Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 11 heures

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Europe 1, Pascal Proulx et vous.
00:30Johanna Orsoni a été touchée en plein cœur d'une balle, sans doute tirée à plusieurs centaines de mètres.
00:36Frédéric Michel est avec nous, il est le correspondant d'Europe 1, présent en Corse.
00:39Bonjour Frédéric.
00:41Bonjour Pascal, bonjour à tous.
00:43Est-ce que nous avons d'abord des informations précises, plus précises que celles que je viens de donner ?
00:48Est-ce que l'enquête est en cours ? Est-ce qu'il y a des premiers éléments que vous avez pu récupérer ?
00:54Alors l'enquête est en cours et la première information que je peux vous donner, elle vient de tomber.
00:58L'autopsie d'Anna Orsoni est programmée ce mercredi, c'est-à-dire demain, il y aura une autopsie.
01:05Mais comme vous l'avez dit, c'est un tir unique, un tir de longue distance, 100-150 mètres.
01:12Justement, toute la journée, les policiers ont travaillé sur le terrain pour essayer d'identifier l'endroit où a pu être embusqué le tireur
01:20et par où il est arrivé et parti.
01:23Donc voilà pour l'enquête autopsie programmée ce mercredi d'Anna Orsoni.
01:29Peu de choses ont filtré, si ce n'est qu'on sait que c'est évidemment un fusil avisé qui a permis ce crime.
01:39Vous le savez, Anna Orsoni était un personnage sur l'île.
01:45Tout le monde le connaît ici en Corse et peu nombreuses sont les personnes qui ont accepté de parler à nos micros et encore moins face caméra.
01:55Vous savez, vous connaissez bien la Corse, c'est une toute petite île.
01:59Tout le monde se connaît ou presque, on reste prudent dans son expression.
02:02Certains parlent d'Omerta, c'est en partie vrai.
02:05En tout cas, dans cette affaire, ce qui a choqué, c'est le lieu du crime, un cimetière, durant des obsèques.
02:12Les obsèques de la propre mère de la victime, Alain Orsoni.
02:15Et ça, c'est du jamais vu en Corse, du moins dans notre ère contemporaine.
02:20Alain Orsoni qui se savait menacé.
02:22Et Joe Peraldi a raconté à l'AFP, c'était un des proches d'Alain Orsoni, il a dit j'étais avec lui le matin pendant une heure, il n'avait pas l'air inquiet du tout.
02:30Il avait fait ses courses en ville sans gilet pare-balles, alors qu'il avait régulièrement un gilet pare-balles.
02:36Je n'ai jamais vu en Corse, quelle que soit la raison, un assassinat lors d'obsèques.
02:39Là, on a franchi ce qu'il y a de plus sacré.
02:42On jette le corps du fils sur le cercueil de sa mère, c'est innommable à estimer Joe Peraldi.
02:48Et c'est vrai que ce que vous disiez, c'est du jamais vu en Corse.
02:53Alors, je sais votre prudence Frédéric, et il est difficile bien sûr de parler d'un sujet comme celui-là avec si peu d'informations.
03:02Mais est-ce qu'on sait ou est-ce qu'on devine pour quelle raison il a été assassiné et quel clan l'a assassiné ?
03:11C'est tout le travail du PNACO.
03:14D'ailleurs, c'est sa première enquête, ce fameux parquet national anti-criminalité qui vient d'être créé et qui a été saisi de l'affaire avec la GIRS de Marseille.
03:24C'est une juridiction spécialisée.
03:26Savoir qui se cache derrière ce crime.
03:30Alors, il suffit un peu d'étudier, c'est le travail des policiers, de la personnalité.
03:34Je vous le disais, c'est une ancienne figure du nationalisme corse, présentée aussi comme un chef de clan à la frontière de la wayucratie,
03:42qui s'était reconvertie dans les affaires.
03:46Son fils lui-même, Guy Orsoni, est incarcéré.
03:50Guy Orsoni est lié au grand banditisme.
03:53D'ailleurs, il porte le nom de son oncle, le frère d'Alain Orsoni, qui lui a été exécuté, qu'il avait été enlevé, exécuté en 1983.
04:02On n'a jamais retrouvé son corps et tué.
04:05Et je ne sais pas si vous vous en rappelez, parce que c'est quand même un fil d'hiver très très marquant.
