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  • il y a 2 jours
Dans son édito du 09/01/2026, Thomas Bonnet revient sur la signature de l'accord du Mercosur, entre l'UE et plusieurs pays d'Amérique latine.

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Transcription
00:00L'Elysée hier nous a offert un vrai faux suspense avant que le Président de la République ne communique finalement dans la soirée
00:05et donc qu'il annonce qu'il votera contre le Mercosur. Dans un long texte, il explique pourquoi,
00:09notamment parce qu'il estime que l'accord est d'un autre âge et parce qu'il expose nos filières agricoles.
00:14En fait, dans un briefing organisé par l'Elysée auprès des journalistes, on a compris que c'était surtout le rejet politique
00:19qui avait suscité ce vote contre. On aurait aimé que cette prise de conscience du Président de la République intervienne plus tôt.
00:25Voilà par exemple ce que déclarait Emmanuel Macron en juin 2019. Il était au Japon et voilà ce qu'il disait à propos déjà de l'accord du Mercosur.
00:32Je l'ai toujours dit, un bon accord commercial est bon pour nos entreprises et nos emplois
00:36et cet accord permettra d'ouvrir des marchés agricoles et industriels et de protéger nos indications géographiques.
00:43Quelques jours plus tard, déjà, il changeait d'avis. A l'époque, c'était par rapport à la politique menée par le Président brésilien Bolsonaro.
00:49Mais sur ce dossier, comme sur tant d'autres, le chef de l'État a varié. Un coup se montrant positif, l'autre exigeant des garde-fous.
00:57Au fond, on a l'impression qu'Emmanuel Macron n'a jamais totalement assumé qu'il était favorable à ce traité de libre-échange,
01:04comme si la mobilisation des agriculteurs avait rendu toute sincérité impossible.
01:08Finalement, à force de ménager la chèvre et le chou, le chef de l'État a braqué les agriculteurs,
01:13tout comme les instances européennes à qui il a demandé des garanties pour finalement voter contre.
01:18La décision d'Emmanuel Macron a été prise en tenant compte également, peut-être uniquement même, du contexte politique français.
01:26Bien sûr, c'était ça la boussole en réalité de l'Élysée, avec notamment Bruno Retailleau qui avait averti, rappelez-vous,
01:31un vote pour et ce serait un risque de censure pour le gouvernement.
01:34Et d'ailleurs, le RN dépose désormais deux motions de censure, une au Parlement européen, l'autre à l'Assemblée nationale.
01:40Et il y a un réel danger pour Sébastien Lecornu, parce que l'Assemblée, rappelez-vous, avait voté unanimement contre le Mercosur.
01:47Certains pourraient être tentés de faire un coup politique sur cette question.
01:50Ce vote contre était donc appelé des voeux de Sébastien Lecornu qui avait peur pour son poste.
01:53Emmanuel Macron a donc choisi de perdre la face auprès des Européens plutôt que de perdre un nouveau Premier ministre.
01:59Et désormais, le RN demande que le Président de la République empêche l'application de ce traité de libre-échange,
02:05par exemple en suspendant la contribution de la France à l'Union Européenne.
02:08Alors au-delà du Mercosur, ce dossier montre que la France a perdu toute sa souveraineté sur la politique commerciale, on peut le dire comme ça.
02:14Et c'est exactement ce qui était prévu dans les traités européens.
02:17On ne peut pas décider seul de nos accords de libre-échange.
02:20Malgré l'opposition de toute la classe politique française, cet accord va s'appliquer.
02:24Parce qu'il y a une majorité qui en aura décidé, majorité à l'échelle européenne.
02:28On est au cœur des transferts de souveraineté que certains dénonçaient déjà lors du débat sur le référendum de Maastricht.
02:35Philippe Séguin, Charles Pasquois, Philippe Devilliers, vous voyez cette photo d'archive qu'on a ressortie ce matin.
02:40Ils avaient raison avant tout le monde et à l'époque, ils avaient été moqués par ceux qui ne voyaient l'avenir uniquement dans la construction européenne.
02:47Les européistes qui ont sans doute la gueule de bois ce matin parce que chaque jour qui passe nous montre l'étendue des dégâts,
02:53des dégâts de cette Europe technocratique qui nous accable de normes, de directives et de décisions de justice
02:58qui rendent impossible une reprise en main nationale sur les dossiers importants.
03:02Plus encore que le fiasco du Mercosur, je pense qu'il est important, urgent même, d'interroger aujourd'hui notre appartenance à cette structure supranationale
03:11qui est l'Union européenne parce qu'on le voit, elle provoque des dégâts chaque jour et les agriculteurs en paieront un prix très lourd.
03:17Sous-titrage Société Radio-Canada
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