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00:00Europe 1 Soir, 19h21, Pierre de Villeneuve.
00:0419h18 et jusqu'à 20h, autour de moi, Gilles William Goldnadel, maître bonsoir.
00:09Bonsoir.
00:09Plaisir de vous retrouver.
00:10Plaisir équitablement partagé.
00:12Équitablement, c'est le principe du contradictoire.
00:14Bonsoir Jules Torres.
00:15Bonsoir Pierre.
00:15Cheve du service au JDD et notamment le service politique, bien sûr.
00:21Céline Imard est avec nous.
00:22Bonsoir madame, merci d'être avec nous.
00:23Vice-présidente des Républicains, eurodéputée, agricultrice dans le Tarn.
00:27Vous êtes au cœur de trois systèmes.
00:29Le parti politique, le Parlement européen et ce métier formidable, pourtant si difficile que celui d'agriculteur.
00:36Ce qu'on comprend, c'est que ce n'est pas tant la colère contre l'accord sur le Mercosur.
00:41En fait, c'est le schéma de la politique agricole globale en France qui ne fonctionne pas.
00:47Absolument.
00:48Le Mercosur, c'est le dernier clou dans le cercueil de mesures que nous avons prises sur les politiques agricoles depuis de nombreuses décennies et qui sont aujourd'hui le cercueil.
00:56Le Mercosur, c'est le clou.
00:57Mais ce qu'il ne faut pas sous-estimer, c'est la violence symbolique de cet accord.
01:01Moi, quand je parle à mes collègues députés au Parlement européen, notamment pour essayer de les convaincre de voter non sur ce texte, lorsqu'il sera soumis au vote du Parlement européen,
01:10ils me disent « mais l'agriculture française est déjà dans une très mauvaise posture alors que le Mercosur n'est pas entré en vigueur ».
01:15Et c'est vrai, je ne peux pas leur donner tort sur ce point-là.
01:18Ce qu'il faut comprendre dans le Mercosur, pourquoi ça a soulevé, et c'est comme la DNC, autant de colère, c'est parce qu'il y a une violence symbolique extrêmement forte dans cet accord.
01:26En fait, cet accord, le fait qu'il arrive à la signature, ça veut dire qu'on vous demande énormément d'efforts et à côté de ça, on ouvre la porte à des importations moins disantes.
01:36Et donc, les agriculteurs se disent « mais est-ce qu'on veut encore de nous dans ce pays ? »
01:41C'est ça la question qui se pose, c'est la question qu'ils posent devant l'Assemblée nationale ce soir.
01:46C'est la raison pour laquelle ils veulent camper devant la nationale, c'est-à-dire rester cette nuit, mais ils ne vont rien avoir de plus. Et ils le savent ?
01:56Oui, je pense qu'ils le savent. Ils ont une lucidité assez bluffante.
02:00Je l'ai vu ce matin, puisque j'ai été avec eux sur les manifestations à l'Assemblée.
02:04L'esprit que j'ai vraiment saisi sur ces manifestations, c'est le fait de dire, en gros, est-ce qu'on meurt sans lever les armes ou est-ce qu'on meurt les armes à la main ?
02:13C'est un peu ça. On a vraiment ce sentiment que c'est un peu la manifestation de gens qui n'ont plus rien à perdre, mais qui veulent garder une fierté et une dignité
02:21dans la manière qu'ils ont de réclamer de la considération, du revenu et moins de normes.
02:28Il y a une chose qui revient, c'est qu'il y a des agriculteurs qui ne le disent pas, mais qui sont contents de l'accord du Mercosur.
02:34C'est-à-dire que pour certaines filières ou certaines, j'allais dire, grosseurs d'exploitation, ça peut être un bon deal.
02:41Et ce que, notamment, on évoquait avec Hervé Morin au grand rendez-vous Europe 1 CNews Les Echos dimanche dernier,
02:47sachant que lui est notamment éleveur de chevaux et il connaît très très bien l'agriculture dans sa région Normandie,
02:53où généralement, les agriculteurs n'ont pas à se plaindre, mais ceux qui sont allés, justement, rejoindre ceux qui protestaient,
02:59notamment sur le pont de Normandie ou sur le port du Havre, c'est par solidarité.
03:04C'est-à-dire que même ceux qui vont bien, ils vont aller soutenir ceux qui vont mal.
03:08Oui, mais il y a quand même...