04:11Un commando pour venger la mort de Guy Orsoni, un commando, avait pénétré dans la prison d'Ajaccio,
04:18était rentré et avait exécuté les deux tireurs, les deux personnes en tout cas qui avaient participé à ce crime.
04:25C'est incroyable.
04:26C'est incroyable.
04:27C'est incroyable.
04:27L'Alain Orsoni n'avait pas été inquiété.
04:29Exactement.
04:29L'Alain Orsoni n'avait pas été inquiété.
04:31Ils ne faisaient pas partie du commando.
04:33Ils étaient trois dans le commando.
04:36Alors voilà, on va rechercher autour, sans doute, de différentes sphères.
04:40Nationalistes, sans doute pas.
04:41Mais évidemment, on pense au grand banditisme.
04:45Monsieur Péraldi l'a très très bien dit.
04:48D'ailleurs, ces dernières années, Alain Orsoni vivait au Nicaragua, même s'il revenait régulièrement.
04:53Je vous rappelle que jusqu'en septembre, il était président, et vous le connaissez, ce club de l'ACA,
04:57le club de football d'Ajaccio.
05:00Il l'a quitté en septembre.
05:02Mais il venait en Corse, mais sous haute protection, avec en effet un gilet pare-balles.
05:06Et hier, lors des obsèques de sa mère, il ne portait pas ce gilet pare-balles.
05:10Alors, pour les enquêteurs, ce qui est intéressant, c'est quand même ce tir à longue portée.
05:17Ce n'est pas n'importe qui qui peut réaliser ce tir.
05:19Il y a une balle, une seule balle.
05:21Personne d'autre détouché.
05:22Elle est en plein cœur.
05:24Elle traverse.
05:25C'est-à-dire que, vraiment, le tir était fait pour tuer.
05:29C'est un tir d'une très grande précision.
05:31Et ce n'est pas une petite bande qui peut le réaliser.
05:34On peut imaginer aussi qu'il y a peut-être aujourd'hui une envie de reprise
05:38ou de montrer ses muscles, ses dents en Corse de la part de certains groupes
05:44et qui ont peut-être voulu faire un exemple en disant,
05:46vous voyez ce qu'on est capable de faire.
05:48Mais bon, ce n'est pas des amateurs.
05:51Je veux vous remercier, Frédéric Michel.
05:53J'avais demandé à Pascal Pierre Garbarini
05:55que les auditeurs et les téléspectateurs de CNews et d'Europe 1
05:59connaissent de venir pour nous parler de ce sujet.
06:02D'abord parce qu'il est ajaxien,
06:03ensuite parce qu'il est avocat
06:04et qu'il connaît particulièrement bien ces sujets-là.
06:07Il se trouve que Pascal Pierre a défendu
06:10certains qui se sont opposés parfois à Alain Orsoni
06:14et même qui avaient tenté, sinon à sa vie du moins,
06:18qui avaient été mêlés de près ou de loin à des affaires.
06:19Donc par définition, sa parole n'était pas libre
06:21et Pascal Pierre Garbarini ne pouvait pas s'exprimer sur ce sujet.
06:26Souvenez-vous de l'assassinat de l'avocat sous la carreau ?
06:28Exactement.
06:30Qui est une affaire très importante en Corse.
06:34Et ce qui est intéressant dans le mode opératoire,
06:37c'est lorsque l'on va tuer quelqu'un dans son village,
06:42c'est le signal qu'on envoie pour dire
06:45« Vous ne serez en sécurité nulle part ».
06:50Parce que le Véro, c'est le village de Alain Orsoni,
06:54c'était dans le cimetière, on le sait,
06:56dans des conditions si particulières,
06:58et il se méfiait si peu,
07:00lui qui devait se méfier de manière constante,
07:03qu'il n'avait pas de gilet pare-balles.
07:04C'est-à-dire qu'il se pensait,
07:06qu'il se croyait précisément à l'abri.
07:08Et il y a sûrement dans cet assassinat
07:10beaucoup de psychologie.
07:11C'est-à-dire que celui qui l'a tué
07:13savait sans doute qu'il n'avait pas de gilet pare-balles,
07:16parce que précisément, il se sentait à l'abri.
07:19Je fais un montage possible.
07:21Et surtout parce qu'il était dans le cimetière
07:23en train d'enterrer sa mère.
