impôt,
03:10et donc il se bagarrait contre un ministre qui s'appelait Caillot,
03:12et se bagarrant contre l'impôt, vous voyez que c'est pas d'hier que le Figaro est contre la frénésie fiscale,
03:17donc il se bagarre contre l'impôt, il va faire un truc qui se fait quand même pas tellement,
03:21il va publier des lettres entre une personne qui à l'époque était la femme de Caillot,
03:25mais qui quand elle les a écrites ne l'était pas, mais où il parle de politique,
03:28il dit ouais sur l'impôt je l'ai enterré, j'ai fait semblant d'eux, etc.
03:31Il publie ses lettres, et donc cette dame qui depuis est devenue la femme du ministre Caillot,
03:39va prendre un coup de sang, va arriver au Figaro, avec un revolver caché dans son manchon,
03:44qu'elle a acheté chez un armurier en bas, après s'est entraîné dans le stand de tir.
03:47Oui, c'est madame l'épouse du ministre.
03:49Les flammes du ministre va revolveriser le directeur du Figaro,
03:52alors on l'arrête évidemment, elle dit ne me touchez pas, je suis une dame,
03:56et on la met en prison, elle n'y reste pas longtemps, et elle est acquittée.
04:00Est-ce qu'il y a un esprit Figaro, Alexis, au fil conducteur de ces 200 ans d'histoire ?
04:05Parce que évidemment vous parlez de la frénésie fiscale, mais...
04:06Alors, le fil conducteur, parce que c'est vrai qu'on pourrait se dire qu'entre ce premier journal fait par Aloy Aragot,
04:13et le journal aujourd'hui qui est le journal de Aragot à Dassault,
04:17on pourrait se dire que ça n'a plus rien à voir, la plateforme numérique avec des télés, du web et tout ça.
04:23Si on regarde, il y a une petite musique qui court d'époque en époque,
04:27la petite chanson de Figaro sur sa mandoline,
04:29c'est ce thème qu'on a pris pour cette exposition, c'est celui de la liberté.
04:34Le Figaro, au grand moment de son histoire et de l'histoire de France,
04:38sous Charles X, on l'a dit,
04:40au moment de l'affaire Dreyfus,
04:42au moment de la Deuxième Guerre mondiale,
04:44puisque le Figaro choisit de s'aborder,
04:46au moment où le marxisme triomphe en France,
04:48le Figaro est du côté de la liberté.
04:50Au fond, le fil rouge de toute cette histoire du Figaro, c'est la liberté.
04:54Alexis Brézel, j'ai vu les chiffres, j'étais stupéfait d'apprendre que le site et l'appli du Figaro,
04:59c'est 20 fois le trafic du journal papier,
05:03qui est quand même un quotidien costaud,
05:04parce que vous tirez à 300 000 exemples par jour,
05:06ce qui vous place parmi les journaux les plus importants de France,
05:09mais 20 fois, est-ce que ça vous a traversé l'idée d'arrêter le papier ?
05:14Ah non, non, pas du tout.
05:16Aucun grand titre de presse d'information en général au monde n'a arrêté le papier.
05:20Le papier garde une fonction, le papier garde une attraction,
05:24parce qu'il y a des gens qui sont heureux de lire et de tourner les pages
05:27du Figaro, du Figaro Magazine, du Madame Figaro,
05:31des hors-série dont vous parliez.
05:32Donc le papier, c'est quelque chose de très important.
05:35Ça a une fonction symbolique, c'est une fonction d'influence.
05:37Pour la publicité, ça a évidemment une valeur le papier,
05:40donc il n'est pas du tout question d'arrêter le papier.
05:42Et je vous le disais, aucun grand journal au monde n'a arrêté le papier.
05:45Très vite Alexis, autour de nous, il y a cette magnifique exposition
05:47qui va ouvrir ses portes tout à l'heure à 9h.
05:49Alors c'est gratuit, c'est sur inscription, mais c'est gratuit.
05:52200 ans de liberté, 300 documents qu'on va pouvoir voir,
05:55des conférences, ça va être très animé pendant 3 jours.
05:56Alors on attend plus de 50 000 visiteurs sur 3 jours,
06:00donc pour voir notamment cette exposition qui a été réalisée par Claire Blandin,
06:04qui est une historienne, professeure à Paris-Sorbonne,
06:06et par Guillaume Perrault, et donc qui ont réalisé cette exposition.
06:09Et puis toute la journée, sur une grande scène qu'il y a là, derrière nous,
06:12des débats, des concerts.
06:14On aura Patrick Bruel, on va voir au studio Christophe Barbier
06:17et son épouse qui vont nous jouer et chanter Offenbach,
06:21puisque Offenbach était le meilleur ami de Villemessant.
06:23Enfin, on va avoir plein de débats, on va voir Sylvain Tesson,
06:26on va voir Luciano de Ampoli, enfin, énormément de monde,
06:30Giuliano de Ampoli, on va avoir énormément de monde pendant 3 jours,
06:33donc il faut venir, on peut encore s'inscrire pour venir,
06:37et venir ici au Grand Palais.
06:38Mais il ne faut pas traîner.
06:39Exactement.
06:40Merci beaucoup Alexis Brézé.
06:41Merci Dimitri.
06:42Allez, qui est officiel, édito-politique, vous le connaissez tous les matins sur Europe 1,
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