03:11On dit toujours, par exemple, les producteurs de vin, ceux qui contribuent à faire le cognac, les spiritueux, vont gagner à cet accord.
03:17Et moi, je me permets de m'inscrire en porte-à-faux, et c'est pour ça qu'on ne les entend pas beaucoup, ces filières, ces producteurs de vin.
03:22D'abord, par exemple, sur le vin et les spiritueux, le Chili et l'Argentine sont des pays producteurs, dont les habitudes de consommation là-bas sont déjà prises, entre guillemets,
03:31par la production locale, chilien et argentine. Sur les spiritueux, par exemple, sur le cognac, a priori, on peut se dire qu'il y a des opportunités sur l'export de ces produits,
03:39mais en réalité, sur les marchés de consommation Brésil et Argentine, ils ont des habitudes de consommation qui sont beaucoup plus axées sur le frais, sur la cachaça, sur le mojito.
03:47Donc, ils savent, nos producteurs et nos filières vins spiritueux, que ça va être très difficile de pénétrer ces marchés de consommation,
03:54et que les bénéfices éventuels ne pourront s'acquérir que sur le court terme et sur le moyen terme, enfin, pardon, sur le moyen terme et sur le long terme.
04:02Et c'est pour ça qu'ils ne sont pas très vocaux, par solidarité, mais aussi parce que ce n'est pas sûr d'avoir des bénéfices agricoles sur cet accord.
04:09Jules Torres.
04:10Au-delà de, est-ce que le Mercosur est un bon traité ou pas, quelle filière va bien s'en sortir, il y a quand même une question qui m'anime,
04:17c'est la question de l'impuissance. On a des agriculteurs qui sont impuissants face à un accord qui est négocié depuis 1999,
04:23des députés, des sénateurs et des députés européens qui sont absolument impuissants,
04:27des ministres nationaux qui sont impuissants, des présidents de la République et des premiers ministres qui sont impuissants face à cela.
04:33Qu'est-ce qu'on fait quand on est une personnalité politique comme vous l'êtes,
04:36qui justement avait décidé de cumuler avec votre ancien travail d'agricultrice ?
04:44Comment on fait quand on est aussi impuissant que finalement tout ce qu'on fait, en tout cas sur ce sujet-là,
04:49n'a aucun effet puisque de toute manière vous avez une sainte Union européenne qui fait ce qu'elle veut ?
04:54Il faut se projeter sur le long terme.
04:56D'abord cette perte d'influence que vous constatez très justement de la France à Bruxelles, elle ne s'est pas faite d'un coup.
05:01Quand on avait eu les gouvernements, on en pense ce qu'on veut sur le plan politique de la présidence Sarkozy ou de la présidence Hollande,
05:06mais en tout cas ce sont deux présidents qui ont été capables de dire à leurs homologues européens et notamment allemands
05:11« Moi, pendant mon mandat, Mercosur, on n'y touche pas. On va essayer de faire comme l'adhésion de la Turquie, une arlésienne. »
05:18Et là en fait, le fait que ça arrive maintenant sur la table et que les États européens, la majorité et la Commission européenne
05:24puissent s'asseoir complètement sur la position française, ce qui est une humiliation totale pour la France,
05:29ça vient du fait que la Macronie a considérablement affaibli cette manière de porter nos intérêts
05:33ou de pouvoir porter un veto officiel sur ce sujet.
05:37Et donc quand on est parlementaire, la question est excellente, je me la pose aussi,
05:40quand on est sénateur, quand on est eurodéputé, comment on fait pour essayer d'influer sur le cours des choses ?
05:44Moi au Parlement européen, j'essaie de convaincre mes collègues.
05:47Et c'est là qu'on se retrouve avec ce terrible effet miroir.
05:49C'est-à-dire que vous êtes lobbyiste en fait, vous n'êtes pas tant eurodéputé que lobbyiste en réalité.
05:55Mais au Parlement européen, énormément de choses fonctionnent sur le lobbying.
05:57C'est-à-dire que contrairement à l'Assemblée nationale ou au Sénat,
06:00quand on arrive sur le vote d'un texte, en fait tout est déjà joué avant.
06:04C'est ça qui est incroyable au Parlement, c'est que le lobbying est institutionnalisé.
06:08Donc tout le travail d'aller convaincre les collègues de boire des cafés,
06:11un nombre incalculable, pour aller convaincre de dire non au Mercosur,
06:15un député qui a priori n'a pas trop d'intérêt.