07:24Mais bien sûr, c'est-à-dire qu'on a franchi quelque chose,
07:26il y a de la psychologie là-dedans.
07:29C'est vrai que, comme tout un chacun,
07:31j'aime bien les histoires policières,
07:33et comme tout un chacun,
07:34on a lu des polars policiers,
07:35mais c'est presque un assassinat psychologique.
07:38Parce qu'il devine que cet homme-là
07:40ne portera pas ce jour-là.
07:41Mais vous voyez, où est le fameux code d'honneur
07:44dans ces régions-là,
07:45quand on assassine
07:47au moment de l'enterrement de sa mère ?
07:50Je trouve ça abominable.
07:52C'est vraiment un crime terrifiant.
07:53Écoutez, on ne va pas entrer là-dedans,
07:55parce que j'en ai parlé ce matin.
07:56C'est une...
07:57Frédéric...
07:58Je ne sais pas si Frédéric,
07:59vous êtes né en Corse,
08:00si vous êtes en Corse depuis de nombreuses années.
08:02Non, je connais la Corse depuis une trentaine d'années.
08:04J'ai cette chance de venir régulièrement.
08:06Et puis, je voulais juste préciser
08:08qu'Alain Orsoni avait échappé
08:09à une tentative d'assassinat.
08:10C'était en 2008,
08:11en plein dans la période,
08:12vous l'évoquiez,
08:14notamment de quelques années après
08:16de l'assassinat de Maître Solacaro.
08:18Il y a plusieurs grandes personnalités de Lille.
08:21Je pense aussi au président de la CCI
08:23de Corse du Sud,
08:26M. Nasser,
08:26qui avait été exécuté.
08:28Et lui-même avait failli
08:32déjà mourir en 2008.
08:35Et son fils a été blessé en 2018,
08:38pris dans une embuscade.
08:40Et là, on sait que ce sont des clans différents.
08:42Et notamment,
08:43on parlait de cette fameuse membre du Petit Bar
08:45qui a été jugée d'ailleurs
08:46pour le meurtre, l'assassinat
08:49de Maître Solacaro.
08:51Alors, c'est vrai que la Corse,
08:52c'est une société qui est en partie traditionnelle,
08:55demeurée traditionnelle.
08:56Et à ce titre, j'ai envie de dire
08:57qu'elle, par contraste avec la nôtre,
08:59elle peut attirer la sympathie.
09:01Mais il y a ce revers, effectivement,
09:03de la médaille d'une communauté
09:05parfois,
09:07j'allais dire primitive,
09:09je le dis évidemment entre guillemets,
09:11mais fondée sur les liens du sang,
09:13divisé en clans,
09:14où règne une forme d'omerta.
09:17Et pour ceux qui sont de l'extérieur,
09:19ils ont du mal à comprendre cette société.
09:22Je citais ce matin Guadzelli.
09:23Il se trouve que Guadzelli, je le connais,
09:26puisqu'il est passé au FC Nantes,
09:28figurez-vous.
09:29Le fils Guadzelli,
09:31il a été footballeur un temps,
09:34dans 2008, 2009 ou 2010.
09:37Mais aujourd'hui, ce jeune homme,
09:38qui n'est plus un jeune homme,
09:39d'ailleurs est en prison.
09:40Pourquoi ?
09:40Parce qu'il a voulu venger son père.
09:42Et son père, Guadzelli,
09:43avait été tué par je ne sais qui.
09:46Et le fils a voulu le venger.
09:48Et ce jeune homme,
09:49qui doit avoir une petite trentaine d'années aujourd'hui,
09:51est en prison, Frédéric Michel,
09:53pour je crois 30 ans.
09:55Avec son frère,
09:56c'est l'avant d'État,
09:58et c'est un cycle infernal, en effet.
10:00C'est les Guadzelli,
10:03les Marianis,
10:04et on meurt de père en fils,
10:06où on est en prison.
10:07Et donc, c'est tout à fait sidérant.
10:09Donc, de l'extérieur,
10:10moi souvent,
10:11j'ai pensé à Madame Guadzelli,
10:13la mère de ce jeune homme,
10:14qui doit être aujourd'hui terrifiée,
10:16qui a perdu son mari,
10:17et qui a vu son fils venger son mari.
10:19Donc, tout ça nous paraît absolument invraisemblable.
