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Dans son édito du 15/01/2026, Thomas Bonnet revient sur la surcharge de dossiers de la justice. 

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Transcription
00:00Oui, aussi fou que ça puisse paraître, l'année qui s'ouvre pourrait être marquée par la libération d'accusés criminels
00:05en attente de procès pour des faits parfois particulièrement graves.
00:08Le Figaro rapporte les propos du procureur général de la Cour d'appel d'Aix-en-Provence.
00:13Vous allez les découvrir, ils sont saisissants.
00:16Le pire, nous y sommes, dit ce procureur en général à cette date.
00:19Et la situation s'aggrave de jour en jour.
00:21Ce sont 19 accusés criminels qui devront être remis en liberté en 2026,
00:26faute de pouvoir être jugés dans les délais légaux de détention.
00:2819 accusés rien que sur la juridiction d'Aix-en-Provence.
00:33Nous coulons, poursuit tout simplement le même procureur,
00:36en expliquant qu'on atteint parfois un délai de 75 mois, c'est-à-dire environ 6 ans, pour juger un viol par exemple.
00:42Pour expliquer cet état de fait insupportable, ce procureur nous livre un diagnostic qui est particulièrement inquiétant.
00:48On ne peut plus, en 2026, juger les crimes comme au siècle passé,
00:52au vu de l'explosion des flux et donc des stocks, ainsi que de la gravité des procédures.
00:56Il faut tenir compte de l'extrême dangerosité d'un monde criminel qui n'a plus aucune limite.
01:02D'autres magistrats parlent donc d'une véritable submersion sous les dossiers.
01:07L'inquiétude semble très largement partagée par tous ces magistrats.
01:09Ils sont nombreux à être cités dans cet article du Figaro.
01:12Parce que la conséquence de cette surcharge dans les tribunaux,
01:15c'est que des détenus vont devoir être libérés.
01:17Parce que le délai avant leur jugement dépasse les délais maximum de la détention provisoire.
01:21On pourrait donc retrouver dans nos rues des profils dangereux,
01:24tout simplement parce que la justice n'a plus la capacité de gérer l'affluence des dossiers.
01:29Notre société s'en sauvage et on reste enfermé dans notre enfer administratif.
01:33Les procédures judiciaires sont devenues de plus en plus complexes,
01:36alourdies par des années de décisions politiques.
01:39On en arrive donc à ce point de rupture, celui où les magistrats ne peuvent plus suivre la cadence.
01:44C'est la conséquence aussi du manque de moyens alloués à la justice.
01:48Sur 1 000 euros de dépenses publiques aujourd'hui dans notre pays,
01:515 euros seulement sont dédiés à la justice.
01:54Donc on manque d'effectifs pour gérer l'afflux des dossiers.
01:57C'est une rupture du contrat qui lie les Français à la justice.
02:01Oui, parce que parmi les missions de la prison,
02:03telles que prévues dans le Code pénal, figurent notamment celles de protéger la société.
02:07Or, cette mission ne pourra donc plus être toujours assurée.
02:10On savait déjà que le manque de place de prison pouvait avoir un impact sur les décisions des juges,
02:14qu'on envoie moins en prison parce qu'elles sont déjà saturées.
02:18Moi, je veux penser ce matin aux victimes, à tous ces citoyens qui s'en remettent à la justice de notre pays
02:23pour obtenir réparation, à ceux qui découvriront peut-être demain que leur bourreau est en liberté,
02:28à ceux qui découvrent parfois dans la presse les remises de peine,
02:32les aménagements de peine de ceux qui les ont agressés.
02:34Il est donc temps d'engager une véritable révolution pénale pour les victimes,
02:38mais aussi pour tous ceux qui font vivre la justice dans notre pays.
02:42À l'heure où un choc d'autorité est plus que jamais nécessaire,
02:45la libération de détenus est un signal désastreux
02:48que nous n'avons pas le luxe de nous permettre dans une société gangrénée par la violence.
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