06:17Je ne vais pas chercher les Allemands et les Espagnols,
06:19mais on va aller chercher des Slovaques, des Létons, des Autrichiens, des Chypriotes,
06:23pour essayer de faire cette majorité.
06:25Mais là c'est les Italiens que vous devriez convaincre.
06:26Ah mais les Italiens, ils vont suivre comme un seul homme les instructions de Madame Mélanie.
06:30Donc il y a des députés qu'on ne va pas chercher,
06:32parce qu'on sait qu'ils vont évidemment voter en fonction de leurs intérêts nationaux.
06:36Mais là on se retrouve avec l'effet miroir.
06:37C'est-à-dire que ces mêmes députés me disent, mais je ne comprends pas.
06:40C'est-à-dire que moi j'ai un intérêt à exporter,
06:43pour mes industries, pharma, chimie, etc.
06:45Toi tu me demandes de voter contre un accord qui pourrait être bon pour mes filières,
06:49parce que des antibiotiques, des hormones, des pesticides, je comprends.
06:52Ou des voitures, si on parle des Allemands.
06:53Mais tu me demandes, chère Céline, de voter contre un traité qui n'est pas encore en vigueur
06:59parce qu'il détruit l'agriculture française, mais il n'est pas encore entré en vigueur.
07:02Donc ils me disent la vérité, c'est que c'est vous tout seul comme des grands au niveau français
07:05qui ont mis l'agriculture par terre, parce que vous vous tirez une balle dans le pied tout le temps.
07:10Et le sujet de la loi Duplon avec l'acétamipride cet été,
07:14la pétition, etc. a énormément marqué mes collègues.
07:17Ils me disent qu'est-ce que c'était ce débat cet été chez vous sur la loi Duplon ?
07:21Ils me disent, mais c'est incroyable, il n'y a que chez vous qu'on peut se tirer des balles dans le pied comme ça.
07:25Donc ne venez pas me demander de voter pour sauver votre agriculture
07:27qui est déjà très mal en point avant même que le Mercosur soit en vigueur
07:31pour ne pas protéger mes intérêts nationaux.
07:34Alors voilà le diagnostic.
07:36Ce qu'on peut faire ?
07:37Qu'est-ce qu'on peut faire ?
07:38Et bien ça vous le saurez après la pause.
07:39Restez bien avec nous sur Europe 1.
07:41Europe 1 soir.
07:4219h, 21h, Pierre de Villeneau.
07:45La colère agricole ne faiblit pas.
07:47Les conséquences, plutôt les causes, sont multiples
07:49comme vient de nous l'évoquer Céline Imard,
07:51vice-présidente des Républicains, eurodéputée, agricultrice dans le Tarn.
07:55Écoutez Madame Gennevard, la ministre de l'Agriculture,
07:58qui a annoncé à l'Assemblée plusieurs mesures.
08:00Nous avons décidé d'interdire dans les produits importés
08:03cinq substances et l'Union Européenne en a validé déjà trois.
08:08C'est un initiative de la France,
08:10c'est un projet, un progrès majeur
08:11et j'entends poursuivre cette action.
08:13Et puis enfin sur la question des contrôles.
08:15Car aucune interdiction ne vaut
08:17si on ne peut pas en contrôler l'application.
08:20J'ai décidé, et c'est une première en Europe,
08:22de pouvoir constituer une brigade de contrôles.
08:24C'est plusieurs dizaines de personnes
08:26qui seront chargées d'effectuer ces contrôles.
08:28Voyez, monsieur le député,
08:30le chemin est pris,
08:31la détermination est là
08:32et nous n'allons pas cesser
08:34de progresser dans cette voie.
08:36Je vous remercie.
08:37La ministre de l'Agriculture devant l'hémicycle en chahut,
08:40chahuté.
08:41Personne ne l'écoute vraiment
08:43quand elle annonce ces mesures qui,
08:46pardonnez-moi, on ne vous voit pas
08:47puisqu'on est à la radio,
08:49mais certains peuvent nous regarder
08:50sur différents canaux,
08:51notamment 218 pour le canal Orange.
08:54Vous venez de rire,
08:55pardonnez-moi Céline Imar,
08:56mais parce que...
08:57Non mais parce que...
08:59Parce que l'ampleur des mesures...
09:01Non mais parce que sur ces molécules,
09:03enfin elles sont typiquement utilisées
09:04par les producteurs d'agrumes,
09:06de mangue, d'avocats.
09:08Et donc je pense que ça va énormément rassurer
09:09tous nos producteurs d'avocats du Cantal
09:12ou tous nos producteurs de mangue du Nord-Pas-de-Calais.
09:15Oui, voilà, c'est ça.
09:16Donc ce sont des choses que nous ne produisons pas
09:18pour ceux qui n'auraient pas suivi.
09:20Absolument.
09:21Non mais les mesures,
09:22elles vont évidemment...
09:23Mais qu'est-ce qu'on peut faire ?
09:24Parce que c'est ça aussi.
09:25Alors aujourd'hui, voilà,
09:26le Premier ministre dit
09:27je vais annoncer une loi d'urgence
09:30sur l'eau,
09:31sur la prédation du loup,
09:32sur les moyens de production,
09:35c'est assez vague.
09:37Qu'est-ce que vous attendez de lui ?
09:38Qu'est-ce qu'on peut faire encore aujourd'hui ?
09:39Vous avez parlé du temps long.
09:41Oui, mais justement le problème
09:42c'est que l'administration,
09:43quand ça l'arrange,
09:44se calque sur le temps agricole
09:45qui est celui du temps long.
09:46On l'a vu sur la loi Duplomb
09:48qui remet à niveau
09:49certaines normes françaises
09:50avec le niveau de réglementation européen.
09:53On attend encore les décrets d'application.
09:55Donc ça veut dire que
09:56si on a une loi d'urgence
09:57qui va certes sur les mesures annoncées,
09:59je dis bien annoncées et promises
10:00et n'en pas encore actées,
10:01il y a des choses sur la prédation,
10:03sur l'eau,
10:04sur l'accès au phytosanitaire,
10:05sur plein de choses.
10:06Ça va être voté avant l'été.
10:08Le temps que les décrets d'application sortent,
10:09les administrations se retrouveront
10:11dans le devoir de réserve
10:12lié aux élections présidentielles.
10:14Le problème, il est là.
10:15C'est qu'aujourd'hui,
10:15on a des agriculteurs
10:16qui sont dans l'urgence.
10:17Que ce soit sur la viticulture,
10:18ils se disent
10:19est-ce que j'arrache ?
10:20Est-ce que je taille ?
10:20Mais ça fait 30 ans
10:21qu'ils sont dans l'urgence.
10:22Mais bien sûr qu'on est dans l'urgence.
10:23Mais enfin, à chaque fois,
10:23vous voyez bien
10:24que c'est un énorme plan social.
10:26C'est-à-dire que ça fait 30 ans
10:27qu'on a entamé le plan social
10:28qui a le plus d'ampleur,
10:29qui est le plus violent en France.
10:30C'est celui qui concerne les agriculteurs.
10:32Gilles-William-Golnadel.
10:34Non, je suis convaincu
10:35par l'éloquence
10:36et la force de conviction
10:38de Mme Imard.
10:40Mais je voudrais vous dire
10:41que ce sont les Français
10:43qui sont dans l'urgence.
10:45Le soutien des Français
10:46à l'agriculture,
10:48il y a quelque chose
10:49presque d'irrationnel
10:50et d'instinctif.
10:51Dans Paysans,
10:53il y a Pays.
10:54Je l'ai déjà dit.
10:5579% des Français
10:57soutiennent les agriculteurs.
10:57Voilà.
10:58Et les agriculteurs
11:01incarnent charnellement
11:02les racines de la France.
11:04Et les Français,
11:04comme ils savent eux-mêmes
11:05qu'ils sont en perdition,
11:06c'est ce qui explique
11:07qu'au-delà de toute raison,
11:08d'ailleurs,
11:09le soutien inconditionnel
11:11de la majorité des Français.
11:12Ça veut dire quand même
11:12qu'il y en a 20%,
11:13c'est assez étrange
11:14qu'ils ne les soutiennent pas.
11:15Mais justement,
11:16j'y viens.
11:16Mais j'y viens
11:17de la même manière
11:18que les malheurs des Français
11:20viennent principalement
11:22des Français eux-mêmes
11:23dans la détestation
11:25de la France.
11:26Je considère
11:27que certains écologistes
11:29français
11:30sont à l'origine
11:32du mal
11:33des agriculteurs.
11:34Les escrologistes,
11:36comme dit François-Olivier Gisbert.
11:37Mais qui n'en ont rien à faire,
11:39ni des animaux,
11:40ni des agriculteurs,
11:41qui imposent
11:43des normes
11:44plus importantes
11:45aux Français
11:46que dans d'autres pays.
11:48L'écologie punitive.
11:49Ce n'est pas un hasard
11:49si l'agriculture italienne
11:51et l'agriculture espagnole
11:52s'en sort bien,
11:53quand on dit
11:53que l'agriculture française
11:54s'en sort mal.
11:55La faute à qui ?
11:56La faute à certains Français.
11:57Pardon.
11:58Et absolument.
11:58Et qui viennent ensuite
11:59montrer leur soutien
12:00aux agriculteurs,
12:01ce qui est vraiment
12:02de l'affichage pur et simple,
12:03en leur disant
12:04on vous soutient
12:04sur le Mercosur.
12:05Parce qu'en fait,
12:06ils ont dézingué
12:07notre agriculture
12:08et nos filières
12:08depuis des années.
12:09Et ils ont créé
12:10une sphère aussi
12:11très forte
12:12dans l'administration
12:13où on a des réseaux
12:14officiels de l'administration,
12:15comme des réseaux
12:16comme Le Lière,
12:16qui militent aujourd'hui
12:17ouvertement
12:18pour que dans les politiques publiques
12:19on intègre
12:20cette décroissance écologique
12:22et qui sont aujourd'hui
12:23très présents
12:24dans de nombreuses sphères
12:25d'ONG militantes.
12:26Et dans les médias.
12:26Qui se font, bien sûr,
12:27mais qui se font un malin plaisir
12:29d'aller attaquer
12:29effectivement la pétition
12:31sur l'acétamipride
12:32mais qui se font un malin plaisir
12:34dès qu'il y a
12:34un projet d'extension
12:35d'un bâtiment agricole
12:36pour pouvoir produire
12:37nous-mêmes
12:38les poulets que nous consommons,
12:39les oeufs,
12:40dès qu'il y a
12:40un projet de stockage.
12:41Je ne rappellerai même pas
12:45toutes les oppositions
12:46sur des projets
12:48à caractère agricole
12:49mais qui peuvent aussi
12:50servir le bien commun.
12:51Et donc ils vont être là
12:52sur à la fois
12:53les manifestations violentes
12:54mais ensuite
12:55ce qu'ils ont perdu
12:56par la loi,
12:57ce qu'ils ont perdu
12:57dans le débat démocratique,
12:59ils vont aller le contester
12:59devant les juridictions.
13:01Et donc dès que vous avez
13:02un projet d'extension
13:03ou un projet lié à l'agriculture
13:04que ce soit sur l'eau
13:05ou sur les bâtiments,
13:06derrière il va y avoir
13:071, 2, 3, 4, 5, 6
13:09des dizaines de recours juridiques
13:11contre lesquels
13:12les agriculteurs
13:13ont beaucoup de mal
13:14à se défendre.
13:14Bien sûr.
13:15C'est vrai que les Français
13:17soutiennent massivement
13:18cette colère des agriculteurs,
13:2079% vous l'avez dit
13:21avec ce sondage CSA
13:23qu'on avait fait
13:23il y a deux semaines
13:24mais il y a quand même
13:25un sujet
13:25ce qui est que
13:26le maire Caussure
13:27est le paravent commode
13:28pour masquer
13:29nos propres responsabilités
13:31c'est-à-dire que
13:32ça fait 30 ans
13:33que l'agriculture vit mal
13:34et en effet vous l'avez dit
13:34le maire Caussure
13:35n'est toujours pas en application
13:36même si ça fait 26 ans
13:38qu'on en discute.
13:40Les écologistes politiques
13:42je ne les porte pas
13:42dans mon cœur
13:43mais ils n'ont jamais dirigé
13:44le pays que je sache.
13:45Donc il y a aussi
13:46cette question de
13:47comment ça se fait
13:48qu'on n'a pas réussi
13:49depuis 30 ans
13:50à sauver la vie
13:51parce que c'est ça
13:52c'est sauver la vie
13:53parce qu'aujourd'hui
13:54nos agriculteurs
13:55ils survivent.
13:56Mais comment ça se fait
13:57qu'on n'a pas réussi
13:58dans notre pays
13:58à avoir
13:59une agriculture
14:01qui est à bon coût
14:02parce qu'il y a aussi
14:03une réalité
14:04c'est que peut-être
14:04que oui les Français
14:05soutiennent nos agriculteurs
14:06mais du reste
14:07vous leur mettez
14:08le kilo de tomate
14:09à 8 euros
14:10ou à 12 euros
14:11et bien
14:12que le kilo de tomate
14:14vienne du Maroc
14:14ou de la France
14:15ils n'en ont rien à faire
14:16ils prennent celui
14:16qui est le moins cher
14:17parce qu'on a de moins
14:17en moins de pouvoir d'achat
14:18donc il y a aussi
14:18cette réalité-là
14:19qui est une réalité économique
14:21et ça pour le coup
14:21c'est tous les gouvernements
14:23successifs
14:23qui sont responsables
14:24de tout cela.
14:24Mais absolument
14:25parce qu'on est sur un paradigme
14:27de pensée
14:28sur les mêmes sujets
14:29que les politiques migratoires
14:30par exemple
14:31pareil sur le sujet
14:32de la production agricole
14:33face à ce dogme
14:34de la décroissance
14:35qui a prédominé
14:36dans tous les gouvernements
14:37successifs
14:38la droite n'a pas eu le courage
14:39de dire non
14:40ce n'est pas le bon cap
14:41et c'est ce que dit
14:42Bruno Retailleau
14:43très bien
14:43sur l'immigration
14:44mais aussi sur l'agriculture
14:45c'est que la droite
14:46a trop longtemps
14:46rasé les murs
14:47et s'est ralliée
14:48à la bien-pensance de gauche
14:49en disant finalement
14:50la droite est devenue
14:51juste un peu plus
14:51à la droite de la gauche
14:52et aujourd'hui
14:53moi c'est pour ça
14:54que je suis engagée
14:55aux Républicains
14:55c'est parce que je vois
14:56cette lucidité
14:57et cette volonté
14:58de la part de Bruno Retailleau
14:59et du parti
15:00de faire table rase
15:01de tout ça
15:01et de dire non
15:02il faut changer de logiciel
15:03sur toutes les politiques
15:04qui ont trait à notre souveraineté
15:06qu'elles soient
15:06sur l'immigration
15:07qu'elles soient
15:08sur la politique industrielle
15:09qu'elles soient
15:09sur le pouvoir d'achat
15:10ou sur l'agriculture
15:11il faut renverser la table
15:12et vous l'avez dit
15:13et le deuxième point
15:14que vous avez soulevé
15:15qui est extrêmement pertinent
15:16c'est la dichotomie
15:17qu'on peut observer parfois
15:18entre la revendication
15:19du citoyen
15:20et l'acte d'achat
15:20du consommateur
15:21ça c'est un point fondamental
15:23parce que contrairement
15:24à ce que
15:25Jules Torres
15:26a l'air ou fin de pensée
15:28le pouvoir
15:29il est beaucoup moins
15:31entre les mains
15:31des politiques
15:32qu'entre les mains
15:33des juges
15:34et entre les mains
15:34des médias
15:35et le parallèle
15:36qui vient d'être tracé
15:38par Madame Imard
15:40entre l'immigration
15:41et l'agriculture
15:42il est excellent
15:43c'est pour ça
15:43qu'on en meurt
15:44c'est parce qu'effectivement
15:46dès l'instant
15:46où il y a des recours
15:47en justice
15:48avec en plus
15:50l'appui des médias
15:51et bien effectivement
15:51les agriculteurs
15:53ils perdent leur pensée
15:54Céline Imard
15:55eurodéputée LR
15:56agricultrice
15:57en quelques mots
15:58si vous étiez
16:00ministre aujourd'hui
16:00de l'agriculture
16:01si vous pouviez
16:02faire, défaire
16:03refaire les choses
16:04quelles sont
16:05les trois principales
16:07mesures que vous feriez ?
16:08Deux
16:08d'abord je reprendrai
16:11la main sur mon administration
16:12ça c'est fondamental
16:13De quelle façon ?
16:14Aujourd'hui le politique
16:15a laissé trop de pouvoir
16:16aux administrations
16:17aux agences
16:17soi-disant indépendantes
16:18à l'ANSES
16:19à l'OSB
16:19qui reprend la main
16:21Oui
16:22aujourd'hui
16:23on laisse beaucoup trop
16:24de pouvoirs décisionnaires
16:25dans l'application
16:26dans les décrets
16:27dans la rédaction
16:27des tests de loi
16:28qui font qu'on a
16:29des surtranspositions
16:30vous avez les nitrates
16:30vous avez un plan d'action
16:31national qui est rédigé
16:32par les services
16:33première sur transposition
16:34deuxième sur le plan
16:35d'action régional
16:35troisième sur les comités
16:37locaux de l'eau
16:37il faut aujourd'hui
16:38en plus que ça coûte de l'argent
16:39parce qu'il y a tous ces comités
16:40dont vous me parlez
16:42c'est comme les dragues
16:44dans les affaires culturelles
16:45etc
16:45absolument
16:46il faut aujourd'hui
16:47que le politique
16:47reprenne la main
16:48sur ses administrations
16:49et reprenne la main
16:50sur ses agences
16:50c'est fondamental
16:51la deuxième chose
16:52c'est qu'il faut aujourd'hui
16:54porter je pense
16:55un projet de révision constitutionnelle
16:57mais en tout cas
16:57il faut agir au niveau légal
16:59par des décrets
16:59par des arrêtés
17:00par des ordonnances
17:01pour absolument aussi
17:02redonner du pouvoir
17:04face aux juridictions
17:05c'est à dire qu'il faut
17:05limiter les recours
17:06il faut limiter les délais de recours
17:07et ça
17:08le fait de pouvoir
17:11changer la loi
17:11mais des recours sur quoi par exemple ?
17:12par exemple sur un méthaniseur
17:14je rencontrais ce matin
17:15un agriculteur
17:16qui me dit
17:16on monte un méthaniseur
17:17avec une coopérative
17:18ça s'inscrit dans la bioéconomie
17:20dans le circuit court
17:20dans la politique énergétique
17:22tout est vertueux
17:23tout est bien
17:23mais ça fait 7 ans
17:24que ces recours
17:25que ce projet de méthaniseur
17:27est bloqué
17:28parce qu'il y a des recours successifs
17:29d'ONG
17:30de collectifs
17:31de militants
17:32qui font que
17:33ils sont allés
17:33en première instance
17:35ils sont allés à la cour d'appel
17:36aujourd'hui ils ne savent pas
17:36s'ils vont se pourvoir
17:37c'est incroyable
17:39il faut absolument
17:40aujourd'hui
17:41qu'on repense
17:42notre assiette de jugement
17:43notre base légale
17:44et juridique
17:45pour pouvoir mettre fin
17:46à tous ces recours
17:48qui ne font que
17:49clouer de nouveaux clous
17:50dans les cercles
17:50est-ce que vous arrivez
17:51est-ce que vous arrivez
17:53seulement
17:53à faire de la pédagogie
17:55à ces ONG
17:55ou est-ce qu'on est
17:56dans le militantisme
17:58dogmatique tel
17:59qu'on peut absolument
18:00avoir aucun débat
18:01avec ces gens-là ?
18:03c'est assez variable
18:04mais moi je dirais
18:04que les ONG
18:05aujourd'hui
18:05ont un agenda politique
18:06et que du coup
18:08ils ont des opinions
18:09ils ont des idées
18:10ils cherchent à faire avancer
18:11leur agenda politique
18:12de la même manière
18:13qu'un responsable politique
18:15qu'un élu
18:15qu'un député
18:16qu'un syndicaliste
18:16va chercher à faire avancer
18:17le sien
18:18et donc on n'est pas
18:18dans le débat d'idées
18:19on est dans des convictions
18:21extrêmement ancrées
18:22on est dans le dogme
18:23et on est dans des objectifs
18:24de peser dans la loi
18:25et auprès des politiques
18:26voilà
18:26donc c'est ce que vous disiez
18:28ça s'appelle l'idéologie
18:30bien sûr
18:30voilà
18:31l'idéologie
18:31on parlait
18:32du service public
18:34de l'information
18:35vous avez la même chose
18:36maintenant
18:36dans le domaine
18:37de l'agriculture
18:38et si on ne fait pas
18:39quelque chose
18:40à ce niveau-là
18:41c'est le cœur du réacteur
18:42et bien
18:43on n'en sortira pas
18:44et ça coûtera
18:46des vies
18:46à des agriculteurs
18:47puisque je rappelle
18:48cette triste statistique
18:49un agriculteur
18:50se suicide
18:51tous les deux jours
18:51Merci beaucoup Céline Imard
18:53d'avoir été avec nous
18:54eurodéputés
18:55Les Républicains
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