10:23Et c'est effectivement une culture ancienne.
10:26Alors, on parle,
10:27oui, je ne sais pas si le mot culture est adapté,
10:30de mœurs,
10:31chacun le prendra ou le dira comme il veut,
10:33mais la vendetta,
10:35c'est une vendetta,
10:36j'ai envie de dire,
10:36sans fin,
10:37qui est une sorte de mode privilégié
10:40de cette société.
10:42En tout cas, merci beaucoup Frédéric Michel.
10:44Je lisais,
10:44je fais juste une petite remarque,
10:46il n'y a pas d'ironie là-dedans,
10:47mais je regardais ce matin,
10:48ce matin,
10:49par définition.
10:50C'est vrai qu'il y a assez peu d'informations,
10:52parce que...
10:53Non, Pascal,
10:54je ne suis pas d'accord,
10:56on en a parlé,
10:57c'est-à-dire qu'il faut lire l'édito
10:59du directeur de la rédaction de Coeur ce matin,
11:03un édito qui est vraiment très engagé,
11:06et très courageux.
11:07Et il y a un certain nombre d'informations,
11:09vous savez,
11:09qu'on ne peut pas donner immédiatement.
11:11Et je peux vous le dire,
11:11pour avoir discuté avec certains de mes confrères,
11:13ils avaient les informations,
11:14mais on les retient aussi quelquefois,
11:15on ne peut pas tout donner.
11:16Le prix de nos renoncements,
11:18c'est l'édito d'Henri Mariani ce matin,
11:20dans Coeur ce matin,
11:22et il explique ce que nous tolérons,
11:25ce que nous excusons à demi-mot,
11:27ce que nous expliquons pour mieux l'aborder,
11:29finit par dessiner le contour
11:31de ce que nous sommes prêts à accepter.
11:33Mais pourquoi on ne pourrait pas donner toutes les infos ?
11:35Mais par peur !
11:36C'est des détails de la procédure judiciaire,
11:41donc on ne sait pas,
11:42est-ce que c'est à 200 mètres, 300 mètres,
11:44est-ce que c'est tel ogive,
11:45ils ont ces informations,
11:46on attend les confirmations.
11:47C'est pas par peur !
11:48C'est ma question.
11:48Non, ce n'est pas par peur !
11:50Moi, ce qui me frappe,
11:51moi je connais très peu la Corse,
11:52évidemment très peu,
11:53je la connais à travers quelques amis,
11:55et puis quelques séjours,
11:56mais des séjours de vacanciers,
11:58ce qui est tout à fait sidérant,
12:00c'est que tout le monde se connaît.
12:01C'est ça qui est sidérant.
12:04C'est-à-dire que chaque famille se connaît,
12:06chaque nom,
12:07et il n'y a pas,
12:08à chaque fois que vous dites le nom de quelqu'un en Corse,
12:11il le connaît.
12:13C'est ça qui est sidérant.
12:14La toponymie, elle est spécifique,
12:16ce sont des villages.
12:17Oui, oui.
12:17Évidemment, les sociétés de villages...
12:19Allez, il est 17h26,
12:20on est en retard déjà.
12:22Merci Frédéric Michel,
12:23bonne journée,
12:25et nous continuons l'actualité
12:26avec notamment Jean-Michel Apathy
12:28qui fait parler de lui.
12:29Ah, ça fait longtemps.
12:30Étonnant, non ?
12:31Exactement, oui, comme vous dites.
12:32Et puis, d'autres sujets
12:34qu'on pourra évoquer.
12:35Et puis, ça serait bien
12:36qu'on...
12:37Appelez-nous quand même
12:38au 0181
12:403921
12:41Alexandre Omar.
12:43Non, laissez Alexandre tranquille.
12:46Faites...
12:46Téléphonez vous-même,
12:48si vous voulez.
12:48Téléphonez vous-même.
12:49Ah oui !
12:49Et encore, moi, je suis en mal,
12:51je n'ai pas pris un...
12:52C'était la dernière fois
12:53que j'ai eu un auditeur au téléphone.
12:54C'était quand ?
12:55C'était au 24-hier.
12:56C'était José.
12:57C'était José, vous ne vous souvenez pas ?
12:58C'était...
12:58Depuis José, j'ai l'air.
12:59On a arrêté le principe.
13:00J'ai bien fait de ne pas l'avoir.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations